La question des livres gratuits, vue de ma perspective… et ma réponse !

C’est un débat qu’on peut lire de temps en temps sur le Web : faut-il diffuser des versions gratuites de ses livres ou non ?

Jusqu’à aujourd’hui, j’avais résisté à cette tentation du gratuit pour éviter les « succès faciles » : si votre livre est gratuit, bien sûr qu’il va mieux se diffuser que s’il est payant !

Et puis, à force de réfléchir à la question de la diffusion, j’ai été obligé de m’avouer que, fondamentalement, ce que je voulais, c’était être lu, pas être payé. Bien sûr que je suis fier de voir mes livres se vendre, bien entendu que je suis content d’être choisi sur un autre critère qu’économique, mais soyons franc, ce ne sont pas les succès « financiers » (forcément limités, soyons francs jusqu’au bout !) que je cherche en écrivant.

Car c’est bien là qu’il faut remonter pour trancher. Pourquoi est-ce que je m’échine à publier des livres ?
Pas pour en vivre, ça c’est clair ou alors c’est raté !
En vérité, je continue à écrire parce que j’aime par-dessus tout le contact qu’on peut avoir (pas souvent, mais faut s’en contenter) avec les lecteurs. Quand un lecteur (ou une lectrice hein !) m’envoie du feedback, je dois avouer que je suis aux anges !
Moi qui suis un misanthrope avoué-assumé-endurci, j’aime tout de même cette forme d’échange…

Bref, j’écris pour être lu, c’est on ne peut plus clair. Donc, pour être lu, il faut minimiser les obstacles à la diffusion… D’où la question du livre gratuit.

J’ai donc décidé de franchir le pas et je commence par mon tout dernier ouvrage : Freedom Machine, la moto rend jeune !

Sur le site dédié de cet ouvrage, il y a désormais une page où l’on peut télécharger gratuitement mon livre au format PDF (les autres formats restent payants).

Je vais étendre cette pratique à tous mes autres livres, progressivement (il faut un peu de temps pour mettre tout en place…). J’espère que cela aura un impact positif sur les échanges avec mes lecteurs, car, j’insiste, c’est finalement la seule chose qui compte pour moi, en tant qu’auteur.

« The Great War », une chaine Youtube à suivre !

Si, comme moi, vous aimez l’Histoire (même si, on prête tantôt à Napoléon, tantôt à Winston Churchill la phrase : « L’histoire est un mensonge que personne ne conteste »), il vous faut suivre la chaine Youtube « The Great War » !

Chaque semaine est mis en ligne un nouvel épisode qui raconte le déroulement de la guerre 14/18 en détail et avec des images souvent inédites… Vraiment bien fait et édifiant.

Commenté (en Anglais, faut-il le préciser ?) avec brio par Indiana Neidell, voilà une réalisation comme on aimerait en voir plus souvent !

‘The Great War’ shows you the history of the First World War in the four years from 1914 to 1918, exactly 100 years ago. Our host Indy takes you back week by week and shows you what was going on in the past. Learn more about the Allies and the Central Powers, archdukes, emperors, Winston Churchill, Franz Ferdinand, Wilhelm II, soldiers, battles and of the life aside the battlefield. Subscribe to our channel to watch a new video every Thursday!

Perdu dans le temps et PMC T1 tout propre désormais !

Mon accident (voir « nouvelles du front« ) et ses conséquences commencent à n’être plus qu’un souvenir (malheureux mais « tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » disait Nietzsche) et je peux de nouveau avancer sur mes projets… J’ai pu reprendre l’écriture du tome II de PMC et, pour le moment, « le robinet coule », c’est bon pour le moral !

L’autre bonne nouvelle, c’est que je viens de terminer une nouvelle « campagne de corrections » (qui a duré plusieurs mois !) sur « Perdu dans le temps » et « PMC T1 » et ça aussi, ça fait plaisir !

Désormais, les deux livres qui me tiennent le plus à coeur sont, je peux enfin le dire, dans une version propre et digne de leur histoire…

Mort aux cons, il était temps de le dire !

On commence à trouver quelques blogs qui adressent directement la connerie ambiante telle qu’on doit la traiter : sans nuance.
Aujourd’hui, nous sommes submergés par le « politiquement correct » qui fait de vrais ravages. Ainsi, on ne peut plus appeler les choses par leurs noms quand ces derniers ont une connotation négative… Et c’est pire quand il s’agit de personnes. Si vous devez évoquer un abruti notoire, gardez-vous de le traiter de crétin, même si c’est mérité. Car alors, tous les bien-pensants vont vous tomber dessus en expliquant doctement que si tel ou telle est attardée, ce n’est (forcément, hein !) pas de sa faute (tout ça, c’est la faute à la société) et que donc, il ne faut pas lui dire son fait, c’est pas bien, c’est méchant…
Bref, vous aurez compris que je ne me range pas du côté de ces tartuffes qui sont en train de pourrir le discours public. J’aime bien dire les choses comme elles sont et désigner les cons comme tels.
Je ne suis plus le seul et heureusement !
Je vous recommande donc aujourd’hui deux blogs qui sont à la fois hilarants et authentiques… Le premier est principalement axé sur le cinéma avec des comptes-rendus de films où les critiques les plus saignantes sont une habitude. Les initiés auront déjà reconnu l’inénarrable « blog d’un odieux connard » avec sa rubrique « spolions mes bons » (tout un programme !).
odieuxconnard
Il faut dire que la cohérence de l’écriture des scénarios est tombée si bas avec les films récents qu’il fallait un Zorro comme notre cher « odieux connard » pour les décortiquer comme il fallait. C’est fait désormais et ceux qui ne sont pas encore complètement lobotomisés savourent comme il se doit ces critiques très détaillées et très précises.
L’effondrement du niveau des scénarios dénoncé comme il se doit par notre « odieux connard » est, à mon avis, un signe de plus du grand effondrement que nous sommes en train de vivre sur tous les plans. Les goûts du public sont désormais tellement laminés par la médiocrité ambiante que les professionnels du cinéma ne font même plus semblant d’écrire des films qui tiennent debout et lancent les plus odieuses bouses avec la certitude que ces « œuvres » vont faire suffisamment d’entrées pour couvrir le budget et au-delà… Triste époque.
Et pour démontrer la complicité du milieu avec ces productions indignes, notre « odieux connard » n’hésite jamais à mettre des extraits des chroniques des critiques professionnels en face des siennes, afin qu’on puisse comparer et se rendre compte de l’objectivité héroïque de ces « professionnels »… Une comparaison édifiante, en effet !
Ce blog ne se contente pas de dénoncer les daubes actuelles du soi-disant 7e art et s’aventure aussi du côté de la politique avec des analyses on ne peut plus pertinentes de l’état du PS ou de l’UMP, au cas où cela pourrait vous être utile. Le tout avec un humour, une lucidité (décapante, toujours !) et une qualité d’écriture qu’on ne rencontre plus guère… Allez-y de ma part, je serais surpris que vous ne deveniez pas fan de « l’odieux connard »…
Le second blog nous prévient des restaurants parisiens à éviter (tous ?). Avec « Paris à chier », vous ne vous ferez plus avoir par des gargotes à deux sous (sauf au moment de l’addition, si vous voyez ce que je veux dire…) et, en plus, les descriptions criantes de vérité sont à pisser de rire, ce qui ne gâche rien. Permettez-moi d’ajouter que c’est l’ensemble des « lieux de distraction » de la région parisienne (et même, soyons larges, toutes les grandes villes, que ce soit en France ou ailleurs hein !) qui mérite d’être dénoncée ainsi, mais les plus modérés vont encore dirent que mon enthousiasme m’égare…
parisachier
Si, par hasard, vous connaitriez d’autres publications web qui rentreraient dans la même catégorie, un bon geste svp, faites le savoir dans les commentaires ci-dessous. Votre solidarité permettrait de contribuer au mouvement « mort aux cons » dont un célèbre général français avait qualifié de « vaste programme »…

Avénement et conséquences de la « simulation totale »…

La science-fiction joue son rôle quand elle permet d’anticiper ce qui va nous arriver dans le futur. Et c’est pour cela qu’on l’appelle aussi « anticipation »…

Dans le cas qui nous occupe ici, la question est centrée sur les applications de la simulation et ses conséquences. Tout d’abord, il n’y a guère de doute que la simulation (à grande échelle, comme décrite dans mon livre PMC ou à peu près) sera mise en œuvre.

Déjà, du côté scientifique, il y a beaucoup de justifications à le faire : pour modéliser les phénomènes naturels (tel que le climat et ainsi être en mesure de mieux prévoir son évolution ainsi que la météo à court terme) mais aussi et surtout pour modéliser les phénomènes sociaux (et donc avec la nécessité de simuler les personnes jusqu’au niveau individuel le plus fin).

Aujourd’hui, de nombreux phénomènes sociaux sont considérés comme chaotiques, principalement par ignorance. Une fois simulés correctement, on pourra les étudier sous tous les angles et comprendre enfin la dynamique de chacun (si vous voulez optimiser l’évacuation d’un grand bâtiment, il vous faut connaitre à l’avance le comportement de la foule lors d’un mouvement de panique…).

Mais le domaine scientifique « pur » va être un champ d’application minoritaire de la simulation (contrairement à ce qui sera mis en avant pour justifier de la mettre en œuvre). Le domaine économique sera bien plus prolifique dans son utilisation des « simulis » !

Le domaine de la publicité, par exemple, sera un grand consommateur de situations simulées afin d’optimiser le message, le plan médias, la fréquence de diffusion et ainsi de suite. On imagine bien que les politiciens, comme les publicitaires, vont également se jeter sur cet outil pour ajuster leurs discours en fonction des leurs cibles.

Tout cela parait évident une fois exposé correctement. Mais c’est dans le domaine de la « distraction » que le secteur économique va le plus avoir recours à la simulation, hé oui. En effet, regardez le succès actuel des différentes déclinaisons de ce qu’on appelle encore « les jeux vidéo » (voir à http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_vidéo). Il suffit de regarder les chiffres pour se convaincre de l’importance croissante de ce secteur : l’industrie vidéoludique (c’est comme ça qu’on l’appelle selon wikipedia…) génère actuellement un revenu plus important que celui du cinéma et ceci depuis 1997. En 2007, le revenu global approchait les 40 milliards de dollars. En 2012, le chiffre d’affaires mondial de l’industrie atteint 60 milliards de dollars selon le SNJV (Syndicat National du Jeu vidéo). L’industrie vidéoludique serait ainsi la première industrie culturelle dans le monde. Le jeu le plus coûteux de l’histoire (fin 2013), GTA V, a couté 270 millions de dollars (moitié production, moitié marketing) soit l’ordre de grandeur d’un blockbuster hollywoodien.

Donc, on a un moyen médiocre (pour dire le mieux) de se projeter dans un univers plus ou moins bien simulé (là encore, on reste gentil) et ça marche du tonnerre : des millions de gens (et pas que des jeunes) y passent un temps de plus en plus important tout en y dépensant une somme d’argent pas ridicule. Que se passera-t-il le jour où on pourra proposer une alternative autrement convaincante ?

Oui, vous m’avez bien compris, j’en reviens encore à la simulation, la vraie. Le jour où on pourra vous proposer une plongée en immersion totale dans les univers simulés (spécialisés au début, généralistes ensuite), vous allez voir que l’offre va faire recette immédiatement (et ça sera le cas de le dire : les succès financiers des jeux vidéo actuels paraitront bien pâles en comparaison !). Les gens vont se ruer vers ce nouveau « loisir » et les cas d’addiction vont se multiplier jusqu’à atteindre un seuil alarmant : le nombre d’invidus qui vont préférer vivre une vie « plus ou moins scriptée » (en fonction de leurs préférences) dans les univers simulés va être surprenant. Tout du moins, ça sera surprenant à nos yeux d’aujourd’hui alors que ça paraitra banal quand ça sera possible. De la même façon qu’un honnête homme du XIXe siècle serait étonné de voir quelle est l’étendue actuelle de la consommation des substances addictives (y compris le sucre, les cigarettes, les médicaments en plus des substances illégales comme les drogues dures).

Il n’est donc pas impossible (pour ne pas dire probable) que l’usage des simulis soit le prochain grand problème de société à l’avenir. Voire même fera naitre une autre catégorie de population : ceux qui vivent principalement en immersion (dans les simulis donc) et très peu (voire le moins possible) en dehors.

Bien entendu, cette situation ne va pas arriver du jour au lendemain. Tout d’abord, la mise au point de la « simulation totale » va prendre un certain temps (mais sans doute sera-t-elle là avant la singularité qui reste un horizon hypothétique alors que la simulation totale est une perspective quasi certaine). Ensuite, les techniques d’immersion resteront compliquées et coûteuses pendant une période plus ou moins longue et, clairement, le transfert synaptique (si on continue à l’appeler ainsi) ne sera pas à la disposition de tout un chacun avant des décennies. Cependant, cela va finir par arriver et quand ça sera là, les digues vont céder et les masses sont s’y précipiter. Qui restera-t-il « à la surface » ?

Les deux extrémités, comme d’habitude : les plus pauvres qui n’auront pas les moyens de se payer une immersion (même brève) et les plus riches qui préféreront regarder tout cela de haut, tout en tirant les ficelles pour les plus malins d’entre eux.

L’avènement de la simulation aura quelques conséquences inattendues : disparation de la prostitution (tout du moins dans les pays riches, elle sera toujours effective dans les pays pauvres) et disparition des compétitions sportives. Ces disparitions seront limitées à leurs expressions physiques dans le monde « réel », car, bien sûr, compétitions et prostitutions seront plus jamais à la mode dans les simulis…

Pas besoin d’expliquer pourquoi la prostitution va être florissante dans les mondes virtuels, penchons-nous sur les raisons concernant les compétitions : facilités d’organisation, plus grande liberté des règles, diffusion « télévisée » à l’identique, réduction du danger et de ses conséquences, etc.

Encore que, pour ce dernier point, rien n’est moins sûr. On ignore encore (et pour cause !) quels seront les effets secondaires (ou encore, les effets réels, tout simplement) que pourraient avoir une blessure ou un traumatisme sur mon corps réel lorsque ces dommages arriveront à mon « avatar » en immersion… Peut-on vraiment séparer le corps de l’esprit ?

Voilà le type de « découvertes » que nous allons faire avec l’avènement de la simulation totale. Accrochez-vous, ça va secouer, car, comme disent les Anglais « there is always a surprise! » (il y a toujours une surprise).

La F1 est en crise et pourquoi c’est sérieux cette fois…

Avertissement : je déteste l’évolution de la F1 depuis le début des années 2000… N’attendez donc pas que je sois objectif dans ce domaine !
Mais, justement, c’est un sujet que je connais bien puisque j’ai écrit un livre sur « La malédiction des champions du monde de F1 »…

La F1 est en crise périodiquement, en quoi serait-ce différent cette fois ?

Ce n’est pas l’accident de Jules Bianchi qui est en cause : il y a toujours eu des accidents en F1 et reconnaissons qu’il y en a moins désormais (il y a toujours des sorties de route, mais elles sont de plus en plus rarement qualifiées d’accidents, car il n’y a pas de conséquences pour les pilotes) de nos jours que lors des décennies précédentes (et dans une grande proportion).

En revanche, il y a plusieurs causes d’inquiétude réelles pour l’avenir de la F1 et nous allons les détailler ici. Non pas que j’imagine que la F1 pourrait s’effondrer et disparaitre brutalement (mais ce n’est pas tout à fait exclu), mais un effacement progressif du paysage (la F1 perd de son importance et n’est plus couverte comme avant par les médias) est, en revanche, tout à fait envisageable.

Première cause : l’argent. La F1 brasse beaucoup d’argent depuis les années 80 (de plus en plus en fait), mais cet argent est (évidemment) inégalement réparti entre les acteurs. Tout d’abord, les promoteurs des circuits sont vraiment réduits à une part de misère (alors que c’était eux qui avaient la part du lion dans les années soixante) et, du coup, sont de moins en moins motivés à organiser des événements. De plus, les promoteurs de la F1 (tonton Bernie donc) veulent aller planter la tente de ce circus dans les pays émergents pour des raisons économiques. Pourquoi pas, mais cela veut dire que, de plus en plus, la F1 va abandonner ce qui faisait sa tradition, son patrimoine et donc son prestige. Le jour où le GP de Monaco sera remplacé par une course à Macao (j’extrapole), la messe sera vraiment dite.

Mais le choix des circuits (plutôt malheureux depuis 20 ans, soit dit en passant) n’est pas le seul problème lié à l’argent et à sa répartition. Les revenus des écuries engagées sont également sur la sellette après la faillite de Marussia, Caterham et la mauvaise santé financière de quelques autres. Là encore, la faillite d’écurie engagée en F1 n’est pas une nouveauté, ça a toujours eu lieu. Et il n’est pas non plus question de pleurer sur quelques audacieux qui ont vu trop grand : la F1 coûte cher, surtout quand on ne gagne pas. Il faut donc avoir les reins solides pour s’y engager ou alors, ça se termine mal.

Mais cette fois, on s’aperçoit que c’est quasiment la moitié qui est « malade ». On ne peut empêcher les gens de dépenser plus qu’ils ne gagnent (et cela ne concerne pas que la F1, hélas), mais ce malaise généralisé prouve que quelque chose ne va pas en F1 en ce moment, vraiment pas. Et cela nous amène à l’autre facteur de la crise actuelle : les nouveaux moteurs.

Périodiquement, la F1 change sa réglementation technique. Principalement pour contenir les performances des voitures. Avec, à chaque fois, un succès limité (d’où la nécessité de changer encore et encore cette réglementation quelques années après). En vérité, le vers est dans le fruit depuis le milieu des années soixante avec la règle des moteurs trois litres.  Cette nouvelle règle qui commença en 1966 était là pour permettre « un retour à la normale » après la période des moteurs 1,5 litre qui s’était avérée une mauvaise idée. Donc, en 1966 cette réglementation limitait les moteurs à trois litres de cylindrée ou, 1,5 litre dans le cas des moteurs compressés. Lors de la rédaction de ce règlement, personne ne pensait que les moteurs compressés allaient redevenir à la mode grâce à l’emploi du turbo. Et onze après (1977), Renault débutait en F1 avec un moteur turbo, justement. Alors que la F1 des années soixante-dix était stable (et même relativement économique !) grâce à l’emploi presque généralisé du V8 Cosworth DFV, l’avènement du turbo allait tout changer… à partir de là, les puissances et les coûts sont montés en flèche, obligeant les dirigeants de la FIA à bannir les moteurs turbo en 1989. Depuis cette époque, la réglementation technique est toujours sujette à caution pour de bonnes (sécurité) ou de mauvaises (spectacle insuffisant) raisons.

La F1 a donc titubé, comme un homme ivre, de règlement en règlement, s’enfonçant toujours plus dans l’irrationnel, jusqu’à culminer dans l’absurde avec le système DRS qui devait permettre les dépassements en autorisant les dispositifs aérodynamiques mobiles, pourtant strictement interdits en sport-auto depuis 1969 !
Comme le dit fort bien Epictète, « une fois la borne franchie, il n’y a plus de limite ». Une fois que la F1 en était tombée à admettre un artifice pernicieux comme le DRS, la porte était grande ouverte pour toujours plus « d’aménagements » nécessaires pour la « qualité du spectacle » (résultat ? toujours moins de spectacle… quelle surprise !).

De fait, la F1 est allée jusqu’à « trafiquer » les pneus. Comme si la règle du manufacturier unique n’était pas suffisante, Bernie a remplacé Bridgestone par Pirelli, ce dernier étant prêt à satisfaire toutes ses demandes. Du coup, Ecclestone a demandé à Pirelli de fournir des pneus « aléatoires » : certains se comportent normalement, d’autres se dégradent prématurément afin d’ajouter une composante « roulette russe » au spectacle !
Quand on en est là, tout devient possible…

Le coup de grâce est venu avec les nouveaux moteurs. La saison 2013 a été la dernière avec les V8 aspirés. En 2014, on basculait avec les V6 1,5 litre turbo-compressés, les tous nouveaux « power unit » (avec récupérateur d’énergie et tout et tout) très sophistiqués. Très sophistiqués, on veut bien le croire, mais très chers aussi : le budget moteur a été multiplié par quatre pour les écuries clientes (soit presque toutes sauf Ferrari et Mercedes) !
Et cette inflation est-elle justifiée ?
Aux yeux des ingénieurs, sans doute, aux oreilles des passionnés, certainement pas !
En effet, avec ces nouveaux moteurs, le bruit a disparu, carrément !
Vous imaginez cela ?
Des F1 qui glissent presque sans bruit sur la piste…

Bref, on se retrouve aujourd’hui avec des voitures qui coûtent (bien) plus cher et qui délivrent (beaucoup) moins de sensation… Très fort, très-très fort !

Et comme si tout cela ne suffisait pas, l’homme clé de la situation Bernie « el supremo » Ecclestone n’est pas dans la meilleure des situations. Qu’on l’aime ou que ne l’aime pas, il faut reconnaitre que si la F1 tient encore debout, c’est grâce à lui (mais on doit également dire que si la F1 est devenue ce qu’elle est, c’est aussi en partie à cause de lui…). Or, Bernie est affaibli après l’histoire de son procès en Allemagne, même s’il en bien sortit. Beaucoup attendent le bon moment pour prendre sa place, même s’ils n’ont ni son envergure ni son savoir-faire. Et puis, il y a la question de son âge. Bernie a déjà 84 ans. Et même si le bonhomme semble infatigable (et toujours aussi motivé), forcément, à un moment, son âge va commencer à peser, tôt ou tard…

Conclusion : ce qui pourrait arriver.

Imaginons que Bernie soit mis de côté (problème de santé, le scandale de trop, révolution de palais, choisissez) et que la crise éclate pour de bon (d’autres écuries font faillite et celles qui restent refusent d’aligner trois voitures pour compenser le plateau)… à partir de là, voilà ce qui pourrait se passer : la FIA reprend la main (trop contente de pouvoir revenir dans le jeu) et met en place un nouveau règlement qui impose la voiture standard (un peu comme c’est déjà aux USA en Indycar depuis quelques années et avec succès : Dallara fournit tout le plateau et les écuries ont le choix entre Honda et Chevrolet pour les moteurs) puisque, après tout, il s’agit d’un championnat des pilotes… Pour ce qui est de la lutte entre constructeurs, il y a déjà le championnat d’endurance pour cela qui, coup de chance, connait un certain regain avec un règlement technique stable, clair et intéressant (avec l’organisateur des 24 heures du Mans à la manoeuvre). Du coup, les constructeurs (y compris Ferrari) et l’argent qui va avec se rabattent sur le championnat WEC pendant que la F1 devient une formule monotype de plus, simplement prisée dans les pays qui étaient auparavant privés de F1.

Improbable ?
Peut-être, mais, sait-on jamais…