Une génération d’écrivains talentueux mais que va-t-il en rester ?

Régulièrement, je relis « Le journal d’un proctologue » d’Hervé Heurtebise et je ressens toujours la même émotion avec ce récit à la fois drôle et poignant. Il y a donc une poignée d’auteurs comme Hervé, Thibaud Delavaud (je me mets aussi dans ce lot) et d’autres dont je ne me souviens plus du nom pour qui l’écriture est une activité significative.

Je me demande souvent ce qui restera de cette première génération d’écrivain qui est apparue avec et grâce à l’autopublication (surtout sur Internet). Quels sont ceux qui vont survivre au passage du temps (je veux dire « survivre en terme de notoriété »…) ?
Quels sont les ouvrages de ces auteurs qui seront encore lus dans 20, 30, 40 ans ?

Nous écrivons pour être lus, ça c’est clair. Mais pour quelle durée ?
Nous écrivons aussi pour les échanges avec les lecteurs, ça aussi c’est très clair (et je suis toujours ravi quand cela arrive). Mais quels échangent pourrais-je avoir avec d’éventuels lecteurs dans des décennies (dans le cas où ils y en auraient, ce qui serait une super bonne nouvelle !) ?

Je n’ai évidemment aucune réponse à ces questions, mais il serait amusant qu’un historien de la littérature lise ces lignes dans les temps futurs et commente « Déjà, Lefebvre s’interrogeait sur le devenir de ses écrits… Il serait sans doute bien surpris d’apprendre la situation de son oeuvre à notre époque. »

Mes livres récents en format papier... Sous le soleil de la Floride !

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Les saisons, un documentaire à regarder en famille

Dernier de la série de documentaires animalier produit par Jacques Perrin, « Les saisons » s’inscrit dans la lignée de « Microcosmos » et du « Peuple migrateur » : tout aussi beau, tout aussi spectaculaire. C’est un peu aussi une synthèse de ces deux-là dans la mesure où on y retrouve des séquences qui évoquent « Microcosmos » (comme le combat de Hannetons) ou « Le peuple migrateur » (comme le vol des oies sauvages).

Ce film magnifique est à regarder en famille comme nous l’avons fait après l’avoir loué sur iTunes (disponible depuis le 27/05).

 

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Esprit de Moto-Journal, es-tu là ?

Tout d’abord, en introduction, je dois reproduire ici un article que j’avais publié sur mon blog principal le 07/09/2011, c’est-à-dire bien avant d’écrire « Freedom Machine« …

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Qu’est-il arrivé à Moto-Journal  ?

Avec mon livre « Cette révolte qui ne viendra pas » j’explique dans la 3ème partie de cet ouvrage que le niveau général (intellectuel, culturel et de conscience des responsabilités qu’implique la vie en société) des citoyens s’est effondré. Bien entendu, une telle assertion est toujours difficile à prouver même si on en a de nombreuses traces, certaines étant même très concrètes (comme le niveau de l’expression écrite).

Pourtant, quelquefois, on peut mettre la main sur un exemple éclairant qui illustre votre propos mieux qu’une preuve formelle pourrait le faire… Et cet exemple, je crois l’avoir avec l’évolution de Moto-Journal à travers les dernières décennies.

Contrairement à ce qui est écrit partout, Pierre Barret n’a pas créé Moto-journal, il a plutôt racheté ce « auto-moto journal » qui était en perte de vitesse pour en faire un rude concurrent de Moto Revue (un autre magazine consacré à la moto, mais qui est beaucoup plus ancien et qui était également beaucoup plus « traditionnel » que l’était Moto-Journal). Moto Journal, qui a vu le jour 14 janvier 1971, s’appelait à l’origine Auto Moto, et ce jusqu’au numéro 40 du 28 octobre 1971. Il s’est ensuite appelé Auto Moto Journal du n° 41 du 4 novembre 71 au n° 44 du 25 novembre 71.

Un référendum eut alors lieu auprès des lecteurs, Moto Journal souhaitant choisir une orientation exclusive vers la voiture ou la moto. La moto fut choisie et c’est à partir du numéro 46 du 9 décembre 1971 que Moto Journal porta enfin ce nom.

Pierre Barret était précédemment Directeur de l’Express et JJSS avait voulu reprendre les rênes de ce journal (si l’acronyme JJSS ne vous dit rien, allez donc voir la bio de ce « trublion » des années 60 & 70 de l’ancienne France à http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Servan-Schreiber).

Barret n’était pas le seul artisan de la transformation/renaissance de Moto-Journal qui doit également beaucoup à Guido Bettiol et Jacques Bussillet (ce dernier est venu un peu plus tard).

Moto-Journal des années 70 et même 80 n’était pas un magazine sur la moto comme les autres. Certes, le contenu éditorial était centré sur les deux-roues à moteur, mais ce n’était pas simplement une revue pour motards crasseux et plutôt bourrins sur les bords, au contraire !

Moto-Journal, à travers son contenu et son ton s’efforçait systématiquement de remonter le niveau de son lectorat. Les essais des machines de route ne se contentaient pas d’énumérer bêtement les caractéristiques techniques et le comportement des motos testées semaine après semaine, les journalistes tentaient (souvent avec réussite) d’en extraire l’âme et d’en comprendre le mode d’emploi le plus approprié (ce qui n’était pas toujours évident, car les motos de cette époque bénie n’étaient pas aussi « domestiquées » qu’aujourd’hui…).

Une couverture de Moto-Journal en 1972

Les reportages sur les Grand-Prix moto étaient du même tonneau : il ne s’agissait pas seulement de descriptions factuelles des courses, mais bien de nous faire partager l’épopée des champions, l’ambiance des paddocks et l’évolution des compétitions, tout cela sans jamais se départir d’un esprit critique aiguë, signe certain d’une saine lucidité. Et ainsi de suite, chaque rubrique de l’hebdomadaire avait sa personnalité et son originalité le tout en phase avec l’esprit militant du magazine : toute la moto, certes, mais pas n’importe comment !

J’étais adolescent à l’époque où j’ai découvert (grâce à ma sœur aînée) Moto-Journal que j’achetais religieusement chaque jeudi (j’allais le chercher en vélo à la librairie de ma résidence) et il était clair que je me sentais traité comme un adulte (que je n’étais pas encore) responsable en lisant ses pages. Mieux, son ouverture sur le monde dépassait largement le milieu motocycliste (ce que n’a jamais su faire la concurrence de l’époque et surtout pas Moto-Revue qui me paraissait toujours terriblement ringard à côté du pétillant MJ !) et, avec et grâce à Moto-Journal, on pouvait découvrir les États-Unis (à l’occasion des 200 Miles de Daytona) ou le Japon (à l’occasion d’une visite aux constructeurs ou du salon de Tokyo), entre autres.

Bref, pour moi, MJ était LE magazine qui m’a permis de forger mon esprit critique et même ma première conscience politique à une époque où la France se remettait encore péniblement de l’après mai-68. Lire MJ ne vous classait pas dans la catégorie « bourrin sans cervelle et plein de cambouis » et vous pouviez ainsi discuter d’égal à égal avec les lycéens évolués qui s’affichaient avec « Libération », du moins jusqu’à la fin des années quatre-vingt…

Une couverture de Moto-Journal en 1973

Et après, que s’est-il passé ?

C’est là que ça devient intéressant, car le Moto-Journal d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui du trio des trois B (Barret, Bettiol & Bussillet). De nos jours, MJ n’est plus qu’un magazine comme les autres et il se contente d’un contenu bas de gamme tout à fait en phase avec l’image peu reluisante qu’on peut se faire des motards quand on voit comment certains se comportent sur la route (attention, pas de généralité, certains se conduisent comme des bourrins et nuisent gravement à l’image des motards, mais la plupart des propriétaires de motos sont des conducteurs responsables, bien mieux que bien des automobilistes !).

La bascule s’est produite dans les années quatre-vingt-dix même s’il est difficile de pointer une année précise. Moto-Journal a changé de cap, changé de ligne éditoriale et a renoncé à vouloir hausser le niveau de son lectorat. Au contraire, place à la beauferie la plus éhontée puisque ça fait vendre !

Donc, j’affirme que cette bascule de Moto-Journal est significative, que dis-je, emblématique de l’évolution de la société tout entière : alors que dans les années soixante-dix, on trouvait encore normal (voire astucieux) de prôner un positionnement haut de gamme même pour une cible comme les motards, dans les années quatre-vingt-dix, il est clair que seul la beauferie est un choix acceptable, tant sur le plan marketing qu’éditorial…

Détail amusant, l’Express cher à notre JJSS a suivi le même chemin !

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Cet article a été très consulté (preuve de l’intérêt du sujet par des motards/lecteurs nostalgiques, comme moi) et voici le commentaire le plus intéressant (car il apportait une information que je n’avais pas…) :

En fait, vers le milieu des années 80 ou peut-être un peu après, MJ a été vendu à un groupe de presse allemand. Et puis, pas mal de monde avait changé, entre les anciens qui avaient disparu ou étaient partis (dont une bonne partie à cause de la revente), des jeunes qui étaient arrivés et, fatalement, n’avaient pas le profil passionné post-soixante-huitard de leurs anciens, mais plutôt diplômés d’écoles de journalisme et motard de base, voire même peu motard à la base, plus des gars qui n’avaient pas réussi à trouver un boulot de journaleux dans un titre ou un média plus « prestigieux » (les critères de recrutements des nouveaux proprios…), bref, l’exception culturelle Française motarde avait vécu.

La question brûlante, désormais, c’est « peut-on trouver un digne successeur à Moto-Journal dans la presse actuelle ? ». Dans un premier temps, j’aurais été tenté de répondre « non ». Moto-Revue est un bon titre (sans doute le meilleur dans la catégorie « généraliste »), mais sans le petit plus au niveau de l’esprit qui faisait tout le charme et l’intérêt de MJ. Et puis, un ami m’a passé ses exemplaires récents de Moto Magazine (il est abonné à ce mensuel).

L’intérêt de ce mensuel, c’est qu’il n’est pas du genre « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » (comme le célèbre film de Jean Yanne) : il n’hésite pas à dire les choses crûment quand il le faut. Exemple : dans son numéro hors série « tendance rétro 2015 », Moto Magazine dénonce les excès de la mode « branchée » qui sévit actuellement sur la vague moto classique. Je ne peux qu’être 100% d’accord dans la mesure où je trouve cette tendance absolument ridicule.

Ce n’est pas tout !
Dans son numéro 326, on trouve un reportage incroyable de « Ptitluc » : les combattants russes de la panne fortuite. Il y a tout dans ce reportage : aventure (la vraie !), ton juste, réflexions (juste également) sur l’évolution de la notion de solidarité motarde, images dépaysantes et ainsi de suite. Oui, ce reportage est tout à fait digne du MJ de la grande époque.

Moto Magazine ne traite pas trop les événements sportifs genre MotoGP et il a bien raison : mieux vaut laisser cela aux vrais spécialistes comme Sport-Bikes (encore une pépite à découvrir si ce n’est déjà fait !). Donc, oui, je crois que nous tenons un bon candidat à la succession de MJ, croisons les doigts pour que l’équipe de Moto Magazine continue avec le même esprit, on continuera à les lire avec le même plaisir !

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Plus de 400 € pour un casque jet, est-ce raisonnable ?

Certains tentent de trouver la moto idéale (et quel motard d’expérience n’a-t-il pas été tenté de prendre ce chemin ?), moi, je vise un but un peu plus modeste : trouver le casque idéal !

Mais, en fait, c’est comme pour la moto idéale : c’est une quête qui est vaine car cet idéal n’est évidemment pas généralisable (en clair, la moto idéale pour moi ne le sera pas pour vous et ainsi de suite…). Ceci précisé, je vais tout de même vous conter mes dernières tribulations en la matière…

Après avoir bien travaillé sur mon Bell Bullit, j’ai de nouveau une période Jet !

Ce petit joint orange sert à obstruer la fente de la boucle qui tient l'aimant qui était trop ample d'origine...

Ce petit joint orange sert à obstruer la fente de la boucle qui tient l’aimant qui était trop ample d’origine… Dieu est dans les détails dit-on !

En effet, lors du stage « Flat track », j’ai pu utiliser mon Bell 500 jaune (celui avec la déco Yamaha USA des années 70…). J’ai également un autre Bell 500 en Floride et c’est ce casque qui est à l’origine du titre de mon livre et de ce blog…

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Le Bell 500 « Freedom Machine » à côté d’un Arai déjà un peu ancien…

Bref, quand j’ai remis mon Arai Chaser V pour rouler en Savoie, j’ai eu une sensation de confinement plutôt désagréable… Au diable l’intégral, vive le jet !

C’est donc sur mon Shark Nano que j’ai installé le dispositif Cardo Rider afin de pouvoir discuter avec Dom pendant nos balades.

Celui-là, j’avoue, je l’ai choisi à cause de sa déco avec la mention « The freedom Instinct » qui me semblait bien dans la ligne de Freedom Machine…

Mais, à l’usage, je n’étais pas complètement satisfait de ce casque : la qualité de fabrication n’est pas tout à fait à la hauteur de ce que fait Arai ou Shoei par exemple et quand on manipule les garnitures intérieures, il est difficile de pouvoir les remettre exactement comme elles étaient à l’origine. De plus, le système de fermeture de l’écran est un peu frustrant : il faut vraiment verrouiller l’écran pour ne pas avoir des filets d’air dans les yeux et même ainsi, l’isolation n’est pas vraiment bonne. Pire, il faut utiliser les deux mains pour déverrouiller le bazar !
Enfin, j’ai fini par casser l’écran (fixation côté droit) à force de le manipuler lors de l’installation du Cardo Rider. Je ne suis pas en train de trasher Shark (une marque française que j’aime bien puisque j’ai aussi un intégral de chez eux), mais j’ai compris que j’étais prêt pour tenter autre chose…

En lisant des essais et en regardant des vidéos sur Youtube, un favori s’est dégagé : le Shoei J-Cruise.

Le Shoei J-Cruise en noir brillant.

Ce casque semblait vraiment bien sous tous les rapports sauf un détail… Le prix !
En effet, alors que le Shark Nano est proposé autour de 200€ (plus ou moins selon les décos…), le J-Cruise lui réclame 425€… ça fait tout de même une différence !

Du coup, j’ai hésité et puis je me suis lancé : la quête du casque idéal ne doit pas être stoppée pour une question de prix !

J’ai commandé le mien à icasque.com et j’ai transféré le Cardo Rider dessus dès que je l’ai reçu. L’essai statique m’a donné une bonne impression : bonnes finitions, sensation de confort élevée, une bonne « première impression » quoi… Mais, en matière de casque, on sait bien que le test statique compte peu car, honnêtement, ma première impression sur le Shark Nano était tout aussi bonne.

Alors, vais-je faire durer le suspense plus longtemps avant d’annoncer les résultats de mes essais dynamiques ?
Certes non ! J’ai même poussé le vice jusqu’à tester de nouveau mes différents casques intégraux afin d’avoir des repères en matière de bruits ambiants et de circulation d’air. Commençons par ce qui m’irritait le plus avec le Shark Nano les filets d’air derrière l’écran. Sur ce point le Shoei J-Cruise l’emporte haut la main : une fois l’écran baissé et verrouillé, c’est la plénitude totale !
Encore mieux : l’écran se déverrouille d’une seule main, bravo !

Là où j’ai été un poil déçu, c’est sur les bruits ambiants : le Shoei J-Cruise ne fait pas mieux que les autres. Mais, il est important de préciser que tous les casques (ou, du moins, tous mes casques) sont bruyants. Revenons sur les éléments positifs : les points d’aérations semblent efficaces (on sent la différence entre ouverts et fermés…) et, surtout, se laissent manipuler facilement d’une seule main avec le casque sur la tête… L’écran solaire est efficace et la boucle de fermeture est facile à manipuler.

Pour finir, pourquoi avoir retenu le Shoei J-Cruise plutôt que le Arai SZ qui navigue lui aussi dans la même zone de prix (voire même encore plus cher !) ?
Eh bien parce que Shoei m’a paru avoir une attitude moins dogmatique qu’Arai. Je m’explique : Shoei propose un écran solaire intégré alors qu’Arai s’y refuse toujours. Shoei propose une boucle de fermeture rapide alors qu’Arai en reste toujours au double-D (tout de même moins pratique). Je veux bien qu’on ait certains principes et qu’on les défende, mais il faut aussi savoir suivre le progrès. Sur ce point, Shoei me semble plus ouvert qu’Arai.

En conclusion, ce casque Jet vaut-il les 425€ demandés ?
Pour ma part, ce sera un oui raisonné. Certains penseront « jamais de la vie ! » et ils auront raison aussi. Quand on recherche vraiment des prestations haut de gamme, il faut être prêt à en payer le prix et, dans ce cas, le rapport qualité/prix est toujours plus difficile à justifier, surtout quand des concurrents proposent des produits qui paraissent équivalents (et tout est dans cette nuance…) pour la moitié du prix…

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Quoi de mieux qu’un lundi de pentecôte pour un petit miracle ?

Aujourd’hui, j’ai pu rédiger le chapitre 14 de PMC T3… En une seule journée !

Comme j’avais déjà pu écrire les chapitres 11, 12 et 13 ces derniers jours (et que le chapitre 15 était déjà rédigé depuis longtemps…), cela m’a permis de conclure l’écriture du premier jet de ce dernier volume de la saga PMC.

C’est un petit miracle car je n’y croyais pas moi-même : il y a quelques jours, j’expliquais justement que la rédaction du T3 trainait depuis un an et que cela prenait du temps, etc.

Et là, boum, en quelques jours, miracle : le livre (le premier jet du moins) est terminé !
Bon, reste encore un paquet de travail pour les corrections, la mise en forme, tout ça…

Pour moi, ce n’est pas sans une certaine émotion que je conclus cette histoire. Après tout, ça fait des années que je suis dessus !
Donc, c’est à la fois une certaine libération et une nostalgie certaine… Plus prochainement, promis !

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Pourquoi plus d’un an pour écrire le T3 de PMC ?

Il y a presque un an jour pour jour, je pouvais enfin publier le T2 de PMC (voir à http://www.perdudansletemps.com/le-tome-ii-de-prevision-maitrise-controle-est-enfin-disponible/)… Et depuis ?

Depuis, j’en suis toujours à écrire le T3, volume final de cette saga… Certes, je ne suis pas resté vraiment inactif pendant toute cette année puisque j’ai pu écrire et publier « La guerre des Froes » en septembre 2015 (voir à http://www.alain-lefebvre.com/un-tout-nouveau-livre-disponible-la-guerre-des-froes-de-la-sf-sur-un-fond-de-guerre-intersystemes/).

Oui mais le T3 de PMC, pourquoi ça traine ?
D’abord, ça ne « traine pas » : je n’ai pas de calendrier à tenir, je fais à mon rythme, quand ça me plait et seulement dans ces conditions. Imaginez ce que ça donnerait si je devais écrire cette suite et fin avant telle date ?
De la bouillie pour chats et rien de plus.

Bref, pour toutes ces raisons, je prends mon temps. C’est-à-dire que j’y travaille quand je le sens et je le laisse de côté quand je ne sens rien. Cela a toujours été ma méthode d’écriture et je ne vois aucune raison d’en changer.

Ceci dit, je dois avouer que, cette fois, c’est un peu plus difficile que d’habitude. Car ce tome 3 est aussi la conclusion de toute cette histoire. Il me faut donc rassembler tous les fils et les nouer d’une façon satisfaisante. Pas toujours évident de donner congé à un personnage : ce dernier n’a pas forcément envie de quitter la scène et je m’y suis attaché… Donc, la séparation prend plus de temps et d’efforts que prévu.

Je n’explique pas tout ceci afin qu’on me plaigne (et puis quoi encore !) mais partager avec vous ce long cheminement qui débouche sur un livre, une histoire complète. Entre nous, j’ai plutôt hâte d’en avoir terminé, car je porte cette histoire depuis bien longtemps maintenant. Attention, ça ne veut pas dire que je suis lassé, au contraire. Je suis très heureux de voir comment tout cela s’est transformé au fil des mois et des années. Mais, désormais, j’aimerais bien pouvoir mettre la touche finale et passer à autre chose, car, et cela ne vous étonnera pas, j’ai plein d’idées pour de nouveaux ouvrages !

En attendant de pouvoir vivre cet instant de libération (intense et gratifiant) qui marque la fin de l’écriture d’un livre, je vous livre un extrait du travail en cours à http://www.perdudansletemps.com/un-extrait-du-tome-iii-pour-vous-faire-patienter/

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Un extrait du tome III pour vous faire patienter…

Le tome III de PMC est en cours de rédaction. J’en suis au chapitre 12 (sur 15 prévus) et ça avance plus ou moins bien : très bien certaines semaines, pas du tout quelquefois !

Mais, en attendant de pouvoir vous annoncer que le T3 est enfin terminé et en cours de corrections, voilà déjà un extrait conséquent (deux chapitres quand même !) afin de vous faire patienter. J’ai choisi cet extrait soigneusement : il ne révèle rien de l’intrigue du T3… Aha, je ne vais pas me spoiler tout de même !

Allez, trêve de bavardage, voici l’extrait (vierge de toute correction, ça pique un peu les yeux sans doute ça et là…) :

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V. Le projet fou

Espace CR5, date inconnue

Vincent, sénior et le colonel se sont installé à la « clinique » à l’invitation de Richard Neveux et ce dernier a promis de prendre soin de Topper qui a sa chambre individuelle où, allongé sur un lit, il regarde fixement le plafond sans jamais dire un mot…

Nos trois compagnons se retrouvent dans le bureau de Neveux où ce dernier veut les entretenir des dernières nouvelles  les concernant et de son projet :

Neveux- J’ai commencé mon enquête et je pense que votre histoire trouve son origine dans un incident qui a concerné l’institut PMC il y a deux ans…

Senior- L’institut PMC ?

Ce nom ne nous dit rien…

Neveux- C’est normal et le contraire serait étonnant. Mais, en surface, c’est bien PMC qui héberge le simuli d’où vous venez.

Colonel- Et cet incident, de quoi s’agit-il ?

Neveux- Ce n’est pas très clair, ce ne sont que des rumeurs, mais nous en avons eu l’écho, car le créateur de PMC vient de chez nous… En tout cas, j’ai une piste à creuser et je serais bientôt en mesure de vous en dire plus, comme promis !

Vincent Tria- Et c’est seulement pour nous dire cela que vous êtes si content de vous ?

Des rumeurs sur lesquelles vous ne savez rien ou presque ?

Senior- Vincent, voyons… Monsieur Neveux a tenu sa promesse sur Topper tout de même…

Neveux- Laissez, c’est normal. Je n’ai pas encore grand-chose, c’est vrai. Mais j’ai une piste et si vous me laissez un peu de temps, je suis sûr d’arriver à apprendre ce qui vous est arrivé.

Colonel- Et en attendant ?

Neveux- En attendant, j’aimerais pouvoir profiter de vos talents uniques… Nous avons un projet captivant qui va vous intéresser, j’en suis sûr !

Senior- Un projet captivant… c’est bien présenté, mais de quoi s’agit-il ?

Si vous pouviez nous en dire plus, nous serions sûrement intéressés…

Neveux- Que diriez-vous d’accompagner Jésus pendant ses premiers pas en tant que personnage public ?

Senior- Jésus ?

Vous voulez dire « Jésus de Nazareth » ??

Neveux- Oui, celui-là, le Jésus que tout le monde connait, mais que personne n’a vraiment vu depuis. Grâce à notre projet, nous pouvons le faire revivre et voir comment il se comportait dans son époque, dans son contexte.

Vincent Tria- C’est mission impossible votre histoire !

On ne connait rien de précis sur cette époque et nous encore moins que les spécialistes !

Neveux- Rassurez-vous, je ne vous demande pas de vous transformer en experts du « Jésus historique ». Les spécialistes, nous les avons déjà.

Colonel- Que faudra-t-il faire alors ?

Neveux- Le suivre, comme si vous étiez ses disciples. En fait, nous avons prévu de commencer au moment où Jésus trouve ses deux premiers disciples : les apôtres Philippe et André qui étaient les disciples de Jean le baptiste, mais qui décident de suivre Jésus.

Vincent Tria- Et ça servira à quoi de le suivre comme si on était ses apôtres ?

Quel rôle exact devra-t-on jouer ?

Neveux- Justement, on ne sait pas vraiment, mais on pense que Jésus se conduira plus naturellement s’il est accompagné de vrais transférés plutôt que d’entités artificielles comme lui en fait. Si on veut qu’il croie à son destin, nous devons lui adjoindre des disciples prêts à le suivre, le conseiller et l’encourager, car conscients de la situation plutôt que le flanquer de robots qui vont juste savoir suivre un script. C’est tout le problème de nos recherches actuelles : pour développer des entités crédibles, nous avons besoin de les faire évoluer avec des êtres conscients, pas d’autres entités comme eux.

Senior- Vous dites que vous avez besoin de deux disciples…

Vincent Tria- Oui et nous sommes trois…

Neveux- Oh, je ne veux forcer personne. Je préférerais que vous soyez volontaires, que seuls les plus motivés fassent cette mission. À vous de voir qui préfère « passer son tour »…

Vincent Tria- Et je suis bien certain que vous aurez une mission solo à lui proposer, n’est-ce pas ?

Neveux- Vous êtes perspicace !

Vincent Tria- Cette histoire de Jésus ne m’emballe pas… Si me parliez de la mission solo donc ?

Neveux- Je sens que ça va vous plaire !

Vous m’aviez dit que vous aviez déjà effectué des missions dans le contexte du Premier Empire, si je me souviens bien…

Vincent Tria- Oui, mais une seule !

Neveux- Eh bien, il faudra y retourner et tenter de dissuader l’empereur lui-même de faire les mauvais choix qui vont précipiter sa chute…

Vincent Tria- Rien que cela !

Neveux- Oui mais, quoi qu’il arrive, le résultat de votre mission sera significatif : si vous arrivez à le convaincre, ça nous donne des indications intéressantes sur notre programmation et l’inverse sera tout aussi vrai. Bref, on sera content de vous dans tous les cas… C’est pas l’idéal ?

Vincent Tria- En effet, vu comme cela, ça va me convenir.

Neveux- Bravo !

Alors direction mars 1812 pour vous avec bel uniforme et faux papiers plus vrais que nature… Vous commencerez aux Tuileries, à vous de faire le reste…

Et pour vous deux, le gros morceau : vous allez incarner les apôtres Philippe et André au moment où Jésus quitte Jean le baptiste pour commencer sa propre quête.

On se retrouve ici dans une semaine pour faire le point sur vos progrès.

VI. Rapport de missions

Espace CR5, date inconnue

Vincent, sénior et le colonel sont de nouveau devant Neveux à la « clinique », mais, cette fois, c’est dans une grande salle et Neveux est flanqué d’assistants qui prennent activement des notes au fur et à mesure des récits de nos héros…

Neveux- Vincent, nous allons commencer par vous… Comment ça s’est passé avec notre « empereur » ?

Vincent Tria- Déjà, faut arriver à le rencontrer !

Sans l’intervention de Joséphine, je crois que j’aurais fait chou blanc en fait…

Neveux- Joséphine, l’ex-épouse ?

Elle vous a aidé ?

Vincent Tria- Oh oui et pas qu’un peu !

En fait, Joséphine est encore très présente à cette époque et se mêle de tout… Enfin, de tout ce qui lui reste, car le vrai pouvoir c’est le trio Foucher-Talleyrand-Berthier qui l’ont, chacun dans son domaine.

Bref, je me suis retrouvé dans les couloirs des Tuileries avec mon bel uniforme et mes papiers inutiles… Ceux-ci m’avaient permis d’entrer au palais, mais pour avoir une entrevue avec l’Empereur, il fallait une introduction d’un des membres du trio sinon, il fallait attendre un événement fortuit, mais ça m’aurait pris des semaines.

Foucher est inaccessible, Talleryrand était trop cher pour moi et je n’avais pas un grade suffisant pour intéresser Berthier… Heureusement, je suis tombé sur Joséphine qui semble s’intéresser aux nouveaux venus, ça été ma chance !

J’ai pu convaincre Joséphine que j’étais un devin et que j’avais de grandes révélations à faire sur l’avenir de l’empire. Avec ce que je lui ai déballé sur elle, je l’ai facilement impressionné et elle m’a cru pour le reste. Elle m’a emmené à la Malmaison où l’Empereur devait venir la visiter comme il faisait encore régulièrement. C’est elle qui m’a présenté au grand homme et celui-ci à consenti à m’écouter. Au début, il était très réticent et il fallait les interventions de Joséphine pour que je puisse poursuivre mes avertissements. Puis, il a changé d’attitude et s’est montré intéressé.

Finalement, nous avons parlé pendant des heures.

Neveux- Que lui avez-vous dit ?

Vincent Tria- Je lui ai tout expliqué, tout ce que je savais de la campagne de Russie : la poursuite des Russes avec la Grande Armée, la bataille de Borodino, l’entrée dans Moscou, l’incendie et la sortie de Moscou, la retraite, la Bérézina, la Grande Armée qui part en morceaux, le terrible hiver russe et ainsi de suite.

J’ai fini par comprendre ce qui l’intéressait : pas mes prédictions, mais ce que je pouvais lui dire sur la campagne elle-même. Il me posait des questions sur les lieux, les dates, les événements et il m’a même montré une carte comme si mes renseignements pouvaient quand même l’aider à faire pencher la balance dans son sens.

Quand j’ai réalisé pourquoi il m’écoutait, j’ai essayé de le persuader que c’était sans espoir, que l’histoire était déjà écrite, qu’il ne pouvait pas en sortir vainqueur cette fois.

Neveux- Et ?

Vincent Tria- Ça ne l’a pas impressionné, il m’a dit « Qu’est que vous croyez ? Ça fait des années que j’entends cela ! Si j’avais écouté mes généraux, mes conseillers ou même cette canaille de Talleyrand, je ne serais plus jamais parti en campagne après Austerlitz… Mais je connais bien les Russes et je peux les battre encore une fois ». J’ai eu beau lui faire valoir que, cette fois, ce n’est pas une armée qu’il allait combattre, mais l’immensité russe et son terrible hiver.

Neveux- Bien envoyé !

Vincent Tria- Oh, il en fallait plus pour l’ébranler. Je crois que même si j’avais pu projeter mes visions sur un écran, s’il avait pu voir la débâcle de ses yeux, ça ne l’aurait pas fait changer d’avis…

Neveux- Mais pourquoi ?

Parce qu’il est têtu, obstiné, imbu de sa puissance, persuadé d’avoir raison, que toutes ses victoires précédentes l’ont rendu invincible ?

Vincent Tria- Non, c’est plus simple que cela en fait. Tout ce que je lui ai raconté ne l’a pas fait changer d’avis parce que, fondamentalement, il était persuadé qu’il n’avait pas le choix. Que, envers et contre tout, il devait agir ainsi.

Il me l’a expliqué d’ailleurs. Il m’a dit clairement « Parce que vous croyez que j’ai le choix ? Mais si je ne fais rien, ils vont tous se retourner contre moi et me tomber dessus ! L’empereur de Russie me défi ouvertement en ne respectant pas le blocus, je dois le forcer à couper court avec les Anglais. Ah, les Anglais, que croyez-vous ? Ils me guettent, ils ont juré ma perte. Croyez-vous qu’ils vont me laisser régner en paix sur une grande partie de l’Europe ? Non, dix fois non. Ils vont multiplier les provocations comme au Portugal jusqu’à pouvoir lever une nouvelle coalition et tout va recommencer encore une fois.

Non, il faut punir l’empereur de Russie comme j’ai puni avant lui l’empereur d’Autriche et le roi de Prusse. Et si cette aventure doit se terminer tragiquement, eh bien soit-il !

La Grande Armée n’est pas une carte qu’on peut garder au fond de sa poche très longtemps. C’est un instrument instable qui s’use si l’on ne s’en sert pas. Je ne peux garder mes forces mobilisées si ce n’est pas pour faire la guerre. Eux aussi vont préférer mourir tragiquement mais couverts de gloire plutôt que comme des bourgeois engraissés et repus. Si j’avais le choix, je préférerais rester à m’occuper de ma famille, mais mon pouvoir est fragile, il repose seulement sur des victoires et j’ai toujours besoin d’une victoire de plus pour rester en place. »

Il m’a débité cela d’une traite. Je pense qu’il avait besoin de l’exprimer, qu’il ruminait cela depuis longtemps. Après cette tirade, il a tourné les talons et est retourné à Paris. Je n’ai pu le revoir qu’une fois, deux jours après aux Tuileries et toujours grâce à Joséphine et, une fois encore, il a tenu à me montrer les quelques cartes qu’il avait réussi à rassembler, à prix d’or selon lui… Tout ce que je lui disais ne servait à rien, il avait pris sa décision. Même Berthier qui était contre cette idée ne discutait plus et préparait la campagne.

Après cela, je suis resté avec Joséphine, car je commençais à intéresser les sbires de Fouché et ça serait devenu de plus en plus difficile de simplement rester libre…

Neveux- Votre conclusion ?

Vincent Tria- Tout l’empire tourne autour de la volonté de l’empereur, mais lui-même est prisonnier de la situation qu’il a contribué à créer. De son point de vue, la campagne de Russie est inévitable et il croit en son étoile. J’ai eu beau lui expliquer que le génie tactique dont il avait fait preuve lors des campagnes précédentes ne suffisait plus : ses adversaires se sont habitués, leurs tactiques se sont adaptées et Borodino en sera la preuve.

Donc, non, impossible de lui faire changer d’avis.

Neveux- Et la personnalité de notre empereur ?

Il vous a paru crédible ?

Vincent Tria- Tout à fait !

En fait, j’ai vite oublié que j’avais à faire à votre créature et je me suis pris au jeu complètement. Quand on est face à lui, on y croit, pas de problème. Joséphine m’a paru très bien également, très impressionnante dans son rôle d’ex-épouse qui veut encore se mêler de tout ce qui reste à sa portée.

Neveux- Bon !

On a réussi au moins cela… Mais, à vrai dire, je n’en doutais pas trop, car nos autres tests, plus limités, nous avaient déjà procuré des indications positives. Passons à notre gros morceau maintenant : qu’est-ce que nos apôtres peuvent nous raconter sur leurs aventures dans le sillage de Jésus ?

Senior- Eh bien, pour commencer, je dois dire que ce n’est pas de tout repos que de suivre Jésus : nous avons passé ces quelques jours dans des conditions misérables !

Nous avons dormi dehors le plus souvent et nous avons rarement mangé tous les jours. Nous étions fatigués et affamés, mais ce n’était pas le pire…

Neveux- Oh… Et c’était quoi le pire ?

Senior- L’insécurité !

Je dois avouer que j’ai eu peur quasiment en permanence. Entre les bandits, les zélotes agressifs, les villageois méfiants et les lapidations, la vue d’une patrouille de Romains finissait par être rassurante pour tout dire…

Heureusement que j’étais avec le colonel !

Neveux- Pareil pour vous, colonel ?

Colonel- Tria a raison : la situation était souvent tendue et j’ai cru que ça allait déraper une ou deux fois. On a eu de la chance et tout s’est bien passé, mais vrai que c’était un peu trop intense comme contexte.

Neveux- Ok, les temps sont durs en galilée au premier siècle… Mais Jésus dans tout cela ?

Senior- Quand nous avons rejoint Jean le baptiste, nous pensions y trouver Jésus comme vous nous l’aviez expliqué, mais Jean venait de le virer avec perte et fracas d’après ce qu’on a compris… ça commençait fort !

Neveux- Oui, ces deux personnages étaient en situation de compétition, cette issue faisait partie des possibles, c’est vrai…

Senior- Vous auriez pu nous prévenir quand même !

Neveux- Oui et non. Tout d’abord, on ne savait pas que ça arriverait si vite et, ensuite, on ne voulait pas vous donner trop d’éléments afin que votre comportement soit naturel.

Senior- Rassurez-vous, ça été réussi : à force d’insister pour savoir dans quelle direction notre Jésus était parti, le groupe des disciples de Jean s’est montré hostile à notre encontre… Il ne nous restait qu’à fuir à notre tour. À peine arrivé, déjà perdu !

Colonel- Bon, on a eu encore un peu de chance : on l’a retrouvé quasiment tout de suite. Il nous a accepté naturellement, même quand on lui a dit qu’on venait du groupe de Jean. On n’avait pas d’autre couverture crédible alors, on a suivi le plan, à défaut de mieux. Il n’a pas posé de question, sans doute trop heureux d’avoir un embryon de groupe prêt à le suivre…

Neveux- Et comment a évolué votre groupe justement, Jésus a-t-il réussi à faire d’autres adeptes ?

Senior- Pas vraiment. Chaque jour, il y avait un ou deux pauvres types qui se joignaient à nous sans un mot, sans doute dans l’espoir de partager notre maigre repas et les nouveaux venus de la veille avaient disparu au matin, quand ils se sont rendus compte que nous étions aussi misérables qu’eux !

Neveux- Je vois… Et les prêches ?

Senior- Ah, les prêches !

Le moment suprême pour lequel n’importe quel chrétien convaincu donnerait volontiers dix ans de sa vie pour y assister… Terriblement décevant pour le dire sobrement.

Déjà, votre Jésus n’avait pas une voix qui portait beaucoup… plutôt gênant pour un prédicateur. Ensuite, les gens de ce temps-là se moquent bien d’un prêcheur de plus : il semble qu’il y en ait autant que de Romains à cette époque et dans cette région. Donc, Jésus prêchait dans le désert la plupart du temps, nous étions sa seule audience en fait.

La seule fois où nous avons eu une petite foule pour l’écouter, c’est parce que le colonel a utilisé le gadget lumineux que vous nous aviez fourni. L’effet de halo était tel que les gens présents sur la place du marché d’un village se sont rassemblés autour de Jésus pour l’écouter… Mais dès que l’effet a commencé à s’estomper, la petite foule s’est dispersée.

Neveux- Et comment réagissait Jésus à toutes ces épreuves ?

A-t-il montré des signes de découragement ?

Senior- Non, son moral est resté bon pour ce que nous pouvions en juger. Il était très déterminé et ne semblait pas souffrir de nos conditions de vie précaires. Chaque soir, autour du feu, il posait la question rituelle aux nouveaux venus : qui croyez-vous que je sois ?

Et, à chaque fois, c’est moi qui répondais, car les nouveaux venus ne savaient pas quoi dire. Je lui répétais qu’il était le fils de l’homme, celui qui était attendu, celui qui allait montrer la voie et ça semblait lui suffire. Je dirais même qu’il en tirait une grande satisfaction.

Neveux- Colonel, un avis différent ?

Colonel- Pas vraiment, non. Tria raconte très bien ce que nous avons vu. Votre Jésus est convaincu par sa mission et sa destinée, mais c’est bien le seul. À cette époque, les gens sont frustes et seuls les miracles semblent les intéresser. Ils ont besoin de signes extraordinaires pour penser à autre chose qu’à leur survie quotidienne et on peut les comprendre. Si vous voulez que votre Jésus fasse sensation, donnez-lui le pouvoir de guérir et d’accomplir des miracles. Sans cela, il va continuer à passer inaperçu jusqu’à ce qu’une bande de brigands lui tombe dessus et le batte à mort. Ça sera moins spectaculaire qu’une crucifixion, mais plus probable.

Neveux- Bien. Merci messieurs, pour ces précieux témoignages, ça nous aide beaucoup, vraiment. Nous allons vous laisser vous reposer un peu avant de vous proposer autre chose quand vous serez de nouveau d’attaque !

Vincent Tria- Pas si vite, à votre tour de remplir votre part du marché : comment se porte notre ami, Topper ?

Neveux- C’est vrai, votre ami cataleptique… Eh bien j’ai du nouveau à ce propos.

Colonel- Il va mieux ?

Neveux- Non, il ne va pas mieux, mais on sait pourquoi désormais : ce n’est pas un transféré comme vous en fait.

Vincent, senior et le colonel se regardèrent stupéfaits.

Vincent Tria- Répétez-nous cela, s’il vous plait.

Neveux- Votre Topper n’est pas un transféré comme vous, c’est une entité artificielle. Et c’est pourquoi la révélation de sa vraie situation a été insupportable pour elle.

Senior- Attendez, j’ai côtoyé Topper pendant suffisamment de temps pour me rendre compte qu’il était comme nous, rien à voir avec les autres… « types » limités habituels.

Neveux- C’est vrai, il est différent. Sans doute un hybride : une partie vient sûrement d’un transféré cloné n fois et subtilement modifié à chaque fois, ça expliquerait son comportement réaliste. Mais, à la base, c’est bien une entité.

Colonel- Incroyable !

Mais si Topper n’est pas vraiment comme nous, comment faire le tri, comment faire le tri entre les artificiels et les êtres humains authentiques ?

Vincent Tria- À condition de croire à votre version !

Neveux- Je vous demande pardon ?

Vincent Tria- Pour le moment, vous n’avez apporté aucune preuve de ce que vous avancez. Prenons simplement le cas de Topper par exemple : à part votre parole, nous n’avons rien qui nous montre que Topper est un hybride, une entité artificielle ou quoi que ce soit d’autre et différent de nous.

De même que nous n’avons pas preuve que nous sommes dans un simuli, que vous seuls pouvez en sortir et pas nous.

Les assistants de Neveux étaient incrédules. Que se passait-il tout d’un coup ?

Leur patron allait-il se laisser défier ainsi par ces « permanents » ?

Neveux- Hum, je vois que vous avez besoin d’une petite visite guidée approfondie. On va vous organiser cela, ça me parait nécessaire. Ensuite, nous pourrons retourner aux choses sérieuses…

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Bref essai d’une Honda VFR, une machine qui a marqué son époque

Il y a quelques semaines, j’ai pu essayer (brièvement…) une Honda VFR de 1998.

La VFR 98 dans toute sa splendeur… Mais pas aussi belle que le modèle original toutefois !

Voilà encore une machine qui m’intéressait particulièrement. Je dois dire que j’avais été très marqué par le modèle original, celui de la première sortie de ce modèle (en 1985) à la grande longévité (elle est encore produite aujourd’hui !).

La VFR 750 de 1985. Un exemple d’élégance et d’équilibre… Depuis, Honda n’a fait que dégrader cette réussite esthétique, hélas !

Lors de sa sortie en 1985, cette moto (alors en 750) inventait une nouvelle catégorie : celle des sport-GT. Une catégorie intéressante, mais qui peine à survivre à ce jour (la VFR 800 actuelle en étant une des dernières représentantes… la boucle est bouclée en quelque sorte !).

Bref, me voilà fasse au modèle 98 et j’aime bien la position de conduite (du moins, à l’arrêt) car on bien « inséré » dans la selle (et c’est devenu un critère important pour moi suite à mes récentes expériences). En revanche, cette position (trop couché sur l’avant) est vite fatigante en roulant et s’avère être le principal défaut de cette machine qui est, par ailleurs, très réussie : elle freine bien et le moteur est très disponible (bon, le bruit n’est pas formidable selon moi, mais là, on touche à une corde sensible…). Donc, sport-GT peut-être, mais la position est bien trop « sport » et pas assez GT… Or, c’est bien ce versant qui devrait dominer dans cette combinaison, non ?

La version actuelle… Je préfère nettement l’originale !

Toujours est-il que cette machine dispose d’une importante base de fidèles et elle évolue encore, année après année. On peut penser ce qu’on veut de Honda, mais voilà un constructeur qui ose innover (y compris aujourd’hui avec la boite DCT et les hybrides moto/scooter qui finiront bien par déboucher sur quelque chose d’intéressant) et qui a quelques modèles qui sont en production depuis des décennies, qui dit mieux ?

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Encore une vidéo magique de Antti Kalhola… Merci Antti !

Pas besoin de bla-bla, regardez cette vidéo et appréciez. Si ces images ne vous remue pas les tripes, ne vous font pas frissonner, c’est que vous êtes déjà mort !

Gilles Villeneuve (le père de Jacques Villeneuve, le champion du monde de F1 1997) était le fonceur absolu : no surender, no bullshit, no nothing!
Pour lui, seule la victoire était jolie et il ne cherchait jamais à économiser sa voiture, peu importaient les conséquences. Bien entendu, il ne fut jamais champion du monde (mais il n’était pas loin en 1979…). Peu importe : ce champion sans couronne a marqué les esprits bien plus que des pilotes titrés à de multiples reprises.

Il reste une légende vivante pour tous les passionnés. Merci Gilles, merci Antti.

 

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Initiation au flat track grâce à Di Traverso, à Mâcon… Une super expérience !

Avec mon fils Val, on aime bien multiplier les expériences sur quatre et deux roues : nous avons ainsi participé à un « track day » à Dijon avec des Porsches et à un autre à Carole sur des motos de piste (Honda CBR et Yamaha R6…). L’appétit venant en mangeant, nous avions désormais envie de quelque chose de différent, de plus exotique… Et je suis tombé, presque par hasard, sur l’annonce d’un stage de « Flat Track » à venir en avril sur la piste de Mâcon, le tout organisée par l’équipe italienne de « Di Traverso ». Voilà qui suffisait à me donner envie de plonger !

King Kenny en action !

En effet, tout jeune, j’ai rêvé devant les images de Kenny Roberts tentant de tenir tête à une horde de HD avec sa Yam sur les pistes en cendrée… Des images inoubliables qui vous marquent à jamais !

Je m’étais promis de tenter de l’imiter un jour (même de loin…) et puisque j’avais réussi à mettre le genou par terre à Carole, tous les espoirs étaient permis…

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Val lors des exercices du matin sous l’oeil de Marco : ça commence à venir…

Le stage commence le matin par des exercices afin de nous aider à maitriser la technique particulière : il faut se déhancher à l’inverse de ce qu’on fait sur piste. Mais grâce aux bons conseils de Marco et de son équipe, ça vient vite. On se dit alors que, finalement, ça va être assez facile…

Nous étions équipés de petites Yamaha SR400 modifiées et qui se sont avérées idéales pour cet usage : légère et suffisamment puissantes. Le frein avant était encore présent mais il fallait l’oublier en priorité… Une des particularités du flat track !

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Val sur la petite Yam SR400 : on commence à s’y croire pour de bon là !

Mais, l’après-midi, on tourne enfin sur l’intégralité de la piste et là, tout change !
Tout d’abord, c’est la vitesse qui change : terminé les petits exercices où l’on tourne en rond sur le premier rapport… Désormais, il faut enquiller la piste de 300 m en troisième et c’est tout de suite plus « engageant »… Au début, on freinait un peu de l’arrière en entrée de courbe mais, très vite, on se contente de couper les gaz avant de remettre ça pour s’extraire en -légère- glissade.

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Marco Belli au guidon de sa 450 YZ : ah oui, d’accord… ça calme hein !

Marco Belli nous a fait une démonstration de l’étendue de son talent. Avec lui, ça va très vite et c’est vraiment spectaculaire !
Marco imposait des travers de plus de 45° à sa Yamaha YZ alors que nous, nous restions bien gentiment dans des limites plus raisonnables (entre 5 et 15°…). Marco participe régulièrement aux séances d’entrainement organisées par VR46 dans son ranch… ça vous situe tout de suite le bonhomme !

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Au bout d’un moment, Val avait bien pigé le truc : il était rapide et avait le style !

Marco nous avait indiqué les trajectoires à suivre (en gros, un losange à caler dans un ovale…) mais, au bout d’un moment, je me suis senti beaucoup plus à l’aise (tout en étant bien plus rapide) avec mes propres trajectoires. Malgré cela, mon fils Val s’est montré plus rapide que moi et il fallait vraiment que je me force afin de rester avec lui…

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On a pu enchainer les bagarres sur la piste : c’était épique !

C’est à partir de ce moment-là qu’on a pu vraiment s’amuser : avec Val, nous avons fait plusieurs séries de tours ensemble à nous bagarrer, nous passant et nous repassant sans cesse presque au coude-à-coude… C’était super fun. Bien entendu, Val aurait pu me laisser sur place mais il trouvait plus amusant de me tourner autour… Il n’y a plus de respect ma bonne dame !

Nous avons même eu la satisfaction d’être les « plus rapides en piste » pendant un moment. Satisfaction limitée car difficile à vérifier mais qu’importe : lors de ces instants, nous étions sur notre nuage et c’était sans prix !

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Le second jour, la piste était bien plus humide : plus de grip mais toujours autant de fun !

Le premier jour, il a fait beau et pour maintenir la piste en état, le staff de Mâcon l’arrosait régulièrement tout en l’égalisant avec une grille tractée (c’est assez contraignant de garder ce genre de piste en bon état finalement…). Mais, le second jour, la pluie était au rendez-vous… On s’est épargné les exercices du matin afin de se réserver pour les séances de l’après-midi. On a bien fait : la pluie a cessé pile au bon moment et on a pu reprendre nos affrontements !

Avec la pluie, le grip de la piste était différent : plus d’adhérence, plus de vitesse mais la difficulté restait la même au bout du compte. Comme toujours, pour aller vite, il faut être propre. Inutile de chercher à faire comme Marco qui se met en travers en entrée de courbe afin de freiner sa moto. Nous, toutes les glissades trop marquées nous faisaient perdre du temps. Il valait mieux se contenter de glissades limitées afin de s’extraire au mieux de la courbe et profiter au maximum de la courte ligne droite avant de remettre ça pour la courbe suivante…

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Encore une superbe expérience père/fils grâce à la moto !

Grâce à l’encadrement de Di Traverso, nous avons pu vivre deux jours intenses et en toute sécurité. Difficile de dire si nous avons coché la case flat track pour de bon mais ça nous a beaucoup plus en tout cas.

DAY2-397

Avec Marco au centre : grazzie mille Marco!

Pour finir, une petite vidéo (2 mn) qui résume l’ambiance de ces deux jours :

Merci encore à toute l’équipe de Di Traverso, c’était super !

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Comment améliorer (encore plus) vos balades ?

Une fois de retour en France, la perspective de reprendre nos balades à moto avec mon ami Dom était enthousiasmante… Et en plus, j’avais eu une idée pour améliorer encore nos sorties : pouvoir communiquer ensemble par la voix et en permanence !

Car, quand on roule avec un pote, les échanges sont limités : quelques gestes, la voix uniquement à l’arrêt… C’est pas avec cela qu’on peut se coordonner efficacement sur les décisions à prendre sur la route au dernier moment, n’est-ce pas ?

La solution : un système d’intercom sans fil. Il en existe désormais plusieurs et, après avoir regardé un peu l’offre, j’ai acheté le Cardo Scala Rider Q3 (la version multiset afin d’en avoir un à filer à mon comparse…).

L’installation est facile car tout est prévu, en abondance même.

Une fois installé, j’ai pu réaliser un test statique : ça marche !

Mais, bien sûr, il n’y a que le test dynamique qui compte… En route donc !
Et nous voilà dans les Bauges faisant test après test : ça marche vraiment bien. Du coup, on s’est retrouvé à causer tout le long de notre balade (des vraies gonzesses !).

Et croyez-moi, ça ajoute une dimension incroyable : on se pointe des trucs à voir, celui qui est devant ouvre la route signale les dangers potentiels à l’autre et ainsi de suite. Franchement, essayer un système de ce type, c’est l’adopter immédiatement !

De plus, faut avouer que c’est vraiment bien fait : le volume du son s’adapte automatiquement au bruit ambiant, la liaison voix se déclenche toute seule sans avoir à appuyer sur un bouton… Tout est impeccable au final.

En fait, je regrette juste de ne pas y avoir pensé plus tôt…

Bien entendu, à l’avenir, les casques (haut de gamme) vont être pré-équipés pour faciliter l’intégration et la rendre quasi-invisible. En attendant, vous pouvez toujours vous procurer le Scala Rider, je confirme que c’est un bon choix !

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La route rien qu’à vous (et pour 400 autres motos) entre Chambéry et Aix-les-Bains, ça vous dirait ?

Samedi 16 avril 2016, la FFMC (Fédération Française des Motards en Colère) organisait une journée d’actions contre le contrôle technique des deux et trois roues motorisées. Il y avait donc une manifestation près de chez moi, à Chambéry et je m’y suis donc rendu avec un ami. Grosse mobilisation pour cette journée avec 10 000 motards à Paris, 3000 à Lyon et 2000 à Toulouse par exemple…

Il y avait bien longtemps que je n’avais pas participé à une « manif » et, cette fois, c’était bien différent de ce à quoi je m’attendais. En vérité, je ne savais pas à quoi m’attendre… J’ai eu droit à une grande et belle surprise !

L’immense cortège a circulé à vitesse réduite entre la place des éléphants à Chambéry jusqu’à la place des thermes à Aix-les-Bains et, je dois le dire, ce fut tout à fait grandiose… Beaucoup de gens filmaient, prenaient des photos, nous saluaient, nous souriaient, c’était enthousiasmant !

Si le fait de saluer un motard lorsque vous le croisez (une bonne pratique !) vous fait du bien (sinon, à quoi bon ?), imaginez un peu ce que cela fait d’être au milieu d’une horde de centaines de motards… La sensation d’appartenir à une communauté est alors très forte. C’était donc avec fierté et grand plaisir que j’ai fait partie de ce cortège bon enfant (à part quelques « burns » sans autre conséquence qu’un peu de fumée, je n’ai vu aucun débordement). Tout ce qui roule à moto était représenté et c’était également formidable de voir cette diversité des machines. La passion de la moto s’exprime encore mieux quand on est plusieurs pour la partager, c’est clair !

Place des Thermes à Aix-les-Bains, on ne voit qu'une fraction des motard(e)s présent(e)s/

Place des Thermes à Aix-les-Bains, on ne voit qu’une fraction des motard(e)s présent(e)s.

Je dois aussi tirer mon chapeau à l’organisation mise en place par les membres de la FFMC (reconnaissables à cette occasion à leurs gilets jaunes…) : tous les carrefours, bretelles d’accès et ronds-points étaient balisés, tous !
Rien n’était laissé au hasard et, du coup, tout le défilé s’est déroulé dans les meilleures conditions de sécurité… C’est grâce à tous ses bénévoles que ce genre d’événement peut avoir lieu et se passer comme il faut. Bravo les gars, ça c’est du boulot !

Souriant entre ma Guzzi et la Triumph de mon pôte...

Souriant entre ma Guzzi et la Triumph de mon ami Dom…

Le fait que les gens sur le bord des routes soient aussi positifs (dans leur grande majorité) m’a interpelé je dois dire. Pourquoi donc cette manifestation provoquait-elle un tel engouement ?

Je ne prétends pas connaitre à coup sûr l’humeur des Français mais je pense que notre petite manif procurait un exutoire au ras-le-bol des gens qui nous voyaient passer. Tous en ont marre de subir sans jamais pouvoir s’exprimer, marre de subir une techno-structure autiste qui les opprime à tout propos. Mais, cette fois, grâce à nous, il y avait une occasion de se réjouir : en voilà quelques-uns qui avaient le cran et les moyens de dire tout haut ce que beaucoup avaient envie de dire tout bas… Voilà mon explication. Elle vaut ce qu’elle vaut mais je serais surpris d’être complètement à l’ouest sur ce coup-là.

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Trouver une remplaçante à ma Guzzi Breva ?

Une fois de retour en France, j’ai voulu explorer quelques pistes potentielles afin de (éventuellement) remplacer ma Moto Guzzi Breva 750. J’adore cette moto et je ne comprend pas pourquoi on ne voit pas plus de Guzzi sur les routes mais quelques nouveautés ont accroché mon oeil…

Ma breva en 2015 au col du Mt Cenis...

Ma breva en 2015 au col du Mt Cenis…

Tout d’abord, il y a le modèle V7, toujours chez Moto Guzzi qui promet plus ou moins d’offrir la même chose que la Breva mais en plus moderne tout en présentant une ligne encore plus classique, une combinaison séduisante, n’est-ce pas ?

La V7 II, variation « stone », telle que j’ai pu l’essayer à Annecy.

Et puis, toujours avec une ligne ultra-classique, il y avait la toute nouvelle Triumph Bonneville Street twin qui promettait beaucoup : en plus d’une esthétique flatteuse, l’accent semblait être enfin mis sur le couple avec un moteur radicalement nouveau, innovant et ayant du répondant là où il faut (à bas régime) et non pas là où ça ne sert à rien (à haut régime pour frimer sur la fiche technique). J’avais déjà testé une Triumph Bonneville modèle 2010 en Floride et j’avais été horrifié : un moteur linéaire ne produisant aucune sensation !
Merci mais non merci… Il fallait donc que le modèle 2016 soit très différent et pas seulement sur le plan esthétique.

On peut ne pas y être sensible mais, pour ma part, j’adore ce style !

Bien entendu, on n’achète pas une nouvelle moto sur sa ligne et j’ai donc pris rendez-vous chez les concessionnaires d’Annecy Moto-Feeling (Triumph) et Easymoving-scootissimo (Moto Guzzi) pour arranger ces « test-rides ». C’est sous un beau soleil printanier que j’ai pu découvrir ces motos « pour de vrai » et, pour ces deux machines, elles sont encore mieux en réalité qu’en photos.

J’ai commencé par la Street et voyons d’abord le positif : le bruit est génial (mais elle était équipé des pots Vance & Hines en option, faudrait voir -entendre plutôt- ce que ça donne avec les pots d’origines…), le moteur aussi !

La promesse du couple en bas est tenue mais il est également souple et puissant, dès qu’on ouvre les gaz pour de bon, il répond présent avec empressement… que demander de plus ?
La partie cycle est également très réussie : la moto freine bien et se dirige facilement (faut dire que la belle est légère, dans le bon sens du terme !). Pas de mauvaise surprise de ce côté-là. Rien que du bon alors ?

Au passage, j’en profite pour dire ma perplexité quand je me souvenais des critiques lues dans la presse spécialisée. La Bonneville Street serait dotée d’une boite de vitesses séche et désagréable si on en croit les testeurs de cette aimable twin. Ah oui, elle souffrirait d’une puissance trop limitée et d’une partie-cycle imprécise… Laissez-moi vous dire que je n’ai rien senti de tout cela, au contraire !

Oui, la boite de vitesse est un poil dure mais c’est subtil et aucun cas un vrai défaut. La puissance est plus que suffisante, tout comme la tenue de route. Ce n’est pas un engin à tester sur circuit mais plutôt sur toute de montagne (autour d’Annecy par exemple…) et là, je défie n’importe qui de dire que la nouvelle Bonneville est insuffisante.

Alors, tu as passé commande dans la foulée (précisons qu’il y a une liste d’attente, la Street est très demandée !) ?
Pas tout à fait. Je n’ai pas encore évoqué le négatif car il y en a, un gros point noir, en tout cas pour moi : la liaison moto-pilote. Sur cette machine, je ne me suis pas senti « connecté » avec cette moto. J’étais juste posé sur la selle et j’avais la désagréable sensation que la moto « flottait » entre mes jambes. Bien sûr, ce n’était pas le cas mais le feeling n’était pas agréable. Dès les premières secondes, j’ai senti qu’il y avait « un truc » au niveau de la position de conduite. Bref, sans que je puisse reprocher quoi que ce soit à cette Triumph, ce n’est clairement pas pour moi.

C’est d’autant plus paradoxale que je déteste la position de conduite imposées par les motos sportives : couché sur le réservoir, tout en appui sur les poignets, les jambes très repliées et le cou qui doit faire un angle anti-naturel afin d’arriver à voir autre chose que le tableau de bord… à fuir !

Je suis beaucoup plus en faveur de « la position de conduite à l’anglaise » (assis doit) qui me parait naturelle plutôt qu’à l’italienne (couché) ou à l’américaine (pieds en avant sur un cruiser).

Bref, avec la Street, impossible de « connecter » comme je le faisais naturellement en enfourchant ma Breva où la selle bien creuse me cale idéalement. Sans doute que la selle très plate et un poil dure de la Street twin (là aussi en option) y était pour beaucoup.

Rendez-vous manqué avec la Triumph donc. Direction la V7 pour tenter de dissiper cette impression troublante : les motos « néo-retros » très à la mode en ce moment seraient-elles une mauvaise idée finalement ?

Sur la Guzzi, pas d’impression de flottement et je me sens bien « connecté » que sur la Street (j’insiste mais j’ai découvert combien c’était important pour le feeling global avec une moto, pour moi en tout cas). Comme pour la Street, objectivement, je ne peux trouver que des qualités à la V7 II : vive, facile, souple (plus que ma Breva ce qui n’est pas plus mal), sûre (j’ai bien apprécié l’ABS sur le frein arrière…) et plutôt jolie. Voilà un cocktail réussi. Totalement réussi ?

Pas tout à fait. En se modernisant, j’ai cru percevoir que le V-twin perdait un peu de son caractère si sympathique. Le couple de tracteur de la Breva, cette réponse si franche à bas régime (au détriment d’une certaine souplesse d’ailleurs), je ne l’ai pas vraiment retrouvé sur la V7 II. Attention, le moteur est toujours agréable, disponible, la moto est vive, c’est très bien. La boite à six vitesses joue son rôle aussi : on change plus souvent de rapport sur la V7 que sur la Breva. Quelque part, c’est une illustration de la modernité en marche : les machines gomment leurs derniers défauts mais, par la même occasion, c’est un petit peu de leur personnalité qui s’efface également. C’est la sensation très nette que j’ai eu avec la V7. Je n’ai rien à lui reprocher, c’est une moto très réussie mais, au bout du compte, elle ne me fait pas assez envie pour faire le pas. Tout bien considéré, je garde ma Breva qui continue à me ravir, avec ses défauts et ses caprices. N’est-ce pas la définition de l’amour, le vrai ?

Pendant que j’y suis, encore un mot sur les essais dans la presse spécialisée. Celui sur la V7 pointait une boite de vitesse lente. Désolé, je ne me suis pas rendu compte de ça non plus…

Pour finir, penchons-nous sur cette mode des néo-rétros. En première approche, je trouvais cela très bien : enfin un retour à des lignes esthétiques plus en rapporta avec mes gouts. Mais c’est très subjectif : si j’avais été ado dans les années 60 (ou même 50) plutôt que dans les années 70, ce sont les motos de cette époque qui m’auraient marquées et voilà tout. Au final, le retour à une ligne plus classique est positive à condition de ne pas perdre en route tous les progrès fait lors des dernières décennies. Pour ce qui est des freins (un domaine où les progrès ont été énormes mais c’était nécessaire…), et des pneus, c’est fait et bien fait. Mais que dire des progrès péniblement obtenus en matières d’ergonomie, de selles et de positions de conduite ?

Faut-il rayer toute cette évolution d’un trait de plume pour revenir à des selles plates comme un jour sans pain ?
Mon sentiment du jour, vous l’aurez compris, est tout à l’opposé. Le retour à des lignes classiques oui, mais pas au prix d’un retour en arrière.

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Parlons politique, pour une fois…

Et si on évoquait un peu la politique cette fois ?

Pas la politique française bien sûr : avec un parti socialiste obsolète, mais tout de même au pouvoir et un président « normal », mais qui fait rire le monde entier, la politique française est complètement déprimante. Merci donc, mais non merci.

Penchons-nous plutôt sur la politique américaine. Vous me direz que c’est plus que jamais le moment avec les primaires de la prochaine élection présidentielle… D’un côté (les démocrates), Hillary Clinton peine à se débarrasser de Bernie Sanders (alors qu’on lui annonçait un boulevard !). De l’autre (les républicains), Trump fait la course en tête alors que ce type est incontestablement un clown. Avant de se moquer des Américains, rappelons-nous que nos voisins italiens ont élu Berlusconi (un autre clown) et que nous-mêmes avons élu Chirac (deux fois) avant de passer à Sarko puis à Flanby… Ah oui, ça calme, hein !

Non, laissons les primaires de côté aussi, ça n’est pas très réjouissant.

Penchons-nous plutôt sur la seule vraie question, le seul vrai mystère de la politique américaine : pourquoi les pauvres votent-ils républicains ?

Pas tous les pauvres, mais une grande partie, une bien trop grande partie à voter pour leurs oppresseurs en dépit de toute logique (ok, les gens sont stupides, une preuve de plus…).

Or, voici justement qu’un article tente de répondre (avec brio) à cette importante question : I Know Why Poor Whites Chant Trump, Trump, Trump

C’est long, tout en anglais, mais on y apprend des tas de choses. Saviez-vous, par exemple, que l’esclavage en Amérique a commencé avec des blancs (plus ou moins « volontaires » !) avant d’être massivement remplacé par des noirs (importés d’Afrique) ?

Pour ma part, je l’ignorais. C’est ce qu’on apprend dans cet article que je vous encourage vivement à lire (regardez également la petite vidéo sur la « corruption légale », édifiant !).

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Un livre à savourer : L’âge d’or du Continental Circus par Jacques Bussillet

Voilà un livre délicieux et qui se savoure en plusieurs fois !

Le bien connu Jacques Bussillet a compilé dans ce livre magnifique toutes les expériences de son propre parcours de journalistes sur plusieurs décennies. Et c’est bien ce qui rend ce livre unique. Pour une fois, on sort des récits habituels sur les vedettes des années 70 et 80 et c’est tant mieux !

C’est grâce à ce « pas de côté » que le livre de Bussillet est si intéressant : grâce à lui, on apprend des anecdotes uniques (et, dans mon cas, ça commence à devenir rare !) et précieuses. C’est avec ces petites tranches de vie qu’on peut comprendre ce qu’était vraiment le Continental Circus ou, du moins, s’en approcher.

Cet ouvrage n’est vendu que par la Fnac, hélas et au rayon DVD, en plus !

http://video.fnac.com/a8887472/L-age-d-or-du-Continental-Circus-Coffret-Exclusif-Fnac-DVD-Zone-2


Interview Jacques Bussillet septembre 2015 par froadster

Une interview de Jacques à propos de ce livre…

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Petite conférence sur le cycle de maturation des technologies…

Le hype (l’exagération…) domine dans tout ce qui est information à propos des nouvelles technologies. Cela empêche d’en comprendre le vrai potentiel et le temps nécessaire à la maturation d’une innovation technique à la mode…

 

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La vraie liberté d’expression n’est pas bien vue, de nos jour et sous nos latitudes…

Nous avons beau jeu de dénoncer les régimes totalitaires et archaïques pour leur traitement des minorités ou leur façon de juguler la fameuse liberté d’expression… Mais j’affirme qu’on fait exactement pareil, en particulier pour cette dernière (la liberté d’expression) !

« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. »
Antoine de Saint-Just – 1767-1794

Avec des raisonnements à la Saint-Just, on a vite fait de justifier n’importe quoi et en particulier de museler celles et ceux qui ne pensent pas comme vous, comme la majorité, comme le veut le trop funeste « politiquement correct »…

En France (et ailleurs aussi), il y a des tabous, des notions indicibles, des éléments pour lesquels aucun débat n’est permis. Et ceux qui s’y risquent sont lourdement punis : ostracisés, ridiculisés, marginalisés et réduit au silence. Les médias sont les chiens de garde principaux, mais il peut arriver que même la Justice s’en mêle et que vous soyez poursuivis pour « crime de la pensée », mais oui !

Dans le soi-disant pays des droits de l’homme et de la liberté d’expression, dans le pays où tout les alignés proclament comme un seul individu « je suis Charlie » ou autre niaiserie du même acabit, il y a certaines choses qu’il n’est pas possible de dire. On en est revenu au temps de l’inquisition et des bûchers.

Du coup, dans notre époque ubuesque, on peut crier « Hollande est un clown », mais pas demander la légalisation du droit au suicide… Là, c’est mal, c’est une incitation irresponsable vous comprenez !

Ces tabous sont nombreux et vous en connaissez tous certains. Quelques-uns sont évidents (tout ce qui est lié à la Shoah, c’est même dans le droit pénal !), d’autres sont plus subtils (comme la vaccination obligatoire qui ne doit même pas être discutée, voyons !). Mais les moyens de renforcer ces tabous, eux, sont presque toujours les mêmes. Tout d’abord, on va vous attaquer ad hominem, vous traiter de raciste (raciste, c’est bon, ça marche toujours même si le sujet de la dispute n’a rien à voir avec le racisme !), vous disqualifier sur tous les plans sans même prendre le temps de réfuter votre argument. Pas besoin puisque votre argument ne DOIT PAS être discuté, point.

La réalité présente c’est que la seule opinion acceptable, c’est celle qui ne gêne pas le statu quo, celle qui est bien « mainstream » et qui peut donc être reprise ad nauseam par la machine médiatique (la première à se prévaloir de la liberté d’expression et la première à la combattre… go figure!).

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USA : évoquons rapidement le problème des armes à feux…

Aux USA, difficile d’y échapper : les fusillades arrivent presque une fois par semaine dans le pays et tout le monde (y compris vos amis) a un avis sur ce délicat sujet… Les armes à feux personnelles !

C’est à des aspects comme celui-ci qu’on se rend compte qu’on peut vivre dans des mondes différents tout en restant sur la même planète… En Amérique, la propagande en faveur des armes est telle que la NRA va même jusqu’à proposer des versions « modernisées » des contes de notre enfance !

Du coup, on en arrive à des situations absurdes comme cette statistique délirante : aux États-Unis, les jeunes enfants tuent davantage de monde avec des armes que les terroristes.

Et l’incident récent impliquant une militante pro-armes a fait un certain bruit : Pro-armes à feu, cette mère est blessée par une balle tirée par son fils de 4 ans… C’est bête, hein !

Pourtant, rien à faire, la plupart de gens tiennent mordicus à pouvoir garder leurs fusils et leurs révolvers, même si c’est potentiellement mortel au sein du foyer… Go figure!

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Les succès significatifs : l’ecommerce, montée et conséquences

Reprenons notre cycle des conférences sur les succès significatifs avec un grand sujet : l’ecommerce…

Cette courte conférence va se limiter à évoquer les conséquences de la situation actuelle ainsi que les perspectives d’avenir, y compris lointain…

Sur le dernier slide, c’est le fondateur d’Alibaba, Jack Ma qui explique les fondements de l’Ecommerce.

 

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La saison MotoGP reprend, ça, c’est la bonne nouvelle !

La mauvaise nouvelle, c’est que ça reprend au Qatar, le pire endroit pour faire de la course moto et ce pour plusieurs raisons…

Mais plutôt que de vous expliquer pourquoi le GP du Qatar est inapproprié pour le MotoGP, je veux en profiter pour vous faire découvrir une excellente source : Motomatters.com avec ce formidable article sur le sujet (et oui, c’est en anglais… arrêtez de râler et mettez-vous à lire dans cette langue, ça ne peut que vous faire du bien !).

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Connerie humaine et guidons de moto…

Comme vous le savez peut-être si vous consultez ce blog, j’aime la moto et la pratique régulièrement des deux côtés de l’atlantique… Mais ça ne m’empêche pas d’être lucide sur la connerie humaine même quand celle-ci envahit le monde des deux-roues à moteur !

Aujourd’hui, nous allons évoquer un phénomène atterrant (et aberrant aussi) qui sévit aux USA : l’utilisation de guidons hauts, très hauts, trop hauts…

Une image vaut mille mots, parait-il… Vous voyez ce que je veux dire, hein !

On pourrait s’imaginer que cet individu est seulement une triste exception, mais non, il n’est qu’un exemple d’une tendance, hélas !

Personne au guidon cette fois… Et ça se comprend !

Comment peut-on imaginer « conduire » des engins pareils ?
Et surtout, comment peut-on imaginer que parader à ces « guidons » puisse être positif (de la frime, ça ?) ?

Il est beau celui-là ! Une belle tête de vainqueur…

J’avoue que cela me dépasse. Tout est absurde dans cette mode : le contrôle n’est pas bon, le confort est horrible (surtout avec les pieds en avant et les reins cassés !), rien ne justifie une posture pareille !

Celui-ci est sans doute une forme de record, non ?

Je trouvais que la mode des « cafés racers » était ridicule (et je le trouve toujours) mais ce n’est rien à côté de cette tendance absurde des « guidons hauts »… Avec sa cohorte de pauvres types tous pareils : barbus, tatoués, bandanas, etc. Un vrai uniforme en fait !

Mais bon, il y a bien des modes que j’ai du mal à comprendre en matière de vroum-vroum comme les « bouncing cars » !

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Connerie humaine et guidons de moto…

Comme vous le savez peut-être si vous consultez mon blog « Freedom machine« , j’aime la moto et la pratique régulièrement des deux côtés de l’atlantique… Mais ça ne m’empêche pas d’être lucide sur la connerie humaine même quand celle-ci envahit le monde des deux-roues à moteur !

Aujourd’hui, nous allons évoquer un phénomène atterrant (et aberrant aussi) qui sévit aux USA : l’utilisation de guidons hauts, très hauts, trop hauts…

Une image vaut mille mots, parait-il… Vous voyez ce que je veux dire, hein !

On pourrait s’imaginer que cet individu est seulement une triste exception, mais non, il n’est qu’un exemple d’une tendance, hélas !

Personne au guidon cette fois… Et ça se comprend !

Comment peut-on imaginer « conduire » des engins pareils ?
Et surtout, comment peut-on imaginer que parader à ces « guidons » puisse être positif (de la frime, ça ?) ?

Il est beau celui-là ! Une belle tête de vainqueur…

J’avoue que cela me dépasse. Tout est absurde dans cette mode : le contrôle n’est pas bon, le confort est horrible (surtout avec les pieds en avant et les reins cassés !), rien ne justifie une posture pareille !

Celui-ci est sans doute une forme de record, non ?

Je trouvais que la mode des « cafés racers » était ridicule (et je le trouve toujours) mais ce n’est rien à côté de cette tendance absurde des « guidons hauts »… Avec sa cohorte de pauvres types tous pareils : barbus, tatoués, bandanas, etc. Un vrai uniforme en fait !

Mais bon, il y a bien des modes que j’ai du mal à comprendre en matière de vroum-vroum comme les « bouncing cars » !

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Pourquoi le service est-il meilleur aux USA ?

Aujourd’hui, nous allons évoquer l’accueil et le niveau de service dans les commerces de proximité aux USA. Mais, avant d’aller plus loin, deux avertissements qui me semblent nécessaires avant de me faire insulter :

1- Je ne confonds pas la Floride (et même le coin de Floride où nous vivons la moitié de l’année) avec le reste des USA. Certes, il y a des similitudes, mais, comme vous le savez, les généralisations sont hasardeuses et je suis certain qu’on trouve des endroits aux USA où on est aussi mal accueilli et servi qu’en France…

2- Je ne suis pas pro américain (je ne suis pas anti américain non plus d’ailleurs), pas plus que je ne suis anti-français en fait. Simplement, il vaut mieux être lucide sur nos forces et faiblesses que bêtement dogmatique sur son pays.

Voilà, ceci étant dit, je peux développer mon argument désormais…

D’une façon générale, je me suis aperçu qu’on était bien mieux accueilli et bien mieux traité en tant que client en Amérique qu’en Europe. En peut débattre, épiloguer et ce disputer sur ce point, mais il me parait plus intéressant de se demander pourquoi… Au début, je me suis dit qu’il s’agissait simplement d’une caractéristique (intéressante) des Américains : ils ont compris que le client était roi (pas toujours, mais passons…) et qu’il fallait le traiter ainsi.

Et puis, en examinant mieux les conditions, je me suis aperçu que ce n’était pas simplement « une bonne pratique » encouragée par le management. Après tout, il y a des exemples semblables en France comme Thiriet où le personnel se comporte toujours très bien.

En fait, la vraie différence se situe au niveau du volume du personnel… Là où dans un restaurant français il y aura péniblement deux serveurs (ou serveuses) obligés de courir pour s’occuper des clients, en Floride, un restaurant de la même taille sera bien mieux staffé avec deux ou même trois fois plus de serveurs… Et ça, ça change tout, évidemment.

Et, pour illustrer mon propos, j’ai deux exemples concrets : un concessionnaire Huyndai et un car wash, Eager Beaver.

Commençons par le concessionnaire Hyundai de Sarasota où j’ai été obligé de conduire notre voiture pour un rappel constructeur (lié à un problème mineur au niveau de la direction assistée, mais les constructeurs traitent sérieusement ses rappels désormais). Tout d’abord, j’ai pu prendre un rendez-vous sur le site Web du constructeur, très bien fait. Ensuite, à l’heure dite, je me suis pointé chez le concessionnaire…

gettel

La prise en charge est immédiate : je gare ma voiture dans le « tunnel d’accueil » et, aussitôt, un assistant s’occupe de moi avec ma fiche dans son clipboard. Je suis conduit au salon d’attente où toutes les commodités habituelles sont réunies pour me faire patienter dans de bonnes conditions (TV, café, magazines, fauteuils profonds, etc.) Finalement, il aura fallu garder ma voiture pour la journée, mais, pas de problème, on me prête aussitôt un énorme SUV (beuark !) neuf, gratuitement of course.

Ici, dans ce cas précis, c’est le personnel abondant qui fait la différence : pas d’attente, un accueil personnalisé, car ils ont eu le temps de préparer votre venue (vu que le rendez-vous était pris, j’étais donc attendu…), tout ça parce que le staff en place n’est pas surchargé, tout simplement.

Autre exemple significatif : Eager Beaver, un cash wash qui dépote !

eager-beaver

Toujours le même principe : on range sa voiture dans le « tunnel d’accueil » (qu’on voit ici à droite sur l’image ci-dessus), on choisit son programme, on confie ses clefs à l’assistant et on va patienter dans le salon d’accueil (qui ressemble à une mini-salle de cinéma !).

Une fois encore, le personnel est abondant et cela réduit l’attente à peu de chose, ce qui est un facteur déterminant sur l’expérience globale.

J’insiste, c’est aussi le personnel abondant à Publix (une chaine de supermarchés surtout présente en Floride) qui rend cette destination attractive : pas de caddie qui traine sur le parking, des allées où il y a toujours quelqu’un pour vous renseigner (et avec le sourire, svp !) et des caisses rapides, car elles sont nombreuses (pas de grosses files d’attente du coup) et même des assistants pour remplir vos sacs et votre caddie (ils vous accompagnent même sur le parking en cas de besoin, mais ça, je ne l’ai jamais accepté !).

C’est pas toujours les jeunes qui s’occupent de ranger les caddies sur le parking : tout le personnel s’y met à tour de rôle en fait…

Bref, on l’a compris, le volume de personnel disponible fait la différence. Une différence énorme. Bien entendu, en France, c’est tout le contraire : on cherche à réduire à tout prix le personnel sur le terrain, car le coût du travail ne permet tout simplement pas d’envisager un staff abondant. C’est l’actuel spaghetti de la législation du travail qui nous plombe. Car de jeunes sur les parkings des supermarchés pour s’occuper des caddies parce que la notion « d’emploi-jeunes » est carrément taboue chez nous… Bien joué !

Bien entendu, on pourra trouver des tonnes de contre-exemples en cherchant bien : bagarres dans les supermarchés avec les trop fameux « people of Walmart » et autres joyeusetés du même genre au pays de l’oncle Sam (sans parler des fusillades hebdomadaires !). Mais, comme je l’ai dit au préalable, il ne s’agit pas d’affirmer que tout est mieux aux USA, mais d’essayer de comprendre pourquoi c’est mieux quand ça l’est, nuance.

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Encore une mise à jour d’un de mes livres : SimRacing en 4ème édition !

Comme toujours, je fais en sorte de mettre à jour mes livres, pour les garder d’actualité et/ou pour en améliorer la qualité éditoriale… Je fais toujours appel à mes lecteurs et lectrices pour me signaler ce qu’il faudrait corriger… et ça marche !

Pour le livre sur le SimRacing, j’ai échangé de nombreux emails avec Marc Boin et ce denier m’a permis de faire un travail de fond qui a débouché sur la 4ème édition de cet ouvrage. Qu’il en soit une fois de plus remercié.

J’essaye de faire cela avec chacun de mes livres et donc, n’hésitez pas à participer…

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Quatrième édition, enfin prête !

Tout a commencé par un message de Marc Boin le 24 octobre 2015 avec un premier lot de corrections qui ne portait alors que sur les 25 premières pages de la 3ème édition… Lui et moi étions alors loin de nous douter que notre travail en commun allait durer aussi longtemps et déboucher sur une 4ème édition en bonne et due forme !

En effet, les corrections relevées par Marc ont été si nombreuses que, en plus des mises à jour du moment, j’ai trouvé que cela méritait amplement de passer à la 4ème version de cet ouvrage… Voilà donc une mise à jour qui va compter et qui intègre mon avis sur les toutes dernières simulations proposées sur le marché.

J’espère que ce livre vous aidera à choisir et à progresser, c’est tout le bien que je vous souhaite !

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Bike week 2016 à Daytona, quelques « demo-rides » de plus !

Cette année, c’était ma 3ème visite à Daytona pour la fameuse « Bike Week », la 75ème du nom et dont les organisateurs (la chambre de commerce de Daytona) annoncent plus de 600 000 visiteurs (oui, vous avez bien lu !). J’ai déjà raconté ici et là mes précédentes visites à ce rassemblement hors du commun (encore plus de monde qu’à Sturgis !) et, cette fois encore, je me suis concentré sur les fameuses « demo-rides » (essais de motos sur place organisés par les principaux constructeurs) afin de pouvoir tester (brièvement) quelques machines qui m’intéressaient…

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Petit arrêt au milieu de nulle part en chemin vers Daytona avec la Z1000 (le truc blanc derrière mon casque, c’est mon blouson…).

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Le parc des motos HD pour les demo-rides, y a du matos !

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En attendant de monter sur une Suzuki, briefing sécurité sous la tente avec les « moniteurs »…

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La tente d’attente des demo-rides chez les verts, même ambiance que chez Suzuki à part la couleur…

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Les Kawasaki attendent de partir avec un nouveau groupe.

DCIM100GOPRO

Le stand Yamaha vu de haut. Difficile de se rendre compte sur les photos, mais tous les espaces autour du circuit étaient occupés par les constructeurs présents à la Bike Weeek et ça représente du monde !

Mes quelques « photos d’ambiance » ci-dessus ont été prises avec ma GoPro ce qui explique pourquoi elles sont un peu déformées (effet « fish eyes »). Une Bike Week toujours plus grosse, toujours plus imposante et rassemblant toujours plus de monde, donc. J’ai pu voir que les rassemblements ne concernaient pas que Daytona, mais bien toutes les petites villes autour (j’ai traversé Deland au retour et cette petite citée débordait de motos, partout sur les trottoirs. Certaines rues étaient même signalées « for bikes only » !), je dirais à 30 km à la ronde…

Alors, et ces machines que tu as essayées, tu peux en parler ?
Mais bien sûr, tout de suite !

Dans l’ordre où j’ai pu les tester :

Suzuki V Strom 650 XT

Je n’avais jamais pu essayer la V Strom qui est une des motos qui a compté et compte encore dans le catalogue Suzuki. Je n’en avais lu que du bien par ailleurs, j’étais donc curieux de vérifier cela par moi-même. Je n’ai pas été déçu : la moto est bonne sous tous les rapports : polyvalente, vaillante, facile. On peut lui reprocher d’être un peu haute (c’est le genre qui veut cela), d’avoir un bruit médiocre (trop souvent avec les machines modernes). Au final, je m’attendais tout de même à un peu plus de sensations… Et c’est pour en avoir le coeur net que j’ai décidé de tester aussi la grande soeur :

Suzuki V Strom 1000

J’ai bien fait, car la 1000 est bien mieux : le moteur plus puissant rend la moto bien plus agréable, car le couple est disponible plus bas et ça change tout. Pour le reste, c’est presque la même moto, la différence de poids ne se sent pas. Voilà une machine intéressante, car facile, agréable (vivace, mais toujours maitrisable) et confortable.

Ceci dit, pas de miracle à attendre non plus. Pour ceux qui s’attendent à un moteur plein de couple à tous les étages, ce n’était tout de même pas à la hauteur de l’agrément d’une Moto Guzzi, faut pas rêver non plus…

Kawasaki Vulcan

Passons chez les verts. J’ai d’abord testé cette Vulcan basée sur le moteur (650 bicylindres) de la Versys. J’étais curieux de tester cette petite machine, car elle était la réponse de Kawasaki à la Yamaha Bolt que j’avais essayée et beaucoup appréciée en 2014. Alors, que vaut la petite Kawa dans cette perspective ?

Ben, pas grand-chose, faut l’avouer, on est loin de l’agrément général de la Bolt !
En cause, selon moi, une position de conduite complètement ratée : typique du genre « cruiser » si en vogue de ce côté de l’atlantique, les pieds sont trop en avant et la selle n’est pas dessinée comme il faudrait pour vous recevoir dignement… Bref, ça doit faire mal assez rapidement d’autant que les suspensions sont plutôt sèches. Pour le reste, rien à signaler : moteur disponible, tenue de route correcte et bons freins, mais l’absence de confort est rédhibitoire et n’est pas compensée par les qualités dynamiques de cette petite machine. La Bolt peut continuer son chemin tranquillement !

Kawasaki Concours 14

J’ai ensuite enfourché la grosse « Concours » qui est elle une concurrente directe d’une autre Yamaha : la FJ1300 que j’avais également testée en 2014.

Bien plus imposante que la petite Vulcan, la grosse Kawa n’en est pas moins très accessible : dès qu’elle roule, elle est à l’aise et c’est quand même une grosse réussite pour une moto de ce format. Freins, position de conduite, confort, moteur qui pousse fort avec un feulement pas désagréable, la Concours est très réussie dans de nombreux compartiments. Alors, un sans-faute ?

Presque. Tout comme la grosse Yam (sélecteur de vitesses mal dimensionné), la grosse Kawa n’a qu’un défaut à la limite du ridicule : la bulle du carénage qui produit une vision déformée et donc très désagréable au point qu’on ne peut la garder en position haute. Cette fameuse bulle a pourtant fait l’objet de raffinements : elle possède une ouïe de ventilation, elle est réglable électriquement au guidon. Mais voilà, on ne voit pas bien à travers… C’est bête, hein !

J’ai du mal à comprendre qu’on puisse laisser passer un défaut pareil !
C’est d’autant plus dommage que, pour une fois, la bulle remonte suffisamment haut, afin de bien faire varier la protection selon les usages. Et non seulement cette bulle est gênante quand on regarde à travers en position haute, mais elle se reflète aussi dans les instruments en position basse… Va comprendre !

La Yamaha Vmax.

La Yamaha Vmax.

Après ces tests un peu décevants, je suis passé chez Yam et j’ai commencé par un vieux souvenir : la VMAX. J’avais pu rouler avec une de ces machines lors de sa sortie dans les années 80. Trente ans après, il m’a paru intéressant de me rafraichir la mémoire…

Le design a peu évolué, elle a toujours un look aussi spécial, bestial si j’ose dire. Et, pour une fois, l’apparence correspond bien au caractère : cette moto est une bête !

Le moteur est incroyable : à peine avez-vous tourné la poignée de gaz, qu’il se met à rugir tout en faisant bondir la moto en avant, presque brutalement. Même sans exagérer, dès qu’on ouvre, ça part !
Et c’est carrément jouissif, tout le temps. Je ne vois pas comment on peut s’ennuyer avec cette machine. En plus, elle n’est pas trop haute et la position de conduite est bonne, en étant bien calé par la selle (et heureusement !). En plus, le bruit du moteur est formidable et ça participe vraiment au plaisir de la conduite… Vroaaah !

Comparée au VMAX, la Kawasaki Concours n’est pas spécialement lymphatique, son moteur lui permet d’accélérer comme une fusée, mais c’est avec une onctuosité, tout est bien maitrisé, sous contrôle. Le moteur du VMAX est bien plus démonstratif, plus rugueux, plus explosif tout en n’étant pas brutal en fait. Un équilibre particulièrement réussi.

Bien évidemment, il y a quelques défauts : au niveau du comportement dynamique, l’avant engage un peu dans les virages serrés (moins en grande courbe), mais on s’en accommode vite. L’indicateur de vitesse engagée est situé (avec d’autres indications comme le niveau d’essence) sur un écran à part casé sur le réservoir. Emplacement absurde, car il faut baisser le regard pour le regarder (pas secure ça…). Inutile, car l’écran à cristaux liquides est illisible au soleil… Mais on pardonne facilement à la VMAX qui est une moto enthousiasmante, vraiment !

Yamaha FJ09

Ma joie est retombée de plusieurs crans en montant sur la FJ09. Incarnation « GT » de la MT09 que j’avais déjà testé en 2014. Monté, c’est le cas de la dire, car la FJ09 est aussi haute de selle que l’image ci-dessus le laisse supposer (c’est pire que la Vstrom). En dehors de cette hauteur de selle propre à ce type de moto, la FJ09 est exempte de défaut sur le plan dynamique : bonne tenue de route, bon frein, moteur disponible, etc.

Bon alors, de quoi te plains-tu dans ce cas ?
Ben, les sensations pardis !

Autant la VMAX vous en donne à foison, autant la FJ les gomme autant que possible. Le moteur pousse fort, y a pas de doute, mais il fait tellement progressivement qu’on ne s’en rend pas compte… pas bien. Et le bruit, que dire du bruit ?
Ben c’est un bruit de mécaniques modernes, trop moderne. Trop de sifflements, pas de grondement. Presque l’inverse exact de la VMAX, hélas.

C’est une bonne machine, rien à dire, mais la question est : comment en avoir envie ?

Indian Scout

Un tour chez Indian maintenant. Ah, ça faisait un moment que je voulais tester la Scout, la « petite » machine du groupe Polaris (groupe canadien auquel appartiennent Indian et Victory). Esthétiquement, la Scout est une vraie réussite et c’est encore plus vrai vue de près.

La machine est basse, l’assise est bonne, la position de conduite est d’autant plus réussite que je n’aime pas particulièrement le style « cruiser » (les pieds très en avant, ça me parait antinaturel). Mais là où on est peu à l’aise comme sur la Kawasaki Vulcan, c’est au contraire bien mieux maitrisé sur la Scout sans que je sois capable d’expliquer pourquoi.

Les freins ne sont pas très mordants et le passage du second rapport est un poil dur et ce sera tout pour les défauts. Car, pour le reste, cette moto est carrément bien sous tous rapports : comportement dynamique sans reproche, comportement moteur très agréable (très présent, très disponible et poussant fort d’autant que la moto est -relativement- légère) et même le bruit participe au plaisir. Enfin un constructeur qui comprend que mécanique moderne ne doit pas forcément rimer avec bruit décevant. D’un autre côté, Indian n’a pas le choix : si le constructeur veut rivaliser avec HD, il ne peut se louper sur ce plan…

HD Street 750

Finissons par HD justement. La Street est une machine « stratégique » pour le vénérable constructeur de Milwaukee et j’en parle par ailleurs dans cet article. Bref, rouler enfin sur la machine de conquête des marchés en expansion (comprendre en dehors des USA et de l’Europe) devenait une nécessité afin d’évaluer le sérieux du pari fait par Harley-Davidson avec cette mini-gamme (la Street est déclinée en 500 et 750cc, elle est -un peu- fabriquée aux USA et surtout en Inde).

Disons-le tout de suite, une grosse déception !
En dehors de son badge, cette moto n’a rien pour elle : position de conduite ruinée par le réservoir (large et plat) dont les bords vous rentrent dans les genoux et à l’intérieur des cuisses !
Si HD dit viser une population jeune et féminine avec cette machine, que la compagnie commence par changer la forme du réservoir alors…

Et le reste est à l’avenant : bruit moteur très décevant (pour rester gentil…), comportement correct, mais avant un peu léger qui ne met pas en confiance au moment de prendre l’angle, point mort dur à trouver (et pas d’indicateur de rapport enclenché), embrayage qui broute un peu au démarrage et finition médiocre. La finition n’est pas quelque chose qu’on peut vraiment évaluer lors de ces demo-rides qui dure 20 à 30 minutes, mais là, j’ai tout de même remarqué deux choses qui clochent : des rétroviseurs aux tiges trop courtes (je pouvais voir mes épaules et pas grand-chose de plus) et les fils des contacteurs de feu stop très visibles au levier de frein avant et à la pédale de frein arrière… ça jure un peu quand même. Certes, il s’agit d’une machine qui se veut abordable et qui va être produite (principalement en Inde), mais ça n’excuse pas tout, surtout avec le badge HD sur le réservoir… Faut revoir tout ça si on veut être plus sérieux dans cette opération toujours présentée comme étant stratégique. En clair, cette machine n’est vraiment pas destinée aux marchés « riches », car il n’y en avait même pas d’exposée sur l’immense stand Harley-Davidson à Daytona (encore heureux qu’il y en avait de proposées pour les demo-rides !).

Une petite conclusion peut-être ?
Mais certainement !

Ce qui apparait nettement à travers cette série de petits essais (car je reste lucide, ce n’est pas en 20/30 minutes qu’on teste vraiment une moto mais, au moins, ça permet d’avoir un aperçu et de se faire un avis, même s’il est limité) c’est que les machines modernes ont des points communs : comportement dynamique sans reproche (et, au moins, elles freinent correctement, contrairement aux anciennes…) mais bruit moteur décevant (à quelques exceptions près qui, du coup, gagnent nettement en séduction).

Je n’irais pas jusqu’à écrire que les motos récentes manquent d’âme, ce serait trop fort mais elles manquent souvent de caractère (sauf la VMAX ou la Scout justement)… On ne peut pas tout avoir, n’est-ce pas ?

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Le Diable est très occupé ces temps-ci…

Tous les lundis, le Diable fait le tour de ses départements. Il s’enquiert des résultats, définit les orientations, relance l’activité, motive les bons éléments, sanctionne les mous et les traine-savates. Bref, un vrai manager moderne !

Suivons-le lors sa dernière tournée, il y a beaucoup à apprendre de ses réunions… Comme à chaque fois, notre Diable commence par le département de la guerre.

Démon « guerre »- Une fois de plus, notre bilan est très positif. Même en l’absence d’un conflit majeur -et nous ne renonçons pas à parvenir à en déclencher un !-, la myriade d’affrontements de basses intensités -ce sont les militaires qui appellent cela comme ça, j’adore !- produit un lot significatif de victimes, de réfugiés et de destructions. La Syrie bien sûr, mais aussi la Libye qui est un théâtre d’opérations que nous avons réussi à réactiver et qui me parait très prometteur. Il y a aussi le Yémen qui continue à une bonne cadence. Bon, les choses se sont un peu calmées en Ukraine après un bon début, mais ça reste actif même s’ils en parlent moins. Et il ne faut pas négliger tous les petits conflits oubliés comme le Cachemire, la RDC, le Tibet, les Tamouls, le Pérou et d’autres encore. Ils n’en parlent jamais, mais les résultats produits sont loin d’être négligeables…

Diable- C’est bien, mais votre mérite est limité. Je sais bien que les hommes aiment se battre et on n’a pas besoin de les pousser beaucoup pour qu’ils le fassent. Donc, rabaissez un peu votre triomphalisme, on ne me la fait pas, à moi…
De plus, n’allez pas vers le spectaculaire, préférez les conflits longs. Les meilleurs résultats viennent avec le désespoir. Des foules de réfugiés nous sont préférables à un champ de bataille jonché de victimes, souvenez-vous-en. La guerre est un moyen pour nous, pas une fin.

Le Diable quitta la table suivi fidèlement de ses démons assistants.

Diable- Il m’énerve toujours un peu celui-là : il a le boulot le plus facile et il faut toujours qu’il la ramène comme si c’était grâce à lui que les hommes se faisaient la guerre…

Démon assistant junior- Dois-je noter un remplacement à planifier, maitre suprême ?

Diable- Non. Il est à sa place. C’est juste que je voudrais effacer son sourire niais…

Les deux assistants se regardèrent avec un sourire mauvais : ce démon-là finira tout au fond, tôt ou tard… Le petit groupe se dirigea vers l’aile des nouveaux départements, laissant de côté les départements traditionnels tels que « maladies » et « catastrophes naturelles ». Ces nouveaux blocs portaient des noms bizarres comme « obésité », « stupidité » et « big business ».

La prochaine réunion allait se tenir avec le démon en charge de « stupidité ». Ce dernier était déjà sagement présent dans la salle et attendait son maitre…

Diable- Bien, assis tout le monde, ne perdons pas de temps. Alors, j’ai lu votre dernier rapport et c’est bien, je suis content. Mais il ne faut pas se relâcher, notre effort dans votre secteur est absolument fondamental. C’est ici que nous rendons possibles nos résultats futurs. Donc, continuez à travailler les médias, il faut que les contenus aillent vers le bas, toujours. Il faut aussi réduire les dernières zones de résistances. Ah oui, j’y pense tout d’un coup : je dois vous féliciter, car c’est une très bonne idée que d’employer des intellectuels à justifier les programmes que nous avons inspirés. Si même les grands esprits s’y mettent, plus personne n’aura de réticence à se rouler dans la médiocrité, bien vu !

Les assistants du diable firent la grimace. Ils n’aimaient pas que leur patron s’enthousiasme pour tel ou tel démon… Surtout pour ces nouveaux qui semblaient être les chouchous du moment.

Démon « stupidité »- Merci maitre suprême. On pourrait faire bien plus, mais j’ai toujours du mal à obtenir des ressources. Notre département est encore petit et nous sommes tous occupés à 100%. Avec des ressources supplémentaires, on pourrait s’attaquer aux derniers pans de la culture qui résistent encore.

Diable- Je vais voir ce que je peux faire…

Et hop, dans un nuage de soufre, le « patron » était déjà retourné dans les couloirs, marchant d’un pas décidé vers le département « obésité »… Les assistants courraient presque derrière lui. Le plus ancien des deux se risqua à prendre la parole :

Démon assistant senior- Maitre, on ne peut pas augmenter ses effectifs à celui-là. On est déjà à court de personnel partout !

Diable- Vous n’y comprenez rien !
On peut facilement lui adjoindre une dizaine de succubes, à prendre dans le département de l’autre niais. Les succubes n’ont rien à faire avec la guerre il me semble, non ?
De toute façon, augmenter la stupidité des gens est notre atout majeur pour le futur. Les personnes stupides sont ignorantes et malléables. Il devient facile de leur faire prendre les décisions qui vont dans notre sens puisqu’elles ne raisonnent plus, mais suivent seulement leurs pulsions. Du coup, on pourra faire élire n’importe quel clown et leur faire adopter n’importe quelle habitude, même si elle est nocive. Oui, la stupidité est un bon investissement et nous devons le renforcer. Prendre là où il y a trop et mettre là où il n’y a pas assez, ça s’appelle l’équilibrage des ressources, de la bonne gestion, quoi !
Ah, voilà justement un département qui profite à plein de ce pari réussi…

Ils s’installèrent autour de la table du département « obésité » nouvellement créé…

Démon « obésité »- Notre groupe est encore jeune et nous ne fonctionnons pas encore à plein dans tous les pays, mais nous progressons, nous progressons sur tous les fronts. Nous recyclons à fond tout ce qui a été utilisé au temps des ravages de la cigarette et cela donne de bons résultats… De plus, nous faisons le maximum pour retarder la prise de conscience vis-à-vis des sodas. Nous avons un bon contre-feu avec les fast-foods alors qu’ils ne représentent qu’une petite partie du problème. L’essentiel vient des sodas et de la « process-food », mais le public ne s’en rend pas compte.

Diable- Oui mais il ne faut pas se contenter des résultats obtenus aux USA. Il faut prolonger l’effort au monde entier et vite avant qu’ils aient le temps de réagir et de s’organiser. L’exemple de la cigarette doit nous rester en tête : nous avons perdu gros sur ce front dernièrement, encore heureux que les chinois soient là pour prendre un peu le relais sinon, ça aurait été une défaite amère… Je ne veux pas subir cela de nouveau !

Démon « obésité »- Nous nous y employons, maitre, nous nous y employons, soyez-en sûr.

Diable- Et aussi, je veux que vous voir travailler main dans la main avec le département « stupidité », c’est votre meilleur allié. Je veux voir mes nouvelles créations se comporter plus intelligemment que mes départements traditionnels. Ce qu’on reproche aux hommes sur terre et qui nous arrange bien, je ne veux pas le reproduire encore et encore ici.

Démon « obésité »- Bien entendu, maitre. Je vais en faire ma priorité personnelle.

Aussitôt dit, le petit groupe était déjà parti vers le dernier rendez-vous de la tournée : le département « big business ».

Diable- Alors, je ne vous entend pas cette fois ?
Rien à m’opposer contre cette idée de s’occuper de près du « big business » ?
Si vous avez des choses à dire, c’est le moment !

Démon assistant sénior- Nous ne sommes que vos humbles serviteurs, maitre suprême. Cependant…

Diable- Ah, j’en étais sûr !

Démon assistant sénior- Cependant, nous sommes nombreux à ne pas comprendre pourquoi vous semblez vous détourner de nos armes traditionnelles pour favoriser vos nouvelles créations. Personne n’ose vous le dire, mais on commence à entendre quelques grognements dans les rangs…

Diable- Qu’ils grognent, mais qu’ils obéissent !
Je ne vous demande pas d’avoir des idées et heureusement !
Vu la pauvreté de vos réflexions, avec vous, on serait encore au moyen-âge et on serait complètement passé à côté de l’évolution majeure de ces deux derniers siècles…

Démon assistant junior- La révolution industrielle ?

Diable- Mais non bougre d’incube, la consommation de masse bien sûr !
C’est ça la vraie révolution qui a tout changé sur terre… Pour nous, c’est pain béni si j’ose dire.

Les démons assistants se forcèrent à rire pour bien montrer qu’il avait compris la blague du patron…

Diable- Bref, il ne faut pas laisser retomber le soufflé et c’est pour ça que je me bats à favoriser le « big business ». Ces quelques « idiots utiles » sont en train de nous faciliter les choses à tous les étages même si vous êtes incapables de le voir.

Arrivés dans le département « big business », le petit groupe pris place dans une salle de réunion somptueuse avec des écrans sur les murs diffusants CNN et Bloomberg en continue. Devant l’air étonné des assistants, le démon en charge du département cru bon de se justifier…

Démon « big business »- Oui, nous avons cru nécessaire de bien nous imprégner de l’ambiance des conseils d’administration des groupes modernes, voilà pourquoi nous avons copié la décoration…

Diable- On s’en fiche, vous faites ce que vous voulez avec votre mobilier du moment que vous pouvez me présenter des résultats… Les résultats, il n’y a que cela qui m’intéresse !

Démon « big business »- Bien entendu, maitre suprême. Et des résultats intéressants, j’en ai justement !

Diable- Je vous écoute…

Démon « big business »- Nous avons eu l’idée de susciter la création d’un syndicat. Oui, je sais, vous allez dire « c’est pas nouveau », mais attendez la suite…

Diable- N’abusez pas de ma patience…

Démon « big business »- L’innovation réside dans la forme : nous ne formons pas un cartel, ça échoue à tous les coups. Non, nous suscitons la formation d’une nouvelle entité qui va s’occuper exclusivement des actions de lobbying de tous les grands acteurs que nous suivons : Monsanto, Coca Cola, Exxon, etc.
Nous nous sommes rendus compte que, lorsqu’ils sont attaqués, ils répondent toujours de la même façon, mais en ordre dispersé. En concentrant les moyens, on réduit les coûts (ça leur plait toujours quand on met cela en avant) et on augmente l’efficacité. Du coup, on sait qu’on va pouvoir compter sur un pool de politiciens, de scientifiques et de journalistes à notre solde qui vont monter au créneau à chaque fois que nécessaire.

Diable- Hum, ça me plait. C’est effectivement vers ce type de solution qu’il faut aller. Et même, je veux plus. Je veux que le département « stupidité » puisse profiter de votre entité, aussi souvent qu’ils en auront besoin, bien compris ?

Démon « big business »- Bien compris, maitre suprême. Il en sera fait ainsi.

Toujours soucieux, le Diable quitta la belle salle de réunion avec ses assistants à ses trousses… Il y avait tant à faire, mais, en ce moment, les affaires marchaient bien !

Voilà, une petite fiction pour varier un peu. Bien sûr, toutes ressemblances avec des situations et des circonstances réelles ne seraient pas forcément complètement fortuites…

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Une bonne carburation, ça change la vie !

Dernièrement, ma Z1000 commençait à sentir l’essence. Je ne pouvais le nier, ça reniflait sévère !
Généralement, ça n’annonce rien de bon… Et puis, à force de chercher d’où ça pouvait venir, l’évidence s’imposait : il y avait une grosse fuite d’essence au niveau des carburateurs, tous !

carbus

Sur cette image, on voit bien l’un des deux filtres à essence…

Je me suis résolu à porter ma moto chez Weston, une fois de plus, afin de régler ce problème une bonne fois pour toute. Weston ne mit pas longtemps à établir un diagnostique complet : les filtres à essence étaient les principaux responsables de la fuite (ils s’étaient fendus, les bougres !) mais les carburateurs étaient eux aussi dans un triste état et réclamaient une révision approfondie…

Avec Weston, on n’a pas fait les choses à moitié !
Tout d’abord, changement des 4 pipes d’admissions (ces tubes de plastique qui permettent de relier les carbus à la culasse étaient tous fissurés, tous !).

intake manifolds

Des pipes d’admission, c’est banal mais les fissures y sont courantes… Sauf qu’on ne s’en rend compte qu’une fois démontées car elles se situent à l’intérieur !

Ensuite, les joints des cuves de carburateurs, tous !

Carb - Bowl Gaskets - Late

Enfin, comme le diable est dans les détails, il fallu adresser le gros morceau : des pièces minuscules dans les pompes d’accélération, difficiles à trouver mais indispensables…

Carb - Accel Pump Balls & Weights Carb - Accel Pump Clip

Ces petites pièces manquaient presque toutes sur les 4 carbus… Pas étonnant que ma Z1000 renâclait un peu à la reprise !

Une fois les carbus reconstruits et réglés, la Z1000 affichait un grand sourire (façon de parler) et, surtout, fonctionnait comme jamais : souplesse et reprise en douceur au programme, le 4 cylindres donnait le meilleur de lui-même comme aux premiers jours…

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Le tome III est en cours de rédaction…

Allez, une petite preview rapide : je suis en train de rédiger le tome III et ça avance bien !

Déjà six chapitres de complétés. Bon, il reste encore des tonnes de travail mais c’est déjà bien orienté, si j’ose dire…

Pour preuve, voici un petit extrait (contexte : Vincent, Senior et le colonel se voient confier des missions spéciales… Vincent doit tenter de dissuader Napoléon d’envahir la Russie) et merci de garder en tête que ce texte n’a encore reçu aucune correction, rien  :

Neveux- Vincent, nous allons commencer par vous… Comment ça s’est passé avec notre « empereur » ?

VT- Déjà, faut arriver à le rencontrer !

Sans l’intervention de Joséphine, je crois que j’aurais fait chou blanc en fait…

Neveux- Joséphine, l’ex-épouse ?

Elle vous a aidé ?

VT- Oh oui et pas qu’un peu !

En fait, Joséphine est encore très présente à cette époque et se mêle de tout… Enfin, de tout ce qui lui reste car le vrai pouvoir c’est le trio Foucher-Talleyrand-Berthier qui l’ont, chacun dans son domaine.

Bref, je me suis retrouvé dans les couloirs des Tuileries avec mon bel uniforme et mes papiers inutiles… Ceux-ci m’avaient permis d’entrer au palais mais pour avoir une entrevue avec l’Empereur, il fallait une introduction d’un des membres du trio sinon, il fallait attendre une événement fortuit mais ça m’aurait pris des semaines.

Foucher est inaccessible, Talleryrand était trop cher pour moi et je n’avais pas un grade suffisant pour intéresser Berthier… Heureusement, je suis tombé sur Joséphine qui semble s’intéresser aux nouveaux venus, ça été ma chance !

J’ai pu convaincre Joséphine que j’étais un devin et que j’avais de grandes révélations à faire sur l’avenir de l’empire. Avec ce que je lui ai déballé sur elle, je l’ai facilement impressionné et elle m’a cru pour le reste. Elle m’a emmené à la Malmaison où l’Empereur devait venir la visiter comme il faisait encore régulièrement. C’est elle qui m’a présenté au grand homme et celui-ci à consenti à m’écouter. Au début, il était très réticent et il fallait les interventions de Joséphine pour que je puisse poursuivre mes avertissements. Puis, il a changé d’attitude et s’est montré intéressé.

Finalement, nous avons parlé pendant des heures.

Neveux- Que lui avez-vous dit ?

VT- Je lui ai tout expliqué, tout ce que je savais de la campagne de Russie : la poursuite des Russes avec la Grande Armée, la bataille de Borodino, l’entrée dans Moscou, l’incendie et la sortie de Moscou, la retraite, la Bérézina, la Grande Armée qui part en morceaux, le terrible hiver Russe et ainsi de suite.

J’ai fini par comprendre ce qui l’intéressait : pas mes prédictions, mais ce que je pouvais lui dire sur la campagne elle-même. Il me posait des questions sur les lieux, les dates, les événements et il m’a même montré une carte comme si mes renseignements pouvait quand même l’aider à faire pencher la balance dans son sens.

Quand j’ai réalisé pourquoi il m’écoutait, j’ai essayé de le persuader que c’était sans espoir, que l’histoire était déjà écrite, qu’il ne pouvait pas en sortir vainqueur cette fois.

Neveux- Et ?

VT- Ça ne l’a pas impressionné, il m’a dit « Qu’est que vous croyez ? Ça fait des années que j’entend cela ! Si j’avais écouté mes généraux, mes conseillers ou même cette canaille de Talleyrand, je ne serais plus jamais parti en campagne après Austerlitz… Mais je connais bien les Russes et je peux les battre encore une fois ». J’ai eu beau lui faire valoir que, cette fois, ce n’est pas une armée qu’il allait combattre mais l’immensité Russe et son terrible hiver.

Neveux- Bien envoyé !

VT- Oh, il en fallait plus pour l’ébranler. Je crois que même si j’avais pu projeter mes visions sur un écran, s’il avait pu voir la débacle de ses yeux, ça ne l’aurait pas fait changer d’avis…

Neveux- Mais pourquoi ?

Parce qu’il est tétu, obstiné, imbus de sa puissance, persuadé d’avoir raison, que toutes ses victoires précédentes l’ont rendu invincible ?

VT- Non, c’est plus simple que cela en fait. Tout ce que je lui ai raconté ne l’a pas fait changer d’avis parce que, fondamentalement, il était persuadé qu’il n’avait pas le choix. Que, envers et contre tout, il devait agir ainsi.

Il me l’a expliqué d’ailleurs. Il m’a dit clairement « Parce que vous croyez que j’ai le choix ? Mais si je ne fait rien, ils vont tous se retourner contre moi et me tomber dessus ! L’empereur de Russie me défi ouvertement en ne respectant pas le blocus, je dois le forcer à couper court avec les anglais. Ah, les anglais, que croyez-vous ? Ils me guettent, ils ont juré ma perte. Croyez-vous qu’ils vont me laisser régner en paix sur une grande partie de l’europe ? Non, dix fois non. Ils vont multiplier les provocations comme au Portugal jusqu’à pourvoir lever une nouvelle coalition et tout va recommencer encore une fois.

Non, il faut punir l’empereur de Russie comme j’ai puni avant lui l’empereur d’Autriche et le roi de Prusse. Et si cette aventure doit se terminer tragiquement, eh bien soit !

La Grande Armée n’est pas une carte qu’on peut garder au fond de sa poche très longtemps. C’est un instrument instable qui s’use si l’on ne s’en sert pas. Je ne peux garder mes forces mobilisées si ce n’est pas pour faire la guerre. Eux aussi vont préférer mourrir tragiquement mais couvert de gloire plutôt que comme des bourgeois engraissés et repus. Si j’avais le choix, je préférerais rester à m’occuper de ma famille mais mon pouvoir est fragile, il repose seulement sur des victoires et j’ai toujours besoin d’une victoire de plus pour rester en place. »

Il m’a débité cela d’une traite. Je pense qu’il avait besoin de l’exprimer, qu’il ruminait cela depuis longtemps. Après cette tirade, il a tourné les talons et est retourné à Paris. Je n’ai pu le revoir qu’une fois, deux jours après aux Tuileries et toujours grâce à Joséphine et, une fois encore, il a tenu à me montrer les quelques cartes qu’il avait réussi à rassembler, à prix d’or selon lui… Tout ce que je lui disais ne servait à rien, il avait pris sa décision. Même Berthier qui était contre cette idée ne discutait plus et préparait la campagne.

Après cela, je suis resté avec Joséphine car je commençais à intéresser les sbires de Fouché et ça serait devenu de plus en plus difficile de simplement rester libre…

Neveux- Votre conclusion ?

VT- Tout l’empire tourne autour de la volonté de l’empereur mais lui-même est prisonnier de la situation qu’il a contribué à créer. De son point de vue, la campagne de Russie est inévitable et il croit en son étoile. J’ai eu beau lui expliquer que le génie tactique dont il avait fait preuve lors des campagnes précédentes ne suffisait plus : ses adversaires se sont habitués, leurs tactiques se sont adaptées et Borodino en sera la preuve.

Donc, non, impossible de lui faire changer d’avis.

Neveux- Et la personnalité de notre empereur ?

Il vous a paru crédible ?

VT- Tout à fait !

En fait, j’ai vite oublié que j’avais à faire à votre créature et je me suis pris au jeu complétement. Quand on est face à lui, on y croit, pas de problème. Joséphine m’a paru très bien également, très impressionnante dans son rôle d’ex-épouse qui veut encore se mêler de tout ce qui reste à sa portée.

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Quels sont les auteurs à lire absolument ?

La liste de « lectures obligatoires » doit forcément être courte si on veut qu’elle soit efficace. Je vais donc vous proposer la mienne… Elle ne comprend que trois auteurs : Gustave Lebon, Emile Coué et Guy Debord.

Gustave Lebon

Lebon est connu pour son oeuvre majeure, « Psychologie des foules« . Il faut lire également les textes de Lebon sur la religion et l’éducation. Sur ce dernier thème, Lebon est étonnamment actuel : on croirait qu’il évoque la situation présente !

Emile Coué

Ah, Coué !
C’est le grand méconnu des auteurs français et celui qui mérite le plus d’être lu, vraiment, pour de bon… Car on résume sa démarche par le ridicule (ah oui, la méthode Coué !) alors qu’il est à l’origine de découvertes majeures : l’imagination l’emporte (toujours) sur la volonté et l’effet de l’imagination sur la maladie. Lisez donc Coué plutôt que cet escroc de Freud !

Guy Debord

Debord n’est pas aussi facile à lire que Lebon ou Coué mais pourtant, son oeuvre est fondamentale pour comprendre la réalité de la société actuelle… Tout est spectacle, le cri de Debord n’a jamais été aussi vrai !
« La société du spectacle » est le livre qui l’a rendu (un peu) célèbre (publié en 1967). Selon moi, c’est l’ouvrage (relativement) récent le plus important et l’apport le plus important (et le plus juste) sur l’évolution de notre société. « Commentaires sur la société du spectacle« , paru en 1988, revient sur ses thèses et démontre que ses prévisions étaient justes.

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