No Man’s Sky, pourquoi tant de haine ?

La sortie du très attendu No Man’s Sky (NMS) a provoqué bien des réactions haineuses finalement. Certaines sont même drôles comme celle-ci :

Il faut dire que les vidéos promotionnelles promettaient beaucoup…

Alors, pourquoi tant de haine ?

Pour deux raisons : tout d’abord, la sortie de la version PC (peu après celle pour PS4) s’est mal déroulée… Quelques bugs bloquants empêchaient de lancer le jeu ou, si NMS daignait tout de même démarrer, le niveau de performances était lamentable. Du coup, de nombreux enthousiastes (ceux qui avaient pris les vidéos promotionnelles pour argent comptant…) se sont transformés en déçus de la première heure et ont demandé le remboursement de leur achat (à 60€, NMS n’est pas tout à fait donné…) sur Steam. J’ai pu faire l’expérience de ce démarrage chaotique et, franchement, ça ne méritait pas ce déferlement d’injures : j’ai pu régler le problème du lancement en éditant deux lignes dans un fichier de paramétrages… Pour la suite, je n’ai pas constaté de « performances lamentables » alors que mon PC (utilisé uniquement pour les jeux et la simulation) n’est pourtant pas de première fraicheur…

Mais cela nous amène à la seconde raison : le ressort trop tendu des attentes a déclenché la claque de la déception !

NMS a fait le buzz pendant des mois, voire des années. C’est bon pour les ventes, car plus de 200 000 joueurs se sont rués dessus lors de sa sortie. Mais, l’époque est ainsi faite, nous sommes désormais rapides à brûler ce que nous avons adoré. De puis ce lancement semi-raté (bonnes ventes mais problèmes techniques), l’attrait de NMS semble décliner de plus en plus comme le montre ce graphique :

Source : Steam Spy

Source : Steam Spy

En vérité, il ne faut pas trop accorder d’importance à ce déclin apparent car il en va ainsi de tous les nouveaux jeux : beaucoup d’effervescence avant et pendant la sortie et puis l’enthousiasme s’éteint au fur et à mesure des semaines. J’avais constaté la même chose lors des championnats en simulation : beaucoup de concurrents lors des premières courses, beaucoup moins par la suite. Il vous suffisait d’être constant pour accrocher une place honorable au tableau final, car peu avait le courage de s’accrocher.

Je crois aussi savoir pourquoi NMS a déçu une grande partie des joueurs : NMS n’est pas et ne peut pas être TOUT pour TOUS !

Si vous voulez un jeu  de combats et une simulation de pilotage spatial, tournez-vous plutôt sur Elite: Dangerous. Elite serait formidable d’ailleurs s’il n’y avait pas les trolls qui gâchent tout. Combien de fois ai-je été détruit par un pirate qui s’amusait à attaquer tout ce qui passait à sa portée ?

Trop de fois. Cela m’a lassé et je préfère largement le calme de NMS.

Sur NMS, pour apprécier le jeu, faut savoir prendre son temps. Hein, quoi, prendre son temps ? Sérieux ?
Ben oui, de nos jours, c’est presque contre-intuitif !

Mais c’est sans doute pour cela que je fais partie des rares qui apprécient ce jeu : découvertes lentes, explorations mystérieuses, combats découragés, c’est parfait pour moi.

 

Entretenir l’apathie, comment s’y prend la techno-structure ?

Voilà une exclusivité qui a échappé à Wikileaks !
Oui, voici le document secret soigneusement mis au point par les spin-doctors de la technostructure afin d’entretenir l’abrutissement et donc l’apathie de la population, facteur-clé du maintien du statu quo (voir l’article précédent sur le rôle de l’apathie dans notre civilisation moderne…).

Lisez bien, vous allez forcément reconnaitre des éléments très présents dans notre contexte…

1- Créer des coquilles vides aux noms rassurants

Il faut distiller une atmosphère de type « dormez tranquille brave gens » avec des agences aux noms pompeux censées assurer la sécurité du citoyen (genre « Agence Nationale de sécurité du médicament et des produits de santé »… ça sonne bien, hein !), mais qui seront inoffensives pour nos industriels, car « staffés comme il faut » (faire tout de même attention aux conflits d’intérêts un peu trop évidents, soigner le recrutement sur ce plan…).

2- Favoriser les addictions

Toutes les addictions sont bonnes pour nous en particulier celle aux médicaments (puisqu’on ne peut plus pousser le tabac et c’est bien dommage…). L’addiction aux médicaments nous offre deux avantages : tout d’abord, les gens sont obsédés par la quête de leur dose et ne pensent pas à autre chose pendant ce temps-là (toujours ça de gagné !) et, ensuite, les médicaments ont tendance à abrutir et ça aussi, ça va dans notre sens…

3- Décourager l’esprit d’entreprise

Si nous voulons que les gens s’en remettent à nous pour tout, il faut les dissuader d’entreprendre dans tous les domaines. En effet, un entrepreneur est un esprit libre qui a réussi, pas vraiment ce qu’on veut !
La réussite sociale doit être, au mieux, le fruit du hasard. Donc, le Loto (qu’il faut donc valoriser à toutes occasions) nous va bien mieux que les start-ups.

4- Mettre en avant l’égalitarisme

Attention, il ne s’agit pas d’égalité des chances, mais bien de la notion d’égalité poussée dans sa caricature. Ainsi, on favorisera le nivellement par le bas et on découragera les meilleurs éléments d’inspirer les autres. La médiocrité à tous les niveaux est notre meilleure alliée, il faut donc un cadre adapté à sa généralisation.

5- Promouvoir les profils les plus communs dans les médias

Nos médias doivent être un reflet de ce que nous voulons obtenir. Ils doivent aussi conforter les gens dans leurs situations, les rassurer en leur montrant que l’élite des médias (les présentateurs principalement) est « comme eux », c’est très important. Il faut donc privilégier les profils un peu (ou même beaucoup) « beaufs », car c’est pile ce que nous souhaitons généraliser à grande échelle au sein de la population.

6- Brouiller la notion de normalité

La notion de normal doit être modelée et redéfinie continuellement par nous. Ce sont nos médias qui doivent marteler ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. Et, bien sûr, il faut que cette notion soit fluctuante afin que la population soit obligée de s’en remettre aux médias plutôt que d’avoir ses propres repères.

7- Promouvoir les « idiots utiles »

Les féministes, les antiracistes et, d’une façon générale, tous les groupes qui ont une attitude agressive et sectaire sont nos alliés. Ils nous permettent d’intimider la majorité silencieuse à peu de frais et ainsi de faire comprendre aux gens qu’il vaut mieux ne pas s’occuper des grandes questions. Et tous les déviants à notre ligne doivent punis par un ostracisme systématique et permanent.

8- Implanter quelques irritants

Il est bon que les gens soient frustrés par des situations anormales, mais sans pouvoir exprimer leur frustration (d’où l’utilité des groupes sectaires du point N°7). Donc, il conviendra de disperser ça et là quelques « irritants » comme favoriser les « gens du voyage ».

9- Décourager le fond, favoriser le spectaculaire

Est-il utile de rappeler combien les contenus diffusés par notre industrie du divertissement sont importants ?
Non, bien entendu. Cependant, je tiens à attirer encore une fois votre attention sur les grandes tendances à favoriser systématiquement. L’accent doit-être mis sur le spectaculaire et jamais sur les questions de fond. Il faut que le spectateur soit toujours en état de stupéfaction et jamais en état de réflexion.

10- Utiliser l’émotion à chaque occasion

L’émotion est la réaction qui nous est la plus utile, toujours !
Donc, chaque événement doit toujours être présenté en ayant recours à ce biais. Les présentations factuelles et froides ne nous apportent rien, il faut les bannir définitivement. Il faut promouvoir les présentateurs et les créateurs qui arrivent à faire pleurer les masses, car ils nous sont formidablement utiles.

 

Les deux grands modèles de société humaine au banc d’essai !

La Russie communiste de Staline ou, plus près de nous, la Turquie d’Erdogan relèvent du même modèle d’organisation humaine : le modèle brutal appelé aussi dictature.

La dictature a recours à la violence pour maintenir l’ordre établi (le sien) ainsi qu’à la propagande afin de faire admettre son dogme (genre « nous sommes les plus forts » ou bien « Dieu est avec nous »). Bien entendu, il arrive que cette violence se retourne contre cet ordre établi qu’elle était censée défendre. C’est un peu l’illustration du dicton biblique « celui vit par l’épée périra par l’épée » appliqué aux sociétés humaines.

Mais il existe un autre modèle, celui inventé par les démocraties modernes qu’on appelle aussi souvent « les dictatures douces » (par opposition aux dictatures violentes) mais que je vais plutôt nommer « modèle apathique ».

Le modèle apathique, vous l’aurez compris, se sert de l’apathie du peuple pour rester en place. Grâce au lavage de cerveaux permanent exercé par les médias, personne ne songe à se révolter, rien ne peut provoquer un sursaut puisque le ressort est cassé à la base.

De temps en temps, des révélations font surface dans les médias, comme celle-ci par exemple :

Mais alors que cette révélation devrait soulever les foules, on ne constate… rien. Le système n’essaye même pas d’empêcher ce type de « fuites », il les organise même, car cela apporte deux bénéfices : tout d’abord faire croire que l’information est libre et que les idées peuvent circuler (pensez, on est même mis au courant des scandales !) et ensuite, provoquer un sentiment de fatalité (et qu’est-ce qu’on y peut, hein ! on sait bien qu’ils nous trompent et nous mentent…) qui étouffe toute envie de réagir.

Pareil pour des tours de passe-passe de bas niveau comme celui-ci : http://www.medias-presse.info/lordonnance-est-passee-en-france-desormais-une-banque-pour-se-renflouer-pourra-ponctionner-les-comptes-de-ses-clients/42401

Là aussi, normalement, on devrait avoir un mouvement populaire auprès duquel « nuits debout » serait une aimable récréation. Mais, là encore… rien.

Le modèle apathique est incroyablement solide, car, avec lui, nulle violence pour nourrir une opposition, pas d’énergie pour une réaction, une révolte… La résilience du système est inscrite dans sa nature même !

Oui, les dictatures violentes sont vouées à disparaitre : trop visibles, trop violentes. Les démocraties sont déjà en train de triompher grâce à ce système « soft » qui offre tous les avantages : un peuple esclave tout en n’étant pas conscient qu’il l’est. Non, moins que jamais, cette révolte ne viendra pas

Le préjugé est le principal biais cognitif sur la perception de l’Histoire…

En matière d’Histoire, nous sommes tous victimes d’une foule de préjugés, c’est un biais cognitif massivement répandu. Allez, un exemple !

Connaissez-vous la différence entre Lénine, Trotski et Staline ?

Facile me direz-vous : Staline, c’est le grand méchant de la bande, Trotski, c’est le type bien, brillant, mais trop naïf qui s’est fait rouler par le grand méchant et enfin, Lénine, c’est la légende du communisme. OK, vu comme cela, on est en pleine image d’Epinal !

La réalité est que, sur le plan moral, il n’y a aucune différence entre ses trois personnages : Staline a effectivement usé et abusé de la terreur pour assoir son pouvoir mais Lénine et Trotski (avec moins de succès pour ce dernier !) aussi !

Il suffit de citer Trotski « il n’y pas de problème au monde qui ne puisse être résolu par ce seul mot : fusillé ! » pour comprendre que Léon n’était pas seulement un aimable penseur… Pareil pour Lénine qui n’a jamais hésité à faire tirer sur les grévistes, à annuler un scrutin et mettre en place la répression par le biais d’une police politique consituée de voyous.

Et pourtant… pourtant, l’image que nous avons de ces trois personnages est très différente et je suis certain d’en choquer beaucoup en affirmant qu’il faut mettre Staline et Trotski dans le même sac (absolument). Pourquoi avons-nous cette distorsion entre image et réalité ?

Tout simplement parce que nous sommes tous victime d’un conditionnement !
Le conditionnement que nous avons reçu à l’école renforcé ensuite par le flux des médias. L’Histoire n’est jamais écrite au hasard, il y a toujours un agenda. Ici, il fallait qu’il y ait UN super méchant, ce qui permet d’amoindrir le rôle des autres… Ainsi donc, se dire trotskiste n’est pas honteux ni insultant (ça devrait pourtant). On rencontre encore des gens qui revendiquent cette étiquette (je suis trotskiste) alors que c’est assez rare l’étiquette nazi par exemple… Les effets du conditionnement vous dis-je !

Mais puisqu’on évoque les super méchants, personne n’arrive à la botte de Hitler alors que Staline, pour rester avec le « petit père des peuples » est connu pour avoir tué plus de Russes qu’Adolf lui-même… Mais ce n’est rien à côté de Mao. En effet, le grand timonier mériterait le titre de « plus grand super méchant de l’Histoire » haut la main… Et pourtant, c’est toujours Hitler qu’on retrouve au sommet de ce podium (si j’ose dire…) !

Pourquoi ?
Encore une fois, le conditionnement. Mao comme Lénine a hérité d’une aura de légende et personne ne prend la peine de creuser cette légende. Si on le faisait, on s’apercevrait vite que Mao a causé la mort de plus de chinois que personne auparavant. Le décompte des victimes du grand timonier fait même apparaitre Hitler et Staline comme des petits joueurs.

Mais voilà, écorner l’image de Mao n’est pas prévu par la pensée unique qui nous subjugue. Donc, Hitler reste le seul super méchant de l’Histoire (et Staline reste le seul à être honni comme responsable du désastre communiste qui ravagea la Russie pendant trop longtemps).

Les limitations de vitesse sont une illustration de la nocivité de la bêtise…

Dans le code de la route, il est clairement dit que chaque conducteur doit moduler la vitesse de son véhicule en fonction des circonstances et de l’état de la route… Si on prend cet impératif au pied de la lettre (et c’est ce qu’il faut, non ?), les limitations de vitesse sont inutiles.

Dernièrement, j’ai pu faire un tour en Allemagne avec ma Porsche Cayman et j’ai pu mettre en pratique ce principe : j’ai pu rouler vite (180+ km/h) quelques rares fois mais, la plupart du temps, je suis resté dans la zone habituelle des 120 km/h (car il avait trop de trafic : on doit doubler les autres voitures avec une différence de vitesse raisonnable, n’est-ce pas ?). Voire moins : sous la pluie, avec ses pneus larges, la Cayman est sensible à l’aquaplaning et donc, dans ce cas, je roule toujours très prudemment (je n’hésite pas à descendre à 80 km/h voir moins si nécessaire).

J’en profite pour préciser que le mythe des autoroutes Allemandes est bien cela : un mythe. Il y a effectivement des sections où la vitesse est libre mais, la plupart du temps, la vitesse est limitée à 120. De plus, certaines voies sont étroites, en mauvais état et avec beaucoup de trafic, bonne chance pour aller vite sur ce type de route donc !

Je ne recommande pas du tout l’autoroute qui mène à Stuttgart par exemple alors que celle qui va à Munich est plutôt bonne.

Bref, tout cela pour dire qu’il faut être fou pour foncer quelles que soient les conditions. Fou ou stupide. Les gens qui sont réellement fous sont peu nombreux en fait. En revanche, pour ce qui est de la stupidité, vous savez comme moi que c’est largement répandue, hélas…

Et c’est pour cela que nous avons nos limitations de vitesse : parce que quelques imbéciles sont incapables de comprendre et respecter le principe de la vitesse conditionnelle (c’est-à-dire soumise aux conditions de route). Oui, je l’affirme tranquillement, nous sommes submergés par les règlements contraignants à cause des imbéciles. Si ça, ce n’est pas une preuve de la nocivité de la bêtise, que vous faut-il ?

Donc, la priorité pour améliorer notre société, c’est de changer notre attitude vis-à-vis de ces imbéciles. Terminé le « oh, c’est pas de sa faute, il ne l’a pas fait exprès » et autre débilité désolante. Quand un crétin fait une connerie, c’est parfaitement de sa faute et il doit être puni pour cela, de préférence sévèrement.

Parlons politique pour une fois : le phénomène Trump !

Pour évoquer et résumer le phénomène Trump, je vais laisser la parole à Alain Soral car la vidéo ci-dessous est très juste sur bien des points, pour ne pas dire tous. Avant que vous ne commenciez à m’insulter, je précise que je ne suis pas un admirateur inconditionnel d’Alain Soral (car ce dernier s’exprime beaucoup, sur tous les sujets et c’est difficile de ne pas être en désaccord avec lui sur certains…). Mais quand Soral vise et dit juste, autant y faire référence, non ?

Laissons de côté l’obsession « sioniste » de Soral, ce n’est pas le sujet de cette vidéo (ou, en tout cas, pas le sujet principal), ce qui est dit ici est quasiment juste à 100% même si c’est difficile à comprendre, surtout pour nous Européens. Moi aussi, j’ai mis du temps à comprendre et à percevoir l’ampleur du phénomène Trump mais j’ai finalement eu la révélation en allant à Daytona en février dernier. Pour rejoindre Daytona, j’ai traversé la Floride via le sud afin d’éviter de passer par Orlando (pas à cause des shooters potentiels dans les boites de nuit, mais à cause des embouteillages systématiques qui rendent la traversée d’Orlando très pénible…) et c’est là que j’ai vu les multiples pancartes de soutien à Trump. On était alors en pleine campagne des primaires et le tour de la Floride allait venir. Pas une seule de ces pancartes pour Jeb Bush ou pour Rubio (traditionnellement, les américains plantent des petites pancartes dans leurs jardins avec le nom du candidat de leur choix), pourtant les « enfants du pays » mais ayant le tort d’être perçus comme des valets, des pions du système (le système = Washington et son congrès inepte). Les « rednecks » de l’intérieur (en langage politiquement correct, je devrais dire « les vrais gens »…) des terres avaient fait leur choix : Trump et rien d’autre !

Delray Beach, Florida. Pas vraiment l’intérieur des terres mais la Floride, tout de même…

Car c’est une année « insurrectionnelle » : les gens (les Américains du moins) en ont marre de tout ce qui vient de Washington… Et on peut les comprendre : depuis des années, le congrès US ne fonctionne plus car trop polarisé entre les républicains qui ne veulent que gêner Obama et les démocrates qui ne pensent qu’à combattre ces mêmes républicains. D’ailleurs, polarisation est le mot-clé pour comprendre la politique américaine : en Europe, nous avons des oppositions entre les parties mais rien d’aussi radical, d’aussi forcené qu’aux Etats-unis. D’où cette notion « d’insurrection » qui va se limiter à cette prochaine élection avec le choix d’un candidat comme Trump qui aurait été très improbable lors des élections précédentes.

Je pense aussi que Trump va gagner l’élection générale une fois qu’il aura été désigné comme candidat officiel des républicains. Non pas que je le souhaite !
Comme beaucoup, je pense que Trump va être un terrible président (terrible dans le sens de « horrible »…). Peut-il se révéler pire que Dubya (Georges W Bush) ?

C’est possible mais ça ne sera pas la fin des USA. L’Amérique a déjà subi son lot de mauvais présidents sans que cela remette vraiment en cause son statut et sa puissance.

Ronald Reagan est auréolé d’une légende mais il s’est révélé être un mauvais président (mais un très bon communicateur).

Au-delà du mythe de Reagan : personne n’est arrivé à la Maison Blanche en étant aussi peu capable que lui…

Même JF Kennedy, la super légende, n’était pas aussi bon que ce que croient encore de nombreuses personnes : Il a entrainé l’Amérique dans la guerre au Vietnam, il est à l’origine de la crise des missiles de Cuba (encore heureux qu’il ait contribué à la dénouer…) et ainsi de suite…

JFK jeune aux côtés de son père, un « drôle » de bonhomme !

Bref, j’ai parié un petit déjeuner avec un ami américain que c’était Trump qui allait gagner face à Hillary Clinton (pour lui, Trump est une aberration…). Pour deux raisons : Trump sait mener campagne (ces derniers mois viennent de le prouver) et Hillary va avoir bien du mal à faire un score correct…

OK, tu peux nous en dire plus sur le second point ?
Bien entendu. Pour ne rien vous cacher, je ne suis pas un très grand fan d’Hillary Clinton non plus…

Cette chère Hillary…

La faiblesse de la position d’Hillary Clinton est visible dans la première partie de sa campagne : alors qu’elle avait tout l’argent nécessaire, elle a peiné à se débarrasser de Bernie Sanders qui n’était pourtant pas un adversaire à sa mesure. Le brave Bernie est sans doute un chic type mais il n’y avait aucune chance qu’il puisse être le candidat des démocrates dans un pays où le terme « socialiste » est synonyme d’insulte (tiens, on devrait faire pareil d’ailleurs !). Donc, Sanders était candidat à l’investiture parce qu’aucun des grands pontes parmi les démocrates ne voulait affronter Hillary (vous comprenez, c’était son année cette fois, son tour quoi…). Et pourtant Sanders a fait mieux que se défendre !

Bernie, c’est un marrant en fait !

Ce fait et ce fait seulement permet de comprendre pourquoi Hillary est mal face à Trump. Mais ce n’est pas tout !
J’avais du mal à comprendre pourquoi Hillary n’était pas apprécié même dans les rangs des démocrates et c’est en interrogeant mes amis américains que j’ai compris… Hillary Clinton est perçue comme quelqu’un de faux, une personne en qui il est difficile d’avoir confiance.

Petite joueuse ! Faut que tu regarde du côté du « président normal », lui, il s’y connait en coiffeur…

Cette difficulté à être apprécié vient, entre autres, de son attitude lors de l’affaire de Benghazi. Bref, tout cela pour dire que je pense que Trump a raison quand il dit que Clinton n’est pas appréciée, même des femmes… Surtout des femmes en fait !

Pour finir, n’allez pas croire que je pense que Trump est super. En fait, ce type est capable de dire n’importe quoi et de tout de même s’en tirer. Cela en dit long sur l’état intellectuel de notre société actuelle. Certes, Reagan a fait pareil. Berlusconi aussi. Mais tout de même, Donald est capable de mettre la barre assez haute, jugez plutôt :

Oubliez les blogs, c’est désormais l’ère des chaines YouTube…

En 2004, quand on voulait s’exprimer sur le Web, on ouvrait un blog et il y en a aujourd’hui beaucoup (mais peu qui vaille le détour, hélas…). Tout cela, c’est du passé. Aujourd’hui, si vous voulez diffusez du contenu et être entendu, ce n’est plus un blog qu’il faut lancer mais une chaine YouTube !

Les YouTubers (eh oui, on dit comme cela !) les plus regardés sont vus comme les nouvelles vedettes du moment avec une notoriété (souvent auprès d’une population jeune, pas de surprise de ce côté-là…) qui peut parfois être carrément surprenante.

Non, je ne vais pas évoquer les Cypriens et autres stars déjà connues mais je vais plutôt vous inciter à dénicher les pépites -encore- inconnues mais qui valent d’être découvertes…

Commençons par DirtyBiology => https://www.youtube.com/channel/UCtqICqGbPSbTN09K1_7VZ3Q

Comme son nom ne l’indique pas, il s’agit de vulgarisation scientifique. C’est dense et précis, bien fait, bien dit, rien que du bon !

Voilà un (bon) exemple de ce qu’on peut trouver sur DirtyBiology…

Pour les cats lovers (j’en fait partie et je n’ai pas honte de le dire !), il y a Cole and Marmelade => https://www.youtube.com/channel/UCvmijL-eepDVHYSJHDY3d6w

Le titre de cette vidéo parle de lui-même !

Pour les passionnés d’Histoire, il y a Histony (Veni, Vidi, Sensi) => https://www.youtube.com/channel/UCt8ctlakIflnSG0ebFps7cw

Très intéressant et bien documenté, même si le narrateur est une caricature du gauchiste à barbichette !

C’est rare de voir quelqu’un parler d’Henri Guillemin et c’est encore plus rare que ça soit juste…

Voilà, je ne vous propose que ces trois-là car, en cette époque de sur-offre et d’abondance, mieux vaut (un peu de) qualité que (bien trop de) quantité…

 

 

Roland Garros, sur la pente du déclin ?

Pour le moment, Roland Garros est toujours un tournoi prestigieux, faisant partie du très convoité « grand chelem ». Mais pour encore combien de temps ?

En effet, on peut s’interroger sur la gestion par les organisateurs (lire cet article pour preuve), car les tribunes sont restées quasi vides tout au long de ces deux semaines. Ce n’est pas la faute de la météo (pourtant bien pourrie, comme d’habitude depuis deux mois) qui aurait pu refroidir les ardeurs des spectateurs… Mais ce n’est pas pour cela, hélas. Car, l’erreur des organisateurs, c’est de donner la priorité aux entreprises qui leur achètent des « packages ».

C’est une méprise classique : en pensant vendre des places, l’organisateur croit oeuvrer pour le bien de son épreuve, mais les gradins vides annulent tout le bénéfice de l’opération, car le dommage en terme d’image est bien plus grand que les résultats financiers. Sur le long terme, c’est ainsi qu’on abime le prestige d’un événement, petit à petit, sans y prendre garde. En négligeant son vrai public (celui des passionnés et non celui des entreprises), l’organisateur se trompe de cible et se tire une balle dans le pied. On en reparlera dans quelques années…

Parlons politique, pour une fois…

Et si on évoquait un peu la politique cette fois ?

Pas la politique française bien sûr : avec un parti socialiste obsolète, mais tout de même au pouvoir et un président « normal », mais qui fait rire le monde entier, la politique française est complètement déprimante. Merci donc, mais non merci.

Penchons-nous plutôt sur la politique américaine. Vous me direz que c’est plus que jamais le moment avec les primaires de la prochaine élection présidentielle… D’un côté (les démocrates), Hillary Clinton peine à se débarrasser de Bernie Sanders (alors qu’on lui annonçait un boulevard !). De l’autre (les républicains), Trump fait la course en tête alors que ce type est incontestablement un clown. Avant de se moquer des Américains, rappelons-nous que nos voisins italiens ont élu Berlusconi (un autre clown) et que nous-mêmes avons élu Chirac (deux fois) avant de passer à Sarko puis à Flanby… Ah oui, ça calme, hein !

Non, laissons les primaires de côté aussi, ça n’est pas très réjouissant.

Penchons-nous plutôt sur la seule vraie question, le seul vrai mystère de la politique américaine : pourquoi les pauvres votent-ils républicains ?

Pas tous les pauvres, mais une grande partie, une bien trop grande partie à voter pour leurs oppresseurs en dépit de toute logique (ok, les gens sont stupides, une preuve de plus…).

Or, voici justement qu’un article tente de répondre (avec brio) à cette importante question : I Know Why Poor Whites Chant Trump, Trump, Trump

C’est long, tout en anglais, mais on y apprend des tas de choses. Saviez-vous, par exemple, que l’esclavage en Amérique a commencé avec des blancs (plus ou moins « volontaires » !) avant d’être massivement remplacé par des noirs (importés d’Afrique) ?

Pour ma part, je l’ignorais. C’est ce qu’on apprend dans cet article que je vous encourage vivement à lire (regardez également la petite vidéo sur la « corruption légale », édifiant !).

La vraie liberté d’expression n’est pas bien vue, de nos jour et sous nos latitudes…

Nous avons beau jeu de dénoncer les régimes totalitaires et archaïques pour leur traitement des minorités ou leur façon de juguler la fameuse liberté d’expression… Mais j’affirme qu’on fait exactement pareil, en particulier pour cette dernière (la liberté d’expression) !

« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. »
Antoine de Saint-Just – 1767-1794

Avec des raisonnements à la Saint-Just, on a vite fait de justifier n’importe quoi et en particulier de museler celles et ceux qui ne pensent pas comme vous, comme la majorité, comme le veut le trop funeste « politiquement correct »…

En France (et ailleurs aussi), il y a des tabous, des notions indicibles, des éléments pour lesquels aucun débat n’est permis. Et ceux qui s’y risquent sont lourdement punis : ostracisés, ridiculisés, marginalisés et réduit au silence. Les médias sont les chiens de garde principaux, mais il peut arriver que même la Justice s’en mêle et que vous soyez poursuivis pour « crime de la pensée », mais oui !

Dans le soi-disant pays des droits de l’homme et de la liberté d’expression, dans le pays où tout les alignés proclament comme un seul individu « je suis Charlie » ou autre niaiserie du même acabit, il y a certaines choses qu’il n’est pas possible de dire. On en est revenu au temps de l’inquisition et des bûchers.

Du coup, dans notre époque ubuesque, on peut crier « Hollande est un clown », mais pas demander la légalisation du droit au suicide… Là, c’est mal, c’est une incitation irresponsable vous comprenez !

Ces tabous sont nombreux et vous en connaissez tous certains. Quelques-uns sont évidents (tout ce qui est lié à la Shoah, c’est même dans le droit pénal !), d’autres sont plus subtils (comme la vaccination obligatoire qui ne doit même pas être discutée, voyons !). Mais les moyens de renforcer ces tabous, eux, sont presque toujours les mêmes. Tout d’abord, on va vous attaquer ad hominem, vous traiter de raciste (raciste, c’est bon, ça marche toujours même si le sujet de la dispute n’a rien à voir avec le racisme !), vous disqualifier sur tous les plans sans même prendre le temps de réfuter votre argument. Pas besoin puisque votre argument ne DOIT PAS être discuté, point.

La réalité présente c’est que la seule opinion acceptable, c’est celle qui ne gêne pas le statu quo, celle qui est bien « mainstream » et qui peut donc être reprise ad nauseam par la machine médiatique (la première à se prévaloir de la liberté d’expression et la première à la combattre… go figure!).

USA : évoquons rapidement le problème des armes à feux…

Aux USA, difficile d’y échapper : les fusillades arrivent presque une fois par semaine dans le pays et tout le monde (y compris vos amis) a un avis sur ce délicat sujet… Les armes à feux personnelles !

C’est à des aspects comme celui-ci qu’on se rend compte qu’on peut vivre dans des mondes différents tout en restant sur la même planète… En Amérique, la propagande en faveur des armes est telle que la NRA va même jusqu’à proposer des versions « modernisées » des contes de notre enfance !

Du coup, on en arrive à des situations absurdes comme cette statistique délirante : aux États-Unis, les jeunes enfants tuent davantage de monde avec des armes que les terroristes.

Et l’incident récent impliquant une militante pro-armes a fait un certain bruit : Pro-armes à feu, cette mère est blessée par une balle tirée par son fils de 4 ans… C’est bête, hein !

Pourtant, rien à faire, la plupart de gens tiennent mordicus à pouvoir garder leurs fusils et leurs révolvers, même si c’est potentiellement mortel au sein du foyer… Go figure!

La saison MotoGP reprend, ça, c’est la bonne nouvelle !

La mauvaise nouvelle, c’est que ça reprend au Qatar, le pire endroit pour faire de la course moto et ce pour plusieurs raisons…

Mais plutôt que de vous expliquer pourquoi le GP du Qatar est inapproprié pour le MotoGP, je veux en profiter pour vous faire découvrir une excellente source : Motomatters.com avec ce formidable article sur le sujet (et oui, c’est en anglais… arrêtez de râler et mettez-vous à lire dans cette langue, ça ne peut que vous faire du bien !).

Connerie humaine et guidons de moto…

Comme vous le savez peut-être si vous consultez mon blog « Freedom machine« , j’aime la moto et la pratique régulièrement des deux côtés de l’atlantique… Mais ça ne m’empêche pas d’être lucide sur la connerie humaine même quand celle-ci envahit le monde des deux-roues à moteur !

Aujourd’hui, nous allons évoquer un phénomène atterrant (et aberrant aussi) qui sévit aux USA : l’utilisation de guidons hauts, très hauts, trop hauts…

Une image vaut mille mots, parait-il… Vous voyez ce que je veux dire, hein !

On pourrait s’imaginer que cet individu est seulement une triste exception, mais non, il n’est qu’un exemple d’une tendance, hélas !

Personne au guidon cette fois… Et ça se comprend !

Comment peut-on imaginer « conduire » des engins pareils ?
Et surtout, comment peut-on imaginer que parader à ces « guidons » puisse être positif (de la frime, ça ?) ?

Il est beau celui-là ! Une belle tête de vainqueur…

J’avoue que cela me dépasse. Tout est absurde dans cette mode : le contrôle n’est pas bon, le confort est horrible (surtout avec les pieds en avant et les reins cassés !), rien ne justifie une posture pareille !

Celui-ci est sans doute une forme de record, non ?

Je trouvais que la mode des « cafés racers » était ridicule (et je le trouve toujours) mais ce n’est rien à côté de cette tendance absurde des « guidons hauts »… Avec sa cohorte de pauvres types tous pareils : barbus, tatoués, bandanas, etc. Un vrai uniforme en fait !

Mais bon, il y a bien des modes que j’ai du mal à comprendre en matière de vroum-vroum comme les « bouncing cars » !

Pourquoi le service est-il meilleur aux USA ?

Aujourd’hui, nous allons évoquer l’accueil et le niveau de service dans les commerces de proximité aux USA. Mais, avant d’aller plus loin, deux avertissements qui me semblent nécessaires avant de me faire insulter :

1- Je ne confonds pas la Floride (et même le coin de Floride où nous vivons la moitié de l’année) avec le reste des USA. Certes, il y a des similitudes, mais, comme vous le savez, les généralisations sont hasardeuses et je suis certain qu’on trouve des endroits aux USA où on est aussi mal accueilli et servi qu’en France…

2- Je ne suis pas pro américain (je ne suis pas anti américain non plus d’ailleurs), pas plus que je ne suis anti-français en fait. Simplement, il vaut mieux être lucide sur nos forces et faiblesses que bêtement dogmatique sur son pays.

Voilà, ceci étant dit, je peux développer mon argument désormais…

D’une façon générale, je me suis aperçu qu’on était bien mieux accueilli et bien mieux traité en tant que client en Amérique qu’en Europe. En peut débattre, épiloguer et ce disputer sur ce point, mais il me parait plus intéressant de se demander pourquoi… Au début, je me suis dit qu’il s’agissait simplement d’une caractéristique (intéressante) des Américains : ils ont compris que le client était roi (pas toujours, mais passons…) et qu’il fallait le traiter ainsi.

Et puis, en examinant mieux les conditions, je me suis aperçu que ce n’était pas simplement « une bonne pratique » encouragée par le management. Après tout, il y a des exemples semblables en France comme Thiriet où le personnel se comporte toujours très bien.

En fait, la vraie différence se situe au niveau du volume du personnel… Là où dans un restaurant français il y aura péniblement deux serveurs (ou serveuses) obligés de courir pour s’occuper des clients, en Floride, un restaurant de la même taille sera bien mieux staffé avec deux ou même trois fois plus de serveurs… Et ça, ça change tout, évidemment.

Et, pour illustrer mon propos, j’ai deux exemples concrets : un concessionnaire Huyndai et un car wash, Eager Beaver.

Commençons par le concessionnaire Hyundai de Sarasota où j’ai été obligé de conduire notre voiture pour un rappel constructeur (lié à un problème mineur au niveau de la direction assistée, mais les constructeurs traitent sérieusement ses rappels désormais). Tout d’abord, j’ai pu prendre un rendez-vous sur le site Web du constructeur, très bien fait. Ensuite, à l’heure dite, je me suis pointé chez le concessionnaire…

gettel

La prise en charge est immédiate : je gare ma voiture dans le « tunnel d’accueil » et, aussitôt, un assistant s’occupe de moi avec ma fiche dans son clipboard. Je suis conduit au salon d’attente où toutes les commodités habituelles sont réunies pour me faire patienter dans de bonnes conditions (TV, café, magazines, fauteuils profonds, etc.) Finalement, il aura fallu garder ma voiture pour la journée, mais, pas de problème, on me prête aussitôt un énorme SUV (beuark !) neuf, gratuitement of course.

Ici, dans ce cas précis, c’est le personnel abondant qui fait la différence : pas d’attente, un accueil personnalisé, car ils ont eu le temps de préparer votre venue (vu que le rendez-vous était pris, j’étais donc attendu…), tout ça parce que le staff en place n’est pas surchargé, tout simplement.

Autre exemple significatif : Eager Beaver, un cash wash qui dépote !

eager-beaver

Toujours le même principe : on range sa voiture dans le « tunnel d’accueil » (qu’on voit ici à droite sur l’image ci-dessus), on choisit son programme, on confie ses clefs à l’assistant et on va patienter dans le salon d’accueil (qui ressemble à une mini-salle de cinéma !).

Une fois encore, le personnel est abondant et cela réduit l’attente à peu de chose, ce qui est un facteur déterminant sur l’expérience globale.

J’insiste, c’est aussi le personnel abondant à Publix (une chaine de supermarchés surtout présente en Floride) qui rend cette destination attractive : pas de caddie qui traine sur le parking, des allées où il y a toujours quelqu’un pour vous renseigner (et avec le sourire, svp !) et des caisses rapides, car elles sont nombreuses (pas de grosses files d’attente du coup) et même des assistants pour remplir vos sacs et votre caddie (ils vous accompagnent même sur le parking en cas de besoin, mais ça, je ne l’ai jamais accepté !).

C’est pas toujours les jeunes qui s’occupent de ranger les caddies sur le parking : tout le personnel s’y met à tour de rôle en fait…

Bref, on l’a compris, le volume de personnel disponible fait la différence. Une différence énorme. Bien entendu, en France, c’est tout le contraire : on cherche à réduire à tout prix le personnel sur le terrain, car le coût du travail ne permet tout simplement pas d’envisager un staff abondant. C’est l’actuel spaghetti de la législation du travail qui nous plombe. Car de jeunes sur les parkings des supermarchés pour s’occuper des caddies parce que la notion « d’emploi-jeunes » est carrément taboue chez nous… Bien joué !

Bien entendu, on pourra trouver des tonnes de contre-exemples en cherchant bien : bagarres dans les supermarchés avec les trop fameux « people of Walmart » et autres joyeusetés du même genre au pays de l’oncle Sam (sans parler des fusillades hebdomadaires !). Mais, comme je l’ai dit au préalable, il ne s’agit pas d’affirmer que tout est mieux aux USA, mais d’essayer de comprendre pourquoi c’est mieux quand ça l’est, nuance.

Le Diable est très occupé ces temps-ci…

Tous les lundis, le Diable fait le tour de ses départements. Il s’enquiert des résultats, définit les orientations, relance l’activité, motive les bons éléments, sanctionne les mous et les traine-savates. Bref, un vrai manager moderne !

Suivons-le lors sa dernière tournée, il y a beaucoup à apprendre de ses réunions… Comme à chaque fois, notre Diable commence par le département de la guerre.

Démon « guerre »- Une fois de plus, notre bilan est très positif. Même en l’absence d’un conflit majeur -et nous ne renonçons pas à parvenir à en déclencher un !-, la myriade d’affrontements de basses intensités -ce sont les militaires qui appellent cela comme ça, j’adore !- produit un lot significatif de victimes, de réfugiés et de destructions. La Syrie bien sûr, mais aussi la Libye qui est un théâtre d’opérations que nous avons réussi à réactiver et qui me parait très prometteur. Il y a aussi le Yémen qui continue à une bonne cadence. Bon, les choses se sont un peu calmées en Ukraine après un bon début, mais ça reste actif même s’ils en parlent moins. Et il ne faut pas négliger tous les petits conflits oubliés comme le Cachemire, la RDC, le Tibet, les Tamouls, le Pérou et d’autres encore. Ils n’en parlent jamais, mais les résultats produits sont loin d’être négligeables…

Diable- C’est bien, mais votre mérite est limité. Je sais bien que les hommes aiment se battre et on n’a pas besoin de les pousser beaucoup pour qu’ils le fassent. Donc, rabaissez un peu votre triomphalisme, on ne me la fait pas, à moi…
De plus, n’allez pas vers le spectaculaire, préférez les conflits longs. Les meilleurs résultats viennent avec le désespoir. Des foules de réfugiés nous sont préférables à un champ de bataille jonché de victimes, souvenez-vous-en. La guerre est un moyen pour nous, pas une fin.

Le Diable quitta la table suivi fidèlement de ses démons assistants.

Diable- Il m’énerve toujours un peu celui-là : il a le boulot le plus facile et il faut toujours qu’il la ramène comme si c’était grâce à lui que les hommes se faisaient la guerre…

Démon assistant junior- Dois-je noter un remplacement à planifier, maitre suprême ?

Diable- Non. Il est à sa place. C’est juste que je voudrais effacer son sourire niais…

Les deux assistants se regardèrent avec un sourire mauvais : ce démon-là finira tout au fond, tôt ou tard… Le petit groupe se dirigea vers l’aile des nouveaux départements, laissant de côté les départements traditionnels tels que « maladies » et « catastrophes naturelles ». Ces nouveaux blocs portaient des noms bizarres comme « obésité », « stupidité » et « big business ».

La prochaine réunion allait se tenir avec le démon en charge de « stupidité ». Ce dernier était déjà sagement présent dans la salle et attendait son maitre…

Diable- Bien, assis tout le monde, ne perdons pas de temps. Alors, j’ai lu votre dernier rapport et c’est bien, je suis content. Mais il ne faut pas se relâcher, notre effort dans votre secteur est absolument fondamental. C’est ici que nous rendons possibles nos résultats futurs. Donc, continuez à travailler les médias, il faut que les contenus aillent vers le bas, toujours. Il faut aussi réduire les dernières zones de résistances. Ah oui, j’y pense tout d’un coup : je dois vous féliciter, car c’est une très bonne idée que d’employer des intellectuels à justifier les programmes que nous avons inspirés. Si même les grands esprits s’y mettent, plus personne n’aura de réticence à se rouler dans la médiocrité, bien vu !

Les assistants du diable firent la grimace. Ils n’aimaient pas que leur patron s’enthousiasme pour tel ou tel démon… Surtout pour ces nouveaux qui semblaient être les chouchous du moment.

Démon « stupidité »- Merci maitre suprême. On pourrait faire bien plus, mais j’ai toujours du mal à obtenir des ressources. Notre département est encore petit et nous sommes tous occupés à 100%. Avec des ressources supplémentaires, on pourrait s’attaquer aux derniers pans de la culture qui résistent encore.

Diable- Je vais voir ce que je peux faire…

Et hop, dans un nuage de soufre, le « patron » était déjà retourné dans les couloirs, marchant d’un pas décidé vers le département « obésité »… Les assistants courraient presque derrière lui. Le plus ancien des deux se risqua à prendre la parole :

Démon assistant senior- Maitre, on ne peut pas augmenter ses effectifs à celui-là. On est déjà à court de personnel partout !

Diable- Vous n’y comprenez rien !
On peut facilement lui adjoindre une dizaine de succubes, à prendre dans le département de l’autre niais. Les succubes n’ont rien à faire avec la guerre il me semble, non ?
De toute façon, augmenter la stupidité des gens est notre atout majeur pour le futur. Les personnes stupides sont ignorantes et malléables. Il devient facile de leur faire prendre les décisions qui vont dans notre sens puisqu’elles ne raisonnent plus, mais suivent seulement leurs pulsions. Du coup, on pourra faire élire n’importe quel clown et leur faire adopter n’importe quelle habitude, même si elle est nocive. Oui, la stupidité est un bon investissement et nous devons le renforcer. Prendre là où il y a trop et mettre là où il n’y a pas assez, ça s’appelle l’équilibrage des ressources, de la bonne gestion, quoi !
Ah, voilà justement un département qui profite à plein de ce pari réussi…

Ils s’installèrent autour de la table du département « obésité » nouvellement créé…

Démon « obésité »- Notre groupe est encore jeune et nous ne fonctionnons pas encore à plein dans tous les pays, mais nous progressons, nous progressons sur tous les fronts. Nous recyclons à fond tout ce qui a été utilisé au temps des ravages de la cigarette et cela donne de bons résultats… De plus, nous faisons le maximum pour retarder la prise de conscience vis-à-vis des sodas. Nous avons un bon contre-feu avec les fast-foods alors qu’ils ne représentent qu’une petite partie du problème. L’essentiel vient des sodas et de la « process-food », mais le public ne s’en rend pas compte.

Diable- Oui mais il ne faut pas se contenter des résultats obtenus aux USA. Il faut prolonger l’effort au monde entier et vite avant qu’ils aient le temps de réagir et de s’organiser. L’exemple de la cigarette doit nous rester en tête : nous avons perdu gros sur ce front dernièrement, encore heureux que les chinois soient là pour prendre un peu le relais sinon, ça aurait été une défaite amère… Je ne veux pas subir cela de nouveau !

Démon « obésité »- Nous nous y employons, maitre, nous nous y employons, soyez-en sûr.

Diable- Et aussi, je veux que vous voir travailler main dans la main avec le département « stupidité », c’est votre meilleur allié. Je veux voir mes nouvelles créations se comporter plus intelligemment que mes départements traditionnels. Ce qu’on reproche aux hommes sur terre et qui nous arrange bien, je ne veux pas le reproduire encore et encore ici.

Démon « obésité »- Bien entendu, maitre. Je vais en faire ma priorité personnelle.

Aussitôt dit, le petit groupe était déjà parti vers le dernier rendez-vous de la tournée : le département « big business ».

Diable- Alors, je ne vous entend pas cette fois ?
Rien à m’opposer contre cette idée de s’occuper de près du « big business » ?
Si vous avez des choses à dire, c’est le moment !

Démon assistant sénior- Nous ne sommes que vos humbles serviteurs, maitre suprême. Cependant…

Diable- Ah, j’en étais sûr !

Démon assistant sénior- Cependant, nous sommes nombreux à ne pas comprendre pourquoi vous semblez vous détourner de nos armes traditionnelles pour favoriser vos nouvelles créations. Personne n’ose vous le dire, mais on commence à entendre quelques grognements dans les rangs…

Diable- Qu’ils grognent, mais qu’ils obéissent !
Je ne vous demande pas d’avoir des idées et heureusement !
Vu la pauvreté de vos réflexions, avec vous, on serait encore au moyen-âge et on serait complètement passé à côté de l’évolution majeure de ces deux derniers siècles…

Démon assistant junior- La révolution industrielle ?

Diable- Mais non bougre d’incube, la consommation de masse bien sûr !
C’est ça la vraie révolution qui a tout changé sur terre… Pour nous, c’est pain béni si j’ose dire.

Les démons assistants se forcèrent à rire pour bien montrer qu’il avait compris la blague du patron…

Diable- Bref, il ne faut pas laisser retomber le soufflé et c’est pour ça que je me bats à favoriser le « big business ». Ces quelques « idiots utiles » sont en train de nous faciliter les choses à tous les étages même si vous êtes incapables de le voir.

Arrivés dans le département « big business », le petit groupe pris place dans une salle de réunion somptueuse avec des écrans sur les murs diffusants CNN et Bloomberg en continue. Devant l’air étonné des assistants, le démon en charge du département cru bon de se justifier…

Démon « big business »- Oui, nous avons cru nécessaire de bien nous imprégner de l’ambiance des conseils d’administration des groupes modernes, voilà pourquoi nous avons copié la décoration…

Diable- On s’en fiche, vous faites ce que vous voulez avec votre mobilier du moment que vous pouvez me présenter des résultats… Les résultats, il n’y a que cela qui m’intéresse !

Démon « big business »- Bien entendu, maitre suprême. Et des résultats intéressants, j’en ai justement !

Diable- Je vous écoute…

Démon « big business »- Nous avons eu l’idée de susciter la création d’un syndicat. Oui, je sais, vous allez dire « c’est pas nouveau », mais attendez la suite…

Diable- N’abusez pas de ma patience…

Démon « big business »- L’innovation réside dans la forme : nous ne formons pas un cartel, ça échoue à tous les coups. Non, nous suscitons la formation d’une nouvelle entité qui va s’occuper exclusivement des actions de lobbying de tous les grands acteurs que nous suivons : Monsanto, Coca Cola, Exxon, etc.
Nous nous sommes rendus compte que, lorsqu’ils sont attaqués, ils répondent toujours de la même façon, mais en ordre dispersé. En concentrant les moyens, on réduit les coûts (ça leur plait toujours quand on met cela en avant) et on augmente l’efficacité. Du coup, on sait qu’on va pouvoir compter sur un pool de politiciens, de scientifiques et de journalistes à notre solde qui vont monter au créneau à chaque fois que nécessaire.

Diable- Hum, ça me plait. C’est effectivement vers ce type de solution qu’il faut aller. Et même, je veux plus. Je veux que le département « stupidité » puisse profiter de votre entité, aussi souvent qu’ils en auront besoin, bien compris ?

Démon « big business »- Bien compris, maitre suprême. Il en sera fait ainsi.

Toujours soucieux, le Diable quitta la belle salle de réunion avec ses assistants à ses trousses… Il y avait tant à faire, mais, en ce moment, les affaires marchaient bien !

Voilà, une petite fiction pour varier un peu. Bien sûr, toutes ressemblances avec des situations et des circonstances réelles ne seraient pas forcément complètement fortuites…

Quand un psychopathe dit la vérité sur le monde de maintenant

Tout ce qui est dit dans cette vidéo est assez juste et même précis (qui est issue du film « Rampage« ). Et ne faites pas l’erreur de croire que ça ne concerne que les USA !

Tout le bloc occidentale repose sur les mêmes fondements et les mêmes mécanismes…

Je suis en particulier d’accord avec une affirmation cruciale qui revient souvent dans cette vidéo (et c’est bien car c’est la clé) : tout est fait pour vous rendre et vous garder stupide.

Tous les médias, toutes les télévisions, tous les films d’Hollywood (ou presque) contribuent à cela : rabaisser le niveau général et faire en sorte que la population se comporte stupidement. Quand vous ouvrez les yeux sur la réalité du monde d’aujourd’hui, c’est d’abord cela qui vous saute au visage : la machine à abrutir tourne à plein régime partout et tout le temps !

Dans quel but ?
Pour le profit de qui ?

Un très bon article sur l’importance et l’intérêt de l’Histoire, avec un grand H

Vous savez que je suis un défenseur de l’intérêt de l’Histoire et que j’adore mettre en avant les leçons de l’Histoire (avec un grand H, toujours).

Mais je ne suis pas le seul à défendre cet angle et l’excellente équipe de Veni Vendi Sensi le monte avec un super article : l’importance de ne pas oublier, à lire absolument et sans délai !

Confirmation : oui, Hollywood sait faire des films intelligents !

Après « The big short », nous sommes allés voir « Concussions ».

Ce film est dérivé d’une histoire vraie (voir à https://fr.wikipedia.org/wiki/Seul_contre_tous_(film,_2015)). C’est un bon film (attention, c’est un bon film, pas un exceptionnel formidable, excellent…), intelligent et bien documenté. Comme quoi Hollywood sait faire ce genre de production, aussi. Hélas, que ce soit « Concussion » ou « The big short », ces films ne rencontrent qu’un succès très limité. D’un autre côté, une bouse comme le dernier Star wars déplace les foules. Fondamentalement, les gens ont le choix et font (presque systématiquement) les mauvais choix (c’est comme pour TF1, les gens peuvent regarder Arte -même si cette dernière n’est plus ce qu’elle était…- mais ils regardent tout de même TF1…). Il ne faut donc pas en vouloir aux gros méchants d’Hollywood : ces derniers produisent aussi des films respectables et intéressants… Problème, le public semble voter massivement en faveur des stupidités les plus crasses. Donc, donnons aux ânes ce qu’ils demandent raisonnent nos gros méchants et encaissons dans la joie et la bonne humeur !

Bonne année quand même, hein.

Un peu de positif : allez voir « Le casse du siècle » (The big short)

Un bon film, c’est quoi (pas le dernier Star Wars, déjà !) ?

C’est raconter une histoire (oui, je sais, ça parait évident, mais vu la vacuité des productions récentes, je ne vais pas hésiter à rappeler des évidences…). Mais c’est surtout avoir une bonne histoire et parvenir à bien la raconter…

Donc, dans ce cadre bien balisé, je vous recommande d’aller voir « Le casse du siècle » (« The big short » ici) que j’ai vu hier soir. C’est un bon film (pas un excellent film, mais seulement et c’est déjà pas mal par les temps qui courent…) sur un sujet pas assez traité : la crise de 2008 (qui est, toutes proportions gardées, un événement au moins aussi important que le 9/11 et dont, pourtant, on parle trop peu). Attention, ce n’est pas un documentaire, mais un vrai film avec de vrais acteurs (le meilleur documentaire sur le sujet est sûrement « Inside job » sorti en 2010).

Il a aussi eu « Margin call » comme bon film sur la question, mais « The big short » est plus précis et va plus loin pour expliquer la mécanique de ce système intégralement corrompu (il l’est toujours, rien n’a changé).

Star Wars: a complete nothing

I went with my son to see the latest Star Wars movie. The trailer for the film seemed pretty good, and the media had hyped up (incredibly so) the release of the film, my curiosity was peaked.

To say that I was disappointed is a complete understatement. Really, I even found this walk through nostalgia rather sad, a parade of the old actors completing the same scenes and script from the original Star Wars in 1977.

I loved the first Star Wars series, but I wasn’t ever a total fanatic. I can’t understand all the moviegoers that wear the same costumes as the actors in the movie (last night I even saw someone wearing a Choubaka outfit).

In brief, this latest installment of the Star Wars series (there will be others, yippee!) is significantly a lower level of quality. I’ll explain: if the audience finds this dull and uninspired movie great, it is because they were expecting greatness. The media hype that was spread everywhere, created an expectation by repeatedly hammering that this movie was, “the best movie ever, you have to see it, it will ignite your passion, you will adore it”. The logic is that by stunning the audience (with the movie trailer) and treating Star Wars as a sacred entity, the audience will be “governed by their emotion”. Voila, here is an example of the effectiveness of this logic.

Reflecting a little on the events in France

Pour mes lecteurs francophones : mon ami Ron m’a suggéré de publier certains de mes posts en anglais afin d’élargir mon audience… Et comme Ron a pris la peine de traduire ce post, je ne pouvais qu’aller de l’avant pour l’en remercier !

====

It’s been some time since I made a rule for myself; not to immediately react to current events, even if they stir my emotion. Therefore, after everything that happened in Paris last week, I let a week slide by before wanting to write about this tragedy.

And then a friend emailed me, and I thought it might be interesting to share our thoughts with you (his email is in italics and all of the rest is mine).

After noting the events of last week, I noted some similarities between what has happened after the tragedy of 9/11 and the  attacks on November 21 in Paris. In both instances,  laws were passed quickly,“ for security”, without involving the majority of the citizens. These laws have revolved around using the military, even if it is not certain about the effects of these actions (for instance, the current bombardments have had only a limited effect on ISSIS).

Indeed, the similarities are startling. One thing seems clear, however, governments rule by emotion. Shocking emotional events occur, some more intense than others, some more tragic than others. But the public’s opinion remains hypnotized by the event that has happened, until suddenly, it seems, the crowd will accept  almost anything.

Governing by emotional response, is certainly not new (take the US response after Pearl Harbor). When a serious event occurs, then people want something done, now! Therefore, it is necessary to go and do something, even if nothing is certain (refer to the article by Cringely).

For instance,  after 9/11, the number of people joining the armed services markedly increased. And some have noted that the discussions of M. Holland are similar to the discussions of George Bush after 9/11. And I am totally surprised by the number of people commenting in LeMonde (popular French newspaper) writing that the security measures (laws) have gone too far.

This talk has even expanded to the U.S. There have been requests to limit the use of encrypting electronic messaging (actually over and over again) or the crazy talk of Trump, campaigning about stopping the immigration of all Muslims into the United States. And then the bombing of ISIS, this has been really emphasized. The costs are huge, while the true effect is much more limited. But this action gives the impression that one is doing something.

It is important to note that our comments do not mean, in any way, justification or support of these crazy acts. But simply, we are disappointed to see that after these tragic events occur, they are used to manipulate people. Of course it is necessary to react and defend oneself, but it is very important how one reacts and not to react too quickly. But to go and bomb everything, without a clear, realistic and solid strategy, without understanding the real situation, without knowing how to stop and get out of the conflict is simply strategic guessing (actually this goes by the name of ,”the aims/targets of war, discussed by Clauswitz). This strategy could finish badly. But really, this could just be too much to ask of the Holland government.

Prenons un peu de recul sur les événements récents…

Cela fait quelques temps déjà que je me suis fait une règle de ne pas réagir à chaud aux événements, même les plus dramatiques. Donc, après ce qui est arrivé à Paris, j’ai laissé s’écouler la semaine avant d’avoir envie de publier quoi que ce soit sur cette tragédie.

Et puis, lors d’un échange email avec un ami, j’ai pensé que notre échange pouvait être intéressant à partager avec vous (en italique, les message de mon ami, le reste est de moi)…

En passant, je vois un parallèle certain entre ce qui s’est passé après 9/11 et les attentats du 13 novembre. Des lois « pour la sécurité » sont passées à toute vitesse sans aucune discussion avec une écrasante majorité. On a recours à l’armée même si ça ne sert pas à grand-chose (les bombardements n’ont qu’un effet limité sur ISIS). Et l’opinion publique est pour.

En effet, le parallèle est saisissant.

Cela établit, définitivement, qu’on gouverne seulement par l’émotion désormais. Des chocs émotionnels plus ou moins intenses et plus ou moins dramatiques sont infligés à « l’opinion publique » et, celle-ci reste comme hypnotisée une fois que cela a eu lieu et, du coup, toute prête à accepter n’importe quoi dans la foulée.

Gouverner par l’émotion n’est sans doute pas nouveau (prend les US après Pearl Harbor). Quand un drame pareil arrive, l’opinion publique veut des mesures immédiates. Il « faut faire quelque chose ». Donc tout le monde va faire quelque chose, même si ça ne sert à rien (dixit l’article de Cringely)

Comme après le 11 septembre, le nombre de gens qui s’engagent dans l’armée explose. Quelqu’un a remarqué que le langage tenu par Hollande est très proche de celui tenu par Bush après 9/11. Et je reste sidéré par de nombreux commentaires sur lemonde.fr en réponse à des gens qui trouvent que l’aspect sécuritaire va trop loin.

Cette saloperie a même des répercutions aux US, avec des appels (encore et toujours) pour controller la cryptographie, ou ce con de Trump qui parle de ficher tous les musulmans aux US. Et puis bombarder ISIS. Super important de bombarder. Ca coute un bras, l’effet est limité mais ça donne l’impression qu’on fait quelque chose.

J’ai reproduit notre échange tel quel, sans aucune correction. Attention, nos remarques n’impliquent pas, d’aucune façon, une justification quelconque des actes de ces fous. Simplement, nous sommes désolés de voir comment cet événement est utilisé par la suite pour manipuler les peuples. Bien entendu qu’il faut réagir et se défendre mais pas n’importe comment et pas « à la va-vite ». Bombarder à tout va, sans stratégie lucide, réaliste et ferme, sans vision de la situation réelle, sans savoir comment on va s’arrêter et comment sortir du conflit (normalement, ça porte même un nom : les buts de guerre dirait Clausewitz), c’est simplement de la gesticulation. Et ça peut mal finir…

Mais bon, c’est peut-être beaucoup demander à Hollande et son gouvernement !

L’Histoire avec un grand H, importance et utilité

Plutôt que de réagir aux événements récents et dramatiques avec des commentaires sans intérêts, j’ai pensé qu’il valait mieux en profiter pour remettre en perspective ce qui vient de se passer, dans une perspective historique même…

Ce qui nous permet d’évoquer le rôle, l’importance et l’intérêt de l’Histoire avec un grand H. Une discipline mal comprise et trop souvent décriée alors qu’elle est (ou devrait être) à la base de notre compréhension des civilisations, les actuelles comme celles du passé (ainsi que celles du futur si on fait un petit effort).

Je vous propose donc l’enregistrement d’une conférence que j’ai réalisé pour mes fils et que j’ai diffusé (en mode privé, seulement pour eux) via l’application Periscope. Pourquoi avoir utilisé ça plutôt que Youtube qui propose aussi des diffusions en direct ?
Eh bien, Periscope permet de commenter en direct et l’orateur peut voir les commentaires et y réagir en temps réel.

J’avais prévu quelques slides, mais, finalement, je ne les ai pas vraiment suivis… Je vous les propose tout de même à toutes fins utiles.

L’Histoire avec un grand H, valeur & utilité from Alain Lefebvre

Par la suite, je pense que je vais faire d’autres « conférences en direct » de ce type, mais, cette fois, je vous préviendrais à l’avance pour vous en faire profiter…

L’énorme scandale : VW trichait sur les tests d’émissions polluantes, encore un exemple des « corporate malpractice » !

Il semble que l’industrie allemande soit dans une mauvaise passe en ce moment… Voyons cela (source : Le Monde) :

Les Etats-Unis et l’Etat de Californie accusent Volkswagen (VW) d’avoir délibérément contourné les règles en vigueur en matière de lutte contre la pollution atmosphérique. L’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) affirme que VW a équipé ses modèles diesel Volkswagen et Audi des années 2009 à 2015 d’un logiciel permettant de contourner les tests d’émission de certains polluants atmosphériques.

Ce petit logiciel espion enclenchait – a priori à l’insu des conducteurs – un mécanisme interne de limitation des gaz polluants permettant au véhicule de passer le test sans encombres et de se voir décerner un certificat de bonne conduite écologique. Toutefois, une fois le test fini, le mécanisme anti-pollution se désactivait et le véhicule libérait alors dans l’atmosphère davantage de gaz polluants et notamment du dioxyde d’azote, lié à de graves maladies respiratoires dont l’asthme.

Ce dispositif permettait aux véhicules en question d’émettre jusqu’à 40 fois plus d’émissions que le seuil autorisé pour préserver la santé publique, a dit Cynthia Giles, une responsable de l’EPA, à la presse.

La supercherie aurait pu passer totalement inaperçue sans la persévérance de l’International Council on Clean Transportation. Cette organisation non-gouvernementale basée aux Etats-Unis et en Allemagne a alerté des chercheurs de l’université de Virginie Occidentale qui, après des tests indépendants, ont mis au jour d’étranges écarts entre les émissions réelles et déclarées de gaz. Volkswagen devra rappeler à ses propres frais l’ensemble de ces véhicules vendus depuis 2008, et voir sa responsabilité civile engagée.

Clairement, l’affaire est dévastatrice. VW va devoir payer une amende qu’on imagine déjà énorme. Les récentes affaires de GM et Takata vont paraitre ridicules à côté. Car là, la triche est délibérée, profonde et semble avoir été imaginée au plus haut niveau. Le scandale a déjà des répercussions sur le titre VW et ce n’est pas fini. Mais, surtout, c’est l’image du constructeur qui est touchée. Avant cela, VW pouvait prétendre fabriquer les voitures diesels (beuark !) les plus performantes ET les plus propres. On sait désormais que ce n’était que du flan. La vertueuse société VW ne l’est pas tant que cela donc, le cas de triche aux prix ADAC est encore tout frais.

Avec tout cela, c’est encore Hitler qui n’est pas content (on le comprend !) :

 

Hollywood est-elle encore capable de produire des films « intelligents »‘ ?

Pour une fois, ça sera une chronique positive, optimiste même !
La réponse à la question du titre est « oui »… Incroyable non ?

Mais il faut être honnête et force est de constater que « Le prodige » sort du lot des bouses que nous propose Hollywood tout au long de l’année.

Donc, sans être un film exceptionnel, « Le prodige » mérite tout de même le détour et nos euros. Voici la bande annonce pour se faire une idée :

Je ne suis pas un fan du Figaro (qui, comme disait Sartre, est « le seul journal qui permet d’avoir à la fois les mains sales et la nausée »… aha !) mais leur critique de ce film est intéressante.

Google rejoint officiellement le clan des Tartuffes !

Source : http://www.20minutes.fr/high-tech/1688131-20150916-google-lance-appel-dons-refugies-syriens

Le géant de l’internet Google a lancé mercredi un appel aux dons en faveur des associations qui viennent en aide aux migrants et a promis de doubler le montant de chaque donation dans la limite de 5 millions d’euros. « L’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord font face à une importante crise de migrants et réfugiés, la plus importante depuis la Seconde guerre mondiale. Google a fait un don d’un million d’euros aux organisations oeuvrant sur le terrain et vous invite à participer en faisant vous aussi un don aujourd’hui. »

Un objectif de dix millions de dollars

« Pour que votre contribution ait encore plus d’impact, Google double les 5 premiers millions d’euros (5,5 millions de dollars) de dons dans le monde, afin qu’ensemble, nous récoltions 10 millions d’euros (11 millions de dollars) ensemble pour participer aux efforts humanitaires », ajoute Google.

Les dons iront à quatre ONG, Médecins sans frontières, International rescue committee, Save the children et le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

C’est beau, non ?

evil-google

Non, justement. Tout d’abord, voyons ce que je pense de cette fameuse « crise des réfugiés » et, ensuite, Google est devenue une horrible machine à fric avec les pires pratiques qu’on puisse imaginer. Non pas que je sois contre les « machines à faire du fric » (soyons cohérent) mais je suis contre les mauvaises pratiques trop répandues dans cette industrie.

Donc, ne vous extasiez pas sur l’angélisme de Google, c’est tout le contraire : Google est un Tartuffe, un de plus.

L’opération Spin33, une petite fiction pour mettre les choses au point…

Non, je ne vais pas commenter les événements récents, je préfère pointer vers d’excellentes sources : « Valérie Bugault interroge Jean-Michel Vernochet au sujet de la crise des réfugiés qui frappe l’Europe. » et « Michel Onfray : “L’Occident attaque, prétendument pour se protéger, mais il crée le terrorisme” » (au passage, merci à LY pour les liens…). Tout de même, je ne peux m’empêcher d’extraire cette citation de Michel Onfray tellement je suis en phase avec cette pensée :

M.O. : Les médias ont transformé le peuple qui pensait en populace qui ne pense pas et ne réagit plus qu’à l’émotion, au pathos, à la passion. L’image d’un enfant mort interdit de penser : elle arrache immédiatement la pitié. La pitié empêche de penser.

Mais, foin de polémique, allons plutôt écouter ce qui se dit dans une salle de réunion aveugle où les patrons des médias se réunissent pour fêter le succès de l’opération « Spin33 »…

Ils étaient tous là et contents d’y être. Eux, ce sont les patrons des principaux groupes de médias en Europe et leurs représentants au cas où le grand patron lui-même était empêché. Le maitre de séance toussa un peu pour signifier que la réunion commençait… Installons-nous discrètement dans un trou de souris et écoutons-les.

— Messieurs, ne nous le cachons pas, l’opération Spin33 que nous avons initiée il y a quelques semaines est un succès complet. En effet, les réactions de cette semaine prouvent que nous avons retourné l’opinion publique sur la question des réfugiés.
Les peuples sont désormais prêts à admettre des flux supplémentaires sur leurs sols. Rappelez-vous d’où nous partions pour mesurer l’ampleur de ce succès
!
Mais il ne s’agit pas de se reposer sur nos lauriers : l’opération Spin33 a été précédée de nombreuses autres et nous devons faire de même à l’avenir. La manipulation de l’opinion publique est et doit rester notre but principal. Il ne faut jamais se relâcher et toujours en remettre une couche.
Vous devez comprendre que tous vos programmes et contenus doivent participer à ce but suprême, même et surtout quand il ne s’agit pas d’informations : les programmes de distractions sont essentiels pour préparer les esprits aux chocs émotionnels qui sont le fer de lance de nos opérations. Dans ce cadre, je vous rappelle combien il est important de bien briefer les « leaders d’opinion » dans les talk-shows : ils doivent le plus possible bannir leurs toutes dernières traces de références intellectuelles. Je sais bien que c’est leur manie de base, mais le peuple n’arrive pas à suivre, on a assez fait pour cela
!

Toute la salle se mit à rire. Les présents se regardaient avec une bonne humeur évidente. Un gros monsieur reprit la parole en agitant son cigare.

— Nous savons tous ce que nous devons à Mastermind… Regardez, il rougit!
Allons, vous avez bien mérité que nous vous surnommions ainsi : vous êtes bien notre mastermind à tous. Les opérations spin sont vos « brainchilds », nous le savons tous ici et nous vous sommes reconnaissants. Maintenant, nous voudrions savoir quelle est la prochaine étape… s’il vous plait, maestro
!

Les rires reprirent de plus belle. Mais très vite, tous les regards revinrent sur « Mastermind » et celui-ci se mit debout pour donner encore plus de poids à ce qui allait suivre.

— Désormais, nous pouvons considérer que nous sommes mûrs pour la phase II du plan « le grand transfert ». Nous allons procéder à une mondialisation à l’envers. Laissez-moi vous expliquer ceci en peu de mots : il faut continuer les transferts de population en Europe afin d’appauvrir le niveau du citoyen moyen comme ils le font déjà en Amérique du Nord. Nous allons réinventer le prolétariat dans les zones riches afin de pouvoir produire à coûts réduits dans les zones bien équipées. Nous nous en sommes rendu compte, fabriquer dans les pays pauvres présente de nombreux inconvénients : il faut former la main d’œuvre locale et améliorer les infrastructures. Souvent, il n’y a même pas de route!
Tout cela finit par revenir plus cher que prévu, c’est décevant. Alors qu’en produisant en Europe, nous bénéficierons d’une infrastructure moderne qui est déjà en place… Il suffit pour cela que la pression sur la baisse des salaires soit suffisamment forte et c’est pourquoi nous ne devons pas relâcher nos efforts.
La seconde partie de notre plan concerne ces zones pauvres que nous allons délaisser… Qu’y faire
?
Nous n’allons évidemment pas les rendre à leur population (rires)
!
La réponse est évidente : la guerre
!
Nous allons multiplier les conflits de basse intensité que nous avons déjà expérimentés en Libye et en Syrie. Il nous sera facile de justifier des interventions mineures ou d’armer des rebelles tout cela au nom de la grande cause : la lutte contre le terrorisme, ça passe toujours. Tous les groupes que nous représentons sont bifaces : des médias pour la face visibles et des systèmes d’armes pour la face discrète. Cela doit rester ainsi. Et ces conflits multiples représenteront de bien meilleurs débouchés pour nos productions que les contrats réguliers avec les armées des grandes nations. Car ceux-ci risquent de s’amoindrir à l’avenir. Nous devons anticiper et compenser avec des théâtres d’opérations ponctuels et de moindre échelle.
Mais pour que tout cela fonctionne, n’oubliez pas qu’il nous faut le soutien de l’opinion publique. Donc, continuons à lui mentir et à la manipuler, elle ne demande que cela en fait
!

La réunion se termine autour d’un buffet au champagne et, une fois de plus, Mastermind est congratulé par ses pairs. L’opération Spin34 est déjà en préparation…

« élections, pièges à cons », la preuve par l’Histoire !

Je ne crois pas que le systèmes actuel (la prétendue démocratie) soit le meilleur possible, comme on le dit trop souvent. Voyons pourquoi en se basant sur les actions de nos amis américains qui aiment tellement la démocratie qu’ils disent vouloir l’imposer partout !

On va voir que la vérité, une fois de plus, est très éloignée des discours (et vice-versa). Et qu’on aille pas me taxer d’anti-américanisme primaire, moi qui passe six mois par an en Floride !
Les américains se comportent ainsi tout simplement parce qu’ils le peuvent. Toutes les puissances dominantes ont ce type de comportement, point. Mais nous allons tout de même prendre l’exemple des actions américaines parce que c’est d’actualité, voilà.

Premier exemple : l’Iran en 1953
En 1953, la CIA a organisé le renversement du Premier Ministre Iranien, Mohammad Mossadegh, parce que ce dernier avait décidé de nationaliser les puits de pétrole de son pays, quelle audace !
Vite fait, bien fait, la CIA a monté l’opération Ajax qui plaça le Chah (bien plus conciliant) au pouvoir. Je n’invente rien : Barack Obama est le premier président à reconnaître l’implication de son gouvernement et à s’en excuser dans un discours adressé à la communauté musulmane le 4 juin 20092. « En pleine guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu. »

Second exemple : le Chili en 1973
Pareil pour Salvadore Allende : il ne plaisait pas aux USA donc, la CIA s’est occupée de son cas… Là aussi, il s’agissait d’un dirigeant qui avait été élu par son peuple mais peu importe, n’est-ce pas ?

Troisième exemple : l’Irak en 2007
Ce 3e exemple est plus complexe mais tout aussi intéressant et significatif. Il est bien raconté par le livre récent d’Emma SkyThe Unraveling: High Hopes and Missed Opportunities in Iraq.
Le Premier Ministre Nouri Al-Maliki a perdu les élections de 2010 mais a su manoeuvrer avec l’aide des américains afin de garder son poste jusqu’en 2014… Mais pourquoi les américains ont-ils combiné avec ce personnage sectaire ?
Tout simplement parce qu’Obama (et Biden avec lui) ne s’intéressait pas à la situation irakienne, sauf pour sortir les troupes américaines de ce bourbier. Tout cela en contradiction flagrante avec leur discours aux irakiens qui pouvait se résumer à « réglez vos différents avec des élections, pas avec des bombes »… Mais si les élections ne nous donnent pas le leader qu’on désire garder, alors, on va passer outre…

C’est sûr, avec des exemples comme ceux-ci, les américains passent effectivement comme les chantres parfaits de la démocratie pour tous !

Mais, hélas, ces mauvais exemples ne sont pas limités aux actions américaines : les européens savent le faire aussi ; est-il nécessaire de rappeler la pantalonnade du référendum sur le traité européen de 2005 ?
Si c’était pour bafouer ainsi le résultat du scrutin, alors il valait mieux ne pas organiser de référendum, cela aurait été plus honnête… Mais je rêve bien sûr !

EDIT : suite aux questions posées en commentaires, voici le système politique que je recommande (on peut toujours rêver, bis !) : il est issu d’une « Terrible vérité » que j’avais rédigé en 2008 (ça passe vite, hein !)…

20-05-2008 — La carnavalisation de la démocratie

Si les élections récentes ont démontré une chose, ce n’est pas le succès populaire, mais bien l’emprise des médias. La démocratie tant vantée (« le pire des systèmes, mais le seul possible » n’est-ce pas ?) a été récupérée, détournée, instrumentalisée. Elle est à terre, elle est morte, il est temps de passer à autre chose.

Morte la démocratie ?

Oui et ça fait longtemps. Simplement, l’inertie habituelle fait qu’on prend un moment avant de s’en rendre compte. Ce sont des systèmes parfaitement démocratiques qui ont permis les élections de Bush, Berlusconi (2 fois !) et Hitler. Et s’ils s’étaient présentés à des élections, Franco et d’autres dictateurs l’auraient emporté haut la main…

La preuve que le « pire des systèmes, mais le seul possible » n’est tout simplement PAS efficace.

Ce qui est efficace en revanche, c’est son exploitation dans les médias. D’où la notion de « carnavalisation » qui n’a jamais été aussi évidente. Les élections sont devenues un spectacle, imposé, maintenu, monté en épingle, mis en scène, vidé de son sens. Sur ce point, on en est arrivé au niveau de la coupe du monde de foot (beurk).

Pourquoi s’en étonner ?

C’est tout à fait logique qu’on en arrive là puisque la démocratie représentative qu’on pratique depuis maintenant plus de 120 ans un peu partout conduit forcément à un clientélisme accentué par la propagande médiatique. Il fallait entendre les principaux candidat(e) s de ces dernières semaines : vous avez peur (oui, ayez peur !), mais je vais vous protéger (oh oui, encore plus de protection, toujours plus de protection !).

C’est le mantra absolu de notre techno-structure : ayez peur (et abandonnez votre responsabilité à un « protecteur ») et consommez (le seul « loisir » qui est réellement encouragé).

Élections, pièges à cons !

Ce slogan célèbre n’a jamais été aussi vrai… Il est temps de tourner la page. Il est temps d’abandonner la démocratie représentative et son clientélisme associé, inévitable. Abandonner la démocratie représentative ?

Mais pour la remplacer par quoi, par la démocratie participative ?

Ah, la démocratie participative… Voilà la nouvelle utopie des beaux esprits, éveillés et évolués !

Désolé de vous décevoir mes beaux amis, mais ce n’est pas à ça que je pensais… Certes, il y a l’exception suisse avec leurs nombreuses votations, mais je ne crois pas que cette expérience vertueuse (et encore, faudrait creuser) soit généralisable.

Allons, soyons réalistes, les gens, les « vrais » gens ne veulent PAS participer. Ils veulent juste qu’on leur dise quoi faire, quoi penser, quoi consommer. Si ça n’était pas le cas (le triste cas) et bien TF1 ne serait pas en tête des audiences, tout simplement. CQFD. Donc, inutile de voir le monde comme on voudrait qu’il soit, voyons-le comme il est (même si ce n’est franchement pas réjouissant).

Pour faire face aux défis qui sont là, devant nous (dois-je vraiment préciser lesquels ?), l’heure n’est plus aux demi-mesures, aux consensus mous, à l’unanimité (bonne excuse pour ne rien faire). Il faut agir, décider, trancher. Donc, exit la démocratie, ne votez plus !

Je préconise un boycot généralisé de la prochaine élection et des suivantes. Le système actuel tombera comme un fruit mûr au moment voulu. Mais alors, par quoi le remplacer ?

Par le système du « mandat »…

Le système du mandat

J’ai pris le temps de la réflexion puisqu’entre le moment où j’ai rédigé « Élections, pièges à cons ou la carnavalisation de la démocratie ! » il s’est écoulé plus de 2 mois… Merci pour votre patience, voici donc la suite !

Je ne suis pas un expert du droit constitutionnel, mais j’ai tout de même ma petite idée sur « comment remplacer le système actuel » (qui est perclus de défauts et qui n’est plus désormais qu’un vaste cirque médiatique) par un système qui devrait être meilleur puisque la politique sera remise à sa vraie place (le service du peuple et de la nation) plutôt que sous les projecteurs des médias.

Pour remplacer la démocratie et ses élections-pièges-à-cons, je propose le système du mandat.

Il n’y a plus de parlement, plus de député (et encore moins de sénateurs), plus de président et donc plus d’élections, même au niveau local (on reviendra sur ce point). Cette remise à plat ne veut pas dire que le peuple ne pourra plus s’exprimer, au contraire. Simplement, au lieu de choisir (ou de croire qu’il choisit) ses représentants, le peuple devra se prononcer sur les vraies questions (de temps en temps, on ne va pas tomber non plus dans le système des votations à la suisse) plutôt que de laisser lesdits représentants en débattre entre eux… nuance.

# Pouvoir exécutif : le mandataire et son équipe.

Le président de la République est remplacé par un mandataire (celui à qui on donne un mandat, une lettre de mission en quelque sorte…). Ce dirigeant qui concentre l’essentiel du pouvoir exécutif est désigné pour une durée limitée (un mandat, 3 ans maximum) et non-renouvellable (mais également non-cumulable avec une autre charge… il faut donc que le mandat désigne quelqu’un de « disponible »…).

Le mandataire choisit son équipe (l’équivalent des ministres) et dirige avec elle l’administration centrale (telle qu’elle existe déjà aujourd’hui) et locale (les préfectures).

# Désignation du mandataire : le rôle central de la « Cour suprême ».

Mais qui désigne le mandataire ?

La Cour suprême !

Problème : nous n’avons pas de Cour suprême actuellement… comment allons-nous constituer la première ?

# Constitution et renouvellement de la Cour suprême

Pour constituer la première Cour suprême (ainsi que pour son renouvellement au fil de l’eau), nous allons procéder par tirage au sort : il s’agit de désigner 100 personnes prises dans la grande masse des citoyens honnêtes et responsables. Après tout, on procède bien ainsi pour la désignation des jurés, pourquoi ne garderait-on pas le même principe pour cette noble assemblée ?

La personne désignée peut décliner l’offre si elle n’est pas disponible ou ne s’en sent pas capable. Il s’agit d’une charge à plein temps, les membres de la Cour suprême seront donc indemnisés de façon adéquate.

Il n’y aura pas besoin de faire fonctionner ce tirage au sort souvent, car les membres resteront en charge jusqu’à leur démission ou à l’atteinte de la limite d’âge (ce n’est pas une charge « à vie » comme dans le cas de la Cour suprême américaine… Mettons la limite d’âge à 70 ans, ça parait raisonnable).

Chaque nouveau membre pressenti devra être validé par les membres déjà en place (ce qui signifie qu’un seul membre en place suffit pour rejeter tel ou tel nouveau membre pressenti… la règle de l’unanimité est de mise ici). Ce mécanisme pour modérer les écarts toujours possibles avec un tirage au sort…

Pourvoir législatif : comité ad hoc nommé par la Cour suprême

Et pour les lois, on fait comment s’il n’y a plus de parlement ?

Tout d’abord, des lois, on en fait trop. Donc, supprimer la machine à pondre de lois ne sera pas une mauvaise chose. La plupart des problèmes qui se pose à la société peuvent être l’objet d’une réglementation (comme c’est déjà le cas à l’échelle de l’Europe) sans qu’il y ait forcément besoin que chaque texte ait « force de loi ».

De plus, il faudrait que notre corpus de lois actuelles soit sérieusement nettoyé (voir à ce propos « Une aberration dont on ne parle jamais : trop de lois et trop de lois inapplicables »). Ceci dit, c’est vrai, il faut quand même prévoir l’élaboration de nouvelles lois. Pour cela, la Cour suprême va nommer des comités ad hoc (constitués de membres de la « société civile » et qui auront une compétence en rapport avec la question à traiter) qui seront en place pour une durée limitée (maximum deux ans) et qui seront dissous une fois le texte proposé.

La proposition de loi sera soumise à l’approbation de la Cour suprême et du mandataire du moment (là encore, il faudra l’accord des deux parties pour que le texte devienne effectif, ce sera alors à l’équipe dirigeante de rédiger le décret décrivant les modalités d’application de la nouvelle loi).

OK, on voit comment ça va fonctionner pour la répartition des rôles et des pouvoirs au sommet de l’état, mais, à la base, on fait comment ?

On garde le système actuel ou là aussi, on supprime les élections ?

Soyons logique : élections = pièges à cons et c’est valable aussi pour les « consultations locales ».

Pouvoirs locaux : maires nommés par les préfets

Donc, les maires des communes vont être désignés par les préfets à partir de liste de volontaires (tous les citoyens disposant de ses droits civiques seront libres de s’inscrire sur ces listes). Là encore, la désignation sera non-cumulable (il faut être disponible donc) et non-renouvellable (le mandat, c’est pour une seule fois).

Les communes où il n’y aura pas de volontaire (ça pourrait arriver) seront simplement mises sous tutelle de la préfecture.

Référendums & votation : utilisés plus souvent et même, peuvent être d’initiative populaire

Le peuple sera appelé à s’exprimer, pas pour désigner des représentants, mais plutôt pour trancher sur de vraies questions (on passe donc d’une démocratie « représentative » à une vraie démocratie « participative »… nuance !). L’instrument du référendum pourra être utilisé plus souvent, car on ne va plus tomber dans le travers d’une sanction de l’équipe dirigeante actuelle.

La question à trancher pourra même faire l’objet d’une initiative populaire puisque le système de recueil de l’opinion du peuple sera mis en place pour le mécanisme de révocation que nous allons évoquer maintenant…

Mécanisme de révocation : valable pour tous les cas (pouvoir local, pouvoir global) et basé sur la pétition.

Le contre-pouvoir permanent au système de la désignation par la Cour suprême (pour ce qui est du pouvoir central) ou des préfets (pour ce qui est des pouvoirs locaux) sera la révocation par pétition. Il suffira d’un grand nombre d’opinions exprimées par les sites officiels de pétition (via Internet tant qu’à faire) pour que tel ou tel (le) dirigeant(e) soit révoqué séance tenante.

La révocation sera également une arme à disposition des instances qui désigne les mandataires (locaux comme les maires ou central comme le mandataire principal), mais devra toujours être argumentée (et sera donc utilisable uniquement en cas de manquement grave et avéré à la mission confiée).

Voilà, c’est ça mon idée. Le principe de la désignation peut choquer, mais rappelez-vous qu’on l’utilise déjà largement dans plein de domaines sans que cause de scandale : les proviseurs de nos lycées, les conservateurs de nos musées et les juges de nos tribunaux, entre autres, sont investis de cette façon.

Le but de la manœuvre, vous l’aurez compris, c’est d’éviter le clientélisme qui découle du cirque des élections. C’est aussi d’avoir des dirigeants qui sont missionnés pour une courte durée et qui ne peuvent alors se préoccuper de s’enraciner dans une carrière au sein des palais de la république.

Le marketing « à la française » : une bonne paire de baffes dans la gueule !

J’ai l’habitude de faire nos courses dans un magasin Biocoop de notre coin (quand on est en France). J’apprécie beaucoup cette enseigne, la taille réduite des magasins et la faible affluence. Mais j’ai pu y remarquer un détail tout à fait significatif : les employés du magasin portent tous un t-shirt bleu où est inscrit « si c’est pas de saison, c’est pas en rayon !« . Voilà qui est bien dit, à la française, genre « et t’es vraiment con d’avoir posé la question ! »…

Pour un expert du marketing américain, ce slogan est une aberration : pourquoi utiliser le négatif (si c’est pas la saison, c’est pas en rayon) quand on peut dire la même chose avec du positif et un sourire ?

Mais voilà, on est en France, pays où les belles femmes pensent que ça fait nunuche de sourire et apprennent à faire la gueule très tôt et avec une efficacité remarquable. Et tout est comme cela, à tel point que les français ne le remarquent plus. Sauf quand ils vont aux USA où ils découvrent qu’on peut faire autrement, positivement ET avec le sourire.