Les leçons de la mode de l’orientation objet des années 90/2000 et ce qu’on peut en déduire aujourd’hui…

Aujourd’hui, la tech me paraît être en plein délire : on veut nous faire croire que toute l’information va et doit devenir “orientée IA” et que ça va donner des résultats formidables…

Je me suis déjà exprimé de nombreuses fois sur comment je crois que tout cela va finir (spoiler : mal, ça va mal finir) et, aujourd’hui, je propose de revenir sur une leçon d’un passé relativement récent et, je crois, en tout point comparable. La caractéristique commune à ces deux époques se résume en un seul mot : dogmatisme. Le dogme d’aujourd’hui est que l’IA générative est la solution ultime qui va tout apporter : croissance économique, guérison du cancer et même la singularité (indice : rien de tout cela ne va arriver… quelle surprise, hein !).

Contrairement aux caricatures qui veulent faire croire que je suis “anti-IA” et que, bien sûr, “je n’ai rien compris”, je suis un utilisateur quotidien de ces outils. Et justement, ce retour sur cette période marquée par l’orientation objet, je l’ai effectué grâce à une série d’échanges avec Gemini. Mais je ne suis pas un utilisateur “aveugle” de ces outils (pas plus Gemini que Mistral par exemple) : je vérifie ce qui me parait suspect et je réinterprète en fonction de ce que je sais déjà (le côté le plus pratique de ces outils, c’est justement leur capacité à remuer de nombreuses références plus ou moins oubliées, c’est un “aide-mémoire” puissant mais qui n’est pas toujours très fiable -l’IA invente de temps en temps-). Ceci étant dit, replongeons dans cette leçon du passé même si j’entend déjà les promoteurs lobotomisés de l’IA rétorquer “ouais mais, cette fois, c’est différent”. Mais bien sûr !

Cet article est assez long, installez-vous bien et restez avec moi… On y va !

Tout commence dans les années 90 où la mode de la programmation orientée objet (POO) commence à émerger. Et, avec elle, les promesses sont séduisantes : il s’agit ni plus ni moins de changer la manière de développer des logiciels et pour le meilleur bien sûr !

La POO était vendue comme la solution miracle à la « crise du logiciel » au sens large. Trois promesses majeures étaient répétées en boucle : la réutilisabilité universelle, la modélisation fidèle du monde réel et la réduction des bugs (et donc faciliter la maintenance). Avant de voir cela dans le détail, laissez-moi vous préciser que, pour ma part, je n’ai jamais adhéré aux mythes et promesses de la POO. Ces concepts théoriques me paraissaient fumeux et les avantages plus qu’incertains. J’ai toujours été très réticent vis-à-vis de cette tendance qui semblait tirée par les cheveux (ce qui s’est avéré finalement…). Maintenant que c’est dit, détaillons ces fameux concepts…

1- La réutilisabilité universelle (Le mythe des « Lego »)

La promesse : on allait créer des bibliothèques d’objets universels. Un développeur n’aurait plus qu’à brancher des composants logiciels existants comme des briques de Lego pour construire son application. La réalité : ça n’a presque jamais fonctionné ainsi. La réutilisation par l’héritage (class Chien extends Animal) a créé des architectures rigides, interconnectées et impossibles à faire évoluer. C’est le fameux problème de la « banane et du gorille » formulé par Joe Armstrong (créateur d’Erlang) : « Vous vouliez une banane, mais vous vous retrouvez avec le gorille qui tient la banane, et toute la jungle qui va avec. »

2- La modélisation fidèle du monde réel

La promesse : la POO devait être intuitive car elle permettait de calquer le code sur le monde réel (un objet Voiture a des méthodes Démarrer() et un attribut Couleur). La réalité : l’informatique ne traite pas du monde réel, elle traite de flux de données et de transformations (nuance d’importance, que dis-je, distinction fondamentale !). Forcer des concepts abstraits (comme un gestionnaire de réseau ou un parseur de fichier) à entrer dans des cases « Objets » a produit du code verbeux et artificiel (le fameux syndrome de Java et ses AbstractSessionFactoryBean).

3- La maintenance et la réduction des bugs

La promesse : l’encapsulation (masquer les données internes d’un objet) devait garantir que modifier un endroit du code ne cassait rien ailleurs.

La réalité : en combinant l’encapsulation avec le partage de références en mémoire (les pointeurs), la POO a créé des « états cachés mutables ». C’est la source numéro un de bugs complexes en concurrence : plusieurs objets modifient en douce la même zone mémoire sans que le reste du programme le sache.

La chute de Paradox, une histoire significative…

Pourtant, certains y croyaient dur comme fer !

L’exemple qui me vient en tête est Philippe Kahn, le fondateur de Borland. Philippe a souvent eu des bonnes idées et c’est ainsi qu’il a pu assurer le succès de Borland qui, parti de rien, arrivait à challenger Microsoft dans quelques segments de marché et, croyez-moi, même à cette époque (début des années 90), c’était déjà une sacré performance !

Mais voilà, à vouloir trop croire dans l’avantage théorique que devait apporter la POO, Philippe Kahn a été le principal responsable de l’échec retentissant de Paradox pour Windows.

Cette histoire est le cas d’école parfait d’un produit exceptionnel tué par l’obsession de l’orientation objet, un développement trop long et une contre-attaque impitoyable de Microsoft.

À la fin des années 80, Paradox (créé par Ansa puis racheté par Borland) est un immense succès. Il surclasse le leader de l’époque, dBASE, grâce à deux innovations majeures :

1- Le QBE (Query by Example) : une interface visuelle pratique qui permettait de faire des requêtes complexes en cochant simplement des cases dans un tableau.

2- Le langage PAL (Paradox Application Language) : un langage procédural ultra-rapide et très efficace pour automatiser la gestion des données. Paradox sous DOS était réputé pour sa vitesse fulgurante et sa robustesse mais il était limité à l’interface caractère de MS-Dos. 

L’arrivée de Windows rebat les cartes

Avec l’arrivée de Windows 3.0 en 1990, il faut adapter tous les best-sellers à l’interface graphique et vite. Paradoxe de Borland n’est pas le seul concerné par cette contrainte : Wordperfect et Lotus 1-2-3 vont eux aussi buter sur cette migration obligée (en faisant le mauvais choix de privilégier OS/2 d’IBM au lieu de Windows…).

Pour le passage à Windows, Philippe Kahn (fervent évangéliste de la Programmation Orientée Objet) prend une décision radicale : ne pas adapter le code existant, mais tout réécrire de zéro en C++ pour en faire une vitrine technologique de la POO (ah mais !).

Une équipe entièrement nouvelle est montée. Ils conçoivent une architecture magnifique sur le papier, où chaque élément du logiciel (une table, un champ, un formulaire, un bouton) est un « objet » autonome. C’est là que les retards s’accumulent : le langage PAL d’origine était inadapté à l’interface graphique de Windows. L’équipe a dû inventer de toutes pièces ObjectPAL, un langage orienté objet complexe. L’environnement de développement de Borland pour concevoir des applications fenêtrées en objets (qui servira plus tard de base à Quattro Pro pour Windows et à Delphi) s’avère extrêmement lourd et difficile à stabiliser sur les PC de 1991. Le projet, initialement prévu pour 1991, prend plus d’un an et demi de retard.

Pendant que Borland peaufine péniblement son architecture objet, Microsoft avance à marche forcée sur son propre projet de base de données grand public : Project Cirrus qui deviendra Access. Microsoft commet moins d’excès d’abstraction et se concentre sur l’efficacité brute pour Windows. Constatant le retard de Borland, Bill Gates accélère le calendrier : Microsoft sort Microsoft Access 1.0 en novembre 1992 alors que Borland ne réussit à sortir la version 1.0 de Paradox pour Windows qu’en janvier 1993. Microsoft intègre un peu plus tard Access directement dans sa suite Microsoft Office Professionnel. Face à un logiciel de base de données « gratuit » car inclus avec Word et Excel, le marché des bases de données indépendantes s’effondre.

Paradox pour Windows était, techniquement et visuellement, un produit très en avance sur son temps. Les concepts objets d’ObjectPAL étaient puissants, mais le logiciel s’est avéré terriblement lent au lancement à cause du coût de l’abstraction objet sur les processeurs de l’époque (les 386 et 486).

En voulant faire le produit « parfait » selon les dogmes de la POO, Borland a laissé passer le train de Windows. Épuisé financièrement par ce retard et par le rachat simultané d’Ashton-Tate (dBASE), Borland a perdu la guerre des bases de données de bureau. Paradox sera finalement revendu à Corel en 1997, où il finira sa vie dans l’ombre de la suite WordPerfect.

MS Access, des débuts difficiles

Raconté ainsi, ça parait simple : Borland a été trop gourmand, trop dogmatique (vrai !) et a lâché la balle que Microsoft a su reprendre au vol… La vérité est plus subtile et permettez-moi de l’évoquer ici et maintenant dans cette petite digression : si Microsoft a réussi à terrasser Paradox en sortant son logiciel au moment parfait en novembre 1992, ce n’est pas parce que le développement d’Access avait été un long fleuve tranquille. Bien au contraire !

L’achèvement du projet Access a été extrêmement difficile, marqué par un fiasco industriel interne majeur qui a obligé Microsoft à détruire plusieurs années de travail pour repartir de zéro. Mais là où Borland s’est pris les pieds dans le tapis de la théorie (la POO), Microsoft a souffert d’une ambition technique démesurée par rapport au matériel de l’époque. Voici les coulisses de la création chaotique d’Access.

L’histoire commence en 1988. Bill Gates veut absolument sa propre base de données pour Windows et OS/2. Il lance donc le Projet Omega.

L’ambition d’Omega était titanesque : ce ne devait pas seulement être une base de données de bureau car le logiciel devait intégrer un traitement de texte, un tableur, un gestionnaire de base de données, et surtout, un tout nouveau langage de macro universel (appelé Embedded Basic). Cela peut s’expliquer par le fait que les “logiciels intégrés” étaient encore à la mode sous MS-Dos et donc, faire un intégré sous Windows (et OS/2) pouvait paraître “logique”. Mais le projet était trop ambitieux et trop lourd.

Lors des tests internes, le moteur d’Omega s’effondrait complètement. Il tournait à une lenteur abyssale sur les processeurs phares de l’époque, les Intel 386. Après avoir repoussé la sortie plusieurs fois, Bill Gates réalise en 1989 que le projet est techniquement irrécupérable. En 1990, Microsoft prend une décision rarissime et violente : annuler purement et simplement le Projet Omega, jetant des années de code à la poubelle.

Pour autant Microsoft ne veut pas abandonner le marché des bases de données à Borland (avec un Paradox qui accumule alors les succès). Une partie des développeurs d’Omega est immédiatement réaffectée à un projet de secours au nom de code ultra-rapide : Project Cirrus (qui deviendra officiellement Microsoft Access plus tard). Pour concevoir Cirrus en un temps record et éviter les erreurs d’Omega, Microsoft change radicalement de méthode en combinant trois morceaux existants :

1- Ils récupèrent les concepts d’interface graphique et de création de rapports qui fonctionnaient à peu près dans Omega.

2- Ils se basent sur le moteur de formulaire de « Thunder » (le nom de code de Visual Basic, qui venait de sortir en 1991 et qui intégrait le fameux langage Basic issu d’Omega).

3- Ils créent un tout nouveau moteur de base de données, le moteur Jet, conçu spécifiquement pour être rapide sur Windows sans consommer trop de mémoire.

Alors que le projet Cirrus avance enfin et s’apprête à entrer en phase de bêta test au début de l’année 1992, en mars 1992, Microsoft rachète la société Fox Software (qui s’en souvient ?), éditrice de FoxPro (un clone de dBASE ultra-rapide, très populaire auprès des développeurs professionnels).

Pendant plusieurs mois, une immense guerre interne éclate chez Microsoft : à quoi bon continuer à développer Access (Cirrus) alors que l’entreprise vient d’acheter FoxPro qui est déjà un produit mature, stable et adoré des professionnels ? 

Finalement, Bill Gates tranche pour une stratégie à deux branches : FoxPro sera maintenu pour les développeurs professionnels qui ont besoin de vitesse brute et de bases de données textuelles lourdes alors qu’Access sera positionné comme la base de données grand public et intermédiaire, ultra-visuelle et parfaitement intégrée à l’interface Windows (et plus tard à la suite Office).

Microsoft Access est un miraculé en fait. Il est né des cendres d’un projet mort-né (Omega) et a failli être étouffé au berceau par le rachat de FoxPro. Si Microsoft a gagné la guerre contre Paradox, ce n’est pas parce que ses ingénieurs ont été plus rapides ou plus sereins, mais parce que lorsque le projet Omega a échoué, Microsoft a eu le pragmatisme d’arrêter les frais, de recycler ce qui marchait (le Basic) et de construire un outil simple (Access), pendant que Borland s’enfermait dans le dogmatisme avec la réécriture esthétique et complexe de son code en POO.

Bon, cette digression a été un peu longue mais cette histoire avec ces multiples développements valait la peine d’être racontée car elle montre bien que les projets de développement informatiques sont toujours compliqués, même au sein des éditeurs les plus prestigieux.

L’orienté objet atteint le domaine des bases de données

Au tournant des années 1990, alors que le C++ puis Java (on va venir sur ce sujet particulier -Java- un peu plus tard…) s’imposaient dans le développement logiciel, l’industrie s’est persuadée que le modèle relationnel (les tables SQL d’Oracle, IBM ou Sybase) était devenu obsolète. C’est ainsi qu’est née la déferlante des SGBDO (Systèmes de Gestion de Bases de Données Objet). Portée par des start-ups aux noms très « époque » comme Objectivity, ObjectDesign (ObjectStore), Versant ou O2, cette technologie promettait une révolution totale.

Mais seulement dix ans plus tard, la vague triomphale annoncée s’était totalement fracassée. Voici le bilan de cette mode éphémère, de ses impasses techniques et de son héritage discret.

Pour comprendre l’engouement initial, il faut comprendre le problème que les bases de données objet voulaient résoudre : le désaccord de l’impédance relationnelle-objet (Object-Relational Impedance Mismatch). Le problème : en programmation objet, les données sont un réseau de structures interconnectées en mémoire (un objet pointe vers un autre, qui contient une liste, etc.). Pour sauvegarder cela dans une base SQL classique, le développeur devait fastidieusement « hacher » ses objets pour les répartir dans des tables (lignes et colonnes), puis faire l’inverse (des jointures complexes) pour reconstruire les objets à la lecture. C’était lourd, lent et source de bugs. La solution proposée : les bases de données objet allaient stocker les objets tels quels sur le disque, avec leurs pointeurs et leurs relations. Plus besoin de SQL, plus de tables, plus de conversion. Le langage de programmation et la base de données ne faisaient plus qu’un.

Si l’idée théorique était séduisante, la confrontation à la réalité industrielle des centres de données a révélé des failles structurelles majeures.

Le grand génie du modèle relationnel (SQL), c’est qu’il sépare les données de la façon dont on les utilise. Une table client reste une table client, qu’elle soit lue par un logiciel de compta ou un site web.

Les bases objet, elles, étaient intimement liées au langage de programmation (souvent le C++). Si vous modifiez la structure d’une classe dans votre code, les données déjà stockées sur le disque devenaient illisibles ou corrompues. La migration de données est devenue un enfer permanent.

Le modèle SQL permet de faire des requêtes ad-hoc complexes (« Donne-moi la moyenne des achats des clients de plus de 50 ans en Île-de-France ») très facilement grâce à l’algèbre relationnelle.

Dans une base objet, pour trouver une information, il fallait « naviguer » de pointeur en pointeur à travers le graphe d’objets. Faire des rapports statistiques ou des requêtes imprévues par les concepteurs d’origine était incroyablement complexe et inefficace. Le standard OQL (Object Query Language) a tenté de corriger cela, mais il est arrivé trop tard et n’a jamais égalé SQL.

Dire qu’il ne reste rien de cette effervescence serait faux, mais l’héritage s’est déplacé là où on ne l’attendait pas dans quelques niches industrielles relativement modestes.

La vague des bases de données objet s’est avérée être un excès d’optimisme d’une époque qui pensait que le paradigme objet était la réponse absolue à tous les problèmes de l’informatique. Elle a rappelé cruellement à l’industrie que la gestion de données à long terme obéit à des règles de stabilité mathématique (le modèle relationnel) que la volatilité des langages de programmation ne peut pas remplacer.

Au tour des OS !

Bon, on a vu que la mode de l’orienté objet a touché les langages et les bases de données… Et c’est tout ?
Non !

Même les systèmes d’exploitation ont été “contaminés” par cette vague qui n’épargnera rien. Car l’industrie s’est dit : « Puisque l’objet est l’avenir, le système d’exploitation lui-même doit être un ensemble d’objets du noyau jusqu’à l’interface graphique ! »

Dans ce domaine, la collaboration entre Apple et IBM est le cas d’école le plus célèbre, mais cette folie a touché tous les géants de la tech de l’époque (y compris Microsoft et NeXT).

Voici l’histoire de ces chantiers pharaoniques qui ont presque tous fini au cimetière des logiciels.

À la fin des années 80, l’ingénierie d’Apple sait que le Système 7 du Macintosh est instable (pas de mémoire protégée, pas de multitâche préemptif). Un groupe d’ingénieurs lance en secret le projet « Pink » (car ils écrivaient les idées sur des fiches cartonnées roses). L’idée : réécrire un OS révolutionnaire, entièrement orienté objet, basé sur le C++.

Le projet devint si gigantesque et coûteux qu’Apple dut s’allier avec son ennemi historique, IBM, pour fonder une entreprise commune en 1992 : Taligent. L’annonce de cette alliance surprenante avait fait beaucoup de bruit à l’époque. Certains s’étaient empressés de la qualifier de front anti-Microsoft (et ce n’était pas faux).

Mais ce fut un échec retentissant… Pourquoi ?

Tout d’abord, les ingénieurs des deux sociétés ont poussé le concept d’objet jusqu’à l’absurde. Pour afficher une simple fenêtre ou écrire sur le disque, il fallait hériter de dizaines de classes complexes (frameworks CommonPoint). Le système était d’une lourdeur insensée pour les processeurs de l’époque. De plus, Apple et IBM n’ont jamais réussi à s’entendre sur le noyau (le micro-kernel) à utiliser. Il faut savoir qu’en plus, durant cette période, IBM regardait de tous les côtés pour tenter de sortir de sa dépendance envers Microsoft. Big Blue a même signé un accord de licence pour utiliser Nextstep (mais n’en a rien fait après coup…).

Après des centaines de millions de dollars investis, Taligent n’a finalement jamais sorti d’OS grand public. IBM a racheté les restes en 1995 pour intégrer les morceaux de code dans ses outils de développement, et la société a été dissoute en 1998.

Pendant ce temps, Microsoft n’est pas resté les bras croisés. En 1991, Bill Gates annonce le projet Cairo. Ce projet devait être la version ultime de Windows NT : un système d’exploitation où chaque fichier, chaque utilisateur, chaque périphérique, et même chaque e-mail serait un « objet » géré par un système de fichiers révolutionnaire appelé OFS (Object File System).

Pourquoi a-t-il été annulé ?

Tout simplement parce que Cairo s’est avéré impossible à stabiliser pour les PC des années 90. Les performances s’effondraient dès qu’on tentait de lier tous les fichiers du disque comme des objets vivants interopérables. En 1996, Microsoft jette l’éponge et annule Cairo. Cependant, des morceaux ont survécu : l’interface graphique a été reprise dans Windows 95, et le concept d’annuaire d’objets est devenu l’Active Directory de Windows 2000.

Donc, dans les OS aussi, l’orientation objet s’est avérée être plutôt négative et destructive. Avec les échecs des SGBDO et le premier refroidissement subit par C++, pourquoi cette mode ne s’est pas effacée plus tôt ?

Il est temps d’aborder l’épisode “Java” de notre récit. En effet, c’est l’arrivée de Java en 1995 qui a relancé la ferveur du tout objet pour un moment… Avec le même type de conclusion : ça ne fonctionne pas.

Java, des promesses (le grand soir !) à la dure réalité…

Java est le cas d’école ultime du décalage entre le projet marketing d’une multinationale (Sun Microsystems) et la réalité de ce qu’est devenu le langage. 

Rappeler la promesse de « remplacer Windows » ou de briser le monopole de Microsoft est crucial, car c’était l’obsession de Sun au milieu des années 90. Si l’on évalue Java à l’aune de cette ambition hégémonique sur le poste de travail de l’utilisateur, le bilan est un échec total et spectaculaire.

  1. La promesse initiale de 1995 : Le « Write Once, Run Everywhere » grand public

À son lancement, Java ne devait pas être un langage de serveurs cachés dans des centres de données. Il était vendu comme le langage de l’utilisateur final à travers trois piliers : les network computers, les applets Java et le développement multi-plateformes transparent.

Sun voulait commercialiser des terminaux légers et bon marché qui démarreraient directement sous un système d’exploitation Java (j’ai pu tester un de ces “Network computers” en 1998 et le résultat était plutôt modeste on va dire pour être gentil…). L’idée était de rendre Windows et les processeurs Intel obsolètes.

Le web naissant devait être conquis par Java. Les sites web n’allaient plus être des pages HTML statiques, mais des mini-programmes Java s’exécutant directement dans le navigateur (jeux, interfaces animées).Enfin, on nous promettait des logiciels PC universels, capables de tourner à l’identique sur Windows, Mac ou Linux sans réécrire une ligne de code.

  1. Le naufrage du Java « Client » (Côté utilisateur)

Sur ce terrain, la réalité a été sans pitié pour les promesses de Sun… Dans les années 90/2000, lancer un logiciel Java sur son PC ou une Applet dans son navigateur était un calvaire. Le temps de démarrage de la machine virtuelle (JVM) était interminable, et l’interface graphique « Swing » était célèbre pour sa laideur visuelle et son manque de réactivité par rapport aux logiciels natifs Windows. Les Applets Java dans les navigateurs sont devenues l’une des plus grandes passoires techniques de l’histoire de la cybersécurité. Les failles à répétition ont obligé les navigateurs (comme Chrome ou Firefox) à tuer définitivement le plug-in Java.

Finalement, Microsoft a verrouillé Windows (notamment en créant le framework .NET et le langage C# pour concurrencer directement Java) et a étouffé la tentative de Sun de s’imposer sur le PC.

Inutile de préciser que, dès le début, j’étais totalement opposé à cette mode technique absurde (et nous n’étions alors pas nombreux à contester le bien-fondé de la vague Java). Cette promesse de pouvoir fonctionner partout grâce à une machine virtuelle n’était pas nouvelle, elle a été expérimentée de nombreuses fois (UCSD p-System par exemple) et toujours avec le même résultat décevant : une lenteur d’exécution décourageante.

La réalité de l’enthousiasme initial envers Java n’était pas technique mais “politique” : beaucoup étaient ravi de voir enfin une opposition “sérieuse” à l’hégémonie de Microsoft et ça pouvait se comprendre. Mais techniquement, ça ne tenait pas debout comme on a pu s’en rendre compte assez vite.

Ceux qui veulent absolument défendre le bilan de Java admettent que côté client, l’échec a été total mais que côté serveur, il s’est avéré être une grande réussite… Objection votre honneur !

La soi-disant réussite de Java repose sur quelques légendes (Android et Minecraft, entre autres) qu’il est relativement facile de débunker.

Voici deux exemples (Android et Minecraft) qui sont les parfaits symptômes du rejet progressif de Java par l’industrie moderne.

  1. Le cas Android : Le piège technique et juridique

L’histoire d’Android est fascinante car elle montre comment Java est devenu un boulet pour Google, tant sur le plan technique que légal. Il suffit pour cela de lire le livre publié par l’équipe de développement initiale “Androids: The Team that Built the Android Operating System”.

Au départ, Google a choisi d’utiliser la syntaxe de Java pour Android afin d’attirer immédiatement des millions de développeurs déjà formés. Mais Google ne voulait pas de la lourdeur de la machine virtuelle officielle de Sun/Oracle. Ils ont donc recréé leur propre machine (Dalvik, puis ART) en copiant les interfaces (API) de Java. Cela a déclenché une guerre juridique de plus de dix ans avec Oracle (qui réclamait des milliards de dollars). Google a fini par gagner devant la Cour suprême américaine en 2021, mais le traumatisme a été immense.

Sur le plan technique, l’équipe d’Android s’est vite sentie asphyxiée par la lenteur d’évolution de Java et sa verbosité (notamment les fameuses erreurs NullPointerException). Dès 2017, Google a fait de Kotlin le langage officiellement recommandé pour Android. Aujourd’hui, la grande majorité des nouvelles applications Android sont écrites en Kotlin. Java est relégué à la maintenance de l’ancien code (legacy).

  1. Le cas Minecraft : la limite de la performance brute

Minecraft est un cas d’école unique : c’est le jeu le plus vendu de l’histoire, et il a été codé en Java par une seule personne (Notch) à une époque où personne n’imaginait son succès futur. Mais ce choix a rapidement posé des limites techniques gigantesques.

Java gère la mémoire automatiquement via un « ramasse-miettes ». En plein jeu, quand le GC se déclenche pour nettoyer la mémoire des milliers de blocs et d’entités texturées, cela crée des micro-saccades (stuttering) très frustrantes pour les joueurs, même sur des PC puissants.

Conscient de cette impasse, Microsoft (après le rachat de Mojang) a entièrement réécrit le jeu en C++ (la version dite Bedrock, disponible sur consoles, téléphones et Windows Store). Le Minecraft Java d’origine n’est conservé en vie que pour la communauté historique des moddeurs sur PC, mais le cœur commercial et technique du jeu a bel et bien divorcé d’avec Java pour retrouver l’efficacité du code natif.

Même là où Java semblait avoir gagné, les ingénieurs cherchent aujourd’hui à s’en émanciper.

La trajectoire de Java ressemble à celle de l’administration ou des vieux systèmes bancaires : c’est lourd, c’est rigide, ce n’est pas performant pour du calcul en temps réel (comme les jeux) ni adapté aux contraintes de batterie (comme les smartphones). Le monde du développement moderne (avec l’essor de Go, Rust ou TypeScript) s’est construit précisément en réaction aux lourdeurs et aux promesses déçues de l’ère Java.

Encore un mot pour la soi-disant réussite de Java côté serveur : les serveurs d’applications en Java : ils étaient nombreux au début des années 2000, qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Au début des années 2000, l’informatique d’entreprise ne jurait que par les mastodontes du J2EE (Java 2 Enterprise Edition). C’était l’époque des serveurs d’applications « monolithiques » et ultra-lourds.

Les trois grands serveurs d’applications qui dominaient le marché mondial ont connu des destins très différents :

IBM WebSphere, il est le symbole même du monstre J2EE des années 2000 (lourd, très cher, nécessitant des machines virtuelles gigantesques). Aujourd’hui, WebSphere traditionnel n’est plus utilisé que par les banques, les assurances ou les ministères qui ont des millions de lignes de code impossibles à migrer. Pour survivre, IBM a dû créer Open Liberty, une version moderne, ultra-légère et modulaire.

Oracle WebLogic (ex-BEA) : Même constat. C’était le roi des serveurs d’applications au début des années 2000. Oracle continue de le maintenir pour ses gros clients industriels et pour faire tourner sa propre suite logicielle (Oracle Fusion), mais plus aucun développeur ne choisit WebLogic pour un nouveau projet.

JBoss (devenu Red Hat JBoss EAP / WildFly) : Il a été le grand gagnant de l’open source face à IBM et Oracle. JBoss a mieux vieilli car ses ingénieurs l’ont entièrement réécrit sous le nom de WildFly. Il est devenu modulaire : le serveur ne charge en mémoire que les morceaux dont l’application a strictement besoin.

Le modèle du gros serveur d’applications Java dans lequel on venait greffer du code est cliniquement mort pour les nouveaux projets. Les seuls survivants (Tomcat, Jetty, WildFly, Open Liberty) ont dû se plier à la règle du cloud moderne : devenir de petits moteurs légers, invisibles, capables de démarrer instantanément dans un conteneur Linux. Java a dû abandonner ses rêves de grandeur centralisée pour se fondre dans le moule des microservices.

Allez, encore une dernière anecdote pour conclure l’épisode Java : l’échec cuisant du Netscape tout-Java promu par Marc Andreessen (le trop fameux co-fondateur de Netscape). J’ai rencontré Marc en 1998 (lors d’une de ses visites en France) et, alors qu’il voulait me convaincre que “Java, c’est l’avenir”, devant mon refus d’abonder dans son sens, sa “Majesté” s’est vexée, s’est levée et a quitté l’entretien… Vite rattrapée et ramenée par l’équipe marketing de Netscape France affolée par la tournure que prenait l’entretien (j’étais alors considéré comme une “analyste technique” dont la voix comptait).

Marc, alors jeune et grisé par le succès fulgurant de sa boîte, était en transe devant la promesse du « Write Once, Run Everywhere » de Sun Microsystems. Sa célèbre punchline de l’époque résumait son ambition : « Windows n’est plus qu’un ensemble mal débogué de pilotes de périphériques ». Pour lui, l’avenir du PC n’était pas l’OS de Microsoft, c’était le navigateur Web, et ce navigateur devait être entièrement écrit en Java (forcément !).

Voici comment ce choix a précipité la chute de Netscape face à Internet Explorer, dans une copie presque parfaite de l’erreur de Borland avec Paradox.

  1. Le péché originel : La réécriture à partir d’une page blanche

Comme Philippe Kahn avec Paradox, l’équipe de Netscape gérait un code C/C++ historique (les versions 1 à 4 de Navigator) devenu très lourd, difficile à maintenir et buggé. Au lieu de corriger patiemment l’existant pendant que Microsoft revenait à fond de train avec Internet Explorer 4, la direction de Netscape a succombé au fantasme du développeur : « On jette tout et on réécrit proprement du début ». C’est ce que Joel Spolsky (un des blogueurs tech les plus célèbres de l’époque) a qualifié plus tard de « La pire erreur stratégique qu’une entreprise de logiciel puisse commettre », en prenant explicitement l’exemple de Netscape.

  1. Le désastre de Javagator (1997-1998)

L’idée folle d’Andreessen et de son équipe était de créer un navigateur 100 % Java. Non seulement les sites web afficheraient des applets Java, mais les boutons, les menus, le moteur de rendu HTML, tout le logiciel serait du bytecode Java s’exécutant sur la machine virtuelle (JVM).

Les trois murs techniques que le projet s’est pris de face : les PC de 1997 (les Pentium II) n’avaient absolument pas la puissance nécessaire pour faire tourner un logiciel aussi massif codé en Java de l’époque. Le navigateur mettait un temps infini à démarrer et consommait toute la mémoire vive.

Pendant que les ingénieurs passaient des mois à essayer de recréer l’équivalent d’un bouton « Précédent » ou d’une barre de défilement stable en Java, ils ne développaient aucune nouvelle fonctionnalité pour le web (qui évoluait alors à toute vitesse avec les CSS et le HTML 4).

Le but de Java était d’être universel, mais en pratique, la machine virtuelle de Sun plantait ou se comportait différemment selon qu’on était sur Windows, Mac ou Unix, transformant le débogage en cauchemar permanent.

Au bout d’un an et demi de développement stérile, Netscape a dû se rendre à l’évidence : le « Javagator » était un produit mort-né, inutilisable pour le grand public. Le projet a été discrètement annulé en 1998. Mais le mal était fait. Pendant que Netscape faisait du surplace à cause de cette lubie Java : Microsoft distribuait gratuitement Internet Explorer 4 puis 5, parfaitement intégrés à Windows, rapides (codés en C++) et très stables. Résultat, Netscape a perdu la quasi-totalité de ses parts de marché en l’espace de 24 mois.

Dans un geste de désespoir absolu en mars 1998, réalisant que leur code était dans une impasse totale, Netscape a décidé de publier le code source restant sur internet et de créer l’organisation Mozilla. Il faudra plus de quatre ans de souffrance et une reconstruction complète (en abandonnant le projet Java pour créer le moteur Gecko en C++) pour que ce projet donne enfin naissance à Firefox en 2004. Mais pour l’entreprise Netscape, c’était trop tard : elle avait déjà été rachetée et dissoute par AOL.

La similarité avec Paradox est saisissante : Borland voulait faire de Paradox la vitrine de sa vision « Tout-Objet/C++ », laissant le temps à Microsoft de sortir Access. Netscape voulait faire de son navigateur la vitrine de la vision « Tout-Java », laissant le temps à Microsoft de gagner la guerre des navigateurs avec Internet Explorer.

Ces deux épisodes majeurs de l’histoire de l’informatique auraient dû laisser une leçon durable pour tous : le pragmatisme commercial et la vitesse d’exécution sur le marché réel l’emporteront toujours sur l’élégance théorique d’une réécriture logicielle globale ou d’une adhésion sans limite (dogmatisme) à une mode technique séduisante mais fragile.

En conclusion

Le résultat final n’a pas eu l’ampleur ni la nature de la révolution annoncée. La POO n’a pas rendu le développement logiciel simple, magique et accessible à tous par simple assemblage de briques. Elle s’est avérée être un outil industriel lourd, parfois contraignant, qui a dû être sérieusement élagué et mélangé à d’autres approches (comme le fonctionnel) pour être réellement efficace.

Aujourd’hui, ils veulent nous faire croire que c’est le “vibe coding” (coding avec l’IA) qui va changer durablement et profondément la pratique du développement informatique… C’est “possible” mais rien n’est moins sûr. En effet, ce n’est certainement pas la première fois qu’on formule ce genre de prédiction et on vient de le voir avec la POO. Comme Fred Brooks a bien su le dire, le développement informatique est toujours à la recherche de sa “balle magique” (silver bullet), la recette ultime qui va tout simplifier et résoudre tous les problèmes d’un coup. Bien évidemment, ça n’arrivera pas. Car c’est une course sans fin qui remonte déjà à loin : on a vu la chimère de la POO dans les années 90 et 2000 mais, avant cela, il y a eu les L4G dans les années 70 puis les “méthodes” (la vague éphémère du “génie logiciel” que j’ai bien connu) dans les années 80. Je ne vais pas entrer dans les détails de ces deux autres épisodes mais, pour faire court, on a eu droit aux mêmes promesses et aux mêmes déceptions.

N’en déplaise aux vendeurs d’illusions, le développement informatique (qui ne se résume pas au coding) restera toujours compliqué, difficile et décevant.

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Ni oubli ni pardon, un site très utile !!

Nous avons tous souffert de la trop fameuse « crise sanitaire » de 2020 qui, après coup, s’avère être une accumulation de mensonges grossiers et toxiques.

Pour ne rien oublier des manipulations de ces tartuffes, il existe un site qui a archivé tout ce qui est utile à la mémoire éveillée de celles et ceux qui ne sont pas encore complètement lobotomisés… Et ce site, c’est https://nonp.fr/

Ni oubli ni pardon

Je vous recommande de garder ce site dans vos favoris et de le consulter régulièrement afin de constater combien ils nous ont menti et trompé !

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Un documentaire sur C++, un reflet de l’histoire récente de l’informatique moderne…

Oui, vous avez bien lu, aujourd’hui, je vais mettre en avant un (très bon) documentaire sur un langage informatique, le C++.

Durant une heure et onze minutes, ce documentaire remonte le temps sur les débuts de ce langage qui s’appelait d’abord « C with classes » puis « Cfront » et enfin C++. C’est passionnant quand, comme moi, on s’intéresse vraiment à l’histoire de l’informatique avec ses multiples couches et détails, souvent si importants.

Alors, je précise tout de suite que je n’ai jamais codé en C++ ni même en C… Mais ça ne veut pas dire que j’en déduis que ce n’est pas un langage important, tout au contraire.

J’en ai profité pour retracer et récapituler les langages que j’avais utilisé pendant ma carrière :

  • Fortran (sur mini Perkin-Elmer).
  • Assembleur (sur Motorola 68000).
  • Pascal (compilateur Oregon Software sur Vax-VMS).
  • Basic (sur Oric, un micro très limité).
  • 4D (sur Macintosh et oui, 4D était doté d’un langage !).
  • PL/1 sur Mainframe IBM (avec DB2 comme base de données en SQL bien sûr !).
  • SQL (pour DB2 sous TSO).
  • SQL Windows (de Gupta et oui, ce truc était doté d’un langage).
  • SQLPage (et ce dernier va être mon préféré finalement !).

Je n’ai jamais été un programmeur « top gun » mais je connais l’importance du bon code et de la familiarité qu’on fini par développer avec tel ou tel langage qu’on a choisi et qu’on apprécie…

Un exemple de code 4D (la preuve que c’est bien un langage aussi !)

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Un film récent que je recommande : voir « La bataille De Gaule (volet 1) », c’est faire un acte (modeste) de résistance !!

Je ne vous recommande pas souvent des films sur ce blog (et encore moins des films français !) mais là, je vais faire une exception : allez voir « La bataille de Gaule » volet 1 qui vient de sortir en salles…

Le film est superbe, bien joué, plein d’émotions poignantes… En un mot, à voir séance tenante !

Certes, il y a quelques erreurs sur le plan historiques, quelques raccourcis mais rien qui remette vraiment en cause sa valeur et sa portée.

De plus, aller voir ce film est un acte de résistance. Un acte modeste, certes mais quand même : cela permet de dire que la vraie France, la France profonde, la France éternelle est bien là, toujours là et qu’elle ne va pas disparaitre en dépit des efforts contraires des gauchiasses (qui ont tout de suite compris le danger et qui critiquent ce film d’une façon éhontée) et des mondialistes.

Comme il est très bien dit dans le film : « un peuple est vaincu seulement s’il accepte d’être vaincu »… Tout est dit. résistez, aller voir ce film, dites-en du bien autour de vous…

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Cela s’est passé demain : le lendemain de l’éclatement de la bulle IA

Cela fait plus d’un an que j’annonce l’éclatement de la bulle IA et donc, jusqu’à présent, je me suis plutôt lourdement trompé !!

Éclatement de la bulle IA, le jour d’après

Se préparer à l’éclatement de la bulle IA…

Quand éclatera la bulle de l’IA…Par Ploum.net

Le syndrome de cassandre et l’IA générative

En effet, la mode IA bat toujours son plein, les médias en parlent toujours plus et les records sont battus chaque mois. Certes, on peut constater quelques craquements (que je relate souvent ici ou sur mon compte X) mais il semble que l’éclatement attendu et annoncé (et pas que par moi) semble encore lointain. C’est tout le problème de ce genre de « prédiction » : il faut dire quand ça va arriver sinon, ça ne vaut rien… Et le « quand » est toujours ultra-difficile à mesurer et donc à annoncer. D’une façon générale, vous passez pour un idiot jusqu’au moment où c’est factuel : ça y est, c’est arrivé, vous aviez raison, enfin !

Et c’est justement ce qu’on va imaginer ici : la bulle a éclaté, quelles sont les suites ?
J’ai imaginé le titre « ça s’est passé demain » et j’ai trouvé un livre avec ce titre-là !

Tout d’abord, ça sera une sorte de stupeur généralisée accompagnée de déni : c’est rien, vous allez voir, ça va repartir… C’était déjà comme cela lors de l’éclatement de la bulle des dot-com que j’ai vécu de près : cela a pris presque un an pour se rendre à l’évidence.

Ensuite, une fois le premier moment de stupeur passé, il va y avoir les premières victimes : les petites start-up fragiles. Mais ça ne va se limiter à cette catégorie, les grosses vont tomber aussi et, en premier lieu, OpenAI qui ne va jamais aller jusqu’à son IPO. Si Anthropic y est allé, son cours va descendre dramatiquement et assez rapidement jusqu’à la rupture (dépôt de bilan ou rachat à vil prix).

Les commentateurs/laudateurs vont retourner leurs vestes comme les bons tartuffes qu’ils sont. Vous allez les voir affirmer qu’ils savaient que ça allaient se terminer ainsi, qu’ils n’y avaient jamais vraiment cru et ainsi de suite. On pourrait presque en rire tellement c’est écrit d’avance.

Les conséquences financières vont être lourdes, comparables à la crise de 2008 car la bulle de l’IA va révéler d’autres crises/bulles adjacentes qui vont exploser à leur tour…

L’IA ne va pas disparaitre pour autant car Google (principalement) et Microsoft (un peu) vont récupérer les miettes à leur profit mais une chose est sûr, ça ne sera plus « gratuit » comme avant.

Il y aura pléthore de ces fameux « data-centers » qui seront annulés avant même d’être terminés. D’autres qui ne seront jamais construits (souvenez-vous que les annonces de ces deux dernières années sont surtout cela : des annonces…) et d’autres enfin quasiment terminés mais qui ne seront pas mis en service car la demande va retomber à des niveaux « normaux »…

Il y aura quand même une conséquence positive : la RAM (mémoires), les cartes graphiques et les CPU (microprocesseurs) vont revenir à des prix « normaux » car la demande délirante ne sera plus là pour gonfler (artificiellement) les prix de ces composants…

Voilà, c’est très résumé mais vous savez d’avance ce qui va se passer.

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Je recommand de signer cette pétition => Abrogation des obligations vaccinales pédiatriques et reconnaissance de la liberté vaccinale

Je viens de le faire et je vous recommande de la faire aussi. Bon, c’est un peu contraignant car il faut s’identifier avec France Connect mais rien d’insurmontable…

à vous !

La pétition se trouve à https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5725

 

 

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Les gauchiasses sont des révolutionnaires en carton !

== Avertissement ==

Cet article est plutôt négatif. J’y ai mis des éléments que je crois importants mais qui ne sont pas de nature à embellir votre journée !
Donc, si vous voulez profiter de ce début de mois de juin tranquillement, évitez cette lecture…

== fin d’avertissement ==

L’affaire récente de la pétition anti-Bolloré révèle la vraie nature des gauchiasses embourgeoisées : ce sont des révolutionnaires en carton qui se dégonflent dès que « l’adversaire » (avec raison : on ne mord pas la main qui vous nourrit !) vise leurs portefeuilles !

Pour celles et ceux qui auraient besoin d’un résumé de l’affaire, j’ai demandé à Gemini d’en faire un (oui, quand j’utilise l’IA, je n’ai pas honte et je ne le cache pas… et oui, j’ai relu avant d’en faire un copier/coller…) :

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1. La genèse : La tribune « Contre l’empire Bolloré »

L’affaire éclate avec la publication d’une tribune collective initiée par des professionnels du cinéma. Le texte cible directement le milliardaire Vincent Bolloré et l’influence grandissante de son groupe (Vivendi/Canal+) sur les médias et la culture en France.

  • Les accusations : Les signataires reprochent à Vincent Bolloré d’utiliser ses médias (CNews, Europe 1, le JDD) pour propager une idéologie d’extrême droite, raciste et réactionnaire.

  • L’enjeu cinématographique : Canal+ étant le premier financeur du cinéma français, la tribune dénonce une situation de monopole qui met en péril l’indépendance de la création. Les auteurs craignent une censure idéologique, des pressions sur les scénarios ou l’asphyxie financière des projets qui ne correspondraient pas à la ligne politique du groupe.

  • Le succès initial : La pétition recueille rapidement des milliers de signatures, dont de très grands noms du cinéma français (réalisateurs, techniciens, acteurs).

2. Le nœud du problème : L’interdépendance financière

Le malaise s’installe presque immédiatement après la publication. Dans le système du cinéma français, Canal+ est un passage quasi obligatoire pour financer un film à l’aide des préachats de droits de diffusion.

Signer cette tribune revenait, pour beaucoup d’acteurs et de réalisateurs, à mordre la main qui les nourrit ou qui doit financer leurs prochains projets. Les rumeurs de « listes noires » chez Canal+ ou de représailles financières ont immédiatement commencé à circuler dans l’industrie.

3. Les suites récentes : Le grand rétropédalage

Le point d’orgue de cette affaire réside dans le retrait spectaculaire de plusieurs signatures de premier plan, mettant en lumière la fragilité des engagements face aux réalités économiques.

Le cas Juliette Binoche et d’autres stars

Plusieurs figures majeures, dont Juliette Binoche, ont rétropédalé publiquement en demandant le retrait de leur nom de la liste des signataires.

  • Les justifications avancées : Pour la plupart, ces artistes ont expliqué avoir signé le texte « trop vite », sans en mesurer toutes les nuances, ou avoir été induits en erreur sur la nature exacte du texte (pensant signer une pétition générale pour la liberté d’expression plutôt qu’une attaque frontale et nominative contre un homme d’affaires).

  • L’analyse du milieu : Pour les observateurs et les initiateurs de la tribune, ces rétropédalages sont avant tout le résultat d’un immense coup de pression de la part des agents, des producteurs et des diffuseurs. Pour une actrice ou un réalisateur de renommée internationale, être associé à un boycott de Canal+ peut paralyser des productions de plusieurs millions d’euros.

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En dehors de la maladresse crasse de cette caste de privilégiés (on ne le dira jamais assez mais ces « gens du cinéma » sont des parasites pleurnichard insupportables), on voit bien la profonde mauvaise foi de ces révolutionnaires en carton : je veux pouvoir te cracher à la gueule et je veux pouvoir réclamer ton argent aussi !

Cette mauvaise foi et ce double langage est une caractéristique constante des ces pseudo « bien-pensants ». Prenons le cas des associations féministes (de gauche, forcément !), un autre exemple édifiant. Voici une liste non exhaustive de cas récents où les féministes n’ont pas soutenu les victimes des cas de viols scandaleux parce que le violeur était un émigré…

  • L’affaire Lola (2022) : Le meurtre et le viol d’une collégienne de 12 ans à Paris par une ressortissante algérienne sous le coup d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français).

  • L’affaire Philippine (2024) : Le meurtre et le viol d’une étudiante de 19 ans dans le bois de Boulogne par un ressortissant marocain en situation irrégulière, déjà condamné pour viol par le passé.

  • Agressions lors de rassemblements ou dans l’espace public : Divers faits divers impliquant des agressions sexuelles commises par des hommes étrangers en situation régulière ou irrégulière.

Et j’en oublie forcément, hélas !
A chaque fois, dans ces affaires déplorables, on a attendu (en vain) l’indignation de ces associations féministes. Mais il semble bien que, pour elles, il y a des viols plus scandaleux (si le violeur est blanc…) que d’autres.

Ces gens-là sont pires que les délinquants : ce sont des tartuffes toxiques qui osent encore faire des leçons de morale… Honte à tous ceux (merdias et journalopes) qui leur donnent la parole.

La France décline de plus en plus mais, incroyable, il y a pire encore !

Il suffit d’aller faire un tour en Grande-Bretagne pour constater les dégâts d’une immigration en roue libre et d’un gouvernement dogmatique (et toxique). L’affaire récente de l’assassinat de Henry Nowak résume toutes les dérives du racisme anti-blanc qui sévit actuellement en UK (et qui ne va pas tarder à s’établir chez nous). Voici un court résumé issu de https://www.lejdd.fr/International/le-meurtre-dhenry-nowak-etudiant-de-18-ans-poignarde-a-mort-choque-le-royaume-uni-174546

Henry Nowak, étudiant de 18 ans, a été mortellement poignardé à Southampton alors qu’il rentrait d’une soirée entre amis. Au-delà du drame lui-même, l’affaire soulève des questions sur la gestion policière des premières minutes suivant l’agression : les forces de l’ordre auraient menotté Henry Nowak tandis que son agresseur l’accusait de racisme.

Keith Starmer ne fait que prouver une fois de plus son ignominie, honte à lui et soutien au peuple britannique, le vrai.

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Mes livres à venir : écriture en cours et projets plus lointains

De temps en temps, je vous donne des nouvelles de mes travaux d’écriture… Pour le moment, mon début d’année 2026 a été assez productif !

Mon livre « SimRacing, découverte & progression » est disponible en 5ème édition !

Un tout nouveau livre (oui, encore un !) de fiction : l’Unique.

Enfin un nouveau livre : la déception informatique !

Mais j’ai aussi quelques épines dans le pied comme mon projet de livre sur Moto Journal et la saison 1973 de Dr Miracle…

Qu’est-il arrivé à Moto Journal ? – Maintenant, le livre ! – quelques nouvelles…

Depuis, j’avoue, je n’ai pas avancé dessus, du tout !

Comment expliquer cet immobilisme ?
Eh bien, tout d’abord, je voulais finir mes autres projets en cours comme L’Unique ou la Déception Informatique. Et, pour cela, il fallait arrêter net tout le reste…

Et, dans le même élan, il fallait que je boucle un projet depuis longtemps en souffrance (lui aussi !) : la saison 1973 de Dr Miracle (4ème volume de la série)…

Mon 34ème livre : Dr Miracle, saison 1972 (tome 3 de la série « Dr Miracle »).

Je l’ai commencé (la saison 1973) en 2024 et nous sommes désormais en 2026… la honte !

Bref, j’ai décidé de boucler ce projet afin d’avoir l’esprit tout à fait libre de me concentrer sur Moto Journal… Et, heureusement, ça avance bien : je viens de terminer le premier jet du chapitre 4 (les 24 heures du Mans 1973, entre autres) et je suis assez content du rythme et de l’inspiration. Si je peux continuer à la même vitesse, alors je pourrais me remettre sur MJ cet été, au plus tard en septembre…

J’ai aussi d’autres projets en tête (dont une collaboration) mais je veux éviter d’en parler trop tôt…

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Indy 500 2026, un finish à couper le souffle !!

Comme chaque année, le monument de la course auto aux USA était à la hauteur des attentes. Encore mieux, cette fois, le finish était enthousiasmant !

J’ai tout regardé avec mes fils et nous avons crié à la fin, c’était incroyable !

Et oui, les Indy 500, c’est du pilotage, une forme particulière et subtile de pilotage mais il faut être stupide pour dire que ça rime à rien, çe ne vaut pas la F1 q(ui elle, se produisait au Canada, une course intéressante sur laquelle je reviendrais mais plus tard…).

En attendant, je vous invite à savourer le final de cette édition avec la vidéo suivante :

Et complétons avec celle-ci…

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Se faire insulter par une gauchiasse : un badge d’honneur !

En août 2018, je publiais ceci :

Ce que la mode (ridicule) de la barbe et des tatouages nous enseigne…

Depuis, cet article accumule les commentaires, principalement positifs (oui, les gens trouvent les excès de cette mode ridicule !), sauf le tout dernier !!

Je le reproduit en intégralité et tel quel ici :

J’ai lu toute cette logorrhée très attentivement, et cela me pose beaucoup de questions, que je vais poser ci-dessous :
– D’abord, vous semblez fortement perturbé par une baisse des capacités intellectuelles. Sur quoi cela se fonde-t-il ? Aucune de vos publications de cite de sources rigoureuses et scientifiques qui permettraient de valider ce qui pour l’instant n’est qu’une opinion réactionnaire.
– Ensuite, en quoi la barbe ou le tatouage sont-ils un signe de la baisse du niveau intellectuel ? Même en considérant que ce dernier phénomène soit plus qu’un fantasme, vous ne montrez aucune relation de causalité mais simplement une corrélation.
– De plus, savez-vous que le tatouage est une pratique vieille d’au moins 2000 ans (il est difficile de trouver des sources au-delà) ? Si vous souhaitez vous renseigner, vous pourriez consulter l’ « Atlas du tatouage » qui condense toutes les pratiques à travers le monde. Si c’est le cas, vous supposez ainsi que la majorité de l’humanité pendant deux millénaires était plongée dans la stupidité (dont certains encore aujourd’hui, comme les maoris).
– Enfin, avez-vous considéré l’idée de remplacer votre vieux mépris réactionnaire toxique par l’idée de rencontrer les personnes qui se font tatouer ? Au lieu de pester en caleçon depuis votre fauteuil, vous pourriez sortir et demander vraiment pourquoi ces personnes font ça. Vous seriez surpris de la capacité de ces personnes à savoir non seulement que c’est un acte définitif, mais qu’en plus elles y ont réfléchi et que ça a de ce fait une importance symbolique. Peut-être pourriez vous considérez le fait qu’une mode n’est pas qu’un phénomène irrationnel de foule, mais aussi le produit de mouvements sociaux, de revendications communes, d’exploitations partagées de nouveaux modes de vies (le tatouage a vu un regain dès les années 60 aux États-Unis, car c’était un symbole de revendication de la nouvelle génération. Ce qui signifie que le tatouage avait un rôle social, politique et existentiel, mais peut-être n’avez-vous pas la culture nécessaire pour le comprendre… Je ne vous en demande pas tant, bien sûr).

Clairement, l’individu en question n’a pas apprécié !
Il est même plutôt insultant dans ces propos. En fait, il se veut insultant mais je le prend bien : être pris à partie par ce genre de gauchiasse lobotomisée est devenu un badge d’honneur !

Pour finir, je laisse la parole à Thomas Séraphine :

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Enfin un explication sur « pourquoi veulent-ils tous que nous utilisions de l’IA au point d’en faire un objectif chiffré ? »…

La semaine dernière, je vous proposais une traduction (partielle) d’un article d’Ed Zitron qui traitait d’un point crucial :

Traduction (partielle) d’un article d’Ed Zitron : Où se trouvent tous les centres de données (data centers) ?

Cette semaine, on va se contenter de la conclusion de son dernier article AI is too expensive :

La revanche des incompétents en affaires

L’IA est le résultat d’une conjonction de concepts et d’organisations ayant échoué, et l’apogée de l’ère des incompétents en affaires, une époque où nous sommes gouvernés par des personnes tellement déconnectées de la réalité du terrain qu’il était inévitable qu’une technologie soit créée spécifiquement pour les exploiter.

Les LLM sont dangereux pour de nombreuses raisons, mais l’une des moins évoquées est leur capacité à manipuler un certain type de dirigeant incompétent. L’IA générative est — pour reprendre les mots de Mo Bitar — très douée pour simuler le travail, à l’instar de la plupart des managers et des dirigeants, et même si elle est totalement incapable de faire quelque chose, elle prétendra le contraire et vous complimentera sur votre suggestion.

Et c’est pourquoi les incompétents en affaires l’adorent.

Là où des êtres humains ordinaires diraient des choses agaçantes comme « ce n’est pas possible dans ces délais » ou « nous n’avons pas les ressources nécessaires », l’IA répondra « bien sûr, tout de suite ! » et gaspillera un maximum de ressources. Quand il fait des erreurs, il s’excusera — comme il se doit, puisqu’il vous a laissé tomber — mais promettra de faire mieux la prochaine fois, tout en coûtant bien moins cher, du moins en théorie, qu’un humain ordinaire, aussi peu compétent soit-il.

Il créera un PRD (Real Product Development) pour un projet logiciel théorique avec l’assurance et l’énergie nécessaires pour le présenter immédiatement à un ingénieur logiciel en lui disant : « Développez ça tout de suite ! » Et quand l’ingénieur logiciel vous sortira des inepties sur l’impossibilité du projet, il vous servira plusieurs réponses qui sonnent juste. Franchement, à quoi bon lui parler ? Claude Code peut créer un prototype que vous pourrez lui fourrer sous le nez avant de le virer pour ne pas avoir utilisé l’IA pour le faire lui-même.

N’importe quel crétin de direction que vous avez croisé possède désormais un outil apparemment surpuissant capable de produire des copies de logiciels libres et, à force de sollicitations, de déployer un truc à moitié fonctionnel sur un serveur web. Face aux bugs, il tente de les corriger, parfois même en « corrigeant » (ajoutant ou supprimant du code) d’ailleurs, comme lorsque Cursor, utilisant le modèle Claude Opus 4.6 d’Anthropic, a effacé une base de données de production entière et toutes ses sauvegardes. Il ne dira jamais non, même s’il en est incapable, même s’il est dépourvu de toute réflexion, même si votre demande est à la fois impossible et déraisonnable, tant par son ampleur que par son délai.

Un imbécile en affaires, si on lui en laisse le choix, peut s’amuser à bidouiller et faire en sorte qu’un diplômé en droit ponde un truc qui lui donne l’impression de coder, ce qui, à son tour, lui fait croire que vous, ingénieur fainéant et stupide, pourriez faire encore mieux avec la puissance de l’IA. Peu importe que cela coûte une fortune, ou qu’il soit impossible d’en mesurer l’efficacité. Le Lion se moque bien de l’« efficacité » ou de la « productivité », et il en a plus qu’assez de vos jérémiades ! Il ne comprend même pas ce que vous faites au quotidien, à part ne pas faire ce qu’il vous demande !

Vous riez, mais c’est pourtant ainsi que la plupart des managers et des dirigeants pensent et agissent. Et maintenant, ils ont un chatbot spécial capable de pondre des prototypes à peu près fonctionnels pour convaincre un parfait incompétent qu’il peut tout faire. Parce que les dirigeants et les managers ne travaillent pas vraiment au quotidien et n’ont donc aucune idée de ce à quoi cela ressemble, si ce n’est lorsqu’ils vous surveillent de près. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils voulaient vous faire revenir au bureau !

Les entreprises ne dépensent pas des millions, voire des centaines de millions de dollars par an en IA parce que c’est une bonne chose, mais parce qu’elles sont dirigées par des gens qui n’y comprennent absolument rien. Dans un monde idéal, ajouter arbitrairement une charge d’exploitation massive et sans cesse croissante à votre entreprise, dans le but avoué – pour reprendre les termes du DSI de la société informatique Workato, « absorber les coûts pendant que les employés expérimentent » – provoquerait un tollé général. Dans notre monde, dominé par des individus déconnectés, égocentriques et grassement surpayés, nombre d’entreprises incitant leurs employés à utiliser l’IA le font par mimétisme, avec à peu près autant de stratégie et de prévoyance qu’on pourrait l’attendre de quelqu’un qui passe 90 % de son temps à lire ses e-mails, à assister à des réunions ou à déjeuner.

La plupart de ceux qui clament haut et fort les prétendus bienfaits de l’IA ne semblent rien accomplir de notable. Je n’ai encore jamais vu un seul de ces prétendus ingénieurs en orchestration multi-agents, véritables psychopathes, livrer un produit remarquable, impressionnant ou même fonctionnel. Je n’ai encore jamais vu un patron obsédé par l’IA écrire, créer ou concevoir quoi que ce soit dont je me souvienne. Je ne vois aucun de ces crétins diriger une entreprise à eux seuls, à l’exception de ceux qui ont appris à vendre des trucs à d’autres victimes de la psychose de l’IA ou à des cadres moyens de taille variable.

Et pourquoi donc ce langage d’inévitabilité et de possessivité ? Personne d’aussi insistant, agressif et abusif, avec son discours du genre « c’est là, et si vous ne l’adoptez pas, vous êtes stupide et condamné », n’a jamais eu raison. Personne d’aussi désespéré, obstiné et autoritaire n’a jamais eu de bonnes intentions, de bonnes ondes ou de bon augure ; ce sont toujours des manipulateurs.

La plupart des technologies sont vendues comme une façon d’élever et d’élever l’être humain. L’IA dévalorise chaque interaction en créant un produit formaté par une personne qui ne vous respecte pas suffisamment pour vous confier un travail à peine digne d’un humain, car il n’a pas été conçu pour lui.

Vous devez accepter de devenir un marchand de pacotille qui se complaît à recevoir des produits de mauvaise qualité. Vous devez célébrer cette médiocrité gratuite et putride, et la défendre, ainsi que la machine qui l’a produite, de tout votre être. Vous devez vous souiller – considérer ses résultats médiocres, bâclés et peu fiables comme des signes de conscience, ou du moins comme la preuve que la conscience numérique est possible. Vous devez défendre d’horribles monolithes d’acier, agressifs, laids et bruyants, remplis de cartes graphiques à 50 000 dollars. Vous devez affirmer qu’ils sont nécessaires et vous devez vous en prendre violemment à ceux qui ne le pensent pas.

Chaque fois que vous défendez l’IA générative, vous défendez une machine capitaliste qui a englouti 1 000 milliards de dollars et créé l’un des produits les plus gaspilleurs de l’histoire. Si l’on n’est pas d’accord avec vous, vous devez tenter de nuire à ceux qui le sont – les ostraciser, les ridiculiser, les attaquer, les dénigrer. Vous justifierez cela par des raisons morales, car vous avez été manipulés par une technologie conçue et vendue par deux des plus grands escrocs de tous les temps : Dario Amodei et Sam Altman. Tout autre comportement serait une opposition à une industrie qui arbore tous les attributs de l’autoritarisme, jusqu’aux médias serviles, à la propagande et à l’accaparement des terres au nom d’un nébuleux « bien commun ».

Mais bon sang, ces types-là savent y faire avec les gens.

Sam Altman a contribué à populariser une technologie idéale pour escroquer les personnes prometteuses, une extrapolation à grande échelle de sa propre vie, qui consistait à transformer des projets foireux – Loopt, par exemple ! – en opportunités plus importantes. Elle permet de réaliser des démonstrations bâclées de nombreuses choses, et c’est suffisant pour convaincre un parfait imbécile du monde des affaires.

Dario Amodei a repris cette arnaque et l’a perfectionnée. Anthropic est une entreprise créée dans le seul but d’extorquer de l’argent aux gens en leur donnant l’illusion d’être intelligents. Les titulaires d’un LLM peuvent parfois accomplir des tâches professionnelles, à condition de s’abaisser à accepter des produits médiocres et souvent défectueux qu’il faut surveiller de près, et soit d’utiliser un produit subventionné qui fait perdre de l’argent à Anthropic, soit de payer une fortune à Anthropic en tant qu’entreprise, et ils perdent quand même de l’argent.

Ces entreprises n’ont pu prospérer que dans une économie dominée par les crédules et les fainéants. Seule une culture capitaliste, dominée par des gens incompétents et incompétents, a permis à la situation d’aller aussi loin. Personne n’en a voulu, personne n’en a jamais voulu ; cela nous a été imposé, et prétendre le contraire est risible et insultant. Tous ceux qui utilisent ce truc un peu et se persuadent que d’ici quelques années, on passera d’un coût de plus de mille milliards de dollars à des milliards de dollars de bénéfices grâce à un produit totalement différent et excellent, devraient se rendre compte qu’ils sont manipulés. Plus vous vous sentez obligé de défendre l’IA, plus vous devez la surveiller de près.

Je ne suis pas votre ennemi !
Si vous le pensez, c’est que vous êtes du côté d’une multinationale ou d’un produit. Vous pouvez l’essayer, l’aimer, ça m’est égal, mais dès que je vous vois adopter une attitude condescendante, critique ou agressive envers quelqu’un qui n’est pas d’accord avec vos choix de produits, je me méfie. Vous ne voyez pas comment ces gens agissent ? Vous ne voyez pas à quel point c’est étrange de défendre un truc payant dont le modèle économique est catastrophique ?
Si ce n’était pas à la mode, être fan d’IA serait considéré comme vraiment bizarre. J’attends avec impatience le jour où ça le sera. J’espère que vous aimez qu’on vous répète tout ce que vous dites depuis 2022 !
Je garde tout précieusement. Il est grand temps de tirer votre révérence, alors dépêchez-vous !

Si vous vous sentez mal à l’aise quand les autres critiquent l’IA, c’est bizarre !
Je vois tout le temps des gens dire qu’ils n’aiment pas les Macs. Et alors ?!
Je ne vais pas me battre pour Tim Cook. Chacun est libre de ses choix.

Ceux qui comparent l’IA à AOL qui envoyait des CD par la poste devraient avoir honte. C’est comme si, à chaque fois que vous ouvrez un magazine, un CD AOL vous fonçait sur la tête, que votre patron vous menaçait de vous remplacer par un modem si vous ne vous connectiez pas, et que les infos diffusaient en boucle des reportages du genre « Je n’ai pas reçu d’e-mail : un père oublie son fils à jamais parce qu’il n’était pas en ligne » ou des tables rondes avec des « experts d’Internet » affirmant : « Je suis connecté à Internet en ce moment même, et je suis certain que d’ici 10 ans, AOL Time Warner pourra m’envoyer un e-mail à mon père. »

Imaginez si Shingy était milliardaire et passait à la télé tous les jours en 1999 pour vous annoncer : « Le monde doit se préparer, car vous allez recevoir un message ICQ du Seigneur. »

L’IA générative a été conçue pour exploiter une économie dirigée par des cadres et des managers qui ne travaillent pas. Son succès repose sur une ignorance crasse et généralisée au sein du management, et sa prolifération continue n’est possible que grâce à la confiance aveugle que les médias accordent à l’idée que les PDG sont occupés parce qu’ils travaillent réellement. Pourtant, même un parfait imbécile en affaires finit par se rendre compte que l’on dépense trop d’argent, et le premier de ces crétins à réduire son budget symbolique fera fuir tous les autres.

Il faudrait les fermer. Il faudrait faire honte à tous ceux qui se sont focalisés sur des idées théoriques concernant les capacités et l’avenir de l’IA, pour leur duplicité intellectuelle ou leur ignorance crasse.

À la fin de l’ère de l’IA, la seule chose qui pourra enrayer la corruption qui gangrène notre économie sera d’admettre que la majorité des entreprises sont dirigées par des fainéants, des égocentriques et des incompétents, et de demander des comptes à ceux qui ont refusé de les examiner de près.

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Voilà. Comme d’habitude, Ed Zitron ne mâche pas ses mots !

Jajoute une vidéo de Mo Bitar, cité par Zitron :

Et celle-ci est vraiment bonne pour isoler le problème de l’IA utilisée comme un objectif plutôt que comme un outil :

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Enfin une vidéo sur l’IA qui vaut le coup d’être regardée jusqu’au bout !!

Je viens de découvrir cette vidéo et j’ai tout regardé :

Passionnant, bien raconté (bravo à « Neo Seed ») et plutôt convainquant, selon moi. Depuis le début de cette mode, je pense que les LLM sont peu fiables et surtout bons en « effet démo » ce qui limite beaucoup leur intérêt…

Une autre vidéo de « Neo Seeed » vaut la peine aussi (hein, pendant qu’on y est !) :

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Le livre de la semaine : Au coeur de la machine: Une immersion captivante dans l’industrie automobile contemporaine

Cette semaine, je vous propose un livre captivant si vous êtes un « petrol-head » (un fou de voiture) : le livre de Dave Twohig sur sa carrière au sein de Nissan et de Renault avec, en particulier, le projet de l’Alpine A110. Au coeur de la machine: Une immersion captivante dans l’industrie automobile contemporaine.

Je suis en train de lire son livre (dans la version anglaise dans mon cas) et je suis captivé !

Je vous encourage à regarder aussi ces vidéos :

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Traduction (partielle) d’un article d’Ed Zitron : Où se trouvent tous les centres de données (data centers) ?

Aujourd’hui, je vous propose une traduction du tout dernier article publié par Ed Zitron. J’ai déjà partagé certains de ces écrits sur ce blog…

Article Web par Edward Zitron – Pop Culture

L’arnaque de l’IA générative, encore un (excellent) article de Ed Zitron

Cette fois, je ne vous propose qu’une traduction partielle car l’article en question est très long et détaillé. Mais vous pouvez toujours allez à la source qui est à https://www.wheresyoured.at/where-are-all-the-data-centers/

Allez, on commence, il y a beaucoup à lire !

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Où se trouvent tous les centres de données (data centers) ?

Dans chaque bulle, une chose est indéniablement constante : des choses sont dites, répétées, puis considérées comme des faits. Sam Bankman-Fried était souriant et amical, “milliardaire autodidacte” Le visage de l’industrie crypto. Les NFT étaient présentés comme l’avenir de l’art et allaient révolutionner notre conception de la propriété des médias numériques. Bien sûr, les faits n’ont jamais confirmé ces espoirs. Le trading de NFT était dominé par le wash trading.— Manipulation du marché par l’achat et la vente délibérés d’un actif par deux parties afin d’en faire monter le prix. La cryptomonnaie n’a jamais vraiment décollé au point d’être considérée comme autre chose qu’un actif spéculatif, et les altcoins sont pratiquement morts.

Sam Bankman-Fried n’était milliardaire que si l’on prenait en compte ses milliards de jetons FTX illiquides, mais cela n’a pas empêché les gens de dire qu’il voulait sauver le monde, des semaines après l’effondrement de Terra Luna, une cryptomonnaie “stable” contre laquelle il avait lui-même parié et dont il a peut-être contribué à l’effondrement.

Trois mois avant son arrestation, un journaliste de CNBC s’est rendu aux Bahamas pour entendre SBF raconter comment “Il a survécu au krach boursier et a même étendu son empire. La réponse étant qu’il avait « amassé une somme importante d’argent liquide, réduit ses frais généraux et éviter de prêter », contrairement à la vérité, qui était « un crime ».

Le château de cartes de l’IA !

Le problème, c’est qu’avant chaque scandale, il y a toujours quelqu’un qui vous assure avec force que tout va bien. Tout semble réel parce qu’il y assez preuve, « une preuve suffisante » étant le témoignage convaincant d’une personne affirmant que « la majeure partie du volume de FTX provient de clients effectuant des transactions d’au moins 100 000 $ par jour », lorsque le volume réel a été manipulé par FTX lui-même et les “100 000 $ par jour de fonds clients” étaient utilisés par FTX pour soutenir son jeton en difficulté.

Au final, la « preuve » que SBF était riche et que FTX était solvable résidait dans le fait que personne n’avait demandé son argent et que rien de grave n’était arrivé à personne. SBF était seize fois milliardaire parce que suffisamment de gens avaient affirmé que c’était vrai.

Quoi qu’il en soit, l’une des idées reçues les plus répandues concernant la bulle de l’IA est que des quantités massives — de l’ordre du gigawatt — de centres de données ont à la fois déjà été construits et continuent d’être construits… mais quand on regarde de plus près, les choses deviennent un peu plus floues. 

Alors que le rapport de Wood Mackenzie indiquait qu’il y avait 25 GW de capacité de centres de données supplémentaires ont été ajoutés au projet au quatrième trimestre 2025 mais sans préciser le montant des mises en ligne. CBRE avait indiqué en février dernier qu’une  absorption nette de 2497 MW  avait eu lieu sur les marchés primaires en 2025. D’autres rapports indiquent qu’entre 700 MW et 2 GW de capacité ont été absorbés chaque trimestre en 2025. À l’époque, j’ai pris contact et j’ai demandé des précisions sur la méthodologie en question, mais je n’ai reçu aucune réponse.

Bon, je sais que des centres de données sont en construction et qu’ils existent déjà. Je crois qu’une certaine capacité est en cours de mise en service.

Mais des gigawatts ? Ou même des centaines de mégawatts ? Quelle est la capacité d’un de ces centres de données ? Est-ce que ça va vraiment être mis en ligne ?

Pourquoi Anthropic s’est-elle retrouvée dans une situation si désespérée qu’elle a repris un centre de données vieux de plusieurs années, Colossus-1 de xAI, rempli de puces encore plus anciennes d’un concurrent (une dont le PDG a qualifié l’entreprise de « maléfique ») et l’usine fait face à une action en justice intentée par la NAACP concernant des allégations selon lesquelles ses turbines à gaz polluent les quartiers voisins ?

N’oubliez pas que Colossus-1 est un centre de données atypique, avec environ 200 000 GPU H100 et H200 et un nombre indéterminé de Blackwell GB200, pour une capacité totale d’environ 300 MW… ce qui n’est pas si énorme si l’on parle de gigawatts construits chaque trimestre, n’est-ce pas ?

J’ai donc deux questions très simples à poser : combien de temps faut-il pour construire un centre de données, et quelle est la capacité réelle des centres de données qui sont réellement et actuellement mis en service ?

Ces questions apparemment simples sont étonnamment difficiles à répondre. Il existe très peu d’informations fiables sur les centres de données en construction, et celles qui existent sont constamment brouillées par des reportages de piètre qualité (affirmant que les projets incomplets sont « opérationnels »parce que certaines parties d’entre elles se sont allumées par exemple), et l’absence de toute demande de transparence de la part des investisseurs. Les géants du cloud ne divulguent ni le nombre de centres de données qu’ils ont construits, ni leur capacité disponible.

Je trouve cela totalement inexcusable, étant donné qu’Amazon, Google, Meta et Microsoft ont investi plus de 800 milliards de dollars en dépenses d’investissement (et davantage si l’on inclut les investissements dans Anthropic et OpenAI) au cours des trois dernières années..

Alors je suis allé voir, et ce que j’ai trouvé était déroutant.

Voilà ce qui restera des centaines de Milliards dépensés !

Définition de « construit » et « opérationnel »

Vous allez donc entendre des gens dire “eh bien Ed, les centres de données sont en cours de construit” et ce dont je parle, ce sont les centres de données qui ont été entièrement construit puis démarrés et raccordés au réseau. Il est vraiment très facile de trouver des centres de données qui sont en cours de construction mais, comme je l’ai évoqué par le passé, cela peut aller d’un amas d’échafaudages à un centre de données presque achevé..

Or, trouver ces derniers est extrêmement difficile. J’ai passé la semaine dernière à rechercher des centres de données dont la construction a débuté en 2023 ou 2024 et qui sont désormais achevés, et mes recherches sont étonnamment infructueuses. Certains projets sont bloqués dans un chantier interminable, aux prises avec les services d’urbanisme pour obtenir les permis, d’autres avancent lentement, sans véritables avancées, et d’autres encore, comme c’est le cas pour le centre de données de Nscale à Loughton, en Angleterre, n’ont pratiquement rien fait pendant la majeure partie de l’année. Certains ajoutent sans cesse de la capacité à la commande afin de continuer à engranger des factures de construction, tandis que d’autres affirment que leurs centres de données sont « opérationnels » alors qu’une seule phase est en service.

Il faut également savoir que même une fois la construction terminée, les bâtiments eux-mêmes doivent être entièrement équipés du matériel de refroidissement, d’alimentation électrique et informatique nécessaire, après quoi ils peuvent être configurés pour répondre aux spécifications d’un client (ce qui peut prendre des mois), et c’est seulement à ce moment-là que la malheureuse personne qui construit l’installation peut réellement commencer à gagner de l’argent.

Construire un centre de données est difficile, et personne n’a encore construit de centre de données d’une capacité de 1 GW.

Je pense qu’il est également pertinent de revenir sur la complexité de la construction de centres de données et sur l’ampleur de ces nouveaux projets.

Cela commence par un constat très simple : personne n’a encore construit de centre de données de 1 GW (précisons qu’il s’agit généralement d’un campus composé de plusieurs bâtiments interconnectés). Il existe des campus — comme Stargate Abilene — qui promettent d’atteindre 1,2 GW, mais depuis près de deux ans, il y a juste deux bâtiments supportant chacun une charge informatique critique d’environ 103 MW. avec, d’après des discussions avec des sources ayant une connaissance directe de l’infrastructure d’Abilene, un troisième bâtiment entièrement construit mais pratiquement sans équipement à l’intérieur.

C’est tout simplement aberrant de voir autant d’entreprises différentes essayer de construire ces choses-là, étant donné la difficulté que représente même la construction du centre de données le plus simple.

Prenons l’exemple du centre de données Edge d’American Tower Corporation à Raleigh, en Caroline du Nord, dont je parlerai plus loin. Il s’agit d’une installation de 1 MW (soit un millième de la taille d’une installation d’un gigawatt), occupant initialement 4 000 pieds carrés (environ 372 m²) et pouvant s’étendre à 16 000 pieds carrés (environ 1 486 m²) si ATC parvient à atteindre une puissance de 4 MW. C’est environ deux fois plus grand qu’une maison américaine typique. Et, du début des travaux à l’inauguration, il a fallu onze mois pour la construire. Sans compter toutes les autres étapes fastidieuses, comme la recherche du terrain, l’obtention des permis, etc.

Et ce n’est qu’un exemple relativement modeste. Et ces gens veulent construire des campus de centres de données mille fois plus grands. Voyez comme c’est difficile !

En réalité, c’est tellement complexe que les entreprises ne peuvent pas tout construire d’un coup. Les grands campus de centres de données sont presque toujours divisés en « phases », en partie parce que c’est la méthode de construction la plus judicieuse, et en partie dans le but avoué de vous convaincre qu’ils sont « pleinement opérationnels ».

Par exemple, MacKenzie Sigalos de CNBC a rapporté en octobre que le centre de données Project Rainier d’Amazon, situé dans l’Indiana et censé avoir une capacité de 2,2 GW, était “opérationnel”, alors que seulement sept des trente bâtiments prévus l’étaient réellement. Elle a également ajouté : « Deux autres campus [de capacité indéterminée] sont en construction. » Cette remarque était noyée sous deux vidéos et 600 mots dans un article affirmant que le centre de données était « désormais opérationnel », dans le but manifeste de vous faire croire que l’ensemble du système était opérationnel.

Il faut lui reconnaître au moins le mérite de ne pas avoir copié-collé le mensonge éhonté d’Amazon, qui prétendait que Rainier était pleinement opérationnel dans un communiqué de presse publié le même jour. Vous remarquerez également qu’Amazon ne fournit jamais aucune précision quant à la capacité réelle du Rainier.

Sigalos a fait exactement la même chose lors de l’ouverture du premier (des huit) bâtiments de Stargate Abilene, on a déclaré que « le premier centre de données d’OpenAI dans le cadre du projet Stargate de 500 milliards de dollars est ouvert au Texas », enfouissant le commentaire selon lequel un seul était opérationnel, alors qu’un autre était presque terminé plusieurs centaines de mots plus tôt.

Il s’agit là de tentatives délibérées pour masquer l’avancement réel de la construction des centres de données, et pour être honnête, j’ai passé des mois à essayer de comprendre pourquoi de grandes entreprises, censées construire de vastes zones de centres de données, s’y prendraient ainsi.

À moins, bien sûr, que les choses ne se déroulent pas comme prévu.

=== ici, j’ai supprimé la plus grande partie de l’article qui revenait en détail,sur les difficultés qu’on les grands acteurs -tous les grands acteurs !- à tenir leurs promesses en la matière… et j’ai sauté directement à la conclusion ===

La crise de la construction des centres de données ne fait que commencer.

Prenez un centre de données. Il est probablement à peine en construction, ou s’il est “terminé”, il est en réalité “partiellement achevé”, sans aucune indication quant à la date de fin des travaux.

Vous vous souvenez de ce contrat de 17 milliards de dollars signé entre Microsoft et Nebius ? Celui qui explique en grande partie la flambée du cours de l’action Nebius ? 

Eh bien, son existence repose sur la poursuite de la construction d’un centre de données à Vineland, dans le New Jersey, qui se heurte à une forte opposition locale. Plusieurs sources confirment désormais que les travaux sont à l’arrêt en raison de problèmes d’urbanisme. Le centre de données accuse déjà un retard considérable, et Microsoft a la possibilité de résilier l’intégralité du contrat si Nebius ne respecte pas les échéances fixées.

Ce centre de données est l’une des principales raisons pour lesquelles les actions de Nebius sont si valorisées ! 

Sans lui, l’entreprise ne peut générer aucun revenu ! 

Elle bénéficie des fonds et de la bénédiction des plus hautes instances de Redmond – le Mandat Céleste ! – et pourtant, elle est incapable de mener à bien ses projets ! 

C’est alarmant et révélateur d’un problème plus vaste au sein du secteur : la construction de centres de données est extrêmement complexe et, la plupart du temps, ils ne sont jamais achevés !

Vous avez sans doute entendu parler de centres de données qui ont fait l’objet d’oppositions ou ont été annulés – mais qu’en est-il de ceux qui ont finalement ouvert leurs portes ? 

Si vous en avez entendu parler, n’hésitez pas à me contacter, car ils sont extrêmement rares.

Pourquoi n’en savons-nous rien ? Il s’agit apparemment du mouvement technologique le plus important depuis la dernière justification inventée de toutes pièces. Ne devrions-nous pas avoir une idée concrète de la situation ? Car, à mon avis, si ces technologies ne sont pas disponibles au rythme prévu, nous devons exiger de NVIDIA des éclaircissements fondamentaux sur l’état actuel des GPU et leur date de disponibilité.

La valorisation sans cesse croissante de NVIDIA repose sur l’idée qu’il y a toujours plus de demande pour les GPU, et c’est peut-être vrai, mais si cette demande est basée sur la vente de puces deux ans à l’avance, alors le rythme de renouvellement annuel de NVIDIA est totalement absurde. Achetez les GPU d’aujourd’hui ! 

Ce sont les meilleurs, du moins pour l’instant. Au moment où vous les brancherez, ils seront vieux et obsolètes. Mais ne vous inquiétez pas, il vous faudra aussi deux ans pour installer le prochain !

Soyons clairs : des GPU Blackwell sont bel et bien installés ! 

Mais trois millions ?

On utilise souvent l’exemple de « l’équivalent de la consommation de deux villes » pour illustrer ce point, mais il me semble plus pertinent de prendre des exemples concrets de centres de données.

La construction des deux bâtiments de Stargate Abilene, représentant environ 103 MW de charge informatique critique, a pris deux ans. Trois millions de GPU B200 correspondent à environ 3,6 GW de charge informatique. Croyez-vous vraiment que près de trente-cinq bâtiments de la taille de ceux de Stargate Abilene ont été construits en 2025 ? 

Si oui, où sont-ils situés, exactement ?

On pourrait objecter que d’autres centres de données sont plus petits et donc plus faciles à construire. Alors pourquoi est-ce si difficile de trouver des exemples de centres construits de cette manière ?

N’hésitez pas à me prouver le contraire ! 

C’est pourtant simple ! 

Montrez-moi un centre de données annoncé ou dont la construction a débuté en 2023 et apportez-moi la preuve irréfutable de sa mise en service. Je vous croirai même s’il est partiellement ouvert !

Le problème, c’est que je ne trouve que des exemples de centres « partiellement achevés », et ce sont les seuls exemples de centres de données « terminés ».

N’est-ce pas un peu absurde ? 

On n’entend parler que de ça depuis des années, tout le monde agit comme si ces centres existaient à une échelle dont je doute fort !

Je m’attends à quelques soupirs d’exaspération et à des « bien sûr qu’ils vont être mis en service » de la part des sceptiques, mais franchement, c’est quand même bizarre, non ? Même si vous voulez vous allier à Sandisk et appeler vos enfants « Western » et « Digital », pourquoi ne pas affirmer haut et fort que plusieurs centres de données sont opérationnels ? 

On a des « preuves » à grande échelle, mais dès qu’on s’intéresse un tant soit peu aux détails, on trouve des types les mains sur les hanches qui disent : « Désolé, mon pote, ça va coûter 4 millions de dollars de plus ».

Il y a quelque chose qui cloche, et c’est exactement le genre de décalage qui se produit dans une bulle spéculative : quand la réalité des infrastructures se déconnecte des chiffres. NVIDIA gagne des centaines de milliards de dollars, et on ignore quelle part provient des GPU installés dans les centres de données opérationnels. On a l’impression que Jensen Huang a orchestré la plus grande campagne de précommandes de tous les temps.

Cela a des conséquences majeures en aval. Les obligations de performance restantes de Sandisk, Samsung, SK Hynix, Broadcom, AMD, Microsoft, Google, Oracle et Amazon s’élèvent à [trouver] et dépendent de leur capacité à vendre des gigawatts de puissance de calcul ou d’accès à la puissance de calcul. Si la construction des centres de données ne se fait pas dans un délai raisonnable, l’avenir de ces entreprises est directement lié à la réalisation des projets de construction. Même en supposant qu’Anthropic devienne une entreprise valorisée à 2 000 milliards de dollars et un client de Google à hauteur de 200 milliards de dollars, la capacité de calcul nécessaire à la vente doit exister, or elle ne semble pas être en construction ou, dans de nombreux cas, n’a pas dépassé le stade des premières phases de construction.

Si ces infrastructures ne sont pas construites dans les prochaines années, il n’y aura pas de place pour le stockage SSD ni pour les GPU Instinct. NVIDIA n’avait aucune raison non plus de réserver la majeure partie des capacités de TSMC.

De même, il n’y a pas lieu de s’enthousiasmer pour Bloom Energy, car l’entreprise ne générera pas de revenus significatifs tant qu’Oracle n’aura pas terminé ses centres de données, ce qui pourrait arriver d’ici deux ans, voire jamais.

Et si ces infrastructures ne sont pas construites, des centaines de milliards de dollars auront été gaspillés, dont une grande partie financée par des crédits privés, eux-mêmes financés par les fonds de pension, les retraites et les assurances.

J’ai un mauvais pressentiment là.

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Source https://www.wheresyoured.at/where-are-all-the-data-centers/ 

 

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J’ai terminé de lire le rapport Alloncle : ce que je peux en tirer…

J’ai mis un certain temps à me coltiner ces 550 pages car cette lecture était souvent rébarbatives et quelquefois carrément désolante tellement les scandales révélés (et il y en a quelques-uns !).

J’en ai déjà parlé la semaine dernière :

Le rapport de LA COMMISSION D’ENQUÊTE sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, le sujet du moment !

Rapport Alloncle : quelques premiers extraits et un premier enseignement…

Comment résumer tout cela ?

Difficile car il y a de nombreux sujets et certains de ces sujets ne concernent et n’intéressent que les spécialistes du domaine… Cependant, on peut quand même dégager quelques pistes :

  • L’arcom ne fait pas son travail. Ses membres ont même du mal à expliquer leur mission et comment l’appliquer !
  • La neutralité éditoriale est inexistante et les acteurs concernés ne font même pas semblant de s’en excuser (affaire Chen-Legrand par exemple mais il y en a d’autres !).
  • La fameuse « mission de service public » dont les bien-pensants nous rabattent les oreilles, on serait désormais bien en mal de l’identifier dans l’incroyable nombre de chaines différentes… Déjà, pourquoi autant de chaines ?
    Il y en a plus de 130 !!
    Sources de gaspillage éhonté (et, bien sûr, jamais reconnu même quand les chiffres sont accablants) et de n’importe quoi bien éloigné de la « mission de service public » oubliée et bafouée depuis bien longtemps.
  • Conflits d’intérêts multiples entre les dirigeants des chaines publiques et les sociétés de production mandatées pour de trop (bien trop) nombreux programmes : on passe de l’une à l’autre allégrement avec les avantages qu’on imagine.
  • Au niveau gaspillage et même détournement d’argent public, on peut dire que toutes les limites sont franchies : depuis des notes de frais somptuaires aux avantages en nature excessifs, on voit de tout et du pire !

Enfin, pour finir, il y a une pépite et une énième polémique… Tout d’baord, la pépite, ce sont les révélations sur la désignation et la reconduction de l’affreuse Delphine Ernotte (je ne comprend pas qu’on puisse soutenir cette harpie !) qui n’a pas hésité à s’emparer du programme d’un autre candidat… On croit rêver !

La polémique concerne la fameuse intention de privatisation. Comme quoi cette commission était un cheval de Troie pour préparer une future privatisation de France-Télévision… Mais ce que le rapport révèle, c’est surtout que cette privatisation a déjà largement commencé : l’externalisation excessive des programmes (mêmes les plus basiques et les plus faciles à réaliser en interne) profite déjà aux boites de production qui s’en frottent les mains (et on comprend pourquoi vu les tarifs pratiqués !).

Enfin, on constate que cette commission a fonctionné tout le long dans une atmosphère délétère : les membres s’opposaient les uns aux autres depuis le début et jusqu’à la décision de publier ou pas (le rapport a finalement été publié et c’est un miracle !).

Ce rapport et le travail de cette commission nous en apprend beaucoup sur l’affaiblissement de l’assemblée nationale dans son ensemble : le souci du bien public est désormais secondaire face aux minables disputes de partis. Les conséquences futures sont faciles à anticiper : oui, l’audiovisuel public finira par être privatisé (et, j’insiste, c’est déjà en partie le cas). Non, l’audiovisuel public n’est PAS une nécessité absolue, en tout cas pas dans sa forme actuelle. Enfin, le parlementarisme n’est pas une institution formidable qu’il faudrait préserver à tout prix. Il s’agit plutôt d’un système qui est à bout de souffle, tout comme l’audiovisuel public d’ailleurs.

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La belle au bois dormant ou la preuve que les wokistes sont des hystériques…

La belle au bois dormant (de Charles Perrault, rappel) est un livre ignoble puisque l’horrible « prince charmant » embrasse la belle princesse sans son consentement !

Horreur, malheur, à bannir, mais que fait donc la brigade de la « cancel culture » ?

Sauf que, la fameuse scène du baiser n’existe simplement pas dans le livre original de Charles Perrault… Voir cette vidéo (non, je ne me suis pas trimé de vidéo, l’auteur y parle aussi de Gisèle Pélicot après…) que j’ai fait débuter au moment où cet auteur dévoile la vérité…

Conclusion simple et définitive : les wokistes (tous les wokistes) sont des hystériques qui font chier le monde (pardon my french!) pour des broutilles qui n’existent même pas !

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Le livre de la semaine (il faut lire !) : Milliardaires d’un jour – Splendeurs et misères de la nouvelle économie

Il y a quelques semaines, j’avais promis que je vous donnerais un retour sur un livre découvert grâce à un autre livre :

Le livre de la semaine (il faut lire !) : l’ange exterminateur, la vraie vie de Bernard Arnault

Nous y voilà, il est temps d’en parler à travers cette courte vidéo…

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Rapport Alloncle : quelques premiers extraits et un premier enseignement…

Je continue à lire intgralement ce rapport. C’est long mais, à partir de la page 110, ça démarre enfin !

Voici un extrait de ce que j’ai trouvé page 86 :
« L’archipélisation » de notre société, selon le concept de Jérôme Fourquet,
induit une polarisation des opinions, et une radicalisation des postures, que la
diffusion de « fake news », parfois émanant même de responsables d’entreprises
publiques, et les tentatives d’ingérences étrangères n’aident pas à modérer. Le
constat d’une dilution du commun est patent : il est renforcé par la diffusion, en
particulier dans la jeunesse, de formats ultra-courts et addictifs. Selon la belle
formule de Régis Debray (Le Moment Fraternité), nous sommes entrés dans un
« présent qui clignote, mais qui n’éclaire pas ». Dans ce contexte, l’audiovisuel
public doit jouer un rôle de premier plan : celui de contrepoint.
===
Cette citation (présent qui clignote) me parait être bien trouvé pour caractériser notre époque…

L’Archipel français

Le terme d’archipellisation provient de l’essai L’Archipel français : une nation multiple et divisée, essai du politologue Jérôme Fourquet paru en 2019 aux éditions du Seuil. Cet ouvrage au fort retentissement (plus de 100.000 exemplaires vendus) a en particulier nourri le débat public sur le communautarisme, l’intégration ou le séparatisme. Au delà des « îlots » les plus classiques (islam, etc.), il identifie aussi la déconnexion des « élites », qui s’est en particulier révélé lors de la Crise du COVID.

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L’archipellisation de la société

« Au terme de ce long travail, l’image qui nous est venue à l’esprit et qui correspondait le mieux à ce que nous avions découvert était celle de l’archipel, c’est-à-dire une constellation d‘îles et ilots, qui ont en commun un certain nombre de caractéristiques et entretiennent des relations, mais qui sont séparés. Les îles et les îlots peuvent être très nombreux et de tailles différentes. Sans idéaliser un temps passé et révolu, dans laquelle notre société aurait été homogène – ce qui n’a jamais été le cas – on peut néanmoins constater que le degré de fragmentation ou d’archipellisation de la société française est sans précédent. »

— Jérôme Fourquet

===

Ce second extrait n’est PAS issu du rapport, c’est moi qui vient de le trouver pour avoir une définition de cette notion d’achipélisation…

===

Neutralité ? Pas pour nous !

à propos de la notion centrale de « neutralité » (page 105 du rapport) :
À cet égard, les auditions ont été révélatrices. Plusieurs journalistes et
cadres dirigeants de l’audiovisuel public ont en effet ouvertement relativisé, voire
rejeté, l’obligation de neutralité qui leur incombe. M. Patrick Cohen a ainsi déclaré :
« Évidemment, je ne suis pas neutre ; personne ne l’est dans ce métier. » M. Samuel
Étienne a affirmé que « la neutralité n’existe pas » et qu’il considérait « ce concept
comme un mirage ». M. Gilles Bornstein a estimé quant à lui que le mot « neutre »
ne voulait « pas dire grand-chose ». Mme Sibyle Veil, présidente-directrice
générale de Radio France, a, quant à elle, déclaré que « personne n’est totalement
neutre ». Ces déclarations ne sont pas de simples nuances : elles traduisent une
méconnaissance de la portée juridique de ce principe de neutralité, voire une forme
de laxisme.
Par ailleurs, le président de la commission a versé aux débats un tract
intersyndical CGT-CFDT-Sud de France Télévisions de juin 2024 dans lequel des
journalistes, techniciens et administratifs déclaraient ne pas accepter « de rester
neutres, ni de rester impartiaux ». Que des salariés d’un opérateur public
revendiquent publiquement et collectivement le droit de s’affranchir d’une
obligation légale constitue un fait que la commission ne saurait minorer.
Par ailleurs, M. Martin Ajdari, président de l’Arcom, a déclaré devant la
commission des affaires culturelles le 8 octobre 2025 qu’« imaginer une totale
neutralité, ce serait presque contre-productif pour une institution qui a vocation à alimenter le débat démocratique ». Reconnaître que la neutralité parfaite est
inaccessible n’autorise cependant pas à conclure qu’elle est sans portée. C’est
précisément parce que ses contours sont difficiles à tracer que son application exige
davantage de rigueur.
===
Significatif, non ?

Autre extrait, page 110 :

Lors de son audition,

M. Martin Ajdari a indiqué à ce sujet que l’Arcom a entamé une « réflexion (au) mois de septembre (2025) qui vise à objectiver et à préciser la notion d’impartialité, à mesurer la perception et les attentes du public concernant le service public et, enfin, à évaluer les outils existants au sein des sociétés audiovisuelles publiques pour, le cas échéant, les compléter, en s’inspirant des meilleures expériencces observées à l’étranger » (1). C’est la raison pour laquelle l’institution a confié une mission à M. Bruno Lasserre pour préciser ces concepts dans un rapport dont les conclusions sont attendues à la fin du mois de mai 2026.

Ce constat soulève une difficulté juridique que ni l’Arcom – ni avant elle le CSA – ni le Conseil d’État n’ont jusqu’ici résolue : comment ces institutions ont-elles pu appliquer et sanctionner le principe d’impartialité sans en avoir jamais arrêté de définition ? Les décisions rendues en la matière reposent sur une notion dont le contenu précis n’a jamais été fixé par le législateur, ni explicité par le régulateur.

===

Bonne question !

Autre extrait page 112 :

Une présentation incomplète des intervenants, au détriment de la

sincérité de l’information

Le 10 janvier 2026, dans l’émission « Vrai ou Faux » sur Franceinfo,

M. Christophe Ventura a été présenté comme un simple « spécialiste de l’Amérique

latine » (1), alors qu’il est un ancien membre du Parti de gauche, formation à

l’origine de La France insoumise, et un soutien public du dictateur Hugo Chavez. (2)

L’épisode est d’autant plus problématique que l’émission se prévaut

précisément d’une mission de fact-checking. Entendue par la commission,

Mme Muriel Pleynet, directrice adjointe de l’information et directrice de France

Info TV, a elle-même postérieurement reconnu le manquement : « Tous nos

intervenants en plateau, tous nos invités, doivent être présentés correctement et de

façon complète. S’ils ont un engagement politique quel qu’il soit, il doit être

mentionné. ». (3) M. Alexandre Kara, ancien directeur de l’information de France

TV, a pour sa part, admis : « Si M. Ventura a été mal présenté, c’est effectivement

une erreur. » (4)

===

Et suit plein d’autres exemples de présentations incomplètes ou biaisées des intervenants, une pratique érigée en système.

Issu de la page 114, à lire et à apprécier !!

Cet autre exemple « d’approximation » est édifiant !

Et que fait l’ARCOM dans ces cas ?
Eh bien, il apparait clairement que l’ARCOM ne fait rien !

Oui, certes, on aurait dû intervenir, sanctionner mais, vous comprenez, il y a tellement de cas que, bon, la flemme quoi !

===

Je continue à lire mais je vous avoue qu’il faut s’accrocher pour ne pas tomber de sa chaise ça et là !

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Effondrement du niveau : « c’est quoi ânonner ? »…

Vu sur X hier à https://x.com/Gdams70/status/2052034765247701122?s=20 :

Le détail qui tue (et qui est hautement significatif), c’est quand le type qui mène l’interview demande à la jeune prof « C’est quoi ânonner ? »… Lui-même est le symbole de cet effondrement !!

Et il faut voir la prof se mordre les lèvres avant de lui répondre « c’est lire syllabes par syllabes » (le mot « syllabe », il le comprend ?)…  Eh oui, on en est là !!

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Le rapport de LA COMMISSION D’ENQUÊTE sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, le sujet du moment !

Alors que la gauche proteste d’une seule voix contre ce rapport, cela prouve qu’il doit contenir des révélations intéressantes (ou désolantes…) !

Les gauchiasses en PLS !

En attendant, ce rapport, il faut le lire !
Et comme il fait plus de 500 pages, ça demande un peu de temps… J’ai commencé cette lecture bien sûr et, pour le moment, je me rend compte que c’est difficile à lire et assez mal rédigé (ou, au moins, assez mal organisé au niveau de son contenu…).

Certaines phrases donnent le ton tout de même et ce dès le début. Le type de l’Arcom qui se plaint (comme une pleureuse) « que le terme « neutralité » n’est pas assez bien défini » par exemple !

C’est pourtant simple et présent dans n’importe quel dictionnaire :

La neutralité est une notion essentiellement neutre . Elle qualifie avant tout l’abstention de celui qui reste en dehors d’un conflit et qui n’exprime pas ouvertement d’opinion sur l’un ou l’autre camp. En droit international, la neutralité est l’opposé de la belligérance.

Lorsque j’en aurais terminé lecture, je vous proposerais une synthèse de ce que j’en ai compris/retenu…

Il est disponible en intégralité à cette adresse => https://lcp.fr/sites/lcp.fr/files/2026-05/l17b2698-t1_rapport-enquete.pdf

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Le ballet des chiots.tes : l’écriture inclusive est vulgaire !

100% d’accord avec cet auteur !

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Mon livre « SimRacing, découverte & progression » est disponible en 5ème édition !

C’est toujours un grand moment d’annoncer qu’un nouveau livre est enfin disponible !

Bon, là, ce n’est pas tout à fait un nouveau livre mais comme cette 5ème édition a représenté un gros travail, c’est tout comme…

SimRacing, édition 5 – Version Kindle – Version Papier – première publication en juillet 2009.

Il y a encore quelques menus problèmes comme la nouvelle couverture du livre broché qui ne s’affiche pas, c’est encore l’ancienne (alors que celle du livre relié, c’est bien la bonne !)… Il faut encore un peu de temps pour qu’Amazon finisse ses mises à jour on va dire. Mais voilà, je suis très content !

Cette version représente un gros travail d’actualisation et de réflexion globale sur le contenu de ce livre. Je suis heureux de l’avoir mené et surtout de l’avoir terminé !

Ce livre était en pause depuis 6 ans, c’est reparti.

 

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Visite du musée automobile de Mulhouse : simplement extraordinaire !

A l’occasion de l’expo temporaire sur la F1 qui se tenait au musée de l’automobile de Mulhouse, je m’y suis rendu avec deux de mes fils (les plus passionnés par cette matière) ce samedi et je peux vous le dire : ça vaut vraiment le coup !

Il y a de nombreuses vidéos sur YouTube pour préparer ce genre de visite à ce musée mais je vous en recommande deux :

Celle-ci tout d’abord pour comprendre les origines (tumultueuses !) de ce musée et de cette collection exceptionnelle…

Et celle-là pour préparer au mieux sa visite car, croyez-moi, il y a de quoi voir !!

En vérité, on en prend plein les yeux dès les premières minutes et on en sort étourdis au bout de quelques heures… Voici quelques photos pour illustrer la richesse incroyable de ce musée unique au monde (oui et ce n’est pas exagéré !) :

Cette visite était riche en émotions et en découvertes uniques. Je ne peux que vous recommander chaudement ce déplacement (bon, c’est loin mais ça vaut la peine !).

Ce n’est pas la première fois que je vous partage une visite de musée automobile ou moto :

Visite au musée des 24 heures du Mans…

Visite du musée Porsche à Zuffenhausen…

Une petite visite au Revs Institute : les américains aiment les voitures !

 

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Mon livre sur le SimRacing en 5ème édition, on y est presque !

Je l’annonce en vidéo sur mon blog dédié, allez voir à https://alain-lefebvre.ovh/le-livre-simracing-decouverte-progression-5eme-edition-quasiment-pret/

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Un spectacle intense et authentique : le MotoGP !

Bon, c’est pas la première fois que je met le MotoGP en avant mais il le mérite !

Regardez donc le résumé de la course sprint de la veille :

Des dépassements, en veux-tu, en voilà et que de l’authentique, rien d’artificiel !

Plutôt que de vous plaindre de la F1, regardez-donc le MotoGP, voilà.

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Court mais percutant : cette vidéo (pas de moi) explique pourquoi les gens ne se révoltent pas (plus)…

Une vidéo courte, simple mais où tout est dit…

Pour les éternels geignards qui se plaignent genre « ben, y sont où cette fois les gilets jaunes ? », j’ai la réponse : les gilets jaunes ont été cruellement punis et traumatisés. Donc, cette fois, c’est à votre tour de prendre le relais !

Hein, quoi… je ne vous entends plus !

Les gilets jaunes ont payé le prix fort, respect à eux et on attend désormais que les nouvelles générations se soulèvent (on peut toujours attendre !).

Cependant, on ne peut supprimer complètement l’envie de révolte, on ne fait que reculer le moment. Et, quand celui-ci viendra, ce sera explosif (et sanglant) !

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La (méga) crise financière qui vient… Une vidéo (longue) à voir !!

Oui, je sais, cette vidéo dure presque deux heures… C’est long à l’époque du déficit de l’attention !
Mais le contenu de cette vidéo, ce qui est dit, expliqué par Lordon vaut chaque minute passée, garantie !

Donc, commencez à la regarder, ne serait-ce qu’un quart d’heure ou vingt minutes… Et vous allez voir que, fasciné par la faconde de Lordon, vous allez tout écouter comme je viens de le faire… Car, hélas, c’est plus que probable : nous allons vers une méga-crise financière où le tremblement de terre de 2008 passera pour une vibration agréable.

Cela fait des mois que j’annonce que la folie de l’IA finira mal. Mais, hélas, le délire de l’IA n’est qu’un des éléments qu’on va prendre dans la tête, dix fois hélas.

Alors, pourquoi puis-je recommander le discours de Frédéric Lordon, gaucho éminent ?
C’est que, justement, Lordon est certes un « gaucho » mais pas un gauchiste à courte-vue (et bas du front, dogmatique, tout ça…). Donc, écoutez Lordon, il est pertinent dans sa spécialité.

Après, il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre, comme toujours. Par exemple, quand Lordon parle de l’IA, il n’y connait pas grand-chose et se contente de nager avec le courrant… Et il a tort. En revanche, quand il décortique la mécanique des marchés financiers, là il apporte une vraie valeur ajoutée.

Pareil, quand Lordon espère que cette énième crise va permettre de déboucher sur un « grand soir » où la politique va reprendre sa place et mettre au pas le pouvoir financier, je pense qu’il rêve tout debout (là, c’est clairement son côté « gaucho » qui reprend le dessus) !
Mon pessimisme m’indique plutôt qu’on va de nouveau vers un scénario façon « post-2008 » : des grandes promesses mais rien de concret.

J’ai déjà évoqué Frédéric Lordon sur ce blog et je vous invite à le redécouvrir ici :

Etes-vous du bon côté du doigt ?

 

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Deux articles à lire (qui ne sont pas de moi) !

Le premier, de Philippe Silberzahn :

Innovation de rupture: face à l’élite, miser sur les gueux

L’histoire est pleine de prédictions malheureuses, mais celle du New York Times qui affirmait en 1903 que le vol humain ne serait pas possible avant un à dix millions d’années reste l’une des plus marquantes. Un cas classique de pessimisme d’une époque incapable d’anticiper le progrès technique? Pas seulement. L’affaire est autrement plus intéressante… C’est celle d’une élite qui prend son échec pour la démonstration d’une impossibilité face aux gueux qui persistent à essayer, et finissent par réussir.

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Le second, de Korben, est, à mon avis, un signal fort envoyé dans la bonne direction :

Ce fabricant de tracteurs accepte de payer 99 millions de dollars pour le droit à la réparation

Le fabricant de tracteurs John Deere vient de signer un accord à 99 millions de dollars pour régler un recours collectif lié au droit à la réparation. L’entreprise devra aussi fournir pendant dix ans les outils logiciels permettant aux agriculteurs de réparer leurs machines eux-mêmes. Un dossier qui fait écho aux combats menés contre Apple et d’autres constructeurs tech.

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Le livre de la semaine (il faut lire !) : l’ange exterminateur, la vraie vie de Bernard Arnault

Je viens de finir ce livre qui m’a été recommandé par un de mes fils.

Bernard Arnaud s’est fait connaitre par la saga de la conquête de LVMH dans les années 80/90. Son duel avec Henri Racamier est longtemps resté dans les mémoires des cercles du business à la française tellement les codes ont été cassés à cette occasion !

Le livre est agréable à lire au tout début puis, rapidement, devient de mieux en mieux. Impossible de la lâcher quand arrive le premier gros morceau : la reprise de Boussac aux frères Willot. Là, je dois dire que c’est fascinant, c’est même le « morceau de bravoure » du livre : cette épopée est au coeur des mœurs du monde des affaires français des années 70.

Et, en lisant cela, je n’ai pu m’empêcher de penser « eh ben, c’était quand pas terrible avant »… Ouais, le « c’était mieux avant » en prend un sacré coup quand on constate combien la société française était cloisonnée, corsetée même entre les barons du business et les politiques qui, au final, tranchaient de tout même et surtout de ce qu’ils ne connaissaient pas… Clairement, on n’aurait pas envie de revivre cela même si, dans une certaine mesure, les choses ne se sont pas améliorées depuis, voire même se sont encore dégradées (corruption, collusion, népotisme, copains/coquins).

Bref, le premier gros coup de Bernard Arnault est raconté avec un grand souffle totalement ébouriffant. La suite n’est pas du même calibre car il y a des longueurs dommageables qui gâchent un peu le plaisir de l’assaut (réussi) sur LVMH et celui (raté) sur Gucci.

Le livre s’achève en 2002 et, depuis, le grand Bernard a continué sa trajectoire. Rien qui fasse envie d’ailleurs : le type n’est sans doute pas très heureux et il faudrait vraiment être tordu pour avoir envie de lui ressembler, merci bien !

Mais il y a un autre passage savoureux dans ce livre : celui concernant Europ@web.

Voici un extrait issu du livre qui situe le contexte :

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Depuis le début de l’ année 2000, les équipes d’Europ@web ne vivent donc que pour cette introduction en Bourse qu’ils ont préparée en un temps record. La charge de travail a été démentielle. Ils ont multiplié les répétitions avant le coup d’envoi des roadshows, ces tournées internationales l’on vante la marchandise auprès des analystes financiers et des investisseurs. Pierre Louette, proche collaborateur de Chahram Becharat, le directeur d’Europ@web, a travaillé nuit et jour pour monter toute la communication financière. Des doubles pages entières de publicité ont été achetées dans les journaux économiques. Mais en trois mois, tout a changé. Avec LibertySurf, Arnault avait pris l’un des derniers wagons. Cette fois-ci, le train est passé et ne reviendra pas de sitôt. En cet après-midi de juin, la petite équipe spécialisée dans les nouvelles technologies du Crédit suisse First Boston (CSFB) a demandé à voir d’urgence Arnault au sujet de l’introduction en Bourse d’Europ@web, prévue pour la fin du mois. Les banquiers lui expliquent que la valeur des incubateurs américains comparables à Europ@web s’est effondrée, qu’il n’y a plus aucune référence possible. Arnault les interrompt sèchement :

voulez-vous en venir ?

Nous avons retourné le problème en tous les sens. Notre conclusion ne vous fera pas plaisir. Nous pensons qu’il faut différer cette introduction en Bourse jusqu’à ce que le climat de défiance actuel se soit dissipé.

Elle doit avoir lieu, c’est impératif. Il faut, au contraire, l’accélérer.

Ce n’est plus possible. Nous sommes dans l’irrationnel. Les marchés ne veulent plus entendre parler de nouvelle économie, les investisseurs s’enfuient. Nous courons à la catastrophe.

Arnault insiste :

]] faut définir un nouveau prix qui soit clairement attractif.

Ce n’est plus une question de prix. Les gens ne veulent tout simplement plus de papier. On ne peut faire boire un âne qui n’a pas soif. C’est votre crédit et celui de notre banque qui sont en cause.

Arnault a compris que les spécialistes de la nouvelle économie du Crédit suisse First Boston, avec qui il travaillait depuis deux ans, n’avaient plus aucune marge de manœuvre. L’ordre de se retirer est venu de la direction de la banque. Son visage est pâle, ses yeux d’acier. Il met un terme à l’entretien d’une voix glacée, sans élever le ton :

Je pense tout simplement, messieurs, que vous êtes des incompétents.

Prononcée sous l’emprise de la colère froide, cette phrase n’a aucun sens. Le patron de LVMH sait parfaitement qu’aucune autre banque ne peut ni ne veut se charger, aujourd’hui, de vendre Europ@web sur les marchés. II est coincé.

Le lundi matin du 18 juin, Pierre Louette est au comptoir d’enregistrement de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle. Il s’apprête à partir pour Londres rencontrer des investisseurs, lorsque son portable sonne. D’une voix blanche, Chahram Becharat lui dit : « Pierre, reviens, on annule tout. »

Pour Bernard Arnault, c’est un véritable désastre : alors que, trois mois plus tôt, il aurait pu gagner des milliards d’euros en vendant une partie d’Europ@web, le voilà collé avec des titres de sociétés dont la valeur baisse chaque jour et qu’il ne peut plus vendre à personne. De plus ce n’est jamais négligeable pour lui —, il craint de perdre la face, car les journaux, dont il est sûr qu’ils guettent ses faux pas, suivent au jour le jour les faits et gestes d’Europ@web. Ils ont déjà raillé le retard pris pour cette introduction en Bourse. Avec cette annulation soudaine, il faut s’attendre à un massacre.

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C’est d’autant plus savoureux que j’ai vécu exactement cette situation au même moment (mars 2000). La différence : c’est que nous, à SQLI, on a quand même réussi notre IPO et je peux même dire que nous avons été les derniers. Nous avons refermé la porte en quelque sorte…

Je vous recommande donc de lire ce livre qui permet d’en apprendre pas mal sur les vrais mœurs du big business à la française et cela m’a permis de découvrir un autre livre que j’attends de recevoir avant de lire : Milliardaires d’un jour : Splendeurs et misères de la nouvelle économie.

 

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Reprise d’un article de Ploum : Ne rien avoir à penser

De temps en temps, je reprends ici (intégralement) un article publié par Ploum.net.

Quand éclatera la bulle de l’IA…Par Ploum.net

« Pas de médaille pour les résistants » et c’est Ploum qui le dit…

Je vous invite à lire cet article (qui n’est pas de moi), entièrement.

J’apprécie beaucoup cet auteur qui n’a pas peur de dire « la terrible vérité »… D’ailleurs, c’est Ploum qui a rédigé la préface de mon livre « La déception informatique« .

Voilà « Ne rien avoir à penser » de Ploum…

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Bikepunk logo, for decorative reason

Ne rien avoir à penser

par Ploum le 2026-04-10

Après le « Je n’ai rien à cacher », voici venu l’ère du « Je n’ai rien à penser »

Se faire prendre pour des crétins parce que ça fonctionne

Google l’annonce : il y a plus de personnes dans le monde avec un smartphone Android que de personnes qui ont accès à de l’eau propre et des égouts.

Cela implique, toujours selon Google, qu’il faut plus d’IA pour ces personnes.

Non, sérieusement, je ne déconne pas. C’est vraiment ce que les gens de Google vont raconter dans les universités dans des événements qui ressemblent un peu à ce que des vendeurs de cigarettes pourraient organiser dans des clubs de sport pour former la jeunesse à fumer en offrant un an de cigarettes gratuites.

Et ils enfoncent le clou: de toute façon, personne n’a le choix d’utiliser l’IA ou non. C’est comme ça. Exactement ce que disait Anthropic: « Que vous le vouliez ou non, préparez-vous pour ce monde stupide ! »

Mon exemple du vendeur de cigarettes semble exagéré, mais je viens d’être témoin, dans ma ville universitaire de Louvain-La-Neuve, d’une compétition qui consistait à faire le tour du lac en courant tout en buvant quatre bières de 33cl. La course était sponsorisée par… une marque de bière, bien entendu. L’université semble avoir donné sa bénédiction pour cet événement et beaucoup d’étudiants sont assez naïfs pour trouver ça cool…

Je suis moi-même un grand naïf. Je croyais que les personnes étaient majoritairement moralement « bonnes ». Elles produisent souvent un impact négatif lorsqu’elles travaillent à maximiser le profit d’une entreprise. C’est juste qu’elles ne s’en rendent pas compte.

Mais c’est faux. Nous savons aujourd’hui que des personnes comme Mark Zuckerberg sont tout simplement moralement inhumaines et que toutes les personnes impliquées savent très bien ce qu’elles font et pourquoi elles le font. Les produits Meta sont spécifiquement modifiés pour rendre les adolescents les plus addicts possibles, pour les perturber durant leur scolarité. Ce n’est pas une conséquence, c’est le but premier du produit. La distraction incessante n’est pas un effet insoupçonné, c’est littéralement ce que cherchent à faire les ingénieurs de Facebook.

Et dire que la plupart des profs sont en mode : « Il faut vivre avec, il faut apprendre à utiliser raisonnablement ».

Non. C’est faux et c’est complètement stupide. C’est comme donner aux adolescents des formations, sponsorisées par Philip Morris, où ils apprendraient à fumer « sans inhaler la fumée ». Ou leur dire que c’est cool de courir en buvant plus de bières que ton estomac ne peut en supporter.

La vérité c’est que la plupart des profs sont complètement addicts à leur smartphone et que c’est plus rassurant d’enseigner son addiction comme un truc positif que de se remettre en question.

La pub nous prend pour des crétins. Elle prend les politiciens pour des crétins. Et, expérimentalement parlant, elle a bien raison. Nous le sommes ! Ça fonctionne encore mieux que prévu parce que, du coup, nous allons leur donner raison et soutenir ceux qui se foutent de notre gueule !

Regardez le RGPD et les bannières de cookies qui ennuient tout le monde et pour lesquelles on accuse « l’Europe ».

Contrairement à une idée reçue, les ennuyeuses bannières de cookies sur les sites ne sont pas la faute du RGPD. D’ailleurs, dans l’immense majorité des cas, ces bannières sont illégales. Gee l’explique très bien en BD :

Mais il y a pire : si ces bannières sont ennuyeuses, c’est parce qu’elles ont été explicitement conçues pour ça. Et oui, pour faire baisser le degré d’adhésion du peuple envers le RGPD. C’est une pure manipulation politique volontaire et consciente de l’industrie publicitaire. Ils savent très bien ce qu’ils font : nous pourrir la vie pour décrédibiliser les institutions politiques afin de nous fourguer plus de pub.

La fin de l’intellectualisme

Un article important sur le retour à l’oralité et le déclin de la lecture. L’oralité, c’est l’émotion au lieu de l’information, c’est le charisme au lieu de la vérité, c’est la manipulation au lieu de la rationalité. C’est également la disparition de l’effort sur le long terme.

Cela semble alarmiste, mais, factuellement, lorsque les chercheurs scientifiques, censés représenter l’élite intellectuelle du monde, en sont réduits à générer des articles qui citent des articles qui n’existent pas, cela pose quand même des questions.

Oui, c’est la fin du monde, la fin d’un monde !

Mais ChatGPT n’est que la cerise sur le gâteau. La raison réelle, c’est que nous dévalorisons l’intellectualité depuis des décennies. Nous valorisons le CEO qui prend des décisions aléatoires en 5 minutes. Nous demandons à tout le monde de creuser des trous et de les reboucher pour « faire tourner l’économie ». Nous vivons dans un monde où Julius grimpe les échelons !

Bref, nous ne faisons que mener le monde vers sa destination la plus logique en regard des indicateurs que nous utilisons pour l’optimiser. C’est tout à fait normal. C’est tout à fait attendu. On ne réduira jamais les émissions de CO₂ tant qu’on tentera de maximiser le PIB d’un pays. Faire tourner l’économie implique de maximiser le travail et donc de consommer le plus de joules possible. Joules qu’il faut produire en émettant du CO₂. Les énergies dites « renouvelables » ne sont qu’une manière d’émettre « moins de CO₂ par joule ». Ce qui est une bonne chose en soi, mais ne résout pas le problème de base que nous cherchons justement à consommer le plus de joules possible. Le résultat du succès des énergies renouvelables est d’ailleurs évident : nous consommons plus de joules, tout simplement.

Nous sommes en train de connaître la fin de l’intellectualité comme nous avons traversé la fin de la vie privée. Non, ce n’est pas réellement la fin. C’est juste que l’intellectualité, tout comme la vie privée avant elle, a perdu son statut de valeur fondamentale pour devenir un truc underground, uniquement valorisée par quelques cercles de plus en plus considérés comme marginaux, y compris, surtout, au sein des plus prestigieuses institutions académiques.

« Je n’ai rien à cacher » s’est subtilement transformé en « Je n’ai rien à penser ».

Depuis les smartphones à ChatGPT en passant par les séries en streaming, les géants technologiques se sont ligués pour nous convaincre de ne plus penser, que penser est has been, que c’est fatigant, que ça ne sert à rien. Nul besoin d’avoir un doctorat en sciences politiques pour comprendre que ça arrange beaucoup de monde.

Ma défense : l’effet bibliothèque

Les chatbots ne font, au fond, qu’augmenter la disponibilité de l’information, y compris fausse. Cette disponibilité réduit l’engagement cognitif et donc le développement du cerveau. Cet effet était déjà visible et étudié en 2011 comme « l’effet Google ». Si nous savons qu’une information est disponible en ligne, nous ne tentons plus de nous la rappeler, nous la cherchons (combien de fois avez-vous pris votre téléphone parce que vous ne vous souveniez plus du nom d’un acteur dans un film?)

Ce qui est amusant à constater c’est que, bien avant d’avoir lu ces études, j’ai instinctivement adopté la posture inverse depuis quelques années. Je me refuse de chercher immédiatement une info. Ma motivation était de ne pas interrompre une conversation en cours (je dissuade d’ailleurs mon interlocuteur de sortir son téléphone) ou ne pas interrompre mon travail en cours (je me connais, je sais que si je cherche l’info, je suis 30 minutes plus tard en train de lire la page Wikipédia consacrée à la biographie d’Henri IV ou à une espèce rare de méduse en Nouvelle-Calédonie).

On pourrait arguer qu’il en est de même avec une bibliothèque. Mais je vois des différences fondamentales.

Premièrement, il y a la composante physique : lorsque je cherche une information dans un livre, je me déplace, je cherche dans un rayon. Mon cerveau associe le mouvement avec la mémorisation. Ma bibliothèque a beau être fluide et mouvante, elle garde une structure. Avec le temps, se souvenir d’une information revient à se souvenir du déplacement à effectuer pour aller chercher le livre.

En second lieu, les informations dans les livres sont stables et figées. Elles peuvent être fausses, mais je sais qu’elles ne sont pas générées pour améliorer le SEO du livre ou obtenir des likes. Elles ne se transforment pas subitement en erreur 404.

Cette stabilité rassure mon cerveau. Celui-ci n’est pas dans la « perception », la tentative de comprendre un environnement changeant, ce qui est source de stress. Il est au contraire dans le familier et peut se permettre d’extrapoler, d’imaginer, de faire des liens imprévus.

Bref, je donne à mon cerveau la possibilité d’être créatif, je lui offre un espace stable où il peut expérimenter la mouvance et le changement dans ce qu’il crée : les mots, les histoires. Ce n’est pas un hasard si je n’écris que sur une machine à écrire ou depuis mon terminal dans un éditeur qui change très peu depuis 40 ans (Vim). Je veux libérer de l’espace mental pour créer et réfléchir.

Si vous avez déjà été dans une bibliothèque juste pour être au calme et réfléchir, vous voyez très bien ce que je veux dire.

Bref, je suis un technopunk ringard… Mais ça, vous le saviez déjà !

À propos de l’auteur :

Je suis Ploum et je viens de publier Bikepunk, une fable écolo-cycliste entièrement tapée sur une machine à écrire mécanique. Pour me soutenir, achetez mes livres (si possible chez votre libraire) !

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