La pollution par le plastique : l’arbre qui cache la forêt ?

La pollution par le plastique est « à la mode » en ce moment !
Il faut dire qu’elle a l’avantage d’être visible voire spectaculaire…

Des poissons et des algues, non… Des bouteilles plastiques, oui !

Des décors que personne ne souhaite voir !

Du coup, la lutte contre les déchets plastiques est devenue une priorité… enfin au moins au niveau de la scène médiatique (car, en réalité, c’est business as usual). C’est ainsi que l’on voit des « mouvements spontanés » comme #BeatPlasticPollution qui ont les faveurs du public pour quelques mois. Du côté des pays riches, la question est traitée de façon fort différente : les européens semblent prendre le sujet au sérieux alors que les américains ne s’en soucient guère. Cela correspond à mon expérience de la vie en Floride : les sacs plastiques vous sont encore largement proposés aux caisses des supermarchés.

Mais il semblerait que le vrai problème ne se situe pas au niveau des pays riches mais plutôt du côté des pays en développement… En effet, d’après The Economist le flux de rejet du plastique vient surtout du sud-est asiastique.

Most of the plastic in the ocean comes not from tidy Europe and America, but from countries in fast-developing East Asia, where waste-collection systems are flawed or non-existent (see map). Last October scientists at the Helmholtz Centre for Environmental Research, in Germany, found that ten rivers—two in Africa and the rest in Asia—discharge 90% of all plastic marine debris. The Yangtze alone carries 1.5m tonnes a year.

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La majeure partie du plastique de l’océan provient non pas de l’Europe et de l’Amérique, mais des pays d’Asie de l’Est en développement rapide, où les systèmes de collecte des déchets sont défectueux ou inexistants (voir carte). En octobre dernier, des scientifiques du Centre Helmholtz pour la recherche environnementale, en Allemagne, ont découvert que dix rivières – deux en Afrique et le reste en Asie – déversent 90% de tous les débris marins en plastique. Le Yangtze transporte à lui seul 1,5 million de tonnes par an.

Cela dit, je suis toujours un peu suspicieux quand on lance ainsi une « grande cause pour l’environnement » car je crains qu’on soit en train de nous enfumer comme c’est souvent le cas. Car, pendant que cette mode bat son plein, Bayer supprime la marque Monsanto, sans doute pour se prémunir contre d’éventuelles poursuites judiciaires. Certes, que les baleines avalent des sacs plastiques est triste (et il faut effectivement prendre des mesures pour éviter cela) mais je ne voudrais pas que Monsanto/Bayer s’en tire aussi facilement de leur côté !

Une réflexion au sujet de « La pollution par le plastique : l’arbre qui cache la forêt ? »

  1. Eh oui, l’Europe universaliste, rayonnante, qui ambitionnait de faire avancer le monde, n’a plus de crédibilité et ne fait plus le poids face aux continents en développement tels l’Afrique et l’Asie, qui suivent leur propre chemin et qui probablement, souffriront de certaines errances et excès que nous mêmes, nous avons commis dans le passé. S’égosiller à leur faire la leçon serait considéré comme de l’arrogance. Gardons-nousd e telle posture. Essayons de ne pas nous brouiller avec eux, qui pèsent plus lourd que nous. Laissons les cheminer. Le moment est venu de nous occuper de nos propres affaires, de protéger nos frontières, nos terres, nos rivières et notre air. Tâchons de développer des solutions économiquement viables à notre échelle. On y verra plus clair dans 5 ou 10 ans. Abandonnons l’espoir que nous puissions taxer le reste du monde, en opérant comme prestataires ou fournisseurs de solutions écologiques. Contentons-nous d’espérer que sur le plan local, notre éco-technologie opère comme modèle à suivre, dont l’Afrique et l’Asie de demain pourront s’inspirer, à leur échelle.

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