Les destinées inattendues des techniques « dépassées »…

Puisqu’on évoque la technologie (voir mon nouveau livre publié hier), parlons un peu des techniques dites « dépassées » et nous verrons que leur destin connait souvent des rebonds inattendus et surprenants !

Comme d’habitude, le but est de vous offrir un regard différent de ce que la propagande vous balance avec constance et intensité…

Un premier exemple avec le bateau à voile. Après la lutte entre la voile et la vapeur lors du XIXe siècle, les experts maritimes étaient persuadés que la propulsion à voile avait disparue définitivement.

Mais la voile résista et ne disparue jamais tout à fait. Elle fit même un retour remarquée dans la marine de loisirs et de compétition avec les formidables multicoques.

Trimarans et catamarans s’en donnent à coeur joie sur les océans !

Aujourd’hui, la propulsion à voiles fait même un retour (timide) sur la marine commerciale où les expérimentations commencent à se voir…

Un come-back inattendu : les voiles reviennent même sur les vraquiers !

Puisqu’on parle de vapeur, vous pensez sans doute que les locomotives à vapeur ont vraiment disparues, elles, n’est-ce pas ?

Faux !

Elles sont toujours utilisées en Chine et en Inde (qui produisent toutes les deux beaucoup de charbon… ceci explique en partie cela) mais elles sont aussi de retour (timidement, il est vrai) en Grande-Bretagne.

D’abord principalement sur des lignes « touristiques » (voir la vidéo ci-dessus), les trains à vapeurs sont aussi utilisés comme « dépannage » sur les lignes abandonnées par les compagnies commerciales habituelles.

Ce côté « pratiques qui ne meurent jamais complètement » se retrouve ainsi dans de nombreux domaines. Prenez les chevaux par exemple. Supplantés par les véhicules à moteur au début du XXe siècle pour toutes les tâches « utilitaires », ils restèrent d’abord sur les champs de course et, aujourd’hui, sont assez largement utilisés comme loisir de luxe.

Donc, avant de croire qu’une technique est condamnée parce que telle ou telle nouveauté est mise en avant, réfléchissez-y à deux fois. Allez, encore un exemple : dans les années quatre-vingts, le mensuel « Sciences & Vie » annonçait que la céramique allait remplacer l’acier dans la construction des moteurs de voitures. Et, effectivement, l’industrie automobile se mit à travailler dans ce sens… Mais cela n’arriva pas : la céramique s’avéra bien plus difficile à usiner que prévue et, de son côté, l’acier fit des progrès continus qui lui permit de rester en place. Des exemples comme celui-ci, j’en ai des masses et dans de nombreux domaines.

Tout cela pour dire que, en matière de techniques, ne croyez pas tout ce qu’on vous annonce et informez-vous par vous-même (pour le reste aussi d’ailleurs).

3 réflexions au sujet de « Les destinées inattendues des techniques « dépassées »… »

  1. Pour une application donnée, une technique est considérée comme dépassée lorsqu’elle se trouve en grande minorité rapport à une autre, qui la dépasse, qui remporte plus de succès qu’elle. Actuellement, pour mille locomotives électriques ou diesel en service, vous ne trouverez qu’une seule locomotive à vapeur en service (ou éventuellement aucune). Sur un autre plan, s’agissant de la France, une voiture électrique n’y serait-elle pas à la fois atomique, à vapeur et électrique, sachant que l’électricité qu’elle consomme est d’origine principalement nucléaire, produite dans une centrale nucléaire laquelle produit de la chaleur qui produit de la vapeur d’eau sous forte pression laquelle entraîne un alternateur électrique ?
    Des techniques qui à-priori semblent dépassées (la chaleur est la forme d’énergie la plus dégradée, la vapeur d’eau sous haute pression servait à faire avancer les locomotives), constituent encore en France, le socle principal de la production d’électricité. Avec pour résultat que pour produire 1 GW d’électricité, il faut que le cœur nucléaire produise 3 GW de chaleur. Il y a donc grosso-modo, 2 GW de chaleur qui s’envolent dans les airs et dans la mer et/ou dans la rivière toute proche, en permanence, et le grand public ne se pose même pas la question de savoir si cela contribue à l’instabilité climatique. C’est ce même grand-public qui appelle de ses vieux l’électrification du parc automobile.
    Pour que le problème cristallise, il existe une voie. Cessez d’acheter de l’électricité. Cessez d’acheter du pétrole. Produisez l’énergie dont vous avez besoin, avec les éléments dont vous disposez, chez vous. Rationalisez. Simplifiez. Diminuez votre besoin en énergie. Lorsque vous cesserez de contribuer à entretenir une infrastructure énergétique qu’on peut éventuellement juger dangereuse ou inefficace, les fournisseurs d’énergie devront renoncer à entretenir ce qui est dangereux ou inefficace. La Loi Du Marché, c’est tout simplement : vous. Les fournisseurs d’énergie et les gouvernements devront trouver la solution à un problème qui les terrorise : comment alimenter en énergie tous ces gens qui se trouvent parqués dans les villes, qu’il faut biberonner en permanence, qui n’ont ni terre, ni eau, ni soleil, ni bois ? La seule solution praticable pour eux, qui loin de constituer une rupture, constitue une solution de continuité, sera de se contenter de réaliser à grande échelle, ce que vous, vous aurez fait durant la décennie qui a précédé. Et donc, on attend que des capteurs d’énergie solaire aient un rendement de 50%, résistent au grêlons, aient une durée de vie de 20 ans, et coûtent à l’achat 100 eur du kW. Et donc, cent millions d’euros pour 1 GW en bordure d’une ville comme Paris. Et donc, on attend que des accumulateurs d’énergie (électrique ou calorique) aient un rendement de 90%, une auto-décharge de moins de 10% par jour, et coûtent à l’achat 100 eur du kWh stocké. Et donc, dix milliard d’euros pour stoker 100 GWh répartis dans une ville comme Paris. Lorsque cela sera installé, on aura enfin évolué.

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