Une critique (positive) du film « Rush »

La plupart du temps, j’évite de parler des films vus au cinéma car il est rare que j’ai quelque chose de positif à dire dessus. Je fais une exception aujourd’hui pour ce film à cause de son sujet central : la saison 1976 de F1 avec l’affrontement Lauda/Hunt.

Il est rare d’avoir un bon film sur le sport-auto qui ne soit pas un documentaire. Selon moi (j’insiste, la suite n’engage que moi), le tout meilleur film sur le sport-auto est et reste « Truth in 24 hours » que j’intégre ici (au cas où vous ne l’auriez pas encore vu) :

Revenons à Rush. Ce nouveau long-métrage, très attendu par les passionnés, vaut-il la peine d’être vu ?

Oui, sans aucun doute !

Respecte-t-il l’authenticité de l’histoire ?

Non, pas complètement mais les quelques petites entorses faites ne change pas grand-chose au résultat final qui est, disons-le, très bon.

Les vrais passionnés vont tout de suite dire « quelles entorses ? »… Souvent les scènes des courses sont tournées sur des circuits qui n’ont rien à voir avec le grand prix qu’elles sont supposées représentées (exemple : Brands Hatch à la place de Monza !). Mais la qualité du plateau de voitures réunies est tout de même étonnant. Souvent, on voit que certains petits détails ont été respectés alors qu’ils allaient passer inaperçus pour la plupart. Il y a donc un grand respect global pour l’histoire (mettons 80% d’authenticité ce qui est énorme pour un long-métrage qui, rappelons-le n’est PAS un documentaire).

Ensuite, il y a quelques inexactitude dans le scénario qu’il serait fastidieux et pas très utile d’énumérer (la rencontre de Lauda avec sa femme par exemple, pas du tout comme cela selon les propres livres de Lauda…). Mais les points positifs l’emportent largement tout de même et, avant tout, la qualité du casting montre le souci du détail et de l’authenticité des producteurs du film (les deux acteurs principaux sont tout à fait à la hauteur du pari ce qui est déjà beaucoup).

Alors, tu es 100% positif, c’est le film de l’année ?

Pas tout à fait. Dans l’ensemble, c’est très bon, rien à dire mais… Oui, il y a un mais, je dois avouer que j’attendais encore mieux !

Suis-je trop exigeant ?

Pas vraiment, je m’explique : l’ambiance globale souffre, à mon avis, de notre époque. Je pense, je crois que le même film tourné il y a vingt ans serait encore meilleur (mais il n’aurait sans doute pas pu bénéficier des mêmes moyens sur le plan technique). Il y aurait moins besoin de faire dans le spectaculaire, moins besoin de garder un rythme frénétique qui donne un montage trop haché, selon mon goût en tout cas.

Et c’est là qu’on voit que les deux principaux bons films sur le sport-auto restent encore au-dessus de Rush. Je veux parler de « Grand Prix » (de John Frankenheimer) et de « Le Mans » de Steve McQueen. Ils sont presque aussi spectaculaires mais sont surtout plus proches de l’esprit réel du sport-auto (toujours selon moi).

J’oubliais !

Si vous voulez en savoir plus sur tous ces champions, il y a mon livre « La malédiction des champions du monde de F1 »

6 réflexions au sujet de « Une critique (positive) du film « Rush » »

  1. Le seul et unique grand prix de F1 auquel j’ai assisté : Monaco 1976.

    Mon père m’y avait emmené, on était partis de Grenoble via la route Napoléon, on avait dormi dans un camping et le matin à 9 h nous nous étions installés dans la tribune Perchée au-dessus de Sainte Dévote.

    J’ai des photos de la Ferrari de Lauda qui avait gagné, de la McLaren de Hunt, de la Tyrell à 6 roues bleue foncé de Depailler, de la Ligier de Laffitte, de la March de Peterson, de la Lotus JPS d’Andretti, de la Copersucar de Fittipaldi etc. Quelle brochette de champions cette année-là…

    J’irai forcément voir ce film !

  2. Et tu auras raison d’y aller !
    Je gage même que tu appréciera de retrouver (un peu) de l’ambiance de ces années-là.
    Tu verras aussi que le film prend ses libertés avec le déroulement de la saison : Long Beach pas évoqué du tout ni même le GP de Suède à Anderstorp (gagné par une Tyrrell à six roues, la seule et unique victoire de cette voiture… il est vrai que ces deux grands prix n’ont pas joué un grand rôle dans le duel Lauda/Hunt…).

  3. Grand Prix et Le Mans ont l’avantage d’avoir été tourné l’année même où se déroule l’action et leurs réalisateurs on pu bénéficier d’images tournées lors de vraies courses de l’époque. C’est sans doute ça qui leur donne ce réalisme et leur donne presque une valeur documentaire

  4. Encore une fois, je ne peux qu’être d’accord : le fait est que Grand Prix (et surtout ce dernier) a beaucoup bénéficié de l’aide de tout le plateau de la F1 de 1966 (un coup de main proprement impensable aujourd’hui !). Pour ce qui est de « Le Mans », il a eu des images tournées lors des 24H00 du Mans 1970 (beaucoup en fait) mais, finalement, assez peu d’effectivement utilisées lors du montage final. En fait, l’équipe de tournage s’est attachée à reconstituer à sa manière toutes les scènes de course (quasiment en vitesse réelle au dire des pilotes qui y ont participé !), ce surtout les plans sur le public qui ont été utiles.

  5. Ping : Un nouveau documentaire sur l’histoire de la F1 : « 1″. | RTFM (read the f* manuel!)

  6. Bonjour Alain,

    J’adhère pleinement à ta critique de ce film. C’est vraiment pas mal du tout même si les « connaisseurs » que nous sommes tiquent forcement sur quelques détails, en particulier lorsque ce n’est pas le bon circuit.
    J’ai bien faillit ressortir le G27 suite au visionnage de ce film. 🙂

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