Archives de catégorie : La terrible vérité

Une suite de chroniques décapantes sur l’irresponsabilité ambiante…

La question du recyclage et ce qu’elle nous révèle…

Je me suis toujours intéressé à la question du recyclage de nos déchets en commençant par ceux d’origine nucléaire. Dans ce cas précis, je me suis vite aperçu que le recyclage en question était surtout une illusion et un produit de la propagande pro-nucléaire !

En revanche, je n’imaginais pas qu’il en était de même pour le recyclage de nos déchets qu’on appelle « ménagers » mais qu’on devrait plutôt appeler « de consommation », ça serait plus exact et plus parlant. J’ai eu une première alerte en lisant ce récit édifiant de « LA DÉSILLUSION D’UNE START-UP DE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE » où l’on peut lire (entre autres) :

Mais, la suite de nos aventures et notre longue immersion dans les coulisses du secteur nous a montré une vérité tout autre. Nous ne parlerons pas de mensonges organisés, mais disons que bon nombre d’informations que l’on trouve sur internet sont très superficielles, enjolivées et se passent d’explications approfondies concernant le devenir des déchets. La manière dont sont rédigés ces documents nous laisse penser que la filière est très aboutie et s’inscrit dans une logique parfaite d’économie circulaire mais en réalité, les auteurs de ces documents semblent se complaire dans l’atteinte d’objectifs écologiques médiocres. Et pour cause, ces documents sont en majorité rédigés par les acteurs économiques du secteur ou les géants du soda eux-mêmes qui n’ont pour autre but que de défendre leurs intérêts en faisant la promotion des emballages. La filière boisson préfère vendre son soda dans des emballages jetables (c’est bien plus rentable), la filière canette promeut son emballage comme étant le meilleur et la filière en charge de la collecte ne peut gagner sa croûte que si des emballages sont mis sur le marché : principe de l’éco-contribution.

https://laboucleverte.fr/arret-dactivite/

Edifiant, en effet (et je vous encourage à lire le récit en entier…) mais, à ce moment-là, je pouvais encore penser qu’il s’agissait d’un cas isolé et malheureux…

Et je suis tombé sur le livre « Recyclage : le grand enfumage: Comment l’économie circulaire est devenue l’alibi du jetable » de Flore Berlinger.

Bon, c’est un livre assez technique et pas très « fun » mais c’est sérieux, honnête et bien documenté.

On y apprend beaucoup et pas que du beau, hélas. On se rend vite compte que le recyclage tant vanté n’est qu’un alibi à la surconsommation qui entraine la surproduction « d’emballage à usage unique » toujours plus sophistiqués et toujours plus difficile à recycler (quand ils le sont…).

En réalité, le couple infernal emballage/recyclage est une illustration supplémentaire du trypitique « illusion-propagande-corruption » qui prévaut dans tous les recoins de notre belle société gouvernée de main de maitre par la technostructure.

Cet ouvrage détaille (sans aucune complaisance) les méandres du système qui s’est mis en place afin de produire toujours plus de déchets avec l’illusion (savamment entretenue par la propagande) que le recyclage était LA solution alors que, en fait, elle devient une partie du problème…

La seule chose qu’on puisse reprocher à l’auteur, ce sont Ses recommandations à la fin : si on la suit, on va aboutir à une sorte de « socialisme de l’emballage »… Peut-être est-ce inévitable pour enfin restreindre le volume de déchets à la source (et, au final, c’est ce qui importe vraiment) mais est-ce ce monde que nous voulons ?

D’autres confirment mes dires.

Il y a une quinzaine de jours, je vous incitais à écouter Michel Onfray dans une remarquable vidéo réalisée par Thinkerview (bravo à eux !) => http://www.alain-lefebvre.com/un-souffle-dair-frais-sur-une-epoque-marquee-par-le-cretinisme-ambiant/

Si ce n’est pas déjà fait, allez écouter Onfray dans cette vidéo : ce qu’il dit est juste et parfois tragique. Il lui arrive de déraper un peu mais l’essentiel est bon. Comme on pouvait s’y attendre, j’air recommandé cette vidéo à mes amis et voici la réponse de l’un de ceux-ci. Je reproduis son message Verbatim et In-extenso… à vous de juger :

Salut Alain

J’ai pu voir la vidéo de Onfray (c’était sur ma boite pro et donc ça a du attendre mon retour au bureau)

Comme quasiment tjs avec lui on ne peut que être d’accord avec ce qu’il dit, à qq nuances près.

Mais en tout cas son analyse de la dérive « transhumaniste » de la société actuelle est un avis que je partage totalement. De toute façon, de manière générale on va dire que la société occidentale néo libérale (en dérégulation totale) est prête à tout, du moment que ça se marchande. Ça peut toucher n’importe quel pan de ce qu’on appelle l’éthique, ils s’en foutent. Donc là dedans tu peux tout mettre, des expériences génétiques jusqu’au migrations forcées de population en passant par un flot de débilités sur les médias. TOUT doit se vendre.

Autre chose que j’aime assez dans son discours, la dictature du j’adore ou je déteste. Pouce levé ou baissé. C’est exactement le ressenti que j’ai depuis qq années, et même dans la sphère privée ! en discussion avec des amis ou autre, le débat n’est plus possible, c’est soit tu es 1 soit tu es 0. Evidemment c’est pain béni pour diriger les gens, le clivage ya rien de tel !

Ça rejoint qqch qu’il dit et que j’approuve à 100% : le cas Lepen, alors c’est une fasciste horrible dangereuse, mais on la laisse avoir un parti et passer au 2eme tour des élections, on la laisse avoir des conseils municipaux ? le pire c’est que les gens ça ne les dérange pas. D’un côté on autorise un parti, les élections etc et de l’autre on te brandit le carton rouge du vote fasciste Lepen…. C’est un exemple typique de l’absence de raison dans les esprits actuels….

Autre point intéressant et qui fait écho à un une idée qui m’est venu en regardant un assez bon reportage (et oui sur ARTE J) concernant la renaissance. Tu as un monde médiéval débile, obscure, violent, inculte, inquisiteur, dévot etc etc  d’un côté et de l’autre l’empire Bysantin, seul vestige de l’empire romain mais d’un niveau culturel et technique bien supérieur.

Constantinople tombe, commence la renaissance des débiles de l’occident, qui retrouve des tas de bouquins, oubliés depuis des lustres.

Et la renaissance est marquée par un élément clé : l’homme est vu comme un quasi égal de dieu. Il n’est plus une pauvre âme damnée et en repentance perpétuelle comme le voulait l’église.

Effervescence mondiale du coup, des progrès incroyables dans tous les domaines, on peut dire une période d’élévation de l’humanité. Tout ça pour dire que je trouve que notre période actuelle ressemble bcp au moyen age : vaseux, inculte, violent, replié sur lui-même, obscurantiste et dans lequel l’homme doit s’excuser de tout, en auto flagellation permanente (l’homme occidental).

 On avait d’ailleurs déjà relevé toi et moi cette baisse de niveau générale qui depuis 10 ans ne fait que continuer. Baisse de niveau pas seulement scolaire. Vraiment générale.

Un exemple de preuve ? Bachelot ministre ENCORE !

Bref, j’ai pas regardé en entier j’avoue que c’est long et j’ai décroché. Je me ferais la fin une autre fois.

Et je pense m’intéresser du coup à son journal. Ça peut être pas mal. A voir.

En tout cas il est assez pessimiste je trouve. Comme moi d’ailleurs. On constate. On subit. Et la seule chose à faire : résister dans son coin et sauver le peu de dignité qui reste.

Tout est dit. On vit une époque tragique… verra-t-on le rebond ?

Un souffle d’air frais sur une époque marquée par le crétinisme ambiant

Vous voulez savoir où on en est en tant que nation, en tant que peuple, en tant que civilisation ?

Simple, écoutez donc Michel Onfray, un souffle d’air frais sur une époque marquée par le crétinisme ambiant (encouragé et diffusé par tous les médias…).

Ecoutez-le, on a l’état réel de la France à ce jour (et c’est assez déprimant). C’est rare que je sois 100% d’accord avec un analyste connu mais là, je dois avouer que c’est le cas.

Oui, il a l’air sûr de lui, oui, il croit connaitre tous les sujets mais passons tout cela et écoutons-le vraiment…

Bon, 100% d’accord 100% du temps des plus de deux heures de cette « interview » (il faut reconnaître que les questions posées sont rares…) ?

Non, tout de même pas mais au moins les trente premières minutes. Après, quelquefois, ça dérape un peu, effectivement. Mais tout de même, chapeau maestro !

L’illusion technologique vue par mon fils de douze ans

Mon dernier fils vient d’avoir douze ans et il ne mâche pas ses mots !

Voici un article qu’il vient d’écrire et que je publie sur mon blog (à 12 ans, il n’a pas encore le droit d’avoir un compte FB à lui…). Croyez-le ou non, je n’ai rien modifié à son texte sinon des corrections d’orthographe (mais il reste encore des fautes, n’étant pas moi-même irréprochable en la matière…) et de la ponctuation.

Certaines de ses phrases sont presque comme des copier/coller puisés dans certains de mes articles mais je sais qu’il ne l’a pas fait car je l’ai vu rédiger son article (sur le portable Linux qu’il utilise régulièrement). Bref, je vous laisse apprécier sa position verbatim.

L’illusion de l’accélération technologique

Bon, je vous vois venir, vous allez me dire que “c’est pas vrai, regarde autour de toi, la technologie s’accélère, tu dit n’importe-quoi..”.

Et je suis là pour vous contredire. Si vous êtes prêt à écouter, je démarre.

Les médias

C’est eux, les marionnettistes, qui tirent sur les ficelles du monde. S’ils disent que “Ça, c’est pas bien”, tout le monde les suit.

Même si le lendemain, ils disent absolument l’inverse, tout le monde va quand même les suivre. Donc, ils ont le contrôle du monde. Eux, pas le gouvernement. 

Bref, ils ont excités tout le monde avec l’IA, le Machine Learning, etc. Et le pire, c’est que, après que tout échoue, ça ne leur retombe PAS dessus. Ils bourrent le monde entiers avec des fausses victoires, des faux miracles, et j’en passe encore, sans jamais perdre leurs crédibilité. Et c’est vrai pour tous les médias, plateaux télé, radio, journaux, réseaux sociaux, etc.

Les faux “spécialistes”

“Les quoi ?”, vous diraient n’importe quel idiot;

Ce sont des escrocs payés par les médias (ou le gouvernement) avec une belle étiquette de “spécialiste” pour dire soit une vérité erroné, ou des des phrases quelconques positives, en faveurs de leur payeurs. Le bon moyen d’identifier ce genre d’escrocs, c’est de lui demander la définition d’un terme connue de son domaine, sur lequel on connaît peu de choses, et vous verrez que cet imbécile vous répondra n’importe quoi.

Les recherches

Ce qui, d’après les médias “font avancer nos connaissance”.

Or, un chercheur ne vous amènera pas toujours (presque jamais en vérité !) des résultats, comme disait De Gaulle : “Des chercheurs qui cherchent, on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche.”

Explication : un chercheur qui, par exemple, cherche à fabriquer de l’or à partir de plomb.

Il peut emballer un bloc de plomb dans un film d’aluminium, pour “voir ce que ça fait”, constater que ça ne se transforme pas en or (ni en rien du tout, d’ailleurs !) et en conclure que pour fabriquer de l’or à partir de plomb, emballer du plomb dans de l’alu, ça ne marche pas. Il va publier ce crachat de mots, et récupérer son salaire.

Si ça marche pas, on injecte plus de moyens, non ?

Oui, mais… non, ça ne marche pas comme ça. Sinon, on en saurait plus sur l’ADN, on aurait trouvé le bon moyen de produire de l’énergie sans carbonisé la planète (sans jeux de mot).

Le problème ne réside pas dans les moyens qu’on injecte dans une recherche, ni la compétence des chercheurs, non, c’est une question de proportionnalité de travail/salaire;

Je m’explique, j’ai démontré, dans le paragraphe précédent, qu’un chercheur pouvait tout simplement RIEN faire, mais quand même ramasser son salaire. Le problème est dans la valeur ajouté du travail supplémentaire, le chercheur, même si il travaille dur, il trouve une piste, et finalise sa recherche, il gagnera exactement la même somme que son collègue, qui n’aura RIEN fait. Donc, il faudrait que le salaire soit proportionnel au travail accomplie. Ce qui, malheureusement, dans la presque totalité des recherches publique, n’est absolument pas le cas.

Résultats

Comme je l’ai dit au début, le monde veut des résultats, ou des réponse.

Or, le problème, c’est que les médias se sont vite aperçues que, des résultats, bah, y en a pas, ou alors, ils sont super négatifs. Les médias ont deux choix, soit ils mentent, soit ils disent que l’étude n’a pas encore aboutie, pour mentir plus tard.

Guerre, ou pas guerre ?

Certains disent que les grands développements scientifiques se font en temps de guerre, ou guerre froide. C’est vrai, mais que dans un domaine : Le militaire. Tout le reste, est en pause pendant la guerre. Vous croyez qu’on a inventé les fraises tagada pendant la guerre ? Non, toute les industries sont en PLS pendant la guerre, c’est pire que le confinement.

Preuves qu’on avance pas.

Dans tout l’histoire de l’humanité, nous avons explorées 5% de nos océans. Nous n’avons mis le pied sur QU’UN autre astre astre que la Terre (la Lune). On ne sait TOUJOURS pas comment soigner le cancer. On ne sait pas réagir DU TOUT face à une épidémie.

Conclusion

  1. La science n’avance pas, c’est presque comme si on perdait des connaissances.
  2. Le développement scientifique et technologique avance à reculons et ne s’accélère pas du tout (ou si, mais à l’envers).
  3. Les médias mentent (quelle surprise !).
  4. Le gouvernement est aveugle.

L’intelligentsia la plus bête du monde !

Voilà un billet d’humeur sur la bêtise des deux extrémités du spectre (de la population). Avant d’aller plus loin et de révéler enfin de quoi je vais vous entretenir (oui quoi, arrêtes de faire durer le suspense !), voudrais souligner que lorsqu’on écrit “un billet d’humeur”, il s’agit rarement de bonne humeur… vous avez remarqué ?

Et, oui, je confirme : ce n’est pas pour exprimer ma joie et ma bonne humeur que je rédige ce matin… Ces semaines de confinement n’auront rien fait pour atténuer mon caractère misanthrope (oui, je suis misanthrope -comme tout le monde- mais, moi au moins, je l’avoue, voir à http://www.alain-lefebvre.com/pourquoi-nous-sommes-tous-des-misanthropes-mais-si/). Il suffit pour cela de regarder comment sont les “gens”… Loin de moi de verser dans l’optimisme béat et de croire que la “leçon a porté” et que le monde d’avant ne reviendra plus, que les gens ont compris et tout ce cortège de bêtises. Il suffit de voir les files d’attentes qui se forment dès qu’un McDonald’s rouvre son drive…

Si ce comportement moutonnier est franchement désolant (et pour de la malbouffe en plus !), que dire des intellectuels (soit-disant l’autre extrémité du spectre), en particulier des intellectuels français ?

Guy Mollet aurait dit un jour que la France était dotée de “la droite la plus bête du monde”… Ce en quoi il avait sûrement raison (et ça n’a pas changé !). J’affirme moi que nous sommes aussi affecté, hélas, de “l’intelligentsia la plus bête du monde” (et, en prime, qui fait preuve de la plus mauvaise foi, pour faire bonne mesure…). 

En effet, comment accepter que cette tribu proclame avec fierté qu’il vaut mieux “avoir tort avec Sartre que raison avec Aron” ?

Ou qu’un escroc notoire comme Freud soit encore considéré comme une référence ?

Nos gauchistes (bien pensant, forcément) de mauvaise foi, roi de la bienveillance (entre eux, seulement entre eux !) tentent de nous imposer leur logique morale tordue sans jamais (au grand jamais) admettre leurs erreurs. Comment accepter qu’aucun de ses grands penseurs se soit jamais excuser d’avoir été maoïste alors que le grand timonier causait des dizaines de millions de morts dans son propre pays ?

Vous pouvez trouver mes références un peu datées et croire que, depuis, la situation a changé. Hélas, il n’en est rien !

En dehors de Michel Onfray (qui a eu une position courageuse sur Jésus et Freud), les intellectuels actuels ne valent pas grand-chose, à part jouer les donneurs de leçons sur les plateaux TV…

La vérité est que nous français, si facilement prétentieux vis-à-vis des autres peuples, nous sommes encombrés par ces pseudo-intellectuels qui ne nous apportent rien : ni réconfort, ni boussole. Il est temps de s’en débarrasser.

OK, j’avoue, tout cela n’est pas très positif mais il fallait que ça sorte. Finissons par une note utile, quand même : si vous voulez des intellectuels utiles et qui permettent de comprendre le monde actuel, laissez tomber les marxistes de tout poil et intéressez-vous à Guy Debord (la société du spectacle) et à Jacques Ellul (la société technicienne).

Pour comprendre la situation actuelle, écoutez Jean-Dominique Michel

Soyons clair, personne ne comprend rien à la (sidérante) situation actuelle !

Mais il y a une voix claire et positive qui permet de rassembler les pièces du puzzle et de commencer à comprendre, en partie, dans quoi nous nous sommes embarqués. Il s’agit de la voix de Jean-Dominique Michel, un anthropologue (Suisse) de la santé.

Ecoutez-le jusqu’au bout, ça vaut le coup !

Il s’agit donc d’un scientifique Suisse que je ne connaissais pas mais qui est très clair dans ces explications. Si vous ne pouvez consacrer 1H09 à cette vidéo, vous pouvez vous contenter des vingt premières minutes, c’est déjà pas mal… Mais il est clair que plus on l’écoute et plus on en apprend et plus on comprend comment on en est arrivé là…

C’est un type qui a rédigé quelques articles qui ont eu un certain retentissement comme https://lnkd.in/dd5f6XE, intéressant mais cette vidéo est plus « digeste » on va dire…

En plus d’être clair, Jean-Dominique Michel dégage une énergie très positive qui fait que l’écouter, même sur un sujet difficile, est agréable. Voilà, vous ne pourrez pas dire que je ne vous l’ai pas vendu !

Voilà un commentaire que mon ami Laurent Poulain voulait laisser (mais, pour une raison inconnue, ça n’a pas fonctionné…) :

Il est facile de critiquer les gouvernements, mais il ne faut pas oublier qu’ils représentent souvent l’opinion publique.

La principale raison pour laquelle la Corée du Sud ou Taiwan on été si proactifs est qu’ils ont été touchés par SARS et H1N1. En France, lorsque Roselyne Bachelot a voulu être proactive avec le H1N1 elle s’est fait clouer au pilori. Et lorsque la France a détruit ses stocks d’équipements médicaux parce que ça coûtait trop cher, personne n’a rien dit.

Si en France ou en Suisse ils avaient suivi les mêmes consigne que la Corée du Sud dés le début (dépistage systématique, internement forcé dans un hôtel pendant deux semaines pour toute personne ayant le COVID), les gens se seraient insurgés et auraient criés au totalitarisme.

Certes, le confinement est nettement moins efficace qu’un dépistage dés le début. Mais une fois qu’un pays a réagi trop tard, quelles sont les solutions?

Et pour ce qui est de la dangerosité du COVID par rapport aux autres infections respiratoire comme la grippe, je ne connais pas les nombres exacts mais la grippe à ma connaissance ne cause pas la saturation des hôpitaux comme c’est le cas en Italie.

Alors, je ne suis pas convaincu par le dévouement désintéressé de Roselyne Bachelot mais, pour le reste, sans doute as-tu raison… Ce qui est important, aujourd’hui, c’est de laisser les uns et les autres s’exprimer sans tomber tout de suite dans l’ostracisme (trop fréquent depuis quelques temps).

Ce que j’ai appris en 60 ans

Cette semaine, j’ai eu 60 ans. Je dois avouer que, quand j’avais la vingtaine, cela représentait pour moi un horizon si lointain qu’il paraissait tout à la fois inaccessible et complètement indésirable. Pour tout dire, je n’arrivais pas à me projeter “vieux”. Aujourd’hui bien sûr, j’ai une vision différente et je ne me vois toujours pas “vieux”.

Un moment agréable : une ballade en moto avec mon fils Val (en Floride).

Cependant, ce parcours qui s’est déroulé si vite, a eu le temps de m’apprendre une chose ou deux que je voudrais partager avec vous à travers cet article. Oh, je ne suis pas devenu un parangon de sagesse parce que j’ai atteint 60 ans mais laissons la modestie de côté pour tenter de transmettre ce que la vie m’a appris, jusqu’ici…

1- Apprendre

On ne cesse jamais d’apprendre et, surprise, c’est de plus en plus agréable, désirable même. S’il n’y a qu’une chose à apprendre aux jeunes, c’est ça : l’envie d’apprendre. Avec ça, vous êtes armé pour tous les défis.

2- Transmettre

C’est une pulsion qui s’impose à vous, l’âge venant. Ce que vous avez accumulé (et là, on ne parle pas de richesses mais de connaissances…), vous avez subitement envie de le transmettre, non, besoin de le transmettre. Pour que cela ne soit pas perdu ?

Peut-être, peu importe, la pulsion est là, il vous faut lui obéir.

3- Incertitude

Rien n’est sûr, surtout pas ce qui est annoncé comme certain. Attendez-vous à des déceptions si vous croyez celles et ceux qui vous annoncent des certitudes. Restez serein aussi, rien n’est sûr veut aussi dire que le pire n’est jamais certain… c’est déjà ça !

4- Amour, amitié

“Rien ne compense l’échec au foyer” me disait souvent un vieil ami… ô combien vrai !

Concentrez-vous sur l’essentiel : réussir à maintenir l’amour au sein de votre foyer. Cela semble évident, pourtant nombreux sont ceux qui échouent en se perdant dans des objectifs divers qui ne sont PAS le but de la vie.

Si l’amour est important, ne négligez pas l’amitié qui est source (abondante) de bonnes surprises (et qui, souvent, dure plus longtemps…).

5- Lâcher prise

Je n’ai jamais rien achevé de bon en étant arc-bouté sur ma tâche. “Être à cran” ne vous aidera pas. Apprenez le lâcher prise, le plus tôt possible. D’abord parce que c’est long à maîtriser ensuite parce que ça sert longtemps.

6- Échecs, réussite

“Le succès, c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme” (une citation célèbre attribuée à WINSTON CHURCHILL). Soyons clair, j’ai échoué très souvent, bien plus souvent même qu’il n’est confortable de l’avouer !

Mais échouer ne veut pas dire “se tromper”. Tous ces échecs m’ont apporté quelque chose, tous m’ont aidé à bâtir les quelques succès que j’ai pu achever. Sans les (nombreux) premiers, il n’y aurait pas eux les (quelques) seconds.

7- Rester positif

“Pourquoi s’inquiéter ?” dit le sage hindou… Il ne s’agit pas d’être positif à tout prix même au milieu des pires malheurs. Mais il suffit de se rendre compte que la beauté est partout (oui, vraiment partout, il faut juste chercher à la voir…) pour réaliser que nous avons le choix : nous plaindre (sans que cela fasse avancer quoi que ce soit) ou apprécier ce court séjour sur terre pour ce qu’il nous apporte.

8- Regard des autres

Ah si on pouvait se passer du regard des autres !

Mais on peut en fait. C’est lorsqu’on réalise finalement que le regard des autres ne vous apporte rien qu’on peut s’en libérer. Et cette liberté vous rend plus fort et plus heureux. C’est comme toute libération, il n’y a que le premier pas qui coûte…

9- Immuable

C’est comme les certitudes : rien n’est immuable. Riez quand vous entendez “pour toujours”. Aucune situation ne perdure, aucune domination n’est épargnée par le déclin, aucune position n’est acquise “pour toujours”. Libérez-vous de ce genre de boulet.

10- Sens de la vie

Ne cherchez pas le sens de la vie dans la philosophie ou dans l’ésotérisme, vivez-le à travers de profondes gratitudes : transmettre la connaissance, rayonner l’amour de vos proches, percevoir la beauté du monde, le voilà le sens de la vie.

Enfin, un dernier enseignement, très personnel cette fois : j’ai compris que je devais laisser une oeuvre pour être tout à fait satisfait de mon passage dans ce monde. Cela paraît prétentieux ou trop ambitieux ou trop vain (c’est là où se libérer du regard des autres est utile…). Peu m’importe, c’est ma pulsion actuelle profonde. Peut-être cette “oeuvre” restera inconnue, oubliée avant même d’être lue… peu importe, cela est mon moteur, ma motivation et mon devoir pour le temps qui me reste.

Comment décrire le monde en 2020 à des jeunes de 1978 ?

Comment regarder notre présent avec du recul ?

Eh bien, en le regardant depuis le passé et là il devient le futur !

Imaginons que, par un caprice malicieux du destin, je me retrouve en 1978 face à mon ami le plus cher. Richesse infinie de l’imagination qui permet d’envisager des situations que la physique interdit (pour le moment…) !

Je suis donc de nouveau en 1978, mais j’ai le souvenir complet de ce que j’ai vécu jusque-là, jusqu’en mars 2020 pour être précis. Et, bien entendu, cet ami me demande de lui raconter “comment est le monde en 2020 ?”… Qui ne voudrait pas savoir à quoi va ressembler le futur ?

Mais, pour moi, il s’agit alors de résumer plus de quarante ans d’histoire du monde. Difficile d’être précis à moins de se noyer dans les détails. Impossible d’être objectif, mon récit sera forcément biaisé par ma vision des choses. Et peu de chance d’être cru aussi : mon ami va forcément penser que je divague et que le futur, son futur, sera forcément différent de “ça”.

Tant pis, essayons tout de même. Ne pas être cru n’est-elle pas la malédiction banale de chaque prophète (voir Syndrome de Cassandre) ?

Peinture de Cassandre par Evelyn De Morgan.

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  • Alors, comment commencer ? En fait, le monde futur n’est pas aussi différent que ce que tu peux imaginer. Je dois dire que j’en suis le premier surpris, car, moi aussi, je projetais un futur bien différent quand j’essayais d’y penser à ton âge qui était mon âge aussi !
  • Oh, vraiment ? J’ai toujours pensé que le futur serait forcément vraiment différent !
  • Oui, je sais, c’est vraiment la grosse surprise mais, tu peux me croire, tu t’y reconnaîtrais assez facilement. Par exemple, la France s’est couverte d’autoroutes et de lignes de TGV et c’est plutôt une bonne chose quand on veut se déplacer, mais ça, ce n’était pas difficile à prévoir. Plus surprenants, les avions ont peu changé. En apparence, tu les trouverais vraiment pareil à aujourd’hui, même si, techniquement, il y a des différences. En revanche, le transport aérien s’est développé dans des proportions étonnantes au point qu’on considère qu’il s’agit d’un moyen de transport de masse en 2020, tu imagines ?
  • Non, ça j’ai du mal : voyager en avion coûte super cher quand même, comment ça a pu se développer largement… tout le monde est devenu riche, c’est ça ?
  • Même pas !
    C’est l’élargissement du marché qui a permis de faire baisser les coûts, la recette classique quoi. De plus, les avions polluent moins et font moins de bruit qu’en 78, ça c’est sûr, mais il y en a tellement plus que l’avantage s’annule. C’est le cas pour presque tous les moyens de transport polluants : ils sont bien plus efficaces à mon époque qu’à la tienne, mais ils sont tellement plus nombreux que la pollution reste plus ou moins au même niveau, dans le meilleur des cas. 
  • Nombreux ? Nombreux comment ?
  • Eh bien, dans les familles américaines, il est fréquent d’avoir deux voire trois voitures. Les camions se sont multipliés sur les routes aussi, il y en a vraiment beaucoup à mon époque.
    Oui, je dis “mon époque” et “ton époque” pour différencier les années que j’évoque… J’ai conscience que ça fait bizarre, car ton époque a aussi été mon époque, mais continuons comme cela, tu me comprends au moins.
  • Oui, je crois même si ce n’est pas si facile de te suivre en imaginant et en comparant à ce que je connais mais continue…
  • Puisqu’on parle de pollution, tu ne seras pas étonné que ça soit devenu la “grande affaire” en 2020. Mais, disons qu’on n’en est encore qu’au stade de la prise de conscience et encore, pas pour tout le monde, tant s’en faut !
  • Tiens, un exemple avec les sacs plastiques. Comme on a fini par se rendre compte que nos océans étaient dramatiquement pollués par les déchets en plastique de toutes les sortes, la distribution de sacs plastique dans les commerces a fini par être interdite en France et dans quelques autres pays européens, je crois. Mais en Amérique et en Asie, rien de tout cela !
    Du coup, la pollution au plastique continue largement alors que la prise de conscience est en route. Mais il semble que simplement se rendre compte ne suffit pas à déclencher l’action correctrice, encore un défaut flagrant de la nature humaine…
  • J’ai du mal à te croire : tu dis que tout le monde le sait mais on ne fait quand même rien, c’est ça ? C’est à peine croyable…
  • Oui, je sais c’est désolant mais ça s’est vérifié encore et encore : les gens refusent de croire ce qu’ils savent quand ça leur impose de changer leurs habitudes ou de sortir de leur zone de confort…
    Toujours sur la pollution, on a constaté un dérèglement climatique qui allait croissant, même si certains continuaient à le nier, forcément. Ceci dit, quand tu vois des photos ou des vidéos montrant le recul des glaciers ou la fonte de la banquise, ça fait peur, crois-moi !
  • Mais comment tu as fait pour les voir ces photos et ces vidéos, toi ?
  • Oh, ce n’était pas caché. C’était même diffusé souvent par les chaînes de télévision. Ce dérèglement climatique, même s’il n’en était qu’au début de ses effets visibles avait déjà des conséquences dantesques comme des incendies géants et d’autres horreurs du même genre. Mais ce n’est pas pour autant qu’on s’est mis à protéger les grands espaces verts, au contraire : la déforestation n’a jamais été aussi vive, tout cela pour gagner des espaces cultivables qui ne sont pas durables en plus… Mais comment veux-tu régenter cela alors qu’il n’y a toujours aucun organisme capable d’intervenir au niveau supranational. L’ONU est plus que jamais un truc démodé et inefficace, on en parle de moins en moins d’ailleurs.
  • Bof, sur l’ONU, je ne suis pas surpris. C’est un truc que je n’ai jamais compris : pourquoi garder cette organisation si elle ne sert à rien ?
  • Tiens, ça me fait penser à l’Europe du coup !
    Il y a tellement de sujets à traiter que je ne sais pas comment procéder pour te raconter tout cela de manière intelligible et sans rien oublier. Bon, ça va venir au fur et à mesure, parlons de l’Europe donc. Eh bien, ça s’est développé et c’est maintenant un gros machin difficile à comprendre. Ah c’est qu’on est loin de “l’Europe des douze” de ton époque !
    Je crois que de mon temps, on en était arrivé à 27 pays, principalement parce que ça s’est étendu vers l’est. Ah oui, c’est vrai, j’ai oublié de te signaler que l’URSS était tombée, finalement. 
  • Oula, tu vas un peu vite là ! Tu dis qu’il n’y a plus de Russie Soviétique, c’est ça ?
  • Pas tout à fait, la Russie est toujours là mais ce n’est plus le bloc communiste qui était en face des USA depuis la seconde guerre mondiale.
  • C’est arrivé comment ? Ils ont perdu la 3ème guerre mondiale ?
  • Non et heureusement ! En fait, il n’y a pas eu de 3ème guerre mondiale, c’est au moins une bonne nouvelle… L’effondrement de l’URSS s’est passé pacifiquement à la grande surprise de tout le monde.
    C’est arrivé à la fin des années 80 et ensuite, forcément, les pays de l’Est se sont libérés de la tutelle de Moscou et ont pu rejoindre l’Union européenne, ouais, ça s’appelle comme cela. Du coup, l’Allemagne a été réunifiée, mais pas sans mal. La seule vraie bonne surprise de l’Europe, c’est l’Espagne et le Portugal qui se sont bien développés et qui sont des pays modernes désormais.
  • Oui, pas mal de bouleversements finalement… pas évident à imaginer, je te l’avoue. Du coup, l’Europe doit être super-puissante non ?
  • Oui, si on veut, au moins sur le plan économique mais sur le reste, ça se discute !
    En fait, l’Europe n’est toujours pas unie politiquement et ça reste une naine sur bien des points, surtout face aux américains… Bref, la chute de l’URSS a été un grand événement, mais ce n’est pas la seule nation à avoir bien changé en quarante ans ! Les deux autres qui me viennent à l’esprit sont la Chine et l’Iran et pour des raisons bien différentes… Commençons par la Chine, ça sera plus simple. L’empire du Milieu s’est bien développé en s’ouvrant au commerce international, ce qui n’était pas évident à prévoir en 1978, même si Deng arrivait enfin au pouvoir et qu’il était connu comme un “pragmatique”. En quelques décennies, la Chine est devenue “l’atelier du monde” et a connu une croissance à deux chiffres pendant une longue période. Bien sûr, cette croissance folle n’a pas été sans conséquence et les nouvelles villes chinoises étaient aussi remarquables pour leur pollution épaisse que pour leurs gratte-ciel !
  • Oh, carrément ? Eux aussi ne sont plus communistes, comme les Russes ?
  • Non, pas tout à fait. c’est toujours une dictature communiste, si on peut dire, mais c’est aussi une puissance régionale qui n’est pas en retard sur le plan militaire ou même spatial. Ah oui, va falloir parler de l’espace aussi… Mais je ne veux pas oublier de te signaler que l’Iran a joué un grand rôle, pas toujours positif, et pas toujours volontairement d’ailleurs. Ce qui s’est passé, c’est une révolution islamiste dans ce pays, dès 1979, oui tu vois, c’est pas loin hein !
    Donc, quand le Shah d’Iran a été renversé, son pays s’est complètement retourné en devenant hostile au camp occidental. De plus, il a été ravagé par une guerre avec l’Irak qui dura dix ans, pour rien en plus… 
  • Wow, dix ans de guerre ! C’est pas rien quand même… et qui a gagné ?
  • Ben, tu vois, c’est ça le pire : personne n’a gagné, ça été dix ans d’une guerre horrible pour rien. Mais ce bouleversement de l’Iran a provoqué de multiples conséquences au Moyen Orient qui n’était déjà pas très stable. On peut même dire que, en 2020, ce n’est toujours pas terminé et que la région est toujours aussi explosive.
  • Bon, parle-moi d’autre chose car ton cours de géo-politique est déprimant !
  • Tu as raison, changeons de sujet. Donc, je voulais te parler de la conquête spatiale. Toi, en 1978, tu dois t’imaginer qu’on a fait de grands progrès en quarante ans, hein ?
  • Ben oui, forcément…
  • Eh bien, si tu savais, quelle déception !
    Bon, pour faire simple, on fait plutôt du surplace en vérité. La conquête spatiale a laissé la place à l’exploitation spatiale avec la mise en orbite de centaines, voire de milliers de satellites de toutes les sortes : pour les communications et pour prendre des photos, bien sûr. Mais aussi pour l’orientation géographique avec un truc plutôt utile qu’on appelle le GPS. Du coup, on a mis tellement de satellites en orbite que certaines de ces orbites sont désormais presque complètement polluées par des débris. Tu vois, on ne s’est pas contenté de polluer la Terre, les océans et l’atmosphère, on est allé jusqu’à salir l’espace aussi, trop fort !
  • Donc, si je te suis bien, c’est pollution à tous les étages !
    Et tu dis qu’avec tout cela, ce n’est toujours pas traité sérieusement à ton époque ?
  • Eh oui, hélas. Il y a beaucoup d’inertie pour traiter les problèmes. Généralement, il faut une grosse catastrophe pour qu’on se décide à faire les efforts nécessaires. Bon, revenons à l’espace encore que, pour le reste, ce n’est pas terrible : on a bien une station internationale et permanente en orbite, mais pour le reste, c’est plutôt à des sondes-robots que l’on confie le travail d’exploration de notre système. Bien sûr, on parle régulièrement d’une mission habitée vers Mars, mais c’est toujours pour dans vingt ou trente ans. C’est un peu comme cette blague qu’on avait lue tous les deux dans Sciences & Vie à propos de la fusion thermonucléaire contrôlée, c’était prévu dans cinquante ans, mais fur et à mesure qu’on avance, c’est toujours pour dans cinquante ans… tu te souviens ?
  • Aha, oui, je me souviens de cet article !
  • Eh bien là, c’est pareil : la promesse de ce grand projet est toujours repoussée, annulée, reprogrammée et ainsi de suite. Remarque, pour la fusion, c’est toujours pareil : le délai de cinquante ans est toujours valable !
    Bref, l’espace est utile et utilisé, mais pas de quoi s’enthousiasmer, on est loin de ce qu’on pouvait espérer, crois-moi. Une autre relative déception, c’est la médecine. Certes, l’espérance de vie a progressé, mais elle a plafonné aussi. Et les grands défis tels que le cancer restent toujours non résolus. En fait, la médecine de mon époque est performante sur tout ce qui est lié à des traumatismes osseux et aussi dans les transplantations d’organes (encore faut-il que ces derniers soient disponibles !). Mais pour le reste, c’est plutôt la déception voire la régression. 
  • Mais tu dis quand même que l’espérance de vie a progressé ? C’est une vrai progrès quand même, non ?
  • Oui, c’est en partie vrai. Mais quand je dis déception et régression c’est qu’il y a quand même des éléments préoccupants. Par exemple, on a tellement sur-employé les antibiotiques qu’on en est arrivé au point où on recommence à être vulnérables aux maladies bactériennes. Car, à chaque fois qu’on a prescrit des antibiotiques inutilement, on a donné l’occasion aux souches bactériennes de se renforcer.
    C’est typique de nous ça : quand on tient quelque chose de bien, on s’arrange pour le gâcher à plus ou moins long terme !
  • Ohlala, qu’est-ce que tu es négatif ! C’est pas possible que tout soit aussi noir et aussi nul, y a forcément des domaines où le futur a tenu ses promesses quand même…
  • Oui, c’est vrai, tu as raison. D’ailleurs, il y a effectivement un exemple où le futur a fait plus que de tenir ses promesses. Le vrai truc qui a fait des progrès fantastiques, c’est tout ce qui est lié à l’électronique. Les ordinateurs sont devenus communs et il y en a partout car ont peut s’équiper pour pas cher.
  • Mais je croyais que c’était compliqué à programmer…
  • Oui, ça l’est toujours mais pas besoin de savoir programmer pour s’en servir. Il y a beaucoup de programmes déjà tout faits qui fonctionnent bien et qui sont utiles pour plein d’usages différents.
  • Ah et tu les commande à la voix, comme dans Star Trek ?
  • Euh pas vraiment non, encore qu’il existe des appareils que tu utilises effectivement uniquement à la voix mais t’expliquer cela nous ferait entrer dans des détails longs et fastidieux. Retiens simplement qu’en 2020, les ordinateurs sont partout, vraiment partout. Il y en a plusieurs dans ta voiture, dans ta maison, jusque dans ta montre et même pour certains, dans tes lunettes !
    Mais ce dernier usage n’est pas encore très développé. En revanche, ce qui s’est généralisé, c’est le téléphone mobile qui, en fait, est lui-même d’abord et avant tout un ordinateur.
  • Wow, génial mais ça doit pas être pratique de se balader avec son téléphone…
  • Détrompe-toi, c’est tout petit, ça tient dans la main. Et avec cela tu fais tout, vraiment tout. Tu peux même faire de la vidéo-conférence en pleine nature. Cet appareil te sers aussi pour écouter de la musique. Tu peux emporter toute ta collection de disques et le son est bon en plus. Là oui, on peut dire que le futur a été ponctuel au rendez-vous. En revanche, du côté de la création musicale, là c’est le bide. Les groupes de mon époque sont super nazes et, du coup, les créations des années 70 et 80 sont de nouveau très à la mode… Tous ces ordinateurs sont connectés à un réseau planétaire et tu as ainsi accès à tout, vraiment tout, y compris les dernières productions d’Hollywood ainsi que les anciennes. Mais c’est un peu comme la musique : la création s’est beaucoup dégradée et les films de mon époque ne te plairaient sûrement pas…
  • Peut-être mais là, ce que tu décris, ça fait rêver !
    Avec un réseau planétaire et l’accès immédiat à toute la connaissance, la Terre doit être peuplée d’êtres supérieurs avec un crâne enflé pour laisser de la place au cerveau en croissance, forcément. 
  • Hélas, on est loin du compte !
    Internet (puisque c’est le nom de ce réseau planétaire) sert surtout à consulter des vidéos frivoles, dans le meilleur des cas, et à s’échanger des insultes dans le pire. Bon, dans le domaine professionnel, ce réseau est super utile et il a permis des grosses évolutions mais pour ce qui est de la contribution à l’élévation de la culture, c’est plutôt une grosse déception.
  • J’ai du mal à me représenter cela en fait : tout avoir à sa disposition et ne pas savoir s’en servir pour devenir meilleur ? Je t’avoue que ça paraît difficile à croire.
  • Bien entendu, tout n’est pas noir. Par exemple, il n’y a pas eu de guerre mondiale. La paix, c’est important tout de même, on l’oublie trop souvent. Sauf quand on vit dans un pays pauvre ravagé par une guerre civile ou régionale. Car ça, hélas, il y en a eu. Pas de grosse guerre donc, mais de nombreuses petites. En fait, c’est un peu comme dans ton époque : si tu vis dans un pays riche, ça va : tu as l’abondance et la paix. En revanche, si tu vis dans les “zones agitées et plus ou moins pauvres”, genre certaines partie de l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud, là, ça va forcément être plus tendu, surtout sur une période de quarante ans !
  • Oui là, je ne suis pas surpris en revanche, rien de nouveau sous le soleil…
  • Je pourrais te raconter le monde de ton futur pendant des heures, mais je crois que tu as déjà compris l’idée : les progrès ne sont pas aussi grands qu’espérés et la masse humaine toujours plus nombreuse dévore tout sur son passage, sans même s’en rendre vraiment compte en plus. Effectivement, c’est un tableau plutôt triste, mais il correspond à ce qu’on peut attendre de la nature humaine, ni plus, ni moins.

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Je quittais mon ami le cœur lourd pour retourner dans mon époque. Bien sûr, je ne lui avais pas tout dit, j’avais gardé pour moi quelques épisodes comme le 9/11 ou la crise du Covid19 qu’on était justement en train de vivre et dont on aurait bien aimé savoir à l’avance jusqu’où elle irait (et qui était en train de remettre en cause le statut de “transport de masse” pour le trafic aérien !). Mais raconter plus de quarante ans en quelques minutes oblige forcément à des raccourcis. Si j’avais évoqué le 9/11 par exemple, il aurait fallu que je rentre dans des explications longues qui n’avaient pas leur place dans cet échange.

On se rend compte, aussi, qu’à travers cet exercice, on n’échappe pas à certains biais. Tout d’abord, cette vision du monde n’est que MA vision du monde… avec tous ses partis pris, forcément. Ensuite, cette vision (en plus d’être biaisée) n’est que partielle : beaucoup de choses importantes m’ont échappé, sont déjà oubliées ou ne m’ont pas paru nécessaire d’être évoquées (alors que d’autres auraient commencé par cela). Donc, ce que j’ai pu décrire à mon ami est une peinture floue et incomplète.

Les biais cognitifs peuvent être organisés en quatre catégories : les biais qui découlent de trop d’informations, pas assez de sens, la nécessité d’agir rapidement et les limites de la mémoire.

Bien sûr, tout cela reste un exercice d’imagination, mais c’est celui que j’ai toujours voulu mener à terme… et vous, comment présenteriez-vous le monde d’aujourd’hui à vos connaissances du passé ?

Quand la réalité rejoint la fiction

Je viens de regarder un documentaire sur Arte : “Des robots et des hommes”. Un contenu sur la robotique, l’IA et les questions sociétales que ces sujets posent… Rien d’exceptionnel, mais j’ai pour habitude de regarder plus ou moins « tout » ce qui passe à ma portée sur ces sujets (et d’être souvent déçu par les banalités et les idées reçues qui y sont ressassées !).

Cependant, cette fois, une séquence a particulièrement retenu mon attention. À partir de 46:30; on y voit une jeune femme qui explique son quotidien au travail à Londres… Depuis dix ans, elle livre des colis (genre Uber Eats) en vélo et explique que depuis ses débuts, les choses ont bien changé : avant, elle avait un manager qu’elle voyait de temps en temps et, désormais, tout ce fait à travers une app, y compris les sanctions !

Voir à https://www.arte.tv/fr/videos/058352-000-A/des-robots-et-des-hommes/

source : https://www.ierhr.org/de-la-robotisation-des-hommes-a-lhumanisation-des-robots/

Cette évolution déshumanisée m’a rappelé exactement le contexte d’un roman de SF écrit par Marshall Brain : Mana (voir à https://marshallbrain.com/manna1.htm).

Dans Mana, une chaîne de fast food remplace tous les managers par une application reliée aux employés par un casque audio où elle donne ses ordres. Les employés peuvent et doivent indiquer où ils en sont par un microphone intégré au casque audio. Les humains sont ainsi transformés en quasi-robots qui doivent obéir minute par minute à une application qui trace tout, n’oublie rien et sanctionne au moindre travers.

Il est assez saisissant de voir qu’on en est là, déjà. Et nul besoin d’une AI sophistiquée pour atteindre ce genre de résultat : il suffit d’un programme comme les plateformes de services telles qu’Uber et autres mettent en œuvre depuis des années. Les évolutions les plus radicales ne demandent pas forcément un saut technologique important, il suffit d’intégrer finement ce qui est déjà largement disponible…

Pourquoi prédire un “hiver de l’IA” est contre-intuitif ?

Dans certains de mes écrits précédents, je reviens souvent sur une idée forte : l’IA, actuellement formidablement à la mode, va bientôt entrer dans une période moins florissante, un nouvel “hiver de l’IA” comme cette discipline en a déjà connu deux dans son passé. Pourtant, bien que les éléments qui indiquent ce prochain effondrement s’accumulent, le battage médiatique ne faiblit pas et continue à résonner positivement avec l’assentiment (aveugle ?) de la grande majorité des “analystes” de la tech. Pourquoi ?

Pour comprendre les forces qui sont à l’œuvre ici, je vous propose de nous pencher sur les mécanismes mentaux qui entretiennent cette croyance (l’IA, c’est l’avenir) en dépit des signaux qui indiquent le contraire.

Psychologie des foules

Prédire l’hiver de l’IA, c’est comme prédire un krach boursier : il est impossible d’indiquer avec précision quand cela se produira. Cependant, comme avant un krach boursier, on peut déjà observer des signes de l’effondrement imminent. Actuellement le “récit IA” trouve encore une résonance si forte qu’il est plus facile (pour le grand public) d’ignorer ces signaux et de continuer à croire cette belle histoire.

Pour comprendre la force du “récit IA”, il faut sortir du domaine de la tech pour passer dans le domaine de la psychologie sociale, de la psychologie des foules. Chaque nouveau convaincu renforce la conviction de l’ensemble avec des arguments du genre “un millions de personnes ne peuvent pas avoir tort, ne peuvent pas penser la même chose en même temps et se tromper” alors qu’on a des exemples par le passé qui montrent que le volume ne fait rien à l’affaire et qu’on peut avoir des foules qui ont des convictions (y compris très fortes comme dans le domaine religieux) qui ne reposent hélas sur rien. Dans le domaine de l’IA, il faut comprendre que chaque démonstration médiatique vient renforcer les autres. On est donc face à un effet cumulatif qui finit par ancrer une conviction en profondeur dans chacun de nous, on finit par s’habituer à “l’évidence” de telle ou telle affirmation, de telle ou telle hypothèse. Au bout d’un moment, elle n’est plus considérée comme une hypothèse, mais ça devient un fait (ça ne l’est pas), au moins dans la tête des gens. C’est ce mécanisme qui est à l’œuvre continuellement avec le battage médiatique autour de l’IA (et c’est pareil pour les autres modes).

Renforcement positif, forcément

Les membres du système médiatique vont, consciemment ou inconsciemment, appliquer un filtre de “renforcement” dans le choix des nouvelles qu’ils publient. Donc, dans un premier temps, ils vont plutôt publier des articles avec des éléments qui vont dans le sens d’une confirmation du phénomène en cours. Il faudrait le tarissement de cette source (celle qui confirme le phénomène) puis l’apparition d’une autre source (qui elle infirmerait la chose) qui irait dans l’autre sens (finalement, le phénomène “à la mode” n’est que vent, ça marche, etc.) et seulement si le flot de la seconde source se met à dépasser la première, on verrait le ton s’inverser. Et si on en arrive là, l’emballement médiatique reprend, mais dans l’autre sens. 

Retournement de tendance, généralisée

Tout d’un coup, tous ces commentateurs qui disaient et répétaient “l’IA c’est l’avenir et ça va tout changer” vont se mettre à dire à l’unisson “finalement, c’est pas pour tout de suite, c’est limité, on a trop rêvé, etc.”. C’est un cycle qui se reproduit à l’identique depuis des décennies encore et encore. On a eu de nombreuses modes qui ont permis de l’illustrer (ce n’est d’ailleurs pas limité au domaine technique, on voit le même “cycle du hype” partout, y compris dans les domaines économiques et politiques). Ce n’est pas pour rien qu’en matière d’IA on parle de “printemps” et “d’hiver” parce que ça s’est déjà produit et l’on sait que ça va se produire à nouveau.

Une bulle médiatique, encore et toujours

Actuellement, nous avons tous les signes qui permettent d’identifier un prochain “hiver”, c’est-à-dire qu’on sait qu’on a accumulé tous les indices qui désignent une bulle, une bulle médiatique autour de l’IA qui se caractérise par “assez peu de signaux et beaucoup de bruits” (d’ailleurs, toutes les bulles médiatiques sont toujours basées sur un rapport signal/bruit complètement disproportionné !). La différence flagrante entre l’ampleur de l’écho donné aux réalisations spectaculaires (mais peu nombreuses) et le silence sur les réalisations ordinaires indiquent que ces dernières sont bien trop rares pour que la situation puisse être considérée comme “normale”. Donc, une mise en scène grandiose d’un côté et le désert de l’autre. On retrouve ce décalage aussi bien avec Watson d’IBM qu’avec Deepmind de Google. Dans ce dernier exemple, on va parler encore et toujours de sa formidable réussite dans le domaine du jeu vidéo et du jeu de Go, mais on va taire le fait que Deepmind n’arrive pas à trouver des débouchés pour ses logiciels en dehors de la “galaxie Google”. Pourquoi ce biais narratif ?

Eh bien parce que c’est plus facile et mieux reçu par la cible habituelle de ressasser quelque chose de connu que de proposer une vraie analyse, une analyse critique de la situation. Donc, on ne le fait pas sauf quand l’époque et l’atmosphère sont devenues favorables à un “AI bashing” qui, très vite, se généralise (emballement médiatique de fin de cycle). Ce décalage entre le grandiose de ce qui est mis en avant (AlphaZero et le jeu de Go) et le désert des réalisations plus modestes, mais concrètes peut être expliqué par le principe des retours décroissants qui est presque un effet de “miroir inversé” avec l’enflure médiatique qui elle va croissant.

Les retours décroissants

On sait bien que toute nouvelle application produit ses plus grands résultats au début de sa mise en œuvre. Et ensuite, il faut de plus en plus d’efforts et de moyens pour récolter de moins en moins de résultats (du moins en proportion des efforts investis). C’est ça le principe des “retours décroissants” qui est le mieux et le plus facilement illustré par l’exemple de la mine. Au début, l’extraction du minerai, quand on tombe sur le filon, pas très loin de la surface, est relativement facile : en gros, il n’y a qu’à se baisser pour ramasser les pépites. Donc, résumons : peu d’efforts, des résultats spectaculaires, une très grosse rentabilité. Encouragés par ces débuts formidables, vous allez être prompts à investir pour augmenter les volumes : on commence à creuser plus loin, plus profond, à étayer les galeries, à poser des rails pour les wagonnets et à installer des pompes pour garder tout cela au sec. De plus en plus d’efforts pour une extraction qui, certes, croît en volume, mais à un prix évidemment plus élevé (y compris sur le plan proportionnel) qu’au début… On retrouve la même analogie partout : la percée est spectaculairement rentable, la suite beaucoup moins.

L’extraction minière, un bon exemple de retours décroissants !

Et c’est la même chose vis-à-vis de l’IA : les premières percées qui produisent les résultats spectaculaires (forcément, on n’avait rien vu de tel auparavant) sont les plus faciles. Après, les raffinements et la généralisation (le test ultime) sont de plus en plus difficiles et délicats. On en a un exemple criant, en ce moment même, avec les déboires des voitures autonomes. Au tout début, voir circuler des voitures qui se dirigent sans qu’on se préoccupe de tenir le volant, c’était sensationnel ! Mais après, pour sortir des sentiers battus des expérimentations limitées en territoires connus et proposer des voitures autonomes de niveau 5 partout et tout le temps, quelque soit la météo, le revêtement et la circulation aux alentours, avec tous les types d’obstacles et d’aléas, c’est autre chose… Et c’est bien pour cela que la vraie voiture autonome se fait attendre et se fera attendre pendant encore bien des années. Même si c’est contre-intuitif, c’est la vérité. 

En fait, les choses les plus difficiles en IA comme pour la robotique sont les tâches perceptuelles et motrices les plus élémentaires, comme le résume le paradoxe de Moravec :

« il est relativement facile de faire en sorte que les ordinateurs présentent des performances de niveau adulte lors de tests d’intelligence ou de jouer aux dames, mais il s’avère difficile ou impossible de leur donner les compétences d’un enfant d’un an en ce qui concerne la perception et la mobilité « 

Hans Moravec a déclaré son paradoxe pour la première fois en 1988. Et comme c’était il y a de nombreuses années, du coup, on peut penser que cela n’est plus applicable. Mais plus de trente ans se sont écoulés depuis que Moravec a fait son observation, les ordinateurs sont devenus des milliards de fois plus rapides, les caméras sont devenues des millions de fois plus précises, et… rien n’a changé. Passées les démonstrations faciles, l’IA et la robotique peinent à franchir les obstacles du monde réel, car il leur manque notre “conscience de l’environnement” que nous avons et qui nous paraît évidente.

Donc, au lieu de la fameuse accélération dont on nous rebat les oreilles en permanence, on a là un “ralentissement croissant”. C’est complètement en opposition avec ce que les gens sont prêts à recevoir, à percevoir et à croire. 

Le mode plateau

Donc, ils ne le voient pas (ce ralentissement croissant). Ce n’est même pas qu’ils ne le croient pas, ils ne le voient pas, car cela ne correspond pas au schéma de pensée qu’ils sont prêts à accepter (parce que la propagande a finalement réussi à leur faire croire que “tout allait toujours plus vite”).

Ce phénomène des retours décroissants et du ralentissement croissant, il est à l’œuvre partout et tout le temps sans qu’on en soit conscient. Si on prend les smartphones comme exemple, le gros du progrès a été réalisé avec la première génération d‘iPhone. Dès la troisième, nous sommes passés à un rythme d’innovation beaucoup moins fort, chaque nouvelle itération ne propose que des avancées marginales (retours décroissants ET ralentissement progressif), on est passé en mode “plateau” sans même s’en apercevoir, car, entretemps, une autre mode a pris le dessus sur la précédente et qui fait qu’on a toujours l’impression d’être dans le même courant d’innovations submergeantes, qui sature les possibilités de perception d’un public non-spécialisé qui, du coup, en déduit fort logiquement que “tout va toujours plus vite” même si, incontestablement, ce n’est pas le cas. 

Comme toutes les idées reçues, il s’agit d’une stupidité sans nom et il suffit de réfléchir un peu pour se rendre compte de son absurdité : si tout allait toujours plus vite, il y a un moment qu’il n’y aurait plus aucun délai entre une découverte et son application avec sa généralisation dans la foulée…

Or, un simple examen des progrès techniques les plus récents démontre que nous butons toujours sur un délai incompressible de dix ans (oui, dix ans) entre une découverte et ses premières applications et qu’il faut encore vingt à trente ans pour atteindre un premier seuil de généralisation. On est donc loin du “tout va toujours plus vite”… Voir à ce propos => https://www.redsen-consulting.com/fr/inspired/tendances-decryptees/les-grands-principes-de-levolution-1-la-maturation 

Peu de sources, trop de diffuseurs

Mais cette confusion est inévitable, car liée à notre capacité de perceptions limitées et au fait qu’on aille toujours vers le plus facile. Et le plus facile, c’est de retenir les éléments qui correspondent à notre schéma de pensée (et d’éliminer les autres), auxquels on peut adhérer et avec lesquels on a “l’impression de comprendre” plutôt que de devoir reconsidérer ses filtres, faire une vraie analyse, se mettre à penser pour de vrai, à se lancer dans une analyse critique. Il est plus facile et confortable d’avaler des contenus qui, en fait, ne sont que des résumés (éventuellement de façon abusive sous couvert de vulgarisation) d’éléments lus ailleurs et regroupés en quelques copier-coller à faible valeur ajoutée, car mal compris et mal digérés.

La prochaine victime : l’informatique quantique

Le battage médiatique est constitué de ces redites reprises ad nauseam, car il y a très peu de sources et beaucoup de diffuseurs (comme il y a peu d’agences de presse et beaucoup de chaines de TV…). On voit ce mécanisme encore utilisé actuellement à propos de l’informatique quantique avec des promesses délirantes alors qu’on n’est qu’au tout début de ce domaine radicalement nouveau (voir plus à ce propos ici => https://www.redsen-consulting.com/fr/inspired/tendances-decryptees/linformatique-quantique-pour-bientot).

Je vous encourage à penser par vous-même en vous libérant des carcans de la propagande, toute la propagande, y compris dans le domaine hi-tech où elle n’est pas moins présente ni insidieuse… Remettez en cause les analyses, y compris la mienne. La bonne attitude sur le plan intellectuel n’est pas de suivre le troupeau mais bien de tirer ses propres conclusions en fonction de votre contexte et de vos contraintes.

J’étais “visionnaire”, je suis désormais “contrariant”… Suis-je devenu un vieux con ?

En quoi étais-je un visionnaire ?

Au pic de mon activité professionnelle, j’étais assez souvent qualifié de visionnaire et, avouons-le, j’aimais bien cela. J’avais un “track record” assez flatteur en la matière : j’ai été (en France) un pionnier du client-serveur et un pionnier du Web, j’ai rédigé et publié les premiers livres sur ces matières et j’avais des chroniques régulières dans les principales publications consacrées à l’informatique.

Par la suite, j’ai également été un pionnier des réseaux sociaux en France, rédigeant et publiant le premier livre en français à ce sujet (“Les réseaux sociaux, pivot de l’Internet 2.0”, paru chez M21 édition en 2005). J’ai donné de nombreuses conférences sur tous ces sujets techniques, mais tout ceci bien avant l’avènement des “Ted Talk” pour tous. Bref, j’ai été un visionnaire à l’époque où ça voulait dire quelque chose pour moi. Plus maintenant.

Quand ai-je basculé en mode “contrariant” ?

En 2010, j’ai rédigé une histoire de l’informatique moderne (“Cow-boys contre chemin de fer ou que savez-vous vraiment de l’histoire de l’informatique ?”, première publication en octobre 2010) avec mon vieux complice, Laurent Poulain. En effet, nous trouvions que tous les ouvrages sur le sujet passaient à côté d’un point essentiel à nos yeux : la lutte entre les “start-ups” (les “cow-boys”) et les grandes sociétés (les “chemins de fer”), moteur principal du progrès technique que nous constatons tous les jours. C’est sans doute à partir de ce moment-là que je suis passé en mode “contrariant”…

Notre livre à Laurent et à moi…

Ensuite, il y eut “Cette révolte qui ne viendra pas” (première publication en août 2011) où je dénonçais le rôle des médias dans l’abrutissement généralisé… Puis “Le miroir brisé des réseaux sociaux” (première publication en mars 2013) réalisé avec François Lienart où nous avions une certaine avance pour pointer du doigt l’absurdité des contenus publiés sur Facebook et autres…

Cette révolte qui n’est toujours pas là…
Les réseaux sociaux, eux, sont toujours là…

Enfin, ma bascule fut complète avec cet ouvrage plus récent, “Technologies : perception, illusion, déception” où je m’attaquais à la reine de toutes les idées reçues : l’accélération permanente du progrès technique (et c’est pas gagné, on le verra plus loin).

Une illusion qui a la vie dure !

La propagande est partout, y compris dans la hi-tech

Avant d’aller plus loin dans mon argumentation, avez-vous remarqué combien la propagande est devenue omniprésente ?

Jusqu’aux années 70, on était surtout habitué à la propagande gouvernementale… Par exemple, sur la guerre au Vietnam. Cette propagande n’a pas cessé, n’a pas faibli et on en a une nouvelle preuve aujourd’hui avec l’affaire des “Afghanistan papers”. Mais, désormais, il serait sot de croire que la propagande se limite à la géo-politique. Il en est de même dans les domaines de l’économie ou même (et surtout devrais-je écrire) dans la hi-tech !

La propagande “hi-tech” existe bel et bien, l’exemple récent de Wework devrait vous en convaincre. Dans cet exemple édifiant, nous sommes passés en quelques semaines à “Wework est une licorne exemplaire menée par des génies” à “Wework est une escroquerie qui montre la profonde incompétence de Softbank”. Si ça ce n’est pas un retournement de situation, je ne sais plus quel exemple vous fournir !

Pourquoi est-ce utile d’être un contrariant ?

Pour ne plus se faire avoir par une propagande délirante qui vous promet tout et n’importe quoi pour se dédire (sans s’excuser !) seulement quelques mois plus tard, voilà pourquoi les “contrariants” devaient désormais être plus écoutés que les “visionnaires” qui se sont décrédibilisés encore et encore.

Les exemples récents sont légion : la voiture autonome qui devait être là rapidement et qu’on risque d’attendre au moins dix ans, la Blockchain qui devait tout révolutionner et qui, au final va n’avoir qu’un impact minime ou même l’IA montée en épingle à cause des applications (spectaculaires, admettons-le) des techniques de “machine learning”, mais qui, une fois de plus, ne va pas pouvoir être “tout pour tous” et qui va droit vers un nouvel hiver de l’IA… Il vous en faut plus ?

Ce matraquage omniprésent et ultra-puissant provoque une paralysie intellectuelle généralisée. Quand vous lisez partout (oui, partout) que la Blockchain “c’est super, révolutionnaire et ça va tout changer”, forcément, ça a de l’effet. Vous vous dites que, vu que tout le monde est d’accord sur ce point, c’est que ça doit être vrai, qu’il faut prendre cela au sérieux…

Hélas, le fait que ça soit omniprésent ne confirme qu’une chose : il a peu d’articles originaux (des sources) et beaucoup (mais alors beaucoup) de copier-coller, vite fait/mal fait et mal digéré (voire pas digéré du tout). C’est comme les chaînes de télévision et l’actualité : les chaînes (nombreuses !) ne sont que des diffuseurs, les vraies sources sont les agences de presse et elles sont peu nombreuses, elles.

La propagande hi-tech a bien compris que le “mind share” précédait toujours le “market share” et c’est pour cela qu’elle s’empresse d’occuper le terrain avec la dernière tendance à la mode (qui, vous l’avez remarqué, change régulièrement tous les deux ans) afin de ramasser les premiers dividendes (façon Wework) et advienne que pourra par la suite…

L’exemple de l’idée reçue véhiculée par la propagande hi-tech : “tout va toujours plus vite”…

Allez, je vous avais promis de m’attaquer à la principale idée reçue rabâchée (ânonnée devrais-je écrire…) ad nauseam par tout le monde, vraiment tout le monde : le fait que le progrès technique s’accélère et que tout va toujours plus vite (ma brave dame).

Comme toutes les idées reçues, il s’agit d’une stupidité sans nom et il suffit de réfléchir un peu pour se rendre compte de son absurdité : si tout allait toujours plus vite, il y a un moment qu’il n’y aurait plus aucun délai entre une découverte et son application avec sa généralisation dans la foulée…

Or, un simple examen des progrès techniques les plus récents démontre que nous butons toujours sur un délai incompressible de dix ans (oui, dix ans) entre une découverte et ses premières applications et qu’il faut encore vingt à trente ans pour atteindre un premier seuil de généralisation. On est donc loin du “tout va toujours plus vite” (mon bon monsieur)…

La perception que le rythme du progrès technique est rapide (il ne l’est pas) provient du fait que le grand public ne voit pas les phases de découvertes, d’expérimentations et de mises au point qui ont toujours (toujours) précédé les percées spectaculaires qui occupent les médias (qui eux ne s’intéressent qu’à la phase finale). C’est ainsi que les “révolutions en une nuit” prennent couramment vingt ans de préparation, mais c’est pas grave, on fait comme si une nuit avait suffi.

Dans mon livre “Technologies : perception, illusion, déception”, je reviens justement en détail sur ces mécanismes et j’énumère de façon réaliste où nous en sommes dans les différents domaines qu’on estime être dominés par ce progrès technique toujours plus rapide. Mais peu importe, je m’aperçois que toutes ces explications sont vaines et même des esprits éveillés répètent que “tout s’accélère” comme si c’était devenu une évidence aussi prégnante que la gravité.

Cela va de pair avec une autre affirmation idiote : “on n’a jamais vu ça avant”… Or, encore une fois, même un examen sommaire permet de trouver des précédents comparables à quasiment tous les événements historiques. Un exemple ?

Allez, au point où on en est, on ne va pas s’en priver…

Lorsqu’Internet s’est répandu, les observateurs y ont vu un cas à part, car on n’a jamais rien eu de comparable par le passé. Vous vous rendez compte, Internet… Un truc énorme, impossible de trouver un comparable dans le passé, n’est-ce pas ?

Pourtant, le livre de Tom Sandage « The Victorian Internet » démontre cependant que l’émergence et l’évolution du télégraphe (et sa banalisation) présentent des parallèles troublants avec l’histoire récente du Réseau des réseaux…

Pareil sur la monnaie unique européenne (l’Euro que nous connaissons tous, et pour cause…), c’est du jamais vu, pas vrai ?

Encore raté : en 1865, la France, l’Italie, la Suisse et la Belgique signaient un accord monétaire, auquel adhéra la Grèce en 1868. Cette association monétaire fut bientôt connue dans le monde entier sous la désignation Union monétaire latine (UML).

Bref, on l’aura compris, je vous encourage à penser par vous-même en vous libérant des carcans de la propagande, toute la propagande, y compris dans le domaine hi-tech où elle n’est pas moins présente ni insidieuse…

Merci de votre attention.

Trump, un destin à la Nixon

Je l’ai souvent dit mais il semble que, comme toujours, la réalité dépasse la fiction !

Trump/Nixon, pas même combat mais sans doute même destin !

Car il est de plus en plus clair que notre cher Donal Trump va connaitre un parcours présidentiel aussi calamiteux que Richard Nixon. Depuis qu’il est président, j’ai toujours pensé que ce scénario était possible mais il est désormais de plus en plus probable. Pour être tout à fait clair, résumons rapidement ce fameux scénario. Trump/Nixon est élu pour un premier mandat (1968 pour Nixon, 2016 pour Trump). Pendant ce premier mandat, une affaire se déclenche (le Watergate pour Nixon, plein de trucs divers pour Trump mais il semble bien que la demande faite au président Ukrainien (trouver une affaire louche qui implique Joe Biden) soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase…). Trump/Nixon est élu pour un second mandat (1972 pour Nixon, 2020 pour Trump) mais il ne va pas au bout de ce mandat à cause du scandale déclenché par la précédente affaire (Nixon démissionna à cause du Watergate, Trump pourrait aller au bout de la procédure d’impeachment vu qu’il ne fait rien comme les autres !).

Ce qui était il y a quelques mois encore une mince possibilité (Trump est viré par le congrès US) devient de jour en jour de plus en plus probable. Ah, j’aurais encore dû parier tiens !

La loi de la promesse inversée

« La loi de la promesse inversée »… qu’est-ce que ça peut être ?

Eh bien, je me faisais la réflexion dernièrement que, depuis les débuts « grand public » de l’Internet (mettons dans le milieu des années 90), toutes les promesses (délirantes, pour la plupart) qui ont accompagné cette montée en puissance du Net ont été exactement inversée.

Inversée, c’est à dire ?

C’est-à-dire que, pour chaque promesse, on a eu le résultat inverse. Un exemple : l’Internet devait permettre de « sauver la démocratie » et on a eu le retour du populisme (élection de Trump, brexit, etc.). L’internet devait relancer le petit commerce grâce au commerce électronique pour tous (vous vous souvenez de fin des intermédiaires ou de la « longue traine » ?) et on a eu Amazon, Ebay et Alibaba.

Bref, vous avez compris le concept de la loi de la promesse inversée. On peut donc la décliner ainsi : pour chaque promesse à la mode venant de l’évolution de l’Internet, on peut être sûr qu’on aura finalement le résultat inverse.

Il semble que je ne sois pas le seul à comprendre que l’Internet ne soit pas tout rose…

Allez, un autre exemple mais dans le futur cette fois. En ce moment, la blockchain est à la mode et elle s’accompagne de promesse extravagante : C’est dans ces conditions que la blockchain apparaît comme un organe de confiance, libre et autonome, où les utilisateurs seraient indépendants dans leur action et leur décision. En somme, une forme de « néo-démocratie » voire une « ochlocratie » digitale où le pouvoir serait rendu aux utilisateurs et viendrait à remettre en cause le dictat des opérateurs centraux (à l’inverse même du néolibéralisme, du totalitarisme et de l’étatisme). Je n’invente rien, je viens de lire ceci sur le Web !

Avec une promesse pareille, il est facile d’en déduire que, selon la loi de la promesse inversée, si jamais la blockchain va au bout de son chemin, on aura l’exact inverse, donc une main-mise encore plus forte de la techno-structure sur les moyens de paiement, de transaction et d’enregistrement.

Une vidéo que j’ai publié en décembre 2015…

Crétinisation et Idiocratie (Bruno Lussato en 1987).

Je connaissais Bruno Lussato à cause de sa contribution à l’histoire de l’informatique. Mais je m’aperçois avec plaisir qu’il militait dès les années quatre-vingt contre la crétinisation croissante de la société… On voit ce qu’il est advenu aujourd’hui !

La forme n’est pas terrible mais le fond est impeccable… regardez cela jusqu’au bout !

Ce qui est intéressant avec cette émission d’Apostrophe, c’est que tout ce qui est annoncé s’est (hélas) réalisé. Mais on constate aussi que si le fond est juste (tout à fait juste même !), la forme elle laisse plus qu’à désirer : ces messieurs donnent une impression pitoyable… on dirait de vieux académiciens coupant les cheveux en quatre sur un détail d’orthographe, pas très engageant, n’est-ce pas ?

C’est tout le drame de notre époque : peu importe d’avoir raison sur le fond si la forme ne suit pas… Mais je pense que cela a toujours été vrai finalement !

Les gauchistes sont devenus moralisateurs par tactique !

Nos chers gauchistes donnent la leçon sur tout : moeurs, économie, écologie et ainsi de suite… Et, ce faisant, ils sont devenus proprement insupportables. Mais, la bonne question à se poser est « pourquoi font-ils cela ? »… Je propose la réponse dans la vidéo ci-dessous :

Ah, les gauchistes !
Il faudrait quand même trouver un moyen de les faire taire…

Leur dialectique « tactique » est bien au point et elle fonctionne formidablement aujourd’hui, époque reine du « politiquement correct » (même et surtout s’il est hypocrite). Car, si vous les critiquez, vous êtes un fasciste (voire pire). En effet, puisqu’ils sont tous (et toutes !) des parangons de vertu, si vous êtes contre eux, c’est que vous êtes le mal, forcément !

D’où les attaques « ad personam » (et pas sur les idées, hein !) pour vous disqualifier, vous exclure du débat, interdire votre voix, vous ostraciser systématiquement comme c’est devenu la règle habituelle (d’où le recours rapide à l’étiquette d’anti-sémite si jamais vous résistez trop longtemps… là, l’infamie est telle que votre compte est réglé une bonne fois pour toutes, ah mais !).

La crise des opioïdes aux USA et bientôt en Europe aussi…

Il y a longtemps que je voulais évoquer cette histoire incroyable, ce phénomène très inquiétant qui ravage les USA depuis des années. Je m’intéresse à ce « dossier » depuis 2015 et je suis surpris que ce scandale ne fasse pas plus de bruit. Je suis aussi très surpris (pour ne pas dire plus) que les autorités américaines n’en fassent pas plus pour endiguer cette crise (en fait, elles ne font presque rien car le lobby de « Big Pharma » est très puissant aussi là-bas). Je pourrais me lancer dans de grandes et longues explications sur cette crise mais il se trouve que « Envoyé Spécial » vient de diffuser un reportage fort bien fait et très complet sur le sujet (et c’est moi qui dis cela !) que je vous laisse découvrir ci-dessous :

Un reportage d’Envoyé Spécial très bien fait et très complet.

L’erreur à éviter serait de croire que « chez nous, ça peut pas arriver », que c’est une crise qui va se limiter aux Américains, que c’est à cause de leurs habitudes… C’est vrai que ça joue, un peu. Les Américains consomment naturellement beaucoup plus d’antidouleurs que les Européens, c’est presque culturel. Tout comme les Français consomment trop d’anti-dépresseurs et autres psychotropes. Mais la crise des opioïdes est en train de débarquer aussi en Europe pour les mêmes raisons (systémiques) et quasiment de la même façon qu’en Amérique !

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder ce reportage de RTS (la télévision Suisse) où les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’Oxycontin est en train de produire les mêmes ravages (avec le repli sur l’héroïne en moins, c’est la Suisse quand même…).

Le phénomène commence à se répandre en Europe aussi : la Suisse en témoigne !

Je vous recommande aussi cet article « Etats-Unis: le business de l’overdose » sur https://www.causeur.fr/etats-unis-oxycontin-medicament-drogue-heroine-38451. Cet article complète de façon intéressante le reportage d’Envoyé Spécial.

Arrêtez de regarder/écouter/consulter les actualités !

Vous voulez aller mieux ? Vous voulez vous sentir bien ?
Parfait !

J’ai un moyen à vous proposer : couper les sources toxiques à commencer par les actualités. Vous regardez les actualités à la télé ? Mauvaise idée… Coupez cela totalement.
Vous écoutez les actualités à la radio ? Pareil, très mauvais… Coupez cela totalement.
Vous suivez un fil d’actualité sur le Web (comme celui de Google par exemple) ? C’est pas mieux, à stopper complètement.

Terminé ça !

Les actualités vous apportent-elles du positif ?
Non ?
Alors, il ne faut plus les suivre…
Sont-elles indispensables ?
Non ?
Alors, il ne faut plus les suivre…
Allez-vous être coupé du monde ?
Non ?
Alors, que craindre ?

La plupart des gens continuent à suivre les actualités par réflexe social… voilà la vérité. Ils ne suivent pas l’actualité parce qu’ils en ont besoin ou que cela les intéressent… Non, c’est parce qu’ils veulent être au même niveau que les autres, afin de pouvoir discuter des mêmes sujets…

Et c’est pour cette pauvre raison que tous ces gens continuent de s’abreuver à ces sources toxiques sans même se rendre compte du mal qu’ils se font.

Un nouveau récit de fiction : « Les terribles trop »…

Voici un tout nouveau récit de fiction que je publie aujourd’hui sur ce blog en exclusivité. Il va ensuite rejoindre mon recueil « Un auteur à succès« .

J’ai rédigé ce texte sur le ton de la fiction afin d’aborder librement des sujets importants… à vous de juger si, une fois de plus, la réalité dépasse la fiction !

Les terribles trop

Je ne savais rien de cette réunion avant de m’y rendre. J’avais reçu la convocation par email et j’ai demandé à mon patron s’il savait de quoi il s’agissait. Ce dernier m’a répondu que je devais y aller, que c’était important, que N aurait dû s’y rendre, que je devais le remplacer… et voilà. Il m’a tout de même donné un dossier afin que je me documente. Curieux dossier sur tous les plans. D’abord, il était entièrement en papier. Papier non photocopiable, faut-il le préciser ?

À part si ça vient des archives et que ça concerne des affaires anciennes, c’est de plus en plus rare même chez nous !

Le lieu de la réunion aussi était bizarre : il fallait aller à Genève… Je pris l’avion l’après-midi même, sans connaître ma destination finale. La convocation disait qu’il fallait se pointer à l’aéroport de Genève et qu’une “prise en charge” serait assurée  une fois sur place. J’en profitai pour éplucher ce dossier pendant le vol et là encore, j’allai de surprise en surprise : je découvrai l’existence d’épandages (agricoles ?), de missions aériennes classifiées… Quelle était donc cette opération qui semblait de grande ampleur, mais dont les buts et les limites étaient si flous ?

Une fois l’avion posé sur le tarmac, un type se tenait à la porte des arrivées avec mon nom sur un panneau blanc. Je me dirigeai vers lui et il prit ma valise sans dire un mot. Je le suivis satisfait : il avait été bien briefé… chez nous les spéciaux, on n’aimait pas les bavards et moins on en disait, mieux c’était !

Le trajet en voiture fut très bref et j’eus juste le temps de voir un panneau indiquant la ville de “Meyrin” avant qu’on s’arrête devant une maison ordinaire. J’étais de plus en plus dubitatif. La maison semblait n’être qu’un décor; elle abritait un ascenseur qui nous amena loin dans les sous-sols juste derrière les pistes de l’aéroport. Une fois en bas, l’ambiance était très “béton partout”, mais la promenade n’était pas terminée : un petit tour dans un “golf kart” de couleur kaki et nous étions enfin à destination… Une grande salle de réunion souterraine avec un buffet dans un coin où les autres participants sirotaient un café en attendant les derniers arrivants dont je faisais partie.

Finalement, un retardataire nous rejoignit et le signal pour amorcer la réunion fut donné avec la fermeture des grandes portes de ce quasi-blockhaus. Une imposante table en U était installée pour recevoir une bonne vingtaine de participants assis et un pupitre dominait au centre de l’ouverture du U. Tout le monde disposait d’un microphone qu’on pouvait activer avec un bouton rouge. Un assistant distribuait un document (plusieurs pages reliées par agrafeuses), encore du papier, ça semblait être la règle de cette opération mystérieuse…

Un type dans un costume gris prit place au pupitre, la réunion allait enfin commencer, j’allais peut-être finir par en savoir plus. Après les politesses d’usage, le type commença son exposé sans s’être présenté, comme si tout le monde savait qui il était !

Moi, j’étais toujours dans le noir et j’avais hâte qu’on entre dans le vif du sujet afin de comprendre dans quel fourbi mon patron m’avait envoyé… Je me concentrai donc sur le discours du premier orateur.

Chers délégués, nous avons compilé les nombreux rapports des opérations “Blue Sky” de ces dernières années et nous sommes arrivés à des conclusions que nous allons vous exposer maintenant et qui sont en synthèse dans le document A10 qui vient de vous être remis. Tout d’abord, laissez-moi vous dire que ces opérations s’étalent sur de nombreuses années et que presque toutes les nations du groupe NATOwide y ont participé. Nous avons aussi ici présent, à titre d’observateur, un délégué chinois que je salue au passage.

Quelques têtes se tournèrent vers un Asiatique maigre impassible qui flottait dans un uniforme vert olive au col mao caractéristique… L’orateur poursuivit après un bref geste de la main vers ce représentant de la grande nation chinoise.

Tout cela pour vous dire que c’est à une masse considérable de données que nous avons fait face. Nos analyses ont duré des mois. De plus, il a fallu prendre en compte l’évolution inévitable des expérimentations qui ont émaillé les opérations “Blue Sky” et ce depuis le début. Bref, arriver à une conclusion ne fut pas facile et prit bien du temps.

Mais, cette conclusion, nous l’avons et je voudrais vous la présenter sans fard : ça ne marche pas.

La stupeur s’empara de la salle alors que la dernière sentence de l’orateur tombait. Moi, dans mon coin, je ne comprenais toujours rien : qu’est-ce qui “ne marchait pas” dans ces fameuses opérations “Blue Sky” dont je ne savais rien ?

L’orateur, content de son effet, reprit la parole.

Les concepteurs de “Blue Sky” voulaient contrôler le climat à des fins militaires et pensaient que des épandages aériens allaient suffire pour cela. Mais les effets désirés n’étaient pas toujours au rendez-vous. Il y avait aussi des effets secondaires indésirables et pour tout dire, on est resté assez loin d’une réelle maitrise du climat. Tout juste arrivait-on à provoquer une tempête çà et là, mais sans pouvoir la diriger ni l’arrêter. Bref, tous ces essais se révélèrent assez décevants.

J’avais enfin une partie de la réponse : c’était donc cela “Blue Sky”, pouvoir influencer la météo afin d’affaiblir l’adversaire… Intéressant, effectivement. On comprend que les militaires aient voulu peaufiner cette idée. Mais ça ne m’étonne pas qu’ils ne soient pas arrivés à leurs fins. L’orateur fit une longue pause qui présageait une suite délicate.

Cependant, à l’occasion de ces multiples essais, des résultats inattendus se sont manifestés. Et c’est de cela dont je voudrais vous entretenir désormais…

En effet, nous avons constaté que les opérations “Blue Sky” pouvaient aussi avoir une influence sur les comportements des populations. Lors de cette réunion, nous allons pouvoir écouter des présentations de spécialistes qui vont aborder tous ces sujets. C’est donc avec confiance que je laisse la parole au Général M. qui va nous exposer les détails du bilan militaire des opérations “Blue Sky”.

Tiens, un général désormais, rien que cela !

On voit bien qu’on est au milieu de la communauté du renseignement dominée par les militaires qui adorent les grades ronflants… Chez nous, rien de cela : je ne suis que lieutenant et mon patron est major, rien de plus.

Encore une fois, on ne sait pas son nom. Cela me convient, cette atmosphère de secret m’est habituelle. Mais ce qui me dérange, c’est que ce général se comporte comme un technicien autiste… Cette avalanche de chiffres est vraiment soporifique. Et qu’ils aient employé de l’oxyde d’aluminium, ça peut intéresser qui dans cette salle ?

Il semble que je n’étais pas le seul à m’embêter dans l’assemblée. J’observais les uns et les autres commencer à chuchoter entre eux. Apparemment, certains se connaissaient déjà alors que pour moi, tout était nouveau ici.

Au bout d’un moment, un participant se pencha en avant et appuya sur le bouton du microphone afin de prendre la parole…

  • Hum, excusez-moi… Avant de rentrer dans ce genre de détails techniques, ne pourrait-on pas aborder les questions d’ordre général qui n’ont pas encore été traitées ? C’est possible ?

Le général soporifique s’arrêta immédiatement et semblait perdu. Sûrement, on ne devait pas souvent l’interrompre ainsi !

Le premier orateur intervint :

  • Mais certainement. Et quelles sont donc ces questions d’ordre général qui vous préoccupent?
  • Eh bien pour commencer, comment avez-vous fait pour tenir le secret autour de Blue Sky ?

Le premier orateur se leva de son siège pour répondre à cette importante question… En moi-même, je pensais : “ah, on aborde enfin les choses intéressantes !”.

C’est que, justement, nous n’avons pas tenté de garder le secret absolu sur Blue Sky. Les dix premières années ont été tranquilles, mais cela a commencé à changer au début des années quatre-vingt-dix lorsque nous avons intensifié les vols. À partir de là, quelques curieux et quelques activistes se sont mis à parler sur les forums Internet. Nous avons alors lancé nos contre-mesures habituelles de debuking et le terme chemtrails a bien fonctionné. Nous avions même un plan B au cas où nos épandages seraient révélés au grand jour…

Il s’agissait de dire que nous appliquions un plan de géo-ingénierie pour contrer le réchauffement climatique !

Bien entendu, en réaction à cela, toute la salle se mit à rire. Ah, le réchauffement climatique, quelle belle invention médiatique !

Notre invention médiatique en fait… Lorsque nous avons commencé à inonder les médias avec cette fable, nous ne pensions pas que cela nous serait si utile et à ce point aussi largement adopté par tous. Les variations climatiques sont une réalité, il y en a tout le temps. Croire que le climat est stable c’est nier la force des éléments naturels en perpétuel mouvement; c’est comme croire qu’une construction, quelle qu’elle soit, durera toujours.

Les grosses variations récentes et les tempêtes qui les ont accompagnées nous arrangeaient bien pour crédibiliser une tendance au réchauffement due à la main de l’homme. Culpabiliser les petites gens est un ressort qui fonctionne toujours. Je me rendais compte à présent que les aléas et les effets secondaires des opérations Blue Sky y étaient sans doute pour quelque chose dans ces colères du climat… J’en apprenais beaucoup et ça commençait à me plaire.

Mais finalement, nous n’avons pas eu besoin d’être très actifs au niveau de ses contre-mesures. Les lanceurs d’alertes n’ont pas réussi à se faire vraiment entendre avec leurs chemtrails. Il faut dire que nous avons su déclencher de nombreux contre-feux à tous les niveaux durant la décennie 2000. Les retombées du 9/11 ont été formidablement utiles et je constate qu’elles le sont encore aujourd’hui… qui l’aurait cru ?

L’orateur affichait un sourire satisfait. On pourrait penser que toutes ces réussites étaient dues à son seul mérite !

En voilà un qui aime s’écouter parler et qui est très content de lui-même… Il ne ferait pas long feu chez les spéciaux avec un profil pareil. L’orateur se rassit, estimant avoir répondu à la question et, effectivement, tous les autres hochaient la tête en signe de consentement. Le général quitta le pupitre et un autre intervenant lui succéda aussitôt. Le nouveau venu était nettement plus captivant, il savait s’exprimer en public et ce qu’il avait à dire était tout à fait intéressant…

Nous nous sommes aperçus, un peu par hasard dois-je l’avouer, qu’à défaut de contrôler le climat avec efficacité, nous pouvions au moins contrôler les populations… Eh oui Messieurs, nos épandages nous ont permis de mesurer l’effet des tranquillisants diffusés en aérosol en grande quantité et à haute altitude.

Au début, on n’y croyait pas, mais c’est à l’initiative d’un commandant que la solution s’est dessinée. De son propre chef, il remplaça nos composés chimiques habituels par des psychotropes déclassés qui étaient disponibles en grandes quantités suite à une directive de la FDA qui les retirait du marché. Le résultat immédiat fut spectaculaire et nous incita à creuser dans cette direction.

Une fois qu’on a eu la confirmation que ça marchait, on a même pu juguler des situations d’émeutes comme en 1992 à Los Angeles. C’est grâce à nos pulvérisations que le calme est revenu au bout de cinq/six jours. Après cela, on n’a pas arrêté d’utiliser ce moyen à grande échelle, on a même pu adapter les formules afin qu’elles ne soient pas atténuées par la diffusion en altitude. Tous les autres pays du bloc occidental s’y sont mis aussi avec plus ou moins de réussite. Mais, avec le temps, nous avons pu mesurer que le degré d’abrutissement des populations s’accentuait en fonction de nos épandages et que même, cela favorisait l’effet des programmes de télévision qui évoluaient dans ce sens.

De mieux en mieux. Je savais bien évidemment que le contenu des programmes télé glissait progressivement vers la bêtise la plus crasse, à notre initiative. En revanche, j’ignorais que nous avions un allié dans les airs pour faire avaler cette purée à la population… Décidément, j’étais de plus en plus content d’avoir été obligé de venir. Après cette présentation roborative, une pause fut décrétée et chacun put se restaurer autour du buffet où  les conversations allaient bon train…

Profitant de cette interruption, je m’efforçai de capter les sujets des bavardages, moi qui étais sans doute celui qui en savait le moins, à cette réunion où je ne devais pas être. Un thème revenait tout le temps lors des échanges entre les participants : l’opération “Black Curtain”. Je n’avais aucune idée de ce que cela recouvrait, mais j’avais hâte de le découvrir à ce moment-là… si j’avais su !

La réunion reprenait et chacun regagna sa place. Cette fois, pas de présentation, mais un moment où tout le monde pouvait prendre la parole à ce qu’il semblait. Mon voisin de droite appuya sur le bouton de son microphone le premier…

  • Tout cela n’est pas nouveau. Maintenant, ce qu’on voudrait savoir, c’est quand allons-nous passer à l’étape suivante et avec quelle ampleur ?

Vu les nombreux hochements de têtes qui suivirent, à l’évidence, ces questions soulevaient une attente générale. Il était temps d’y répondre. Encore une fois, ce fut l’orateur initial qui se leva afin d’apporter les précisions voulues. Et toujours avec son sourire satisfait, il balayait l’assistance du regard avant de commencer.

Messieurs, savez-vous combien nous sommes actuellement ?

Je veux dire, sur la terre entière, la population mondiale… Eh bien nous sommes entre 7 et 8 milliards, plus proche de 8 que de 7 d’ailleurs. Un chiffre considérable, n’est-ce pas ?

Et qui va encore augmenter et augmenter toujours. De plus en plus vite même !

Pendant que nous y sommes, savez-vous combien il y a de gens obèses parmi ces presque 8 milliards ?

Plus de 700 millions !

Et si on élargit aux gens simplement en “surpoids”, on monte à plus d’un milliard et demi… Oui messieurs, voilà où nous en sommes. Et tout est comme cela. Je peux vous égrener des statistiques à n’en plus finir, mais elles disent toutes la même chose : nous sommes trop nombreux et la qualité moyenne de la population baisse. Nous allons droit vers une masse de gens trop gros et au chômage. Et encore, je ne parle pas de la baisse générale du niveau intellectuel, car là, nous y sommes pour quelque chose…

(sourires entendus et même quelques rires étouffés dans la salle)

Si encore cette masse grouillante et horrible se contentait de passer et de crever sans faire trop de dommages, ça pourrait aller. Mais non, au contraire. Cette masse croissante s’accompagne aussi d’une consommation exponentielle de ressources. Prenons un exemple simple que tout le monde va comprendre, l’eau. En 1960, l’humanité consommait environ 2 000 km3 d’eau par an, contre 4 000 km3 en 2000, soit le double en quarante ans, en seulement quarante ans… Je vous laisse imaginer où on en est aujourd’hui !

Là encore, tout le monde aura compris mon propos, cette population mondiale qui croît sans ralentir et qui dévore tout sur son passage, c’est ce que nous avons appelé “les terribles trop”. Et c’est justement pour mettre fin à cette impasse que nous avons imaginé l’opération “Black Curtain” que je suis autorisé à vous dévoiler ici.

À ces mots, je sentis un frémissement dans la salle : nous y voilà, il va enfin cracher le morceau !

Je connaissais déjà cette notion de “terribles trop” : trop de gens, trop de consommation de ressources. C’était même devenu une blague entre nous, dans les services : pour sauver le peuple, il faut supprimer le peuple !

En revanche, j’ignorais qu’il y avait une opération destinée à résoudre le problème. Inutile de dire combien j’étais attentif en cet instant précis. Je n’étais pas le seul, tout le monde retenait son souffle, on aurait entendu une mouche voler s’il avait pu y en avoir une dans cette salle bétonnée qui donnait dans les couloirs secrets du CERN. Après avoir ménagé une de ces pauses irritantes, monsieur toujours-content-de-lui reprit son discours.

D’une part, nous avons compris que les épandages aériens sont le vecteur que nous attendions pour répandre notre agent sur le monde entier. D’autre part, nous avons fait des progrès gigantesques en matière de guerre bactériologique. Pensez à la peste noire, à la grippe espagnole ou à la fièvre Ebola… Désormais, nous faisons bien mieux. Nos virus sont virulents et mortels. Si nous les diffusons en aérosol à partir de vols classifiés, nous pouvons déclencher une épidémie mondiale en seulement deux semaines. Si nous enrôlons les vols commerciaux, nous pourrons réduire ce délai à cinq jours !

Black Curtain, c’est ça : une épidémie mondiale et foudroyante qui va mettre à genoux au moins les trois quarts de l’humanité en une à deux semaines.

Les questions fusèrent :

  • Qu’est-ce qui vous fait croire à l’efficacité de votre virus ?
  • Quelle sera la cible, qui va mourir en priorité ?
  • Faut-il vraiment mettre le paquet avec ce moyen ?
  • Comment peut-on s’en protéger ?

Messieurs, je vous en prie, un à la fois !

Tout d’abord, nous ne croyons pas à l’efficacité de notre virus, nous le savons efficace. Nous l’avons testé à une échelle réduite et avec une version atténuée. Souvenez-vous du SRAS en 2003… c’était nous !

Bien que très atténué, notre virus s’est révélé d’une virulence incroyable. Pas de doute à avoir là-dessus, notre version complète sera comme un rideau noir qui va tomber soudainement sur l’humanité. Ensuite, j’ai entendu une question sur la cible. Les personnes au système immunitaire affaibli seront les premières servies. Celles-là vont mourir très vite. Et rappelez-vous tous nos efforts précédents pour justement attaquer ce système avec nos campagnes de vaccinations… ça concerne de plus en plus de monde désormais, il s’agit d’en profiter.

J’ai aussi entendu “comment s’en protéger ?”… c’est une bonne question, mais la réponse ne va pas vous plaire : on ne peut pas !

Si on veut vraiment réduire la population mondiale, on ne peut pas se contenter de demi-mesures et compter sur les faibles pour faire de la place aux forts. En pariant là-dessus on va gagner quoi ?

Deux milliards de moins, au mieux !

Cela n’est pas assez messieurs. En faisant retomber la population autour de cinq à six milliards, on n’aura fait que reculer pour mieux sauter. Dans dix ans, on sera face au même problème sans avoir de possibilité de réutiliser ce moyen radical. Non, si nous frappons maintenant, il faut avoir le courage de frapper fort et en profondeur. Il faut éliminer beaucoup de monde si nous voulons revenir à un niveau supportable.

  • Pas moyen de s’en protéger ? Et nous alors ?
  • Deux milliards de moins, je pense que c’est déjà pas mal !
  • Et quel est ce niveau supportable selon vous ?

Le niveau supportable, il est entre 500 millions et un milliard, pas plus. Au-delà, on retombe dans les ornières du passé. Pour vous répondre franchement, il ne faut pas envisager de s’en protéger : Black Curtain va frapper aveuglément et c’est la meilleure garantie de son efficacité !

Si nous avions un antidote ou un moyen de traitement, cela voudrait dire que notre virus n’est pas parfait et que toutes ces années de recherches et d’expérimentations n’ont servi à rien. Pas cette fois. Je peux vous dire que le virus est tellement efficace que nous aurons tout intérêt à le répandre le plus largement possible afin d’éviter des zones de dépeuplement total, même si nous prévoyons de viser les pays du tiers-monde en priorité.

Nous en sommes là messieurs. D’un côté, vous avez l’arme parfaite et le moyen prouvé de la répandre largement. De l’autre, vous avez le devoir d’accepter le prix à payer pour cette efficacité. Presque tout le monde va mourir, ça veut donc dire que vos proches sont concernés aussi, forcément.

  • Et si vous arriviez à tuer vraiment tout le monde, on serait bien avancés !

Non, ça n’arrivera pas. Tous nos tests le prouvent : on trouve toujours des individus qui résistent. Elle est là la beauté du processus : l’humanité qui va passer cette épreuve sera une version rêvée de la population… plus de gros, plus de faibles, plus de malingres ou de souffreteux. L’humanité de demain sera belle, fière et forte.

Essayez donc de me dire qu’un pareil résultat ne vaut pas quelques sacrifices ?

Le concert des questions cessa. On sentait qu’une chape de plomb était tombée sur les présents. On ne s’amusait plus avec des rapports lointains, on décidait du sort de l’humanité désormais !

Et, encore plus angoissant, du sort de toute l’humanité, vraiment tout le monde. Chacun savait qu’il avait une “chance” (une bonne “chance” même si on adhérait à “l’enthousiasme” de l’orateur) d’y rester ou de perdre un proche. Cette fois, personne n’avait le cœur à rire.

Au bout de la table, lentement, un autre responsable en costume sombre se leva et prit la parole. Il s’exprimait avec un ton lent et prenait soin de bien articuler chacune de ses paroles afin de bien se faire comprendre et comme s’il lui était impossible de se répéter.

Bien. Vous connaissez désormais les grandes lignes de l’opération “Black Curtain” et il nous faut maintenant décider. Quand devons-nous l’activer ?

J’insiste bien sur le fait qu’il n’y aura pas de retour possible : une fois lancée, il faudra que l’opération aille jusqu’à son terme et avec toutes ses conséquences. Impossible d’hésiter dans un cas pareil, c’est oui ou c’est non. Et si c’est non, toutes les traces de cette opération doivent disparaître. Qu’on me comprenne bien, quand je dis “toutes les traces”, ça veut bien dire toutes les traces, sans aucune exception…

Je savais bien reconnaître ce genre de menace voilée. Voilà que ce responsable vient de mettre les points sur les i… “toutes les traces”, ça veut dire nous pardi !

De quoi motiver les indécis, sans nul doute !

Le choix se présentait ainsi : soit on lançait “Black Curtain” et on avait une chance d’y passer ou alors, on renonçait à l’opération, mais on (nous tous ici présents) ne sortait jamais d’ici… Très, très clair !

Bien entendu, ça donnait à réfléchir. Je ne connaissais pas les autres délégués, mais je me doutais que tous avaient compris le message. Dans le milieu du renseignement et des services spéciaux, nous sommes habitués à lire entre les lignes et à comprendre à demi-mot. Je voyais les participants les moins endurcis piquer du nez, complètement abattus par le dilemme et ses perspectives… Mais je sentais bien que la salle était en train d’accepter “Black Curtain”. Cela me convenait au final. Incurable optimiste comme je l’étais, je voyais déjà l’incroyable coup de balai que cette opération mortelle allait donner dans les rangs des spéciaux. Bientôt, très bientôt, moi le lieutenant Rouyer, j’allais monter en grade et devenir le major Rouyer.

L’affaire Num-alim, comment peut-on agir ?

Dénoncer, c’est bien, agir, c’est mieux !

Dernièrement, j’avais mis en avant le scandale Num-alim (voir à http://www.alain-lefebvre.com/num-alim-un-scandale-de-plus-dans-lagro-alimentaire/). Aujourd’hui, je voudrais vous proposer une démarche simple pour tenter de contrer ce scandale…

De quoi s’agit-il ?
Eh bien, il faut écrire à son député, tout simplement… Et c’est bien plus simple qu’il n’y parait. Tout d’abord, chaque député à une adresse email liée au domaine de l’Assemblée Nationale et c’est ça qu’il nous faut utiliser, massivement si possible.

Pour trouver ces adresses, il suffit de se rendre sur http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/liste/alphabetique

Le site de l’Assemblée Nationale

Ensuite, encore faut-il connaitre son député !
Pas de problème, il y a un site pour cela à https://www.nosdeputes.fr

Un site utile !
Dans mon cas, c’est le département de l’Ain…

Une fois trouvé, vous avez même sa fiche détaillée…

Et là, vous avez même l’adresse email « officielle »…

Donc, il faut écrire une fois qu’on a trouvé son représentant… Ecrire, d’accord, mais quoi ?

Là encore, pas de problème, j’ai un modèle de courrier à vous proposer :

Monsieur (Madame) le député(e) de l’Ain (à remplacer par votre département),

Ce n’est pas mon habitude que d’écrire à un(e) élu(e) mais là, je pense qu’il est de mon devoir de le faire.

Je voudrais attirer votre attention sur l’affaire “Num-alim” qui est présentée sur mon blog à l’adresse suivante http://www.alain-lefebvre.com/num-alim-un-scandale-de-plus-dans-lagro-alimentaire/

Vous pourrez trouver une autre source d’informations dans cet article => https://www.capital.fr/entreprises-marches/num-alim-le-projet-des-industriels-pour-faire-de-lombre-a-yuka-1318595

Et sur sa “source officielle” à http://alimentation-sante.org/2018/07/le-projet-num-alim-pour-organiser-la-transition-numerique-dans-la-filiere-alimentaire/

Cette affaire est grave, car de l’argent public va y être déversé (si ce n’est pas déjà fait). Que les lobbys de l’agroalimentaire soient motivés à conserver intact leur gros business (basé sur le matraquage marketing et la dissimulation), ça peut se comprendre : ces gens veulent continuer à empoisonner la population avec leurs produits bourrés de composés chimiques et sont prêts à tout pour cela.

Mais que cette politique du mensonge organisé (et Num-alim rentre clairement dans cette perspective) soit également soutenue et financée par notre argent, ça c’est insupportable !

Je vous demande donc d’user de votre pouvoir pour empêcher le versement de cette subvention aussitôt que possible. Alors que les corps intermédiaires (dont vous faites partie au premier chef) sont contestés par des mouvements comme celui des fameux “gilets jaunes”, je vous encourage fortement à ne pas rester inactif face à ce détournement honteux de fonds publics qui va servir à dissimuler la vérité sur les aliments industriels aux consommateurs.

Je vous encourage donc à agir pour le bien de tous et ainsi de prouver votre utilité aux yeux du peuple.

Je vous prie d’agréer mes sentiments les meilleurs.

Votre nom en toutes lettres qui fera office de signature.

Vous pouvez reprendre entièrement ce texte ou le modifier comme vous le sentez, pas de problème, il est à vous !

Je viens donc d’envoyer ce message à Olga Givernet et je vous encourage à faire de même en direction de votre représentant à l’Assemblée Nationale. Et si, par hasard, vous pensiez « on est trop petits, on n’a pas assez d’influence, on ne peut rien faire à notre niveau… », regardez simplement cette vidéo :

Alors, pas encore convaincu que chaque voix compte ?

Num-Alim, un scandale de plus dans l’agro-alimentaire !

Prenez quelques minutes et lisez l’article ci-dessous extrait du Canard Enchainé (je ne connait pas la date de parution de cet article mais tout laisse croire que c’est récent).

L’article du Canard Enchainé…

Si vous trouvez cela pénible de lire sur écran, voici une petite vidéo qui résume toute l’affaire et où je reprend, mot à mot, le contenu de cet article…

La vidéo où je résume cette affaire face à mon fils Val…

OK, compris ?

Cette affaire est tout à fait significative de l’enfumage systématique (le titre de l’article du Canard est particulièrement bien trouvé !) que pratiquent sur nous les lobbys des grands industriels (ceux de l’agro-alimentaire dans le cas présent) associés (alliés ? complices ?) à notre gouvernement. Ces gens-là veulent pouvoir continuer à mentir, tricher et empoisonner les consommateurs mais en plus, ils vont recevoir une subvention pour cela !

Si vous n’êtes pas profondément scandalisés, c’est que vous êtes déjà mort…

Rien n’est vrai, l’exemple d’une cheminée d’hôtel !

Un jour, il faudra que j’écrive un livre dont le titre sera « Rien n’est vrai, rien n’est réel, rien n’existe »… Ambitieux, hein !

Alors, je ne vais pas tout expliquer aujourd’hui, sur ce blog (sinon, pourquoi en faire un livre ?), mais on va quand même pouvoir illustrer ce que j’entends par le « rien n’est vrai »… Si vous êtes un(e) habitué(e) -pas question d’écriture inclusive avec moi, jamais- de ce blog, vous savez que je me reporte souvent à la notion de « société du spectacle » de Guy Debord.

Nous sommes de plus en plus en plein dans la société du spectacle puisque tout est mis en scène continuellement. Donc, le vrai, l’authentique est de plus en plus rare, partout, tout le temps. Un exemple significatif pour démontrer mon propos.

Une cheminée dans un hôtel moderne. Vraiment ?

Oui, c’est un exemple tout à fait révélateur de cette société du spectacle qui s’est infiltrée dans tous les recoins de notre présent. Car, tout est faux ici : il n’y a pas de flamme, il n’y a pas de bois, il n’y a pas de chaleur et les crépitements que l’on entend sont rajoutés. En effet, nous sommes en présence d’un dispositif totalement artificiel où des générateurs de fumées sont éclairés par en dessous avec une lumière orange caractéristique donnant (fort bien d’ailleurs) l’illusion de flammes dansantes. Le crépitement sonore est un enregistrement audio qui vient renforcer encore cette mise en scène.

Je sais, ça parait difficile à admettre, mais je suis allé jusqu’à mettre ma « main au feu » pour en avoir le coeur net : aucune brûlure, la fumée est froide et les « bûches » sont en pierre.

Voilà pourquoi « rien n’est vrai » à notre époque : ce n’est pas seulement l’actualité qui est composée de « fake news », c’est tout notre décor qui devient factice, morceau par morceau. Réfléchissez-y, que reste-t-il de vrai, d’authentique autour de vous ?

Dans le genre « rien n’est vrai », cette vidéo (déjà ancienne) est pas mal non plus :

Piëch, Marchionne et Ghosn, pourquoi est-il si difficile de réussir sa sortie ?

Voici trois titans de l’industrie, il se trouve qu’ils se sont tous les trois révélés dans le secteur automobile, mais c’est sans doute un hasard. Ils ont eu des carrières époustouflantes et auraient pu devenir des légendes s’ils avaient réussi leurs sorties.

Mais, chacun à leur manière, ils ont échoué. Ferdinand Piëch est un exemple de créativité, de dirigisme autoritaire. Il a eu des succès incroyables comme les victoires au Mans avec la 917, mais il a aussi subi des échecs à cause de sa personnalité rigide. A la fin de sa carrière, alors qu’il touchait au but (avoir unifié Porsche et WV), il a été viré du groupe de façon peu glorieuse… On raconte que c’est lui qui a vendu la mèche du scandale dieselgate pour se venger, mais que ne raconte-t-on pas sur un personnage de cette envergure ?

Ferdinand Piëch, l’ingénieur à la poigne de fer…

Le cas de Sergio Marchionne est différent, car sa personnalité était presque aux antipodes de celle de Piëch. Autant l’allemand était rigide, autant l’italien savait se faire charmeur (presque des lieux communs en fait…). Mais encore un qui, arrivé au sommet ne sait pas réussir sa sortie : il meurt « bêtement » d’un cancer mal soigné sans avoir eu le temps de profiter de ses victoires, alors qu’il avait préparé sa succession (sans doute imaginait-il qu’il lui restait plus de temps…).

Souriant Sergio… Quel dommage !

Car les réussites de Marchionne sont remarquables, incroyables même !

Il pouvait avoir l’air charmeur, il était aussi capable de trancher (demander à Montezemolo par exemple…).

Le cas de Carlos Ghosn est lui encore sous les feux de l’actualité, mais il n’est pas difficile de penser que, après une belle carrière, il est en train de rater sa sortie, dans les grandes largeurs !

Carlos « cost-killer » Ghosn dans toute sa sévérité !

Lui n’a justement pas préparé sa sortie, refusant ostensiblement de le faire comme si cette réticence pouvait le sauver !

En fait, ces grands patrons sont comme les champions de F1, victimes de la malédiction qui empêche de conclure dignement des parcours grandioses !

Songez-y alors qu’il vous reste encore du temps : faire un beau parcours, c’est bien, mais savoir le terminer en beauté, c’est encore mieux…

Carlos Ghosn, un parfait exemple pour illustrer la notion « d’hubris »

Carlos n’est pas un exemple d’homme à l’écoute des autres, entre autres défauts…

Attention, je ne vais pas écrire sur cas alors que je ne sais pas vraiment (avec précision) ce qui lui arrive. On évitera donc d’affirmer telle ou telle accusation sur ce personnage (https://fr.wikipedia.org/wiki/Carlos_Ghosn), mais sa chute (car chute il y a bien) est une trop belle occasion d’illustrer ici la notion d’hubris.

L’hybris, ou hubris, du grec ancien ὕϐρις / hybris, est une notion grecque qui se traduit souvent par « démesure ». C’est un sentiment violent inspiré des passions, particulièrement de l’orgueil. Les Grecs lui opposaient la tempérance et la modération.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hybris

L’hubris et l’ataraxie sont les deux pôles de la philosophie grecque qui est bien moins intimidante que ce qu’on veut en dire. C’est même fort simple en fait : les anciens sages disaient essentiellement qu’il fallait éviter l’hubris et qu’il fallait tendre et atteindre l’ataraxie, son opposée.

L’ataraxie (du grec ἀταραξία, signifiant « absence de troubles ») apparaît d’abord chez Démocrite et désigne la tranquillité de l’âme ou encore la paix de cette dernière résultant de la modération et de l’harmonie de l’existence. L’ataraxie devient ensuite le principe du bonheur (eudaimonia) dans le stoïcisme, l’épicurisme et le scepticisme. Elle provient d’un état de profonde quiétude, découlant de l’absence de tout trouble ou douleur. Cette notion apparaît à l’époque d’Épicure (Ἐπίκουρος).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ataraxie

Intéressant, mais pourquoi utiliser le cas de Carlos Ghosn pour l’illustrer ?

Mais justement parce qu’il était évident que ce brave Carlos allait être victime de cet hubris qui est connu comme étant la malédiction que lancent les dieux (grecs) à ceux qui sont atteints d’un orgueil démesuré. Et notre Carlos cumulait tous les marqueurs de l’hubris : volontiers arrogant, cassant, brutal, l’homme ne se souciait pas d’attirer la sympathie (ce qui me le rendrait plutôt sympathique en fait !), mais il aimait aussi se rémunérer grassement ce qui était sa faiblesse facilement exploitable pour qui voulait le faire tomber. Car, n’en doutons pas, cet homme a été victime d’une cabale (à ce niveau, ça arrive souvent).

Même si tout roule bien pour vous, évitez l’hubris car les dieux vous guettent (et la chute des hommes est pour eux, le « spectacle des dieux ») et rapprochez-vous de l’ataraxie, le meilleur des buts à atteindre…

Non à la « Pensée unique » en matière de technologie !

Soyons clair, ce qu’on lire en ligne à propos des nouvelles technologies est souvent décevant. Pire, c’est trop souvent le même blabla « c’est révolutionnaire, ça va tout changer, etc. ».

Pensez par vous-même, ne vous laissez pas dicter votre impression du monde !

PS) Une remarque de mon fils ainé qui a tout à fait raison et que je reproduis ici :

par contre, une petite phrase que je trouve critiquable :

tu ne peux pas lire  » je lis TOUT ce qui se dit sur le sujet »

c’est pas exact, exagéré. je peux croire que tu lis beaucoup de choses, mais c’est impossible de tout lire.

il vaut mieux, je pense, pour être efficace et super crédible, de dire « j’ai lu des dizaines (ou centaines ?) de livres/articles et vu des vidéos, récoupé les infos, écouté des conf »

et peut être que ça serait bien d’avoir 2 exemples de sources

par exemple 1 titre de magazine ou de radio ou de podcast

De quoi les gens ont-ils besoin ?

De quoi les gens ont-ils besoin ?
Voilà une vraie question !

Il se trouve que j’ai la réponse : de respect. Les gens ont besoin de respect, de considération. Pourquoi ?

Tout simplement parce qu’ils n’ont jamais de respect de la part des politiciens et des médias qui les méprisent en profondeur !

Un exemple : lors des périodes électorales, les médias américains utilisent cette expression pour nommer les gens qui vivent dans le Middle West, les états ruraux des USA : le sel de la terre. Lorsque vous entendez cette expression, vous savez tout de suite de qui on parle. Oh, l’expression semble positive, mais elle ne l’est pas : les présentateurs ont beau être souriants et déclamer cela avec le plus grand respect, c’est exactement l’inverse dans leurs têtes… Ils pensent tous que les gens qui vivent dans ces états sont des bouseux, des rednecks, des abrutis pour tout dire…

C’est pareil en France quand une personnalité vient voir « la France d’en bas » et qu’elle dit « rencontrer la vraie France et les vrais gens »… Mensonges et hypocrisie. La terrible vérité c’est que les élites n’ont que mépris pour qui ne fait pas partie de « l’élite » justement. Et ça, ça finit par se sentir d’où la colère sourde qui monte et qui s’exprime de temps en temps comme en ce moment avec les fameux gilets jaunes…

Un brin d’humour ne fait jamais de mal…

En lisant cela, vous pourriez dire « et toi alors ? »
Oui toi, qui est un salopard de donneur de leçons, tu oses nous parler de respect des masses alors que tu es toujours à traiter les masses plus bas que terre ? »…

Les apparences sont souvent trompeuses mon cher !
Il se trouve que j’ai le plus grand respect pour les gens et je le prouve, à ma manière. Ma manière est justement de ne jamais prendre les gens pour des cons, de toujours leur parler d’égal à égal, de ne pas donner dans la facilité et de préférer la vérité, même et surtout quand c’est une terrible vérité…

Voilà ma définition du respect, voilà ce que j’offre aux lecteurs de ce blog.

 

Eduquer ou réprimer, l’éternel débat…

La vie est pleine de surprises !
Jamais je n’aurais pensé mettre une vidéo de LCI (oui, vous avez bien lu : LCI du groupe TF1…) sur mon blog. Mais bon, le sujet avant tout.

De quoi s’agit-il ?
Voici un extrait de l’article afin de comprendre pourquoi cette vidéo est ici :

Merci d’éteindre vos portables. Florence Foresti l’a déjà fait savoir par le passé : rien ne l’agace plus que de voir un spectateur dégainer son smartphone pour enregistrer sa performance et la poster sur les réseaux sociaux avant même la fin de son spectacle. De retour avec un nouveau show, Épilogue, l’humoriste va donc innover en utilisant la technologie Yondr pour bloquer les smartphones des spectateurs.

A l’entrée de la salle, les spectateurs seront invités à glisser leur portable dans une housse tendue par un agent d’accueil, qui se verrouillera automatiquement grâce à un mécanisme. Florence Foresti explique le fonctionnement du dispositif dans un communiqué : « Vous resterez en possession de votre appareil lors du spectacle et, au besoin, vous pourrez accéder aux postes de déverrouillage installés dans la salle. »

Bon, pourquoi pas, hein !

L’usage du mobile est devenu tellement présent (je devrais écrire « envahissant ») que, pour les jeunes, il est en passe de remplacer la cigarette comme « béquille d’attitude » (et tant mieux !). Mais dans le vidéo de LCI, il y a un moment-clé : je vous invite surtout à voir à 1’50, cette dame qui proclame « ce qui qu’il faut, c’est éduquer les gens »… Tout est là.

Oui, tout est là. De nos jours, on n’a jamais mis autant en avant la nécessité « d’éduquer les gens » et que voit-on ?

Eh bien on voit exactement le contraire : répression à tous les étages et même répression automatisée (les radars sur les routes), c’est mieux (et ça rapporte plus) !

Si l’éducation fonctionnait, on ne serait pas dans la situation de névrose qu’on connaît actuellement (voir « Pourquoi une névrose française« ). Nous avons l’examen du permis de conduire le plus sévère du monde (ou peu s’en faut) et, pourtant, les jeunes permis se conduisent mal sur la route (ils ne sont pas les seuls d’ailleurs). C’est bien la preuve que l’éducation ne suffit pas. Certains vont m’objecter que la route est un palliatif pour exprimer la colère sourde que chacun ressent (voir l’affaire des gilets jaunes en ce moment). Peut-être, mais l’endroit est très mal choisi.

Donc, il faut arrêter de croire et de dire qu’il faut « éduquer les gens » alors que la tendance actuelle va justement dans l’autre sens. Et, dans ce domaine, la Chine montre la voie.

Une surveillance serrée et tous azimuts
En effet, l’État chinois utilise tous les moyens du numérique pour traquer, pister, fliquer ses citoyens. Ce qui est déjà opérationnel en Chine, c’est un réseau de surveillance à base de caméra à reconnaissance faciale très développé. La Chine utilise déjà près de 170 millions de caméras de vidéo surveillance et avec des logiciels efficaces puisque lors d’un concert en avril dernier, un fugitif chinois a été arrêté après qu’une des caméras équipées d’un système de reconnaissance faciale ait alerté les autorités de sa présence, parmi la foule de 60 000 personnes, voir à https://siecledigital.fr/2018/04/13/reconnaissance-faciale-police-chinoise/.

Le gouvernement chinois est vraiment en pointe dans ce domaine puisqu’il est en train d’expérimenter un système de reconnaissance de la démarche (voir à https://siecledigital.fr/2018/11/08/la-chine-developpe-une-reconnaissance-de-marche-basee-sur-lintelligence-artificielle/). Et pour que le tableau soit complet, il y a même des caméras acoustiques repèrent les conducteurs qui klaxonnent (voir à https://siecledigital.fr/2018/04/23/en-chine-des-cameras-acoustiques-reperent-les-conducteurs-qui-klaxonnent/).

Cette surveillance tous azimuts ne se limite pas au gouvernement chinois puisque Tencent a annoncé (en octobre dernier) que le jeu “Honor of Kings” allait utiliser la reconnaissance faciale pour vérifier l’âge des utilisateurs, dans le but final de limiter le temps de jeu de ces deniers.

Un permis à points du citoyen
Avec ce qui se passe en Chine, il est clair que l’on va progressivement, mais sûrement vers une sorte de permis à points du citoyen qui permet de classer les bons éléments des mauvais. Les mauvais sont sanctionnés en leur restreignant, par exemple, l’accès au transport en commun. Officiellement, ce système de surveillance des citoyens chinois et la constitution de dossiers sur chacun d’entre eux se concrétise par la mise en place d’un “système de crédit social”, lancé par le bureau général du comité central du Parti communiste chinois (PCC) et celui du Conseil des affaires d’État. Ces organes officiels ambitionnent de donner, d’ici 2020, une note et des points à chaque citoyen chinois, en fonction de son comportement public, sa situation financière et sociale, de ses activités professionnelles, en bref, de tout ce qui est être surveillé, évalué et noté.

Pas encore en Europe ni aux USA
Tout cela n’est pas de la science-fiction c’est déjà opérationnel aujourd’hui. Mais ce qui est déjà en place en Chine ne va pas se généraliser dès demain en Europe (mais sachez que près de 6 millions de caméras de surveillance ont déjà été installées sur l’ensemble du territoire britannique…). Nous n’allons pas mettre en place des systèmes identiques dans la foulée immédiatement, mais il est clair que les expérimentations chinoises sont regardées de près par l’ensemble des gouvernements de la planète et qu’une tendance est en train de se dessiner. Cette tendance est bien connue puisqu’elle est déjà mise en image à travers la série Black Mirror disponible sur Netflix (voir à https://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Mirror_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)).

Et dans ce domaine on constate que même les démocraties comme comme la France commence à emboîter le pas avec l’annonce récente du fisc qui va examiner les réseaux sociaux pour mieux comprendre si on lui ment ou pas (voir à http://www.lefigaro.fr/impots/2018/11/11/05003-20181111ARTFIG00154-fraude-le-fisc-surveillera-les-reseaux-sociaux.php).

Donc, préparez-vous, les merveilles du numérique vont enfin permettre d’éradiquer toutes les incivilités dont nos sociétés souffrent de plus en plus. Réjouissez-vous… ou pas.

L’article le plus intéressant que vous pouvez lire à propos de l’IA…

Les articles, vidéos et même documentaires sur l’IA sont partout et, disons-le, on peut y lire (ou y entendre) beaucoup de conneries !

En revanche, je suis tombé sur un article qui sort du lot : https://motherboard.vice.com/fr/article/wjyz59/en-2018-lintelligence-artificielle-est-toujours-une-affaire-dhumains

Voici le chapeau d’introduction pour vous donnez envie de le lire à votre tour :

Pseudo-IA, IA Potmekine, IA Magicien d’Oz… Les techniques de fraude à l’algorithme qui consistent à faire bosser des humains pour pallier aux limites des machines sont partout.

Pour une fois que cet aspect remonte à la surface, je dois dire que j’en suis ravi !

Les investisseurs aiment cette tendance : en 2017, ils ont distribué douze milliards de dollars à quelques milliers d’entreprises d’intelligence artificielle — le double de l’année précédente. En 2021, l’investissement dans l’IA devrait atteindre les 57 milliards de dollars. Logiquement, les acquisitions explosent. Les prévisions des analystes financiers varient mais une chose est sûre : à ce rythme, le marché de l’IA pèsera de quelques dizaines à quelques milliers de milliards de dollars dans la décennie à venir.

Forcément, quand il y a autant d’argent en jeu, la tentation de tricher un peu (ou beaucoup !) n’est jamais loin !
Bon, allez, je vous laisse lire cet article…

Prétendre être un robot tout en étant humain, ça peut rapporter gros !

La nullité totale des intellectuels français, une preuve supplémentaire avec Jacques Audiard

Le fils de Michel Audiard n’est pas un cadeau : grande gueule et donneur de leçons, comme tous les bons « intellectuels français ». C’est exactement le genre de type que je déteste, un connard quoi.

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder ceci (c’est court, heureusement) :

Rien que la phrase « non, on n’applaudit pas » mériterait une bonne paire de baffes !

Dernièrement, je l’ai entendu cracher sur Netflix qui, selon lui, était la pire des choses. Ah bon ? Et selon quels critère monsieur connard ? Parce que c’est américain… ah…

Encensé par ses copains, monsieur connard est dans la droite ligne des intellos franchouillard : cracher sur tout ce qui est américain… pourquoi ? parce que !

Il me fait penser à ses mêmes intellos parisiens qui s’opposaient à le venue d’Amazon en France. Ceux-là préfèrent sûrement Fnac.fr qui vous traite « à la française » (c’est-à-dire mal… le client est un cochon de payant qui doit se faire pardonner le fait qu’il ait des moyens par une culpabilité sans fin, point).

Monsieur connard se croit tout permis, y compris d’exposer au grand jour ses propres contradictions. Je n’aime pas ce qui vient des USA mais mon dernier film (Sisters, tout en anglais en plus, faut ce qu’il faut !) est un western qui se passe… euh… aux USA en fait. Ah oui, d’accord, pour les autres gens « normaux », ce serait une contradiction ridicule mais pour toi, grand intellectuel, c’est de la créativité, de la liberté poétique… oui, je vois.

Pourquoi tant de rage contre ce petit monsieur dont l’influence réelle est proche de zéro ?

Eh bien justement parce que c’est cette clique minable qui confisque la parole et la détourne sur des sujets sans importances. Les intellectuels français ne sont pas seulement insupportables de suffisance, ils sont aussi des complices de la techno-structure afin de garder le peuple (le peuple ? pouah !) la tête sous l’eau, comme il se doit. Pendant ce temps, eux continuent à vivre grassement des subventions de la CNC (récompense pour services rendus).

A propos du documentaire Arte « Starbucks sans filtre »… évitez de regarder ce truc !

Voici un extrait du texte de présentation du documentaire :

Starbucks sans filtre

Comment la chaîne américaine de cafés, désormais planétaire, a conquis les classes moyennes urbaines. Cette investigation sur trois continents dévoile la face soigneusement cachée de la marque à la sirène. Starbucks a imprimé sa marque verte et blanche aux rues des principales villes du monde, de Seattle, son berceau d’origine, à la côte Est, l’Europe et aujourd’hui la Chine, où une nouvelle enseigne ouvre toutes les quinze heures en moyenne – toutes les deux semaines à New York, dont les quartiers les plus centraux semblent pourtant saturés par le logo à la sirène. Avec ses quelque 28 000 enseignes dans plus de 75 pays et ses quelque 350 000 employés, la chaîne américaine de cafés se défend pourtant d’être une multinationale comme les autres. Les produits y sont présentés comme issus à 99 % du commerce équitable, les salariés, comme des « partenaires ».

Ce documentaire promettait beaucoup et il est d’autant plus décevant. En vérité, la façon même dont il est décevant est révélatrice d’une mentalité rampante en France. Cette mentalité est quasiment érigée en morale par Arte qui nous explique longuement combien « le profit c’est le mal » et combien Starbucks est « méchante » dans sa poursuite de l’efficacité marketing… Un discours de syndicaliste de base absolument affligeant, pitoyable, simplement lamentable.

Les exemples d’incohérences ne manquent pas : à un moment, un employé américain de la chaine témoigne que le travail est harassant, qu’il faut être capable de jongler pour survivre mais, peu après, le même se plaint (normal, il ne sait que se plaindre !) que Starbucks ait réduit ses heures de travail… Faudrait savoir : trop de travail ou pas assez de travail ?

Car, soyons clairs, ce qui est reproché à Starbucks dans ce documentaire c’est exactement ce qu’on pourrait reprocher à n’importe quelle chaine de fast-food (ce qu’elle est en fait).

Soyons encore plus clairs : je déteste cette marque que je trouve prétentieuse et aux produits sans intérêt. Il ne s’agit certainement pas du « meilleur café au monde » comme ils veulent le prétendre et les fameux « baristas » ne sont que des employés poussent-boutons, au mieux.

Donc, je n’ai aucun intérêt à défendre Starbucks, au contraire !
Mais, tant qu’à faire, autant attaquer cette marque sur des vrais sujets : trop de sucre dans ses produits (à peine traité par le documentaire) et pas de recyclage de ses fameux gobelets (un peu mieux traité).

Le reste n’est que pleurnicheries à peine dignes d’une section locale de la CGT. Ce n’est pas par hasard, c’est le message que veut faire passer Arte et les responsables de la télé française : les sociétés américaines sont méchantes de vouloir conquérir leurs marchés naturels. Les perdants, c’est mieux. Personnellement, je ne vois pas l’intérêt de relayer ce genre de message à moins qu’on veuille confiner dans leur misère une population déjà lobotomisée en l’anesthésiant encore plus. Honte à Arte !

C’est une preuve de plus qu’il n’y a vraiment rien à regarder à la TV, rien de rien, même Arte…

Réactions suite à la vidéo « pourquoi une névrose française »…

Hier, je publiais « pourquoi une névrose française » sur YouTube et sur mon blog. En très peu de temps, j’ai reçu des réactions intéressantes (via mon email et aussi via Linkedin) et j’ai pensé à les reproduire ici avec l’aimable autorisation de leurs auteurs… Mais certains m’ont demandé de rester anonymes et, bien sûr, je vais respecter cela (je me suis juste contenté de corriger quelques fautes de frappe avant de faire un copier/coller ici) :

Je te confirme que tu vas te faire peu d’amis avec cette vidéo, car il faut effectivement avoir vécu dans d’autres pays pour partager tes constats. C’est quand tu quittes un pays que tu mesures la toxicité de certains de nos comportements (par exemple notre aptitude au sarcasme ou notre exceptionnel talent pour la critique). Centaines inclinations très françaises nuisent à notre bonheur. Le mal français que tu décris vient selon moi d’un décalage croissant entre l’image que les citoyens français se font de leur pays (ce que je pense que je suis) et la réalité qu’ils perçoivent quotidiennement (ce que je constate dans ma réalité). La prise de conscience de ce décalage croissant se matérialise à la longue sous la forme d’un accroissement du niveau d’agressivité et d’incivisme. Prenons un exemple tiré du monde technologique : – Ce que les Français pensent : Nous formons les meilleurs ingénieurs du monde – Ce que les Français constatent : Aucun géant technologique récent (Google, Apple, Huawei, …) n’est français Résultat : Faire ce simple constat avec un français génère une discussion houleuse, car cela remet en cause la prémisse initiale qu’il a intégrée à son identité. Je suis certain que tu pourrais citer d’autres exemples. 🙂

Michel Albo.

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Vidéo sympa et rafraichissante. C’est un sujet que nous abordons souvent avec mon épouse. Je suis Français et cela fait 11 ans que je vis en Suisse, à côté de Saint-Prex. Constat partagé concernant la route. À chaque fois que je prends l’A6, j’ai une boule au ventre et le sentiment de risquer ma vie, avec notamment des énergumènes qui doublent par la droite à 160 sur la bande d’arrêt d’urgence (si, si…). En revanche je serai plus tempéré concernant les commerçants. – Aux US je suis ok y’a pas photo, ils ont un vrai sens du client et du service. C’est culturel et d’être payé au « tip » y contribue pas mal aussi. – En revanche, notre est expérience des Suisses dans le commerce n’est pas meilleure qu’en France, avec des gens souvent désagréables qui ne disent pas bonjour et ne savent même pas qu’ils vendent. Mon constat serait plutôt que les commerçants compétents et agréables en Suisse sont ceux qui ont leur propre affaire. En revanche les « employés de commerce » comme ils disent ici sont souvent des petites mains que leurs patrons « maltraitent » et cela se ressent dans le contact (tester les pharmacies Amavita, certains MElectronics, l’Interdiscount de Morges…). Nous en sommes arrivés à en blacklister certains pour cette raison.

De la part de C.

Et enfin, ce long texte plein de fureur de la part de M.

Eh oui, il y a en fait une multitude de causes à cette situation, ou plutôt une multitude de ressentis individuels, mais qui sont pour la plupart-sinon tous- induits par une technostructure harcelante et écrasante qui se moque complètement des ressentis individuels, absorbée qu’elle est dans le ratissage de l’argent englouti dans la gabegie de la redistribution

Et non, les impôts français n’ont pas toujours été à ce niveau : nous avons encore battu l’année dernière le record des prélèvements obligatoires. Et tout ça pour quoi ? Pour être encore le seul pays développé de l’Union européenne à ne pas respecter les critères de Maastricht (eh non, je ne mets ni la Grèce, ni l’Espagne, ni même l’Italie dans le club des pays développés de l’UE, à moi de me faire des amis…).

Et non, l’État français n’a pas toujours pratiqué une politique de harcèlements individuels : Georges Pompidou déclarait même publiquement qu’il fallait « arrêter d’emmerder les Français ». À l’époque, on était en pleine croissance… Hasard ?

Mais de quels ressentis individuels est-ce que je parle ?

  • La gabegie : voir plus haut. Et que dire de ces rues éventrées six années de suite au même endroit sous prétexte de travaux différents… ou même pas différents d’ailleurs, les travaux d’une année servant simplement à réparer les malfaçons de l’année précédente ?
  • L’injustice : un ménage sur deux ne paie pas l’impôt sur le revenu, évidemment que les autres ont l’impression de payer pour un tas de fainéants et du coup les détestent, à commencer par tous ces piétons qu’on voit baguenauder dans la rue aux heures de travail (de plus en plus souvent des femmes voilées, ce qui n’est certes pas interdit, mais n’arrange rien sur le plan de l’harmonie sociale)
  • L’injustice : pendant que la France de 5 heures du soir et des 35 heures s’engraisse devant son barbecue avant d’aller déclarer ses arrêts maladie pour gastro, les cadres de plus en plus stressés s’échinent jusqu’à 90 heures par semaine sans calculer qu’impôts et frais de costards déduits leur différence de salaire est tout simplement dérisoire
  • L’inégalité des harcèlements : un bon exemple c’est les points de permis retirés dès qu’un flic vous surprend un téléphone à la main, alors que TOUTE LA JOURNÉE ces chers autoentrepreneurs d’Uber font la même chose sans qu’on n’ose rien leur dire de peur de mettre le feu au 93.
  • La multiplication des harcèlements, justifiée par la bien-pensance et rendue praticable par la technologie : non, avant il n’y avait pas des milliers de radars sur les routes, encore moins la vidéo-verbalisation qui transforme le moindre stationnement en crime ruineux. Encore la technostructure, qui a décidé que la voiture était le grand responsable de tous les maux du pays, alors que pendant ce temps-là, le moindre porte-container brûle allègrement ses CENT tonnes de fioul lourd PAR JOUR, au nom d’une mondialisation soi-disant indispensable à la croissance mondiale (rien de plus faux , j’y reviendrai).

Et que dire des 103 fermetures administratives qui ont frappé ces deux derniers mois les cafés du Nord-est parisien qui osaient organiser des concerts ? Ah oui, c’est pour le bien des Français que la technostructure a décidé qu’il fallait une licence d’ « entrepreneur de musique » pour inviter un band dans son café, et une douzaine de sorties de secours pour que les clients aient le droit de danser. Et tout ça aurait toujours existé ? Et il y a aussi les fermetures pour bruit excessif, où on pointe les établissements de nuit comme seuls coupables du bruit ambiant dans une ville où le nombre de scooters a été multiplié par dix en dix ans (puisque seuls les automobilistes sont considérés comme des criminels de l’environnement) et que 90% d’entre eux roulent avec un pot d’échappement qui déchire l’air au mépris de la règlementation sans que personne ne leur dise rien.

  • Le sentiment sournois et pervasif que le droit à la différence s’est mué en différence des droits (pas de détails écrits, car dans notre beau pays toute vérité n’est pas bonne à dire, mais quiconque a mis les pieds à Roissy CDG ou à Orly Sud comprendra de quoi je parle). Mais combien de dizaines d’années faudra-t-il que les habitants du 19ème arrondissement de Paris supportent malgré eux la présence des dealers de crack qui leur pourrissent la vie, sans que personne ne s’occupe sérieusement de les mettre en taule ?
  • Le sentiment tout aussi pervasif que c’est le voisin qui profite du système, parce que des profiteurs du système il y en a partout : ceux qui « ont droit » à leurs 3 semaines d’arrêt maladie par an et qu’on ne peut pas virer, d’où les 14% d’absentéisme constaté dans le personnel des collectivités locales françaises, ceux qui travaillent au noir dans TOUS les restaurants parisiens, ceux qui emploient des travailleurs au noir bien sûr, ceux qui habitent dans des HLM alors qu’ils ont dépassé le niveau de revenu qui leur en donne le droit depuis 20 ans (pendant que ceux qui y ont vraiment droit attendent des années), et d’une manière générale tous les passagers clandestins  de la gabegie sociale imposée par la technostructure et les bien-pensants au nom des « plus démunis »
  • le sentiment des « plus démunis » justement qu’ils sont exploités par les autres, ce qui n’est pas faux quand on voit le gâchis du système. Voir les foyers pour SDF qui sont tout simplement fermés en journée pour que ce cher personnel de la Ville de Paris puisse prendre ses vacances…

Alors oui, nous vivons dans un pays où tout le monde déteste tout le monde, et c’est le résultat de situations choquantes imposées au nom des bons sentiments ou ignorées parce que le courage politique n’existe pas en face de ceux qui en bénéficient indûment. Aux États unis la quasi-inexistence du système de redistribution fait qu’il n’y a pas de passagers clandestins, et en Suisse le contrôle social permis par la petite taille du pays et de ses localités les dissuade rapidement de jouer aux cons, tout comme ceux qui oseraient jeter un papier par terre. C’est là un avantage indiscutable des petits pays : les comportements déviants sont mieux connus et sanctionnés, au détriment d’une certaine notion de la vie privée ou plutôt d’un renoncement à l’anonymat.

Un grand pays pourrait essayer de profiter de la technologie pour passer au contrôle social à grande échelle (c’est d’ailleurs ce qu’a entrepris la Chine), mais le drame de la France c’est que le contrôle à grande échelle, officiellement diabolisé, a en réalité été adopté sans scrupule sous la forme d’un harcèlement ciblé sur certaines catégories de citoyens, non pas les plus malfaisants mais ceux qui peuvent encore payer et qui ne sont pas organisés pour défiler entre Bastille et Nation.

Bon, on voit bien dans ce message une rancoeur qui a tardé à s’exprimer mais qui recèle aussi beaucoup de bon-sens.

J’ai également reçu quelques messages du genre « bravo », « bien dit », « je n’aurais pas mieux résumé la situation ».