Petit retour sur la question du pétrole…

En juillet 2008, j’avais publié sur ce blog « Vous intéressez-vous vraiment à la crise du pétrole » et ce post avait suscité quelques réactions. Aujourd’hui, la situation est différence, au moins en apparence. En 2008, le pétrole était cher et il semblait qu’il se raréfiait. Dernièrement, le pétrole est redevenu bon marché et on s’imagine de nouveau qu’il est abondant.

En fait, c’est la technique du « fracking » (fracturation hydraulique pour faciliter l’extraction et le pompage du pétrole brut et du gaz naturel) qui a ainsi changé le « paysage pétrolier ». Il existe un excellent livre sur le sujet c’est The Frackers: The Outrageous Inside Story of the New Energy Revolution.

En quelques années, les USA sont (re)devenus les premiers producteurs mondial de pétrole devant l’Arabie Saoudite. Ils sont désormais autonomes et ils exportent même !

L’abondance de l’offre a fait s’effondrer les cours presque aussi vite que ces derniers avaient atteint les sommets évoqués en 2008. C’est un phénomène habituel dans le paysage pétrolier et de même dans tous les marchés de « ressources naturelles » : la rareté fait monter les prix => les cours incitent les opérateurs à prospecter => la prospection intense finit par déboucher sur des nouveaux gisements => les nouveaux gisements entrent en production => ces nouveaux apports viennent s’ajouter à l’offre => le rapport offre/demande s’en trouve redéfinit => l’abondance de l’offre fait baisser les prix => les cours s’effondrent et ne permettent plus de justifier les gisements les moins rentables => les puits à faible rendements sont fermés et la prospection est stoppée => l’offre se réduit de nouveau => les cours remontent… et ainsi de suite. Cela fait des décennies que ce manège tourne de manière plus ou moins harmonieuse.

Il est d’ailleurs probable que la récente baisse des cours a bien arrangé l’administration Obama en affaiblissant le Venezuela, la Russie et l’Iran (toutes trois dépendante des exportations de pétrole pour leurs économies, surtout les deux premières…).

Pour faire un tour factuel du paysage pétrolier, je vous propose cette infographie (source : https://www.ecoreuil.fr/blog/economie-petroliere) :

Les français vus par les étrangers : moroses, hargneux et je-m’en-foutistes !

Voyons les choses comme elles sont, pour une fois : les Français ne sont PAS sympathiques aux yeux des autres peuples. Nous sommes vus comme des êtres moroses : le dicton qui résume tout est « Français ? Des Italiens tristes ! ». Il en dit long sur notre déficit : non seulement nous sommes bordéliques comme les Italiens, mais, en plus, nous ne savons même pas être gais et agréables comme eux. Les femmes surtout, les plus belles sont persuadées qu’il faut « faire la gueule » sinon, on passe pour une idiote avec un sourire niais… Bonjour l’ambiance !

Ils sont souvent hargneux aussi. Une violence latente, poisseuse s’est développée depuis quelques années. Il suffit de prendre le volant pour s’en rendre compte : chaque sortie est l’occasion de voir des comportements injustifiés ponctués d’insultes et de mauvais gestes (pas besoin de préciser, vous m’avez compris : vous le vivez aussi !).

Pourquoi autant de morosité et de hargne ?
Un ensemble de choses sûrement. L’impression de ne pas être entendus, la frustration permanente de vivre dans un pays qui s’enfonce, avec des institutions qui ne fonctionnent plus et un chaos qui s’installe tranquillement.

Du coup, le respect des règles s’effondre, littéralement. C’est l’attitude « je-m’en-foutiste » qui triomphe, partout, tout le temps. Et si vous le faites remarquer, c’est le côté hargneux qui va ressortir, aussitôt.

Qui voudrait vivre avec un peuple pareil et dans un pays pareil ?
C’est la raison pour laquelle tant de Français partent vivre à l’étranger et là, surprise, ils ne sont plus ni moroses ni hargneux, ni « je-m’en-foutiste »… Tout simplement parce qu’on ne leur permet pas, CQFD.

 

La Gendarmerie Nationale est parfaitement claire sur ses engagements !

Au moins, on ne pourra pas dire que la Gendarmerie Nationale utilise la langue de bois !
Au contraire, elle est parfaitement claire en ce qui concerne ses engagements… On dit souvent « qu’une image vaut mille mots », je vous laisse juger : à la page http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/A-vos-cotes/Nos-engagements, on trouve ceci

Caputre d'écran réalisée sans trucage le 28 août 2016 à 16H50 !

Capture d’écran réalisée sans trucage le 28 août 2016 à 16H50 !

Au moins, comme cela, les citoyens honnêtes sont fixés : pas besoin d’attendre grand-chose ou autre chose, c’est dit noir sur blanc (blanc surtout…) !

No Man’s Sky, pourquoi tant de haine ?

La sortie du très attendu No Man’s Sky (NMS) a provoqué bien des réactions haineuses finalement. Certaines sont même drôles comme celle-ci :

Il faut dire que les vidéos promotionnelles promettaient beaucoup…

Alors, pourquoi tant de haine ?

Pour deux raisons : tout d’abord, la sortie de la version PC (peu après celle pour PS4) s’est mal déroulée… Quelques bugs bloquants empêchaient de lancer le jeu ou, si NMS daignait tout de même démarrer, le niveau de performances était lamentable. Du coup, de nombreux enthousiastes (ceux qui avaient pris les vidéos promotionnelles pour argent comptant…) se sont transformés en déçus de la première heure et ont demandé le remboursement de leur achat (à 60€, NMS n’est pas tout à fait donné…) sur Steam. J’ai pu faire l’expérience de ce démarrage chaotique et, franchement, ça ne méritait pas ce déferlement d’injures : j’ai pu régler le problème du lancement en éditant deux lignes dans un fichier de paramétrages… Pour la suite, je n’ai pas constaté de « performances lamentables » alors que mon PC (utilisé uniquement pour les jeux et la simulation) n’est pourtant pas de première fraicheur…

Mais cela nous amène à la seconde raison : le ressort trop tendu des attentes a déclenché la claque de la déception !

NMS a fait le buzz pendant des mois, voire des années. C’est bon pour les ventes, car plus de 200 000 joueurs se sont rués dessus lors de sa sortie. Mais, l’époque est ainsi faite, nous sommes désormais rapides à brûler ce que nous avons adoré. De puis ce lancement semi-raté (bonnes ventes mais problèmes techniques), l’attrait de NMS semble décliner de plus en plus comme le montre ce graphique :

Source : Steam Spy

Source : Steam Spy

En vérité, il ne faut pas trop accorder d’importance à ce déclin apparent car il en va ainsi de tous les nouveaux jeux : beaucoup d’effervescence avant et pendant la sortie et puis l’enthousiasme s’éteint au fur et à mesure des semaines. J’avais constaté la même chose lors des championnats en simulation : beaucoup de concurrents lors des premières courses, beaucoup moins par la suite. Il vous suffisait d’être constant pour accrocher une place honorable au tableau final, car peu avait le courage de s’accrocher.

Je crois aussi savoir pourquoi NMS a déçu une grande partie des joueurs : NMS n’est pas et ne peut pas être TOUT pour TOUS !

Si vous voulez un jeu  de combats et une simulation de pilotage spatial, tournez-vous plutôt sur Elite: Dangerous. Elite serait formidable d’ailleurs s’il n’y avait pas les trolls qui gâchent tout. Combien de fois ai-je été détruit par un pirate qui s’amusait à attaquer tout ce qui passait à sa portée ?

Trop de fois. Cela m’a lassé et je préfère largement le calme de NMS.

Sur NMS, pour apprécier le jeu, faut savoir prendre son temps. Hein, quoi, prendre son temps ? Sérieux ?
Ben oui, de nos jours, c’est presque contre-intuitif !

Mais c’est sans doute pour cela que je fais partie des rares qui apprécient ce jeu : découvertes lentes, explorations mystérieuses, combats découragés, c’est parfait pour moi.

 

JET.COM et le plus gros pari du monde du e-commerce !

Après l’analyse du rachat de Dollar Shave Club par Unilever, Val nous propose aujourd’hui de revenir sur un autre rachat (qu’il avait prévu en plus !) : celui, tout récent, de Jet.com par Walmart…

Voici l’analyse de ce rachat, rédigée par Valentin Lefebvre et corrigée par Damien Lefebvre…

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La société jet.com s’est fait racheter pour $3,3 milliards par Walmart, environ douze mois après son lancement officiel !
Appeler cela une grosse affaire est un euphémisme.

Jet.com, c’est la boite qui explose tous les records, depuis sa création. Au total, la société a levé $565M en quatre cycles de financement auprès de dix-neuf des meilleurs investisseurs dans le monde (source: crunchbase.com).

Pour comprendre ce succès, il nous faut étudier M. Marc Lore, le fondateur de Jet.com : Marc Lore est un grand « pitchman » et il est certainement l’un des meilleurs du monde de l’e-commerce. En effet, avant de fonder Jet.com, il avait créé une société de négoce en ligne de cartes de sport « The Pit », pour la vendre plus tard à Topps Co. pour $5,7 millions en 2001.

En 2005, M. Lore a monté sa deuxième société « Quidsi »: une entreprise de e-commerce qui détenait des sites comme diapers.com, soap.com, yoyo.com, wag.com et d’autres dans la catégorie de produits de soins. Marc Lore connaissait très bien son industrie et Quidsi a levé environ $60M auprès de grands venture capitalists. Les perspectives étaient très prometteuses jusqu’à ce qu’Amazon décide d’entrer dans le jeu et de déclarer une guerre des prix.

Cette bataille acharnée avec Amazon a dévasté les marques phares de Quidsi, en saignant la trésorerie et en brûlant les profits. Tant et si bien qu’en 2010, la société n’avait finalement plus d’autres options que de faire racheter par … son rival, Amazon pour $550M. Cela représente presque dix fois l’argent que la société a levé dans les tours de financements. Beau retour sur investissement pour une “vente forcé ».

Après avoir travaillé pendant deux ans chez Amazon, M. Lore a quitté la société de Seattle et a commencé à pitcher de nouveau auprès d’investisseurs. Cette fois, il était lancé pour battre le plus grand acteur du milieu : Amazon !

Appelez-le le plus grand pari dans l’histoire de l’e-commerce. M. Lore est certainement le seul homme au monde qui peut s’embarquer dans une telle quête avec une vision si ambitieuse. La société qu’il a fondée, Jet.com, a levé beaucoup d’argent dès le stade initial de l’idée. Inscrit comme le plus grand pari de l’histoire du e-commerce, et à juste titre, la nouvelle société de M. Lore a levé plus que $140M avant même d’être lancée !

Cela fait beaucoup d’argent pour un « démarrage » !

Mais le monde du e-commerce est spécial : pour que ça fonctionne, « vous devez avoir ou atteindre l’économie d’échelle”, selon Marc Lore. Dans le cas de Jet.com, nous parlons de milliards de dollars !

Avant le lancement de Jet.com en juillet 2015, M. Lore a déclaré au Wall Street Journal qu’il prévoyait que l’entreprise atteigne la rentabilité d’ici 2020 une fois qu’elle vendra pour $20 milliards de produits par an. Il a dit le business-modèle de Jet est « prouvé 100% viable à grande échelle. »

En effet, l’e-commerce a une très forte barrière à l’entrée : beaucoup de capital est nécessaire. Nous ne parlons pas ici de votre propre petite boutique en ligne fonctionnant sur Shopify (par exemple), on parle d’une réelle destination, d’un catalogue commercial gigantesque en ligne à grande échelle qui offre et expédie des millions de produits en un clin d’œil.

Pour cela, énormément d’argent est nécessaire pour ne serait-ce que construire le système qui fera fonctionner le tout. Donc, la construction d’un concurrent d’Amazon est pratiquement impossible, sauf si vous avez des montagnes d’argent et le meilleur expert du e-commerce à bord, dès le premier jour… Tout ce que Jet.com avait, dès le début.

Alors, la prophétie s’est-elle réalisée ?

En octobre 2015, trois mois après le lancement initial, le projet d’utiliser un modèle d’adhésion payant a été abandonné. Cela a été une grande nouvelle. En effet, ce modèle d’adhésion payant était le cœur de l’offre de Jet et même son positionnement/différenciateur sur le marché. Pour qu’une entreprise abandonne son offre de base/positionnement aussi vite que ça, cela signifie qu’il doit y avoir un gros problème quelque part. Probablement les chiffres…

Jet.com offrait gratuitement cette « adhésion économie magique » aux premiers clients pour attirer le trafic, les achats et les inscriptions; mais cela signifiait aussi qu’il n’y aurait pas de bénéfices dans ses activités. De fait, au-delà des dépenses de marketing (grandes publicités à la télévision), le site perdait de l’argent sur chaque commande.

Certains justifieront cette démarche en disant qu’ils sont là pour “conquérir le marché », et donc de tout faire pour favoriser le momentum des ventes. D’ailleurs, Amazon (une bonne base de comparaison !) n’a pas été rentable jusqu’à très tard dans son existence. Pourtant, le dirigeant de Jet.com a bien vu qu’il ne pouvait pas soutenir longtemps cette stratégie avec la fameuse « adhésion économie magique », et certainement pas gratuitement.

Au début 2016, Jet.com se repositionne avec un « algorithme de tarification en temps réel », comme un magasin en ligne de tarification intelligente qui réduit le coût global votre panier au fur et à mesure de vos achats : « plus vous achetez, plus les prix baissent ». Pour que cela fonctionne, bien sûr (vous l’avez compris maintenant) : il faut atteindre des niveaux d’achats massifs pour que l’économie d’échelle s’enclenche.

Et c’est seulement grâce à une mise au point intelligente de la gestion des commandes à grande échelle et des expéditions que Jet.com peut espérer voir des profits au bout de la ligne. L’e-commerce est un business de gestion des commandes et d’optimisation des systèmes de livraisons.

D’un côté, le site Jet.com doit avoir une large sélection de produits qui sont effectivement recherchés par les clients, ce qui nécessite un accès gigantesque aux produits et de jouer à fond l’économie d’échelle pour acheter en gros. De l’autre côté, Jet.com doit avoir une logistique de livraison sophistiquée pour optimiser celle-ci à son maximum.

En mai 2016, Jet.com a fait son entrée dans le secteur de la livraison de produits frais, en concurrence directe avec AmazonFresh et Google Shopping Express. Cela dit, la livraison de produits frais est une activité à faible marge et, là encore, les rapports ont indiqué que Jet perdait de l’argent dans sa quête de détrôner Amazon. (source: WSJ)

Regardons quelques chiffres : avec la projection de réaliser $1 milliard de CA en 2016, Jet.com est un acteur de plus en plus prometteur dans le monde du e-commerce. En fait, c’est un véritable record : vendre pour $1 milliard de marchandises un an après le lancement est absolument hallucinant !

Bien sûr, la société a levé un montant de capital qui représente plus de la moitié de son chiffre d’affaires. Seulement deux ans après la création officielle de la société et douze mois après son lancement, générer autant d’argent est tout de même un record !

D’accord, il n’y a pas de profit, et Jet.com perd beaucoup d’argent depuis le début.
Mais bon, ne pas réaliser de profit et dépenser à perte rapidement, c’est un “classique” dans le monde des startups, n’est-ce pas ?
De plus, il s’agit là d’e-commerce, un monde où les profits ne sont pas visibles avant un très long moment et seulement à grande échelle, bien entendu (pensez Alibaba et Amazon).

Pour comparaison, la division e-commerce de Walmart générait $14 milliards de CA en 2015. Cela peut paraitre impressionnant mais il se trouve que ce n’est pas beaucoup pour ce géant de la distribution. Cette société a une ancienneté de plus de 50 ans, possède une marque célèbre, et un avantage déterminant : des économies d’échelles sur les produits et la distribution… Pourtant, mêmes avec autant d’atouts,  Walmart.com génère 11 fois moins de CA que Amazon (+ $160 milliards). La division en ligne de Walmart n’est pas l’étoile montante de leur entreprise ni même leur priorité.

Nous avons ici un scénario classique  « du dilemme de l’innovateur », de sorte que la « vache à lait » de Walmart reste ses magasins physiques, ils fonctionnent très bien depuis la bonne moitié du siècle dernier, alors que la division des ventes en ligne est arrivée en retard sur ce marché (par rapport aux pionniers du domaine) tout en n’étant ni aussi agressive ni aussi efficace qu’Amazon.

Acquérir jet.com, l’étoile montante du e-commerce, avec en prime l’un des plus grands et meilleurs du secteur pour « seulement » $3,3 milliards apparait alors comme une décision totalement logique !

Voici un raisonnement tout simple : combiner M. Lore, l’homme le plus compétent et le plus féroce du e-commerce, à la tête des opérations en ligne de Walmart, avec l’avantage des économies d’échelle déjà présentes sur les produits et la distribution. Avec cela, Walmart sera enfin dans une excellente position pour vraiment gagner des parts de marché sur le commerce en ligne.

Chronologie des événements pour Jet.com :

  • Juillet 2014: levée de $55M.
  • Septembre 2014: levée de $25M.
  • Février 2015: levée de $140M.
  • Novembre 2015: levée de $350M à une valorisation de $1,35 milliard.

Le montant total des fonds levé en deux ans est de $570M et la société s’est fait racheter pour $3,3 milliards. Cela représente presque un retour de x6 en seulement deux ans !

En conclusion, il y a trois points à retenir ici :

  1. Walmart n’avait en fait pas d’autre option que de procéder à cette acquisition intelligente qui n’est même pas trop chère lorsque vous prenez la peine de regarder les chiffres du e-commerce.
  2. L’affrontement entre Marc Lore et Jeff Bezos est toujours d’actualité. Jeff Bezos, leader d’Amazon est lui aussi absolument féroce et très efficace, introduisant toujours plus d’innovations, de sorte que ce secteur devient de plus en plus compétitif et passionnant à suivre !
  3. Enfin, les grands gagnants dans cette histoire sont les investisseurs en capital-risque; une fois de plus, comme sur l’histoire précédente de l’acquisition de Dollar Shave Club par Unilever. En effet, le rachat a vu l’encaissement d’un gros chèque seulement 2 ans après le financement du démarrage. C’est plus qu’impressionnant.

Entretenir l’apathie, comment s’y prend la techno-structure ?

Voilà une exclusivité qui a échappé à Wikileaks !
Oui, voici le document secret soigneusement mis au point par les spin-doctors de la technostructure afin d’entretenir l’abrutissement et donc l’apathie de la population, facteur-clé du maintien du statu quo (voir l’article précédent sur le rôle de l’apathie dans notre civilisation moderne…).

Lisez bien, vous allez forcément reconnaitre des éléments très présents dans notre contexte…

1- Créer des coquilles vides aux noms rassurants

Il faut distiller une atmosphère de type « dormez tranquille brave gens » avec des agences aux noms pompeux censées assurer la sécurité du citoyen (genre « Agence Nationale de sécurité du médicament et des produits de santé »… ça sonne bien, hein !), mais qui seront inoffensives pour nos industriels, car « staffés comme il faut » (faire tout de même attention aux conflits d’intérêts un peu trop évidents, soigner le recrutement sur ce plan…).

2- Favoriser les addictions

Toutes les addictions sont bonnes pour nous en particulier celle aux médicaments (puisqu’on ne peut plus pousser le tabac et c’est bien dommage…). L’addiction aux médicaments nous offre deux avantages : tout d’abord, les gens sont obsédés par la quête de leur dose et ne pensent pas à autre chose pendant ce temps-là (toujours ça de gagné !) et, ensuite, les médicaments ont tendance à abrutir et ça aussi, ça va dans notre sens…

3- Décourager l’esprit d’entreprise

Si nous voulons que les gens s’en remettent à nous pour tout, il faut les dissuader d’entreprendre dans tous les domaines. En effet, un entrepreneur est un esprit libre qui a réussi, pas vraiment ce qu’on veut !
La réussite sociale doit être, au mieux, le fruit du hasard. Donc, le Loto (qu’il faut donc valoriser à toutes occasions) nous va bien mieux que les start-ups.

4- Mettre en avant l’égalitarisme

Attention, il ne s’agit pas d’égalité des chances, mais bien de la notion d’égalité poussée dans sa caricature. Ainsi, on favorisera le nivellement par le bas et on découragera les meilleurs éléments d’inspirer les autres. La médiocrité à tous les niveaux est notre meilleure alliée, il faut donc un cadre adapté à sa généralisation.

5- Promouvoir les profils les plus communs dans les médias

Nos médias doivent être un reflet de ce que nous voulons obtenir. Ils doivent aussi conforter les gens dans leurs situations, les rassurer en leur montrant que l’élite des médias (les présentateurs principalement) est « comme eux », c’est très important. Il faut donc privilégier les profils un peu (ou même beaucoup) « beaufs », car c’est pile ce que nous souhaitons généraliser à grande échelle au sein de la population.

6- Brouiller la notion de normalité

La notion de normal doit être modelée et redéfinie continuellement par nous. Ce sont nos médias qui doivent marteler ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. Et, bien sûr, il faut que cette notion soit fluctuante afin que la population soit obligée de s’en remettre aux médias plutôt que d’avoir ses propres repères.

7- Promouvoir les « idiots utiles »

Les féministes, les antiracistes et, d’une façon générale, tous les groupes qui ont une attitude agressive et sectaire sont nos alliés. Ils nous permettent d’intimider la majorité silencieuse à peu de frais et ainsi de faire comprendre aux gens qu’il vaut mieux ne pas s’occuper des grandes questions. Et tous les déviants à notre ligne doivent punis par un ostracisme systématique et permanent.

8- Implanter quelques irritants

Il est bon que les gens soient frustrés par des situations anormales, mais sans pouvoir exprimer leur frustration (d’où l’utilité des groupes sectaires du point N°7). Donc, il conviendra de disperser ça et là quelques « irritants » comme favoriser les « gens du voyage ».

9- Décourager le fond, favoriser le spectaculaire

Est-il utile de rappeler combien les contenus diffusés par notre industrie du divertissement sont importants ?
Non, bien entendu. Cependant, je tiens à attirer encore une fois votre attention sur les grandes tendances à favoriser systématiquement. L’accent doit-être mis sur le spectaculaire et jamais sur les questions de fond. Il faut que le spectateur soit toujours en état de stupéfaction et jamais en état de réflexion.

10- Utiliser l’émotion à chaque occasion

L’émotion est la réaction qui nous est la plus utile, toujours !
Donc, chaque événement doit toujours être présenté en ayant recours à ce biais. Les présentations factuelles et froides ne nous apportent rien, il faut les bannir définitivement. Il faut promouvoir les présentateurs et les créateurs qui arrivent à faire pleurer les masses, car ils nous sont formidablement utiles.

 

Les deux grands modèles de société humaine au banc d’essai !

La Russie communiste de Staline ou, plus près de nous, la Turquie d’Erdogan relèvent du même modèle d’organisation humaine : le modèle brutal appelé aussi dictature.

La dictature a recours à la violence pour maintenir l’ordre établi (le sien) ainsi qu’à la propagande afin de faire admettre son dogme (genre « nous sommes les plus forts » ou bien « Dieu est avec nous »). Bien entendu, il arrive que cette violence se retourne contre cet ordre établi qu’elle était censée défendre. C’est un peu l’illustration du dicton biblique « celui vit par l’épée périra par l’épée » appliqué aux sociétés humaines.

Mais il existe un autre modèle, celui inventé par les démocraties modernes qu’on appelle aussi souvent « les dictatures douces » (par opposition aux dictatures violentes) mais que je vais plutôt nommer « modèle apathique ».

Le modèle apathique, vous l’aurez compris, se sert de l’apathie du peuple pour rester en place. Grâce au lavage de cerveaux permanent exercé par les médias, personne ne songe à se révolter, rien ne peut provoquer un sursaut puisque le ressort est cassé à la base.

De temps en temps, des révélations font surface dans les médias, comme celle-ci par exemple :

Mais alors que cette révélation devrait soulever les foules, on ne constate… rien. Le système n’essaye même pas d’empêcher ce type de « fuites », il les organise même, car cela apporte deux bénéfices : tout d’abord faire croire que l’information est libre et que les idées peuvent circuler (pensez, on est même mis au courant des scandales !) et ensuite, provoquer un sentiment de fatalité (et qu’est-ce qu’on y peut, hein ! on sait bien qu’ils nous trompent et nous mentent…) qui étouffe toute envie de réagir.

Pareil pour des tours de passe-passe de bas niveau comme celui-ci : http://www.medias-presse.info/lordonnance-est-passee-en-france-desormais-une-banque-pour-se-renflouer-pourra-ponctionner-les-comptes-de-ses-clients/42401

Là aussi, normalement, on devrait avoir un mouvement populaire auprès duquel « nuits debout » serait une aimable récréation. Mais, là encore… rien.

Le modèle apathique est incroyablement solide, car, avec lui, nulle violence pour nourrir une opposition, pas d’énergie pour une réaction, une révolte… La résilience du système est inscrite dans sa nature même !

Oui, les dictatures violentes sont vouées à disparaitre : trop visibles, trop violentes. Les démocraties sont déjà en train de triompher grâce à ce système « soft » qui offre tous les avantages : un peuple esclave tout en n’étant pas conscient qu’il l’est. Non, moins que jamais, cette révolte ne viendra pas