Pourquoi écrire votre autobiographie est bon pour vous…

Depuis quelques mois, j’écris mon autobiographie à la demande de mes fils. Je le fais très sérieusement en commençant par le début. Bien entendu, ça n’est pas destiné à être publié. Je le fais uniquement à titre privé pour transmettre quelque chose de mon parcours à ma descendance comme on dit. Ceci dit, je m’aperçois que cet exercice a bien des vertus. Pour commencer, il vous oblige à revenir sur votre parcours, à l’analyser, a essayer de le comprendre en fait. Mais c’est aussi l’occasion d’avoir un autre regard sur les époques que l’on a traversé.

Certes, une autobiographie c’est pour parler de soi, mais rien n’empêche d’en profiter pour faire un peu d’analyse sociétale et de dire, principalement pour mes fils, comment c’était “avant”…

Je conçois tout à fait combien ce genre d’ouvrage peut paraître être prétentieux quand on est pas soi-même une célébrité. Mais après tout, pourquoi donc ce type d’exercice serait-il réservé aux personnages célèbres ? 

Je conçois aussi que cette écriture peut-être considéré comme intimidante voir inaccessible et c’est justement pour ça que je vous en parle aujourd’hui déjà. Si on fait ça à titre privé, inutile de se soucier du regard des autres. Après tout votre récit n’est destiné qu’aux yeux des gens qui vous connaissent et qui, espérons-le, vous apprécient. Donc, laissons-là la timidité bien connue vis-à-vis de l’éventuelle page(s) blanche(s). Je suis certain que vous aurez bien des choses à raconter et je suis également certain que cela va intéresser vos proches.

Car, combien de fois constate-t’on que les enfants ne savent finalement pas grand-chose sur leurs parents. Ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont surmonté, ce par quoi ils sont passés, et même combien le monde était différent alors à leur époque. C’est bien pour cela et pour d’autres raisons encore qu’une autobiographie se justifie à mon avis dans tous les cas.

Puisque nous avons réussi à justifier la démarche voyons maintenant comment on s’y prend pour arriver au bout. La première vraie difficulté que j’ai constaté, c’est de savoir faire le tri. En effet il est illusoire d’imaginer qu’on va pouvoir “tout” raconter. On est donc continuellement en train de choisir parmi les épisodes dont on arrive à se souvenir. 

Or, voici quelques préambule que j’ai ajouté avant de débuter certains de mes chapitres. 

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Avant de commencer ce chapitre, quelques réflexions sur ma démarche. Généralement, quand on rédige son autobiographie, c’est qu’on sent que notre temps est passé et c’est aussi l’occasion d’un retour méditatif sur ces événements et leurs déroulements. C’est aussi le cas pour moi et je m’aperçois que c’est également un exercice délicat : que prendre, que laisser ?

Faut-il détailler tel épisode ou mieux expliquer tel autre ?

Je m’aperçois que, quel que soit mes efforts en la matière, le résultat ne sera pas parfaitement équilibré, mais qu’importe, l’important est de le faire. Je m’aperçois aussi que je manque cruellement de photographie pour illustrer mes propos. Internet permet de compenser un peu, mais cela m’arrive souvent de penser “ah, c’est dommage que je n’ai pas pris cela en photo”. Mais, d’un autre côté, on traverse sa vie pour la vivre au mieux, pas pour la documenter avec précision.

Bref, reprenons le cours de ce “récit” où nous l’avions laissé…

En effet cette autobiographie est rédigée presque sous la forme d’un dialogue avec mes fils point donc je m’adresse directement à eux dans ces pages.

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L’écriture de cette autobiographie est un exercice particulier. Au début, je pensais que j’aurais du mal à me souvenir de tous les détails, mais finalement, ce n’est pas là que se situe la difficulté. Le fait de me plonger dans mes années passées fait quasi automatiquement remonter à la surface tout ce dont j’ai besoin de me souvenir, au fur et à mesure. Ce qui est difficile, c’est plutôt de choisir quoi raconter et quoi laisser de côté. Il ne s’agit pas de cacher quoi que ce soit, mais plutôt de savoir faire un tri utile : si je devais vraiment tout raconter, on y serait encore dans des années !

Tout n’est pas utile pour comprendre par quoi je suis passé. Je suis évidemment obligé de me concentrer sur l’essentiel. Mais, en même temps, je réalise que les épisodes que je choisis de laisser de côté ont compté en leur temps. Quand je les ai vécus, ça comptait même beaucoup ! 

Cependant, avec le recul, je m’aperçois que cela n’ajoute pas grand-chose à mon histoire (oui, ça reste une histoire même si je la raconte avec autant de sincérité que possible) et donc, sans regret ni arrière-pensée, je les garde pour moi. Car au fond, il ne s’agit plus que d’anecdotes.

Tout cela pour dire qu’écrire ces chapitres me remue pas mal et fait tourner ces souvenirs au plus profond de moi. Cela provoque forcément des questions : est-ce qu’on est défini par ses souvenirs ?

Se retourner sur sa vie passée est-il un exercice facile ?

Peut-on être satisfait de ce qui s’est passé tout en étant satisfait de la manière dont on y a fait face ?

Toutes ces questions, je me les pose tous les jours et il n’y a aucune réponse satisfaisante. Cependant, vos retours enthousiastes m’encouragent beaucoup à persister dans cette voie. Merci pour votre soutien.

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Comme d’habitude, avant de débuter ce chapitre, un peu de réflexion sur cet exercice (l’écriture de cette autobiographie). Au risque de me répéter, je réalise que cette écriture me fait réaliser, comprendre, beaucoup de choses sur mon parcours qui seraient restées enfouies sans cette démarche. Ainsi, de nombreux événements qui me paraissaient anodins à l’époque se sont finalement révélés déterminants. Et, à l’inverse, certains épisodes vécus comme très importants sur le moment n’ont pas grande importance une fois qu’on les regarde avec un certain recul (et du recul, désormais, j’en ai !).

Tout cela pour dire qu’on est malheureusement incapable d’avoir du recul sur l’instant présent. Ce serait pourtant nécessaire, il faudrait être capable de, à tout moment, d’appliquer la règle des 10/10/10 : comment vais-je voir cette situation qui vient de me frapper (la plupart du temps négativement d’ailleurs, c’est toujours les situations contraires qui nous frappent avec le plus d’impact, on ne sait mettre le curseur au même niveau pour les situations positives, hélas) dans dix heures, dix jours, dix semaines ?

Et c’est encore plus vrai si on décale encore l’ordre de mesure : dix semaines, dix mois, dix ans… Vous voyez l’idée.

Bref, ce qu’on fait dans l’instant ne semble pas toujours important et c’est pourtant cette accumulation d’actions, de choix, de décisions qui nous détermine, souvent au plus profond de nous, discrètement. Je n’ai pas de règle ou de recette à proposer à ce sujet, je me contente de le constater…

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Je me disais aussi, dernièrement, que le regard qu’on portait sur les événements passés dépendait aussi de l’humeur du moment. En particulier en ce qui concerne les personnes qu’on a croisées. Avec le temps, les différences ont tendance à s’estomper et ceux ou celles qu’on a rejetés, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, n’apparaissent plus comme si mauvaise une fois que le temps a fait son œuvre.

Tout cela fait aussi s’interroger sur ce qui nous constitue, en tant qu’individu. Suis-je vraiment encore la même personne que lors de ces épisodes ?

Évidemment non, j’ai changé bien sûr. Mais ce changement est-il de surface (je me suis adouci, ma forme physique s’est altérée et ainsi de suite) ou plus profond ?

Par exemple, prendrais-je les mêmes décisions en sachant ce que je sais aujourd’hui ?

Ces questions tournent dans ma tête aujourd’hui et je suis obligé d’admettre que je n’ai pas de réponse à ces questions… Notre passé, nos souvenirs nous définissent-ils en tant qu’individu ?

Oui, sûrement au moins en partie, mais pas totalement puisque je ne vais pas avoir le même regard sur mes souvenirs selon les époques, ma situation et/ou mon humeur. En ce moment, j’imagine souvent retourner en 1975 et vivre cette époque avec mes souvenirs actuels… Je ne sais pourquoi cette hypothèse (impossible) m’occupe, mais je n’arrive pas à m’en détacher. Peut-être est-ce tout simplement le résultat de remuer tout cela en l’écrivant pour vous !

Allez, au travail, c’est pas en rêvassant que cette autobio va s’écrire !

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Revenir sur son passé comme je le fais ici pour vous, c’est aussi s’apercevoir qu’on a manqué des épisodes !

Depuis que je pense au prochain chapitre à écrire, je me remémore sans cesse des faits plus ou moins importants qu’il faudrait raconter, même si cela implique de revenir en arrière quelquefois (je ne vais pas le faire systématiquement sinon, on n’avancerait pas !). Jusque-là, j’ai respecté l’ordre chronologique et je vais continuer à le faire, mais, certaines fois, un petit “flashback” sera nécessaire (et intéressant) afin d’expliquer comment j’en suis arrivé là.

Et cette fois, justement, j’ai un de ces épisodes à vous raconter qui nécessite un court retour en arrière.

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C’est pour illustrer ses chapitres qu’on s’aperçoit qu’on a besoin de photos, de beaucoup de photos. C’est là où on se dit qu’on aurait dû tout numériser depuis le début, dès que c’était possible. Croyez-moi, on n’en a jamais assez. Heureusement, grâce à internet, on retrouve plein de choses en ligne, y compris des inédits, y compris des réponses à des questions que l’on se posait depuis 40 ans. Vraiment sur ce plan-là, c’est tout à fait formidable de disposer des moyens que l’on a aujourd’hui. 

Bref, vous l’aurez compris, je suis très favorable à ce que chacun écrive son autobiographie et la diffuse à ses proches. C’est un bon exercice, ça fait du bien à tout le monde, que demander de plus ?

L’intelligentsia la plus bête du monde !

Voilà un billet d’humeur sur la bêtise des deux extrémités du spectre (de la population). Avant d’aller plus loin et de révéler enfin de quoi je vais vous entretenir (oui quoi, arrêtes de faire durer le suspense !), voudrais souligner que lorsqu’on écrit “un billet d’humeur”, il s’agit rarement de bonne humeur… vous avez remarqué ?

Et, oui, je confirme : ce n’est pas pour exprimer ma joie et ma bonne humeur que je rédige ce matin… Ces semaines de confinement n’auront rien fait pour atténuer mon caractère misanthrope (oui, je suis misanthrope -comme tout le monde- mais, moi au moins, je l’avoue, voir à http://www.alain-lefebvre.com/pourquoi-nous-sommes-tous-des-misanthropes-mais-si/). Il suffit pour cela de regarder comment sont les “gens”… Loin de moi de verser dans l’optimisme béat et de croire que la “leçon a porté” et que le monde d’avant ne reviendra plus, que les gens ont compris et tout ce cortège de bêtises. Il suffit de voir les files d’attentes qui se forment dès qu’un McDonald’s rouvre son drive…

Si ce comportement moutonnier est franchement désolant (et pour de la malbouffe en plus !), que dire des intellectuels (soit-disant l’autre extrémité du spectre), en particulier des intellectuels français ?

Guy Mollet aurait dit un jour que la France était dotée de “la droite la plus bête du monde”… Ce en quoi il avait sûrement raison (et ça n’a pas changé !). J’affirme moi que nous sommes aussi affecté, hélas, de “l’intelligentsia la plus bête du monde” (et, en prime, qui fait preuve de la plus mauvaise foi, pour faire bonne mesure…). 

En effet, comment accepter que cette tribu proclame avec fierté qu’il vaut mieux “avoir tort avec Sartre que raison avec Aron” ?

Ou qu’un escroc notoire comme Freud soit encore considéré comme une référence ?

Nos gauchistes (bien pensant, forcément) de mauvaise foi, roi de la bienveillance (entre eux, seulement entre eux !) tentent de nous imposer leur logique morale tordue sans jamais (au grand jamais) admettre leurs erreurs. Comment accepter qu’aucun de ses grands penseurs se soit jamais excuser d’avoir été maoïste alors que le grand timonier causait des dizaines de millions de morts dans son propre pays ?

Vous pouvez trouver mes références un peu datées et croire que, depuis, la situation a changé. Hélas, il n’en est rien !

En dehors de Michel Onfray (qui a eu une position courageuse sur Jésus et Freud), les intellectuels actuels ne valent pas grand-chose, à part jouer les donneurs de leçons sur les plateaux TV…

La vérité est que nous français, si facilement prétentieux vis-à-vis des autres peuples, nous sommes encombrés par ces pseudo-intellectuels qui ne nous apportent rien : ni réconfort, ni boussole. Il est temps de s’en débarrasser.

OK, j’avoue, tout cela n’est pas très positif mais il fallait que ça sorte. Finissons par une note utile, quand même : si vous voulez des intellectuels utiles et qui permettent de comprendre le monde actuel, laissez tomber les marxistes de tout poil et intéressez-vous à Guy Debord (la société du spectacle) et à Jacques Ellul (la société technicienne).

Pour comprendre la situation actuelle, écoutez Jean-Dominique Michel

Soyons clair, personne ne comprend rien à la (sidérante) situation actuelle !

Mais il y a une voix claire et positive qui permet de rassembler les pièces du puzzle et de commencer à comprendre, en partie, dans quoi nous nous sommes embarqués. Il s’agit de la voix de Jean-Dominique Michel, un anthropologue (Suisse) de la santé.

Ecoutez-le jusqu’au bout, ça vaut le coup !

Il s’agit donc d’un scientifique Suisse que je ne connaissais pas mais qui est très clair dans ces explications. Si vous ne pouvez consacrer 1H09 à cette vidéo, vous pouvez vous contenter des vingt premières minutes, c’est déjà pas mal… Mais il est clair que plus on l’écoute et plus on en apprend et plus on comprend comment on en est arrivé là…

C’est un type qui a rédigé quelques articles qui ont eu un certain retentissement comme https://lnkd.in/dd5f6XE, intéressant mais cette vidéo est plus “digeste” on va dire…

En plus d’être clair, Jean-Dominique Michel dégage une énergie très positive qui fait que l’écouter, même sur un sujet difficile, est agréable. Voilà, vous ne pourrez pas dire que je ne vous l’ai pas vendu !

Voilà un commentaire que mon ami Laurent Poulain voulait laisser (mais, pour une raison inconnue, ça n’a pas fonctionné…) :

Il est facile de critiquer les gouvernements, mais il ne faut pas oublier qu’ils représentent souvent l’opinion publique.

La principale raison pour laquelle la Corée du Sud ou Taiwan on été si proactifs est qu’ils ont été touchés par SARS et H1N1. En France, lorsque Roselyne Bachelot a voulu être proactive avec le H1N1 elle s’est fait clouer au pilori. Et lorsque la France a détruit ses stocks d’équipements médicaux parce que ça coûtait trop cher, personne n’a rien dit.

Si en France ou en Suisse ils avaient suivi les mêmes consigne que la Corée du Sud dés le début (dépistage systématique, internement forcé dans un hôtel pendant deux semaines pour toute personne ayant le COVID), les gens se seraient insurgés et auraient criés au totalitarisme.

Certes, le confinement est nettement moins efficace qu’un dépistage dés le début. Mais une fois qu’un pays a réagi trop tard, quelles sont les solutions?

Et pour ce qui est de la dangerosité du COVID par rapport aux autres infections respiratoire comme la grippe, je ne connais pas les nombres exacts mais la grippe à ma connaissance ne cause pas la saturation des hôpitaux comme c’est le cas en Italie.

Alors, je ne suis pas convaincu par le dévouement désintéressé de Roselyne Bachelot mais, pour le reste, sans doute as-tu raison… Ce qui est important, aujourd’hui, c’est de laisser les uns et les autres s’exprimer sans tomber tout de suite dans l’ostracisme (trop fréquent depuis quelques temps).

Ce que j’ai appris en 60 ans

Cette semaine, j’ai eu 60 ans. Je dois avouer que, quand j’avais la vingtaine, cela représentait pour moi un horizon si lointain qu’il paraissait tout à la fois inaccessible et complètement indésirable. Pour tout dire, je n’arrivais pas à me projeter “vieux”. Aujourd’hui bien sûr, j’ai une vision différente et je ne me vois toujours pas “vieux”.

Un moment agréable : une ballade en moto avec mon fils Val (en Floride).

Cependant, ce parcours qui s’est déroulé si vite, a eu le temps de m’apprendre une chose ou deux que je voudrais partager avec vous à travers cet article. Oh, je ne suis pas devenu un parangon de sagesse parce que j’ai atteint 60 ans mais laissons la modestie de côté pour tenter de transmettre ce que la vie m’a appris, jusqu’ici…

1- Apprendre

On ne cesse jamais d’apprendre et, surprise, c’est de plus en plus agréable, désirable même. S’il n’y a qu’une chose à apprendre aux jeunes, c’est ça : l’envie d’apprendre. Avec ça, vous êtes armé pour tous les défis.

2- Transmettre

C’est une pulsion qui s’impose à vous, l’âge venant. Ce que vous avez accumulé (et là, on ne parle pas de richesses mais de connaissances…), vous avez subitement envie de le transmettre, non, besoin de le transmettre. Pour que cela ne soit pas perdu ?

Peut-être, peu importe, la pulsion est là, il vous faut lui obéir.

3- Incertitude

Rien n’est sûr, surtout pas ce qui est annoncé comme certain. Attendez-vous à des déceptions si vous croyez celles et ceux qui vous annoncent des certitudes. Restez serein aussi, rien n’est sûr veut aussi dire que le pire n’est jamais certain… c’est déjà ça !

4- Amour, amitié

“Rien ne compense l’échec au foyer” me disait souvent un vieil ami… ô combien vrai !

Concentrez-vous sur l’essentiel : réussir à maintenir l’amour au sein de votre foyer. Cela semble évident, pourtant nombreux sont ceux qui échouent en se perdant dans des objectifs divers qui ne sont PAS le but de la vie.

Si l’amour est important, ne négligez pas l’amitié qui est source (abondante) de bonnes surprises (et qui, souvent, dure plus longtemps…).

5- Lâcher prise

Je n’ai jamais rien achevé de bon en étant arc-bouté sur ma tâche. “Être à cran” ne vous aidera pas. Apprenez le lâcher prise, le plus tôt possible. D’abord parce que c’est long à maîtriser ensuite parce que ça sert longtemps.

6- Échecs, réussite

“Le succès, c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme” (une citation célèbre attribuée à WINSTON CHURCHILL). Soyons clair, j’ai échoué très souvent, bien plus souvent même qu’il n’est confortable de l’avouer !

Mais échouer ne veut pas dire “se tromper”. Tous ces échecs m’ont apporté quelque chose, tous m’ont aidé à bâtir les quelques succès que j’ai pu achever. Sans les (nombreux) premiers, il n’y aurait pas eux les (quelques) seconds.

7- Rester positif

“Pourquoi s’inquiéter ?” dit le sage hindou… Il ne s’agit pas d’être positif à tout prix même au milieu des pires malheurs. Mais il suffit de se rendre compte que la beauté est partout (oui, vraiment partout, il faut juste chercher à la voir…) pour réaliser que nous avons le choix : nous plaindre (sans que cela fasse avancer quoi que ce soit) ou apprécier ce court séjour sur terre pour ce qu’il nous apporte.

8- Regard des autres

Ah si on pouvait se passer du regard des autres !

Mais on peut en fait. C’est lorsqu’on réalise finalement que le regard des autres ne vous apporte rien qu’on peut s’en libérer. Et cette liberté vous rend plus fort et plus heureux. C’est comme toute libération, il n’y a que le premier pas qui coûte…

9- Immuable

C’est comme les certitudes : rien n’est immuable. Riez quand vous entendez “pour toujours”. Aucune situation ne perdure, aucune domination n’est épargnée par le déclin, aucune position n’est acquise “pour toujours”. Libérez-vous de ce genre de boulet.

10- Sens de la vie

Ne cherchez pas le sens de la vie dans la philosophie ou dans l’ésotérisme, vivez-le à travers de profondes gratitudes : transmettre la connaissance, rayonner l’amour de vos proches, percevoir la beauté du monde, le voilà le sens de la vie.

Enfin, un dernier enseignement, très personnel cette fois : j’ai compris que je devais laisser une oeuvre pour être tout à fait satisfait de mon passage dans ce monde. Cela paraît prétentieux ou trop ambitieux ou trop vain (c’est là où se libérer du regard des autres est utile…). Peu m’importe, c’est ma pulsion actuelle profonde. Peut-être cette “oeuvre” restera inconnue, oubliée avant même d’être lue… peu importe, cela est mon moteur, ma motivation et mon devoir pour le temps qui me reste.

Documentaires sur le sport-auto : deux personnalités marginales…

Continuons à évoquer les documentaires sur le sport-auto disponibles sur Netflix ou Amazon Prime. Cette fois, je vous en propose deux qui traitent de personnalités “marginales”.

Tout d’abord, je recommande de regarder “UPPITY: The Willy T. Ribbs Story” :

https://youtu.be/XKwfDjfO9Pw

One of the most powerful stories in sports history. Willy T. Ribbs was the Jackie Robinson of auto-racing who shattered the color-barrier in an all-white sport. Willy was referred to as “Uppity” behind his back by mechanics and other racers. He overcame death-threats, unwarranted suspensions and engine sabotage to go after his dream. Ultimately, Willy beat the haters and became the first Black driver to win a Trans-Am race, test a Formula One car, and race in the Indy 500.

Je ne connaissais pas vraiment Willy T Ribbs à part de nom et je dois dire que je n’ai vraiment regretté d’avoir regardé ce documentaire !

Un personnage attachant qui a réussi à se frayer une place dans un sport élitiste et, disons-le plutôt raciste (au moins au USA). Chapeau Willy, well done!

L’autre documentaire est déjà plus difficile à recommander…

Crash & Burn Official Trailer 2016

Pourquoi ?

Tout simplement parce que Tommy Byrne est à l’opposé de Willy T Ribbs : l’un est intelligent et engagé dans sa carrière (Ribbs) l’autre est tout simplement stupide (Byrne). Donc, le cas “Byrne” est intéressant dans la mesure où il montre tout ce qu’il ne faut PAS faire quand on veut grimper les échelons dans le sport-auto, point.

Mac OS, Linux, Chromebook et Windows 10, comparaison n’est pas raison !

Sur ce blog, je vous ai évoqué de temps en temps les “horreurs” de Windows, les vertus de Mac OS et la simplicité bienvenue de Chrome OS. 

http://www.histoireinformatique.com/assembler-son-propre-pc-cest-desormais-assez-facile/ (février 2018)

http://www.alain-lefebvre.com/apple-macbook-pro-le-meilleur-et-le-pire-comme-toujours-avec-apple/ (décembre 2017)

http://www.alain-lefebvre.com/la-solution-chromebook-une-alternative-a-considerer/ (décembre 2015)

http://www.alain-lefebvre.com/il-est-temps-doublier-windows-serieusement/ (2013)

http://www.alain-lefebvre.com/linux-pour-le-desktop-10-apres-ubuntu-la-fait/ (2011)

OK, certains de ces articles datent un peu, une petite mise à jour ne sera pas de trop !

Je peux aussi vous recommander cet article rédigé pour Redsen qui fait le point sur les tendances du marché informatique en matière de poste de travail justement :

https://www.redsen-consulting.com/fr/inspired/tendances-decryptees/que-reste-t-il-du-poste-de-travail

Deux ans d’expériences diverses et variées

Cette fois, nous allons creuser un peu plus dans le détail car je suis désormais en mesure de vous faire un retour d’expérience sur plus de deux ans d’usage des quatre principaux postes de travail du marché : le Macintosh (un MacBook Pro de 2015 mais avec la toute dernière version de Mac OS), Windows 10 (avec la tablette Surface Pro 6), Linux (sur un portable Why et Ubuntu comme distro) et même un Chromebook (le ACER Chromebook 11 – CB311). En effet, lors de ces deux dernières années, j’ai utilisé tour à tour ces quatre machines afin de pouvoir les comparer et je suis aujourd’hui enfin prêt à vous donner mon feedback dessus.

Bien entendu, il ne s’agit pas d’un test technique en bonne et due forme comme on peut en trouver beaucoup (et des bons) sur des sites web spécialisés et aussi sur YouTube. C’est plus mon opinion sur le confort d’usage de telle ou telle solution (indice : aucune n’est parfaite mais chacune a des avantages certains).

Commençons par le Mac

Je suis un utilisateur de Mac depuis 1985 !

Cependant, je n’ai jamais été un fier citoyen de la “Mac nation” : j’ai toujours trouvé que l’écosystème d’Apple était tout à la fois critiquable ET préférable mais qu’il était absurde de se comporter comme un fan-boy avec Apple (comme avec n’importe quelle autre marque qui n’est là que pour le profit, rappel… ce n’est PAS immoral d’être focalisé sur le profit pour une organisation mais ce n’est simplement pas notre intérêt à nous en tant que consommateurs de donner un “chèque en blanc” à telle ou telle organisation, c’est tout).

Mon MacBook Pro de 2015

Depuis 1985, j’ai assisté à plusieurs “oscillations” de la part d’Apple. Ces oscillations vont quelquefois dans le bon sens et d’autres fois dans le mauvais sens. Or, depuis quelques années, nous sommes clairement dans une période de “mauvaise pente” : iCloud fonctionne mal (a-t-il jamais fonctionné correctement ?) et, à chaque fois qu’on veut apporter une modification à son profil utilisateur, s’il faut passer par une procédure Apple, on se perd dans un labyrinthe de messages qui n’aboutit nul part. Pour moi, c’est le signe incontestable que cet écosystème (celui d’Apple) a grand besoin d’un reset complet comme cela arrive tous les dix ans. Cette malheureuse tendance se fait cruellement sentir dans l’expérience de l’usage du Mac ces derniers temps. On note des signaux qui indiquent de manière claire que cet ensemble si cohérent et si harmonieux est malheureusement en train de se désunir. Deux exemples : les touches de fonctions permettaient de contrôler la musique sur iTunes (changer de morceau, mettre en pause, etc.) mais cela fait un moment que ça ne marche plus (sauf à avoir iTunes au premier plan). Ou alors, c’est votre imprimante qui n’est plus reconnue suite à une mise à jour système (avec ce message d’erreur “filter failed” aussi incompréhensible qu’inutile). Cette dégradation progressive n’est pas due au hasard : les logiciels sont comme les plantes d’intérieur, il faut en prendre soin pour les voir s’épanouir. Or, il y a longtemps qu’Apple a cessé de faire les efforts nécessaires pour maintenir correctement Mac OS.

C’est dommage car ça reste la meilleure machine et aussi le meilleur OS aujourd’hui disponible. Cette combinaison est seulement critiquable sur le prix qu’il faut payer pour en profiter !

Mon MacBook pro a plus de cinq ans désormais et sa batterie n’est plus capable de tenir longtemps. Cependant, pour le reste, il tient encore bien le coup (preuve s’il en était besoin d’une remarquable qualité de construction, c’est à souligner) mais il est clair qu’il va falloir songer à un remplacement…

Windows 10, en grands progrès

Cela fait longtemps que j’utilise Windows parallèlement au Mac car, pour le SimRacing, tout se passe sur l’OS de Microsoft. Comme je n’en faisais qu’une utilisation strictement “gaming”, je ne pouvais vraiment juger de son évolution par rapport à Mac OS. Tout au plus pouvais-je constater que Windows restait encore loin (bien loin) du confort et de la facilité d’utilisation de Mac OS. Or, depuis quelques mois, j’ai une tablette hybride Surface Pro 6 et je dois dire que je suis très favorablement impressionné par ce qu’elle permet de faire. Précisons tout de suite que je l’utilise rarement en mode “tablette pur” car j’ai le clavier amovible et je le trouve bien pratique à utiliser (même si le pavé tactile n’est pas assez sensible à mon goût). Mais le mode tablette est quand même bien pratique de temps en temps et il correctement géré pour autant que j’ai pu m’en rendre compte.

La Surface Pro 6, on voit le stylet (aimanté) sur le côté à gauche…

Donc, cet usage régulier de la Surface Pro m’a permis de constater les progrès certains de Windows (dans sa version 10). Tout d’abord sur le plan de la fiabilité. C’est important la fiabilité et c’est d’ailleurs ce qu’on reprochait trop souvent aux versions précédentes (souvenez-vous du fameux “écran bleu”…). Mais là, pendant tous ces mois d’utilisation, pas une seule fois je ne me suis retrouvé avec un OS planté et contraint de redémarrer (pas une seule fois !), c’est un signe qui ne trompe pas selon moi. Sur le plan des fonctions, on note aussi des progrès, encore un peu éparpillés mais bien présents. Par exemple, la Surface est bien plus pratique que le Mac pour prendre une photo d’écran et la retoucher immédiatement (surtout quand on est équipé du stylet qui joue bien son rôle).

La Surface Pro est agréable à utiliser au quotidien et j’ai aussi pu me rendre compte que la suite Microsoft Office 365 s’était relativement bien adaptée à l’interface Web (pas au point de rivaliser directement avec la G Suite mais tout de même pas ridicule). Cependant, cette Surface affiche deux faiblesses : l’autonomie est assez faible (mais la recharge est assez rapide) et les performances ne sont pas à la hauteur de mon Mac pourtant bien moins récent (peut-être est-ce mieux avec la Surface 7 ?)… C’est grâce à ce type de comparatif qu’on se rend compte de ce genre d’écart.

La logithèque qui accompagne Windows en standard est également assez pauvre… “Groove musique”, par exemple, ne soutient pas la comparaison avec iTunes, même de loin. Pour les photos ou le montage vidéo, c’est encore pire et ainsi de suite. Il est clair que sur ces aspects, Microsoft a encore du travail à faire (à moins que ces “lacunes” ne soient délibérées afin de laisser plus de place aux éditeurs tiers…).

Bref, j’aime bien cette Surface. La seule chose qui me freine à l’adopter complètement est l’absence des logiciels qui sont clés pour moi sur le Mac : Scrivener (pour produire mes livres) et iMovie (pour le montage vidéo). Je pourrais sans doute remplacer iMovie par Adobe Première mais il faudrait aussi que je me forme dessus. Quand à Scrivener, là, le remplacement va être encore plus compliqué… Or la version III pour Windows se fait attendre. Eh oui, une fois de plus on tombe sur la rengaine “j’aimerais bien mais il n’y a pas ce qu’il faut pour moi”…

Linux sur le Why!

Le portable Why! Suisse (voir à https://whyopencomputing.com/fr/5-laptops-why) est une plateforme solide et très complète. Par rapport au design du Mac, cette machine fait un choc : on a l’impression de revenir plus de dix ans en arrière (et pourtant, il date de 2019) !

Le portable Why! : “lourd c’est fiable” comme dirait “Boris le hachoir”…

Avec nos amis Suisses, on se moque du design fin et élégant du Mac, on fait du solide, du durable, du complet. Et effectivement, il y a toutes les interfaces possibles (HDMI, plein d’USB et même un lecteur/graveur de DVD) sur ce portable qui est assez lourd en plus d’être assez gros. Why! met en avant son aspect “durable et recyclable” : toutes les pièces sont disponibles et peuvent être changées sans trop de difficultés (et, là aussi, ça change du Mac mais dans le bon sens cette fois). Cette (grosse) différence de philosophie de conception se paye forcément à un moment ou à un autre : si vous voulez un design super-affuté, vous ne pourrez intervenir facilement sur votre machine. Si, au contraire, vous voulez pouvoir tout brancher et tout remplacer dessus, alors il vous accepter un design qui ne va pas faire dans la finesse…

Cette différence fondamentale se ressent aussi sur le plan du logiciel : Linux est plus grossier que MacOS mais, si vous avez les compétences requises, il vous permet d’en faire plus avec plus de liberté. Soit d’un côté, le confort mais quelques restrictions ou pas de restrictions mais moins de confort… C’est à vous de choisir.

Ubuntu est sûrement la distro Linux la plus “grand public” qui soit mais ce n’est pas encore suffisant : même avec un décor “à la MacOS”, on reste encore loin du confort et de la finition de ce dernier (c’est même moins “léché” que Windows 10, c’est dire !). Mais, si ça ne convient pas, ça plaît bien à mon fils de onze ans qui en a fait sa machine personnelle. En réalité, il ne connaît rien à Linux et il ne s’en préoccupe pas : il utilise cette machine comme il utiliserait un Chromebook, tout passe par le navigateur (il préfère Firefox) sauf exception. Il utilise donc Gimp pour la retouche d’images et PTTV pour le montage vidéo, logiciels qu’il a appris tout seul sans que j’ai besoin d’intervenir (nécessité fait loi, je lui ai dit “si tu veux te servir de ces trucs, tu dois te débrouiller seul”). En dehors de son usage, nous sommes bien content de pouvoir utiliser cette machine quand on veut projeter sur grand écran (merci la prise HDMI) ou graver un disque. Mais cette expérience m’a confirmé que Linux n’était toujours pas prêt pour le grand public et je commence à penser qu’il ne le sera peut-être jamais finalement.

Chromebook, toujours mieux

J’ai déjà dit de nombreuses fois tout le bien que je pensais des Chromebooks. Je crois fermement que c’est la meilleure solution possible pour la grande majorité des gens qui souffrent sous Windows et qui ne veulent pas dépenser beaucoup d’argent sur un Mac (ce qui peut se comprendre). Tous les arguments du genre “oui mais alors, je ne pourrais pas faire du montage vidéo ?” (et on peut remplacer “montage vidéo” par “retouche photo” ou autre, c’est pareil) ne sont pas recevables car, pour l’immense majorité des gens, le montage vidéo n’est simplement jamais pratiqué, jamais…

De plus, la logithèque sur Chrome progresse tellement qu’il existe désormais des solutions correctes pour faire cela en ligne. Mais laissons cela, on sait bien qu’on ne peut “faire boire un âne qui n’a pas soif”… Le tour du Chromebook viendra pour le grand-public de la même façon que les entreprises ont fini par se laisser convaincre (tardivement) par le cloud !

Ce petit Chromebook Acer m’a permit de mesurer que les progrès des Chromebooks sont permanents : on peut désormais intégrer Linux (bof, ça ne concerne que peu de monde selon moi) mais, surtout, les applications Android… Et ça, c’est super pratique !

En effet, dans certains cas, un manque dans Chrome ou dans l’offre online peut être compensé par une app Android qui s’installe effectivement impeccable. Et le fait que l’écran soit tactile (c’est le cas de mon petit Acer) fait que ça marche correctement comme si c’était un smartphone, chapeau !

Le Chromebook, c’est la machine toujours disponible, qui ne pose pas de problème, qui est facile à utiliser et qui en exige peu en retour. Pas de bug, pas de virus et pas de délai au démarrage (on ouvre l’écran et hop, quelques secondes de réveil et c’est opérationnel… qui dit mieux ?). Seul reproche : les performances laissent parfois à désirer (mais il suffirait de prendre une autre machine mieux dotée sur le plan du processeur, ce n’est pas inhérent aux Chromebooks).

Un Chromebook par Acer (avec un écran de 11′ seulement).

Conclusion : vers un avenir libéré

Dans quelques temps, les mérites des différents OS ne seront peut-être plus une question intimement liée à leur plateforme matériel respective. En effet, avec la généralisation du cloud, nous assistons à la montée d’une autre tendance lourde : la virtualisation.

La virtualisation, c’est la capacité à faire tourner n’importe quelle application sur n’importe quelle plateforme, quel que soit l’OS prévue pour la première et celui qu’exécute la seconde. Et c’est le cloud qui permet déjà cela. Comme souvent, ça commence par le gaming mais vous allez voir que ça va vite s’étendre à tous les usages du PC. J’ai expliqué les tenants et aboutissants de cette tendance ici https://www.redsen-consulting.com/fr/inspired/tendances-decryptees/vers-la-nullification-du-pc

Une fois que la “nullification” du PC sera banalisée, je gage qu’un Chromebook sera largement suffisant pour tous les types d’usages et que la question du choix de la plateforme matériel ne se posera même plus (en tout cas, pas sur le plan de l’OS qu’elle requiert).

Stirling Moss : le champion sans couronne

Sir Stiling Moss s’en est allé aujourd’hui à 90 ans. En voici un qui a eu une vie bien remplie et qui n’a rien regretté (y compris et surtout de ne PAS avoir été champion du monde de F1…).

Pour en savoir plus sur ce champion légendaire, je vous recommande cet article : https://www.motorsportmagazine.com/articles/single-seaters/f1/stirling-moss-obituary-the-boy-wonder-who-defined-his-era.

Retrouvons Moss au volant, la meilleure des manières de lui rendre un hommage mérité :

Avec les commentaires audio du maître…

Comment décrire le monde en 2020 à des jeunes de 1978 ?

Comment regarder notre présent avec du recul ?

Eh bien, en le regardant depuis le passé et là il devient le futur !

Imaginons que, par un caprice malicieux du destin, je me retrouve en 1978 face à mon ami le plus cher. Richesse infinie de l’imagination qui permet d’envisager des situations que la physique interdit (pour le moment…) !

Je suis donc de nouveau en 1978, mais j’ai le souvenir complet de ce que j’ai vécu jusque-là, jusqu’en mars 2020 pour être précis. Et, bien entendu, cet ami me demande de lui raconter “comment est le monde en 2020 ?”… Qui ne voudrait pas savoir à quoi va ressembler le futur ?

Mais, pour moi, il s’agit alors de résumer plus de quarante ans d’histoire du monde. Difficile d’être précis à moins de se noyer dans les détails. Impossible d’être objectif, mon récit sera forcément biaisé par ma vision des choses. Et peu de chance d’être cru aussi : mon ami va forcément penser que je divague et que le futur, son futur, sera forcément différent de “ça”.

Tant pis, essayons tout de même. Ne pas être cru n’est-elle pas la malédiction banale de chaque prophète (voir Syndrome de Cassandre) ?

Peinture de Cassandre par Evelyn De Morgan.

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  • Alors, comment commencer ? En fait, le monde futur n’est pas aussi différent que ce que tu peux imaginer. Je dois dire que j’en suis le premier surpris, car, moi aussi, je projetais un futur bien différent quand j’essayais d’y penser à ton âge qui était mon âge aussi !
  • Oh, vraiment ? J’ai toujours pensé que le futur serait forcément vraiment différent !
  • Oui, je sais, c’est vraiment la grosse surprise mais, tu peux me croire, tu t’y reconnaîtrais assez facilement. Par exemple, la France s’est couverte d’autoroutes et de lignes de TGV et c’est plutôt une bonne chose quand on veut se déplacer, mais ça, ce n’était pas difficile à prévoir. Plus surprenants, les avions ont peu changé. En apparence, tu les trouverais vraiment pareil à aujourd’hui, même si, techniquement, il y a des différences. En revanche, le transport aérien s’est développé dans des proportions étonnantes au point qu’on considère qu’il s’agit d’un moyen de transport de masse en 2020, tu imagines ?
  • Non, ça j’ai du mal : voyager en avion coûte super cher quand même, comment ça a pu se développer largement… tout le monde est devenu riche, c’est ça ?
  • Même pas !
    C’est l’élargissement du marché qui a permis de faire baisser les coûts, la recette classique quoi. De plus, les avions polluent moins et font moins de bruit qu’en 78, ça c’est sûr, mais il y en a tellement plus que l’avantage s’annule. C’est le cas pour presque tous les moyens de transport polluants : ils sont bien plus efficaces à mon époque qu’à la tienne, mais ils sont tellement plus nombreux que la pollution reste plus ou moins au même niveau, dans le meilleur des cas. 
  • Nombreux ? Nombreux comment ?
  • Eh bien, dans les familles américaines, il est fréquent d’avoir deux voire trois voitures. Les camions se sont multipliés sur les routes aussi, il y en a vraiment beaucoup à mon époque.
    Oui, je dis “mon époque” et “ton époque” pour différencier les années que j’évoque… J’ai conscience que ça fait bizarre, car ton époque a aussi été mon époque, mais continuons comme cela, tu me comprends au moins.
  • Oui, je crois même si ce n’est pas si facile de te suivre en imaginant et en comparant à ce que je connais mais continue…
  • Puisqu’on parle de pollution, tu ne seras pas étonné que ça soit devenu la “grande affaire” en 2020. Mais, disons qu’on n’en est encore qu’au stade de la prise de conscience et encore, pas pour tout le monde, tant s’en faut !
  • Tiens, un exemple avec les sacs plastiques. Comme on a fini par se rendre compte que nos océans étaient dramatiquement pollués par les déchets en plastique de toutes les sortes, la distribution de sacs plastique dans les commerces a fini par être interdite en France et dans quelques autres pays européens, je crois. Mais en Amérique et en Asie, rien de tout cela !
    Du coup, la pollution au plastique continue largement alors que la prise de conscience est en route. Mais il semble que simplement se rendre compte ne suffit pas à déclencher l’action correctrice, encore un défaut flagrant de la nature humaine…
  • J’ai du mal à te croire : tu dis que tout le monde le sait mais on ne fait quand même rien, c’est ça ? C’est à peine croyable…
  • Oui, je sais c’est désolant mais ça s’est vérifié encore et encore : les gens refusent de croire ce qu’ils savent quand ça leur impose de changer leurs habitudes ou de sortir de leur zone de confort…
    Toujours sur la pollution, on a constaté un dérèglement climatique qui allait croissant, même si certains continuaient à le nier, forcément. Ceci dit, quand tu vois des photos ou des vidéos montrant le recul des glaciers ou la fonte de la banquise, ça fait peur, crois-moi !
  • Mais comment tu as fait pour les voir ces photos et ces vidéos, toi ?
  • Oh, ce n’était pas caché. C’était même diffusé souvent par les chaînes de télévision. Ce dérèglement climatique, même s’il n’en était qu’au début de ses effets visibles avait déjà des conséquences dantesques comme des incendies géants et d’autres horreurs du même genre. Mais ce n’est pas pour autant qu’on s’est mis à protéger les grands espaces verts, au contraire : la déforestation n’a jamais été aussi vive, tout cela pour gagner des espaces cultivables qui ne sont pas durables en plus… Mais comment veux-tu régenter cela alors qu’il n’y a toujours aucun organisme capable d’intervenir au niveau supranational. L’ONU est plus que jamais un truc démodé et inefficace, on en parle de moins en moins d’ailleurs.
  • Bof, sur l’ONU, je ne suis pas surpris. C’est un truc que je n’ai jamais compris : pourquoi garder cette organisation si elle ne sert à rien ?
  • Tiens, ça me fait penser à l’Europe du coup !
    Il y a tellement de sujets à traiter que je ne sais pas comment procéder pour te raconter tout cela de manière intelligible et sans rien oublier. Bon, ça va venir au fur et à mesure, parlons de l’Europe donc. Eh bien, ça s’est développé et c’est maintenant un gros machin difficile à comprendre. Ah c’est qu’on est loin de “l’Europe des douze” de ton époque !
    Je crois que de mon temps, on en était arrivé à 27 pays, principalement parce que ça s’est étendu vers l’est. Ah oui, c’est vrai, j’ai oublié de te signaler que l’URSS était tombée, finalement. 
  • Oula, tu vas un peu vite là ! Tu dis qu’il n’y a plus de Russie Soviétique, c’est ça ?
  • Pas tout à fait, la Russie est toujours là mais ce n’est plus le bloc communiste qui était en face des USA depuis la seconde guerre mondiale.
  • C’est arrivé comment ? Ils ont perdu la 3ème guerre mondiale ?
  • Non et heureusement ! En fait, il n’y a pas eu de 3ème guerre mondiale, c’est au moins une bonne nouvelle… L’effondrement de l’URSS s’est passé pacifiquement à la grande surprise de tout le monde.
    C’est arrivé à la fin des années 80 et ensuite, forcément, les pays de l’Est se sont libérés de la tutelle de Moscou et ont pu rejoindre l’Union européenne, ouais, ça s’appelle comme cela. Du coup, l’Allemagne a été réunifiée, mais pas sans mal. La seule vraie bonne surprise de l’Europe, c’est l’Espagne et le Portugal qui se sont bien développés et qui sont des pays modernes désormais.
  • Oui, pas mal de bouleversements finalement… pas évident à imaginer, je te l’avoue. Du coup, l’Europe doit être super-puissante non ?
  • Oui, si on veut, au moins sur le plan économique mais sur le reste, ça se discute !
    En fait, l’Europe n’est toujours pas unie politiquement et ça reste une naine sur bien des points, surtout face aux américains… Bref, la chute de l’URSS a été un grand événement, mais ce n’est pas la seule nation à avoir bien changé en quarante ans ! Les deux autres qui me viennent à l’esprit sont la Chine et l’Iran et pour des raisons bien différentes… Commençons par la Chine, ça sera plus simple. L’empire du Milieu s’est bien développé en s’ouvrant au commerce international, ce qui n’était pas évident à prévoir en 1978, même si Deng arrivait enfin au pouvoir et qu’il était connu comme un “pragmatique”. En quelques décennies, la Chine est devenue “l’atelier du monde” et a connu une croissance à deux chiffres pendant une longue période. Bien sûr, cette croissance folle n’a pas été sans conséquence et les nouvelles villes chinoises étaient aussi remarquables pour leur pollution épaisse que pour leurs gratte-ciel !
  • Oh, carrément ? Eux aussi ne sont plus communistes, comme les Russes ?
  • Non, pas tout à fait. c’est toujours une dictature communiste, si on peut dire, mais c’est aussi une puissance régionale qui n’est pas en retard sur le plan militaire ou même spatial. Ah oui, va falloir parler de l’espace aussi… Mais je ne veux pas oublier de te signaler que l’Iran a joué un grand rôle, pas toujours positif, et pas toujours volontairement d’ailleurs. Ce qui s’est passé, c’est une révolution islamiste dans ce pays, dès 1979, oui tu vois, c’est pas loin hein !
    Donc, quand le Shah d’Iran a été renversé, son pays s’est complètement retourné en devenant hostile au camp occidental. De plus, il a été ravagé par une guerre avec l’Irak qui dura dix ans, pour rien en plus… 
  • Wow, dix ans de guerre ! C’est pas rien quand même… et qui a gagné ?
  • Ben, tu vois, c’est ça le pire : personne n’a gagné, ça été dix ans d’une guerre horrible pour rien. Mais ce bouleversement de l’Iran a provoqué de multiples conséquences au Moyen Orient qui n’était déjà pas très stable. On peut même dire que, en 2020, ce n’est toujours pas terminé et que la région est toujours aussi explosive.
  • Bon, parle-moi d’autre chose car ton cours de géo-politique est déprimant !
  • Tu as raison, changeons de sujet. Donc, je voulais te parler de la conquête spatiale. Toi, en 1978, tu dois t’imaginer qu’on a fait de grands progrès en quarante ans, hein ?
  • Ben oui, forcément…
  • Eh bien, si tu savais, quelle déception !
    Bon, pour faire simple, on fait plutôt du surplace en vérité. La conquête spatiale a laissé la place à l’exploitation spatiale avec la mise en orbite de centaines, voire de milliers de satellites de toutes les sortes : pour les communications et pour prendre des photos, bien sûr. Mais aussi pour l’orientation géographique avec un truc plutôt utile qu’on appelle le GPS. Du coup, on a mis tellement de satellites en orbite que certaines de ces orbites sont désormais presque complètement polluées par des débris. Tu vois, on ne s’est pas contenté de polluer la Terre, les océans et l’atmosphère, on est allé jusqu’à salir l’espace aussi, trop fort !
  • Donc, si je te suis bien, c’est pollution à tous les étages !
    Et tu dis qu’avec tout cela, ce n’est toujours pas traité sérieusement à ton époque ?
  • Eh oui, hélas. Il y a beaucoup d’inertie pour traiter les problèmes. Généralement, il faut une grosse catastrophe pour qu’on se décide à faire les efforts nécessaires. Bon, revenons à l’espace encore que, pour le reste, ce n’est pas terrible : on a bien une station internationale et permanente en orbite, mais pour le reste, c’est plutôt à des sondes-robots que l’on confie le travail d’exploration de notre système. Bien sûr, on parle régulièrement d’une mission habitée vers Mars, mais c’est toujours pour dans vingt ou trente ans. C’est un peu comme cette blague qu’on avait lue tous les deux dans Sciences & Vie à propos de la fusion thermonucléaire contrôlée, c’était prévu dans cinquante ans, mais fur et à mesure qu’on avance, c’est toujours pour dans cinquante ans… tu te souviens ?
  • Aha, oui, je me souviens de cet article !
  • Eh bien là, c’est pareil : la promesse de ce grand projet est toujours repoussée, annulée, reprogrammée et ainsi de suite. Remarque, pour la fusion, c’est toujours pareil : le délai de cinquante ans est toujours valable !
    Bref, l’espace est utile et utilisé, mais pas de quoi s’enthousiasmer, on est loin de ce qu’on pouvait espérer, crois-moi. Une autre relative déception, c’est la médecine. Certes, l’espérance de vie a progressé, mais elle a plafonné aussi. Et les grands défis tels que le cancer restent toujours non résolus. En fait, la médecine de mon époque est performante sur tout ce qui est lié à des traumatismes osseux et aussi dans les transplantations d’organes (encore faut-il que ces derniers soient disponibles !). Mais pour le reste, c’est plutôt la déception voire la régression. 
  • Mais tu dis quand même que l’espérance de vie a progressé ? C’est une vrai progrès quand même, non ?
  • Oui, c’est en partie vrai. Mais quand je dis déception et régression c’est qu’il y a quand même des éléments préoccupants. Par exemple, on a tellement sur-employé les antibiotiques qu’on en est arrivé au point où on recommence à être vulnérables aux maladies bactériennes. Car, à chaque fois qu’on a prescrit des antibiotiques inutilement, on a donné l’occasion aux souches bactériennes de se renforcer.
    C’est typique de nous ça : quand on tient quelque chose de bien, on s’arrange pour le gâcher à plus ou moins long terme !
  • Ohlala, qu’est-ce que tu es négatif ! C’est pas possible que tout soit aussi noir et aussi nul, y a forcément des domaines où le futur a tenu ses promesses quand même…
  • Oui, c’est vrai, tu as raison. D’ailleurs, il y a effectivement un exemple où le futur a fait plus que de tenir ses promesses. Le vrai truc qui a fait des progrès fantastiques, c’est tout ce qui est lié à l’électronique. Les ordinateurs sont devenus communs et il y en a partout car ont peut s’équiper pour pas cher.
  • Mais je croyais que c’était compliqué à programmer…
  • Oui, ça l’est toujours mais pas besoin de savoir programmer pour s’en servir. Il y a beaucoup de programmes déjà tout faits qui fonctionnent bien et qui sont utiles pour plein d’usages différents.
  • Ah et tu les commande à la voix, comme dans Star Trek ?
  • Euh pas vraiment non, encore qu’il existe des appareils que tu utilises effectivement uniquement à la voix mais t’expliquer cela nous ferait entrer dans des détails longs et fastidieux. Retiens simplement qu’en 2020, les ordinateurs sont partout, vraiment partout. Il y en a plusieurs dans ta voiture, dans ta maison, jusque dans ta montre et même pour certains, dans tes lunettes !
    Mais ce dernier usage n’est pas encore très développé. En revanche, ce qui s’est généralisé, c’est le téléphone mobile qui, en fait, est lui-même d’abord et avant tout un ordinateur.
  • Wow, génial mais ça doit pas être pratique de se balader avec son téléphone…
  • Détrompe-toi, c’est tout petit, ça tient dans la main. Et avec cela tu fais tout, vraiment tout. Tu peux même faire de la vidéo-conférence en pleine nature. Cet appareil te sers aussi pour écouter de la musique. Tu peux emporter toute ta collection de disques et le son est bon en plus. Là oui, on peut dire que le futur a été ponctuel au rendez-vous. En revanche, du côté de la création musicale, là c’est le bide. Les groupes de mon époque sont super nazes et, du coup, les créations des années 70 et 80 sont de nouveau très à la mode… Tous ces ordinateurs sont connectés à un réseau planétaire et tu as ainsi accès à tout, vraiment tout, y compris les dernières productions d’Hollywood ainsi que les anciennes. Mais c’est un peu comme la musique : la création s’est beaucoup dégradée et les films de mon époque ne te plairaient sûrement pas…
  • Peut-être mais là, ce que tu décris, ça fait rêver !
    Avec un réseau planétaire et l’accès immédiat à toute la connaissance, la Terre doit être peuplée d’êtres supérieurs avec un crâne enflé pour laisser de la place au cerveau en croissance, forcément. 
  • Hélas, on est loin du compte !
    Internet (puisque c’est le nom de ce réseau planétaire) sert surtout à consulter des vidéos frivoles, dans le meilleur des cas, et à s’échanger des insultes dans le pire. Bon, dans le domaine professionnel, ce réseau est super utile et il a permis des grosses évolutions mais pour ce qui est de la contribution à l’élévation de la culture, c’est plutôt une grosse déception.
  • J’ai du mal à me représenter cela en fait : tout avoir à sa disposition et ne pas savoir s’en servir pour devenir meilleur ? Je t’avoue que ça paraît difficile à croire.
  • Bien entendu, tout n’est pas noir. Par exemple, il n’y a pas eu de guerre mondiale. La paix, c’est important tout de même, on l’oublie trop souvent. Sauf quand on vit dans un pays pauvre ravagé par une guerre civile ou régionale. Car ça, hélas, il y en a eu. Pas de grosse guerre donc, mais de nombreuses petites. En fait, c’est un peu comme dans ton époque : si tu vis dans un pays riche, ça va : tu as l’abondance et la paix. En revanche, si tu vis dans les “zones agitées et plus ou moins pauvres”, genre certaines partie de l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud, là, ça va forcément être plus tendu, surtout sur une période de quarante ans !
  • Oui là, je ne suis pas surpris en revanche, rien de nouveau sous le soleil…
  • Je pourrais te raconter le monde de ton futur pendant des heures, mais je crois que tu as déjà compris l’idée : les progrès ne sont pas aussi grands qu’espérés et la masse humaine toujours plus nombreuse dévore tout sur son passage, sans même s’en rendre vraiment compte en plus. Effectivement, c’est un tableau plutôt triste, mais il correspond à ce qu’on peut attendre de la nature humaine, ni plus, ni moins.

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Je quittais mon ami le cœur lourd pour retourner dans mon époque. Bien sûr, je ne lui avais pas tout dit, j’avais gardé pour moi quelques épisodes comme le 9/11 ou la crise du Covid19 qu’on était justement en train de vivre et dont on aurait bien aimé savoir à l’avance jusqu’où elle irait (et qui était en train de remettre en cause le statut de “transport de masse” pour le trafic aérien !). Mais raconter plus de quarante ans en quelques minutes oblige forcément à des raccourcis. Si j’avais évoqué le 9/11 par exemple, il aurait fallu que je rentre dans des explications longues qui n’avaient pas leur place dans cet échange.

On se rend compte, aussi, qu’à travers cet exercice, on n’échappe pas à certains biais. Tout d’abord, cette vision du monde n’est que MA vision du monde… avec tous ses partis pris, forcément. Ensuite, cette vision (en plus d’être biaisée) n’est que partielle : beaucoup de choses importantes m’ont échappé, sont déjà oubliées ou ne m’ont pas paru nécessaire d’être évoquées (alors que d’autres auraient commencé par cela). Donc, ce que j’ai pu décrire à mon ami est une peinture floue et incomplète.

Les biais cognitifs peuvent être organisés en quatre catégories : les biais qui découlent de trop d’informations, pas assez de sens, la nécessité d’agir rapidement et les limites de la mémoire.

Bien sûr, tout cela reste un exercice d’imagination, mais c’est celui que j’ai toujours voulu mener à terme… et vous, comment présenteriez-vous le monde d’aujourd’hui à vos connaissances du passé ?

Regardons des docs sur le sport-auto…

Dans cette période, à défaut de vraies courses, on peut au moins regarder des documentaires valables…

Donc, je vous recommande le tout récent “Fangio” qui est disponible sur Netflix :

Fangio, la légende absolue !

Je vous recommande aussi cette série sur Alain Prost :

Une série de 6 épisodes avec Alain Prost à l’Olympia…

Enjoy!

La F1 découvre le SimRacing

En ces temps troublés où les (vraies) courses sont annulées (on dit “reportées” plutôt…) les unes après les autres, les fans et les organisations font semblant de découvrir que la simulation existe et qu’elle peut s’avérer une alternative possible.

Donc, les initiatives se multiplient en ce moment jusqu’à ce que Liberty Media elle-même se lance et organise le GP de Bahrain virtuel. Bon, ce “GP” ne compte pour rien et il était juste là pour “distraire les fans” comme ils disent.

Bang, dans le rail !

On ne peut pas dire que cela aura été une réussite totale. Tout d’abord, on se demande bien qui a composé cette grille bizarre : un golfeur, un chanteur… et puis quoi encore ?

Bon sang, laissez les vrais pilotes (Sim et réel) s’exprimer !

Ensuite, les commentateurs : beaucoup trop british my dear!

Et là, désolé, ce n’est pas pour le meilleur. Si on veut que ça soit un événement ouvert à tous, il faut faire preuve d’un peu d’ouverture…

Ensuite, plantages, affichage saccadé et autres aléas classiques sur SimRacing ont un peu perturbé la course. De la part de F1. com, on s’attendait à ce que le paquet soit mis sur les moyens et, résultat, on a eu un truc à moitié cuit (au mieux !).

Les premiers tours ont été très chaotiques !!

Donc, oui, je suis plutôt déçu mais il y a de l’espoir : il y en aura d’autres et cela ne peut qu’aller en s’améliorant (car on va finir par trouver la bonne forme).

Pour en savoir plus, je recommande cet article (en anglais) : Renault’s Zhou wins Formula 1’s chaotic first-ever Virtual Grand Prix.

Présentation de mon tout dernier livre : Le facteur chance.

C’est un livre que j’ai commencé durant l’été 2019 et que je termine seulement maintenant… six mois, c’est la moyenne quoi !

La couverture de mon livre “Le facteur chance”.

Comme je l’explique dans la vidéo ci-dessous, l’action se déroule dans le contexte de la saison 2019 de F1 mais, contrairement aux apparences, il ne s’agit PAS d’un livre sur la F1…

Courte vidéo de présentation de mon livre “Le facteur chance”.

Comme je l’annonce dans cette vidéo, j’en prépare une autre, bien plus longue, qui sera une sorte de “making-of” de cet ouvrage.

Comme toujours, mon livre est d’ores et déjà disponible sur Amazon, que ce soit la version papier ou la version Kindle.

Pour lever (un peu) le voile sur le contenu de ce livre, voici un texte de présentation :

Le facteur chance. C’est le facteur différenciant, la clé de voûte des champions, la touche magique qui transforme les rêves une réalité.
Et si ce n’était finalement pas le cas ? Quelle rôle joue la chance dans la victoire en F1?
Que se passerait-il si un nouveau pilote apparaissait soudainement en F1 et se mettait à tout gagner ?
Fred Night, nouveau venu dans la catégorie, débarquant comme parfait inconnu et totalement inaperçu triomphe d’entrée de jeu puis encore et encore dans des circonstance complètement folles.
Il surprend tout le monde autant par ses performances que par son attitude. Fred Night, un pilote mongol (né en Mongolie mais de parents britanniques) au calme imperturbable. Alors qu’il évolue dans une écurie de seconde voire troisième zone (Racing Point), Fred triomphe calmement à chaque course. Bien entendu, des circonstances exceptionnelles entourent ses victoire mais le plus extraordinaire, c’est quelles se manifestent à chaque fois (bien de manière différente), comme si un scénariste et un metteur en scène intervenaient dans les coulisses…
Il est insaisissable, il est révoltant, il est totalement imprévisible. C’est du jamais vu !
Le monde de la F1 n’était pas prêt pour ça, le monde sportif n’était même pas prêt pour lui. Face à ces “tempêtes du hasard”, les champions habituels sont impuissants et les écuries dominantes restent sans réponse. Comment vont réagir le milieu, les médias et les fans ?
Mais qui est-il vraiment, ce personnage indomptable aussi mystérieux que tranchant ?
Désormais n’y a que ce sujet qui préoccupe tout le paddock et tous les médias : mais qui est Fred Night et à quel point sa réussite fulgurante est dû au facteur chance ?
Jusqu’où ira Fred Night ? Comment le milieu va-t-il réagir face à cette moisson jamais vu ?
Comment cela va-t-il finir ? C’est ce que je vous invite à découvrir dans “le facteur chance”…

J’ai situé ce roman dans le domaine de la F1 moderne alors que celle-ci n’a pas particulièrement grâce à mes yeux. En tant qu’amateur de sports-mécaniques, je préfère largement les 24 heures du Mans désormais ou bien la F1 des années 70 que je considère comme un âge d’or (voir à ce propos mes livres sur “Docteur miracle”…). Mais justement, la F1 actuelle si prévisible et si cloisonnée jusqu’au ridicule me paraissait justement être le bon contexte pour faire surgir un “cygne noir” totalement déstabilisant !
Car toute cette histoire tourne autour de l’impact qu’ont les résultats improbables d’un pilote sorti du rang.
Cette histoire que j’ai voulu réaliste n’est pas rigidement fidèle aux arcanes de la saison 2019 de F1. Je me suis autorisé quelques libertés avec les règlements techniques et sportifs afin de pouvoir dérouler mon histoire sans devoir passer par des détails de moindres intérêts. La F1 actuelle est tellement rigide qu’elle laisse peu de place à la créativité de ses acteurs et elle se retrouve souvent dans des impasses absurdes que j’ai préféré éviter.

Voilà, bonne lecture et à bientôt !

La saga “Esperanza 64” de Julien Centaure.

Je vous avais déjà signalé cet auteur dans cet article qui remonte à septembre 2017.

A cette époque, j’étais déjà plein d’admiration pour les livres de cet écrivain prolifique et très talentueux. Depuis, j’ai lu tout ce qu’il a publié (tout !) et mon admiration n’a fait que croitre !

Je viens de finir le tome 4 de sa saga “Esperanza 64” que je venais juste de commencer en septembre 2017. C’est toujours avec une certaine nostalgie que l’on termine la lecture d’une série que l’on a (beaucoup) apprécié… Mais c’est également très vrai (encore plus) quand on l’écrit !

Le tome 1 de la saga Esperanza 64
Le tome 2
Le tome 3
Le tome 4

Pour preuve, Julien a publié ce petit message sur la page du tome 4 de “Esperanza 64” sur Amazon :

Lumière, le tome IV qui clôture la série Esperanza 64, est en ligne depuis le 3 février.

Il n’a pas été bien long à écrire car présent dans ma tête depuis la fin du tome précédent.
Je ne pensais pas qu’il serait aussi douloureux de quitter ces personnages que je regarde évoluer depuis si longtemps.
Un grand merci à tous les lecteurs qui les ont appréciés, leur permettant de vivre cette longue aventure.

Je suis sur une nouvelle histoire.

Il n’est jamais simple de décider à l’écriture de quel roman se consacrer. il y a tellement de belles histoires à raconter! Leurs personnages sont impatients de les vivre et ils chuchotent constamment à mon oreille.

Mais, comme je leur explique, il faut du temps pour écrire un livre et donner à ses personnages une vie qui vaut la peine d’être vécue.

En ce qui me concerne, il n’y a pas grand chose à dire, mais il faut savoir que lorsque j’écris, je suis presque tout le temps dans l’histoire. Le soir dans mon lit est un moment particulier, riche en idées, en rebondissements, mais je suis aussi dans l’histoire quand je fais mon jogging, quand je suis dans une salle d’attente ou sur mon vélo.
Écrire une histoire c’est la vivre à la puissance 10, c’est oublier presque totalement le monde réel.
On est dans une petite pièce de 8 m² et on tient l’univers dans sa main.

J’ai écrit de nombreux ouvrages dont beaucoup ne seront jamais publiés, mais c’est toujours le dernier, celui que je vis, qui me semble le plus passionnant.

Pour terminer, je remercie Amazon qui me permet de m’adonner à ma passion de l’écriture.

Je dois dire que ce message résonne particulièrement à mes oreilles !

Je crois qu’à peu de choses près, j’aurais pu écrire exactement pareil. En tout cas, ce que j’ai ressentit en terminant ma saga PMC était très proche pour ne pas écrire identique. C’est vrai qu’à force de les côtoyer, les personnages prennent vie et finissent par s’animer, prendre des décisions, influencer le cours de l’histoire sans que l’auteur ait besoin d’intervenir. Il devient spectateur de son propre récit. C’est quelque chose que j’ai déjà évoqué dans les pages de ce blog mais je ne suis plus le seul à le dire : Julien Centaure en témoigne, il ressent cela aussi, il le vit aussi !

Dans le cas de la saga “Esperanza 64”, on est face à une oeuvre majeure, je n’ai pas peur de l’affirmer. Il ne s’agit pas seulement d’une série de roman de SF (mais c’est cela aussi), c’est presque une étude sociétal et sociologique poussée jusqu’à son paroxysme. En effet, l’auteur nous accompagne pendant plus de 15000 ans (!) en répondant tout le long à la question de type “que se passerait-il si…”. C’est fascinant, passionnant (car fort bien rédigé) et on reste en haleine jusqu’au bout. Selon moi, les développements proposés sont très crédibles, du début à la fin et cela renforce encore l’intérêt de cette lecture en plus du plaisir qu’on prend à la lire.

Car oui, c’est aussi une lecture utile pour réfléchir aux développements probables ou, au moins, potentiels de nos sociétés une fois confrontées à l’immensité de l’Univers. Lorsque je lis les livres de Julien Centaure, je ne suis pas seulement transporté dans son univers mais je m’interroge aussi : aurais-je su écrire cela ? aurais-je su retranscrire cette situation aussi bien ? saurais-je créer un personnage aussi attachant que “La commandant” (eh oui, c’est ma préférée !) ?

La saga Esperanza 64 est réussie sur toute la ligne y compris sur sa fin. En effet, il est toujours particulièrement délicat de trouver une bonne fin pour un récit. C’est évidemment encore plus dur quand il s’agit d’une série déclinée sur plusieurs tomes. Et, cette fois, je ne peux qu’applaudir chapeau bas : Julien Centaure a su terminer son histoire avec une vraie-fausse happy end qui vient ponctuer, de façon fort logique en fait, son déroulement, avec toute la faiblesse de la nature humaine, même quand elle est capable d’évoluer comme Esperanza 64 le propose… Bravo maestro !

En tant qu’auteur moi-même, ce sont forcément les questions que je me pose quand je lis les ouvrages “des autres”… Mais je dois dire que le seul dont j’ai lu toute la production (tout, j’insiste !), c’est Julien Centaure et sans jamais être déçu !

En voilà bien un dont je sais que je peux choisir un de ces livres les yeux fermés. Ceci dit, une saga comme Esperanza 64 est un monument et, quelque part, ça se mérite en tant que lecteur… Par exemple, avant d’entamer le tome 4, j’ai relu le tome 3 pour me remettre en mémoire tous les éléments (un petit résumé en début de tome ne serait pas inutile… je l’ai fais dans PMC et je me rend compte que c’est effectivement une bonne idée). Bref, je vous incite à vous jeter sur ces livres si vous êtes amateur de SF un peu riche (c’est-à-dire qui embrasse large !).

Quand la réalité rejoint la fiction

Je viens de regarder un documentaire sur Arte : “Des robots et des hommes”. Un contenu sur la robotique, l’IA et les questions sociétales que ces sujets posent… Rien d’exceptionnel, mais j’ai pour habitude de regarder plus ou moins “tout” ce qui passe à ma portée sur ces sujets (et d’être souvent déçu par les banalités et les idées reçues qui y sont ressassées !).

Cependant, cette fois, une séquence a particulièrement retenu mon attention. À partir de 46:30; on y voit une jeune femme qui explique son quotidien au travail à Londres… Depuis dix ans, elle livre des colis (genre Uber Eats) en vélo et explique que depuis ses débuts, les choses ont bien changé : avant, elle avait un manager qu’elle voyait de temps en temps et, désormais, tout ce fait à travers une app, y compris les sanctions !

Voir à https://www.arte.tv/fr/videos/058352-000-A/des-robots-et-des-hommes/

source : https://www.ierhr.org/de-la-robotisation-des-hommes-a-lhumanisation-des-robots/

Cette évolution déshumanisée m’a rappelé exactement le contexte d’un roman de SF écrit par Marshall Brain : Mana (voir à https://marshallbrain.com/manna1.htm).

Dans Mana, une chaîne de fast food remplace tous les managers par une application reliée aux employés par un casque audio où elle donne ses ordres. Les employés peuvent et doivent indiquer où ils en sont par un microphone intégré au casque audio. Les humains sont ainsi transformés en quasi-robots qui doivent obéir minute par minute à une application qui trace tout, n’oublie rien et sanctionne au moindre travers.

Il est assez saisissant de voir qu’on en est là, déjà. Et nul besoin d’une AI sophistiquée pour atteindre ce genre de résultat : il suffit d’un programme comme les plateformes de services telles qu’Uber et autres mettent en œuvre depuis des années. Les évolutions les plus radicales ne demandent pas forcément un saut technologique important, il suffit d’intégrer finement ce qui est déjà largement disponible…

L’E-sport est en train de devenir un phénomène de société

Source => https://knoema.fr/infographics/fnlrjpc/e-sports-mainstream-growth-means-big-money

L’E-sport est en train de devenir un phénomène de société

Avertissement – Je n’ai pas vraiment “rédigé” cet article : j’ai pris des éléments des différentes sources citées à la fin de cet article et je les ai ordonné de façon cohérente. Plus un travail d’édition (beaucoup de copier/coller, un peu de corrections et de reformulations) que de rédaction donc…

Dans l’e-sport, la progression des récompenses reflète la croissance de ce domaine. En 2013, à Sydney, la bourse était de $7000 pour le tournoi d’esport organisé à ce moment-là. Avance rapide jusqu’à aujourd’hui et l’on voit que ce même tournoi de Sydney offre désormais une bourse de $350 000 à se partager entre les participants, une inflation certaine !

L’e-sport est désormais de plus en plus reconnu comme une activité sportive, car il fait appel aux compétences personnelles des joueurs comme le réflexe, l’acuité visuelle, la précision, la stratégie ou la communication — des compétences utilisées dans des sports tels que les échecs, le sport automobile, le tir à l’arc ou les sports collectifs.

Des débuts timides puis fracassants

Les débuts de l’e-sport commencent dès 1990, entre autre grâce au jeu Quake. Ces premiers événements ne sont “que” des rassemblements de plusieurs dizaines de personnes. Ces derniers ramenaient leur propre ordinateur et s’affrontaient en LAN (Local Area Network). Puis avec la sortie d’autres jeux propices à l’e-sport, tel que Starcraft ou encore Trackmania, l’e-sport s’est diversifié sur plusieurs autres styles de jeu.

Les années 90 ont aussi vu l’essor des jeux de combat et des tireurs à la première personne (FPS). Les compétitions opposaient désormais joueur contre joueur au lieu des meilleurs scores. Cependant, c’était un titre de “stratégie en temps réel” qui allait littéralement changer la donne…

Sorti en 1998 pour PC, Starcraft avec son robuste mode multijoueur utilisait Internet pour jouer en ligne et en compétition. Il s’agissait d’un phénomène sans précédent en Corée du Sud. Les tournois Starcraft ont germé et les matchs ont été télévisés sur plusieurs stations. Les joueurs ont commencé à devenir pro, à former des équipes et à récolter des parrainages rémunérés avec des marques, avec des campagnes publicitaires. Ce fut la vraie naissance de l’esport.

La professionnalisation du jeu vidéo au sens large vient ensuite en 1997 avec la création de la Cyberathlete Professional League, revendiquant l’existence d’un système sportif dans lequel des équipes composées de joueurs, auxquelles viennent parfois s’ajouter des informateurs, managers, entraîneurs et sponsors s’entraînent régulièrement sur des jeux dans un but purement compétitif.

L’essor de l’e-sport

La compétition et les rencontres internationales se sont d’abord développées avec des FPS tels que Counter-Strike, entre autres. Mais le progrès du milieu compétitif suivait généralement celui des jeux vidéo : ainsi, en 2008, l’Electronic Sports World Cup a retenu de nouveaux jeux tels que Quake III Arena ou encore TrackMania Nations ESWC. Ainsi en élargissant son panel de jeux, l’e-sport avait davantage de chances de toucher un public plus large.

L’essor de l’e-sport a fait émerger de nouveaux métiers, celui de joueur professionnel ou bien de streamer (d’abord sur Twich, la plateforme pionnière en la matière et désormais sur YouTube). Avec cet élan rassemblant plusieurs millions de personnes, des acteurs majeurs s’intéressent à cette nouvelle discipline.

Mais c’est essentiellement en 2010 que l’on assiste à un véritable progrès dans le domaine compétitif avec l’ajout de jeux à l’e-sport tels que Hearthstone, StarCraft II, FIFA, les nouveaux volets de Call Of Duty et Counter-Strike, Dota 2 ou encore le très prisé League of Legends. De plus, le développement de la diffusion de ces rencontres grâce à des WebTV spécialisées dans ce domaine tels que MilleniumTV, OrigineTV, NetGaming, YouTube ou encore Twitch, a permis d’étendre l’influence de l’e-sport sur internet notamment. Ainsi, en 2014, on a recensé 89 millions de spectateurs (via ses plateformes) réguliers lors de compétitions de grande envergure et pas moins de 117 millions de spectateurs (toujours via ses plateformes) occasionnels.

Ce développement si rapide et efficace est également dû aux sponsors qui financent les rencontres et certaines équipes professionnelles ; on peut citer Intel ou AlienWare entre autres, qui organisent la majorité des rencontres en louant des salles et des stades entiers, en fournissant le matériel, ou encore en offrant la récompense à l’équipe gagnante.

Aujourd’hui, l’e-sport ne cesse d’attirer les amateurs et suscite même l’attention de nombreux journaux qui ne sont d’ordinaire pas spécialisés dans le domaine du jeu vidéo. 

Et en France ?

En France, l’e-sport a commencé à faire parler de lui en 2010, avec le progrès des compétitions internationales.

On assiste en 2016 à la création de compétitions nationales telles que la e-ligue 1 sur la série FIFA, projet soutenu notamment par l’éditeur de jeux vidéo Electronic Arts.

Ainsi en 2016, l’e-sport en France a généré un revenu global de 22,4 millions de dollars d’après PayPal, et plus de 27 millions en 2017. L’hexagone est le troisième pays européen en termes d’audience pour l’e-Sport. En 2017, 37 millions de téléspectateurs en Europe regardaient régulièrement les compétitions. De leur côté, les Français étaient plus de 2 millions derrière leur écran. Un chiffre qui pourrait atteindre 2,8 millions en 2019. À titre comparatif, ces audiences sont équivalentes à des programmes télévisuels tels que les Césars ou encore les Victoires de la musique.

Le pays y voit une occasion de se développer dans un secteur en pleine expansion. Annoncée en 2018, la FFF (Fédération Française de Football) a décidé de lancer une équipe de France d’e-Sport.Toujours côté foot, le PSG s’est lancé dans l’E-sport en Octobre 2016 en s’associant avec Webedia, une entreprise spécialisée dans les médias en ligne. 

De leurs côtés, les chaînes de télévision et les constructeurs s’activent aussi et y voient une opportunité grandissante. M6 a annoncé en février 2018 une participation minoritaire dans Glory4Gamers ou encore Renault qui a rejoint les rangs de Team Vitality en créant sa propre équipe « Renault Sport Team Vitality ».

La plupart des grands groupes médias français investissent aussi dans le secteur : Webedia en rachetant Oxent (développeur de l’e-Sport platform Tournament), Lagardère Sport avec Team Roccat, Vivendi avec Canal eSport Club.

Une ruée vers l’or au niveau mondial ?

L‘E-sport concerne aussi les jeux mobiles et ainsi Alphabet Inc, le conglomérat détenant Google et ses services, a investi 120 millions de dollars (en janvier 2018) dans une société chinoise, Chushou. C’est une société qui propose une plateforme de streaming de jeux mobiles, et plus particulièrement de jeux compétitifs. Cette dernière a déjà attiré plus de 8 millions de streamers. Leur objectif étant d’aider la plateforme à se développer en Chine et à l’international.

Les recettes de l’e-sport (850 millions de dollars en 2018, estimations) sont estimées à 10 milliards de dollars en 2030. En 2018, plus de 100 millions de dollars ont été distribués aux gagnants des compétitions. Ces chiffres peuvent paraître démentiels pour une discipline encore méconnue du grand public. Cependant, la finale mondiale du jeux-vidéos League of Legends a réussi à remplir un stade olympique, rassemblant ainsi plus de 40.000 personnes. Elle était aussi diffusée en direct et à réuni plus de 60 millions de spectateurs uniques.

Malgré des rémunérations de plus en plus faciles et importantes, les principaux revenus de la majorité des joueurs e-sport restent les plateformes de streamings (YouTube, Twitch) grâce aux dons ou aux publicités.

Certains acteurs déjà présents dans l’e-sport essayent de faciliter l’arrivée de cette discipline. Que ce soit un streamer qui sponsorise un joueur professionnel ou encore une chaîne de télévision qui ne diffuse que de l’E-sport.

L’e-sport étant une discipline naissante, certains points importants à son succès auprès du grand public posent encore problèmes. L’un de ce derniers est le nombre de d’événements organisés par différentes structures, de ce fait il peut y avoir plusieurs champions sur un seul et même jeu. C’est pour le moment le point faible de l’e-sport, il n’existe pas de structure officielle pour le représenter. C’est une des raisons pour lesquelles la fédération mondiale de Jeux Olympiques ne l’a pas encore accepté.

Malgré cela, l’OCA (Comité Olympique Asiatique) a annoncé sa volonté d’intégrer l’E-sport au programme des jeux asiatiques de 2022.

Toutes les disciplines sportives sont concernées ou presque !

On a déjà évoqué le foot et League of Legends qui sont deux piliers du développement de l’e-sport mais, bien sûr, d’autres secteurs sont aussi concernés même si certains prennent un peu le train en marche.

C’est le cas des sports-mécaniques où, en 2019, on a enfin vu un vrai décollage de la discipline. Que ce soit pour le MotoGP, Le Mans ou la Formule Un, des championnats officiels sont organisés et les vraies équipes y engagent des SimRacers super aiguisés. L’argent est au rendez-vous et cela aide à expliquer pourquoi après avoir tardé, le décollage n’en est que plus brutal.

Conclusion : les lignes sont en train de bouger

Il est incontestable que l’e-sport est en train de prendre sa place dans notre société des loisirs et du spectacle. Il est déjà possible de faire carrière, en tant que sportif professionnel, sans jamais aller sur le “vrai” terrain. La compétition est féroce et les meilleurs s’entraînent de façon “effrayante” (Marc Marquez qui est plutôt du genre à être un bosseur et un perfectionniste, a été étonné de voir l’engagement et la précision des meilleurs pilotes participants au championnat MotoGP en e-sport). La croissance est très forte car les sponsors pensent qu’ils ont enfin trouvé la recette magique pour toucher les “jeunes”… Du coup, l’argent coule à flot. Pour combien de temps ?

Alain Lefebvre – Janvier 2020

Sources utilisées pour cet article :

https://www.linkedin.com/pulse/exponential-esports-growth-from-7000-350000-australian-chris-smith/

https://www.geekslands.fr/item/1312-l-essor-de-l-e-sport-dans-le-monde/

https://www.autoblog.com/2019/11/01/esport-racing-series-guide-history/

http://www.jeuxvideo.com/news/772751/google-investit-dans-l-esport-mobile-en-chine.htm

http://www.lepoint.fr/sport/jeux-video-l-e-sport-en-pleine-croissance-08-12-2017-2178103_26.php

https://www.la-croix.com/Sport/Ce-sport-derange-monde-sportif-2017-05-12-1200846649

https://www.lequipe.fr/Esport/Actualites/Esport-adrien-zerator-nougaret-sponsorise-un-joueur/864342

http://www.gameblog.fr/news/72810-es1-la-chaine-100-esport-a-une-nouvelle-date-de-lancement-et

http://www.lepoint.fr/sport/jeux-video-l-e-sport-en-pleine-croissance-08-12-2017-2178103_26.php

http://www.lepoint.fr/sport/on-espere-que-l-e-sport-prendra-toute-sa-place-au-psg-10-01-2018-2185260_26.php

Pourquoi prédire un “hiver de l’IA” est contre-intuitif ?

Dans certains de mes écrits précédents, je reviens souvent sur une idée forte : l’IA, actuellement formidablement à la mode, va bientôt entrer dans une période moins florissante, un nouvel “hiver de l’IA” comme cette discipline en a déjà connu deux dans son passé. Pourtant, bien que les éléments qui indiquent ce prochain effondrement s’accumulent, le battage médiatique ne faiblit pas et continue à résonner positivement avec l’assentiment (aveugle ?) de la grande majorité des “analystes” de la tech. Pourquoi ?

Pour comprendre les forces qui sont à l’œuvre ici, je vous propose de nous pencher sur les mécanismes mentaux qui entretiennent cette croyance (l’IA, c’est l’avenir) en dépit des signaux qui indiquent le contraire.

Psychologie des foules

Prédire l’hiver de l’IA, c’est comme prédire un krach boursier : il est impossible d’indiquer avec précision quand cela se produira. Cependant, comme avant un krach boursier, on peut déjà observer des signes de l’effondrement imminent. Actuellement le “récit IA” trouve encore une résonance si forte qu’il est plus facile (pour le grand public) d’ignorer ces signaux et de continuer à croire cette belle histoire.

Pour comprendre la force du “récit IA”, il faut sortir du domaine de la tech pour passer dans le domaine de la psychologie sociale, de la psychologie des foules. Chaque nouveau convaincu renforce la conviction de l’ensemble avec des arguments du genre “un millions de personnes ne peuvent pas avoir tort, ne peuvent pas penser la même chose en même temps et se tromper” alors qu’on a des exemples par le passé qui montrent que le volume ne fait rien à l’affaire et qu’on peut avoir des foules qui ont des convictions (y compris très fortes comme dans le domaine religieux) qui ne reposent hélas sur rien. Dans le domaine de l’IA, il faut comprendre que chaque démonstration médiatique vient renforcer les autres. On est donc face à un effet cumulatif qui finit par ancrer une conviction en profondeur dans chacun de nous, on finit par s’habituer à “l’évidence” de telle ou telle affirmation, de telle ou telle hypothèse. Au bout d’un moment, elle n’est plus considérée comme une hypothèse, mais ça devient un fait (ça ne l’est pas), au moins dans la tête des gens. C’est ce mécanisme qui est à l’œuvre continuellement avec le battage médiatique autour de l’IA (et c’est pareil pour les autres modes).

Renforcement positif, forcément

Les membres du système médiatique vont, consciemment ou inconsciemment, appliquer un filtre de “renforcement” dans le choix des nouvelles qu’ils publient. Donc, dans un premier temps, ils vont plutôt publier des articles avec des éléments qui vont dans le sens d’une confirmation du phénomène en cours. Il faudrait le tarissement de cette source (celle qui confirme le phénomène) puis l’apparition d’une autre source (qui elle infirmerait la chose) qui irait dans l’autre sens (finalement, le phénomène “à la mode” n’est que vent, ça marche, etc.) et seulement si le flot de la seconde source se met à dépasser la première, on verrait le ton s’inverser. Et si on en arrive là, l’emballement médiatique reprend, mais dans l’autre sens. 

Retournement de tendance, généralisée

Tout d’un coup, tous ces commentateurs qui disaient et répétaient “l’IA c’est l’avenir et ça va tout changer” vont se mettre à dire à l’unisson “finalement, c’est pas pour tout de suite, c’est limité, on a trop rêvé, etc.”. C’est un cycle qui se reproduit à l’identique depuis des décennies encore et encore. On a eu de nombreuses modes qui ont permis de l’illustrer (ce n’est d’ailleurs pas limité au domaine technique, on voit le même “cycle du hype” partout, y compris dans les domaines économiques et politiques). Ce n’est pas pour rien qu’en matière d’IA on parle de “printemps” et “d’hiver” parce que ça s’est déjà produit et l’on sait que ça va se produire à nouveau.

Une bulle médiatique, encore et toujours

Actuellement, nous avons tous les signes qui permettent d’identifier un prochain “hiver”, c’est-à-dire qu’on sait qu’on a accumulé tous les indices qui désignent une bulle, une bulle médiatique autour de l’IA qui se caractérise par “assez peu de signaux et beaucoup de bruits” (d’ailleurs, toutes les bulles médiatiques sont toujours basées sur un rapport signal/bruit complètement disproportionné !). La différence flagrante entre l’ampleur de l’écho donné aux réalisations spectaculaires (mais peu nombreuses) et le silence sur les réalisations ordinaires indiquent que ces dernières sont bien trop rares pour que la situation puisse être considérée comme “normale”. Donc, une mise en scène grandiose d’un côté et le désert de l’autre. On retrouve ce décalage aussi bien avec Watson d’IBM qu’avec Deepmind de Google. Dans ce dernier exemple, on va parler encore et toujours de sa formidable réussite dans le domaine du jeu vidéo et du jeu de Go, mais on va taire le fait que Deepmind n’arrive pas à trouver des débouchés pour ses logiciels en dehors de la “galaxie Google”. Pourquoi ce biais narratif ?

Eh bien parce que c’est plus facile et mieux reçu par la cible habituelle de ressasser quelque chose de connu que de proposer une vraie analyse, une analyse critique de la situation. Donc, on ne le fait pas sauf quand l’époque et l’atmosphère sont devenues favorables à un “AI bashing” qui, très vite, se généralise (emballement médiatique de fin de cycle). Ce décalage entre le grandiose de ce qui est mis en avant (AlphaZero et le jeu de Go) et le désert des réalisations plus modestes, mais concrètes peut être expliqué par le principe des retours décroissants qui est presque un effet de “miroir inversé” avec l’enflure médiatique qui elle va croissant.

Les retours décroissants

On sait bien que toute nouvelle application produit ses plus grands résultats au début de sa mise en œuvre. Et ensuite, il faut de plus en plus d’efforts et de moyens pour récolter de moins en moins de résultats (du moins en proportion des efforts investis). C’est ça le principe des “retours décroissants” qui est le mieux et le plus facilement illustré par l’exemple de la mine. Au début, l’extraction du minerai, quand on tombe sur le filon, pas très loin de la surface, est relativement facile : en gros, il n’y a qu’à se baisser pour ramasser les pépites. Donc, résumons : peu d’efforts, des résultats spectaculaires, une très grosse rentabilité. Encouragés par ces débuts formidables, vous allez être prompts à investir pour augmenter les volumes : on commence à creuser plus loin, plus profond, à étayer les galeries, à poser des rails pour les wagonnets et à installer des pompes pour garder tout cela au sec. De plus en plus d’efforts pour une extraction qui, certes, croît en volume, mais à un prix évidemment plus élevé (y compris sur le plan proportionnel) qu’au début… On retrouve la même analogie partout : la percée est spectaculairement rentable, la suite beaucoup moins.

L’extraction minière, un bon exemple de retours décroissants !

Et c’est la même chose vis-à-vis de l’IA : les premières percées qui produisent les résultats spectaculaires (forcément, on n’avait rien vu de tel auparavant) sont les plus faciles. Après, les raffinements et la généralisation (le test ultime) sont de plus en plus difficiles et délicats. On en a un exemple criant, en ce moment même, avec les déboires des voitures autonomes. Au tout début, voir circuler des voitures qui se dirigent sans qu’on se préoccupe de tenir le volant, c’était sensationnel ! Mais après, pour sortir des sentiers battus des expérimentations limitées en territoires connus et proposer des voitures autonomes de niveau 5 partout et tout le temps, quelque soit la météo, le revêtement et la circulation aux alentours, avec tous les types d’obstacles et d’aléas, c’est autre chose… Et c’est bien pour cela que la vraie voiture autonome se fait attendre et se fera attendre pendant encore bien des années. Même si c’est contre-intuitif, c’est la vérité. 

En fait, les choses les plus difficiles en IA comme pour la robotique sont les tâches perceptuelles et motrices les plus élémentaires, comme le résume le paradoxe de Moravec :

“il est relativement facile de faire en sorte que les ordinateurs présentent des performances de niveau adulte lors de tests d’intelligence ou de jouer aux dames, mais il s’avère difficile ou impossible de leur donner les compétences d’un enfant d’un an en ce qui concerne la perception et la mobilité “

Hans Moravec a déclaré son paradoxe pour la première fois en 1988. Et comme c’était il y a de nombreuses années, du coup, on peut penser que cela n’est plus applicable. Mais plus de trente ans se sont écoulés depuis que Moravec a fait son observation, les ordinateurs sont devenus des milliards de fois plus rapides, les caméras sont devenues des millions de fois plus précises, et… rien n’a changé. Passées les démonstrations faciles, l’IA et la robotique peinent à franchir les obstacles du monde réel, car il leur manque notre “conscience de l’environnement” que nous avons et qui nous paraît évidente.

Donc, au lieu de la fameuse accélération dont on nous rebat les oreilles en permanence, on a là un “ralentissement croissant”. C’est complètement en opposition avec ce que les gens sont prêts à recevoir, à percevoir et à croire. 

Le mode plateau

Donc, ils ne le voient pas (ce ralentissement croissant). Ce n’est même pas qu’ils ne le croient pas, ils ne le voient pas, car cela ne correspond pas au schéma de pensée qu’ils sont prêts à accepter (parce que la propagande a finalement réussi à leur faire croire que “tout allait toujours plus vite”).

Ce phénomène des retours décroissants et du ralentissement croissant, il est à l’œuvre partout et tout le temps sans qu’on en soit conscient. Si on prend les smartphones comme exemple, le gros du progrès a été réalisé avec la première génération d‘iPhone. Dès la troisième, nous sommes passés à un rythme d’innovation beaucoup moins fort, chaque nouvelle itération ne propose que des avancées marginales (retours décroissants ET ralentissement progressif), on est passé en mode “plateau” sans même s’en apercevoir, car, entretemps, une autre mode a pris le dessus sur la précédente et qui fait qu’on a toujours l’impression d’être dans le même courant d’innovations submergeantes, qui sature les possibilités de perception d’un public non-spécialisé qui, du coup, en déduit fort logiquement que “tout va toujours plus vite” même si, incontestablement, ce n’est pas le cas. 

Comme toutes les idées reçues, il s’agit d’une stupidité sans nom et il suffit de réfléchir un peu pour se rendre compte de son absurdité : si tout allait toujours plus vite, il y a un moment qu’il n’y aurait plus aucun délai entre une découverte et son application avec sa généralisation dans la foulée…

Or, un simple examen des progrès techniques les plus récents démontre que nous butons toujours sur un délai incompressible de dix ans (oui, dix ans) entre une découverte et ses premières applications et qu’il faut encore vingt à trente ans pour atteindre un premier seuil de généralisation. On est donc loin du “tout va toujours plus vite”… Voir à ce propos => https://www.redsen-consulting.com/fr/inspired/tendances-decryptees/les-grands-principes-de-levolution-1-la-maturation 

Peu de sources, trop de diffuseurs

Mais cette confusion est inévitable, car liée à notre capacité de perceptions limitées et au fait qu’on aille toujours vers le plus facile. Et le plus facile, c’est de retenir les éléments qui correspondent à notre schéma de pensée (et d’éliminer les autres), auxquels on peut adhérer et avec lesquels on a “l’impression de comprendre” plutôt que de devoir reconsidérer ses filtres, faire une vraie analyse, se mettre à penser pour de vrai, à se lancer dans une analyse critique. Il est plus facile et confortable d’avaler des contenus qui, en fait, ne sont que des résumés (éventuellement de façon abusive sous couvert de vulgarisation) d’éléments lus ailleurs et regroupés en quelques copier-coller à faible valeur ajoutée, car mal compris et mal digérés.

La prochaine victime : l’informatique quantique

Le battage médiatique est constitué de ces redites reprises ad nauseam, car il y a très peu de sources et beaucoup de diffuseurs (comme il y a peu d’agences de presse et beaucoup de chaines de TV…). On voit ce mécanisme encore utilisé actuellement à propos de l’informatique quantique avec des promesses délirantes alors qu’on n’est qu’au tout début de ce domaine radicalement nouveau (voir plus à ce propos ici => https://www.redsen-consulting.com/fr/inspired/tendances-decryptees/linformatique-quantique-pour-bientot).

Je vous encourage à penser par vous-même en vous libérant des carcans de la propagande, toute la propagande, y compris dans le domaine hi-tech où elle n’est pas moins présente ni insidieuse… Remettez en cause les analyses, y compris la mienne. La bonne attitude sur le plan intellectuel n’est pas de suivre le troupeau mais bien de tirer ses propres conclusions en fonction de votre contexte et de vos contraintes.

J’étais “visionnaire”, je suis désormais “contrariant”… Suis-je devenu un vieux con ?

En quoi étais-je un visionnaire ?

Au pic de mon activité professionnelle, j’étais assez souvent qualifié de visionnaire et, avouons-le, j’aimais bien cela. J’avais un “track record” assez flatteur en la matière : j’ai été (en France) un pionnier du client-serveur et un pionnier du Web, j’ai rédigé et publié les premiers livres sur ces matières et j’avais des chroniques régulières dans les principales publications consacrées à l’informatique.

Par la suite, j’ai également été un pionnier des réseaux sociaux en France, rédigeant et publiant le premier livre en français à ce sujet (“Les réseaux sociaux, pivot de l’Internet 2.0”, paru chez M21 édition en 2005). J’ai donné de nombreuses conférences sur tous ces sujets techniques, mais tout ceci bien avant l’avènement des “Ted Talk” pour tous. Bref, j’ai été un visionnaire à l’époque où ça voulait dire quelque chose pour moi. Plus maintenant.

Quand ai-je basculé en mode “contrariant” ?

En 2010, j’ai rédigé une histoire de l’informatique moderne (“Cow-boys contre chemin de fer ou que savez-vous vraiment de l’histoire de l’informatique ?”, première publication en octobre 2010) avec mon vieux complice, Laurent Poulain. En effet, nous trouvions que tous les ouvrages sur le sujet passaient à côté d’un point essentiel à nos yeux : la lutte entre les “start-ups” (les “cow-boys”) et les grandes sociétés (les “chemins de fer”), moteur principal du progrès technique que nous constatons tous les jours. C’est sans doute à partir de ce moment-là que je suis passé en mode “contrariant”…

Notre livre à Laurent et à moi…

Ensuite, il y eut “Cette révolte qui ne viendra pas” (première publication en août 2011) où je dénonçais le rôle des médias dans l’abrutissement généralisé… Puis “Le miroir brisé des réseaux sociaux” (première publication en mars 2013) réalisé avec François Lienart où nous avions une certaine avance pour pointer du doigt l’absurdité des contenus publiés sur Facebook et autres…

Cette révolte qui n’est toujours pas là…
Les réseaux sociaux, eux, sont toujours là…

Enfin, ma bascule fut complète avec cet ouvrage plus récent, “Technologies : perception, illusion, déception” où je m’attaquais à la reine de toutes les idées reçues : l’accélération permanente du progrès technique (et c’est pas gagné, on le verra plus loin).

Une illusion qui a la vie dure !

La propagande est partout, y compris dans la hi-tech

Avant d’aller plus loin dans mon argumentation, avez-vous remarqué combien la propagande est devenue omniprésente ?

Jusqu’aux années 70, on était surtout habitué à la propagande gouvernementale… Par exemple, sur la guerre au Vietnam. Cette propagande n’a pas cessé, n’a pas faibli et on en a une nouvelle preuve aujourd’hui avec l’affaire des “Afghanistan papers”. Mais, désormais, il serait sot de croire que la propagande se limite à la géo-politique. Il en est de même dans les domaines de l’économie ou même (et surtout devrais-je écrire) dans la hi-tech !

La propagande “hi-tech” existe bel et bien, l’exemple récent de Wework devrait vous en convaincre. Dans cet exemple édifiant, nous sommes passés en quelques semaines à “Wework est une licorne exemplaire menée par des génies” à “Wework est une escroquerie qui montre la profonde incompétence de Softbank”. Si ça ce n’est pas un retournement de situation, je ne sais plus quel exemple vous fournir !

Pourquoi est-ce utile d’être un contrariant ?

Pour ne plus se faire avoir par une propagande délirante qui vous promet tout et n’importe quoi pour se dédire (sans s’excuser !) seulement quelques mois plus tard, voilà pourquoi les “contrariants” devaient désormais être plus écoutés que les “visionnaires” qui se sont décrédibilisés encore et encore.

Les exemples récents sont légion : la voiture autonome qui devait être là rapidement et qu’on risque d’attendre au moins dix ans, la Blockchain qui devait tout révolutionner et qui, au final va n’avoir qu’un impact minime ou même l’IA montée en épingle à cause des applications (spectaculaires, admettons-le) des techniques de “machine learning”, mais qui, une fois de plus, ne va pas pouvoir être “tout pour tous” et qui va droit vers un nouvel hiver de l’IA… Il vous en faut plus ?

Ce matraquage omniprésent et ultra-puissant provoque une paralysie intellectuelle généralisée. Quand vous lisez partout (oui, partout) que la Blockchain “c’est super, révolutionnaire et ça va tout changer”, forcément, ça a de l’effet. Vous vous dites que, vu que tout le monde est d’accord sur ce point, c’est que ça doit être vrai, qu’il faut prendre cela au sérieux…

Hélas, le fait que ça soit omniprésent ne confirme qu’une chose : il a peu d’articles originaux (des sources) et beaucoup (mais alors beaucoup) de copier-coller, vite fait/mal fait et mal digéré (voire pas digéré du tout). C’est comme les chaînes de télévision et l’actualité : les chaînes (nombreuses !) ne sont que des diffuseurs, les vraies sources sont les agences de presse et elles sont peu nombreuses, elles.

La propagande hi-tech a bien compris que le “mind share” précédait toujours le “market share” et c’est pour cela qu’elle s’empresse d’occuper le terrain avec la dernière tendance à la mode (qui, vous l’avez remarqué, change régulièrement tous les deux ans) afin de ramasser les premiers dividendes (façon Wework) et advienne que pourra par la suite…

L’exemple de l’idée reçue véhiculée par la propagande hi-tech : “tout va toujours plus vite”…

Allez, je vous avais promis de m’attaquer à la principale idée reçue rabâchée (ânonnée devrais-je écrire…) ad nauseam par tout le monde, vraiment tout le monde : le fait que le progrès technique s’accélère et que tout va toujours plus vite (ma brave dame).

Comme toutes les idées reçues, il s’agit d’une stupidité sans nom et il suffit de réfléchir un peu pour se rendre compte de son absurdité : si tout allait toujours plus vite, il y a un moment qu’il n’y aurait plus aucun délai entre une découverte et son application avec sa généralisation dans la foulée…

Or, un simple examen des progrès techniques les plus récents démontre que nous butons toujours sur un délai incompressible de dix ans (oui, dix ans) entre une découverte et ses premières applications et qu’il faut encore vingt à trente ans pour atteindre un premier seuil de généralisation. On est donc loin du “tout va toujours plus vite” (mon bon monsieur)…

La perception que le rythme du progrès technique est rapide (il ne l’est pas) provient du fait que le grand public ne voit pas les phases de découvertes, d’expérimentations et de mises au point qui ont toujours (toujours) précédé les percées spectaculaires qui occupent les médias (qui eux ne s’intéressent qu’à la phase finale). C’est ainsi que les “révolutions en une nuit” prennent couramment vingt ans de préparation, mais c’est pas grave, on fait comme si une nuit avait suffi.

Dans mon livre “Technologies : perception, illusion, déception”, je reviens justement en détail sur ces mécanismes et j’énumère de façon réaliste où nous en sommes dans les différents domaines qu’on estime être dominés par ce progrès technique toujours plus rapide. Mais peu importe, je m’aperçois que toutes ces explications sont vaines et même des esprits éveillés répètent que “tout s’accélère” comme si c’était devenu une évidence aussi prégnante que la gravité.

Cela va de pair avec une autre affirmation idiote : “on n’a jamais vu ça avant”… Or, encore une fois, même un examen sommaire permet de trouver des précédents comparables à quasiment tous les événements historiques. Un exemple ?

Allez, au point où on en est, on ne va pas s’en priver…

Lorsqu’Internet s’est répandu, les observateurs y ont vu un cas à part, car on n’a jamais rien eu de comparable par le passé. Vous vous rendez compte, Internet… Un truc énorme, impossible de trouver un comparable dans le passé, n’est-ce pas ?

Pourtant, le livre de Tom Sandage “The Victorian Internet” démontre cependant que l’émergence et l’évolution du télégraphe (et sa banalisation) présentent des parallèles troublants avec l’histoire récente du Réseau des réseaux…

Pareil sur la monnaie unique européenne (l’Euro que nous connaissons tous, et pour cause…), c’est du jamais vu, pas vrai ?

Encore raté : en 1865, la France, l’Italie, la Suisse et la Belgique signaient un accord monétaire, auquel adhéra la Grèce en 1868. Cette association monétaire fut bientôt connue dans le monde entier sous la désignation Union monétaire latine (UML).

Bref, on l’aura compris, je vous encourage à penser par vous-même en vous libérant des carcans de la propagande, toute la propagande, y compris dans le domaine hi-tech où elle n’est pas moins présente ni insidieuse…

Merci de votre attention.

A special post for my American friends

Avertissement pour les lecteurs français : ce court article est en anglais (forcément, pour mes amis américains…) mais la version française se trouve un peu plus bas…

A special article for my American friends

Warning for French readers: this short article is in English (necessarily, for my American friends…) but the French version is a little lower…

As Thanksgiving is here, it gives me the opportunity to think of you even stronger. And why not take the opportunity to write an article on the upcoming US presidential elections?
After all, the last time I talked about it, I did not get too bad (I predicted that Trump would be elected when he had not even won the Republican nomination yet… ). So, put our title back on the line and take all the risks to predict what will happen in those of 2020!

Let’s start with the Democratic primary. Forget Warren, Biden and other heavyweights in the Democratic Party. Indeed, it is Amy Klobuchar who will have the nomination at the end of the day. Why her ?
First of all, she is more reasonable and centrist than Warren, more charismatic than Biden and she knows how to get the voices of the voters… that should be enough to have her designated.

If you really do not know Ami Klobuchar, watch this short video …

Of course, maybe I screw up completely by betting on her and that I will look ridiculous when a few months with this prediction too daring … Come on, it does not matter: it’s my blog, it does not matter much.

Let’s continue with the following events …
Will that be enough to make her elected president?
No, Trump will be reelected, even widely.
Yes, but if he is dismissed in the meantime?
No, it will not happen, the Republicans holding the Senate, it will not go far, even if Trump really deserves to be out of the White House …

And after that, are we sentenced to four more years with Donald?
No, not necessarily.
Because it is more and more clear that our dear Donal Trump will know a presidential course as calamitous as Richard Nixon. Since he was president, I always thought that this scenario was possible but it is now more and more likely. To be perfectly clear, let’s quickly summarize this famous scenario. Trump / Nixon is elected for a first term (1968 for Nixon, 2016 for Trump). During this first term, a case is triggered (the Watergate for Nixon, full of Trump various stuff but it seems that the request made to the Ukrainian president -find a shady deal that involves Joe Biden- he took it too far…). Trump / Nixon is elected for a second term (1972 for Nixon, 2020 for Trump) but he does not finish this term because of the scandal triggered by the previous affair (Nixon resigned because of Watergate, Trump could go to the end of the impeachment procedure since it does nothing like the others!).

The good thing about all this is that it allows us to have a subject to exchange on!
I salute you my good friends.

La version en français

Comme Thanksgiving est là, ça me donne l’occasion de penser à vous encore plus fort. Et pourquoi ne pas en profiter pour écrire un article sur les prochaines élections présidentielles américaines ?
Après tout, la dernière fois que j’en ai parlées, je ne m’en suis pas trop mal tiré (j’avais prédi que Trump serait élu alors qu’il n’avait même pas encore décroché l’investiture républicaine…). Donc, remettons notre titre en jeu et prenons tous les risques afin de prédire ce qui va se passer lors de celles de 2020 !

Commençons par la primaire démocrate. Oubliez Warren, Biden et les autres poids lourds du parti démocrate. En effet, c’est Ami Klobuchar qui va avoir l’investiture au bout du compte. Pourquoi elle ?
Tout d’abord, elle est plus raisonnable et centriste que Warren, plus charismatique que Biden et elle sait aller chercher les voix des électeurs… ça devrait suffire à la faire désigner.

Si vous ne connaissez vraiment pas Ami Klobuchar, regardez cette courte vidéo…

Bien entendu, peut-être que je me plante complètement en pariant sur elle et que je vais avoir l’air ridicule dans quelques mois avec cette prédiction trop osée… Mais quoi, c’est pas grave : c’est mon blog, ça n’a pas beaucoup d’importance.

Continuons avec la suite des événements…
Est-ce que ça va suffire à la faire élire présidente ?
Non, Trump va être réélu, largement même.
Oui mais s’il est destitué entretemps ?
Non, ça n’arrivera pas, les républicains tiennant le sénat, ça n’ira pas loin, même s’il mériterait effectivement d’être mis dehors de la maison blanche…

Et après, sommes-nous condamnés à subir quatre ans de plus avec Donald ?
Non, pas forcément.
Car il est de plus en plus clair que notre cher Donal Trump va connaître un parcours présidentiel aussi calamiteux que Richard Nixon. Depuis qu’il est président, j’ai toujours pensé que ce scénario était possible mais il est désormais de plus en plus probable. Pour être tout à fait clair, résumons rapidement ce fameux scénario. Trump/Nixon est élu pour un premier mandat (1968 pour Nixon, 2016 pour Trump). Pendant ce premier mandat, une affaire se déclenche (le Watergate pour Nixon, plein de trucs divers pour Trump mais il semble bien que la demande faite au président Ukrainien -trouver une affaire louche qui implique Joe Biden- soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase…). Trump/Nixon est élu pour un second mandat (1972 pour Nixon, 2020 pour Trump) mais il ne va pas au bout de ce mandat à cause du scandale déclenché par la précédente affaire (Nixon démissionna à cause du Watergate, Trump pourrait aller au bout de la procédure d’impeachment vu qu’il ne fait rien comme les autres !).

Le bon côté de tout cela, c’est que ça nous permet d’avoir un sujet sur lequel échanger !
Je vous salue mes bons amis.

Un festival de BD à Aix-Les-Bains

L’affiche du festival “BD sur le lac” https://www.bd-sur-le-lac.com/

Si vous êtes en Savoie ce WE, je vous invite au 1er festival de BD d’Aix-les-Bains… Fan de 13 ou de Largo Winch ? Jean Van Hamme sera là !
Un événement à ne pas manquer avant que ça devienne un truc super trop célèbre et donc blindé de monde…

Faut-il aller voir “Le Mans 66” ?

L’affiche du film (aux USA, le film a pour titre “Ford vs Ferrari”) avec la Ford GT40 N°1 à la déco exacte, c’est déjà ça…

Hier soir, je suis allé voir “Le Mans 66” avec mon jeune fils de onze ans. Autant le dire tout de suite, je m’attendais au pire : du “porno de bagnoles” genre “Fast & Furious” façon vintage… Mais je dois dire que, heureusement, c’était mieux que cela.

En fait, ce film est bizarre. En un sens, c’est l’exact opposé du fameux “Le Mans” de Steve McQueen : il y a une histoire (assez bien raconté d’ailleurs) mais les scènes de pistes sont du grand n’importe quoi (alors que le film de 1972 était l’inverse : pas d’histoire mais des scènes de pistes absolument mémorables). L’histoire est centrée autour du duo représenté par Shelby et Ken Miles. Le constructeur (interprété par Matt Damon, excellent) et son pilote (interprété par Christian Bale, pas aussi bon cette fois que dans “The big short”). Mais il y a aussi une seconde histoire, encore plus intéressante, selon moi, qui tourne autour de la Fort Motor Company. Comment ce géant en difficulté a-t-il pu gravir cet Everest du sport-auto que représentait déjà les 24 Heures du Mans à cette époque ?

La bande annonce du film qui, comme d’habitude, ne correspond pas vraiment au vrai film…

Voyons ensemble ce qu’on reprocher à cette nouvelle grosse production d’Hollywood : on l’a compris, ce n’est pas un documentaire déguisé et donc, inutile de chercher la vérité historique. Si vous êtes pointilleux sur le réalisme du sport-auto, ce film n’est pas pour vous, pas du tout. Les scènes de course sont tournées n’importe comment : les pilotes se regardent, freinent à peine et rétrogradent pour se passer, risible !

Ce qui est bizarre en revanche, c’est que certains détails sont ultra-soignés (on se dirait dans “The Crown” : pas une seule erreur dans la déco des voitures, toute l’ambiance est super bien rendue, jusqu’aux motos qu’on peut voir passer de temps à autre) et d’autres sont vraiment mal torchés (le tracé des pistes est reproduit par un designer saoul !).

En revanche, ce qui est correct, c’est tout le jeux de pouvoir au sein de Ford et même la négociation du début avec Ferrari (encore qu’il est difficile de savoir les détails exacts de comment ça s’est passé en vrai…). Mais pourquoi avoir planté Enzo Ferrari dans les tribunes du Mans alors qu’il est de notoriété publique que le commendatore ne se déplaçait jamais sur les courses ?

Bref, c’est un film correct sans plus, dans la bonne moyenne des productions Hollywoodienne on va dire. N’en espérez pas plus.

Trump, un destin à la Nixon

Je l’ai souvent dit mais il semble que, comme toujours, la réalité dépasse la fiction !

Trump/Nixon, pas même combat mais sans doute même destin !

Car il est de plus en plus clair que notre cher Donal Trump va connaitre un parcours présidentiel aussi calamiteux que Richard Nixon. Depuis qu’il est président, j’ai toujours pensé que ce scénario était possible mais il est désormais de plus en plus probable. Pour être tout à fait clair, résumons rapidement ce fameux scénario. Trump/Nixon est élu pour un premier mandat (1968 pour Nixon, 2016 pour Trump). Pendant ce premier mandat, une affaire se déclenche (le Watergate pour Nixon, plein de trucs divers pour Trump mais il semble bien que la demande faite au président Ukrainien (trouver une affaire louche qui implique Joe Biden) soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase…). Trump/Nixon est élu pour un second mandat (1972 pour Nixon, 2020 pour Trump) mais il ne va pas au bout de ce mandat à cause du scandale déclenché par la précédente affaire (Nixon démissionna à cause du Watergate, Trump pourrait aller au bout de la procédure d’impeachment vu qu’il ne fait rien comme les autres !).

Ce qui était il y a quelques mois encore une mince possibilité (Trump est viré par le congrès US) devient de jour en jour de plus en plus probable. Ah, j’aurais encore dû parier tiens !

La loi de la promesse inversée

“La loi de la promesse inversée”… qu’est-ce que ça peut être ?

Eh bien, je me faisais la réflexion dernièrement que, depuis les débuts “grand public” de l’Internet (mettons dans le milieu des années 90), toutes les promesses (délirantes, pour la plupart) qui ont accompagné cette montée en puissance du Net ont été exactement inversée.

Inversée, c’est à dire ?

C’est-à-dire que, pour chaque promesse, on a eu le résultat inverse. Un exemple : l’Internet devait permettre de “sauver la démocratie” et on a eu le retour du populisme (élection de Trump, brexit, etc.). L’internet devait relancer le petit commerce grâce au commerce électronique pour tous (vous vous souvenez de fin des intermédiaires ou de la “longue traine” ?) et on a eu Amazon, Ebay et Alibaba.

Bref, vous avez compris le concept de la loi de la promesse inversée. On peut donc la décliner ainsi : pour chaque promesse à la mode venant de l’évolution de l’Internet, on peut être sûr qu’on aura finalement le résultat inverse.

Il semble que je ne sois pas le seul à comprendre que l’Internet ne soit pas tout rose…

Allez, un autre exemple mais dans le futur cette fois. En ce moment, la blockchain est à la mode et elle s’accompagne de promesse extravagante : C’est dans ces conditions que la blockchain apparaît comme un organe de confiance, libre et autonome, où les utilisateurs seraient indépendants dans leur action et leur décision. En somme, une forme de « néo-démocratie » voire une « ochlocratie » digitale où le pouvoir serait rendu aux utilisateurs et viendrait à remettre en cause le dictat des opérateurs centraux (à l’inverse même du néolibéralisme, du totalitarisme et de l’étatisme). Je n’invente rien, je viens de lire ceci sur le Web !

Avec une promesse pareille, il est facile d’en déduire que, selon la loi de la promesse inversée, si jamais la blockchain va au bout de son chemin, on aura l’exact inverse, donc une main-mise encore plus forte de la techno-structure sur les moyens de paiement, de transaction et d’enregistrement.

Une vidéo que j’ai publié en décembre 2015…

Ode funèbre à Ferdinand Piëch, un personnage “larger than life”…

J’avais de l’admiration pour Ferdinand Piëch, un personnage haut en couleurs qui a eu une grande influence sur l’industrie automobile et même sur le sport-auto lui-même (Porsche 917, Audi Quattro). C’est un des principaux personnages de mon documentaire sur la Porsche 917 et j’ai souvent écrit sur lui (ici, le dernier article en date).

Je cherchais une photo de lui qui soit évocatrice et j’ai trouvé celle-ci :

Pendant sa période Porsche, Ferdinand n’hésitait pas à donner un coup de main !

Ce type a tout vu, tout fait. Il était brutal, n’avait aucune patience avec les mous, les tièdes et les idiots (mais comment en avoir ?) et je l’aimais pour cela… Comme beaucoup, il a eu du mal à réussir sa sortie et je ne serais pas surpris si on finissait par apprendre que c’était lui “la gorge profonde” du dieselgate.

Je le fais aussi apparaitre dans les deux premiers volumes de “Dr Miracle” car c’était un vrai personnage de roman. Adieu Ferdinand, bravo et merci.

Hommage à Lauda, “l’ordinateur”…

Pour honorer la mémoire du formidable Niki Lauda, voici le chapitre qui lui est consacré dans mon livre “La malédiction des champions du monde de F1“.

Niki Lauda, l’ordinateur

Niki en 1976, avant son accident donc.

Tiens, évoquons Lauda justement. En voilà un qui ne doit son ascension et sa carrière qu’à lui-même. La volonté faite homme, un vrai Shopenhauer du volant !

Il a réussi à triompher de ses pairs, de la mort et du milieu, rien que cela… C’est sans doute le seul qui a été mordu profondément par la malédiction, qui a su remonter à la surface et montrer qu’il était encore intact (quasiment, si on accepte de laisser de côté l’aspect physique…).

Champion une première fois en 1975, il avait déjà gagné quelques GP en 1974, mais avait commis aussi trop d’erreurs pour prétendre au titre… En 1975, il était prêt. Il était également bien parti pour se succéder à lui-même la saison suivante quand survint le terrible accident du Nurburgring en 1976. Échappant de peu à la mort, Niki parvient à revenir en piste seulement huit semaines après avoir reçu l’extrême-onction.

Mais sa fin de saison héroïque ne lui permet tout de même pas de contenir Hunt et McLaren qui est le couple en forme du moment…

Il abandonne finalement le titre à Hunt lors du dernier GP au mont Fuji (une décision courageuse et raisonnable vu les conditions dantesques de cette course). Il retrouve son titre en 1977, mais à la régularité et parce qu’Andretti (sur la toute première Lotus à effet de sol) manque de fiabilité. Il quitte ensuite Ferrari au soir de son second titre pour aller chez Brabham et pouvoir enfin rouler sans les psychodrames de la scuderia à chaque week-end de GP…

La période Brabahm n’amène pas le succès escompté, en partie à cause du moteur Alfa Roméo puissant, mais pas très fiable. Aussi parce que Lotus vient de révolutionner la F1 avec l’effet de sol et les écuries concurrentes mettent un peu de temps à s’y adapter.

Peu enclin à subir cette situation, il tourne alors le dos à la F1 une première fois à la fin de la saison 1979 et croit trouver une nouvelle passion en s’occupant de créer une compagnie d’aviation (Lauda Air).

Mais l’aviation ne suffit pas à Lauda et l’envie de rouler recommence à le titiller… Il trouve une oreille intéressée chez Ron Dennis qui lui offre le baquet de la McLaren afin de “faire un essai pour voir” fin 1981… Bien entendu, le virus est toujours présent chez Niki qui décide de revenir pour de bon, lors de la saison 1982. Il gagne un GP dès sa 3ème course, la machine est relancée, l’ordinateur est de retour !

Mais il lui faut attendre deux saisons et le moteur Porsche turbo équipant sa McLaren pour qu’un nouveau titre s’ajoute à son palmarès et de quelle façon : seulement un demi-point le place devant Prost à l’issue de la toute dernière manche !

Le maître a accompli un exploit quasiment unique : revenir en 1982 et enlever un nouveau titre chez McLaren en 1984, de justesse devant Prost (un come-back réussi, seul Prost réussira une telle performance après une parenthèse plus brève, il faut le souligner). Pourtant, Niki va faire la saison de trop en 1985 et se retirer de nouveau, définitivement cette fois, à la fin de la saison 1985. Niki n’a sans doute aucun regret, mais je considère que son parcours est suffisamment marqué pour que la malédiction y soit pour quelque chose !

Prost, Lauda et Senna sur une même photo, sans oublier Ron Dennis (derrière Prost). Toute une frange de l’histoire de la F1 en une seule image !
Lors de son 3ème titre en 1984 à Estoril.

Une présentation de tous mes livres dans une vidéo de 30 minutes…

Tout est dans le titre : 30 minutes pour présenter tous mes livres… Il fallait bien cela, non ?

J’ai essayé de respecter l’ordre chronologique de parution de mes livres pour les présenter. C’est une suggestion de mon fils ainé à la base. Il m’a dit “Dad, faudrait que tu fasses un document qui regroupe toutes tes couvertures, pour présenter ton oeuvre, quoi !”. Mais j’ai préféré en faire une vidéo afin d’avoir la possibilité de commenter chaque titre plutôt que de simplement montrer la couverture.

Bon, j’ai bien conscience que cette vidéo ne concerne que moi, avant tout. Mais j’ai eu plaisir à revenir sur chaque étape de ma trajectoire d’auteur et j’ai eu envie de le partager sur ce blog… Voilà qui est fait.

Une vidéo un peu longue mais complète au moins !

Crétinisation et Idiocratie (Bruno Lussato en 1987).

Je connaissais Bruno Lussato à cause de sa contribution à l’histoire de l’informatique. Mais je m’aperçois avec plaisir qu’il militait dès les années quatre-vingt contre la crétinisation croissante de la société… On voit ce qu’il est advenu aujourd’hui !

La forme n’est pas terrible mais le fond est impeccable… regardez cela jusqu’au bout !

Ce qui est intéressant avec cette émission d’Apostrophe, c’est que tout ce qui est annoncé s’est (hélas) réalisé. Mais on constate aussi que si le fond est juste (tout à fait juste même !), la forme elle laisse plus qu’à désirer : ces messieurs donnent une impression pitoyable… on dirait de vieux académiciens coupant les cheveux en quatre sur un détail d’orthographe, pas très engageant, n’est-ce pas ?

C’est tout le drame de notre époque : peu importe d’avoir raison sur le fond si la forme ne suit pas… Mais je pense que cela a toujours été vrai finalement !

Vidéo “ch’es grôle”… allez, encore une autre !

Encore une vidéo “drôle”, la quatrième de la série… Je ne suis pas certain que cette vidéo supplémentaire vous fasse rire (et les autres ?) mais c’est pour moi une occasion de vous montrer quelques séquences qui sont “cultes” pour moi. En attendant, enjoy!

Ah, Nabila, un sommet !

“Sauver la F1”, le point de vue d’un amateur de dix ans…

Voici un article rédigé par mon fils Justin (10 ans) que j’ai juste édité afin de corriger les fautes les plus grossières (j’en fais aussi et des belles !).

Avec Justin, nous regardons le MotoGP, le SBK, la Formule E et les 24H du Mans (y compris les rétrospectives historiques sur la fameuse ronde mancelle) mais pas la F1 (sauf les documentaires sur Netflix qui sont excellents). Raison principale de cette exclusion ?
Pas assez de spectacle !

Nous parlons de ce problème régulièrement et Justin a donc décidé de rédiger son point de vue sur la question…

Bien entendu, cela pourra paraitre bizarre de vouloir “sauver la F1” alors que c’est une discipline sportive richissime et dont les résultats financiers sont encore très enviables… Mais, quand vous perdez le “mind share”, la chute du “market share” n’est plus qu’une question de temps. Le championnat d’endurance fut un temps supérieur à la F1 et, depuis, il lutte pour retrouver sa place (sans les 24H du Mans, il y a longtemps qu’il aurait disparu et aurait été remplacé par des organisations privées comme SRO…).

Car, si rien ne change, la F1 disparaitra ou, du moins, sera remplacée par une version radicalement différente (imaginons par exemple que la Formule E soit renommée en F1). Comme l’explique bien le mot de Hemingway à propos de la ruine qui vient “progressivement puis brutalement”, le déclin est une affaire de timing.

Bref, laissons parler Justin, je vous retrouve après son article…

Justin Lefebvre le 31 mars 2019

Bonjour, vous avez sans doute vu cet article sur internet, et vous vous êtes dit qu’il peut être intéressant, eh bien, je peux vous assurer que vous n’alliez pas être déçu en fermant cette page, mais pour les passionnés du sport, je peux vous assurer, que vous allez adorer cet article, la question que je couvre dans cet article est comment sauver la F1?

Cette question est très difficile à répondre, mais je vais vous expliquer pourquoi il faut sauver la F1 et comment la sauver. regardons le passée de la formule un,

L’histoire de la Formule 1 commence en 1950 à silverstone (le premier grand prix) et a continué depuis, mais vue la situation de la F1, si on ne fait rien, elle va disparaître, c’est pourquoi, dans cet article, je vais donner les solutions possibles. À l’époque, le but était de construire la voiture la plus rapide du monde, puis, petit à petit, l’aérodynamique est arrivée et a transformé le sport, vers les années 60-70, et la F1 a évolué avec. Le problème est que le sport dépend trop de ça, car les écuries dépensent beaucoup d’argent sur les souffleries pour gagner quelques dixièmes sur le circuit, mais ça fragilise trop la voiture, alors, que par exemple, la FE (formule électrique) est bien plus solide que les F1 actuelles.

Ce qui a vraiment forgé l’histoire de la F1, c’est l’évolution de l’aérodynamisme.

C’est dans l’année  68, que tout a commencée, les constructeurs font dépassé des bouts de ferraille de tous les cotées (ci-dessous), puis, ils ont compris qu’il ne fallait pas faire ça, mais  si, etc.

Aérodynamique ridicule… Lors des premiers temps, on n’hésitait pas à “mettre le paquet” !

Mais maintenant, les voitures sont détruites au moindre choc. Les voitures ont évolué et la sécurité aussi, malgré l’absence des ambitions des nouvelles voitures (on ne regardait pas vraiment à améliorer énormément la sécurité). Puis, le 5 octobre 2014, Jules Bianchi se tue lors d’un affreux accident lors du grand prix du Japon, à Suzuka, ce qui, a contribué à la nouvelle protection du pilote (ci- dessous).

Le système “HALO”.

SOLUTION 1 et pourquoi

La première solution est la plus facile de toutes, mais cela détruirait la tradition, qui est de construire la voiture la plus rapide du monde sur circuit. En fait, il s’agirait de donner deux choix aux équipes, une voiture qui permet d’atteindre une grande vitesse, mais pas très rapidement, mais alors que l’autre peut atteindre une vitesse moindre, mais en moins de temps  de l’autre. C’est un peu comme deux catégories.  Ceci, est une bonne idée (de mon point de vue), mais, comme je l’ai dit, cette solution tuerait la tradition, mais si c’est la dernière, la FIA la prendraient, car ils sont en train de perdre leur audience qui vont voir la FE (formule électrique), et oui, la F1 devient boring (ennuyeux), car il n’y a pas beaucoup de dépassement, et au moindre gros choc, drapeau rouge (arrêt de la course). Donc, il faut faire quelque chose ! 

SOLUTION 2

La deuxième solution est de transformer la voiture littéralement, c’est-à-dire, bien la protéger (pour éviter les accrochages), un peu comme de la FE (formule-électrique), mais la voiture ne serait pas électrique, et cela améliorera le spectacle, car les pilotes seront encouragées à se cogner, comme en FE (formule-électrique), donc, cela voudrait dire re-transformer le châssis, ce qui coûterait extrêmement cher, donc la FIA n’est pas intéressé par dépenser beaucoup d’argent juste pour plus de spectacle (même si c’est ce qu’il faut faire).

Une formule E typique : les roues sont bien protégées, les ailerons sont réduits et solides.

Bien, merci Justin. Je suis assez d’accord avec lui que la F1 actuelle devrait beaucoup plus s’inspirer de la Formule E qui est actuellement une discipline en plein essor et qui reçoit un succès mérité. La F1 est vraiment en danger et il reste peu de temps avant de passer le point de non-retour (quand la Formule E commencera à vraiment grignoter son audience…).