L’histoire de Ferdinand Piëch chez Audi, une extraordinaire contribution d’un lecteur !

Voici un commentaire posté par Stéphane Cnockaert de Bruxelles à propos de mon documentaire sur la Porsche 917. Je reproduis ici ce commentaire avec son autorisation et l’illustrant de photos trouvées sur le web.

Voici une courte présentation de Stéphane par lui-même :

Bien que je sois profane (je veux dire, non professionnel) en ce qui concerne l’automobile (je ne suis ni garagiste, ni carrossier, ni pilote), je dois bien reconnaître que la marque Audi, liée en quelque sorte à la personnalité de Ferdinand Piëch, a plusieurs fois retenu mon attention.

Je suis Belge (Bruxelles), né en 1961, ingénieur en électronique (1985) et ingénieur commercial (1992).

Et voici sa contribution à propos de la carrière de Ferdinand Piëch au sein du groupe WV et Audi en particulier :

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Un énorme merci pour avoir relaté cette saga de Porsche 917, qui fut un choc culturel entre le clan Piëch (Ferdinand et sa mère), et le clan Wyer (John, son équipe et son sponsor Gulf sans lequel rien n’aurait été possible).

Le troisième pivot de cette saga fut John Horsman, directeur technique de l’équipe Wyer en octobre 1969, aux essais privés de Zeltweg (12:22 épisode 3), qui remarqua l’absence de moustiques écrasés sur les flaps aérodynamiques de l’arrière, indiquant que le flux d’air passait trop haut, retirant toute efficacité à ces flaps censés plaquer les roues arrière au sol. Hourra diriez vous. Le problème est que Ferdinand Piëch, dont tout le monde savait qu’il était obsédé par les études aérodynamiques, se sentit dévalorisé par telle découverte.

À partir de cet instant, Ferdinand Piëch prit le mors aux dents. Il adopta comme but la mise au point d’une Porsche 917 « longue » capable de pointer à 400 km/h dans la ligne droite des Hunaudières sur sol sec : longue queue, encapsulation totale de la mécanique, grande finesse aérodynamique, déportance modérée. Alors que Wyer, de son côté, épaulé par son sponsor Gulf, adopta comme but la mise au point d’une Porsche 917 « courte » capable de gagner des courses : finesse moyenne, déportance marquée, maniabilité améliorée.

Et Ferdinand Piëch atteignit le but qu’il s’était assigné. Mais sa Porsche « longue queue » ne gagna jamais les 24 heures du Mans, car sa tenue de route était trop mauvaise sur sol mouillé, et du fait de l’encapsulation totale de la mécanique, elle surchauffait sur la durée d’une course.

Et John Wyer atteignit le but qu’il s’était fixé. Eh oui, ce sont « ses » Porsche à lui, les Porsche « courtes » aux couleurs de Gulf, les seules dont tout le monde se souvient, qui coiffèrent les podiums.

Pourquoi une telle rivalité, intestine de surcroît ?
La maison-mère Porsche (et donc Ferry Porsche, l’oncle de Ferdinand Piëch) mit un certain temps à exiger que le neveu tumultueux (Ferdinand Piëch) gère la question aérodynamique de façon scientifique. Problème de budget, probablement.
Il est probable que le sponsor Gulf, par l’entremise de John Wyer, fut finalement mis à contribution sur le plan financier. A confirmer …
Reste à savoir qui fut nommé chef des essais en tunnel aérodynamique. Ferdinand Piëch ? John Wyer ? Quelqu’un d’autre ?

Le résultat ne se fit pas attendre. Il s’ensuivit diverses Porsche 917 dotées de rapports déportance / traînée optimisés, dotées de différentes finesses, bien équipées en ouïes d’aération, intelligemment adaptées aux différents circuits de la compétition. La base de la compétition automobile, quoi. En 1971, une telle vérité était loin d’être évidente.

Un des premiers résultats de la campagne d’études aérodynamiques de 1971, fut que la Porsche « longue » 917 LH de Le Mans 1971 aux couleurs de Gulf, pilotée par Derek Bell et Jo Siffert, pouvait atteindre 390 km/h dans la ligne droite des Hunaudières, non pas en risquant la vie de ses pilotes (cf. les précédentes Porsche « longues » mises au point par Ferdinand Piëch), mais en leur permettant de tenir le volant d’une seule main, tellement la stabilité était devenue excellente. Mais telle Porsche 917 « longue » ne gagna jamais. Une course automobile ne se résume pas à une longue ligne droite. Et la météo n’est pas garantie, exempte de mouillé.

Des chroniqueurs arguent du fait que malgré la nouvelle approche rationnelle de l’aérodynamique, Ferdinand Piëch continuait de provoquer des conflits de personnalité, qui mettaient la maison Porsche dans une mauvaise posture, à tel point que Ferry Porsche prit la décision d’écarter Ferdinand Piëch en 1971.

Une photo de Piech alors qu’il était encore chez Porsche… Et une citation : “We understand Europe, we understand China and we understand Brazil,” VW Chairman Ferdinand Piech told Bloomberg this month. “But we only understand the United States to a certain degree so far.”

D’autres chroniqueurs arguent du fait qu’il existait une clause au sein de la maison Porsche, qui pour éviter d’incessantes querelles familiales, interdisait à des membres de la famille (donc Porsche et Piëch) d’obtenir des postes à la gestion quotidienne dans la maison Porsche. Ferry Porsche « himself » continuait à opérer, seulement en tant que Président de la maison Porsche (gestion stratégique seulement), et pas en tant que délégué à la gestion journalière.

Dans tel contexte, Ferdinand Piëch ne voyait pas comment engranger de l’expérience chez Porsche, afin de succéder un jour à son oncle Ferry Porsche. Une voie possible, serait d’engranger de l’expérience et des compétences en travaillant pour la concurrence, en y manoeuvrant hypocritement de façon à ce qu’un beau jour, la maison Porsche puisse mettre la main dessus, de façon à ramener un trophée qui consolide la maison Porsche. Ferdinand Piëch espérait-il naïvement qu’en récompense de tel forfait commis au bénéfice de Porsche, Ferry Porsche le désignerait comme successeur à la tête de Porsche ?
Quels étaient les états d’esprit ?

Courant 1971 et 1972, Ferdinand Piëch rebondit en fondant une société chargée de travailler en collaboration avec Mercedes-Benz. L’idée consistait à partir du moteur OM616 (4 cylindres Diesel), pour y rajouter un cylindre de façon à obtenir un moteur dérivé, le moteur OM617 (5 cylindres Diesel, une nouveauté pour l’époque). Avec son staff, et le staff de Mercedes-Benz, Ferdinand Piëch supervisa le dessin, le prototypage, le test et la mise au point de ce moteur OM617. Tel moteur devint une référence en matière de fiabilité, équipant toutes les Mercedes « 250 D » puis « 250 TD » (avec turbo) entre 1974 et 1991.

Courant 1972, plutôt que de faire carrière chez Mercedes-Benz, Ferdinand Piëch prit racine chez Audi, qui était la marque phare du groupe Auto-Union-NSU, groupe qui fut englobé par VW dès 1965. En 1972, la NSU Ro-80 apparue en 1967 (exceptionnellement aérodynamique), et son bizarre moteur à double piston rotatif (glouton, peu fiable, manquant de couple à bas régime au point qu’il fallait l’épauler par un convertisseur hydraulique de couple), avaient profondément marqué les esprits, dont celui de Ferdinand Piëch. Il y avait aussi le prototype NSU K50 censé succéder à la NSU Prinz, qui explique la similarité entre le prototype NSU K50, l’Audi 50, la VW Polo, puis la VW Golf (voitures traction avant à moteurs transversaux). Il y avait aussi le prototype NSU K70, qui explique la similarité entre le prototype NSU K70, la VW K70, puis la VW Passat, et toutes les Audi à partir de l’Audi 80 de 1972 (voitures traction avant à moteurs longitudinaux).

La Ro 80 est la dernière automobile vendue sous la marque allemande NSU. Elle fut produite entre 1967 et 1977. Outre une ligne aérodynamique innovante pour l’époque, elle se singularise par le moteur Comotor qui est un moteur rotatif Wankel.

Dès 1975, Ferdinand Piëch monte en grade chez Audi, en accédant à la direction technique d’Audi.

Dès 1975, Ferdinand Piëch peaufine la mise à jour de l’Audi 80 programmée pour 1978, qui depuis l’origine (1972) constitue une sorte de VW Passat fignolée (plaquages bois à l’intérieur), mais à carrosserie 3 volumes, dotée de 2 portes ou de 4 portes, au choix. Et pas de break, afin de ne pas concurrencer le break (variant) Passat. Et pas encore de direction assistée (c’est trop tôt ?), seule la Citroën DS en a une (et ce, depuis 1955). Pas le même prix de vente, non plus.

Dès 1977, le premier grand chantier pour Ferdinand Piëch est la direction du programme « Audi Quattro Sport » avec pour but, remporter le Championnat du monde en Rallyes. Tel programme comporte trois piliers novateurs: le moteur 5 cylindres, la suralimentation par turbo, et la transmission permanente aux quatre roues.

Dès 1977, le deuxième grand chantier pour Ferdinand Piëch est l’évolution de l’Audi 100, dont Ferdinand Piëch veut qu’elle innove en battant tous les records en aérodynamique et en poids, en s’inspirant de l’allure de la NSU Ro-80 plutôt que de la Citroën GS et CX. La nouvelle Audi 100 devra être une grande berline 4 portes lisse et habitable, à coffre haut perché. Ferdinand Piëch veut que cette Audi 100 établisse un nouveau standard d’efficacité, s’agissant qu’une grande berline.

En octobre 1982, Audi présente la nouvelle Audi 100 (également appelée C3 ou Typ-44) au Salon de l’automobile de Francfort où elle rencontrera un succès médiatique.

En 1983, telle « nouvelle » Audi 100 fut commercialisée. Les versions d’accès sont démunies de direction assistée (malgré qu’il y en ait déjà dans les Fiat 132), sont démunies de boites 5 rapports (malgré qu’il y en ait déjà dans la Fiat 132), et sont équipées d’un moteur 4 cylindres à essence de 1,8 litres de cylindrée, à carburateur, délivrant seulement 75 CV DIN (118 CV DIN dans la Fiat 132). Ces versions d’accès de l’Audi 100 sont certes capables de signer des basses consommations à 120 km/h stabilisés, mais manquent de punch et affichent des chiffres de consommation quelconques dès qu’on sollicite la pompe de reprise du carburateur. En l’absence de direction assistée, et compte tenu du poids du moteur qui repose en porte à faux avant, les manœuvres de parking s’avèrent pénibles. Des soucis de fiabilité électrique affublent les premières Audi 100 vendues (défaut de jeunesse, rapidement corrigé). Une partie du public n’apprécie pas l’esthétique de cette carrosserie aérodynamique. Les journalistes automobiles français, chauvins, ne se privent pas d’écrire que l’Audi 100 apparue en 1983 est invivable dès qu’il pleut, des gouttes tombant sur les coudes si les fenêtres restent entre-ouvertes, du fait de l’inclinaison des fenêtres. Mais en 1983, qui donc roule encore fenêtres ouvertes en temps de pluie, s’agissant d’une voiture moderne parfaitement étanche, dont l’habitacle est bien ventilé. Entre 1983 et 1986, c’est essentiellement l’Audi 80 qui tient Audi debout. Il y a aussi l’Audi 90, équipée du moteur 5 cylindres dérivé du moteur 4 cylindres de la VW Golf GTi. Entre 1983 et 1986, la grande Audi 100 présentée en 1983 fait figure de semi-échec.

Dès 1980, le troisième grand chantier pour Ferdinand Piëch est l’évolution de l’Audi 80, programmée pour 1986, dont Ferdinand Piëch veut qu’elle reprenne les idées directrices de l’Audi 100 programmée pour 1983. C’est dans tel contexte qu’intervient la commercialisation des « nouvelles » Audi 80 (et 90), dont la carrosserie aérodynamique procède des mêmes techniques constructives que celles de l’Audi 100 datant de 1983. Cette année là, en septembre 1986, la maison Audi se trouve sur le fil du rasoir. Si les « nouvelles » Audi 80 (et 90) sont aussi peu appréciées que l’Audi 100 de 1983, c’est la fin de la maison Audi, la faute incombant à Ferdinand Piëch, notamment son obsession en ce qui concerne le poids et l’aérodynamisme.

En France, l’Audi 80 est livrée à partir de 1986 (génération B3) en 2 versions essence, le 1.8S de 90 ch et le 1.8E de 112 ch et un turbo diesel 1.6 de 75 ch. Une version 90, équipée exclusivement de moteurs 5 cylindres (115 et 136 ch, 160ch puis 170 ch avec la 90 20V), est disponible également pour cette génération mais disparaît en 1992 (au passage à la dernière génération B4).

Et là, en 1986, c’est le plébiscite. Les « nouvelles » Audi 80 et 90 présentées en septembre 1986 sont radicalement différentes de celles qu’elles remplacent et qui se vendent encore bien. Et ces « nouvelles » Audi 80 et 90 se vendent comme des petits pains, malgré un prix de vente pas spécialement bas. Tel succès est attribué à la qualité perçue qui fait un bon en avant : acier galvanisé sur les deux faces (aucun risque de corrosion), rigidité structurelle qui élimine tout risque de couinement en provenance du mobilier intérieur, et qui par la même occasion garantit un ajustage durable des panneaux de carrosserie, au dixième de millimètre. En s’installant au volant d’une de ces Audi 80 ou 90, il y a comme une ambiance Porsche qui se dégage du fait de la qualité du siège conducteur (soutien lombaire, soutien latéral), du fait de la position de conduite (volant, pédales, levier de vitesses), et du fait de la disposition des cadrans et des commandes (ergonomie, sobriété, lisibilité). Ces Audi 80/90 qui semblent construites à partir d’un lingot d’acier (comme les Mercedes 190 apparues en 1982), coûtent moins cher que les Mercedes 190, sont aussi habitables que les Mercedes 190, et adoptent une esthétique plus moderne que les Mercedes 190. Les seules critiques qui émergent, utilisent le qualificatif de « monacal » pour décrire l’ambiance à bord, ambiance sérieuse et dépouillée qui a probablement été voulue par Ferdinand Piëch, lui qui a gardé Porsche dans son cœur, lui qui poursuit éventuellement comme but à moyen terme, d’apporter Audi à Porsche, en tant que trophée soustrait au Groupe VW, pour succéder à son oncle Ferry Porsche.

Mais quid en 1986, en ce qui concerne l’Audi 100 de 1983, mal aimée?
Eh bien, tout change brutalement deux années plus tard.

En 1988, la grande Audi 100 mal-aimée bénéficie d’une importante mise à jour, qui a pour but de les aligner sur l’esthétique des Audi 80/90, sans changer un seul panneau de carrosserie. Un changement pourtant, et pas des moindres : depuis 1988, toutes les Audi 100 sont construites en acier galvanisé sur les deux faces, comme le sont aussi les Audi 80/90. Les poignées de portes, la planche de bord, les contre-portes et les sièges sont complètement revus. La planche de bord, sensiblement plus large que celle de l’Audi 80/90, se rapproche du design Porsche lorsqu’équipée des 3 petits cadrans optionnels (température huile, pression huile, tension batterie). Les versions d’accès sont mieux équipées. Le moteur 4 cylindres délivre une puissance de 90 CV DIN. Pour un supplément de prix non négligeable, mais nettement dérisoire par rapport à la concurrence BMW série 5 et Mercedes Classe E, Audi propose des Audi 100 « business » suréquipées, dotées du moteur 5 cylindres (2,0 litres à injection délivrant 115 CV DIN ou 2,2 litres à injection délivrant 138 CV DIN), de la direction assistée, du volant en cuir, du verrouillage central, des 4 sièges en velours tous équipés d’appuie-têtes, des vitres électriques, du toit ouvrant mécanique et de la peinture métallisée. L’idée évidente est que culturellement, celui qui possède une Porsche pour s’amuser, n’a désormais pour seule et unique possibilité, que de conduire une Audi au quotidien. Question de standing. Question de classe. L’idée est là. Elle est géniale. Et elle fonctionne à rebours, car celui qui ambitionne de conduire une Porsche dans le futur, peut s’acclimater en prenant ses marques chez Audi, bien moins cher que chez BMW ou Mercedes, à niveau d’équipement équivalent. De 1988 à 1990, en même pas trois ans, ces Audi 100 « business », en réalité badgées 2.0E ou 2.2E, devinrent quasiment aussi nombreuses dans les rues que les Audi 80/90 présentées en 1986.

En janvier 1988, l’Audi 100 subit une importante cure de rajeunissement : extérieurement, elle adopte les poignées de porte intégrées inaugurées par l’Audi 80 type 89. L’intérieur est revu, le tableau de bord est arrondi, les compteurs sont inspirés des gammes Porsche, la malle est modifiée sur les berlines, ainsi que d’autres améliorations mineures. Les niveaux de finition CC, CS et CD disparaissent pour ne laisser que le sigle de la motorisation sur la malle arrière (en essence, 2.0E et 2.2E, la version de base en 4 cylindres 1l8 étant simplement nommée « Audi 100 »).

Et donc, à partir de l’année 1988, la culture Audi se retrouve chamboulée, instantanément propulsée sur des rails en or massif qui semblent assurer un succès durable à la maison Audi, en quelque sorte liée à la marque Porsche. Le problème, là, est qu’en réalité, il n’existe aucun accord portant sur cela, entre la maison Audi et la maison Porsche. Tout le problème identitaire de Audi est là, à cette époque. Objectivement parlant, c’est intenable. Telle stratégie ne peut être validée par VW, à moins que VW ne s’approprie Porsche, ou à moins que Porsche ne s’approprie Audi. Dès lors, à partir de 1988, pour assurer le long terme de la maison Audi, il faut implémenter un plan stratégique qui prend une autre direction que ce que le surmoi de Ferdinand Piëch a brillamment tricoté.

Revenons un instant sur le moteur 5 cylindres (en ligne) Audi. Ferdinand Piëch n’a pas perdu son temps. Dès 1975, dès sa nomination en tant que directeur technique chez Audi, se basant sur le moteur 1,8 litres 4 cylindres de la VW Golf GTI, y ajoutant un cylindre (cf. Mercedes OM617), Ferdinand Piëch a mis en chantier le moteur 2,2 litres et 5 cylindres, particulièrement fignolé au niveau de l’accord de l’admission et de l’échappement. Il en a résulté un moteur d’une puissance de 138 CV DIN, à aspiration naturelle, « plein » à tous les régimes, qui à partir de 1988, équipe les Audi 90 et les Audi 100, qui émet une jolie note musicale qu’on se plait à écouter sur les petites routes départementales, fenêtre entre-ouverte. Un pur bonheur. Et la version Turbo (165 CV) est encore mieux, dit-on, malgré quelques soucis de démarrage à chaud.

Hélas, l’obligation intervenue en 1990, de monter un catalyseur sur tous les moteurs à essence, obligea Audi à augmenter la cylindrée pour maintenir la puissance tant que possible, qui s’agissant du moteur 5 cylindres de 2,2 litres homologué sur banc statique à 138 CV DIN en 1988-1989 (probablement 145 CV par temps frais, qui explique le zéro à 100 km/h en 9,8 secondes réelles), passa en 1990 à 2,3 litres et tomba à 133 CV (et 133 CV DIN aussi par temps frais), sans pour autant retrouver une courbe de couple aussi « pleine » et un chrono zéro à 100 km/h aussi bon.

L’adoption du catalyseur en 1990, associé à une sonde à oxygène, sans sacrifier le coût, la puissance, la courbe de couple, ou la consommation, constitue une impossibilité technique. Le premier à déplorer telle réalité fut Jürgen Stockmar, en charge du développement technique chez Audi. Fin 1990, constatant le recul des performances du moteur 5 cylindres de la nouvelle Audi 100 (qui sera renommée A6 en 1994), et constatant l’apathie (et l’appétit en essence) du tout nouveau moteur V6 monté dans la nouvelle Audi 100 (qui sera renommée A6 en 1994), Ferdinand Piëch crut utile de démettre de ses fonctions Jürgen Stockmar, en lui proposant une soi-disant promotion en Autriche, chez Magna-Steyr. Telle éviction surprend, car selon toute logique, les concurrents d’Audi devaient éprouver les mêmes difficultés. Ainsi, tel recul des performances n’avait pas pour effet d’handicaper Audi par rapport à la concurrence. Avec le temps, on se dit qu’une possibilité est que certains concurrents d’Audi tels BMW trafiquaient les mesures de CO2 lors de l’homologation, et ce, déjà en 1990, chose que Jürgen Stockmar se refusait à pratiquer.

Quelques années plus tard, disons vers 1992, la solution consista à recourir à une injection séquentielle électronique plutôt que mécanique, et à recourir à des culasses élaborées dotées de 4 soupapes par cylindres, permettant de maintenir la puissance des moteurs sans devoir en augmenter la cylindrée ou le régime. Telle approche causa une explosion du coût de fabrication des moteurs à essence, en partie absorbé par l’économie permise par le passage à l’injection électronique Bosch Motronic, en lieu et place du système Bosch K-Jetronic qui contrairement à ce que son nom indiquait n’avait rien d’électronique, dont le doseur-distributeur coûtait cher en fabrication. Malheureusement, pour bénéficier d’un bon couple à bas régime avec deux soupapes d’admission par cylindre (et deux soupapes d’échappement), il faut adopter une admission à géométrie variable (résonateurs configurables) et un diagramme variable de levée des soupapes. Et donc, de ce fait là, on peut dire que des moteurs aussi réussis, aussi « pleins » que le moteur 5 cylindres 2,2 litres de 138 CV DIN qui fut produit par Audi en 1988-1989, devenaient hors de prix lorsque produits à partir de 1990. De là, on peut imaginer que ce que Ferdinand Piëch reprocha à Jürgen Stockmar, était que Jürgen Stockmar n’avait pas réussi à intégrer à prix constant dès l’année 1990 : 1) le catalyseur, 2) la sonde à oxygène, 3) le système électronique d’allumage et d’injection Bosch Motronic, 4) la culasse à 4 soupapes par cylindres, 5) l’admission à géométrie variable (résonateurs configurables), et 5) le diagramme variable de levée des soupapes. Ou une variante innovante, telle la généralisation du Turbo avec Intercooler, qui permettait de se passer des accessoires suivants 1) la culasse à 4 soupapes par cylindres, 2) l’admission à géométrie variable (résonateurs configurables), et 3) le diagramme variable de levée des soupapes. Peut-être le fin du fin, est-il que Ferdinand Piëch reprocha à Jürgen Stockmar de ne pas avoir sacrifié le moteur 5 cylindres sur l’autel de l’écologie, dès 1990, en produisant un moteur 1,8 litres turbo 4 cylindres à 8 soupapes délivrant 138 CV DIN, doté d’un catalyseur et d’une sonde à oxygène, qui passe les tests d’émission de 1990, et qui ne refuse pas de démarrer à chaud, en réalité un moteur dérivé du moteur 2,2 litres turbo 5 cylindres délivrant 165 CV DIN qui équipait l’Audi 100 2.2 turbo dès 1990, connu pour refuser de démarrer à chaud malgré son étrange buse d’air chargée de refroidir les injecteurs. Ceci, avec en plus comme objectif, que tel moteur turbo réduit à 4 cylindres, ne coûte pas plus à la fabrication que le moteur atmosphérique 2,2 litres 5 cylindres à 10 soupapes, non catalysé qui délivrait 138 CV DIN en 1988-1989.

Une autre question qu’il faut se poser est de savoir quelle était la santé financière de VW, la maison-mère d’Audi, dans les années 1993-1994, précisément à l’époque où Audi se défit d’un certain passé (la voiture discrète, pas excessivement chère, dotée d’un rapport prix / qualité imbattable), pour endosser un certain futur (la voiture maniérée, légèrement ostentatoire, excessivement chère).

La situation d’Audi ne devient stable qu’à partir de 1994, lors de l’apparition des nouvelles Audi A4 et A8, tous les modèles Audi étant alors nommés A4, A6 et A8, vendus sensiblement plus cher que les modèles précédents. Dès 1994, en partie à cause de l’obligation de dépolluer les moteurs à essence, Audi cessa d’être cette marque surprenante pour l’acheteur, une marque qui proposait des voitures de qualité dotées d’un rapport qualité / prix inespéré. Dès 1994, les Audi A4, A6 et A8 matérialisent le plan stratégique voulu par Ferdinand Piëch, consistant à positionner Audi en tant que concurrence pour les BMW série 3, 5 et 7, et pour les Mercedes classe C, E et S. D’où sort le moteur V8 de 3,6 litres de cylindrée ? D’où sort le moteur V6 de 2,7 litres de cylindrée ?

Lors de la conception du moteur 5 cylindres, une sorte de deuxième bureau a été constitué, en charge de dériver du moteur de la Golf GTi, un moteur V8 (marier deux blocs à 90 degrés), de même le moteur V6 (raccourcir le moteur V8 de deux cylindres). Telle fut la cuisine de sorcières de Ferdinand Piëch, qui visa à uniformiser l’outillage et la production de tous les moteurs non seulement pour Audi, mais aussi pour l’ensemble du groupe VW. Et cela ne s’arrête pas là. Au début des années 1990, à grands frais, Ferdinand Piëch remit à l’ordre du jour les moteurs en V « réduit », dont l’angle entre les deux rangées de cylindres n’excède pas 20 degrés, dotés dès lors d’une seule culasse, moins coûteux, moins lourds et moins encombrants que les moteurs V6 ouverts à 90 degrés ou à 60 degrés. Noter que ces moteurs VR5 et VR6 sont plus difficiles à dépolluer, du fait de leurs conduits de longueur inégale, tant à l’admission qu’à l’échappement. Et en mariant deux moteurs VR4, VR5, VR6 ou VR8 selon un « V » ouvert à 90 degrés, Ferdinand Piëch remit aussi à l’ordre du jour les moteurs en « W » tels le W8, W10, W12 et W16. C’est ainsi qu’on vit dans le milieu des années 1990, des VW Golf (moteur transversal) et des VW Passat (moteur longitudinal) équipées des moteurs VR5, VR6, et même le moteur W8 apparu plus tard, s’agissant de la VW Passat entre 2001 et 2003.

Revenons donc en 1993, et intéressons-vous à la maison-mère VW.
Si l’on se place en 1993, on se rend compte que commercialement parlant, la marque VW n’innove plus depuis la VW Passat (1973) et depuis la VW Golf (1974). Les bénéfices chutent de façon régulière, la VW Passat présentée en 1988 se vend mal, et ce qui n’arrange rien, est que sous l’impulsion de Ferdinand Piëch, d’énormes sommes ont été investies qui visaient à diminuer le coût de production des moteurs, mais qui en réalité ont été dépensées pour doter la maison Audi d’une armada de moteurs puissants dont la marque VW n’a pas besoin. La trésorerie de la maison-mère VW est au plus bas, épuisée une première fois par l’absorption de Seat, épuisée une deuxième fois par la prise de contrôle à 30% de Skoda. Rétrospectivement, on avance que courant 1993, le groupe VW se trouvait sans trésorerie, sans plan stratégique, à trois mois de la banqueroute. Dès lors, eu égard au succès de la marque Audi, seul vecteur d’innovation au sein du groupe VW, Ferdinand Piëch est appelé en 1993 à la fonction de Président du Directoire du groupe VW, succédant ainsi à Carl Hahn.

S’ensuit un redressement des ventes quasi miraculeux du groupe VW, grâce à des retouches cosmétiques opérées sur la VW Passat dès 1993 (sa calandre, notamment). On observe le même redressement dès la commercialisation de la VW Golf IV, en 1997. La trésorerie de VW redevient opulente. Fort de sa stratégie, Ferdinand Piëch a réussi à remettre le groupe VW dans le chemin du progrès raisonnable, profitable. Tout le monde se congratule. Sauf Ferdinand Piëch, qui escomptait peut-être qu’il allait pouvoir apporter le groupe VW à Porsche, en guise de trophée !

En 1998, Ferry Porsche décède. Son testament n’intronise pas Ferdinand Piëch chez Porsche.

En 1998, Ferdinand Piëch expose une stratégie présentée comme défensive, poussant le directoire de VW à décider d’absorber des marques de prestige telles Bentley, Lamborghini, Bugatti, au moment exact où BMW procède à l’acquisition de Rolls-Royce Motors. C’est cher, cela entame la trésorerie, mais cela empêche Mercedes ou BMW d’acquérir un monopole en ce qui concerne l’automobile de prestige. BMW se contentera de Rolls-Royce (qui vaut moins, amputé de Bentley), et Mercedes sera forcé de ressusciter la marque Maybach, à laquelle personne ne croit (sauf Mercedes).

En 2009, intervient une guerre entre VW et Porsche, initiée par Wendelin Wiedeking, le président de Porsche. Wendelin Wiedeking siège au directoire de VW du fait que Porsche détient depuis toujours une importante participation dans VW. Wendelin Wiedeking se sent fort. On lui attribue le redressement spectaculaire de Porsche opéré entre 1993 et 1995. Dans ces années-là, c’est Wendelin Wiedeking qui prit la décision d’arrêter la Porsche 928 et 968, de continuer la Porsche 911 en la modernisant, et en parallèle, de lancer l’étude de la Porsche Boxster apparue en 1996, qui prouva la capacité d’innover de Porsche. C’est lui aussi qui eut l’idée de partager avec VW une plate-forme commune, celle qui donna naissance en 2002 à la VW Touareg et à la Porsche Cayenne, qui permit à Porsche de profiter du marché des SUV, et qui par cela, donna une impulsion positive au marché des SUV, qui rejaillit positivement sur le groupe VW. Grâce à cela, et à quelques manipulations du cours du titre Porsche, Wendelin Wiedeking parvint à décupler la capitalisation boursière de Porsche, qui atteignit 25 milliards d’euros en 2007, ce qui rendit à peu près plausible son OPA hostile en 2009 sur le groupe VW, qui consista à offrir 10 milliards d’euros pour rassembler 51% des parts du groupe VW, de façon à y obtenir une majorité de contrôle. Le groupe VW profita de l’état de faiblesse de Porsche causé par cette promesse de paiement à hauteur de 10 milliards d’euros, pour à son tour déclencher une contre-OPA sur Porsche. Telle contre-OPA sur Porsche eut pour résultat qu’au bout de quelques heures, le groupe VW se trouva propriétaire à hauteur de 49,9% de Porsche, disposant ainsi d’une minorité de blocage au sein de Porsche. Cela força Porsche de cesser de se comporter en prédateur à l’égard du groupe VW. La guerre cessa définitivement le 1er août 2012, date à laquelle le groupe VW parvient à détenir 100% de Porsche, qui devint alors une filiale du groupe VW. Au terme de cet épisode, Ferdinand Piëch demeura président du directoire du groupe VW, et via tel poste, il contrôle la destinée de Porsche. La contre-OPA sur Porsche réussit si vite et si bien, qu’on a du mal à croire qu’elle n’ait pas été préparée de longue date par Ferdinand Piëch, épaulé par quelques personnes ou sociétés ayant encouragé Wendelin Wiedeking, puis qui ont trahi Wendelin Wiedeking au dernier moment en vendant au groupe VW, leur participation dans Porsche.

En avril 2015, Ferdinand Piëch en tant que Président de Volkswagen AG, société familiale qui contrôle le Groupe Volkswagen, nia toute implication en ce qui concerne les moteurs VW diesel truqués aux USA, prétendant que telle question était du ressort de Martin Winterkorn, en charge de la marque VW, qui soit n’était pas au courant de la tricherie, ce qui signifie un grave déficit en matière de contrôle interne, ou qui soit était au courant de la tricherie, ce qui signifie une complicité de sa part. La réaction de l’assemblée ne se fit pas attendre. L’assemblée prit parti en faveur de Martin Winterkorn. Ferdinand Piëch posa alors ses conditions : « un de nous deux doit partir, c’est lui ou moi ». L’assemblée vota en faveur du départ de Ferdinand Piëch, qui s’exécuta, dépité.

En septembre 2015, Martin Winterkorn, très exposé, démissionna à son tour, de façon à s’occuper à plein temps de l’équipe de football du Bayern de Munich.

En mars 2017, Ferdinand Piëch vendit les 15% de droits de vote qu’il détenait dans Volkswagen AG, la société familiale qui contrôle le Groupe Volkswagen.

Un résumé de la carrière de Ferdinand, par ses voitures !

On attend avec impatience, la parution de l’un ou l’autre livre qui décrit mieux que moi et avec plus de détails, la carrière extraordinaire de Ferdinand Piëch, et l’émulation positive qu’il arriva à insuffler à l’industrie automobile allemande, toutes ces années durant. Hâtez-vous, car les protagonistes encore en vie, atteignent des âges canoniques.

La saison de MotoGP repart… Un pronostic ?

C’est cool de pouvoir regarder de nouveau des images du MotoGP qui ne soient pas des essais hivernaux. La saison repart et les pronostiques battent leur plein !

Et moi, vais-je jouer le jeu et me prononcer sur qui va jouer le titre ?
Certainement pas car le plateau n’a jamais été aussi serré !

Par exemple, lors de la FP2 disputée aujourd’hui, les dix premiers se tiennent en une demi-seconde !

Il est facile de dire que Marquez semble encore très fort et que Dovi semble très serein, que Rossi a toujours sa chance et ainsi de suite… Mais ça ne veut rien dire !
L’année dernière à pareille époque, tout le monde pariait sur Vinales et Dovi n’était même pas évoqué… ça situe ce que valent ce genre de pronostics !

Je préfère laisser parler ces images magnifiques :

Encore une mise à jour d’un de mes livres : « Un auteur à succès » avec un récit de plus !

Comme d’habitude, je continue à mettre à jour mes livres car je peux compter sur les corrections d’Isabelle Fornier qui fait un travail remarquable. Cette fois, c’est « un auteur à succès » qui est passé par une bonne révision.

J’en ai profité pour ajouter un 9ème récit : Parmi eux, que je reproduis ici :

Parmi eux

Je suis humain, en apparence du moins et, pour tous, ça suffit largement. En vérité, je suis un métamorphe même si ça fait bien longtemps que je n’ai pas repris ma forme originelle. Vous devez vous dire “Mais pourquoi me raconte-t-il cela ?”. Vous allez bientôt comprendre…

Car je joue un jeu serré : si je veux rester discret, fondu dans la masse humaine, je dois faire le moins d’erreurs possible.

Sinon, je suis sûr que les tueurs à la solde du commodore me remarqueraient et m’élimineraient. Ah ça, pas de doute que le commodore m’en veuille toujours : pour lui, j’étais, je suis et je resterai toujours un témoin gênant, à éliminer donc. Bon, pour que vous me compreniez, je réalise qu’il faut que je vous raconte tout depuis le début. Je me lance dans mon récit sans en avoir posé les bases… c’est idiot, je fais cela à chaque fois en plus !

Bref, j’étais à la solde du commodore, comme d’autres métamorphes et, un jour, j’ai échoué dans la mission qui m’était assignée : la victime désignée s’en est tirée et, pour ne pas être démasqué, le commodore s’est résolu à me supprimer. En m’éliminant, il pensait s’assurer que je ne pourrais témoigner et l’exposer…

J’ai pu m’enfuir in extremis et c’est depuis ce jour que je me cache sur cette planète en tâchant de ne plus faire d’erreur. En arrivant dans ce monde, j’ai vite compris la mentalité et les faiblesses des humains et depuis, j’en profite pour rester invisible. Périodiquement, je prends la place d’un riche notable que j’ai assassiné. Pour moi, éliminer un humain est facile : ils sont tellement lents !

C’est sans doute à cause de leur atmosphère si épaisse. Donc, tuer ma cible m’est facile : il me suffit d’être seul avec elle l’espace d’un instant. Ensuite, je prends son apparence et voilà. Me débarrasser du corps est plus difficile, mais depuis le temps, je sais comment procéder désormais. Mon choix de cible est toujours le même : je privilégie les riches, oisifs et pas trop âgés. Je les préfère oisifs, car si je devais exercer un métier précis, je risquerais de ne pas savoir me débrouiller et ainsi de me démasquer !

Leurs femmes et leurs enfants remarquent souvent que mon comportement a changé, mais de là à comprendre qu’un métamorphe s’est introduit dans leurs foyers il y a de la marge. Et quand les soupçons sont trop forts, je passe à l’action et hop, plus de femme, plus de soucis.

Mon seul vrai problème, c’est que lorsque j’ai besoin d’une période de “repos” pour régénérer mon corps, il faut que je puisse rester quelques-unes de leurs années sans être dérangé. Heureusement, les fortunes que je détourne me permettent de m’offrir un mausolée, un refuge isolé où je peux passer ces années délicates bien à l’abri. Mais, il m’est arrivé de faire des rencontres en sortant de ces “sanctuaires” au bout de quelques années. Sûrement, mon aspect devait faire peur, car les humains que j’ai croisés s’enfuyaient effrayés. Ce n’est pas surprenant, car lors du processus de régénération, nous autres métamorphes nous perdons le contrôle de notre apparence… Je ne sais même pas à quoi je ressemblais alors !

Du coup, pour ne pas me faire repérer, j’ai laissé courir des rumeurs à propos de créatures de cauchemars… Les vampires et les morts-vivants, c’est moi qui en suis l’inventeur !

Pour être tout à fait tranquille et pour expliquer mon incroyable longévité, j’ai aussi inventé des personnages fabuleux : Cagliostro et le conte de St-Germain, c’est encore moi !

Les humains sont crédules et friands de sensationnel… je n’ai donc pas eu besoin de beaucoup insister pour que ces rumeurs se développent et prennent corps. Je suis même surpris de voir ce qu’elles sont devenues finalement !

J’ai commencé à m’habituer à cette vie sur cette planète. Vivant discrètement au beau milieu de ces humains faciles à berner. Mais je restais tout de même toujours vigilant. Je savais bien que le commodore ne lâcherait pas l’affaire me concernant. Je surveillais tout ce qui sortait de l’ordinaire et je n’ai pas tardé à repérer les télépathes lancés à ma recherche.

Heureusement, ces derniers sont relativement faciles à égarer : leur extrême sensibilité est également leur plus grande faiblesse… j’en profitais pour les aiguiller sur d’innocentes victimes. Je savais bien qu’ils allaient revenir triomphants vers le commodore qui, lui, ne se laisserait pas tromper aussi facilement. Ce qui arrivait ensuite à ces télépathes maladroits n’est pas difficile à deviner quand on connaît le commodore…

Et maintenant, avez-vous compris pourquoi je vous ai raconté tout cela ?

Vous pouvez tenter de me tuer, encore que l’issue d’un affrontement entre métamorphes est difficile à prévoir. Mais, même si vous arrivez à m’abattre, aller chercher votre prime auprès du commodore serait bien imprudent : même en ayant la preuve de mon identité, vous risquez de ne pas pouvoir profiter de votre récompense…

En effet, le commodore va vous faire sonder par son télépathe personnel et lui va s’apercevoir que vous en savez désormais beaucoup trop pour rester vivant. Eh oui, mon histoire personnelle est devenue ma meilleure assurance-vie !

Maintenant, il vous reste à vous faire une place sur cette planète, tout comme moi, mais pas trop proche s’il vous plait… Vous verrez, on s’y habitue vite : dans quelques-uns de leurs siècles, vous aurez presque l’impression d’y avoir vos racines.

Après les tartuffes, voilà les « jamais-contents » !

J’ai souvent pointé du doigt la nocivité des tartuffes, ces hypocrites qui occupent la scène médiatique avec leur politiquement-correct de façade.

Mais voilà que je dois ajouter une nouvelle catégorie sociétale dans les nocifs qui nous pourrissent la vie : les jamais-contents !

Pour définir les jamais-contents, il suffit de se pencher sur les débats stériles qui agitent nos sociétés développées comme celui sur la cigarette électronique. Je fais partie de ceux qui ont toujours combattu l’usage du tabac et je dois donc saluer le progrès notable que représente la cigarette électronique. Mais, pour certains, ça ne sera jamais suffisant. Au lieu de se réjouir du progrès réel qu’apporte le vapotage, les tristes jamais-contents vont poser la question le plus sérieusement du monde : et si cette nouvelle cigarette (qui n’a rien en commun avec l’ancienne, faut quand même le reconnaitre à un moment !) était aussi nocive (voir plus pendant qu’on y est, hein !) que l’ancienne ?

C’est débile, mais les médias ne résistent pas à ce genre de questionnements et ils les relaient avec gourmandise… Je vais vous dire pourquoi ce type de débat qui, si on était entre gens sérieux, ne devrait pas passer le stade de bavardages stériles entre mou du bulbe. C’est parce que le sevrage du tabac perturbe tellement de monde qu’on trouve toujours des tartuffes et des jamais-contents pour remettre en cause, à coup d’arguments de sophistes, cette évolution positive.

Même chose pour le débat épique concernant la voiture électrique. Certains n’hésitent pas à prétendre qu’elle est, finalement, aussi polluante que celle à moteur thermique… ben voyons !

Alors, c’est sûr, pour les voitures électriques, il faudra produire de l’électricité. Et si cette production est polluante, on peut penser qu’on a pas beaucoup avancé… Et les batteries, tu as pensé aux batteries ?

Elles aussi sont source de pollution, d’utilisation dantesque de ressources rares et ainsi de suite… ça y est, c’est tout ?

Tout cela est vrai, mais je ne peux m’empêcher d’avoir un gros doute sur la sincérité de ces critiques quand j’en vois l’origine… Si c’est PSA qui mène la charge contre la voiture électrique, je comprends mieux : les tartuffes donnent des armes aux jamais-contents, voilà, tout s’explique.

Rappelons-nous que ce sont les gens de PSA (et en particulier Jacques Calvet de sinistre mémoire) qui ont fait le lobbying nécessaire pour nous imposer la mode du diesel dont a désormais un mal fou à se débarrasser (et pour toux ceux qui ont du mal à revendre leurs voitures diesel pourries, je dis : bien fait !).

Car, à un moment, faut quand même comparer ce qui est comparable : la voiture thermique émet des polluants en fonctionnant, la voiture électrique n’en émet pas, point.

Ceci dit, si ça amuse les jamais-contents de couper les cheveux en quatre dans des débats stériles avec des arguments de sophistes, grand bien leur fasse !
Mais en silence, svp…

Un choix actuel possible : la VR (virtual reality) pour vos jeux-vidéo.

Quand on regarde l’actualité des jeux-vidéo, la VR est partout !

Du coup, j’ai voulu savoir ce qu’il en était dans mon domaine préféré : le SimRacing.

J’ai donc fait le grand saut (tardivement) et je me suis acheté un masque Oculus Rift CV1. Pour le faire fonctionner, il faut un PC puissant… J’ai donc renouvelé le mien, profitant de cette exigence pour vivre une expérience intéressante : assembler moi-même mon PC de « gamer » (si ça vous intéresse, c’est à lire ici => http://www.histoireinformatique.com/assembler-son-propre-pc-cest-desormais-assez-facile/).

Bref, qu’est-ce que ça vaut, alors ?

Eh bien, la réponse est très variable… Tout d’abord, toutes nos simulations ne traitent pas ce mode de visualisation de la même façon : certaines le font très bien (je pense en particulier à PCARS2 et à Raceroom), d’autres le font moins bien (et là, je pense à Assetto Corsa et à rFactor2). C’est particulièrement vrai en ce qui concerne les menus : seul PCARS2 ne vous impose pas d’être en VR (pour naviguer dans les options, les choix, les menus) tout le temps et, croyez-moi, c’est bien plus confortable ainsi. Pareil sur le plan du rendu graphique : certains donnent facilement une bonne image (nette et fluide) alors que d’autres demandent à beaucoup travailler avant d’obtenir un résultat plus ou moins satisfaisant. Là encore, on retrouve à peu près le même classement : PCARS2 et Raceroom (ainsi que iRacing) dans les bons élèves et AC plus rFactor2 dans les moins bons.

Les réglages spécifiques « VR » dans PCARS2

Bien entendu, ces opinions sont hautement discutables et je suis certains que les fans de telle ou telle simulation vont dire « n’importe quoi ! Xxx est vraiment au top en VR ! » et il ne tient qu’à vous de choisir qui croire.

Mais, en matière de VR, la vraie question n’est pas qui est meilleure que l’autre, car toutes les simulations se valent plus ou moins quand il s’agit de juger du résultat. La vraie question est plutôt « est-ce que ça vaut le coup ? » et « qu’est-ce que ça apporte ? ». Essayons d’y répondre sans mettre trop d’émotion dans ces sujets…

Est-ce que ça vaut le coup ?

Eh bien, pour vraiment répondre à cette question, il faut considérer tous les paramètres : coûts supplémentaires (incontestables même si le matériel tend à baisser de prix, comme toujours en ce qui concerne l’électronique grand-public), complexité du paramétrage (au rdv, vous pouvez me croire : quelle que soit la simulation considérée, vous allez passer du temps dans les réglages et ça à tous les étages !) et apport final au niveau de l’immersion, mais aussi de la performance. Et, disons-le tout de suite, si vous espérez aller plus vite grâce à la VR, vous pouvez repasser !

Dirt Racing en VR avec iRacing… Grandiose !

Au contraire, j’ai plutôt constaté que j’étais plus lent, bien plus lent, surtout au début. Je pense qu’avec le temps et l’habitude, on peut rattraper cela, mais il est vain d’espérer un gain de performances avec cet équipement… Mais, peut-être suis-je une (triste) exception et que vous trouverez de nombreux pilotes pour vous affirmer que la VR leur a permis de gagner plus d’une seconde au tour !

Mais, franchement, j’en doute…

En revanche, du côté de l’immersion et des sensations, la promesse est effectivement au rendez-vous !

Parfois trop d’ailleurs… En effet, si vous n’avez pas les bons réglages (mettez tous les effets de caméra à zéro !), vous allez rapidement éprouver une sensation de malaise bien connue : c’est le trop fameux « motion sickness » (mal de mer) qui vient de frapper !

Il est donc important de passer du temps sur ce point afin de ne pas gâcher l’expérience (ceci dit, j’ai tout de même l’impression que la sensation d’inconfort reste toujours un peu… il faut le savoir !). Il y a quand même un inconvénient majeur de la VR et qui est spécifique au SimRacing… La profondeur de champ. Je m’explique : en VR, la définition n’est pas aussi bonne que sur nos écrans traditionnels (ça va s’améliorer à l’avenir, mais, aujourd’hui, même avec le supersampling et toutes les bidouilles mises en avant ça et là, ça reste médiocre, il faut le savoir). Du coup, on a du mal à voir loin… Et c’est un vrai problème quand on cherche son repère de freinage !

Les panneaux restent flous longtemps alors qu’on arrive vite dessus… Vous voyez (façon de parler) le problème !

Le seul cas où ce défaut n’est pas trop gênant c’est sur les ovals. J’ai essayé les ovals de terre battue sur iRacing et je dois avouer que j’ai adoré l’expérience : VR ou pas VR dans ce cas, la glisse en travers est tout à fait grisante (ça m’évoque le jeu « World of outlaws » d’il y a quelques années… quoi, 2002, déjà ?). Mais, dans ce contexte, la VR et son défaut ne sont pas du tout gênants et je dirais même que c’est mieux en VR (plus facile de voir le bord intérieur).

Mais ce contexte « oval sur terre » reste tout de même une exception et pour la piste, la VR va représenter plutôt un handicap qu’un avantage.

Une immersion totale !

En revanche, sur le plan de l’immersion, disons-le, y a pas mieux !

C’est même assez surprenant de réalisme et, pour une fois, j’en ai la preuve… Laissez-moi vous raconter cela : en 2001, je faisais le championnat Arcobaleno en monoplace (où j’ai finalement terminé second) et la dernière manche se déroulait à Magny-cours, une piste sur laquelle je n’avais jamais roulé en vrai. Je me suis donc longuement entrainé sur ce tracé avec F1 2000 (de EA Sports). J’ai vraiment accumulé les tours dans toutes les conditions pour apprendre Magny-cours dans ces moindres détails grâce à cette simulation.

Mais, une fois sur le vrai circuit avec ma monoplace, j’ai été plutôt surpris : la piste était bien plus large que dans ma perception avec la simulation !

F1 2000 était pourtant assez fidèle, mais ma perception n’était pas la même… à cause du champ de vision limitée. Et c’est justement en essayant la VR pour la première fois que je me suis rendu compte de l’importance de ce critère : à Laguna Seca avec Assetto Corsa, j’ai ressenti exactement la même chose qu’à Magny-cours en 2001 !

En VR, la perception du relief est également accentuée (surtout à Laguna Seca où il a vraiment un effet « roller coaster »). Tout cela renforce l’immersion de façon intense. Du coup, on sort facilement en nage d’une session de pilotage avec le masque sur la figure… On va bientôt pouvoir parler de eSport avec raison…

Ma recommandation

Au final, est-ce que je recommande de passer à la VR ou pas ?

C’est un choix difficile, mais, dans l’état actuel de la technique et si c’est seulement pour le simracing, ce serait plutôt non. En dépit de tout le positif que je viens d’écrire sur le sujet, les défauts inhérents (définition médiocre, réglages intensifs, motion sickness) font plutôt pencher la balance sur « abstention » que sur « engagement » selon moi.

En revanche, il y a d’autres cas où la VR est simplement géniale et sans restriction !
Prenez Google Earth par exemple : la version VR est gratuite et pleine d’intérêt…

Une soirée sur Google Earth organisée pour faire découvrir la VR a mes amis américains…

Et la VR montre pleinement son intérêt quand vous utilisez des jeux qui ont été réalisés spécifiquement pour elle. Le meilleur exemple (à mon avis), c’est clairement VTOL VR. Cette simulation d’avion est une merveille qui ne peut être utilisée qu’en VR et qui tire totalement parti de tout ce que la VR peut offrir (y compris de ce passer d’accessoires spéciaux !)…

Avec VTOL VR, vous redécouvrez le plaisir de voler en simulation dans un environnement « total ». Bref, la VR, ce n’est que le début et on a pas fini d’en parler !

La bientraitance, dernier avatar du politiquement correct !

La bientraitance est une notion à la mode en ce moment… On la voit partout, on en parle beaucoup, mais la pratique-t-on vraiment ?

La réponse est dans la question et c’est non bien sûr !

C’est devenu une caractéristique de nos sociétés, plus on parle d’un truc et moins on l’applique !

Il en est ainsi de la protection de l’environnement : tous les plus gros pollueurs ont mis le « greenwashing » en priorité de leur communication. Car ils ont bien compris qu’en parler (de la protection de l’environnement) évitait de devoir agir : c’est plus efficace (un peu de propagande en direction des zombies) et bien moins cher. Et c’est ainsi dans tous les compartiments de notre belle techno-structure : on a généralisé le window-dressing (arranger la vitrine, faire semblant) plutôt que l’action en profondeur. Et tout cela découle (selon moi) de cette généralisation récente du « politiquement correct » qui est vraiment le pire poison qu’on puisse imaginer pour une société moderne.

Désormais, il faut faire semblant de croire que nous vivons tous dans un monde de bisousnours !

Vous y croyez à ça ?

Même cette version là n’est pas très crédible…

Je refuse cette hypocrisie et je proclame ma liberté de toujours pouvoir traiter les cons, les beaufs et les tartuffes comme ils méritent de l’être.

Une course à Daytona : la course à l’américaine, un grand spectacle bien réglé

Hier (samedi 10 février), je suis allé à Daytona avec mon jeune fils pour voir la toute première course ARCA de la saison sur le grand tri-oval floridien. Le week-end prochain, ce sont les 500 miles de Daytona qui vont tenir la vedette : cette première manche de la série NASCAR est aussi le rendez-vous le plus convoité de la saison, la victoire la plus importante, celle que tous rêvent d’épingler à son palmarès.

Mais ces 500 miles sont tellement populaires qu’il est difficile de trouver sa place au milieu d’une foule immense… Donc, je préfère ma tactique : aller voir à quoi ressemble une course de stock-cars moderne lors d’une rencontre mineure. Ainsi, il y a peu de monde, le confort est bien meilleur pour fondamentalement le même genre de spectacle. Certes, l’ARCA n’est pas la NASCAR… c’est, en quelques sortes, la troisième division de ce genre de voitures (la NASCAR concentrant la première et la seconde, peuplé quasi-uniquement de pilotes professionnels alors que l’ARCA sert de tremplin pour des jeunes désirant aboutir dans la NASCAR). Bref, l’ARCA était le bon choix pour nous et nous avons apprécié la course pour ce qu’elle était : un spectacle à l’américaine !

Tout d’abord, les installations : énormes, gigantesques, impeccables. Il y a même des ascenseurs pour grimper tout en haut des grandes tribunes (tout en haut, c’est vraiment haut, on peut voir le circuit dans son intégralité !). Ensuite, le staff : c’est pas comme en France, y a du monde à tous les étages. Bon, on voit bien que les équipes sont en surnombre pour un événement aussi mineur mais, justement, ils sont là en répétition pour que tout se passe impeccable pour le grand rendez-vous des 500 miles !

Donc, l’organisation est impeccable. La course elle-même répond aux codes de ces épreuves sur anneau avec une prépondérance sur le drafting (l’aspiration). Tous ceux qui vous disent que « c’est nul, y a pas de pilotage », n’ont jamais essayé de gagner ce genre de courses sur iRacing… Croyez-moi, c’est vraiment pas évident 1) de survivre (faut arriver à « passer entre les gouttes » en évitant les crash, les « big ones ») et 2) de progresser dans le peloton et de garder sa place. Donc, ne croyez pas les « naysayers » et appréciez le spectacle pour ce qu’il est. Pour rompre la monotonie, il y a les ravitaillements et, surtout, les crash. Les gros crash sont vraiment très spectaculaires et ils ne manquent jamais de se produire.

Bref, une forme de sport-automobile différente de ce qu’on connait en Europe mais qu’il faut savoir décoder plutôt que de la mépriser…

Atteindre ses objectifs, même longtemps après les avoir fixés

En janvier, j’ai procédé à l’assemblage d’un nouveau PC (je raconte cette expérience cans le détail ici). Il y a longtemps que je voulais faire cela et, ces dernières années, ça m’est arrivé assez souvent d’assouvir enfin tel ou tel désir, d’accomplir telle ou telle tâche ou d’atteindre enfin tel ou tel objectif.

Ce n’est pas pour me vanter (comme dirait Philippe Meyer…) que je vous raconte cela, mais plutôt pour mettre l’accent sur la patience. Et si c’était la patience qui était la clé des accomplissements, grands et petits ?

Encore un exemple : avant de publier « Perdu dans le temps« , j’ai gardé cet ouvrage dans ma tête pendant plus de dix ans !
Je n’étais pas inquiet, je n’avais pas peur de l’oublier, car je savais que j’allais l’écrire un jour, je savais que j’allais aboutir un jour. Je fais cela tout le temps avec mes livres : chaque écriture est précédée d’une période de maturation plus ou moins longue, mais il n’est pas rare que cela prenne un an ou deux (en ce moment, je suis justement en train de « maturer » le prochain « Dr Miracle », celui de la saison 1972…).

N’oublions pas que toutes les choses sont d’abord des idées, des éléments de notre imagination, avant de prendre forme, d’être concrétisées dans la matière par notre propre industrie.

Donc, si vous voulez écrire un livre, restaurer une moto ou assembler un PC, ne vous désolez pas de ne pouvoir passer à l’action immédiatement. Patience dans l’azur, tout finit par venir à qui sait l’attendre, l’espérer, l’imaginer.

Dans la vidéo ci-dessous (que j’avais déjà partagé sur ce blog), je raconte mon aventure « paroxystique » quand j’avais 17 ans. Déjà à cette époque (1977), je savais que j’allais revenir sur ces lieux (la RN20) pour y prendre des photos. Jeune, j’imaginais même que je ferais ce pèlerinage au volant d’une Porsche 911… je ne me suis pas trompé de beaucoup, mais il m’a fallu attendre jusqu’en 2012 pour faire ce retour au volant de ma Porsche Cayman…

Bref, tout cela pour dire qu’il suffit d’y croire pour que, finalement, ça vienne. Croyez en vos rêves et ils deviendront réalité !

Se consacrer à une oeuvre, qu’est-ce que ça veut dire au fond ?

Je viens de publier une nouvelle version de mon livre « affaire classée » suite aux corrections effectuées avec Isabelle Fornier que je voudrais remercier encore une fois ici.

En corrigeant et en améliorant continuellement mes livres (grâce à vous !), je suis en conformité avec mon objectif principal vis-à-vis de ce travail d’écriture : me consacrer à une oeuvre. Oui, présenté ainsi, ça fait plutôt prétentieux. Donc, laissez-moi expliquer ce que j’entends par là…

En me « consacrant à une oeuvre » (la mienne, faut-il le préciser ?!), je décide de me concentrer sur l’écriture de mes récits au détriment de leur promotion. En clair, peu importe que mes livres soient peu diffusés, l’important, c’est de les faire exister. Je passe donc mon temps à écrire de nouveaux ouvrages et à améliorer ceux déjà publiés, car compléter mon « oeuvre » est plus important à mes yeux que de la faire connaitre. Mon ambition est de couvrir tous les domaines qui m’intéressent et seulement ceux-là. C’est pourquoi je ne crois pas que je vais écrire de la poésie ou des histoires romantiques par exemple. Mais, en dehors de ces exceptions, je ne m’interdis aucune exploration. C’est pourquoi, par exemple, Affaire classée est un roman policier : ça m’intéressait de me confronter à ce genre pour voir ce que je pouvais en faire. Je suis un écrivain « touche à tout » même si cela est mal vu en France.

Sur ce blog, j’essaye de vous faire partager les points importants de ma démarche. Je ne sais pas si je suis compris, mais, au moins, j’aurais été transparent.

Faire la liste des dix livres que vous recommandez à lire…

Première règle pour établir cette liste : je ne peux y inclure un de MES livres… La vanité ne fait pas partie du cahier des charges ici !

En revanche, on peut y inclure des BD : ce sont des livres après tout. Bref, allons-y : voici les dix que, selon moi, il faut absolument avoir lus…

Le grand jeu – le tout meilleur livre sur l’Histoire que je n’ai jamais lu : l’affrontement anglo-russe en Asie centrale pendant le XXIème siècle. Voilà un ouvrage à lire pour comprendre les grands enjeux du XXIème siècle (qui ne se résumaient pas à l’Europe !) et qui résonnent encore aujourd’hui (et c’est pour ça que s’intéresser à l’Histoire est si important et utile).

Légende des contrées oubliées – une BD sublime sur une histoire de nains (type heroic fantasy alors que je ne suis pas un fan du genre). L’histoire est fascinante et il y a une vraie « poésie graphique » dans le dessin. Bref, tout ce qui m’énerve d’habitude, ici est tellement réussi que c’est carrément sublime !

Les six voyages de Lone Sloane – encore une BD, celle de Druillet, un choc, tout simplement quand j’ai découvert cela, jeune. La fascination est restée, cet album mérite d’être là et pas seulement pour son importance « historique »…

Les quatre accords toltèques – Voilà le livre qu’on devrait conseiller à tout le monde pour aller mieux, tout simplement !
Le domaine du « développement personnel » est très encombré (et ce n’est rien de le dire !). Pourtant, si le domaine vous intéresse, commencez par ce livre, vous ne serez pas déçu, promis.

Transurfing – de Vadim Zeland : va bien plus loin qu’aucun livre sur le même thème, améliorer sa vie. Transurfing est décliné en plusieurs volumes… Commencez déjà par le tome un pour voir. Par exemple, Vadmin Zeland donne l’explication la plus crédible qui soit sur les rêves, jamais rien lu de pareil ailleurs…

Les lois fondamentales de la stupidité humaine – Un excellent traité (tout est dans le titre) sur un sujet qui mériterait plus d’attention, selon moi…

– Une journée d’Ivan Denissovitch – d’Alexandre Soljenitsyne, le livre qui introduit à l’oeuvre du maitre russe bien connu. Un livre facile à lire (ce qui n’est pas le cas de « l’archipel du goulag » du même auteur) mais qui contient toute l’horreur du goulag soviétique.

Naufragé volontaire – d’Alain Bombard, une aventure sans pareille !
Bombard était aussi un conteur formidable en plus d’être un aventurier audacieux. Pour prouver le bien fondé de ses idées, il s’est retrouvé dans une situation qui paraissait suicidaire et sans espoir… Ce qu’il en a retiré est bien plus que la preuve de la justesse de ses théories, un récit épique dont l’écho résonne encore aujourd’hui. Un des grands exploits du XXème siècle qui n’est pas assez connu… Profitez-en pour sortir des sentiers battus et vous régaler de cet exploit inédit.

Annapurna premier 8000 – de Maurice Herzog, l’histoire incroyable de cette première dans l’Himalaya, tragique et grandiose. Certes, l’auteur et son exploit ont été plus ou moins contestés par la suite (et pas pour les mêmes raisons) mais ça ne retire rien à ce récit formidable qu’il faut avoir lu au moins une fois.

Le grand cirque – de Pierre Clostermann, l’histoire de ce pilote français dans la RAF pendant la Seconde Guerre mondiale, poignant. Désormais avec le titre « Le grand cirque 2000 » (date de la dernière édition ?), ce récit incroyable vous propulse dans cette guerre aérienne cruelle. L’écriture est dense et vous laisse pantois devant les exploits de ces hommes jeunes. C’est autant un livre d’Histoire qu’un livre de guerre ou de mémoires.

Oui, il y a pas mal de livres français et sur des exploits français (y compris guerriers)… et pourquoi pas ?

Quand les Français sont nuls, je les critique sans restrictions. Mais quand ils sont à la hauteur, il faut les lire, tout simplement…

Une nouvelle version de l’empereur, revue et corrigée !

Je viens de publier une nouvelle version de mon livre « L’empereur » qui vient d’être corrigée avec soin par Isabelle Fornier que je voudrais remercier ici publiquement. Isabelle est la preuve vivante que mes lecteurs et lectrices (non, pas d’écriture inclusive sur ce blog, jamais !) peuvent faire la différence et que j’adore m’appuyer sur eux et elles afin d’améliorer la qualité de mes ouvrages.

La couverture de la version pour Kindle.

Dernièrement, je regardais Michel Onfray parler de Jean d’Ormesson et de Johnny Hallyday… Onfray mettait en avant, fort justement à mon avis, que d’Ormesson avait vendu pas mal de livres, mais il n’était pas lu pour autant (même pas traduit par exemple, c’est juste une exception française, tout comme Hallyday d’ailleurs).

Je suis dans une bien meilleure position et ça grâce à vous : je suis lu ET corrigé !
Certes, ma diffusion est restreinte (mes livres se vendent peu et c’est bien le moins qu’on puisse dire), mais elle est de qualité… Et c’est vous ma qualité.

En remerciant Isabelle, c’est vous tous que je remercie aussi par la même occasion. C’est la preuve que mon système fonctionne (demander à mes lecteurs de me corriger).

Mon bilan 2017 : plutôt satisfaisant

L’inoubliable maire de Paris, Jean Tiberi a dit une fois : mon bilan est bon, les Parisiens m’aiment !

J’aurais pu choisir une image plus flatteuse de l’ineffable couple Tiberi, mais cela aurait été moins drôle !

Je ne sais pas si les Parisiens m’aiment, mais, moi aussi, mon bilan est bon !

Je veux parler de mes livres, bien entendu. Pendant cette année 2017, ma production a été raisonnablement bonne… J’ai publié des nouveaux livres (« L’empereur », « Affaire classée » et « Dr Miracle, saison 1971 ») et j’ai continué la mise à jour minutieuse de mes « anciens » ouvrages (« Freedom Machine » et « SimRacing »). En fait, c’est un travail en continu puisque, en ce moment même, je suis en train de faire une campagne de corrections sur mes titres récents (grâce à l’aide toujours bienvenue de mes lecteurs !) et j’ai lancé le travail sur la seconde édition de l’Histoire de l’informatique (un très gros travail !).

Mes objectifs pour 2018 :

  • Publier une seconde édition de l’Histoire de l’informatique (très enrichie !)
  • Publier « Dr Miracle, saison 1972 »
  • Publier des éditions corrigées de mes titres récents
  • Continuer les mises à jour sur « SimRacing »
  • Et sans doute un ou deux nouveaux récits (j’ai toujours au moins une idée en cours)

Bon courage à tous dans vos projets et bonne nouvelle année !

Apple MacBook Pro : le meilleur et le pire (comme toujours avec Apple…)

Dans notre famille, nous sommes des utilisateurs des produits Apple (MacBook, iPhone, iPad, Airport), mais ne sommes pas « Applemaniaque » pour autant (et encore moins « fan boys ») : les produits Apple ont des bons côtés, mais aussi des mauvais… Essayons de faire le point sur cette balance avec le tout dernier MacBook Pro qu’on vient juste de recevoir.

Mon épouse avait besoin de renouveler son Mac et on lui a donc commandé le top du top : le MacBook Pro 15′ avec le max du max (mémoire, capacité disque, etc.)… Belle bête, mais un peu chère : cette config dépasse les $4000 tout de même !

Déjà, ce premier point (les produits Apple sont chers) fait que de nombreux utilisateurs qui se porteraient mieux avec un Mac qu’avec un windaube passent leur chemin… ça peut se comprendre, mais c’est dommage, car, selon moi, on en a pour son argent. Mais, encore une fois, tout n’est pas parfait dans le monde de la pomme. Continuons sur les défauts, on verra les points positifs après.

1- adieux le magsafe !

Le magsafe était vraiment une bonne idée !
Pourquoi l’avoir abandonné ?

https://www.macg.co/mac/2016/10/dix-ans-apres-apple-enterre-le-magsafe-96101

Sans doute parce que Ive (le designer) a voulu imposer l’uniformité des interfaces (au passage, adieux aussi aux ports USB traditionnels !). Une décision dogmatique (typique de Ive, je déteste ce mec !) qui est un des pires comportements d’Apple.

2- Apple impose l’USB-C

Que ça vous plaise ou non, il n’y a plus un seul port USB traditionnel sur le MacBook Pro. A la place, il y a des ports USB-C qui impose donc d’avoir un adaptateur pour brancher tout ce que vous avez encore et qui (surprise !) n’est pas compatible USB-C… Encore une manie détestable de précéder le mouvement alors qu’on a rien demandé !

3- iCloud toujours aussi lamentable

À l’heure où le cloud est partout, Apple s’accroche encore à son iCloud qui est, tout à la fois, pas pratique et cher. En bref, contrairement à ce qu’on a l’habitude de dire sur les produits Apple, iCloud, ben ça ne marche pas !

Il y a dix ans, Steve Jobs avait viré le manager de l’équipe en charge de MobileMe (déjà, à l’époque, le produit « cloud » d’Apple était un désastre… ça n’a pas changé !). Peut-être faudrait-il faire la même chose aujourd’hui ?

https://gizmodo.com/5033442/steve-jobss-entire-mobileme-is-fail-email

Bon, on vient de voir les principaux points négatifs du nouveau MacBook Pro (encore que, iCloud n’est pas propre au MacBook, mais comme Mac OS s’appuie largement dessus, pour l’utilisateur, c’est pareil…), voyons maintenant les points positifs…

1- un clavier extraordinaire !

Le clavier de l’ancien MacBook Pro était déjà bon (c’est avec lui que je rédige ce post…), mais le nouveau est carrément sensationnel : une merveille, tout simplement. Les touches sont larges, le toucher est agréable, c’est vraiment un progrès.

La fameuse « touch-bar » m’a l’air pas mal aussi, mais là, il me faudra un peu de temps pour me prononcer définitivement.

2- un trackpad vraiment large

Le Trackpad est lui aussi un point positif, ne serait-ce que par sa surface, vraiment plus grande que sur mon MacBook (et là, plus c’est mieux).

3- une finition superbe

Cette nouvelle itération du MacBook Pro est superbe : tout l’appareil dégage une impression de finition soignée (et de design achevé, même si ça m’ennuie de l’avouer, car c’est un point en faveur de Ive) et c’est bien le cas. Mais c’était déjà le cas pour les modèles précédents.

Du coup, on en arrive à lister les points positifs habituels : ça marche, c’est superbe, c’est facile à utiliser, etc. Oui, rien de nouveau sur ces points (et tant mieux), mais c’est important de les souligner encore et encore.

Au final, ça vaut le coup ou pas ?

Eh bien, comme souvent avec les produits coûteux, ça dépend… si vous avez les moyens, oui, trois fois oui. Sinon, voyez plutôt du côté d’un bon Chromebook où le rapport qualité/prix/efficacité sera sans doute (bien) plus favorable.

Il n’est jamais trop tard pour cracher sur Noël !

Jai déjà publié cette chronique il y a un an mais les bonnes choses doivent servir plusieurs fois !

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Allez, je sais bien que vous êtes nombreux à détester Noël comme moi. Si vous n’êtes encore convaincu, lisez ceci => http://www.alain-lefebvre.com/allez-avouez-vous-aussi-vous-detestez-noel/

ironie

Je vous propose encore autre chose pour bien enfoncer le clou : Santaland Diaries.

C’est un récit assez connu aux USA qui nous vient du formidable David Sedaris. Je vous invite, vraiment, à écouter son journal ci-dessous : son expérience en tant qu’Elfe à Macy. Si vous comprenez l’anglais, il FAUT écouter cette histoire… ça, vraiment ça, c’est Noël… Triste.

 

Exploration et fantasmes, jusqu’où peut-on aller avec l’écriture ?

L’écriture a un potentiel énorme et, pour moi, cela a été (et sera encore) une immense source de satisfaction. Voyons d’abord les possibilités d’exploration avant d’aborder les fantasmes…
Je me suis servi de mes récits pour explorer des situations qui me fascinaient ou même, pour certaines, qui me faisaient peur… Oui, l’écriture peut aussi servir à faire face à ses propres démons !
Par exemple, dans le tome un de PMC, j’ai confronté mes personnages à une situation de torture… Oui, c’est clair que c’est horrible, mais je voulais voir comment j’allais pouvoir me plonger dans ce contexte et en sortir le mieux possible (ça se termine bien, je vous rassure !). Je crois y être parvenu, mais, sans doute conscient de ma chance, je n’ai plus trop envie de recommencer, j’avoue !
C’est également dans le T1 de PMC que j’ai introduit une autre scène « extrême » que je voulais explorer depuis longtemps : être un passager dans un avion qui s’écrase au sol… Bon, une fois encore ça finit bien et j’étais là aussi assez content du résultat, car j’avais réussi à faire monter la tension ambiante progressivement jusqu’au moment où toutes les limites sont franchies et où tout le monde est emporté dans une grande panique générale (si je vous dis que « ça finit bien », vous allez me croire ?).
Les explorations avec l’écriture commencent toujours par une question, la même question qui revient sans cesse : que se passerait-il si… ?
Donc, on part d’une situation extrême ou improbable et on voit où ça nous emmène, comment on arrive à la transcrire, ce qui se passe au niveau émotionnel et ainsi de suite. Je peux vous dire que, dans ce contexte, l’auteur se demande réellement ce qui va en sortir. On est donc bien dans une situation d’exploration où l’aventure est au rendez-vous.
Certaines fois, grâce à la science-fiction, on peut vraiment aller à la découverte de « terres vierges et inconnues ». Dans le tome trois de PMC, j’ai carrément mis en page la scène suivante : un des héros de l’histoire remonte d’une simulation dans le corps d’un autre. Il doit ensuite évoluer dans ce « corps étranger » en donnant le change pour ne pas dévoiler sa supercherie. Cela se corse quand il se retrouve le soir dans « son » domicile et face à « son » épouse… Elle n’est pas dupe et s’aperçoit rapidement qu’il ne s’agit pas de son mari même s’il en a l’apparence physique.
Je dois dire que j’ai toujours pris un grand plaisir de ces exercices d’exploration et que je crois vraiment que tout est possible, tout est permis du moment qu’on est sincère et qu’il ne s’agit pas d’arfices pour pimenter une histoire banale (comme les effets spéciaux dans les films dépourvus de scénario).

Voyons les fantasmes maintenant. Je ne l’ai pas fait souvent, mais il m’est arrivé d’assouvir quelques fantasmes dans mes récits (et non, il ne s’agit pas forcément de quelque chose de sexuel !). À la fin du tome deux de PMC, mes héros retournent en 1932 afin de participer aux 24 Heures du Mans, rien que cela… Je dois dire que faire les 24 Heures du Mans est toujours resté un désir inassouvi pour moi : j’ai pu faire de la course automobile (mais pas jusqu’à ce niveau) et j’ai même pu participer deux fois (en 95 et 96) aux 24 Heures du Mans Karting (qui est une course assez relevée dans cette catégorie), mais c’est tout. Avec un de mes fils, j’ai fait quatre fois les 24 heures du Mans en simulation (mais nous n’avons pu terminer que deux fois…). La simulation, c’est bien (surtout avec les progrès techniques récents tels que les casques de réalité virtuelle qui augmentent encore l’immersion), mais ça reste de la simulation.
Avec l’écriture, j’ai donc pu explorer un autre type de simulation (liée à cet événement) qui, finalement, s’avère très détaillée !
Mais alors, pourquoi en 1932 me direz-vous ?
Ah, toujours cet impératif de réalisme !
Se faire admettre au départ de cette célèbre course alors qu’on est encore un pilote amateur était bien facile à cette époque et bien plus difficile par la suite… Ceci explique cela. Autre fantasme habituel, rencontrer son héros !
J’ai pu le faire dans « Perdu dans le temps » où mon héros va à la rencontre de Jean-Albert Grégoire, célèbre ingénieur de l’automobile et pionnier de la traction avant. Je dois dire que j’ai longtemps rêvé de Grégoire en lisant de nombreuses fois son encyclopédie « Cinquante ans d’automobile » et donc, j’avais l’impression de bien le connaitre (de plus, rencontrer son héros sur le papier évite d’être déçu !).

Quelques-uns de mes livres au format papier… Sous le soleil de la Floride !

L’écriture permet tout cela et même bien plus. Dans un prochain article, j’aborderais la question de la relation avec ses personnages et vous verrez qu’il s’agit là d’un sujet quasiment sans fin.

Verus sapien vs Joe sixpack, apprenez à les différencier !

Les américains ont le sens de la formule pour désigner les beaufs : Hillbilly, Redneck ou encore, le meilleur selon moi, Joe sixpack. Ce dernier terme est une évolution tardive du « average Joe » (équivalent de l’expression « le pékin moyen » en bon français), le terme « sixpack » fait référence au paquet de cannettes de bière vendu par six… CQFD.

Des Joe sixpack, vous en connaissez sans doute quelques-uns dans vos différents cercles, hélas. Pourtant, il me semble utile de dresser une petite liste pour bien les reconnaitre sans risquer de se tromper. Car le Joe sixpack affiche certaines caractéristiques qui permettent de l’identifier à coup sûr !

Voyons cela…

  • Il fume en plus de boire (ben oui, faut ce qu’il faut !).
  • Il aime le football (il va aux matchs où il vocifère « enculé » toutes les deux minutes… C’est ça la beauté du sport de masse, non ?).
  • Il pense que le moteur diesel est le moteur idéal (et que ces connards d’écolos font chier pour rien !).
  • Il parle beaucoup, à tort et à travers et surtout sur les sujets qu’il ne connait pas. Au finale, il se contente d’aboyer avec la meute.
  • C’est un grand consommateur de télé (ben quoi, y a autre chose à faire ?) et, même s’il rechigne à l’avouer, aime beaucoup les programmes de TF1 et M6 (coup de bol, ils ont justement été « conçus » pile pour lui !). Ah oui et pour la radio, il écoute NJR bien sûr…
  • Il ne lit pas de livre (un truc d’intello, pourquoi se prendre la tête avec ces histoires, y a même pas d’image ?!) et, au mieux, feuillette de temps en temps un magazine (genre l’Equipe ou un tabloïd people).
  • Il fait un boulot sans intérêt et parce qu’il y est contraint (faut bien payer son loyer) mais peu importe, ce qui compte, ce sont les vacances (tous les ans au même endroit) !
  • Il pense que sa condition minable est à cause du « manque de chance » et ne n’oublie jamais de blâmer les autres (assistés en tout genre), tout en en revendiquant plus de RTT ou autres quand c’est possible (merci la CGT).

Vous avez forcément reconnu au moins une de vos connaissances, n’est-ce pas ?

Parlons d’un auteur de BD et de son oeuvre : Quentin et Handman…

Mon fils ainé, Quentin, est un auteur de BD qui tente de faire sa percée sur ce marché déjà très encombré de la BD en France. Il est l’auteur d’une remarquable saga, Handman, et il a déjà produit trois tomes de cette histoire fascinante.

Voici une vidéo fort bien faite qui présente cette série :

Quentin est plutôt doué en matière de communication et il arrive à se faire inviter régulièrement pour parler de sa création dans les médias locaux comme ici, à TV8 Mont-Blanc :

J’aime bien parler des autres auteurs méritants et ce n’est pas parce qu’il s’agit de mon fils que je vais me censurer !

Un excellent article sur la question de l’IA et la notion de « l’explosion de l’intelligence »

Voilà un excellent article de François Chollet (photo de l’auteur ci-dessous) sur la notion « d’explosion de l’intelligence » qui est souvent mise en avant quand on débat sur l’évolution et le futur de l’IA. Chollet postule (très bien) que l’intelligence est situationnelle. Donc, l’explosion supposée est contradictoire avec le fait que les intelligences des organismes vivants (y compris nous !) sont des intelligences très spécialisées en fonction de leur enveloppes corporelles.

On lit trop souvent des bêtises sur ce sujet alors, quand il y a un bon article sur le sujet, il ne faut pas le louper !

Bref, lisez cet article (très bien rédigé, en plus… cependant, c’est tout en anglais, of course!) => The impossibility of intelligence explosion.

Critique du livre « Divertir pour dominer – la culture de masse contre les peuples »

Je viens de lire « Divertir pour dominer » et, bien que mon avis sur cet ouvrage soit très négatif, j’ai eu envie de vous en parler… Au départ, voilà un livre qui avait tout pour me plaire : dénoncer l’abrutissement généralisé, je ne peux qu’être pour !

Hélas, le ton du livre est désastreux : le collectif des auteurs s’exprime comme une bande de gauchistes de bas étage. Pour dire, il n’hésite même pas à employer le terme « conscience de la classe ouvrière » !

Le diagnostic est bon : la télé est un instrument d’abrutissement, la pub avilit tout et le sport (de masse) est un instrument de propagande à peine dissimulé. Mais, ça se gâte sérieusement quand on lit les analyses : on se croirait face à des maoïstes des années soixante-dix préconisant la révolution culturelle, la rééducation des bourgeois par le travail (dans des camps, faut leur apprendre à vivre à ces salauds !) et la dictature immédiate des « gardes rouges », faut ce qu’il faut !

Quelque part, il semble que le juste milieu n’existe pas : soit on trouve des vendus qui défendent le système actuel avec des arguments absurdes (genre, « la télé permet de distraire le peuple qui l’a bien mérité » et « le sport de masse permet l’expression des émotions du peuple » alors qu’on sait bien que c’est faux : la télé abrutie et le sport de masse médiatisé ne sert que de canal d’expression aux pires bassesses), soit on trouve des radicaux qui veulent le retour d’un collectif utopique qui n’a jamais existé et qui ne verra jamais le jour (car trop en opposition avec la nature humaine profonde). Désolant…

La vérité sur la télé : que vous faut-il de plus comme preuves ?

Regardez-donc cette vidéo où Michel Desmurget (auteur de l’excellent livre « TV lobotomie« , tout est dit dans le titre !) était l’invité de France-Info (beuark !) :

Tout est dit par l’auteur : les quelques « bons » programmes qui sont diffusés de temps en temps (des documentaires sur Arte, par exemple) ne représentent qu’une goutte d’eau minuscule dans un océan de contenus abêtissants.

Baisse du niveau : quand il est triste d’avoir raison…

Cela fait un bon moment que je le dis, le répète (au point que c’est devenu une blague avec mes fils) : le niveau baisse inexorablement. Mais quel niveau ?

Le niveau intellectuel, le niveau mental de nos contemporains. Pour s’en persuader, il suffit de regarder ce qui est proposé par les médias : toujours plus bas, toujours plus bête… Et ça empire chaque année : aucun titre, aucune chaine, aucune station n’est épargnée.

Mais, alors que j’avais hélas l’impression de prêcher dans les désert, je constate que ça commence à remonter à la surface… Un documentaire Arte « Demain, tous crétins ? » fait le point sur l’influence des perturbateurs endocriniens (encore eux !) sur le développement du cerveau des jeunes enfants.

Voici le texte de présentation de ce documentaire :

Baisse du QI, troubles du comportement et autisme en hausse : cette enquête alarmante démontre que les perturbateurs endocriniens affectent aussi la santé mentale.
Et si l’humanité était en train de basculer vraiment dans l’imbécillité, comme l’imaginait en 2006 la cruelle fiction de Mike Judge « Idiocracy » ? Depuis vingt ans, les scientifiques constatent avec inquiétude que les capacités intellectuelles ne cessent de diminuer à l’échelle mondiale. Une baisse du QI a été observée dans plusieurs pays occidentaux. À cela s’ajoute une explosion des cas d’autisme et des troubles du comportement. En cause : les perturbateurs endocriniens, ces molécules chimiques qui bouleversent le fonctionnement de la thyroïde, essentielle au développement cérébral du fœtus. Présentes dans les pesticides, les cosmétiques, les mousses de canapé ou encore les plastiques, ces particules ont envahi notre quotidien : nous baignons dans une véritable soupe chimique. Aux États-Unis, chaque bébé naît ainsi avec plus de cent molécules chimiques dans le sang. Mais comment limiter leurs effets ? Quelles solutions peut-on mettre en place pour préserver les cerveaux des générations futures ?
Épidémie ?
Huit ans après « Mâles en péril », qui révélait l’impact des perturbateurs endocriniens sur la fertilité, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade tirent à nouveau la sonnette d’alarme en dévoilant l’effet néfaste de ces mêmes polluants sur notre intelligence et notre santé mentale. « Demain, tous crétins ? » relaie la parole de chercheurs engagés, comme la biologiste Barbara Demeneix, spécialiste de la thyroïde, ou la biochimiste américaine Arlene Bloom, qui mène depuis les années 1970 un combat acharné contre l’utilisation des retardateurs de flammes (mélanges chimiques ajoutés à une grande variété de produits industriels comme les plastiques, les textiles et les équipements électriques ou électroniques pour les rendre moins inflammables). Leurs études et d’autres nous alertent sur un problème de santé publique dont les législateurs, sous l’influence des lobbies industriels, n’ont pas encore pris la mesure.

Les touches « médias » sur MacOS High Sierra

Si, comme moi, vous utilisez MacOS, la dernière mise à jour réserve une (mauvaise) surprise : les touches médias du clavier, si pratique pour démarrer, arrêter iTunes ou pour changer de morceau, ne fonctionnent plus !

Hé oui, merci Apple !
J’imagine que c’est encore une idée « géniale » de Ive et qu’on ne va pas avoir de correctif (reconnaitre qu’ils ont tort ? pas dans le genre de la maison…). Donc, faut trouver une solution, vite et simple svp… Et je l’ai trouvée, testée, vérifiée (sur deux Mac différents) et je peux certifier : ça marche !

Où, quoi, qui comment ?
Pas d’affolement, suffit de suivre ce lien et d’appliquer la procédure à la lettre (c’est en français, en plus…)…

Une critique (positive) du Film « Borg-McEnroe » : allez le voir !

Bien entendu, il faut avoir un certain âge pour comprendre ce qu’a représenté Bjorn Borg dans les années soixante-dix : ce phénomène a véritablement donné une impulsion inouïe au tennis. Grâce à lui et en quelques années, le tennis est devenu un sport très médiatisé et à l’audience mondiale (ce n’était pas le cas dans les années soixante).

En plus, il y avait un double mystère autour de Borg : comment faisait-il pour ne laisser jamais paraitre ses émotions ?
Et pourquoi s’est-il retiré brusquement alors qu’il était encore jeune et au sommet ?

Le film tout récent Borg-McEnroe répond (partiellement, mais c’est déjà beaucoup !) à ces deux questions. Quelque part, c’est très comparable à Rush qui revenait sur la saison 1976 de F1 et l’affrontement homérique entre Lauda et Hunt. Les acteurs sont bons (surtout celui qui joue Borg, un peu moins pour celui qui interprète McEnroe, mais d’une façon générale le casting est bon, les acteurs sont ressemblants et jouent juste) et les prises de vue lors des matchs sont carrément excellentes. Vous allez me dire « faut vraiment aimer le tennis pour aller voir cela ! ». En fait, non. Il suffit d’avoir vécu pendant ces années-là pour avoir envie de revivre cet affrontement qui a passionné les foules à l’époque.

D’une façon qui m’a pas mal surpris, les gens que je connais et qui sont des amateurs de tennis m’ont plutôt dit qu’ils n’iraient PAS voir le film : peur d’être déçu, tennis trop vieux et ainsi de suite… Je crois au contraire que ce film fait du bien au tennis et permet de comprendre la solitude des champions et la difficulté qu’il y a à vaincre au sommet.

Bref, vous l’avez compris, allez-y.

L’écriture inclusive, peut-on imaginer plus con et plus inutile ?

Tout est résumé dans cette image :

Effectivement, le choix est cornélien.

Source : https://twitter.com/SanglierSympa/status/924926575807811584/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw&ref_url=http%3A%2F%2Fwww.slate.fr%2Fstory%2F153504%2Fsanglier-sympa-twitter-alt-right-francais

Ce que nous apporte la bonne Science-Fiction.

J’écris des récits de Science-Fiction (mais pas seulement, j’aime aussi d’autres genres) et j’en lis aussi beaucoup. Aujourd’hui, j’aimerais approfondir ce que peut nous apporter ce genre pas comme les autres. En effet, alors qu’elle a été longtemps (et c’est encore vrai de nos jours) minimisée et même méprisée par les tenants de la « vraie littérature », ce genre a un rôle et un potentiel unique qui le distingue de tous les autres : nous donner un aperçu de ce que nous réserve le futur et de pouvoir y réfléchir avant que ce dernier nous saute à la figure !

Selon moi, la bonne Science-Fiction, la vraie, c’est celle qu’on peut qualifier « d’anticipation ». Toujours selon moi, « Star Wars », par exemple, ce n’est pas de la Science-Fiction, car ça ne respecte aucune règle, et ça ne s’embarrasse pas du moindre réalisme sur le plan de la physique. Écrire sans contrainte n’est pas interdit, mais alors, ce n’est pas de la Science-Fiction, c’est du fantastique, nuance…

Donc, la Science-Fiction d’anticipation va respecter des règles, ne pas proposer des avancées « impossibles », mais tout de même se projeter, prolonger les courbes et voir ce que cela donne. C’est un exercice difficile, ça ne donne pas toujours des bons résultats, mais c’est toujours un bon indicateur du contexte dans lequel évoluait l’auteur. Par exemple, les écrivains de Science-Fiction américains des années cinquante étaient clairement obsédés par la guerre froide qui était très présente à leur époque. Du coup, ils anticipaient forcément une guerre nucléaire prochaine et qui paraissait inévitable à leurs yeux. Une anticipation ratée ?

Peut-être, mais si elle avait été tout de même utile, voire très utile ?
Et si ces récits terrifiants avaient permis de modérer un peu (juste ce qu’il fallait) les décideurs au moment de prendre les décisions fatales ?

Je me souviens en particulier d’une histoire courte et édifiante : après les frappes, le président sort à la surface pour constater que la terre n’est plus qu’une croute brulée et sans vie. Il rentre dans le bunker abattu et déprimé et il en fait part à son chef d’état-major qui lui réplique « comment ça, c’est terrible ? Mais non, nous avons gagné ! ». L’horrible joie du militaire était le plus grave avertissement qu’on pouvait imaginer. Là, il est difficile de ne pas admettre que la Science-Fiction joue un rôle majeur.

Pareil sur les fameuses trois lois de la robotique par Asimov. Alors que le débat actuel sur les dangers de l’IA bat son plein (avec raison !), il faut se rappeler que les récits d’Asimov convergent tous pour nous rappeler que ces trois lois ne vont pas suffire à nous épargner les ennuis avec nos robots quand ils seront omniprésents…

De plus, la Science-Fiction permet aussi de prédire avec, certaine fois, une exactitude surprenante ce qui va se mettre en place dans un futur plus ou moins proche. Il y a l’exemple connu des satellites géostationnaires annoncés par Arthur C. Clark bien avant que des satellites en orbites basses soient lancés régulièrement par les grandes puissances. Ou les drogues de synthèse « récréatives » ayant une influence sur le comportement et ainsi de suite.

C’est pour toutes ces raisons que je me suis passionné pour la simulation et que j’ai essayé d’imaginer les conséquences de sa future probable généralisation. J’y ai consacré ma saga PMC où les situations liées à la simulation sont explorées (et encore, je n’ai fait que frôler la surface !) avec les conséquences sur nos modes de vie, mais aussi, la réflexion sur ce qu’est l’individu et de quoi est constituée sa vie.

C’est bien pourquoi je suis persuadé que la Science-Fiction n’est pas un genre mineur. Je crois même que c’est un genre qui est formidablement exigeant quand on s’efforce à respecter ses règles, mais aussi très gratifiant quand on y arrive. Quand je lis, dans « Année 66 » que, finalement, nos grands appartements et tout notre mobilier sont devenus inutiles, je réalise que c’est une évolution qui est parfaitement logique et qui donc, a une grande probabilité de se produite effectivement. En lisant ces lignes, j’ai l’impression de pouvoir soulever un coin de voile sur des époques que je ne verrais pas de mon vivant… C’est simplement extraordinaire !

La Science-Fiction nous guide, nous éclaire et nous émerveille. Son large contenu et sa diversité font qu’il y en a pour tous les goûts. Les vrais amateurs se moquent bien de ce que pensent les critiques de littérature coincés dans leurs conventions, ils se régalent avec la tête dans les étoiles !

Un extrait de mon livre « Dr Miracle, saison 1971″…

Et c’est un gros extrait que je vous propose aujourd’hui : pas moins que l’intégralité du chapitre six consacré aux 24 Heures du Mans 1971… Il fallait bien cela pour introduire la saison 71 de « Dr Miracle » !

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6— 24 Heures du Mans avec Marko

En dépit des articles pessimistes des journalistes, il régnait l’ambiance des grands jours sur le circuit. Les essais venaient de débuter et l’excitation était palpable. Les essais d’avril avaient été tellement satisfaisants que l’optimiste coulait à flots dans le clan Porsche !

La longue queue (LH) semblait enfin être arrivée à maturité et les prévisions météo nous promettaient une semaine sans aucune pluie, l’idéal pour la 917 LH qui allait pouvoir exprimer tout son potentiel. Il y en avait trois au départ : deux pour l’écurie Wyer et une pour l’écurie Martini.

Par sécurité, presque par acquit de conscience, Wyer engageait aussi une 917 courte (K) équipée des dérives droites déjà vue sur certaines courses cette année. C’est du côté de chez Martini que Piech put le mieux s’exprimer : en plus de la longue queue confiée à Elford/Larrousse, Porsche engageait une 917 courte « classique » et une autre 917 déjà plus exotique. Cette ultime évolution de la 917 (déjà vue aux essais d’avril) était aussi courte qu’une 917 K, mais plus large et bien plus ronde aussi. Par facétie, les mécaniciens s’étaient amusés à la peindre en rose avec des traits noirs, comme pour figurer les schémas des bouchers désignant les différents quartiers d’un animal. Le sponsor Martini n’apprécia pas la plaisanterie et refusa tout net que le moindre autocollant de sa marque figure sur cette voiture originale.

Piech était très excité par sa dernière trouvaille :

– Avec la 917/20, nous pouvons aller vite en ligne droite tout en gardant la maniabilité d’une 917 K. C’est à ma demande que le bureau d’études de la SERA a creusé dans cette direction et il semble qu’il ait effectivement trouvé quelque chose. C’est Willy qui va la piloter et attendez-vous à une surprise !

Wyer a enfin fini par adopter ma longue queue, mais j’ai d’autres tours dans mon sac, comme disent les français, hein !

Piech semblait bien s’amuser, bien plus détendu qu’en 1970 où il courrait toujours après sa première victoire au Mans. Là, la perspective d’une seconde victoire paraissait comme une évidence, mais il faut toujours se rappeler que, au Mans, rien ne se passe jamais comme prévu… et, pour faire face à l’imprévu, j’avais mon idée…

– Je suis heureux de voir que vous êtes si confiant, mais laissez-moi tout de même m’occuper de la 917 K Martini, histoire que nous ayons toutes les chances de notre côté.

– Lefranc, j’apprécie que vous soyez aussi méthodique, mais, cette fois, croyez-moi, tout est bordé !

J’ai même trouvé la recette pour calmer Siffert… Jo n’a jamais terminé les 24 Heures, mais, cette fois, je crois que je vais réussir à lui faire voir la ligne d’arrivée à notre bouillant Suisse…

– Ah oui ?

Et comment allez-vous vous y prendre ?

– Simple, je lui ai promis un moteur gratuit pour sa 917/10 Can-Am !

Après Le Mans, Jo va commencer sa campagne de la Can-Am et avoir un moteur de réserve gratuit est très attractif pour lui. Et pour décrocher ce moteur, la condition est toute simple : il doit être à l’arrivée, quelle que soit sa place.

Croyez-moi, il va soigner chaque changement de vitesse notre Suisse !

– Bon, OK, tout est bordé. Mais puisque tout est prévu, laissez-moi m’occuper de cette voiture qui semble la moins performante, la numéro 22 toute blanche… à propos, qu’avez-vous de spécial dessus ?

– Euh, mais rien, rien de spécial. C’est juste une 917 K toute neuve, pour que Martini ait trois voitures, comme Wyer.

– Allons, à d’autres, mais pas à moi. Je sais que vous ne faites jamais rien au hasard. Si cette 917 K est là c’est que vous avez quelque chose à tester. Et même, j’ajouterais que vous voulez rester discret sur ce test, n’est-ce pas ?

– En fait, c’est une 917 K tout ce qu’il a y de plus standard. Mais on a juste remplacé l’aluminium du châssis habituel par du magnésium, c’est tout. Tout est dans les cotes habituelles.

– Rien que cela !

Un châssis un magnésium, carrément !

Mais pourquoi, pourquoi prendre un tel risque sur cette voiture ?

– Mais parce qu’on a toujours besoin de rechercher des nouvelles solutions. La course ne s’arrête jamais et si vous vous reposez sur vos lauriers, vous rétrogradez immédiatement, voilà pourquoi.

Ce châssis en magnésium ne va pas faire gagner grand-chose à cette voiture-là, je l’admets. Elle est déjà légère, mais là, elle va vraiment être au poids minimum. J’ai même demandé à Martini de prévoir des autocollants plutôt que de la peinture pour elle.

Le but, c’est de valider cette solution, car on va en avoir besoin pour la voiture de la Can-Am. Ces voitures sont de vrais monstres, grosses, larges et lourdes du coup. Donc, chaque kilogramme gagné est un avantage significatif. Vous comprenez ?

– Bien sûr que je comprends. Mais l’équipage est prévenu au moins ?

– Non, bien sûr que non. Ils pensent avoir une 917 toute neuve, mais ils ne savent rien sur le châssis et ça doit rester comme cela. Les pilotes sont paranos et depuis l’accident de Schlesser, l’usage du magnésium est mal vu en sport auto. Si vous leur dites qu’ils roulent dans une cage en magnésium, ils vont vouloir s’échapper comme des oiseaux craintifs.

Je vous laisse gérer cette voiture à condition de faire motus sur ce détail, c’est compris ?

Piech m’avait coincé avec sa proposition. Après cela, je me sentais une obligation morale de m’occuper de cet équipage afin de les amener à bon port sans encombre avec leur voiture « spéciale » (Jo Schlesser se tua au GP de France 1968 au volant d’une Honda F1 qui avait de nombreuses pièces en magnésium)… Tout d’abord, les rencontrer pour faire plus ample connaissance, car ils étaient absents de Sebring.

Gijs Van Lennep était un pilote néerlandais calme et il me faisait beaucoup penser à Larrousse, en plus jeune. En revanche, Helmut Marko, un Autrichien, était déjà plus difficile à aborder, car on sentait chez lui une grande ambition. Il n’était pas du genre à se laisser dicter sa conduite par un français tombé de nulle part… et il me le fit bien sentir d’entrée de jeu. Pour les convaincre de m’écouter, je leur tins le discours suivant :

– C’est votre première participation aux 24 heures du Mans dans une voiture capable de gagner au général (en 1970, Marko avait terminé troisième sur une 908). Si vous voulez tirer le maximum de cette chance, j’ai un plan à vous proposer…

– Capable de gagner ?

Oui, si on oublie les longues queues qui sont largement plus rapides que notre 917 !

En plus, j’ai peur que les voitures plus rapides que la nôtre soient nombreuses… si on termine dans les cinq premiers, ce sera déjà bien !

– Hum, n’avez-vous pas terminé troisième l’année dernière sur une modeste 908 ?

– Oui, mais il avait plu pendant presque toute la course !

Ça nous a bien aidés à compenser notre vitesse inférieure. Et puis, il y a eu beaucoup d’abandons…

– Vous avez raison, il pleuvait l’année dernière et il parait qu’il va faire beau cette année, mais ça veut dire que les contraintes sur les voitures vont être plus sévères !

Je parie qu’il va y avoir au moins autant d’abandons encore cette fois-ci…

– Bon, admettons. Et c’est quoi votre plan ?

– Oubliez vos adversaires, oubliez tous ceux qui sont plus rapides que vous pendant les essais, car, effectivement, ça va allez vite, très vite. Les grosses 917 vont se livrer à une lutte de prestige et les quelques Ferrari de pointe vont vouloir montrer qu’elles existent, elles aussi. Résultat, vous allez vous qualifier loin sur la grille, mais j’affirme que c’est sans importance.

Souvenez-vous à quelle position était Hermann/Attwood au départ l’année dernière… quinzième !

– Ok, on se traine pendant les essais… et après ?

– Après, pareil. Le seul moment où il faut allez vite, c’est à partir de la seconde moitié de la course. C’est comme à Indianapolis, la seule chose qui compte, c’est de rester dans le même tour que le leader lors de la dernière partie de l’épreuve, c’est-à-dire les dix ou vingt dernières boucles.

Restez calmes, ménagez votre voiture, ne prenez aucune bordure, même pendant les essais. Et, au moment clé, foncez,  mais seulement à ce moment-là.

– Pourquoi pas, mais comment savoir que le moment-clé est arrivé ?

– Vous n’aurez pas besoin de le deviner, car je serais là pour vous l’indiquer…

Marko semblait septique, mais je vis Van Lennep me sourire. Dans ses yeux je pouvais lire « laisse-moi faire, je vais convaincre Marko de faire comme tu nous le dis ». Rassuré, je les laissais faire pour les essais. Hans-Dieter Deschent était ravi que je m’occupe de la numéro 22, car lui se consacrait à la longue queue d’Elford/Larrousse. Sa voiture vedette, celle capable de gagner. Cette année, Elford était au sommet de son art avec un équipier qui semblait avoir un effet très positif sur lui. Ces deux-là étaient rapides tout en ne forçant pas sur la voiture, une redoutable combinaison et qui expliquait pourquoi tout le monde avait le sourire dans le stand Martini.

Du côté du « cochon rose », je discutais un peu avec Willy Kauhsen (qui faisait équipe avec un autre allemand, Reinhold Joest) qui lui aussi, souriait largement…

– Cette voiture est bonne, mais tout de même pas aussi rapide que les vraies longues queues. Mais je m’en fiche, pour moi, cette course, c’est comme des vacances !

Ça me change des séances de mise au point de la 917 Can-Am. On a fini par choisir la solution à moteur turbo, mais il y a encore une montagne de travail avant qu’elle ne soit compétitive…

– Ah ?

Qu’est-ce qui cloche ?

– Le moteur est trop pointu. Il est puissant, trop puissant même !

On ne peut pas utiliser une boite cinq normale avec lui, il faut se contenter de quatre rapports dans un carter renforcé. On doit même quasiment bloquer le différentiel pour éviter qu’il parte en morceaux !

Mais le vrai problème, c’est le temps de réponse du turbo. Impossible de piloter correctement avec ça : tu rentres dans un virage, mais tu ne sais jamais comment tu vas en sortir !

Si tu accélères trop tôt, tu sors en marche arrière, si tu accélères trop tard, tu te traines en sortie et tu sousvire terrible… vraiment difficile.

Alors, tu sais, piloter cette 917, c’est vraiment comme des vacances pour moi !

Ensuite, je passais chez Penske où l’ambiance était nettement plus tendue. Mark Donohue s’était rapidement aperçu que sa 512M ne pouvait suivre les 917 LH dans la longue ligne droite et, pire, rien de ce qu’il essayait comme réglage ne semblait permettre d’améliorer cela…

Même avec l’aileron arrière à zéro, la vitesse de pointe plafonnait à 350, rendait au moins 30 km/h aux plus rapides des Porsches. Avec un handicap pareil, la belle Ferrari bleue avait du mal à être compétitive ce qui cadrait difficilement avec la mentalité de Penske et Donohue !

Juste avant de venir au Mans, Donohue restait sur une déception aux 500 milles d’Indianapolis : sa McLaren l’avait lâché (panne de transmission) alors qu’il était largement en tête et qu’il contrôlait la course à sa guise… Manquer une victoire à l’Indy 500, voilà qui était difficile à avaler pour des Américains aussi ambitieux, que ce soit Penske ou Donohue…

Entre deux grimaces, Penske prit quand même le temps de me confirmer qu’ils avaient prévu de passer la semaine suivante à Stuttgart afin de rencontrer Piech et d’essayer la nouvelle voiture prévue pour la Can-Am.

Je passais ensuite dans le stand Wyer afin de prendre des nouvelles de Siffert que je retrouvais blanc comme un linge… il me raconta qu’il venait d’échapper à un terrible accident :

– J’arrive à pleine vitesse dans Maison-Blanche et je tombe sur une 911 quasiment au ralenti, sans que les commissaires l’aient signalé. Pour l’éviter, je suis parti en tête-à-queue et, miracle, je n’ai rien touché !

J’ai eu mon content de chance aujourd’hui. Je devrais être mort à cette heure. Les nouvelles longues queues tiennent bien la route, mais rouler avec de telles voitures à ces allures c’est déjà assez risqué, mais nous ajouter des voitures lentes dans les pattes, c’est vraiment trop…

Le Mans est une course déjà assez dangereuse, pas la peine d’en ajouter.

Je laissais Jo se remettre de ses émotions et je retournais voir « mes » pilotes pour faire le point sur cette journée d’essais. Ils avaient l’air plutôt satisfaits et Gijs m’accueillit en plaisantant :

– Est-ce qu’on s’est assez trainé ou faut-il qu’on ralentisse encore ?

– Comprenez-moi bien les gars, Le Mans, c’est simple et ça tient en une seule formule : allez aussi lentement que possible et aussi vite que nécessaire.

Ce n’est pas de moi, mais je crois que ça résume bien le défi. À un moment, il faudra mettre les gaz, mais, ici, celui qui tire le premier est rarement à l’arrivée.

La seconde journée d’essais se passa bien et, finalement, mes poulains se qualifièrent à une honorable sixième place, derrière les 917 LH et les 512 les plus rapides, mais devant la 917/20 de Kauhsen et la 917 K Gulf de Attwood, ce qui était bien mieux que ce que j’espérais.

Le vendredi, comme toujours, fut consacré à la reconstruction des voitures. Nous étions basés à Téloche et les mécaniciens s’activaient pour tout vérifier et changer tout ce qui était nécessaire. Piech m’assura que le châssis en magnésium allait être examiné avec tout le soin nécessaire et que si on trouvait la moindre fêlure, on le changerait pour un traditionnel en aluminium.

Et le grand moment arriva enfin. Je n’avais plus besoin de rappeler notre plan de marche à mon équipage, nous étions en phase et il me semblait qu’ils avaient adhéré à ma stratégie pour de bon.

Le départ lancé se passa sans encombre et les trois 917 LH bondirent en tête suivie par la Ferrari Penske. Les premières heures de course furent dominées par ce quatuor ultrarapide. Donohue/Hobbs arrivaient à rester en vue des Porsche grâce à des ravitaillements express. Au bout de trois heures, Rodriguez/Oliver était en tête sur la première Gulf Porsche suivi par Larrousse/Elford sur la Martini longue queue. Donohue/Hobbs étaient troisième devant Siffert/Bell (les deux 917 qui étaient seconde et quatrième avaient toutes les deux perdu quelques minutes aux stands pour la même cause : un condensateur défaillant). La surprise venait de « ma » numéro 22 qui était cinquième. À ce stade, ça me paraissait bien trop beau, mais Van Lennep m’assura qu’ils ne forçaient pas du tout et qu’ils ménageaient la voiture, comme prévue et comme promis. Jusque-là, la course semblait se dérouler sans incident majeur et on commençait à entrer dans la période nocturne toujours avec un rythme élevé.

Cela changea brusquement à 8h15 quand la 512 de Penske s’arrêta à son stand et ne repartit pas : le capot était levé, mais les mécaniciens semblaient travailler de plus en plus lentement… pas bon ça. La nouvelle tomba : abandon sur panne moteur. Peu après, c’était au tour de la magnifique longue queue Martini de se trainer jusqu’à notre stand : la turbine de refroidissement s’était envolée et le moteur avait surchauffé. Hans-Dieter Deschent était effondré : son « gros coup » venait de s’évaporer !

Une autre Ferrari 512 venait de casser un piston était hors de course elle aussi, mais cela nous semblait sans importance. Piech faisait la tête : sa 917/20 n’était pas assez compétitive pour suivre le rythme des 917 Gulf et voilà que sa longue queue favorite était hors du jeu. Il lui fallait désormais admettre que ses meilleurs espoirs reposaient sur les longues queues de Wyer…

Peu avant dix heures, nouveau coup dur : la numéro 22 a des ennuis d’alternateurs et il faut changer la courroie. Dix minutes de perdues, mais cela aurait pu être pire. Du coup, la 917 d’Attwood progressa de deux places et Wyer se retrouva avec ses trois voitures aux trois premières positions !

Cela ne dura pas : Siffert s’arrêta bientôt en se plaignant que sa voiture vibrait terriblement au freinage. Nouvelles plaquettes et purge du circuit de freinage n’y firent rien : il s’arrêta de nouveau et il fallut changer l’amortisseur arrière gauche tout en reconstruisant toute la suspension, une heure et dix minutes de perdues…

Le Mans commençait à mordre les concurrents de tête et sa morsure était douloureuse, comme toujours. La nuit était désormais bien installée et les incidents se succédaient : la 512  spéciale (un modèle M profondément modifié) de Parkes venait de sortir à Maison-Blanche. Miraculeusement, il parvint à ramener sa voiture aux stands et les mécaniciens s’employaient à la réparer autant que possible…. Encore une qu’on pouvait oublier pour la gagne.

À trois heures du matin, c’était au tour de la voiture de tête d’être touchée : Oliver alors à son volant rentra en se plaignant des mêmes symptômes que Siffert quelques heures avant. Le team Wyer s’employait à reconstruire l’arrière gauche : nouvel amortisseur, nouveaux triangles et ça repart, mais beaucoup de temps perdu aussi. Encore une fois, presque en même temps, c’est la 917 d’Attwood (qui venait juste de prendre la tête pour relayer sa voiture soeur) qui s’arrêtait avec une boite qui venait de perdre le cinquième rapport… impossible de continuer sans : il fallait refaire la transmission, ce qui prit pas moins de 27 minutes.

Surprise, c’est une Ferrari 512M qui hérita du commandement. Celle de l’écurie espagnole Montjuic qui marchait fort jusque-là. Alors que le stand Wyer était en train de travailler sur ses deux voitures (celle de Siffert/Bell tournait de nouveau régulièrement, mais elle était loin au classement), voilà que la 917/20 (le cochon rose…) avait à son tour des ennuis : un câble à remplacer. Après un quart d’heure de réparation, Joest put repartir, mais pas pour longtemps puisqu’il se planta aussitôt à Arnage, sans doute pour avoir voulu rattraper trop vite le temps perdu…

Piech vint me voir et il avait sa mine des mauvais jours :

– Il faut donner l’ordre à l’équipage de la 22 de mettre le paquet. On ne peut pas rester derrière cette Ferrari espagnole !

– Je ne suis pas de cet avis. Nous ne sommes qu’à mi-course, il reste encore beaucoup de temps et ce n’est pas le moment de céder à la précipitation. Oui, la 22 est en seconde position, mais ce n’est pas une raison pour l’envoyer au feu, c’est trop tôt.

De plus, je vous fais remarquer que les 917 de Wyer sont retardées, mais pas encore éliminées. Elles ont encore largement le temps de remonter.

Piech ne me répondit rien, mais je pouvais voir qu’il n’était pas content du tout par la tournure des événements. Comme chaque année, son dispositif était en train de s’éroder. Les voitures les plus rapides avaient du mal à franchir le cap de la nuit et tous les directeurs d’écurie étaient passés par ce genre d’épreuve. Mais pour Piech, ce genre de retournements était bien trop familier : c’était déjà arrivé en 1968 (toutes les 908  officielle -sauf une qui fut très retardée- avaient cassé les unes après les autres) et en 1969 (là encore, il ne restait plus qu’une 908 sur l’armada Porsche pour lutter pour la victoire, finalement battue sur le fil par la Ford GT40 de Wyer…). En 70, c’était plutôt chez Ferrari que la casse et les incidents avaient décimé l’impressionnante formation rouge, mais les Porsche aussi avaient perdu quelques éléments.

Et là, ça recommençait : les voitures de Stuttgart qui semblait imbattable au départ étaient retardées ou éliminées et c’était une Ferrari privée de seconde zone qui se retrouvait en tête. J’avais pu sentir son soulagement lorsque Penske dû abandonner (il considérait, à raison, que cette Ferrari très bien préparée et bien conduite était un client sérieux pour la victoire). Mais là, sa rage était claire : pas question de se faire battre par des Espagnols sortis de nulle part !

Les démons du Mans devaient bien rigoler de voir le dépit du patron allemand, mais décidèrent tout de même que la fête était terminée pour la 512M jaune : Vaccarela rentra en se plaignant d’un embrayage qui patinait. Dix minutes de perdu pour tenter de l’ajuster. La Ferrari repartit, mais s’arrêta de nouveau, loin des stands cette fois… Terminé pour eux.

C’est ainsi que notre 917 blanche se retrouva en tête. Tout n’était pas fait pour autant : les longues queues de Wyer étaient de nouveau en piste et tournaient vite pour remonter, impossible de suivre ce rythme.

C’est la 917LH de Rodriguez qui craqua la première : une conduite d’huile se rompit et bien que Pedro tenta de ramener la voiture, le moteur était cuit en arrivant au stand Gulf.

L’aube commençait à poindre, mais on sentait bien que le combat n’était pas encore terminé. Dans le stand Wyer, les visages crispés reflétaient la volonté de vaincre de cette équipe. Piech s’était un peu calmé et il couvait du regard le stand Martini où la numéro 22 était l’objet de tous les égards.

J’allais voir mon équipage de jeunes pilotes pour leur prodiguer encouragements et patience.

– Quoi, c’est pas le bon moment pour en mettre un bon coup, histoire de les décourager pour de bon ?

– Non, pas encore. Là, ce qu’il faut, c’est éviter les erreurs à tout prix. La course est encore longue et la victoire n’est toujours pas à vous. Patience, je vous dis, patience…

À sept heures du matin, la 917K d’Attwood était remontée à la seconde place et son rythme montrait bien qu’elle était en chasse. En revanche, la longue queue de Siffert était clairement en train d’agonir : une trainée de fumée blanche accompagnait son sillage et tout le monde savait ce que cela signifiait, le moteur était touché…

Jo Siffert tenait absolument à terminer (pour les raisons que l’on sait) et motiva son équipe à tenter toutes les réparations nécessaires. Mais, peu avant neuf heures du matin, la dernière longue queue fut mise hors course à son tour.

Notre 917K Martini n’avait alors plus que quatre tours d’avance sur la 917K Gulf. C’est alors que je passais la consigne à « mes » pilotes : on augmente le rythme pour maintenir cet écart, pas plus, pas moins. Mais l’équipage Attwood/Müller fut tout de même capable de remonter encore en allant vraiment vite : plus que trois tours de retard, plus que deux tours… encore deux heures à tenir.

Piech avait tenté de raisonner Wyer pour assurer un doublé Porsche en douceur, mais le vieux « death ray » faisait la sourde oreille, voulait à tout prix décrocher la timbale pour son sponsor historique. Piech ronchonnait que, décidément, Wyer n’était pas un partenaire avec qui on pouvait s’entendre.

Finalement, alors que l’épuisement nous guettait tous, le jeune équipage tint bon et amena notre 917 blanche à la victoire avec juste deux tours d’avance… ça été juste, mais suffisant !

Après la « droite la plus bête du monde », voici « le groupe féministe le plus stupide possible » !

C’est le socialiste Guy Mollet qui avait inventé la formule « le droite la plus bête du monde » (et, en tant que socialiste, ça faisait de lui un expert !). Aujourd’hui, dans la coupe du monde la connerie, la France vient de marquer un nouveau but avec le groupe féministe le plus stupide au point où peut se demander si c’est n’est pas qu’une grosse blague ?

Pour vous en laisser juger, je vous invite à lire cet article de Slate.fr http://www.slate.fr/story/153320/le-groupe-feministe-plus-bete-monde qui est édifiant à plus d’un titre. Si vous connaissez mon blog, vous savez ce que je pense des féministes mais là, je dois avouer que ça dépasse mon imagination (pourtant fertile) !

Un nouveau livre disponible : Dr Miracle, saison 1971

Même si j’ai travaillé sur « L’empereur » et « Affaire classée« , je n’en oubliais pas ma nouvelle saga pour autant !

Car c’est bien de ça qu’il s’agit : une saga. L’écriture des saisons successives de « Dr Miracle » va m’occuper pendant quelques années, je crois !

Après le premier tome couvrant la saison 1970, voilà enfin la saison 1971, présentation…

Avec ce second récit de « Dr Miracle » (d’autres tomes portant sur les saisons suivantes sont évidemment au programme !), je poursuis mon projet de saga sur le sport automobile. Ce récit de semi-fiction est une manière intéressante (selon moi) de raconter ce qui s’est passé dans ce milieu à ces époques. Il existe de nombreux livres de références et de biographies utiles pour avoir un écho de cet âge d’or, mais je trouvais qu’il manquait quelque chose, un récit vécu de l’intérieur qui permette de faire un tour d’horizon aussi large que possible de ce qu’étaient les sports mécaniques lors des années soixante-dix et c’est pour cela que le personnage de Dr Miracle s’est imposé à moi.

Saison 1971

Après une première année encourageante (saison 1970) où il rencontra et aida les ténors de ce milieu (de Ferdinand Piech pour Porsche à Enzo Ferrari en passant par Jean-Luc Lagardère pour Matra), notre héros est devenu un vrai professionnel avec des contacts solides dans le monde de la compétition mécanique. Il rempile donc plein d’espoir et d’ambition pour une nouvelle saison où il devra confirmer ses talents et son utilité à ce petit  univers qui découvre cet intervenant avec étonnement et donc, scepticisme.

Une nouvelle version de mon livre « Cette révolte qui ne viendra pas »…

Je fais cela tout le temps : procéder à des mises à jour de mes livres déjà publiés. Pour moi, un livre n’est pas un objet mort que j’abandonne aussitôt terminé. Je suis conscient qu’il est toujours nécessaire de corriger, de réviser, d’enrichir…

Bref, c’est ce que je viens de faire pour « Cette révolte qui ne viendra pas« . Il ne s’agit pas d’une nouvelle édition (nous en sommes toujours à la quatrième édition) mais bien d’une révision/correction.

Parlons des J.O., une toute dernière fois (promis !)…

Ainsi donc, Paris a décroché l’organisation des Jeux Olympiques 2024… Pas de quoi se réjouir toutefois !

Pour vous convaincre que les J.O. ne sont PAS une bonne chose, quel que soit l’angle considéré, je vous invite à lire cet extrait de mon livre « Cette révolte qui ne viendra pas » où, justement, j’évoque ce cas…

Cette révolte qui viendra pas

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La terrible vérité sur les jeux olympiques

Disons-le tout net : je n’aime pas les jeux olympiques (surprenant hein ?) !

Mais pourquoi, pourquoi bouder sa joie et ne pas communier tous ensemble à l’occasion de ce grand rassemblement sportif et politique ?

Parce que les jeux ne sont pas ce qu’ils prétendent être. La terrible vérité c’est qu’ils ne l’ont même jamais été. Les JO n’ont jamais été un idéal de vertu et d’esprit sportif, même pendant l’antiquité. Pendant l’ère de la Grèce antique, les jeux olympiques tenaient plus de la parade militaire que de l’épreuve sportive. Les disciplines retenues ne l’étaient pas parce qu’elles représentaient la vertu ou l’esthétique mais plutôt l’efficacité au combat… Hé oui.

Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment une parade militaire mais plutôt la version moderne des jeux du cirque (romain), en pire. Corruption et dopage en sont les deux travers les plus visibles mais pas les seuls et pas les plus graves. Plus pernicieux que la corruption des membres du CIO (dont les voix sont facilement achetables, on l’a encore vu dernièrement), c’est la soumission aux sponsors qui est le vrai cancer du CIO et qui sera sa perte. Déjà, d’après Reuters, les JO n’ont plus la cote auprès des publicitaires : « Les Jeux olympiques et les valeurs qu’ils véhiculent ont perdu de leur superbe aux yeux des publicitaires du monde entier, à en croire un sondage d’Icom, qui fait néanmoins apparaître de grandes différences d’un pays à l’autre. »

Si l’argent déserte, alors vous pouvez être certain que c’est la fin de ce rendez-vous. Car, soyons clairs, les JO ne servent à rien. Ils n’ont même jamais servi les causes qu’ils prétendaient défendre. Les JO n’ont pas aidé à la paix, même en les attribuant à Berlin en 1936, ni à la réconciliation entre les peuples après la Seconde Guerre Mondiale puisque les Allemands (et les Japonais) étaient exclus des jeux de Londres en 1948. Les JO n’ont pas plus aidé à l’établissement de la démocratie comme les massacres d’étudiants l’ont prouvé en 1968 à Mexico et ce n’est pas parce que Pékin a accueilli le grand cirque en 2008 que le PC chinois va tout d’un coup devenir un exemple d’ouverture et de liberté (et que pour ceux qui croient encore le contraire, moi je dis qu’un tel niveau de crédulité mérite d’être enregistré dans le livre des records…).

Le salut nazi était de rigueur en 1936, lors des JO de Berlin…

Même sur le plan économique ou de l’urbanisme, les JO sont plus nocifs que bénéfiques : les grands travaux menés en mode panique n’aident pas à moderniser les villes hôtes. En revanche, les dettes restent pesantes longtemps après les « festivités » (comme Grenoble ou Montréal ont pu s’en rendre compte…).

Mais alors, si le bilan est aussi négatif, pourquoi s’acharne-t-on à organiser cette comédie ?

Pour le plaisir du « bon peuple » pardi, mais aussi pour les profits des médias. Pensez, au milieu de l’été où il ne se passe rien et où le « bon peuple » aurait éventuellement l’occasion de se détourner des écrans pour aller bronzer, voilà qu’on a un prétexte au-dessus de tout soupçon pour les scotcher devant leurs postes…

La loi de la proportionnalité inversée

Le « spectacle » des jeux olympiques ne m’inspire pas l’admiration ou la surprise (en fait, cette « grand-messe » ne m’inspire que du rejet) mais il m’a permis de comprendre une loi fondamentale de notre monde moderne : le niveau de l’audience est inversement proportionnel aux moyens employés pour le spectacle (sa conception, sa réalisation et sa diffusion) regardé par ces spectateurs (qu’il s’agisse d’une épreuve sportive ou d’un concert ou autre : cette loi concerne tous les rassemblements où s’exerce une relation acteurs/spectateurs).

Par exemple, une pièce de théâtre demande des moyens relativement modestes : un texte, une troupe (éventuellement avec très peu d’acteurs) et une scène (éventuellement avec très peu de décors)… Voilà tout.
Cependant, l’audience qui assiste à la représentation doit avoir un bon niveau pour saisir le message du texte et la subtilité du jeu des acteurs. Attention, je ne suis pas en train de faire l’apologie systématique de TOUTES les pièces de théâtre !

Là, comme ailleurs, le sublime côtoie facilement le ridicule, surtout en ce qui concerne le théâtre dit « moderne ». Mais c’est juste un exemple pour me faire comprendre.

À l’inverse, une course de F1 exige des moyens autrement plus coûteux et compliqués : un circuit permanent avec toutes ses infrastructures, un plateau composé des écuries habituelles avec leurs voitures hypersophistiquées et une nombreuse troupe d’acteurs très spécialisés (des pilotes aux commissaires de piste). Et je ne parle même pas des moyens employés pour retransmettre la course en direct à la télévision (nombreuses caméras, y compris embarquées sur les voitures, liaisons satellites, commentateurs en plusieurs langues, etc.).

Les moyens sont là mais le niveau de l’audience est déjà beaucoup plus bas… En effet, comment peut-on justifier d’apprécier la F1 de ces dernières années ?

Le spectacle est inexistant (non, je n’exagère même pas et c’est bien cela qui est triste) tout comme le suspense. On pourrait me rétorquer que les fans de F1 sont des esthètes capables d’apprécier la pureté mécanique et la vitesse extrême procurée par le pinacle du sport auto… Même pas. Pour ce qui est de la vitesse, les 500 miles d’Indianoplis sont bien plus impressionnants et le suspense est plus souvent présent aux 24 heures du Mans. Alors, comment comprendre que la F1 draine de telles audiences (en volume plutôt qu’en qualité) ?

Tout simplement parce qu’on a dit et répété à ces amateurs de sport auto « voici le sommet du sport automobile : ici sont réunis les meilleurs pilotes et les voitures les plus rapides jamais construites. C’est la pointe absolue de cette discipline… ». Prosternez-vous et appréciez, point.

Remarquez bien que ce type de raisonnement s’applique tout aussi bien à d’autres sports comme le foot ou le rugby où le spectacle peut être absent mais qui rassemble quand même les foules simplement parce que « c’est la coupe du monde »…

C’est là où c’est vraiment triste : ces gens ne vont pas apprécier tel ou tel spectacle en fonction de leurs critères personnels mais plutôt en fonction de ce qu’on leur dit. Ceci explique une bonne part de la popularité endémique du football… Nombreux sont ceux qui suivent les championnats de foot simplement « pour faire comme tout le monde » (n’oublions pas que la pulsion d’intégration est un puissant moteur à l’œuvre en permanence dans l’immense majorité des cas… On imagine les ravages dans le cas des « supporteurs » !).

Bref, on l’aura compris, tout ce qui est universel est inévitablement médiocre. Et cette médiocrité convient parfaitement aux médias car elle leur permet de mieux faire passer leur propagande.