La bande dessinée : un art où toutes les méthodes marchent !

Comme j’ai pu le faire dernièrement avec mon fils Valentin qui présentait lui-même son application, voici Quentin (mon fils ainé) qui présente sa démarche de travail en tant qu’auteur de BD…
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Ces dernières années, j’ai beaucoup écouté ce que disent les auteurs de bande dessinée sur leur manière d’aborder cet art. Certains expliquent qu’ils avaient une manière très classique de travailler qu’ils ont laissé tomber un jour pour dessiner autrement, d’autres racontent leur envie d’amener des choses différentes dans leurs séries pour casser la monotonie, d’autres encore parlent de l’aspect important de faire des croquis préparatoires…

Ça me passionne d’écouter des artistes parler de leur façon de travailler !

Je fais de la bande dessinée depuis bientôt 12 années et je suis amoureux de cet art !

Il y a plein de méthodes possibles pour le pratiquer, je vais ici parler de la mienne.

Ma méthode de travail est assez classique ;

Au départ, je fais des croquis préparatoires/storyboards pour mettre en place l’histoire de façon brouillonne, chercher mes personnages…

handman évolution du personnage

Ensuite je passe à un crayonné plus abouti où je vais préciser les choses, à la règle, en faisant attention aux proportions, etc.

Puis j’encre avec des stylos spéciaux, contenant de l’encre de chine dans des cartouches, pour avoir un trait fini assez proche de la ligne claire que j’aime bien.

Pour finir, je gomme le crayonné et je scanne le tout.

handman étapes

J’aime le contact avec le papier. Je ne me vois pas dessiner sur une tablette numérique. Mais je pourrais changer d’avis. Les couleur sont faites sur ordinateur, car je n’ai pas encore assez développé mon travail de la couleur directe pour avoir un résultat satisfaisant.

Je travaille beaucoup d’après photo. Je trouve ça sympa de faire des repérages sur des lieux en prévisions d’un décor à dessiner, ou pour les poses d’un personnage. Je fais plein de photos, pour ensuite travailler tranquillement chez moi. J’ai souvent l’impression que je vais repérer des lieux en prévision du tournage d’un film ! C’est excitant.

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En BD, on peut se passer du crayonné et encrer directement, on peut mélanger la couleur directe avec une colorisation à l’ordinateur, encrer à la plume, au pinceau, au stylo bille, faire chaque case sur une seule feuille et assembler le tout ensuite…tout est possible !

Je me sens à l’aise avec ma méthode de travail, tout en me disant qu’elle peut changer du jour au lendemain, selon mes nouvelles envies et si une lassitude s’installe.

On verra bien ! L’essentiel, c’est que tout ça reste un plaisir !

Quentin Lefebvre

www.quentinlefebvre.fr

Deux très bons livres à lire : « Touchez pas au réel » et « Le grand jeu »

Comme vous le savez, je lis beaucoup, surtout sur mon Kindle. Et, quand je tombe sur un livre qui vaut vraiment la peine de vous être recommandé, je n’hésite jamais à le faire (comme pour l’excellent « Journal d’un proctologue« ).

Aujourd’hui, ce n’est pas un mais deux livres que je voudrais vous faire découvrir. Tout d’abord, une découverte tout à fait au hasard (je ne connais pas l’auteur et ce titre ne m’avait pas été recommandé) : « Touchez pas au réel ! » de Jose Raymond. C’est le titre qui m’a accroché et je n’ai pas été déçu. Il s’agit d’un recueil de nouvelles « futuristes et fantastiques » qui sont presque toutes excellentes. Je me suis régalé en lisant cet ouvrage et cela m’a encouragé à explorer d’autres titres du même auteur.

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L’autre recommandation du jour est bien plus sérieuse… Il s’agit du célèbre « Le grand jeu » de Peter Hopkirk. Si la notion de « Grand Jeu » ne vous dit rien, il est grand temps de se pencher dessus si jamais vous aimez l’Histoire !

Comme l’explique fort bien la fiche Wikipedia que j’ai mis en référence…

Le Grand Jeu renvoie à la rivalité coloniale entre la Russie et la Grande-Bretagne en Asie au xixe siècle, qui a amené entre autres à la création de l’actuel Afghanistan comme État tampon. Ce fut une caractéristique stratégique des luttes d’influence entre l’Empire russe et l’empire britannique, de 1813 à la convention anglo-russe de 1907. L’Asie centrale était alors un « ventre mou », encore indépendant au début du xixe siècle de toute métropole coloniale.

L’expression apparaît dans le roman Kim, publié en 1901 par Rudyard Kipling.

L’ouvrage d’Hopkirk est formidable, palpipant et je gage que si l’Histoire était enseignée de cette manière, personne ne pourrait dire « ah, je déteste l’Histoire ! ». Ce livre se lit comme un roman d’aventures et, des aventures, il y en a !

Pour faire simple, en face du « Grand Jeu », la conquête du grand Ouest apparait presque comme du pipi de chat à côté… Bref, ruez vous sur ce livre, vous ne pouvez être déçu, promis !

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Livre à lire : « JFK 11-Septembre – 50 ans de manipulations », captivant et bien documenté !

Le livre de Laurent Guyénot m’a fait traverser 50 ans de mensonges et de faux-semblants quasiment d’une traite, tellement j’ai eu du mal à lâcher ce livre captivant !
Non-seulement l’approche est inédite (la 3ème piste sioniste) mais la façon dont elle est creusé force l’admiration : avec une documentation aussi abondante, l’auteur a dû mettre des années à boucler son oeuvre (j’en sais quelque chose !). Bien évidemment, ce livre ne plaira pas aux « bien-pensants » de tous les bords pour qui les versions officielles sont devenues des petites musiques confortables…
Pour les autres, les lucides, les anciens naïfs (ça se traite !) comme moi, ce livre est une révélation !

Pour vous donner envie de lire ce livre formidable, regardez-donc l’interview de Laurent Guyénot où il présente son livre et son contenu…

Un excellent livre : engines of change.

Je viens de terminer l’ouvrage de Paul Ingrassia : Engines of change.

C’est un livre excellent quand on s’intéresse à l’histoire et à l’évolution de l’automobile. Dans ce domaine, je pense toujours que le tout meilleur livre en la matière est « 50 ans d’autombobile » de J.A. Grégoire mais l’ouvrage d’Ingrassia est plus accessible.

Je lis tout le temps mais je ne vous parle pas de chaque livre lu, seulement des meilleurs !

Comment écrire ? Un article pour vous aider à vous lancer !

Aujourd’hui, je vais tenter de répondre posée par Stéphane :

En fait ma question est super simple (enfin ma question mais probablement pas la réponse).

Voilà j’ai toujours été attiré par l’écriture et régulièrement je veux me relancer dedans. Mais voilà je sais pas comment commencer. Au début j’y allait franco tête baissée dans l’écriture. Mais forcement c’est pas la bonne solution car tu arrives souvent devant un mur qui te décourage.
J’ai ensuite essayé de créer tous mes personnages d’abord. Mais là aussi parfois je me retrouve devant un mur car ton histoire tourne autour de tes persos et inversement aussi.
Pareil pour le lieu. J’habites dans l’Ain mais faire une histoire à « Ambérieux-en-Dombes » c’est moins « sexy » que Salem hein ^^
La dernière fois que je me suis relancé dedans j’ai carrément créé mon lieu ! J’ai pris une carte des USA, pris une ville paumé et tricoté autour de cette ville (car c’était vide autour) avec des noms de routes etc. J’ai pensé que c’était la meilleur solution. J’avais même fait un plan sur papier de la ville ^^

« Vaste programme » comme dirait De Gaule… En fait, la réponse la plus simple c’est « d’aimer cela ». Cela marche aussi pour « parler en public » (un autre thème redouté par beaucoup) : si on aime cela (se donner en spectacle d’une certaine manière…), c’est assez facile. Si, en revanche, on est terrifié face à une audience, eh bien les mots ne vont pas sortir facilement de votre bouche !

Trop simpliste, peut-être… OK, je vais donc vous donner quelques conseils pour au moins démarrer. Selon moi, les deux pièges à éviter sont les suivants :

  1. trop de préparation en amont.
  2. vouloir trop bien faire (ce qui conduit à la fameuse « angoisse de la page blanche »).

Expliquons cela en détail…

Trop de préparation en amont

Certains vous diront que, avant de commencer à écrire votre histoire, il faut avoir un maximum de données sur le scénario, les personnages, les lieux et ainsi de suite.

Laissez-moi vous dire que je n’y crois pas du tout !

J’ai procédé ainsi quelquefois et ça ne m’a servit à rien : quand je me suis mis à écrire, je n’ai pas respecté le scénario prévu, les personnages profilés more info

sont restés des notes et les personnages qui se sont révélés ne sont pas allés aux endroits préparés… Bref, flop total. Mais, en revanche, ce que j’ai rédigé à cette occasion s’est révélé bon car j’ai suivit le flux du moment (ce que d’autres nomment « l’inspiration »). OK, super mais alors, comment fait-on quand on a PAS cette fameuse inspiration ?

Ce qui nous conduit au point N°2, vouloir trop bien faire…

Vouloir trop bien faire ou l’angoisse de la page blanche

Ah, quel auteur n’a pas connu cela ?

Les conditions sont réunies, vous êtes devant votre papier ou votre machine et… rien !
Chez moi, ça peut durer des semaines !

J’ai fini par apprendre comment éviter cela en comprenant comment ça m’arrivait… Je me heurtais à un mur (pour reprendre l’expression de Stéphane) parce que je voulais trop bien faire, écrire l’histoire juste comme il faut du premier coup. Pour moi, c’est la meilleure manière de me bloquer pour de bon et pour un moment. Pour arriver à faire sortir votre histoire, il faut écrire, écrire, écrire, voilà tout. Ecrivez, même si c’est mauvais, même si c’est à côté de la plaque, même si la fameuse inspiration vous emmène loin de la cible prévue. Ce qui compte, c’est d’écrire et de corriger après. Vous avez tous pu constater combien il est plus facile de corriger le texte des autres que les siens propres, n’est-ce pas ?
Eh bien là, c’est pareil : il est plus facile d’écrire sans se mettre d’objectif que de vouloir cracher le bon texte du premier coup. Et, du coup, grâce à ce « lâcher prise », mes premiers jets sont souvent utilisables (OK, avec pas mal de rewrite aussi). Et c’est exactement ce que je suis en train de faire en ce moment pour cet article : pas d’idées préconçues (lorsque j’ai décidé de répondre à Stephane, croyez-moi ou pas, je ne savais PAS ce que j’allais écrire mais j’avais confiance que ça allait venir « en marchant »).

Bref, je ne peux vous garantir que mes petits conseils vont marcher à tous les coups pour tout le monde mais mon expérience m’a montré que c’était le meilleur moyen d’avancer pour moi.

Connaissez-vous le « test de Lessing » ?

Doris Lessing est un écrivain britannique (très célèbre) qui vient de mourir hier.

Je ne vais pas vous parler de son oeuvre (que je ne connais pas) mais plutôt du test qu’elle a inventé dans les années 80 pour prouver la vacuité du système dans le domaine de l’édition… Si vous avez déjà été rejeté par un éditeur, ça va vous plaire !

En 1983 et en 1984, en signe de protestation face au sort réservé aux jeunes écrivains, elle se livre à une supercherie littéraire, publiant sous le pseudonyme de Jane Somers deux romans qui se voient refusés par son éditeur habituel : Journal d’une voisine (Diary of a Good Neighbour) et Si la vieillesse pouvait (If the Old Could), centrés sur les problèmes de la vieillesse, la solitude, la nostalgie, la maladie et la mort.

Voilà, le test de Lessing est la preuve (s’il en était besoin) que les éditeurs ne s’intéressent pas vraiment à la seule qualité des manuscrits qui leur sont envoyés… Car, bien sûr, si elle avait employé son vrai nom, ses propositions auraient été aussitôt acceptées par son éditeur habituel.

Je ne suis pas là pour taper sur les éditeurs (j’ai travaillé avec cinq éditeurs différents avant de décider de m’auto-éditer), c’est simplement pour vous démontrer que le rejet n’a rien à voir avec le talent…