Simracing : les mauvais côtés du online

Tous ceux qui écrivent sur le Simracing mettent en avant les bons côtés des compétitions Online et avec raison : il faut avoir ressenti l’excitation de se battre roues contre roues avec des « vrais » adversaires pour comprendre combien cette sensation est supérieure à tout ce que pourront jamais vous apporter des robots. Moi aussi, j’ai poussé à la promotion du online mais, aujourd’hui, je pense qu’il est temps de détailler également ses aspects négatifs…

En voici une liste sûrement non exhaustive…

  • Trop contraignant : horaires, bande passante, fiabilité système
  • Trop frustrant : se faire sortir est rageant, toucher un adversaire est culpabilisant
  • Trop conflictuel : trop de disputes à cause d’inévitables « incidents de courses »…
  • Trop élitiste : trop peu de monde dans la catégorie voulue et trop usant de faire vivre les ligues
  • Trop impliquant et difficile : le niveau est de plus en plus relevé

Voyons chaque point ensemble…

Trop contraignant
Oui, le online est contraignant. Les courses se déroulent à horaires fixes (forcément), il faut donc être disponible à ce moment-là et pour la durée nécessaire (impossible de faire pause pendant le déroulement, il ne faut pas oublier cela non plus), point. Mais la question des horaires et de la durée n’est pas la seule contrainte, il faut aussi mettre en ligne les questions matérielles : il faut avoir la bande passante nécessaire pendant toute la durée de la course (le moindre hoquet et vous êtes déconnecté… Il n’y a que ceux qui ne courent pas online qui ne peuvent se rappeler n’avoir jamais souffert de cette circonstance). Sans parler de la fiabilité de votre système à tous les étages : le moindre problème et votre course est foutue. Toutes ces contraintes sont source de frustration pour vous mais pas seulement, vos proches en souffrent aussi : quand j’ai une course, toute ma famille est privée de bande passante pour tout me laisser disponible !
La porte de mon bureau est barricadée, il faut un cas de réelle urgence pour qu’on ose me déranger pendant une course… et quand, malgré tous ces efforts, ça se passe mal, ma frustration retombe forcément sur eux (même si conscient que ce n’est qu’un jeu, j’essaye de me contrôler…).

Trop frustrant et trop conflictuel
Si vous courrez online, vous allez forcément être confronté aux deux situations suivantes : 1) vous vous êtes fait sortir alors que vous étiez en bonne position 2) vous avez provoqué involontairement la sortie de route d’un (ou même plusieurs) de vos concurrents. Certes, dans les deux cas, c’est le plus souvent involontaire mais il n’en reste pas moins que c’est très frustrant et très conflictuel dans les deux cas. Beaucoup de disputes terribles sont nées de ce type « d’incidents de courses » (c’est ainsi qu’on les appelle) qui restent absolument inévitables dans le feu de l’action.
Dans le cas de iRacing, c’est encore pire car vous perdez en plus des points de SR durement gagnés (et là, la frustration est vraiment à son comble).

Trop élitiste et trop impliquant
Les courses online n’ont d’intérêt que si elles sont correctement organisées et suffisamment garnies. Si c’est pour affronter trois bourrins sur le lobby, autant rester offline, ce sera bien mieux !
Donc, les courses online sont le plus souvent dans le cadre de ligues et fortement encadrées (et dans le cadre de structure comme iRacing où le SR est une contrainte assez forte pour imposer un certain niveau de discipline). Ces ligues sont utiles mais on ne dira jamais assez combien il est difficile et usant pour leurs animateurs de maintenir un niveau de participation acceptable. C’est souvent le même schéma qui se répète : beaucoup de participants aux premières courses d’un championnat mais bien peu pour les derniers rendez-vous…
De plus, ceux qui sont les plus fidèles sont bien souvent également les plus rapides. Donc, si votre niveau et/ou votre implication est insuffisant(e), vous allez simplement servir à « faire le nombre » sur la grille… Là encore, une situation frustrante et dure à vivre à la longue. Et là où il y a vraiment du monde comme iRacing, le niveau tend à se relever progressivement, conduisant toujours à cette impasse élitiste (même si le système mis en place par iRacing comporte de nombreux points permettant de limiter ses effets).

Alors, quelles solutions ?

Les AI sont trop souvent médiocres (et rFactor est l’un des pires, GTL un des meilleurs) et on ne sait si ça va vraiment pouvoir progresser… Mais de nouvelles formes peuvent apparaître : les « courses enregistrées » !

Exemple : vous êtes derrière Senna lors des derniers tours du GP de Monaco 1992… Allez-vous réussir à faire mieux que Mansell ?

Un autre exemple : c’est le dernier tour des 24H00 du Mans 1969, allez-vous faire aussi bien que Jacky Ickx (premier cas, vous devez réussir à doubler Hans Hermann et sa 908 avec votre GT40) ou allez-vous réussir à lui résister (second cas, vous jouez le rôle de Hans Hermann) ?

Et ainsi de suite, on pourrait multiplier les exemples de courses historiques (y compris récentes) qui sont autant de scénarios idéals à rejouer en faisant varier les rôles. Ou encore de situation de départ que vous pourriez faire évoluer à volonté en jouant sur les paramètres. Avec l’embarquement de capteurs dans les vraies voitures, c’est désormais des championnats entiers qu’on peut rejouer à volonté avec la possibilité de remplacer n’importe quel pilote dans des conditions semblables. Ce type de « replay » dynamiques et immersifs pourrait apporter toute une nouvelle dimension à nos simulations. Ce serait encore bien mieux que les concours de « hotlap » que propose Ferrari Virtual Academy avec leur récent titre (et la pauvreté du challenge n’a pas empêché ce titre de remporter un certain succès, preuve que le online n’est pas la seule motivation des simracers).

Pour les fans de Rallyes, la motivation serait encore plus forte vu que leur discipline se prête assez mal aux délices du online mais serait en revanche magnifiée par la notion de « courses enregistrées » !
Bref, je pense qu’on ne doit pas se limiter à penser l’avenir du Simracing seulement à travers le prisme du online, il y a bien plus qui nous attend prochainement.

5 réflexions au sujet de « Simracing : les mauvais côtés du online »

  1. Il y a bien plus qui nous attends prochainement, très certainement, j’en conviens 😉
    Les courses enregistrées seront elles bien mieux ? Je ne le penses pas. Un plus, certes, mais pas en substitution.

    Deux éléments :
    – ou bien on réussit à recalculer en permanence l’incidence des actions d’un simracer sur le déroulement d’une course enregistrée (genre, si Mansell avait tenté une attaque suicide, la course de Senna n’aurait pas connu la même conclusion) mais là, on rejoint je pense la problématique des IA …
    – ou bien on propose Senna comme un ghost auquel cas, le côté interactif n’est plus vraiment là.

    C’est ce qui me fait dire que cela viendrait en plus, pas forcément en mieux, et en tout cas pas en substitution du simracing ‘online’.

    Belle analyse de la situation tout de même, j’en conviens, le SimRacing ‘Online’ a effectivement ces inconvénients, mais je pense que bon nombre sont les inconvénients de ses avantages. De ceux cités, je retiens surtout l’inconvénient « Trop élitiste » : ce que l’on peut reprocher à mon sens au simracing actuellement, c’est qu’il n’y a pas, au sein des ligues diverses et variées la notion de « carrière virtuelle », qui simulerait un processus plus humain, plus fondés sur la réalité lié à l’apprentissage et aux capacités. En gros, la même chose qu’en réalité sans la contrainte financière qui nous a surement privé de bon nombre d’excellents pilotes sur les circuits.

    C’est bien dommage, il y a de place pour ça pourtant, mais la discipline n’est absolument pas (encore ??) structurée pour ça. Le milieu du simracing est très hétérogène…

    On va pas refaire le monde, c’était juste quelques réactions rapides, à chaud, et pas très ordonnées 😉

    J’en profite pour te remercier pour ton blog que je suis assidûment et toujours avec plaisir.

  2. Merci à Bruno et Janmi pour ces deux commentaires.

    Ceci dit, je ne voudrais pas être compris de travers : le online reste le pinacle de notre discipline et c’est dans ces conditions qu’on s’y forge les souvenirs les plus forts. Mais si on veut seulement « s’amuser », ça le fait clairement pas.
    Et, justement, l’actualité récente du Simracing, c’est Ferrari Virtual Academy et F1 2010 de Codemasters, deux titres où le online est soit inexistant (FVA) soit très restreint (F1 cod)… Mais F1 2010 est très plaisant en offline (même si, oui, il y a des bugs) et FVA représente un vrai challenge pour poster des temps corrects. C’est bien la preuve que des titres peuvent se faire une place dans le Simracing sans pour autant devoir tout miser sur le online (comme le fait iRacing avec une certaine réussite).
    Ce n’est pas un débat, juste quelques réflexions que j’ai voulu partager.

  3. Bravo très bon blog monsieur Lefebvre,
    Les situation que vous décriver dans celui-ci sont exactement celles a laquelle nous fesons face présentement dans la ligue dans laquelle je cours présentement. Au point ou nous ne savons même pas si nous serons là encore après les fêtes de Noël….

    Pour ce quiest de créer des championnat online de rallye quelle bonne idée cela iliminerait beaucoup de c’est problème d,accrochage vu que cette discipline consiste a vous battre contre le chrono ainsi quue vous même

    RSRBR en est un bon exemple.

    Merci encore pour vos blogue ils sont très apprécier.

  4. Ping : Le printemps du SimRacing ! | RTFM

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