Comment décrire le monde en 2020 à des jeunes de 1978 ?

Comment regarder notre présent avec du recul ?

Eh bien, en le regardant depuis le passé et là il devient le futur !

Imaginons que, par un caprice malicieux du destin, je me retrouve en 1978 face à mon ami le plus cher. Richesse infinie de l’imagination qui permet d’envisager des situations que la physique interdit (pour le moment…) !

Je suis donc de nouveau en 1978, mais j’ai le souvenir complet de ce que j’ai vécu jusque-là, jusqu’en mars 2020 pour être précis. Et, bien entendu, cet ami me demande de lui raconter “comment est le monde en 2020 ?”… Qui ne voudrait pas savoir à quoi va ressembler le futur ?

Mais, pour moi, il s’agit alors de résumer plus de quarante ans d’histoire du monde. Difficile d’être précis à moins de se noyer dans les détails. Impossible d’être objectif, mon récit sera forcément biaisé par ma vision des choses. Et peu de chance d’être cru aussi : mon ami va forcément penser que je divague et que le futur, son futur, sera forcément différent de “ça”.

Tant pis, essayons tout de même. Ne pas être cru n’est-elle pas la malédiction banale de chaque prophète (voir Syndrome de Cassandre) ?

Peinture de Cassandre par Evelyn De Morgan.

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  • Alors, comment commencer ? En fait, le monde futur n’est pas aussi différent que ce que tu peux imaginer. Je dois dire que j’en suis le premier surpris, car, moi aussi, je projetais un futur bien différent quand j’essayais d’y penser à ton âge qui était mon âge aussi !
  • Oh, vraiment ? J’ai toujours pensé que le futur serait forcément vraiment différent !
  • Oui, je sais, c’est vraiment la grosse surprise mais, tu peux me croire, tu t’y reconnaîtrais assez facilement. Par exemple, la France s’est couverte d’autoroutes et de lignes de TGV et c’est plutôt une bonne chose quand on veut se déplacer, mais ça, ce n’était pas difficile à prévoir. Plus surprenants, les avions ont peu changé. En apparence, tu les trouverais vraiment pareil à aujourd’hui, même si, techniquement, il y a des différences. En revanche, le transport aérien s’est développé dans des proportions étonnantes au point qu’on considère qu’il s’agit d’un moyen de transport de masse en 2020, tu imagines ?
  • Non, ça j’ai du mal : voyager en avion coûte super cher quand même, comment ça a pu se développer largement… tout le monde est devenu riche, c’est ça ?
  • Même pas !
    C’est l’élargissement du marché qui a permis de faire baisser les coûts, la recette classique quoi. De plus, les avions polluent moins et font moins de bruit qu’en 78, ça c’est sûr, mais il y en a tellement plus que l’avantage s’annule. C’est le cas pour presque tous les moyens de transport polluants : ils sont bien plus efficaces à mon époque qu’à la tienne, mais ils sont tellement plus nombreux que la pollution reste plus ou moins au même niveau, dans le meilleur des cas. 
  • Nombreux ? Nombreux comment ?
  • Eh bien, dans les familles américaines, il est fréquent d’avoir deux voire trois voitures. Les camions se sont multipliés sur les routes aussi, il y en a vraiment beaucoup à mon époque.
    Oui, je dis “mon époque” et “ton époque” pour différencier les années que j’évoque… J’ai conscience que ça fait bizarre, car ton époque a aussi été mon époque, mais continuons comme cela, tu me comprends au moins.
  • Oui, je crois même si ce n’est pas si facile de te suivre en imaginant et en comparant à ce que je connais mais continue…
  • Puisqu’on parle de pollution, tu ne seras pas étonné que ça soit devenu la “grande affaire” en 2020. Mais, disons qu’on n’en est encore qu’au stade de la prise de conscience et encore, pas pour tout le monde, tant s’en faut !
  • Tiens, un exemple avec les sacs plastiques. Comme on a fini par se rendre compte que nos océans étaient dramatiquement pollués par les déchets en plastique de toutes les sortes, la distribution de sacs plastique dans les commerces a fini par être interdite en France et dans quelques autres pays européens, je crois. Mais en Amérique et en Asie, rien de tout cela !
    Du coup, la pollution au plastique continue largement alors que la prise de conscience est en route. Mais il semble que simplement se rendre compte ne suffit pas à déclencher l’action correctrice, encore un défaut flagrant de la nature humaine…
  • J’ai du mal à te croire : tu dis que tout le monde le sait mais on ne fait quand même rien, c’est ça ? C’est à peine croyable…
  • Oui, je sais c’est désolant mais ça s’est vérifié encore et encore : les gens refusent de croire ce qu’ils savent quand ça leur impose de changer leurs habitudes ou de sortir de leur zone de confort…
    Toujours sur la pollution, on a constaté un dérèglement climatique qui allait croissant, même si certains continuaient à le nier, forcément. Ceci dit, quand tu vois des photos ou des vidéos montrant le recul des glaciers ou la fonte de la banquise, ça fait peur, crois-moi !
  • Mais comment tu as fait pour les voir ces photos et ces vidéos, toi ?
  • Oh, ce n’était pas caché. C’était même diffusé souvent par les chaînes de télévision. Ce dérèglement climatique, même s’il n’en était qu’au début de ses effets visibles avait déjà des conséquences dantesques comme des incendies géants et d’autres horreurs du même genre. Mais ce n’est pas pour autant qu’on s’est mis à protéger les grands espaces verts, au contraire : la déforestation n’a jamais été aussi vive, tout cela pour gagner des espaces cultivables qui ne sont pas durables en plus… Mais comment veux-tu régenter cela alors qu’il n’y a toujours aucun organisme capable d’intervenir au niveau supranational. L’ONU est plus que jamais un truc démodé et inefficace, on en parle de moins en moins d’ailleurs.
  • Bof, sur l’ONU, je ne suis pas surpris. C’est un truc que je n’ai jamais compris : pourquoi garder cette organisation si elle ne sert à rien ?
  • Tiens, ça me fait penser à l’Europe du coup !
    Il y a tellement de sujets à traiter que je ne sais pas comment procéder pour te raconter tout cela de manière intelligible et sans rien oublier. Bon, ça va venir au fur et à mesure, parlons de l’Europe donc. Eh bien, ça s’est développé et c’est maintenant un gros machin difficile à comprendre. Ah c’est qu’on est loin de “l’Europe des douze” de ton époque !
    Je crois que de mon temps, on en était arrivé à 27 pays, principalement parce que ça s’est étendu vers l’est. Ah oui, c’est vrai, j’ai oublié de te signaler que l’URSS était tombée, finalement. 
  • Oula, tu vas un peu vite là ! Tu dis qu’il n’y a plus de Russie Soviétique, c’est ça ?
  • Pas tout à fait, la Russie est toujours là mais ce n’est plus le bloc communiste qui était en face des USA depuis la seconde guerre mondiale.
  • C’est arrivé comment ? Ils ont perdu la 3ème guerre mondiale ?
  • Non et heureusement ! En fait, il n’y a pas eu de 3ème guerre mondiale, c’est au moins une bonne nouvelle… L’effondrement de l’URSS s’est passé pacifiquement à la grande surprise de tout le monde.
    C’est arrivé à la fin des années 80 et ensuite, forcément, les pays de l’Est se sont libérés de la tutelle de Moscou et ont pu rejoindre l’Union européenne, ouais, ça s’appelle comme cela. Du coup, l’Allemagne a été réunifiée, mais pas sans mal. La seule vraie bonne surprise de l’Europe, c’est l’Espagne et le Portugal qui se sont bien développés et qui sont des pays modernes désormais.
  • Oui, pas mal de bouleversements finalement… pas évident à imaginer, je te l’avoue. Du coup, l’Europe doit être super-puissante non ?
  • Oui, si on veut, au moins sur le plan économique mais sur le reste, ça se discute !
    En fait, l’Europe n’est toujours pas unie politiquement et ça reste une naine sur bien des points, surtout face aux américains… Bref, la chute de l’URSS a été un grand événement, mais ce n’est pas la seule nation à avoir bien changé en quarante ans ! Les deux autres qui me viennent à l’esprit sont la Chine et l’Iran et pour des raisons bien différentes… Commençons par la Chine, ça sera plus simple. L’empire du Milieu s’est bien développé en s’ouvrant au commerce international, ce qui n’était pas évident à prévoir en 1978, même si Deng arrivait enfin au pouvoir et qu’il était connu comme un “pragmatique”. En quelques décennies, la Chine est devenue “l’atelier du monde” et a connu une croissance à deux chiffres pendant une longue période. Bien sûr, cette croissance folle n’a pas été sans conséquence et les nouvelles villes chinoises étaient aussi remarquables pour leur pollution épaisse que pour leurs gratte-ciel !
  • Oh, carrément ? Eux aussi ne sont plus communistes, comme les Russes ?
  • Non, pas tout à fait. c’est toujours une dictature communiste, si on peut dire, mais c’est aussi une puissance régionale qui n’est pas en retard sur le plan militaire ou même spatial. Ah oui, va falloir parler de l’espace aussi… Mais je ne veux pas oublier de te signaler que l’Iran a joué un grand rôle, pas toujours positif, et pas toujours volontairement d’ailleurs. Ce qui s’est passé, c’est une révolution islamiste dans ce pays, dès 1979, oui tu vois, c’est pas loin hein !
    Donc, quand le Shah d’Iran a été renversé, son pays s’est complètement retourné en devenant hostile au camp occidental. De plus, il a été ravagé par une guerre avec l’Irak qui dura dix ans, pour rien en plus… 
  • Wow, dix ans de guerre ! C’est pas rien quand même… et qui a gagné ?
  • Ben, tu vois, c’est ça le pire : personne n’a gagné, ça été dix ans d’une guerre horrible pour rien. Mais ce bouleversement de l’Iran a provoqué de multiples conséquences au Moyen Orient qui n’était déjà pas très stable. On peut même dire que, en 2020, ce n’est toujours pas terminé et que la région est toujours aussi explosive.
  • Bon, parle-moi d’autre chose car ton cours de géo-politique est déprimant !
  • Tu as raison, changeons de sujet. Donc, je voulais te parler de la conquête spatiale. Toi, en 1978, tu dois t’imaginer qu’on a fait de grands progrès en quarante ans, hein ?
  • Ben oui, forcément…
  • Eh bien, si tu savais, quelle déception !
    Bon, pour faire simple, on fait plutôt du surplace en vérité. La conquête spatiale a laissé la place à l’exploitation spatiale avec la mise en orbite de centaines, voire de milliers de satellites de toutes les sortes : pour les communications et pour prendre des photos, bien sûr. Mais aussi pour l’orientation géographique avec un truc plutôt utile qu’on appelle le GPS. Du coup, on a mis tellement de satellites en orbite que certaines de ces orbites sont désormais presque complètement polluées par des débris. Tu vois, on ne s’est pas contenté de polluer la Terre, les océans et l’atmosphère, on est allé jusqu’à salir l’espace aussi, trop fort !
  • Donc, si je te suis bien, c’est pollution à tous les étages !
    Et tu dis qu’avec tout cela, ce n’est toujours pas traité sérieusement à ton époque ?
  • Eh oui, hélas. Il y a beaucoup d’inertie pour traiter les problèmes. Généralement, il faut une grosse catastrophe pour qu’on se décide à faire les efforts nécessaires. Bon, revenons à l’espace encore que, pour le reste, ce n’est pas terrible : on a bien une station internationale et permanente en orbite, mais pour le reste, c’est plutôt à des sondes-robots que l’on confie le travail d’exploration de notre système. Bien sûr, on parle régulièrement d’une mission habitée vers Mars, mais c’est toujours pour dans vingt ou trente ans. C’est un peu comme cette blague qu’on avait lue tous les deux dans Sciences & Vie à propos de la fusion thermonucléaire contrôlée, c’était prévu dans cinquante ans, mais fur et à mesure qu’on avance, c’est toujours pour dans cinquante ans… tu te souviens ?
  • Aha, oui, je me souviens de cet article !
  • Eh bien là, c’est pareil : la promesse de ce grand projet est toujours repoussée, annulée, reprogrammée et ainsi de suite. Remarque, pour la fusion, c’est toujours pareil : le délai de cinquante ans est toujours valable !
    Bref, l’espace est utile et utilisé, mais pas de quoi s’enthousiasmer, on est loin de ce qu’on pouvait espérer, crois-moi. Une autre relative déception, c’est la médecine. Certes, l’espérance de vie a progressé, mais elle a plafonné aussi. Et les grands défis tels que le cancer restent toujours non résolus. En fait, la médecine de mon époque est performante sur tout ce qui est lié à des traumatismes osseux et aussi dans les transplantations d’organes (encore faut-il que ces derniers soient disponibles !). Mais pour le reste, c’est plutôt la déception voire la régression. 
  • Mais tu dis quand même que l’espérance de vie a progressé ? C’est une vrai progrès quand même, non ?
  • Oui, c’est en partie vrai. Mais quand je dis déception et régression c’est qu’il y a quand même des éléments préoccupants. Par exemple, on a tellement sur-employé les antibiotiques qu’on en est arrivé au point où on recommence à être vulnérables aux maladies bactériennes. Car, à chaque fois qu’on a prescrit des antibiotiques inutilement, on a donné l’occasion aux souches bactériennes de se renforcer.
    C’est typique de nous ça : quand on tient quelque chose de bien, on s’arrange pour le gâcher à plus ou moins long terme !
  • Ohlala, qu’est-ce que tu es négatif ! C’est pas possible que tout soit aussi noir et aussi nul, y a forcément des domaines où le futur a tenu ses promesses quand même…
  • Oui, c’est vrai, tu as raison. D’ailleurs, il y a effectivement un exemple où le futur a fait plus que de tenir ses promesses. Le vrai truc qui a fait des progrès fantastiques, c’est tout ce qui est lié à l’électronique. Les ordinateurs sont devenus communs et il y en a partout car ont peut s’équiper pour pas cher.
  • Mais je croyais que c’était compliqué à programmer…
  • Oui, ça l’est toujours mais pas besoin de savoir programmer pour s’en servir. Il y a beaucoup de programmes déjà tout faits qui fonctionnent bien et qui sont utiles pour plein d’usages différents.
  • Ah et tu les commande à la voix, comme dans Star Trek ?
  • Euh pas vraiment non, encore qu’il existe des appareils que tu utilises effectivement uniquement à la voix mais t’expliquer cela nous ferait entrer dans des détails longs et fastidieux. Retiens simplement qu’en 2020, les ordinateurs sont partout, vraiment partout. Il y en a plusieurs dans ta voiture, dans ta maison, jusque dans ta montre et même pour certains, dans tes lunettes !
    Mais ce dernier usage n’est pas encore très développé. En revanche, ce qui s’est généralisé, c’est le téléphone mobile qui, en fait, est lui-même d’abord et avant tout un ordinateur.
  • Wow, génial mais ça doit pas être pratique de se balader avec son téléphone…
  • Détrompe-toi, c’est tout petit, ça tient dans la main. Et avec cela tu fais tout, vraiment tout. Tu peux même faire de la vidéo-conférence en pleine nature. Cet appareil te sers aussi pour écouter de la musique. Tu peux emporter toute ta collection de disques et le son est bon en plus. Là oui, on peut dire que le futur a été ponctuel au rendez-vous. En revanche, du côté de la création musicale, là c’est le bide. Les groupes de mon époque sont super nazes et, du coup, les créations des années 70 et 80 sont de nouveau très à la mode… Tous ces ordinateurs sont connectés à un réseau planétaire et tu as ainsi accès à tout, vraiment tout, y compris les dernières productions d’Hollywood ainsi que les anciennes. Mais c’est un peu comme la musique : la création s’est beaucoup dégradée et les films de mon époque ne te plairaient sûrement pas…
  • Peut-être mais là, ce que tu décris, ça fait rêver !
    Avec un réseau planétaire et l’accès immédiat à toute la connaissance, la Terre doit être peuplée d’êtres supérieurs avec un crâne enflé pour laisser de la place au cerveau en croissance, forcément. 
  • Hélas, on est loin du compte !
    Internet (puisque c’est le nom de ce réseau planétaire) sert surtout à consulter des vidéos frivoles, dans le meilleur des cas, et à s’échanger des insultes dans le pire. Bon, dans le domaine professionnel, ce réseau est super utile et il a permis des grosses évolutions mais pour ce qui est de la contribution à l’élévation de la culture, c’est plutôt une grosse déception.
  • J’ai du mal à me représenter cela en fait : tout avoir à sa disposition et ne pas savoir s’en servir pour devenir meilleur ? Je t’avoue que ça paraît difficile à croire.
  • Bien entendu, tout n’est pas noir. Par exemple, il n’y a pas eu de guerre mondiale. La paix, c’est important tout de même, on l’oublie trop souvent. Sauf quand on vit dans un pays pauvre ravagé par une guerre civile ou régionale. Car ça, hélas, il y en a eu. Pas de grosse guerre donc, mais de nombreuses petites. En fait, c’est un peu comme dans ton époque : si tu vis dans un pays riche, ça va : tu as l’abondance et la paix. En revanche, si tu vis dans les “zones agitées et plus ou moins pauvres”, genre certaines partie de l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud, là, ça va forcément être plus tendu, surtout sur une période de quarante ans !
  • Oui là, je ne suis pas surpris en revanche, rien de nouveau sous le soleil…
  • Je pourrais te raconter le monde de ton futur pendant des heures, mais je crois que tu as déjà compris l’idée : les progrès ne sont pas aussi grands qu’espérés et la masse humaine toujours plus nombreuse dévore tout sur son passage, sans même s’en rendre vraiment compte en plus. Effectivement, c’est un tableau plutôt triste, mais il correspond à ce qu’on peut attendre de la nature humaine, ni plus, ni moins.

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Je quittais mon ami le cœur lourd pour retourner dans mon époque. Bien sûr, je ne lui avais pas tout dit, j’avais gardé pour moi quelques épisodes comme le 9/11 ou la crise du Covid19 qu’on était justement en train de vivre et dont on aurait bien aimé savoir à l’avance jusqu’où elle irait (et qui était en train de remettre en cause le statut de “transport de masse” pour le trafic aérien !). Mais raconter plus de quarante ans en quelques minutes oblige forcément à des raccourcis. Si j’avais évoqué le 9/11 par exemple, il aurait fallu que je rentre dans des explications longues qui n’avaient pas leur place dans cet échange.

On se rend compte, aussi, qu’à travers cet exercice, on n’échappe pas à certains biais. Tout d’abord, cette vision du monde n’est que MA vision du monde… avec tous ses partis pris, forcément. Ensuite, cette vision (en plus d’être biaisée) n’est que partielle : beaucoup de choses importantes m’ont échappé, sont déjà oubliées ou ne m’ont pas paru nécessaire d’être évoquées (alors que d’autres auraient commencé par cela). Donc, ce que j’ai pu décrire à mon ami est une peinture floue et incomplète.

Les biais cognitifs peuvent être organisés en quatre catégories : les biais qui découlent de trop d’informations, pas assez de sens, la nécessité d’agir rapidement et les limites de la mémoire.

Bien sûr, tout cela reste un exercice d’imagination, mais c’est celui que j’ai toujours voulu mener à terme… et vous, comment présenteriez-vous le monde d’aujourd’hui à vos connaissances du passé ?

Regardons des docs sur le sport-auto…

Dans cette période, à défaut de vraies courses, on peut au moins regarder des documentaires valables…

Donc, je vous recommande le tout récent « Fangio » qui est disponible sur Netflix :

Fangio, la légende absolue !

Je vous recommande aussi cette série sur Alain Prost :

Une série de 6 épisodes avec Alain Prost à l’Olympia…

Enjoy!

La F1 découvre le SimRacing

En ces temps troublés où les (vraies) courses sont annulées (on dit « reportées » plutôt…) les unes après les autres, les fans et les organisations font semblant de découvrir que la simulation existe et qu’elle peut s’avérer une alternative possible.

Donc, les initiatives se multiplient en ce moment jusqu’à ce que Liberty Media elle-même se lance et organise le GP de Bahrain virtuel. Bon, ce « GP » ne compte pour rien et il était juste là pour « distraire les fans » comme ils disent.

Bang, dans le rail !

On ne peut pas dire que cela aura été une réussite totale. Tout d’abord, on se demande bien qui a composé cette grille bizarre : un golfeur, un chanteur… et puis quoi encore ?

Bon sang, laissez les vrais pilotes (Sim et réel) s’exprimer !

Ensuite, les commentateurs : beaucoup trop british my dear!

Et là, désolé, ce n’est pas pour le meilleur. Si on veut que ça soit un événement ouvert à tous, il faut faire preuve d’un peu d’ouverture…

Ensuite, plantages, affichage saccadé et autres aléas classiques sur SimRacing ont un peu perturbé la course. De la part de F1. com, on s’attendait à ce que le paquet soit mis sur les moyens et, résultat, on a eu un truc à moitié cuit (au mieux !).

Les premiers tours ont été très chaotiques !!

Donc, oui, je suis plutôt déçu mais il y a de l’espoir : il y en aura d’autres et cela ne peut qu’aller en s’améliorant (car on va finir par trouver la bonne forme).

Pour en savoir plus, je recommande cet article (en anglais) : Renault’s Zhou wins Formula 1’s chaotic first-ever Virtual Grand Prix.

Présentation de mon tout dernier livre : Le facteur chance.

C’est un livre que j’ai commencé durant l’été 2019 et que je termine seulement maintenant… six mois, c’est la moyenne quoi !

La couverture de mon livre « Le facteur chance ».

Comme je l’explique dans la vidéo ci-dessous, l’action se déroule dans le contexte de la saison 2019 de F1 mais, contrairement aux apparences, il ne s’agit PAS d’un livre sur la F1…

Courte vidéo de présentation de mon livre « Le facteur chance ».

Comme je l’annonce dans cette vidéo, j’en prépare une autre, bien plus longue, qui sera une sorte de « making-of » de cet ouvrage.

Comme toujours, mon livre est d’ores et déjà disponible sur Amazon, que ce soit la version papier ou la version Kindle.

Pour lever (un peu) le voile sur le contenu de ce livre, voici un texte de présentation :

Le facteur chance. C’est le facteur différenciant, la clé de voûte des champions, la touche magique qui transforme les rêves une réalité.
Et si ce n’était finalement pas le cas ? Quelle rôle joue la chance dans la victoire en F1?
Que se passerait-il si un nouveau pilote apparaissait soudainement en F1 et se mettait à tout gagner ?
Fred Night, nouveau venu dans la catégorie, débarquant comme parfait inconnu et totalement inaperçu triomphe d’entrée de jeu puis encore et encore dans des circonstance complètement folles.
Il surprend tout le monde autant par ses performances que par son attitude. Fred Night, un pilote mongol (né en Mongolie mais de parents britanniques) au calme imperturbable. Alors qu’il évolue dans une écurie de seconde voire troisième zone (Racing Point), Fred triomphe calmement à chaque course. Bien entendu, des circonstances exceptionnelles entourent ses victoire mais le plus extraordinaire, c’est quelles se manifestent à chaque fois (bien de manière différente), comme si un scénariste et un metteur en scène intervenaient dans les coulisses…
Il est insaisissable, il est révoltant, il est totalement imprévisible. C’est du jamais vu !
Le monde de la F1 n’était pas prêt pour ça, le monde sportif n’était même pas prêt pour lui. Face à ces « tempêtes du hasard », les champions habituels sont impuissants et les écuries dominantes restent sans réponse. Comment vont réagir le milieu, les médias et les fans ?
Mais qui est-il vraiment, ce personnage indomptable aussi mystérieux que tranchant ?
Désormais n’y a que ce sujet qui préoccupe tout le paddock et tous les médias : mais qui est Fred Night et à quel point sa réussite fulgurante est dû au facteur chance ?
Jusqu’où ira Fred Night ? Comment le milieu va-t-il réagir face à cette moisson jamais vu ?
Comment cela va-t-il finir ? C’est ce que je vous invite à découvrir dans « le facteur chance »…

J’ai situé ce roman dans le domaine de la F1 moderne alors que celle-ci n’a pas particulièrement grâce à mes yeux. En tant qu’amateur de sports-mécaniques, je préfère largement les 24 heures du Mans désormais ou bien la F1 des années 70 que je considère comme un âge d’or (voir à ce propos mes livres sur « Docteur miracle »…). Mais justement, la F1 actuelle si prévisible et si cloisonnée jusqu’au ridicule me paraissait justement être le bon contexte pour faire surgir un « cygne noir » totalement déstabilisant !
Car toute cette histoire tourne autour de l’impact qu’ont les résultats improbables d’un pilote sorti du rang.
Cette histoire que j’ai voulu réaliste n’est pas rigidement fidèle aux arcanes de la saison 2019 de F1. Je me suis autorisé quelques libertés avec les règlements techniques et sportifs afin de pouvoir dérouler mon histoire sans devoir passer par des détails de moindres intérêts. La F1 actuelle est tellement rigide qu’elle laisse peu de place à la créativité de ses acteurs et elle se retrouve souvent dans des impasses absurdes que j’ai préféré éviter.

Voilà, bonne lecture et à bientôt !

La saga « Esperanza 64 » de Julien Centaure.

Je vous avais déjà signalé cet auteur dans cet article qui remonte à septembre 2017.

A cette époque, j’étais déjà plein d’admiration pour les livres de cet écrivain prolifique et très talentueux. Depuis, j’ai lu tout ce qu’il a publié (tout !) et mon admiration n’a fait que croitre !

Je viens de finir le tome 4 de sa saga « Esperanza 64 » que je venais juste de commencer en septembre 2017. C’est toujours avec une certaine nostalgie que l’on termine la lecture d’une série que l’on a (beaucoup) apprécié… Mais c’est également très vrai (encore plus) quand on l’écrit !

Le tome 1 de la saga Esperanza 64
Le tome 2
Le tome 3
Le tome 4

Pour preuve, Julien a publié ce petit message sur la page du tome 4 de « Esperanza 64 » sur Amazon :

Lumière, le tome IV qui clôture la série Esperanza 64, est en ligne depuis le 3 février.

Il n’a pas été bien long à écrire car présent dans ma tête depuis la fin du tome précédent.
Je ne pensais pas qu’il serait aussi douloureux de quitter ces personnages que je regarde évoluer depuis si longtemps.
Un grand merci à tous les lecteurs qui les ont appréciés, leur permettant de vivre cette longue aventure.

Je suis sur une nouvelle histoire.

Il n’est jamais simple de décider à l’écriture de quel roman se consacrer. il y a tellement de belles histoires à raconter! Leurs personnages sont impatients de les vivre et ils chuchotent constamment à mon oreille.

Mais, comme je leur explique, il faut du temps pour écrire un livre et donner à ses personnages une vie qui vaut la peine d’être vécue.

En ce qui me concerne, il n’y a pas grand chose à dire, mais il faut savoir que lorsque j’écris, je suis presque tout le temps dans l’histoire. Le soir dans mon lit est un moment particulier, riche en idées, en rebondissements, mais je suis aussi dans l’histoire quand je fais mon jogging, quand je suis dans une salle d’attente ou sur mon vélo.
Écrire une histoire c’est la vivre à la puissance 10, c’est oublier presque totalement le monde réel.
On est dans une petite pièce de 8 m² et on tient l’univers dans sa main.

J’ai écrit de nombreux ouvrages dont beaucoup ne seront jamais publiés, mais c’est toujours le dernier, celui que je vis, qui me semble le plus passionnant.

Pour terminer, je remercie Amazon qui me permet de m’adonner à ma passion de l’écriture.

Je dois dire que ce message résonne particulièrement à mes oreilles !

Je crois qu’à peu de choses près, j’aurais pu écrire exactement pareil. En tout cas, ce que j’ai ressentit en terminant ma saga PMC était très proche pour ne pas écrire identique. C’est vrai qu’à force de les côtoyer, les personnages prennent vie et finissent par s’animer, prendre des décisions, influencer le cours de l’histoire sans que l’auteur ait besoin d’intervenir. Il devient spectateur de son propre récit. C’est quelque chose que j’ai déjà évoqué dans les pages de ce blog mais je ne suis plus le seul à le dire : Julien Centaure en témoigne, il ressent cela aussi, il le vit aussi !

Dans le cas de la saga « Esperanza 64 », on est face à une oeuvre majeure, je n’ai pas peur de l’affirmer. Il ne s’agit pas seulement d’une série de roman de SF (mais c’est cela aussi), c’est presque une étude sociétal et sociologique poussée jusqu’à son paroxysme. En effet, l’auteur nous accompagne pendant plus de 15000 ans (!) en répondant tout le long à la question de type « que se passerait-il si… ». C’est fascinant, passionnant (car fort bien rédigé) et on reste en haleine jusqu’au bout. Selon moi, les développements proposés sont très crédibles, du début à la fin et cela renforce encore l’intérêt de cette lecture en plus du plaisir qu’on prend à la lire.

Car oui, c’est aussi une lecture utile pour réfléchir aux développements probables ou, au moins, potentiels de nos sociétés une fois confrontées à l’immensité de l’Univers. Lorsque je lis les livres de Julien Centaure, je ne suis pas seulement transporté dans son univers mais je m’interroge aussi : aurais-je su écrire cela ? aurais-je su retranscrire cette situation aussi bien ? saurais-je créer un personnage aussi attachant que « La commandant » (eh oui, c’est ma préférée !) ?

La saga Esperanza 64 est réussie sur toute la ligne y compris sur sa fin. En effet, il est toujours particulièrement délicat de trouver une bonne fin pour un récit. C’est évidemment encore plus dur quand il s’agit d’une série déclinée sur plusieurs tomes. Et, cette fois, je ne peux qu’applaudir chapeau bas : Julien Centaure a su terminer son histoire avec une vraie-fausse happy end qui vient ponctuer, de façon fort logique en fait, son déroulement, avec toute la faiblesse de la nature humaine, même quand elle est capable d’évoluer comme Esperanza 64 le propose… Bravo maestro !

En tant qu’auteur moi-même, ce sont forcément les questions que je me pose quand je lis les ouvrages « des autres »… Mais je dois dire que le seul dont j’ai lu toute la production (tout, j’insiste !), c’est Julien Centaure et sans jamais être déçu !

En voilà bien un dont je sais que je peux choisir un de ces livres les yeux fermés. Ceci dit, une saga comme Esperanza 64 est un monument et, quelque part, ça se mérite en tant que lecteur… Par exemple, avant d’entamer le tome 4, j’ai relu le tome 3 pour me remettre en mémoire tous les éléments (un petit résumé en début de tome ne serait pas inutile… je l’ai fais dans PMC et je me rend compte que c’est effectivement une bonne idée). Bref, je vous incite à vous jeter sur ces livres si vous êtes amateur de SF un peu riche (c’est-à-dire qui embrasse large !).

Quand la réalité rejoint la fiction

Je viens de regarder un documentaire sur Arte : “Des robots et des hommes”. Un contenu sur la robotique, l’IA et les questions sociétales que ces sujets posent… Rien d’exceptionnel, mais j’ai pour habitude de regarder plus ou moins « tout » ce qui passe à ma portée sur ces sujets (et d’être souvent déçu par les banalités et les idées reçues qui y sont ressassées !).

Cependant, cette fois, une séquence a particulièrement retenu mon attention. À partir de 46:30; on y voit une jeune femme qui explique son quotidien au travail à Londres… Depuis dix ans, elle livre des colis (genre Uber Eats) en vélo et explique que depuis ses débuts, les choses ont bien changé : avant, elle avait un manager qu’elle voyait de temps en temps et, désormais, tout ce fait à travers une app, y compris les sanctions !

Voir à https://www.arte.tv/fr/videos/058352-000-A/des-robots-et-des-hommes/

source : https://www.ierhr.org/de-la-robotisation-des-hommes-a-lhumanisation-des-robots/

Cette évolution déshumanisée m’a rappelé exactement le contexte d’un roman de SF écrit par Marshall Brain : Mana (voir à https://marshallbrain.com/manna1.htm).

Dans Mana, une chaîne de fast food remplace tous les managers par une application reliée aux employés par un casque audio où elle donne ses ordres. Les employés peuvent et doivent indiquer où ils en sont par un microphone intégré au casque audio. Les humains sont ainsi transformés en quasi-robots qui doivent obéir minute par minute à une application qui trace tout, n’oublie rien et sanctionne au moindre travers.

Il est assez saisissant de voir qu’on en est là, déjà. Et nul besoin d’une AI sophistiquée pour atteindre ce genre de résultat : il suffit d’un programme comme les plateformes de services telles qu’Uber et autres mettent en œuvre depuis des années. Les évolutions les plus radicales ne demandent pas forcément un saut technologique important, il suffit d’intégrer finement ce qui est déjà largement disponible…

L’E-sport est en train de devenir un phénomène de société

Source => https://knoema.fr/infographics/fnlrjpc/e-sports-mainstream-growth-means-big-money

L’E-sport est en train de devenir un phénomène de société

Avertissement – Je n’ai pas vraiment “rédigé” cet article : j’ai pris des éléments des différentes sources citées à la fin de cet article et je les ai ordonné de façon cohérente. Plus un travail d’édition (beaucoup de copier/coller, un peu de corrections et de reformulations) que de rédaction donc…

Dans l’e-sport, la progression des récompenses reflète la croissance de ce domaine. En 2013, à Sydney, la bourse était de $7000 pour le tournoi d’esport organisé à ce moment-là. Avance rapide jusqu’à aujourd’hui et l’on voit que ce même tournoi de Sydney offre désormais une bourse de $350 000 à se partager entre les participants, une inflation certaine !

L’e-sport est désormais de plus en plus reconnu comme une activité sportive, car il fait appel aux compétences personnelles des joueurs comme le réflexe, l’acuité visuelle, la précision, la stratégie ou la communication — des compétences utilisées dans des sports tels que les échecs, le sport automobile, le tir à l’arc ou les sports collectifs.

Des débuts timides puis fracassants

Les débuts de l’e-sport commencent dès 1990, entre autre grâce au jeu Quake. Ces premiers événements ne sont “que” des rassemblements de plusieurs dizaines de personnes. Ces derniers ramenaient leur propre ordinateur et s’affrontaient en LAN (Local Area Network). Puis avec la sortie d’autres jeux propices à l’e-sport, tel que Starcraft ou encore Trackmania, l’e-sport s’est diversifié sur plusieurs autres styles de jeu.

Les années 90 ont aussi vu l’essor des jeux de combat et des tireurs à la première personne (FPS). Les compétitions opposaient désormais joueur contre joueur au lieu des meilleurs scores. Cependant, c’était un titre de “stratégie en temps réel” qui allait littéralement changer la donne…

Sorti en 1998 pour PC, Starcraft avec son robuste mode multijoueur utilisait Internet pour jouer en ligne et en compétition. Il s’agissait d’un phénomène sans précédent en Corée du Sud. Les tournois Starcraft ont germé et les matchs ont été télévisés sur plusieurs stations. Les joueurs ont commencé à devenir pro, à former des équipes et à récolter des parrainages rémunérés avec des marques, avec des campagnes publicitaires. Ce fut la vraie naissance de l’esport.

La professionnalisation du jeu vidéo au sens large vient ensuite en 1997 avec la création de la Cyberathlete Professional League, revendiquant l’existence d’un système sportif dans lequel des équipes composées de joueurs, auxquelles viennent parfois s’ajouter des informateurs, managers, entraîneurs et sponsors s’entraînent régulièrement sur des jeux dans un but purement compétitif.

L’essor de l’e-sport

La compétition et les rencontres internationales se sont d’abord développées avec des FPS tels que Counter-Strike, entre autres. Mais le progrès du milieu compétitif suivait généralement celui des jeux vidéo : ainsi, en 2008, l’Electronic Sports World Cup a retenu de nouveaux jeux tels que Quake III Arena ou encore TrackMania Nations ESWC. Ainsi en élargissant son panel de jeux, l’e-sport avait davantage de chances de toucher un public plus large.

L’essor de l’e-sport a fait émerger de nouveaux métiers, celui de joueur professionnel ou bien de streamer (d’abord sur Twich, la plateforme pionnière en la matière et désormais sur YouTube). Avec cet élan rassemblant plusieurs millions de personnes, des acteurs majeurs s’intéressent à cette nouvelle discipline.

Mais c’est essentiellement en 2010 que l’on assiste à un véritable progrès dans le domaine compétitif avec l’ajout de jeux à l’e-sport tels que Hearthstone, StarCraft II, FIFA, les nouveaux volets de Call Of Duty et Counter-Strike, Dota 2 ou encore le très prisé League of Legends. De plus, le développement de la diffusion de ces rencontres grâce à des WebTV spécialisées dans ce domaine tels que MilleniumTV, OrigineTV, NetGaming, YouTube ou encore Twitch, a permis d’étendre l’influence de l’e-sport sur internet notamment. Ainsi, en 2014, on a recensé 89 millions de spectateurs (via ses plateformes) réguliers lors de compétitions de grande envergure et pas moins de 117 millions de spectateurs (toujours via ses plateformes) occasionnels.

Ce développement si rapide et efficace est également dû aux sponsors qui financent les rencontres et certaines équipes professionnelles ; on peut citer Intel ou AlienWare entre autres, qui organisent la majorité des rencontres en louant des salles et des stades entiers, en fournissant le matériel, ou encore en offrant la récompense à l’équipe gagnante.

Aujourd’hui, l’e-sport ne cesse d’attirer les amateurs et suscite même l’attention de nombreux journaux qui ne sont d’ordinaire pas spécialisés dans le domaine du jeu vidéo. 

Et en France ?

En France, l’e-sport a commencé à faire parler de lui en 2010, avec le progrès des compétitions internationales.

On assiste en 2016 à la création de compétitions nationales telles que la e-ligue 1 sur la série FIFA, projet soutenu notamment par l’éditeur de jeux vidéo Electronic Arts.

Ainsi en 2016, l’e-sport en France a généré un revenu global de 22,4 millions de dollars d’après PayPal, et plus de 27 millions en 2017. L’hexagone est le troisième pays européen en termes d’audience pour l’e-Sport. En 2017, 37 millions de téléspectateurs en Europe regardaient régulièrement les compétitions. De leur côté, les Français étaient plus de 2 millions derrière leur écran. Un chiffre qui pourrait atteindre 2,8 millions en 2019. À titre comparatif, ces audiences sont équivalentes à des programmes télévisuels tels que les Césars ou encore les Victoires de la musique.

Le pays y voit une occasion de se développer dans un secteur en pleine expansion. Annoncée en 2018, la FFF (Fédération Française de Football) a décidé de lancer une équipe de France d’e-Sport.Toujours côté foot, le PSG s’est lancé dans l’E-sport en Octobre 2016 en s’associant avec Webedia, une entreprise spécialisée dans les médias en ligne. 

De leurs côtés, les chaînes de télévision et les constructeurs s’activent aussi et y voient une opportunité grandissante. M6 a annoncé en février 2018 une participation minoritaire dans Glory4Gamers ou encore Renault qui a rejoint les rangs de Team Vitality en créant sa propre équipe « Renault Sport Team Vitality ».

La plupart des grands groupes médias français investissent aussi dans le secteur : Webedia en rachetant Oxent (développeur de l’e-Sport platform Tournament), Lagardère Sport avec Team Roccat, Vivendi avec Canal eSport Club.

Une ruée vers l’or au niveau mondial ?

L‘E-sport concerne aussi les jeux mobiles et ainsi Alphabet Inc, le conglomérat détenant Google et ses services, a investi 120 millions de dollars (en janvier 2018) dans une société chinoise, Chushou. C’est une société qui propose une plateforme de streaming de jeux mobiles, et plus particulièrement de jeux compétitifs. Cette dernière a déjà attiré plus de 8 millions de streamers. Leur objectif étant d’aider la plateforme à se développer en Chine et à l’international.

Les recettes de l’e-sport (850 millions de dollars en 2018, estimations) sont estimées à 10 milliards de dollars en 2030. En 2018, plus de 100 millions de dollars ont été distribués aux gagnants des compétitions. Ces chiffres peuvent paraître démentiels pour une discipline encore méconnue du grand public. Cependant, la finale mondiale du jeux-vidéos League of Legends a réussi à remplir un stade olympique, rassemblant ainsi plus de 40.000 personnes. Elle était aussi diffusée en direct et à réuni plus de 60 millions de spectateurs uniques.

Malgré des rémunérations de plus en plus faciles et importantes, les principaux revenus de la majorité des joueurs e-sport restent les plateformes de streamings (YouTube, Twitch) grâce aux dons ou aux publicités.

Certains acteurs déjà présents dans l’e-sport essayent de faciliter l’arrivée de cette discipline. Que ce soit un streamer qui sponsorise un joueur professionnel ou encore une chaîne de télévision qui ne diffuse que de l’E-sport.

L’e-sport étant une discipline naissante, certains points importants à son succès auprès du grand public posent encore problèmes. L’un de ce derniers est le nombre de d’événements organisés par différentes structures, de ce fait il peut y avoir plusieurs champions sur un seul et même jeu. C’est pour le moment le point faible de l’e-sport, il n’existe pas de structure officielle pour le représenter. C’est une des raisons pour lesquelles la fédération mondiale de Jeux Olympiques ne l’a pas encore accepté.

Malgré cela, l’OCA (Comité Olympique Asiatique) a annoncé sa volonté d’intégrer l’E-sport au programme des jeux asiatiques de 2022.

Toutes les disciplines sportives sont concernées ou presque !

On a déjà évoqué le foot et League of Legends qui sont deux piliers du développement de l’e-sport mais, bien sûr, d’autres secteurs sont aussi concernés même si certains prennent un peu le train en marche.

C’est le cas des sports-mécaniques où, en 2019, on a enfin vu un vrai décollage de la discipline. Que ce soit pour le MotoGP, Le Mans ou la Formule Un, des championnats officiels sont organisés et les vraies équipes y engagent des SimRacers super aiguisés. L’argent est au rendez-vous et cela aide à expliquer pourquoi après avoir tardé, le décollage n’en est que plus brutal.

Conclusion : les lignes sont en train de bouger

Il est incontestable que l’e-sport est en train de prendre sa place dans notre société des loisirs et du spectacle. Il est déjà possible de faire carrière, en tant que sportif professionnel, sans jamais aller sur le “vrai” terrain. La compétition est féroce et les meilleurs s’entraînent de façon “effrayante” (Marc Marquez qui est plutôt du genre à être un bosseur et un perfectionniste, a été étonné de voir l’engagement et la précision des meilleurs pilotes participants au championnat MotoGP en e-sport). La croissance est très forte car les sponsors pensent qu’ils ont enfin trouvé la recette magique pour toucher les “jeunes”… Du coup, l’argent coule à flot. Pour combien de temps ?

Alain Lefebvre – Janvier 2020

Sources utilisées pour cet article :

https://www.linkedin.com/pulse/exponential-esports-growth-from-7000-350000-australian-chris-smith/

https://www.geekslands.fr/item/1312-l-essor-de-l-e-sport-dans-le-monde/

https://www.autoblog.com/2019/11/01/esport-racing-series-guide-history/

http://www.jeuxvideo.com/news/772751/google-investit-dans-l-esport-mobile-en-chine.htm

http://www.lepoint.fr/sport/jeux-video-l-e-sport-en-pleine-croissance-08-12-2017-2178103_26.php

https://www.la-croix.com/Sport/Ce-sport-derange-monde-sportif-2017-05-12-1200846649

https://www.lequipe.fr/Esport/Actualites/Esport-adrien-zerator-nougaret-sponsorise-un-joueur/864342

http://www.gameblog.fr/news/72810-es1-la-chaine-100-esport-a-une-nouvelle-date-de-lancement-et

http://www.lepoint.fr/sport/jeux-video-l-e-sport-en-pleine-croissance-08-12-2017-2178103_26.php

http://www.lepoint.fr/sport/on-espere-que-l-e-sport-prendra-toute-sa-place-au-psg-10-01-2018-2185260_26.php

Pourquoi prédire un “hiver de l’IA” est contre-intuitif ?

Dans certains de mes écrits précédents, je reviens souvent sur une idée forte : l’IA, actuellement formidablement à la mode, va bientôt entrer dans une période moins florissante, un nouvel “hiver de l’IA” comme cette discipline en a déjà connu deux dans son passé. Pourtant, bien que les éléments qui indiquent ce prochain effondrement s’accumulent, le battage médiatique ne faiblit pas et continue à résonner positivement avec l’assentiment (aveugle ?) de la grande majorité des “analystes” de la tech. Pourquoi ?

Pour comprendre les forces qui sont à l’œuvre ici, je vous propose de nous pencher sur les mécanismes mentaux qui entretiennent cette croyance (l’IA, c’est l’avenir) en dépit des signaux qui indiquent le contraire.

Psychologie des foules

Prédire l’hiver de l’IA, c’est comme prédire un krach boursier : il est impossible d’indiquer avec précision quand cela se produira. Cependant, comme avant un krach boursier, on peut déjà observer des signes de l’effondrement imminent. Actuellement le “récit IA” trouve encore une résonance si forte qu’il est plus facile (pour le grand public) d’ignorer ces signaux et de continuer à croire cette belle histoire.

Pour comprendre la force du “récit IA”, il faut sortir du domaine de la tech pour passer dans le domaine de la psychologie sociale, de la psychologie des foules. Chaque nouveau convaincu renforce la conviction de l’ensemble avec des arguments du genre “un millions de personnes ne peuvent pas avoir tort, ne peuvent pas penser la même chose en même temps et se tromper” alors qu’on a des exemples par le passé qui montrent que le volume ne fait rien à l’affaire et qu’on peut avoir des foules qui ont des convictions (y compris très fortes comme dans le domaine religieux) qui ne reposent hélas sur rien. Dans le domaine de l’IA, il faut comprendre que chaque démonstration médiatique vient renforcer les autres. On est donc face à un effet cumulatif qui finit par ancrer une conviction en profondeur dans chacun de nous, on finit par s’habituer à “l’évidence” de telle ou telle affirmation, de telle ou telle hypothèse. Au bout d’un moment, elle n’est plus considérée comme une hypothèse, mais ça devient un fait (ça ne l’est pas), au moins dans la tête des gens. C’est ce mécanisme qui est à l’œuvre continuellement avec le battage médiatique autour de l’IA (et c’est pareil pour les autres modes).

Renforcement positif, forcément

Les membres du système médiatique vont, consciemment ou inconsciemment, appliquer un filtre de “renforcement” dans le choix des nouvelles qu’ils publient. Donc, dans un premier temps, ils vont plutôt publier des articles avec des éléments qui vont dans le sens d’une confirmation du phénomène en cours. Il faudrait le tarissement de cette source (celle qui confirme le phénomène) puis l’apparition d’une autre source (qui elle infirmerait la chose) qui irait dans l’autre sens (finalement, le phénomène “à la mode” n’est que vent, ça marche, etc.) et seulement si le flot de la seconde source se met à dépasser la première, on verrait le ton s’inverser. Et si on en arrive là, l’emballement médiatique reprend, mais dans l’autre sens. 

Retournement de tendance, généralisée

Tout d’un coup, tous ces commentateurs qui disaient et répétaient “l’IA c’est l’avenir et ça va tout changer” vont se mettre à dire à l’unisson “finalement, c’est pas pour tout de suite, c’est limité, on a trop rêvé, etc.”. C’est un cycle qui se reproduit à l’identique depuis des décennies encore et encore. On a eu de nombreuses modes qui ont permis de l’illustrer (ce n’est d’ailleurs pas limité au domaine technique, on voit le même “cycle du hype” partout, y compris dans les domaines économiques et politiques). Ce n’est pas pour rien qu’en matière d’IA on parle de “printemps” et “d’hiver” parce que ça s’est déjà produit et l’on sait que ça va se produire à nouveau.

Une bulle médiatique, encore et toujours

Actuellement, nous avons tous les signes qui permettent d’identifier un prochain “hiver”, c’est-à-dire qu’on sait qu’on a accumulé tous les indices qui désignent une bulle, une bulle médiatique autour de l’IA qui se caractérise par “assez peu de signaux et beaucoup de bruits” (d’ailleurs, toutes les bulles médiatiques sont toujours basées sur un rapport signal/bruit complètement disproportionné !). La différence flagrante entre l’ampleur de l’écho donné aux réalisations spectaculaires (mais peu nombreuses) et le silence sur les réalisations ordinaires indiquent que ces dernières sont bien trop rares pour que la situation puisse être considérée comme “normale”. Donc, une mise en scène grandiose d’un côté et le désert de l’autre. On retrouve ce décalage aussi bien avec Watson d’IBM qu’avec Deepmind de Google. Dans ce dernier exemple, on va parler encore et toujours de sa formidable réussite dans le domaine du jeu vidéo et du jeu de Go, mais on va taire le fait que Deepmind n’arrive pas à trouver des débouchés pour ses logiciels en dehors de la “galaxie Google”. Pourquoi ce biais narratif ?

Eh bien parce que c’est plus facile et mieux reçu par la cible habituelle de ressasser quelque chose de connu que de proposer une vraie analyse, une analyse critique de la situation. Donc, on ne le fait pas sauf quand l’époque et l’atmosphère sont devenues favorables à un “AI bashing” qui, très vite, se généralise (emballement médiatique de fin de cycle). Ce décalage entre le grandiose de ce qui est mis en avant (AlphaZero et le jeu de Go) et le désert des réalisations plus modestes, mais concrètes peut être expliqué par le principe des retours décroissants qui est presque un effet de “miroir inversé” avec l’enflure médiatique qui elle va croissant.

Les retours décroissants

On sait bien que toute nouvelle application produit ses plus grands résultats au début de sa mise en œuvre. Et ensuite, il faut de plus en plus d’efforts et de moyens pour récolter de moins en moins de résultats (du moins en proportion des efforts investis). C’est ça le principe des “retours décroissants” qui est le mieux et le plus facilement illustré par l’exemple de la mine. Au début, l’extraction du minerai, quand on tombe sur le filon, pas très loin de la surface, est relativement facile : en gros, il n’y a qu’à se baisser pour ramasser les pépites. Donc, résumons : peu d’efforts, des résultats spectaculaires, une très grosse rentabilité. Encouragés par ces débuts formidables, vous allez être prompts à investir pour augmenter les volumes : on commence à creuser plus loin, plus profond, à étayer les galeries, à poser des rails pour les wagonnets et à installer des pompes pour garder tout cela au sec. De plus en plus d’efforts pour une extraction qui, certes, croît en volume, mais à un prix évidemment plus élevé (y compris sur le plan proportionnel) qu’au début… On retrouve la même analogie partout : la percée est spectaculairement rentable, la suite beaucoup moins.

L’extraction minière, un bon exemple de retours décroissants !

Et c’est la même chose vis-à-vis de l’IA : les premières percées qui produisent les résultats spectaculaires (forcément, on n’avait rien vu de tel auparavant) sont les plus faciles. Après, les raffinements et la généralisation (le test ultime) sont de plus en plus difficiles et délicats. On en a un exemple criant, en ce moment même, avec les déboires des voitures autonomes. Au tout début, voir circuler des voitures qui se dirigent sans qu’on se préoccupe de tenir le volant, c’était sensationnel ! Mais après, pour sortir des sentiers battus des expérimentations limitées en territoires connus et proposer des voitures autonomes de niveau 5 partout et tout le temps, quelque soit la météo, le revêtement et la circulation aux alentours, avec tous les types d’obstacles et d’aléas, c’est autre chose… Et c’est bien pour cela que la vraie voiture autonome se fait attendre et se fera attendre pendant encore bien des années. Même si c’est contre-intuitif, c’est la vérité. 

En fait, les choses les plus difficiles en IA comme pour la robotique sont les tâches perceptuelles et motrices les plus élémentaires, comme le résume le paradoxe de Moravec :

« il est relativement facile de faire en sorte que les ordinateurs présentent des performances de niveau adulte lors de tests d’intelligence ou de jouer aux dames, mais il s’avère difficile ou impossible de leur donner les compétences d’un enfant d’un an en ce qui concerne la perception et la mobilité « 

Hans Moravec a déclaré son paradoxe pour la première fois en 1988. Et comme c’était il y a de nombreuses années, du coup, on peut penser que cela n’est plus applicable. Mais plus de trente ans se sont écoulés depuis que Moravec a fait son observation, les ordinateurs sont devenus des milliards de fois plus rapides, les caméras sont devenues des millions de fois plus précises, et… rien n’a changé. Passées les démonstrations faciles, l’IA et la robotique peinent à franchir les obstacles du monde réel, car il leur manque notre “conscience de l’environnement” que nous avons et qui nous paraît évidente.

Donc, au lieu de la fameuse accélération dont on nous rebat les oreilles en permanence, on a là un “ralentissement croissant”. C’est complètement en opposition avec ce que les gens sont prêts à recevoir, à percevoir et à croire. 

Le mode plateau

Donc, ils ne le voient pas (ce ralentissement croissant). Ce n’est même pas qu’ils ne le croient pas, ils ne le voient pas, car cela ne correspond pas au schéma de pensée qu’ils sont prêts à accepter (parce que la propagande a finalement réussi à leur faire croire que “tout allait toujours plus vite”).

Ce phénomène des retours décroissants et du ralentissement croissant, il est à l’œuvre partout et tout le temps sans qu’on en soit conscient. Si on prend les smartphones comme exemple, le gros du progrès a été réalisé avec la première génération d‘iPhone. Dès la troisième, nous sommes passés à un rythme d’innovation beaucoup moins fort, chaque nouvelle itération ne propose que des avancées marginales (retours décroissants ET ralentissement progressif), on est passé en mode “plateau” sans même s’en apercevoir, car, entretemps, une autre mode a pris le dessus sur la précédente et qui fait qu’on a toujours l’impression d’être dans le même courant d’innovations submergeantes, qui sature les possibilités de perception d’un public non-spécialisé qui, du coup, en déduit fort logiquement que “tout va toujours plus vite” même si, incontestablement, ce n’est pas le cas. 

Comme toutes les idées reçues, il s’agit d’une stupidité sans nom et il suffit de réfléchir un peu pour se rendre compte de son absurdité : si tout allait toujours plus vite, il y a un moment qu’il n’y aurait plus aucun délai entre une découverte et son application avec sa généralisation dans la foulée…

Or, un simple examen des progrès techniques les plus récents démontre que nous butons toujours sur un délai incompressible de dix ans (oui, dix ans) entre une découverte et ses premières applications et qu’il faut encore vingt à trente ans pour atteindre un premier seuil de généralisation. On est donc loin du “tout va toujours plus vite”… Voir à ce propos => https://www.redsen-consulting.com/fr/inspired/tendances-decryptees/les-grands-principes-de-levolution-1-la-maturation 

Peu de sources, trop de diffuseurs

Mais cette confusion est inévitable, car liée à notre capacité de perceptions limitées et au fait qu’on aille toujours vers le plus facile. Et le plus facile, c’est de retenir les éléments qui correspondent à notre schéma de pensée (et d’éliminer les autres), auxquels on peut adhérer et avec lesquels on a “l’impression de comprendre” plutôt que de devoir reconsidérer ses filtres, faire une vraie analyse, se mettre à penser pour de vrai, à se lancer dans une analyse critique. Il est plus facile et confortable d’avaler des contenus qui, en fait, ne sont que des résumés (éventuellement de façon abusive sous couvert de vulgarisation) d’éléments lus ailleurs et regroupés en quelques copier-coller à faible valeur ajoutée, car mal compris et mal digérés.

La prochaine victime : l’informatique quantique

Le battage médiatique est constitué de ces redites reprises ad nauseam, car il y a très peu de sources et beaucoup de diffuseurs (comme il y a peu d’agences de presse et beaucoup de chaines de TV…). On voit ce mécanisme encore utilisé actuellement à propos de l’informatique quantique avec des promesses délirantes alors qu’on n’est qu’au tout début de ce domaine radicalement nouveau (voir plus à ce propos ici => https://www.redsen-consulting.com/fr/inspired/tendances-decryptees/linformatique-quantique-pour-bientot).

Je vous encourage à penser par vous-même en vous libérant des carcans de la propagande, toute la propagande, y compris dans le domaine hi-tech où elle n’est pas moins présente ni insidieuse… Remettez en cause les analyses, y compris la mienne. La bonne attitude sur le plan intellectuel n’est pas de suivre le troupeau mais bien de tirer ses propres conclusions en fonction de votre contexte et de vos contraintes.

J’étais “visionnaire”, je suis désormais “contrariant”… Suis-je devenu un vieux con ?

En quoi étais-je un visionnaire ?

Au pic de mon activité professionnelle, j’étais assez souvent qualifié de visionnaire et, avouons-le, j’aimais bien cela. J’avais un “track record” assez flatteur en la matière : j’ai été (en France) un pionnier du client-serveur et un pionnier du Web, j’ai rédigé et publié les premiers livres sur ces matières et j’avais des chroniques régulières dans les principales publications consacrées à l’informatique.

Par la suite, j’ai également été un pionnier des réseaux sociaux en France, rédigeant et publiant le premier livre en français à ce sujet (“Les réseaux sociaux, pivot de l’Internet 2.0”, paru chez M21 édition en 2005). J’ai donné de nombreuses conférences sur tous ces sujets techniques, mais tout ceci bien avant l’avènement des “Ted Talk” pour tous. Bref, j’ai été un visionnaire à l’époque où ça voulait dire quelque chose pour moi. Plus maintenant.

Quand ai-je basculé en mode “contrariant” ?

En 2010, j’ai rédigé une histoire de l’informatique moderne (“Cow-boys contre chemin de fer ou que savez-vous vraiment de l’histoire de l’informatique ?”, première publication en octobre 2010) avec mon vieux complice, Laurent Poulain. En effet, nous trouvions que tous les ouvrages sur le sujet passaient à côté d’un point essentiel à nos yeux : la lutte entre les “start-ups” (les “cow-boys”) et les grandes sociétés (les “chemins de fer”), moteur principal du progrès technique que nous constatons tous les jours. C’est sans doute à partir de ce moment-là que je suis passé en mode “contrariant”…

Notre livre à Laurent et à moi…

Ensuite, il y eut “Cette révolte qui ne viendra pas” (première publication en août 2011) où je dénonçais le rôle des médias dans l’abrutissement généralisé… Puis “Le miroir brisé des réseaux sociaux” (première publication en mars 2013) réalisé avec François Lienart où nous avions une certaine avance pour pointer du doigt l’absurdité des contenus publiés sur Facebook et autres…

Cette révolte qui n’est toujours pas là…
Les réseaux sociaux, eux, sont toujours là…

Enfin, ma bascule fut complète avec cet ouvrage plus récent, “Technologies : perception, illusion, déception” où je m’attaquais à la reine de toutes les idées reçues : l’accélération permanente du progrès technique (et c’est pas gagné, on le verra plus loin).

Une illusion qui a la vie dure !

La propagande est partout, y compris dans la hi-tech

Avant d’aller plus loin dans mon argumentation, avez-vous remarqué combien la propagande est devenue omniprésente ?

Jusqu’aux années 70, on était surtout habitué à la propagande gouvernementale… Par exemple, sur la guerre au Vietnam. Cette propagande n’a pas cessé, n’a pas faibli et on en a une nouvelle preuve aujourd’hui avec l’affaire des “Afghanistan papers”. Mais, désormais, il serait sot de croire que la propagande se limite à la géo-politique. Il en est de même dans les domaines de l’économie ou même (et surtout devrais-je écrire) dans la hi-tech !

La propagande “hi-tech” existe bel et bien, l’exemple récent de Wework devrait vous en convaincre. Dans cet exemple édifiant, nous sommes passés en quelques semaines à “Wework est une licorne exemplaire menée par des génies” à “Wework est une escroquerie qui montre la profonde incompétence de Softbank”. Si ça ce n’est pas un retournement de situation, je ne sais plus quel exemple vous fournir !

Pourquoi est-ce utile d’être un contrariant ?

Pour ne plus se faire avoir par une propagande délirante qui vous promet tout et n’importe quoi pour se dédire (sans s’excuser !) seulement quelques mois plus tard, voilà pourquoi les “contrariants” devaient désormais être plus écoutés que les “visionnaires” qui se sont décrédibilisés encore et encore.

Les exemples récents sont légion : la voiture autonome qui devait être là rapidement et qu’on risque d’attendre au moins dix ans, la Blockchain qui devait tout révolutionner et qui, au final va n’avoir qu’un impact minime ou même l’IA montée en épingle à cause des applications (spectaculaires, admettons-le) des techniques de “machine learning”, mais qui, une fois de plus, ne va pas pouvoir être “tout pour tous” et qui va droit vers un nouvel hiver de l’IA… Il vous en faut plus ?

Ce matraquage omniprésent et ultra-puissant provoque une paralysie intellectuelle généralisée. Quand vous lisez partout (oui, partout) que la Blockchain “c’est super, révolutionnaire et ça va tout changer”, forcément, ça a de l’effet. Vous vous dites que, vu que tout le monde est d’accord sur ce point, c’est que ça doit être vrai, qu’il faut prendre cela au sérieux…

Hélas, le fait que ça soit omniprésent ne confirme qu’une chose : il a peu d’articles originaux (des sources) et beaucoup (mais alors beaucoup) de copier-coller, vite fait/mal fait et mal digéré (voire pas digéré du tout). C’est comme les chaînes de télévision et l’actualité : les chaînes (nombreuses !) ne sont que des diffuseurs, les vraies sources sont les agences de presse et elles sont peu nombreuses, elles.

La propagande hi-tech a bien compris que le “mind share” précédait toujours le “market share” et c’est pour cela qu’elle s’empresse d’occuper le terrain avec la dernière tendance à la mode (qui, vous l’avez remarqué, change régulièrement tous les deux ans) afin de ramasser les premiers dividendes (façon Wework) et advienne que pourra par la suite…

L’exemple de l’idée reçue véhiculée par la propagande hi-tech : “tout va toujours plus vite”…

Allez, je vous avais promis de m’attaquer à la principale idée reçue rabâchée (ânonnée devrais-je écrire…) ad nauseam par tout le monde, vraiment tout le monde : le fait que le progrès technique s’accélère et que tout va toujours plus vite (ma brave dame).

Comme toutes les idées reçues, il s’agit d’une stupidité sans nom et il suffit de réfléchir un peu pour se rendre compte de son absurdité : si tout allait toujours plus vite, il y a un moment qu’il n’y aurait plus aucun délai entre une découverte et son application avec sa généralisation dans la foulée…

Or, un simple examen des progrès techniques les plus récents démontre que nous butons toujours sur un délai incompressible de dix ans (oui, dix ans) entre une découverte et ses premières applications et qu’il faut encore vingt à trente ans pour atteindre un premier seuil de généralisation. On est donc loin du “tout va toujours plus vite” (mon bon monsieur)…

La perception que le rythme du progrès technique est rapide (il ne l’est pas) provient du fait que le grand public ne voit pas les phases de découvertes, d’expérimentations et de mises au point qui ont toujours (toujours) précédé les percées spectaculaires qui occupent les médias (qui eux ne s’intéressent qu’à la phase finale). C’est ainsi que les “révolutions en une nuit” prennent couramment vingt ans de préparation, mais c’est pas grave, on fait comme si une nuit avait suffi.

Dans mon livre “Technologies : perception, illusion, déception”, je reviens justement en détail sur ces mécanismes et j’énumère de façon réaliste où nous en sommes dans les différents domaines qu’on estime être dominés par ce progrès technique toujours plus rapide. Mais peu importe, je m’aperçois que toutes ces explications sont vaines et même des esprits éveillés répètent que “tout s’accélère” comme si c’était devenu une évidence aussi prégnante que la gravité.

Cela va de pair avec une autre affirmation idiote : “on n’a jamais vu ça avant”… Or, encore une fois, même un examen sommaire permet de trouver des précédents comparables à quasiment tous les événements historiques. Un exemple ?

Allez, au point où on en est, on ne va pas s’en priver…

Lorsqu’Internet s’est répandu, les observateurs y ont vu un cas à part, car on n’a jamais rien eu de comparable par le passé. Vous vous rendez compte, Internet… Un truc énorme, impossible de trouver un comparable dans le passé, n’est-ce pas ?

Pourtant, le livre de Tom Sandage « The Victorian Internet » démontre cependant que l’émergence et l’évolution du télégraphe (et sa banalisation) présentent des parallèles troublants avec l’histoire récente du Réseau des réseaux…

Pareil sur la monnaie unique européenne (l’Euro que nous connaissons tous, et pour cause…), c’est du jamais vu, pas vrai ?

Encore raté : en 1865, la France, l’Italie, la Suisse et la Belgique signaient un accord monétaire, auquel adhéra la Grèce en 1868. Cette association monétaire fut bientôt connue dans le monde entier sous la désignation Union monétaire latine (UML).

Bref, on l’aura compris, je vous encourage à penser par vous-même en vous libérant des carcans de la propagande, toute la propagande, y compris dans le domaine hi-tech où elle n’est pas moins présente ni insidieuse…

Merci de votre attention.

A special post for my American friends

Avertissement pour les lecteurs français : ce court article est en anglais (forcément, pour mes amis américains…) mais la version française se trouve un peu plus bas…

A special article for my American friends

Warning for French readers: this short article is in English (necessarily, for my American friends…) but the French version is a little lower…

As Thanksgiving is here, it gives me the opportunity to think of you even stronger. And why not take the opportunity to write an article on the upcoming US presidential elections?
After all, the last time I talked about it, I did not get too bad (I predicted that Trump would be elected when he had not even won the Republican nomination yet… ). So, put our title back on the line and take all the risks to predict what will happen in those of 2020!

Let’s start with the Democratic primary. Forget Warren, Biden and other heavyweights in the Democratic Party. Indeed, it is Amy Klobuchar who will have the nomination at the end of the day. Why her ?
First of all, she is more reasonable and centrist than Warren, more charismatic than Biden and she knows how to get the voices of the voters… that should be enough to have her designated.

If you really do not know Ami Klobuchar, watch this short video …

Of course, maybe I screw up completely by betting on her and that I will look ridiculous when a few months with this prediction too daring … Come on, it does not matter: it’s my blog, it does not matter much.

Let’s continue with the following events …
Will that be enough to make her elected president?
No, Trump will be reelected, even widely.
Yes, but if he is dismissed in the meantime?
No, it will not happen, the Republicans holding the Senate, it will not go far, even if Trump really deserves to be out of the White House …

And after that, are we sentenced to four more years with Donald?
No, not necessarily.
Because it is more and more clear that our dear Donal Trump will know a presidential course as calamitous as Richard Nixon. Since he was president, I always thought that this scenario was possible but it is now more and more likely. To be perfectly clear, let’s quickly summarize this famous scenario. Trump / Nixon is elected for a first term (1968 for Nixon, 2016 for Trump). During this first term, a case is triggered (the Watergate for Nixon, full of Trump various stuff but it seems that the request made to the Ukrainian president -find a shady deal that involves Joe Biden- he took it too far…). Trump / Nixon is elected for a second term (1972 for Nixon, 2020 for Trump) but he does not finish this term because of the scandal triggered by the previous affair (Nixon resigned because of Watergate, Trump could go to the end of the impeachment procedure since it does nothing like the others!).

The good thing about all this is that it allows us to have a subject to exchange on!
I salute you my good friends.

La version en français

Comme Thanksgiving est là, ça me donne l’occasion de penser à vous encore plus fort. Et pourquoi ne pas en profiter pour écrire un article sur les prochaines élections présidentielles américaines ?
Après tout, la dernière fois que j’en ai parlées, je ne m’en suis pas trop mal tiré (j’avais prédi que Trump serait élu alors qu’il n’avait même pas encore décroché l’investiture républicaine…). Donc, remettons notre titre en jeu et prenons tous les risques afin de prédire ce qui va se passer lors de celles de 2020 !

Commençons par la primaire démocrate. Oubliez Warren, Biden et les autres poids lourds du parti démocrate. En effet, c’est Ami Klobuchar qui va avoir l’investiture au bout du compte. Pourquoi elle ?
Tout d’abord, elle est plus raisonnable et centriste que Warren, plus charismatique que Biden et elle sait aller chercher les voix des électeurs… ça devrait suffire à la faire désigner.

Si vous ne connaissez vraiment pas Ami Klobuchar, regardez cette courte vidéo…

Bien entendu, peut-être que je me plante complètement en pariant sur elle et que je vais avoir l’air ridicule dans quelques mois avec cette prédiction trop osée… Mais quoi, c’est pas grave : c’est mon blog, ça n’a pas beaucoup d’importance.

Continuons avec la suite des événements…
Est-ce que ça va suffire à la faire élire présidente ?
Non, Trump va être réélu, largement même.
Oui mais s’il est destitué entretemps ?
Non, ça n’arrivera pas, les républicains tiennant le sénat, ça n’ira pas loin, même s’il mériterait effectivement d’être mis dehors de la maison blanche…

Et après, sommes-nous condamnés à subir quatre ans de plus avec Donald ?
Non, pas forcément.
Car il est de plus en plus clair que notre cher Donal Trump va connaître un parcours présidentiel aussi calamiteux que Richard Nixon. Depuis qu’il est président, j’ai toujours pensé que ce scénario était possible mais il est désormais de plus en plus probable. Pour être tout à fait clair, résumons rapidement ce fameux scénario. Trump/Nixon est élu pour un premier mandat (1968 pour Nixon, 2016 pour Trump). Pendant ce premier mandat, une affaire se déclenche (le Watergate pour Nixon, plein de trucs divers pour Trump mais il semble bien que la demande faite au président Ukrainien -trouver une affaire louche qui implique Joe Biden- soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase…). Trump/Nixon est élu pour un second mandat (1972 pour Nixon, 2020 pour Trump) mais il ne va pas au bout de ce mandat à cause du scandale déclenché par la précédente affaire (Nixon démissionna à cause du Watergate, Trump pourrait aller au bout de la procédure d’impeachment vu qu’il ne fait rien comme les autres !).

Le bon côté de tout cela, c’est que ça nous permet d’avoir un sujet sur lequel échanger !
Je vous salue mes bons amis.

Un festival de BD à Aix-Les-Bains

L’affiche du festival « BD sur le lac » https://www.bd-sur-le-lac.com/

Si vous êtes en Savoie ce WE, je vous invite au 1er festival de BD d’Aix-les-Bains… Fan de 13 ou de Largo Winch ? Jean Van Hamme sera là !
Un événement à ne pas manquer avant que ça devienne un truc super trop célèbre et donc blindé de monde…

Faut-il aller voir « Le Mans 66 » ?

L’affiche du film (aux USA, le film a pour titre « Ford vs Ferrari ») avec la Ford GT40 N°1 à la déco exacte, c’est déjà ça…

Hier soir, je suis allé voir « Le Mans 66 » avec mon jeune fils de onze ans. Autant le dire tout de suite, je m’attendais au pire : du « porno de bagnoles » genre « Fast & Furious » façon vintage… Mais je dois dire que, heureusement, c’était mieux que cela.

En fait, ce film est bizarre. En un sens, c’est l’exact opposé du fameux « Le Mans » de Steve McQueen : il y a une histoire (assez bien raconté d’ailleurs) mais les scènes de pistes sont du grand n’importe quoi (alors que le film de 1972 était l’inverse : pas d’histoire mais des scènes de pistes absolument mémorables). L’histoire est centrée autour du duo représenté par Shelby et Ken Miles. Le constructeur (interprété par Matt Damon, excellent) et son pilote (interprété par Christian Bale, pas aussi bon cette fois que dans « The big short »). Mais il y a aussi une seconde histoire, encore plus intéressante, selon moi, qui tourne autour de la Fort Motor Company. Comment ce géant en difficulté a-t-il pu gravir cet Everest du sport-auto que représentait déjà les 24 Heures du Mans à cette époque ?

La bande annonce du film qui, comme d’habitude, ne correspond pas vraiment au vrai film…

Voyons ensemble ce qu’on reprocher à cette nouvelle grosse production d’Hollywood : on l’a compris, ce n’est pas un documentaire déguisé et donc, inutile de chercher la vérité historique. Si vous êtes pointilleux sur le réalisme du sport-auto, ce film n’est pas pour vous, pas du tout. Les scènes de course sont tournées n’importe comment : les pilotes se regardent, freinent à peine et rétrogradent pour se passer, risible !

Ce qui est bizarre en revanche, c’est que certains détails sont ultra-soignés (on se dirait dans « The Crown » : pas une seule erreur dans la déco des voitures, toute l’ambiance est super bien rendue, jusqu’aux motos qu’on peut voir passer de temps à autre) et d’autres sont vraiment mal torchés (le tracé des pistes est reproduit par un designer saoul !).

En revanche, ce qui est correct, c’est tout le jeux de pouvoir au sein de Ford et même la négociation du début avec Ferrari (encore qu’il est difficile de savoir les détails exacts de comment ça s’est passé en vrai…). Mais pourquoi avoir planté Enzo Ferrari dans les tribunes du Mans alors qu’il est de notoriété publique que le commendatore ne se déplaçait jamais sur les courses ?

Bref, c’est un film correct sans plus, dans la bonne moyenne des productions Hollywoodienne on va dire. N’en espérez pas plus.

Trump, un destin à la Nixon

Je l’ai souvent dit mais il semble que, comme toujours, la réalité dépasse la fiction !

Trump/Nixon, pas même combat mais sans doute même destin !

Car il est de plus en plus clair que notre cher Donal Trump va connaitre un parcours présidentiel aussi calamiteux que Richard Nixon. Depuis qu’il est président, j’ai toujours pensé que ce scénario était possible mais il est désormais de plus en plus probable. Pour être tout à fait clair, résumons rapidement ce fameux scénario. Trump/Nixon est élu pour un premier mandat (1968 pour Nixon, 2016 pour Trump). Pendant ce premier mandat, une affaire se déclenche (le Watergate pour Nixon, plein de trucs divers pour Trump mais il semble bien que la demande faite au président Ukrainien (trouver une affaire louche qui implique Joe Biden) soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase…). Trump/Nixon est élu pour un second mandat (1972 pour Nixon, 2020 pour Trump) mais il ne va pas au bout de ce mandat à cause du scandale déclenché par la précédente affaire (Nixon démissionna à cause du Watergate, Trump pourrait aller au bout de la procédure d’impeachment vu qu’il ne fait rien comme les autres !).

Ce qui était il y a quelques mois encore une mince possibilité (Trump est viré par le congrès US) devient de jour en jour de plus en plus probable. Ah, j’aurais encore dû parier tiens !

La loi de la promesse inversée

« La loi de la promesse inversée »… qu’est-ce que ça peut être ?

Eh bien, je me faisais la réflexion dernièrement que, depuis les débuts « grand public » de l’Internet (mettons dans le milieu des années 90), toutes les promesses (délirantes, pour la plupart) qui ont accompagné cette montée en puissance du Net ont été exactement inversée.

Inversée, c’est à dire ?

C’est-à-dire que, pour chaque promesse, on a eu le résultat inverse. Un exemple : l’Internet devait permettre de « sauver la démocratie » et on a eu le retour du populisme (élection de Trump, brexit, etc.). L’internet devait relancer le petit commerce grâce au commerce électronique pour tous (vous vous souvenez de fin des intermédiaires ou de la « longue traine » ?) et on a eu Amazon, Ebay et Alibaba.

Bref, vous avez compris le concept de la loi de la promesse inversée. On peut donc la décliner ainsi : pour chaque promesse à la mode venant de l’évolution de l’Internet, on peut être sûr qu’on aura finalement le résultat inverse.

Il semble que je ne sois pas le seul à comprendre que l’Internet ne soit pas tout rose…

Allez, un autre exemple mais dans le futur cette fois. En ce moment, la blockchain est à la mode et elle s’accompagne de promesse extravagante : C’est dans ces conditions que la blockchain apparaît comme un organe de confiance, libre et autonome, où les utilisateurs seraient indépendants dans leur action et leur décision. En somme, une forme de « néo-démocratie » voire une « ochlocratie » digitale où le pouvoir serait rendu aux utilisateurs et viendrait à remettre en cause le dictat des opérateurs centraux (à l’inverse même du néolibéralisme, du totalitarisme et de l’étatisme). Je n’invente rien, je viens de lire ceci sur le Web !

Avec une promesse pareille, il est facile d’en déduire que, selon la loi de la promesse inversée, si jamais la blockchain va au bout de son chemin, on aura l’exact inverse, donc une main-mise encore plus forte de la techno-structure sur les moyens de paiement, de transaction et d’enregistrement.

Une vidéo que j’ai publié en décembre 2015…

Ode funèbre à Ferdinand Piëch, un personnage « larger than life »…

J’avais de l’admiration pour Ferdinand Piëch, un personnage haut en couleurs qui a eu une grande influence sur l’industrie automobile et même sur le sport-auto lui-même (Porsche 917, Audi Quattro). C’est un des principaux personnages de mon documentaire sur la Porsche 917 et j’ai souvent écrit sur lui (ici, le dernier article en date).

Je cherchais une photo de lui qui soit évocatrice et j’ai trouvé celle-ci :

Pendant sa période Porsche, Ferdinand n’hésitait pas à donner un coup de main !

Ce type a tout vu, tout fait. Il était brutal, n’avait aucune patience avec les mous, les tièdes et les idiots (mais comment en avoir ?) et je l’aimais pour cela… Comme beaucoup, il a eu du mal à réussir sa sortie et je ne serais pas surpris si on finissait par apprendre que c’était lui « la gorge profonde » du dieselgate.

Je le fais aussi apparaitre dans les deux premiers volumes de « Dr Miracle » car c’était un vrai personnage de roman. Adieu Ferdinand, bravo et merci.

Hommage à Lauda, « l’ordinateur »…

Pour honorer la mémoire du formidable Niki Lauda, voici le chapitre qui lui est consacré dans mon livre « La malédiction des champions du monde de F1« .

Niki Lauda, l’ordinateur

Niki en 1976, avant son accident donc.

Tiens, évoquons Lauda justement. En voilà un qui ne doit son ascension et sa carrière qu’à lui-même. La volonté faite homme, un vrai Shopenhauer du volant !

Il a réussi à triompher de ses pairs, de la mort et du milieu, rien que cela… C’est sans doute le seul qui a été mordu profondément par la malédiction, qui a su remonter à la surface et montrer qu’il était encore intact (quasiment, si on accepte de laisser de côté l’aspect physique…).

Champion une première fois en 1975, il avait déjà gagné quelques GP en 1974, mais avait commis aussi trop d’erreurs pour prétendre au titre… En 1975, il était prêt. Il était également bien parti pour se succéder à lui-même la saison suivante quand survint le terrible accident du Nurburgring en 1976. Échappant de peu à la mort, Niki parvient à revenir en piste seulement huit semaines après avoir reçu l’extrême-onction.

Mais sa fin de saison héroïque ne lui permet tout de même pas de contenir Hunt et McLaren qui est le couple en forme du moment…

Il abandonne finalement le titre à Hunt lors du dernier GP au mont Fuji (une décision courageuse et raisonnable vu les conditions dantesques de cette course). Il retrouve son titre en 1977, mais à la régularité et parce qu’Andretti (sur la toute première Lotus à effet de sol) manque de fiabilité. Il quitte ensuite Ferrari au soir de son second titre pour aller chez Brabham et pouvoir enfin rouler sans les psychodrames de la scuderia à chaque week-end de GP…

La période Brabahm n’amène pas le succès escompté, en partie à cause du moteur Alfa Roméo puissant, mais pas très fiable. Aussi parce que Lotus vient de révolutionner la F1 avec l’effet de sol et les écuries concurrentes mettent un peu de temps à s’y adapter.

Peu enclin à subir cette situation, il tourne alors le dos à la F1 une première fois à la fin de la saison 1979 et croit trouver une nouvelle passion en s’occupant de créer une compagnie d’aviation (Lauda Air).

Mais l’aviation ne suffit pas à Lauda et l’envie de rouler recommence à le titiller… Il trouve une oreille intéressée chez Ron Dennis qui lui offre le baquet de la McLaren afin de « faire un essai pour voir » fin 1981… Bien entendu, le virus est toujours présent chez Niki qui décide de revenir pour de bon, lors de la saison 1982. Il gagne un GP dès sa 3ème course, la machine est relancée, l’ordinateur est de retour !

Mais il lui faut attendre deux saisons et le moteur Porsche turbo équipant sa McLaren pour qu’un nouveau titre s’ajoute à son palmarès et de quelle façon : seulement un demi-point le place devant Prost à l’issue de la toute dernière manche !

Le maître a accompli un exploit quasiment unique : revenir en 1982 et enlever un nouveau titre chez McLaren en 1984, de justesse devant Prost (un come-back réussi, seul Prost réussira une telle performance après une parenthèse plus brève, il faut le souligner). Pourtant, Niki va faire la saison de trop en 1985 et se retirer de nouveau, définitivement cette fois, à la fin de la saison 1985. Niki n’a sans doute aucun regret, mais je considère que son parcours est suffisamment marqué pour que la malédiction y soit pour quelque chose !

Prost, Lauda et Senna sur une même photo, sans oublier Ron Dennis (derrière Prost). Toute une frange de l’histoire de la F1 en une seule image !
Lors de son 3ème titre en 1984 à Estoril.

Une présentation de tous mes livres dans une vidéo de 30 minutes…

Tout est dans le titre : 30 minutes pour présenter tous mes livres… Il fallait bien cela, non ?

J’ai essayé de respecter l’ordre chronologique de parution de mes livres pour les présenter. C’est une suggestion de mon fils ainé à la base. Il m’a dit « Dad, faudrait que tu fasses un document qui regroupe toutes tes couvertures, pour présenter ton oeuvre, quoi ! ». Mais j’ai préféré en faire une vidéo afin d’avoir la possibilité de commenter chaque titre plutôt que de simplement montrer la couverture.

Bon, j’ai bien conscience que cette vidéo ne concerne que moi, avant tout. Mais j’ai eu plaisir à revenir sur chaque étape de ma trajectoire d’auteur et j’ai eu envie de le partager sur ce blog… Voilà qui est fait.

Une vidéo un peu longue mais complète au moins !

Crétinisation et Idiocratie (Bruno Lussato en 1987).

Je connaissais Bruno Lussato à cause de sa contribution à l’histoire de l’informatique. Mais je m’aperçois avec plaisir qu’il militait dès les années quatre-vingt contre la crétinisation croissante de la société… On voit ce qu’il est advenu aujourd’hui !

La forme n’est pas terrible mais le fond est impeccable… regardez cela jusqu’au bout !

Ce qui est intéressant avec cette émission d’Apostrophe, c’est que tout ce qui est annoncé s’est (hélas) réalisé. Mais on constate aussi que si le fond est juste (tout à fait juste même !), la forme elle laisse plus qu’à désirer : ces messieurs donnent une impression pitoyable… on dirait de vieux académiciens coupant les cheveux en quatre sur un détail d’orthographe, pas très engageant, n’est-ce pas ?

C’est tout le drame de notre époque : peu importe d’avoir raison sur le fond si la forme ne suit pas… Mais je pense que cela a toujours été vrai finalement !

Vidéo « ch’es grôle »… allez, encore une autre !

Encore une vidéo « drôle », la quatrième de la série… Je ne suis pas certain que cette vidéo supplémentaire vous fasse rire (et les autres ?) mais c’est pour moi une occasion de vous montrer quelques séquences qui sont « cultes » pour moi. En attendant, enjoy!

Ah, Nabila, un sommet !

« Sauver la F1 », le point de vue d’un amateur de dix ans…

Voici un article rédigé par mon fils Justin (10 ans) que j’ai juste édité afin de corriger les fautes les plus grossières (j’en fais aussi et des belles !).

Avec Justin, nous regardons le MotoGP, le SBK, la Formule E et les 24H du Mans (y compris les rétrospectives historiques sur la fameuse ronde mancelle) mais pas la F1 (sauf les documentaires sur Netflix qui sont excellents). Raison principale de cette exclusion ?
Pas assez de spectacle !

Nous parlons de ce problème régulièrement et Justin a donc décidé de rédiger son point de vue sur la question…

Bien entendu, cela pourra paraitre bizarre de vouloir « sauver la F1 » alors que c’est une discipline sportive richissime et dont les résultats financiers sont encore très enviables… Mais, quand vous perdez le « mind share », la chute du « market share » n’est plus qu’une question de temps. Le championnat d’endurance fut un temps supérieur à la F1 et, depuis, il lutte pour retrouver sa place (sans les 24H du Mans, il y a longtemps qu’il aurait disparu et aurait été remplacé par des organisations privées comme SRO…).

Car, si rien ne change, la F1 disparaitra ou, du moins, sera remplacée par une version radicalement différente (imaginons par exemple que la Formule E soit renommée en F1). Comme l’explique bien le mot de Hemingway à propos de la ruine qui vient « progressivement puis brutalement », le déclin est une affaire de timing.

Bref, laissons parler Justin, je vous retrouve après son article…

Justin Lefebvre le 31 mars 2019

Bonjour, vous avez sans doute vu cet article sur internet, et vous vous êtes dit qu’il peut être intéressant, eh bien, je peux vous assurer que vous n’alliez pas être déçu en fermant cette page, mais pour les passionnés du sport, je peux vous assurer, que vous allez adorer cet article, la question que je couvre dans cet article est comment sauver la F1?

Cette question est très difficile à répondre, mais je vais vous expliquer pourquoi il faut sauver la F1 et comment la sauver. regardons le passée de la formule un,

L’histoire de la Formule 1 commence en 1950 à silverstone (le premier grand prix) et a continué depuis, mais vue la situation de la F1, si on ne fait rien, elle va disparaître, c’est pourquoi, dans cet article, je vais donner les solutions possibles. À l’époque, le but était de construire la voiture la plus rapide du monde, puis, petit à petit, l’aérodynamique est arrivée et a transformé le sport, vers les années 60-70, et la F1 a évolué avec. Le problème est que le sport dépend trop de ça, car les écuries dépensent beaucoup d’argent sur les souffleries pour gagner quelques dixièmes sur le circuit, mais ça fragilise trop la voiture, alors, que par exemple, la FE (formule électrique) est bien plus solide que les F1 actuelles.

Ce qui a vraiment forgé l’histoire de la F1, c’est l’évolution de l’aérodynamisme.

C’est dans l’année  68, que tout a commencée, les constructeurs font dépassé des bouts de ferraille de tous les cotées (ci-dessous), puis, ils ont compris qu’il ne fallait pas faire ça, mais  si, etc.

Aérodynamique ridicule… Lors des premiers temps, on n’hésitait pas à « mettre le paquet » !

Mais maintenant, les voitures sont détruites au moindre choc. Les voitures ont évolué et la sécurité aussi, malgré l’absence des ambitions des nouvelles voitures (on ne regardait pas vraiment à améliorer énormément la sécurité). Puis, le 5 octobre 2014, Jules Bianchi se tue lors d’un affreux accident lors du grand prix du Japon, à Suzuka, ce qui, a contribué à la nouvelle protection du pilote (ci- dessous).

Le système « HALO ».

SOLUTION 1 et pourquoi

La première solution est la plus facile de toutes, mais cela détruirait la tradition, qui est de construire la voiture la plus rapide du monde sur circuit. En fait, il s’agirait de donner deux choix aux équipes, une voiture qui permet d’atteindre une grande vitesse, mais pas très rapidement, mais alors que l’autre peut atteindre une vitesse moindre, mais en moins de temps  de l’autre. C’est un peu comme deux catégories.  Ceci, est une bonne idée (de mon point de vue), mais, comme je l’ai dit, cette solution tuerait la tradition, mais si c’est la dernière, la FIA la prendraient, car ils sont en train de perdre leur audience qui vont voir la FE (formule électrique), et oui, la F1 devient boring (ennuyeux), car il n’y a pas beaucoup de dépassement, et au moindre gros choc, drapeau rouge (arrêt de la course). Donc, il faut faire quelque chose ! 

SOLUTION 2

La deuxième solution est de transformer la voiture littéralement, c’est-à-dire, bien la protéger (pour éviter les accrochages), un peu comme de la FE (formule-électrique), mais la voiture ne serait pas électrique, et cela améliorera le spectacle, car les pilotes seront encouragées à se cogner, comme en FE (formule-électrique), donc, cela voudrait dire re-transformer le châssis, ce qui coûterait extrêmement cher, donc la FIA n’est pas intéressé par dépenser beaucoup d’argent juste pour plus de spectacle (même si c’est ce qu’il faut faire).

Une formule E typique : les roues sont bien protégées, les ailerons sont réduits et solides.

Bien, merci Justin. Je suis assez d’accord avec lui que la F1 actuelle devrait beaucoup plus s’inspirer de la Formule E qui est actuellement une discipline en plein essor et qui reçoit un succès mérité. La F1 est vraiment en danger et il reste peu de temps avant de passer le point de non-retour (quand la Formule E commencera à vraiment grignoter son audience…).

Allez, encore une vidéo « il faut rire » !

Même si, probablement, ça ne fait rire que moi… Mon fils ainé m’a déjà expliqué que « mes délires » n’étaient pas forcément communicatif. OK, j’accepte cela mais je pense que ça vaut tout de même la peine de partager et vous laisser juger…

Daniel Prevost et Jean Yanne, ça commence bien !

Que manque-t-il à la réalité virtuelle pour s’imposer pour de bon ?

La réalité virtuelle peine à s’imposer en dépit des pronostics (trop) optimistes émises par les « experts » lors de ces dernières années.
Pourquoi cet échec (relatif) ?
Tout d’abord, il faut bien admettre que c’est encore cher et compliqué. Cher parce que le masque Oculus ou HTC n’est pas donné : c’est tout de même autour de 400 euros. Et le masque ne fait pas tout : il faut aussi le PC qui va avec et celui-ci aussi coûte cher. De plus, tout cela est compliqué à mettre en place : pas mal de câbles à brancher, de logiciels à installer (et à paramétrer), les senseurs à régler et il faut aussi prévoir de la place pour pouvoir jouer dans de bonnes conditions.
Bref, ce n’est pas tout à fait aussi accessible qu’on veut bien le dire et donc pas encore vraiment prêt pour un large public…
Pourtant, quand on essaye ce dispositif on est tout de suite surpris de se « prendre autant au jeu » (j’en parle déjà ici) !
Comment se fait-il qu’on puisse ainsi leurrer notre propre cerveau aussi facilement ?
L’explication nous est donnée par Jaron Lanier, un des pionniers historiques de la réalité virtuelle (VR) :

« Si 100×100 est une résolution plausible pour une icône, pour un monde virtuel, c’est absurde. Rappelez-vous, l’image est étalée sur une grande partie de ce que vous pouvez voir. Par conséquent, chaque pixel peut sembler aussi gros qu’une brique dans un mur !

Et pourtant, l’effet était incroyable », raconte Lanier.
Pourquoi cela a-t-il fonctionné ? Parce qu’en fait, ce qui est central dans la VR n’est pas ce que vous voyez ou entendez, mais la manière dont les mouvements du corps sont captés et retransmis à « l’avatar ». Le coeur de la VR, c’est le tracking, pas le rendu. C’est cette capacité de mesure qui permet de « tromper le cerveau » et qui donne cette impression d’immersion dans un nouvel environnement. Rappelons d’ailleurs que le sens de la vue n’a pas été immédiatement privilégié par les premiers concepteurs de la VR. Lanier est connu surtout pour l’invention du dataglove, une interface haptique qui simule le sens du toucher (et qui connut pendant un court laps de temps une adaptation grand public, le Power Glove de Nintendo). Étrangement, au début des années 80, il était considéré comme plus facile, techniquement, de mettre au point de tels périphériques plutôt que des systèmes de visualisation sophistiqués. 30 ans plus tard, Oculus, HTC, Sony, Samsung et autres nous proposent des casques à bas prix, alors que les interfaces haptiques, elles, semblent toujours relever de la science-fiction !

Comme le dit fort bien Lanier, c’est le tracking qui compte dans l’impression d’immersion, le rendu (la qualité graphique) est alors secondaire. Heureusement car, pour le moment, la qualité graphique reste largement perfectible. Tout cela va progresser, comme toujours : le matériel nécessaire va être plus facile à mettre en oeuvre, les prix vont continuer à baisser et les performances de rendu (graphiques, profondeur de champ, etc.) vont également s’améliorer.
Mais, selon moi, le principal facteur réside dans les applications. En effet, pour le moment, les bonnes applications disponibles pour la VR sont encore rares. Plus encore, les adaptations de titres existants pour prendre en compte la VR en plus de leur fonctionnement habituel sur écran sont majoritairement décevantes. On s’aperçoit ainsi qu’un jeu doit être, dès le début, conçu pour la VR et seulement pour cela. Tous ceux qui tentent de prendre en compte la VR après coup ne font rien de bon, tout simplement.
Car l’effort de conception n’est pas négligeable : il faut non-seulement programmer un rendu graphique où le tracking est primordial mais il faut également prendre en compte l’interface utilisateur qui passe obligatoirement par une bonne exploitation des manettes qui accompagnent le masque (et, à ce niveau, il a peu de différences entre celles d’Oculus et celles de HTC).

Voici quelques bons exemples de jeux conçus dès le départ pour la VR et seulement pour cela : Ultrawings et Derail Valley.

Ultrawings, un simulateur de vol très prenant.
Se retrouver aux commandes d’une locomotive en VR ? C’est possible avec Derail Valley !

Il y a en a sans doute plein d’autres mais je ne parle ici que de ce que j’ai testé personnellement. Ultrawings suit le mouvement initié par VTOL VR que j’évoque déjà ici : faire des graphiques adaptés à la résolution des casques VR actuels. C’est le bon choix et le côté « cartoonesque » n’est pas gênant en fait.

Je crois au succès final de la VR mais je pense aussi qu’il faut lui laisser le temps de s’installer : dans l’esprit des gens, dans l’offre du marché et dans l’expérience des développeurs. Reparlons-en dans cinq ans et vous verrez que, sans doute, ça va déjà beaucoup mieux.

Il faut rire (bis) !

Il y a quelques jours, je vous proposais cette petite compilation de séquences drolatiques (selon moi). Pas découragé, je récidive aujourd’hui avec une seconde compilation. Bon, nombre d’entres-vous trouveront cela absurde et pas drôle… Mais certains vont rires et c’est déjà beaucoup !

Et c’est parti pour deux minutes (un peu plus) de ouarf !

On reconnait les inconnus dans cette modeste compilation. J’en profite pour affirmer qu’on a pas fait mieux depuis et qu’ils sont restés d’une incroyable actualité. Le pire, c’est qu’ils n’exagèrent même pas !

Les pépites de la variété française des années 70…

La variété française est profondément associée au couple Carpentier qui produisait les émissions où les artistes pouvaient passer à la télévision de cette époque.

Maritie et Gilbert Carpentier sur le tournage d’une de leurs émissions, au mythique studio 17 des Buttes-Chaumont.

Inutile de vous dire que, pour moi, « la variété française » était une expression de la médiocrité ambiante et que je fuyais ces émissions. Aujourd’hui, la médiocrité ambiante a atteint un tel niveau qu’on peut (presque) voir ces émissions passées avec une certaine nostalgie…

Loin de moi de vouloir vous faire croire que TOUT était formidable à cette époque bénie (je ne suis pas du genre à affirmer que, forcément, « c’était mieux avant »), je voudrais tout de même vous proposer MA sélection des chansons des artistes de cette période. Car, à ma grande surprise, on s’aperçoit que chacun avait au moins UNE chanson qui sortait du lot et méritait d’être présente dans une sélection de ce genre… Exemple, Joe Dassin avec « Le pont de la Garonne ». Pour les géants comme Brassens ou Ferré, je n’en retiens qu’une dans leur vaste répertoire…

Voilà donc ma sélection (forcément, j’ai oublié ici de nombreux artistes qui auraient mérité d’y être…) :

Ma préféré de Nougaro : quand il évoque « la déesse de pierre »…
Même Moustaki à sa place ici !
Déjà en 1975, on comprenait qu’un nouveau monde était en train d’écraser l’ancien…
La misère doit être plus supportable au soleil !
Ah le mal qu’on peut nous faire !
Dans la vie, il y a des cactus !
San Francisco sans brume…
Même « la chèvre » est présente dans cette sélection, preuve de mon ouverture d’esprit !
Juste une paire de demi-dieux !
Et le peu qui viendra
d’eux à vous
C’est leur fiante
Brassens, lui, a droit à deux chansons !

Mais veuille le grand manitou 
Pour qui le mot n’est rien du tout 
Admettre en sa Jérusalem 

A l’heure blême 
Mais ma dernière phrase
Sera pour qu’on me plaigne
Le bulldozer a tué grand maman
Et change ses fleurs en marteaux piqueurs
On se sentait pousser des ailes
A bicyclette
Parler me semble ridicule
Pierre Perret n’a pas fait que du comique…
Y’en a même qui disent qu’ils l’ont vu voler
C’était la couleur de tes yeux
C’était la couleur de la mer
C’était hier.
Un couloir, une porte, un lit
C’est la nuit
Je serai votre pop star je serai votre king
Ce matin, Marie-Jeanne Guillaume s’est jetée du pont de la Garonne
L’immense Bourvil savait chanter aussi !
Ici c’est confortable !
Je m’éclatais comme une bête
Quand j’étais chanteur

Bon, il en manque, forcément, mais la liste serait bien longue… Ah, ces années-là, c’était quelque chose !

Il faut rire !

« Il faut rire », ce titre est un impératif de sauvegarde… Face à tout ce que nous balance l’actualité (relayé complaisamment par les médias complices), nous n’avons d’autres protections que de rire de bon coeur à chaque occasion possible…

Je vous avais déjà présenté Ozzie Man Review, voici cette fois une petite compilation des séquences (ou plutôt des extraits de séquences) qui nous font le plus rire, mon plus jeune fils et moi.

Difficile de ne pas trouver que le rire de Risitas est communicatif !

Ce sont des extraits de vidéos drôles (enfin, ça dépend du goût de chacun, évidemment) avec Ozzie Man Review, Risitas, Message à caractère informatif, Wipeout et autres trucs trouvés sur YouTube, évidemment…
Il faut rire !

Puisqu’on est dans les délires à la limite du compréhensible, j’ose vous proposer une vidéo qu’on trouve aussi tordante : Purple You Noob de Colas Bim :

Purple You Noob, ouarf !

Les documentaires Netflix sur la F1

Le spectacle des courses de F1 est tombé à son niveau le plus bas et ça fait un moment que ça dure (au moins dix ans voire bien plus !). En revanche, la F1 moderne fait un excellent sujet de documentaire comme Amazon et Netflix sont en train de le démontrer…

Il y a un peu plus d’un an, le géant de l’ecommerce (Amazon) nous proposait un coup de projecteur sur les essais d’hiver vécus par l’écurie McLaren :

Excellent documentaire sur les coulisses des essais d’hiver, déterminants pour la saison…

Puis Netflix proposa un film sur l’histoire de l’écurie Williams :

Williams, une histoire faite de hauts et de bas…

Et c’est désormais le retour sur les différents épisodes de la saison 2018 (Netflix encore) :

Les épisodes de la saison vues de l’intérieur, fascinant !

Ces documentaires sont tous excellents et je vous les recommande chaudement. Bien sûr, il faut avoir l’abonnement à Netflix ET à Amazon Prime mais bon, on a rien sans rien !

Les gauchistes sont devenus moralisateurs par tactique !

Nos chers gauchistes donnent la leçon sur tout : moeurs, économie, écologie et ainsi de suite… Et, ce faisant, ils sont devenus proprement insupportables. Mais, la bonne question à se poser est « pourquoi font-ils cela ? »… Je propose la réponse dans la vidéo ci-dessous :

Ah, les gauchistes !
Il faudrait quand même trouver un moyen de les faire taire…

Leur dialectique « tactique » est bien au point et elle fonctionne formidablement aujourd’hui, époque reine du « politiquement correct » (même et surtout s’il est hypocrite). Car, si vous les critiquez, vous êtes un fasciste (voire pire). En effet, puisqu’ils sont tous (et toutes !) des parangons de vertu, si vous êtes contre eux, c’est que vous êtes le mal, forcément !

D’où les attaques « ad personam » (et pas sur les idées, hein !) pour vous disqualifier, vous exclure du débat, interdire votre voix, vous ostraciser systématiquement comme c’est devenu la règle habituelle (d’où le recours rapide à l’étiquette d’anti-sémite si jamais vous résistez trop longtemps… là, l’infamie est telle que votre compte est réglé une bonne fois pour toutes, ah mais !).

La crise des opioïdes aux USA et bientôt en Europe aussi…

Il y a longtemps que je voulais évoquer cette histoire incroyable, ce phénomène très inquiétant qui ravage les USA depuis des années. Je m’intéresse à ce « dossier » depuis 2015 et je suis surpris que ce scandale ne fasse pas plus de bruit. Je suis aussi très surpris (pour ne pas dire plus) que les autorités américaines n’en fassent pas plus pour endiguer cette crise (en fait, elles ne font presque rien car le lobby de « Big Pharma » est très puissant aussi là-bas). Je pourrais me lancer dans de grandes et longues explications sur cette crise mais il se trouve que « Envoyé Spécial » vient de diffuser un reportage fort bien fait et très complet sur le sujet (et c’est moi qui dis cela !) que je vous laisse découvrir ci-dessous :

Un reportage d’Envoyé Spécial très bien fait et très complet.

L’erreur à éviter serait de croire que « chez nous, ça peut pas arriver », que c’est une crise qui va se limiter aux Américains, que c’est à cause de leurs habitudes… C’est vrai que ça joue, un peu. Les Américains consomment naturellement beaucoup plus d’antidouleurs que les Européens, c’est presque culturel. Tout comme les Français consomment trop d’anti-dépresseurs et autres psychotropes. Mais la crise des opioïdes est en train de débarquer aussi en Europe pour les mêmes raisons (systémiques) et quasiment de la même façon qu’en Amérique !

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder ce reportage de RTS (la télévision Suisse) où les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’Oxycontin est en train de produire les mêmes ravages (avec le repli sur l’héroïne en moins, c’est la Suisse quand même…).

Le phénomène commence à se répandre en Europe aussi : la Suisse en témoigne !

Je vous recommande aussi cet article « Etats-Unis: le business de l’overdose » sur https://www.causeur.fr/etats-unis-oxycontin-medicament-drogue-heroine-38451. Cet article complète de façon intéressante le reportage d’Envoyé Spécial.

Ce qui me fait le plus plaisir : un message de mes lecteurs !

Je viens de recevoir un message de rêve, le type de message que tous les auteurs veulent recevoir… Il vient d’un lecteur Canadien, Michel Fabre qui vient de m’envoyer le message suivant :

Bonjour Alain Lefebvre,
J’ai bien aimé vos livres sur vos amours automobiles. Docteur Miracle et Racing Le Parcours d’un passionné. Ils sont écrits avec générosité et passions. Je les offrent régulièrement à mes amis du Club Porsche Rennsport PCA de Montréal. En effet nous partageons les mêmes sensations en Karting sur Glace et D.E Porsche et courses de 24 heures.
Merci de partager. 
Bienvenue au Canada ??
M.Fabre

En plus, Michel a joint quelques photos de cette activité de Karting sur glace :

Sans pneu à clous, ça doit salement glisser !
On voit la GoPro fixée sur le casque !

Vous pouvez imaginer ce que je ressens lorsque je reçois ce type de message. Car, justement, c’est exactement pourquoi j’écris et je publie mes livres : pour partager ma passion dans quelques domaines. Quand ce but est atteint comme avec Michel, je me dis que tout ce travail en vaut la peine… Merci Michel, merci.