Critique du livre « Divertir pour dominer – la culture de masse contre les peuples »

Je viens de lire « Divertir pour dominer » et, bien que mon avis sur cet ouvrage soit très négatif, j’ai eu envie de vous en parler… Au départ, voilà un livre qui avait tout pour me plaire : dénoncer l’abrutissement généralisé, je ne peux qu’être pour !

Hélas, le ton du livre est désastreux : le collectif des auteurs s’exprime comme une bande de gauchistes de bas étage. Pour dire, il n’hésite même pas à employer le terme « conscience de la classe ouvrière » !

Le diagnostic est bon : la télé est un instrument d’abrutissement, la pub avilit tout et le sport (de masse) est un instrument de propagande à peine dissimulé. Mais, ça se gâte sérieusement quand on lit les analyses : on se croirait face à des maoïstes des années soixante-dix préconisant la révolution culturelle, la rééducation des bourgeois par le travail (dans des camps, faut leur apprendre à vivre à ces salauds !) et la dictature immédiate des « gardes rouges », faut ce qu’il faut !

Quelque part, il semble que le juste milieu n’existe pas : soit on trouve des vendus qui défendent le système actuel avec des arguments absurdes (genre, « la télé permet de distraire le peuple qui l’a bien mérité » et « le sport de masse permet l’expression des émotions du peuple » alors qu’on sait bien que c’est faux : la télé abrutie et le sport de masse médiatisé ne sert que de canal d’expression aux pires bassesses), soit on trouve des radicaux qui veulent le retour d’un collectif utopique qui n’a jamais existé et qui ne verra jamais le jour (car trop en opposition avec la nature humaine profonde). Désolant…

La vérité sur la télé : que vous faut-il de plus comme preuves ?

Regardez-donc cette vidéo où Michel Desmurget (auteur de l’excellent livre « TV lobotomie« , tout est dit dans le titre !) était l’invité de France-Info (beuark !) :

Tout est dit par l’auteur : les quelques « bons » programmes qui sont diffusés de temps en temps (des documentaires sur Arte, par exemple) ne représentent qu’une goutte d’eau minuscule dans un océan de contenus abêtissants.

Baisse du niveau : quand il est triste d’avoir raison…

Cela fait un bon moment que je le dis, le répète (au point que c’est devenu une blague avec mes fils) : le niveau baisse inexorablement. Mais quel niveau ?

Le niveau intellectuel, le niveau mental de nos contemporains. Pour s’en persuader, il suffit de regarder ce qui est proposé par les médias : toujours plus bas, toujours plus bête… Et ça empire chaque année : aucun titre, aucune chaine, aucune station n’est épargnée.

Mais, alors que j’avais hélas l’impression de prêcher dans les désert, je constate que ça commence à remonter à la surface… Un documentaire Arte « Demain, tous crétins ? » fait le point sur l’influence des perturbateurs endocriniens (encore eux !) sur le développement du cerveau des jeunes enfants.

Voici le texte de présentation de ce documentaire :

Baisse du QI, troubles du comportement et autisme en hausse : cette enquête alarmante démontre que les perturbateurs endocriniens affectent aussi la santé mentale.
Et si l’humanité était en train de basculer vraiment dans l’imbécillité, comme l’imaginait en 2006 la cruelle fiction de Mike Judge « Idiocracy » ? Depuis vingt ans, les scientifiques constatent avec inquiétude que les capacités intellectuelles ne cessent de diminuer à l’échelle mondiale. Une baisse du QI a été observée dans plusieurs pays occidentaux. À cela s’ajoute une explosion des cas d’autisme et des troubles du comportement. En cause : les perturbateurs endocriniens, ces molécules chimiques qui bouleversent le fonctionnement de la thyroïde, essentielle au développement cérébral du fœtus. Présentes dans les pesticides, les cosmétiques, les mousses de canapé ou encore les plastiques, ces particules ont envahi notre quotidien : nous baignons dans une véritable soupe chimique. Aux États-Unis, chaque bébé naît ainsi avec plus de cent molécules chimiques dans le sang. Mais comment limiter leurs effets ? Quelles solutions peut-on mettre en place pour préserver les cerveaux des générations futures ?
Épidémie ?
Huit ans après « Mâles en péril », qui révélait l’impact des perturbateurs endocriniens sur la fertilité, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade tirent à nouveau la sonnette d’alarme en dévoilant l’effet néfaste de ces mêmes polluants sur notre intelligence et notre santé mentale. « Demain, tous crétins ? » relaie la parole de chercheurs engagés, comme la biologiste Barbara Demeneix, spécialiste de la thyroïde, ou la biochimiste américaine Arlene Bloom, qui mène depuis les années 1970 un combat acharné contre l’utilisation des retardateurs de flammes (mélanges chimiques ajoutés à une grande variété de produits industriels comme les plastiques, les textiles et les équipements électriques ou électroniques pour les rendre moins inflammables). Leurs études et d’autres nous alertent sur un problème de santé publique dont les législateurs, sous l’influence des lobbies industriels, n’ont pas encore pris la mesure.

L’écriture inclusive, peut-on imaginer plus con et plus inutile ?

Tout est résumé dans cette image :

Effectivement, le choix est cornélien.

Source : https://twitter.com/SanglierSympa/status/924926575807811584/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw&ref_url=http%3A%2F%2Fwww.slate.fr%2Fstory%2F153504%2Fsanglier-sympa-twitter-alt-right-francais

Après la « droite la plus bête du monde », voici « le groupe féministe le plus stupide possible » !

C’est le socialiste Guy Mollet qui avait inventé la formule « le droite la plus bête du monde » (et, en tant que socialiste, ça faisait de lui un expert !). Aujourd’hui, dans la coupe du monde la connerie, la France vient de marquer un nouveau but avec le groupe féministe le plus stupide au point où peut se demander si c’est n’est pas qu’une grosse blague ?

Pour vous en laisser juger, je vous invite à lire cet article de Slate.fr http://www.slate.fr/story/153320/le-groupe-feministe-plus-bete-monde qui est édifiant à plus d’un titre. Si vous connaissez mon blog, vous savez ce que je pense des féministes mais là, je dois avouer que ça dépasse mon imagination (pourtant fertile) !

Parlons des J.O., une toute dernière fois (promis !)…

Ainsi donc, Paris a décroché l’organisation des Jeux Olympiques 2024… Pas de quoi se réjouir toutefois !

Pour vous convaincre que les J.O. ne sont PAS une bonne chose, quel que soit l’angle considéré, je vous invite à lire cet extrait de mon livre « Cette révolte qui ne viendra pas » où, justement, j’évoque ce cas…

Cette révolte qui viendra pas

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La terrible vérité sur les jeux olympiques

Disons-le tout net : je n’aime pas les jeux olympiques (surprenant hein ?) !

Mais pourquoi, pourquoi bouder sa joie et ne pas communier tous ensemble à l’occasion de ce grand rassemblement sportif et politique ?

Parce que les jeux ne sont pas ce qu’ils prétendent être. La terrible vérité c’est qu’ils ne l’ont même jamais été. Les JO n’ont jamais été un idéal de vertu et d’esprit sportif, même pendant l’antiquité. Pendant l’ère de la Grèce antique, les jeux olympiques tenaient plus de la parade militaire que de l’épreuve sportive. Les disciplines retenues ne l’étaient pas parce qu’elles représentaient la vertu ou l’esthétique mais plutôt l’efficacité au combat… Hé oui.

Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment une parade militaire mais plutôt la version moderne des jeux du cirque (romain), en pire. Corruption et dopage en sont les deux travers les plus visibles mais pas les seuls et pas les plus graves. Plus pernicieux que la corruption des membres du CIO (dont les voix sont facilement achetables, on l’a encore vu dernièrement), c’est la soumission aux sponsors qui est le vrai cancer du CIO et qui sera sa perte. Déjà, d’après Reuters, les JO n’ont plus la cote auprès des publicitaires : « Les Jeux olympiques et les valeurs qu’ils véhiculent ont perdu de leur superbe aux yeux des publicitaires du monde entier, à en croire un sondage d’Icom, qui fait néanmoins apparaître de grandes différences d’un pays à l’autre. »

Si l’argent déserte, alors vous pouvez être certain que c’est la fin de ce rendez-vous. Car, soyons clairs, les JO ne servent à rien. Ils n’ont même jamais servi les causes qu’ils prétendaient défendre. Les JO n’ont pas aidé à la paix, même en les attribuant à Berlin en 1936, ni à la réconciliation entre les peuples après la Seconde Guerre Mondiale puisque les Allemands (et les Japonais) étaient exclus des jeux de Londres en 1948. Les JO n’ont pas plus aidé à l’établissement de la démocratie comme les massacres d’étudiants l’ont prouvé en 1968 à Mexico et ce n’est pas parce que Pékin a accueilli le grand cirque en 2008 que le PC chinois va tout d’un coup devenir un exemple d’ouverture et de liberté (et que pour ceux qui croient encore le contraire, moi je dis qu’un tel niveau de crédulité mérite d’être enregistré dans le livre des records…).

Le salut nazi était de rigueur en 1936, lors des JO de Berlin…

Même sur le plan économique ou de l’urbanisme, les JO sont plus nocifs que bénéfiques : les grands travaux menés en mode panique n’aident pas à moderniser les villes hôtes. En revanche, les dettes restent pesantes longtemps après les « festivités » (comme Grenoble ou Montréal ont pu s’en rendre compte…).

Mais alors, si le bilan est aussi négatif, pourquoi s’acharne-t-on à organiser cette comédie ?

Pour le plaisir du « bon peuple » pardi, mais aussi pour les profits des médias. Pensez, au milieu de l’été où il ne se passe rien et où le « bon peuple » aurait éventuellement l’occasion de se détourner des écrans pour aller bronzer, voilà qu’on a un prétexte au-dessus de tout soupçon pour les scotcher devant leurs postes…

La loi de la proportionnalité inversée

Le « spectacle » des jeux olympiques ne m’inspire pas l’admiration ou la surprise (en fait, cette « grand-messe » ne m’inspire que du rejet) mais il m’a permis de comprendre une loi fondamentale de notre monde moderne : le niveau de l’audience est inversement proportionnel aux moyens employés pour le spectacle (sa conception, sa réalisation et sa diffusion) regardé par ces spectateurs (qu’il s’agisse d’une épreuve sportive ou d’un concert ou autre : cette loi concerne tous les rassemblements où s’exerce une relation acteurs/spectateurs).

Par exemple, une pièce de théâtre demande des moyens relativement modestes : un texte, une troupe (éventuellement avec très peu d’acteurs) et une scène (éventuellement avec très peu de décors)… Voilà tout.
Cependant, l’audience qui assiste à la représentation doit avoir un bon niveau pour saisir le message du texte et la subtilité du jeu des acteurs. Attention, je ne suis pas en train de faire l’apologie systématique de TOUTES les pièces de théâtre !

Là, comme ailleurs, le sublime côtoie facilement le ridicule, surtout en ce qui concerne le théâtre dit « moderne ». Mais c’est juste un exemple pour me faire comprendre.

À l’inverse, une course de F1 exige des moyens autrement plus coûteux et compliqués : un circuit permanent avec toutes ses infrastructures, un plateau composé des écuries habituelles avec leurs voitures hypersophistiquées et une nombreuse troupe d’acteurs très spécialisés (des pilotes aux commissaires de piste). Et je ne parle même pas des moyens employés pour retransmettre la course en direct à la télévision (nombreuses caméras, y compris embarquées sur les voitures, liaisons satellites, commentateurs en plusieurs langues, etc.).

Les moyens sont là mais le niveau de l’audience est déjà beaucoup plus bas… En effet, comment peut-on justifier d’apprécier la F1 de ces dernières années ?

Le spectacle est inexistant (non, je n’exagère même pas et c’est bien cela qui est triste) tout comme le suspense. On pourrait me rétorquer que les fans de F1 sont des esthètes capables d’apprécier la pureté mécanique et la vitesse extrême procurée par le pinacle du sport auto… Même pas. Pour ce qui est de la vitesse, les 500 miles d’Indianoplis sont bien plus impressionnants et le suspense est plus souvent présent aux 24 heures du Mans. Alors, comment comprendre que la F1 draine de telles audiences (en volume plutôt qu’en qualité) ?

Tout simplement parce qu’on a dit et répété à ces amateurs de sport auto « voici le sommet du sport automobile : ici sont réunis les meilleurs pilotes et les voitures les plus rapides jamais construites. C’est la pointe absolue de cette discipline… ». Prosternez-vous et appréciez, point.

Remarquez bien que ce type de raisonnement s’applique tout aussi bien à d’autres sports comme le foot ou le rugby où le spectacle peut être absent mais qui rassemble quand même les foules simplement parce que « c’est la coupe du monde »…

C’est là où c’est vraiment triste : ces gens ne vont pas apprécier tel ou tel spectacle en fonction de leurs critères personnels mais plutôt en fonction de ce qu’on leur dit. Ceci explique une bonne part de la popularité endémique du football… Nombreux sont ceux qui suivent les championnats de foot simplement « pour faire comme tout le monde » (n’oublions pas que la pulsion d’intégration est un puissant moteur à l’œuvre en permanence dans l’immense majorité des cas… On imagine les ravages dans le cas des « supporteurs » !).

Bref, on l’aura compris, tout ce qui est universel est inévitablement médiocre. Et cette médiocrité convient parfaitement aux médias car elle leur permet de mieux faire passer leur propagande.

Apogée et déclin de l’intelligentsia Parisienne

L’intelligentsia parisienne a fait des ravages pendant des décennies. Donnant le ton de la ligne de pensée du moment, un petit groupe, de Sartre à Lacan (un escroc) en passant par Deleuze et d’autres, décidait de tout pour tous.

17 janvier 1972, journée d’action du GIP au Ministère de la Justice : Jean-Paul Sartre, Gilles Deleuze et Michel Foucault / E. Kagan.

Dans les années cinquante et soixante, cet aréopage était plutôt pro-communiste. On va volontiers à Moscou visiter l’utopie soviétique, on revient déçu, bien sûr, mais on ne dit rien parce que « il ne faut pas désespérer Billancourt » (Sartre, encore lui !). Et si jamais la vérité commence à percer sur la réalité de l’URSS, on fait un procès, ah mais !

Dans les années soixante-dix, le communisme soviétique est moins à la mode. Pour être dans le coup, il faut être maoïste, rien de moins !

Le grand bond en avant, ça avait de la gueule tout de même !

Peu importe que la réalité de la Chine de Mao soit encore pire que celle de l’URSS (grand bond en avant, révolution culturelle, des calamités cachées qui ont eu un impact inouïe sur le peuple chinois…), on est « Mao » pour être cool et éclairé.

Les SS, c’est pas bien mais les gardes rouges, ça, c’est branché !

Donc, les intellectuels maoïstes sont tout aussi réactionnaires que leurs prédécesseurs des années « pas touche à Staline » et font des procès à ceux qui veulent dire ou écrire la vérité sur la situation en Chine : ben oui quoi, en matière de mauvaise foi, on ne change pas une recette qui marche !

Bon mais tout cela, c’est du passé. Aujourd’hui, terminé la mauvaise foi et la défense de régime fondamentalement indéfendables. De nos jours, l’intelligentsia (ou ce qu’il en reste) participe activement à l’abrutissement général… Un progrès ?