La vraie différence entre « bruit médiatique » et vraie pertinence…

Pour mesurer la différence entre le bouhaha médiatique dénué de sens sur le « calamiteux » retrait américain d’Afghanistan et une véritable analyse pertinente sur le sujet, je vous invite à lire (oui, il faut lire !) l’article suivant : Afghanistan : non, ce n’est pas une « déroute américaine » (quoi qu’en pense Michael Moore).

Ce n’est pas un résumé de cet article mais une mise en exergue de quelques points importants issus de ce papier (et qui, je l’espère, va vous inciter à le lire pour de bon, en entier !), j’ai préparé cette petite vidéo :

Bon, dix minutes quand même !

Pour compléter, voici un message de mon ami Laurent Poulain qui enfonce le clou :

Salut Alain,
Je viens de lire l’article que tu as recommandé sur ton blog. Les chiffres sont en effet fort intéressants.
Pour ce qui est du coût de la guerre, il n’est certes pas si important que ca, mais il aurait été bien mieux utilisé sur le sol américain même (comme remettre en état les infrastructures). Le premier gagnant de la guerre d’Afghanistan est avant tout le complexe militaro-industriel.
Personnellement ce qui m’attriste le plus est que les Etats-Unis ne vont sans doute pas tirer les leçons. Que « construire » un pays (comme en Afghanistan) est infiniment plus difficile que de reconstruire (comme l’a fait le plan Marshall). Les « hawks » sont toujours aussi puissants et ne sont pas inquiétés (ce gros con de John Bolton est toujours invité sur les plateaux télé). Ni tous les généraux qui ont menti pendant toutes ces années. Nombreux sont des généraux qui ont répété pendant 20 ans que les US « gagnaient ». Et le Pentagone ne pouvait que savoir que l’armée et la police locale n’étaient qu’une bande d’incompétents. Un vétéran chargé de les entraîner (qui va briguer un mandat de sénateur l’année prochaine) a découvert que non seulement les évaluations des forces locales étaient bidonnées, mais que les instructions étaient de faire en sorte que leur score augmente (un peu comme le Bac en France ;-). Quant à la police, ils étaient apparemment encore pire que les talibans. Ces derniers donnaient au moins un « reçu » après t’avoir extorqué pour que tu n’aie pas à te faire extorquer plusieurs fois.
Mais rien ne ca n’a transpiré à Washington. Lorsque Obama et Trump ont voulu quitter l’Afghanistan, leurs généraux les ont convaincu de rester quelques mois « juste le temps que l’armée locale soit enfin prête ». Personne n’a demandé des comptes à tous ces généraux.
Laurent

1 réflexion sur « La vraie différence entre « bruit médiatique » et vraie pertinence… »

  1. Laurent Poulain

    La meilleure manière de limiter les guerres illimitées serait que les décideurs aient de la « skin in the game » (pas sûr de savoir comment ça se traduit). Des généraux demandent « 6 mois de plus » pour s’assurer que l’armée locale soit prête? Uniquement à condition que tous ces va-t-en-guerre aillent en Afghanistan et y restent jusqu’à ce que l’évacuation soit terminée. Bien évidemment ça n’arrivera jamais.

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