Ebooks : la galère des DRM ou comment les contourner…

Je ne me contente pas d’écrire des livres, je suis également un gros lecteur !

Et donc, de plus en plus, je cherche des versions numériques des titres que j’ai envie de lire sur mon Kindle. Dernièrement, j’ai acheté « The Age of AirPower » sur le Kindle store d’Amazon (un livre sur l’évolution historique et le déclin de l’aviation militaire, tout en anglais of course) et on m’a recommandé « Armes de corruption massives » ainsi que « Analyste au cœur de la folie financière« … Après quelques recherches, je constate que ces deux ouvrages sont disponibles au format Epub sur le site fnac.com. Bonne pomme, je risque une commande à la Fnac et, comme je le redoutais, la commande n’aboutie pas pour une raison qui reste obscure. Je ne suis pas surpris outre mesure vu les critiques que j’avais pu lire ça et là sur la « qualité » du site fnac.com… Donc, s’il en était besoin, je déconseille d’utiliser fnac.com !

Heureusement, je trouve la même offre sur le site du « Furet du Nord » qui lui est fort bien fait. Je commande et je paye les deux ouvrages, tout va bien me dis-je puisqu’il m’est dit que je vais recevoir un message email avec les liens pour télécharger les deux livres.


Effectivement, je reçois le message promis mais, surprise, un des deux livres n’arrive pas au format Epub comme je l’attendais : à la place, j’ai un fichier URLLink.acsm… Qu’est-ce que c’est que ça ?

Il s’avère que le livre numérique « Analyste au cœur de la folie financière » édité par Grasset est hélas doté d’un horrible « DRM Adobe »… Damned !

Certes, j’aurais dû être plus attentif au moment de l’achat et rester à l’écart car ce dispositif est terriblement contraignant. Tout d’abord, il faut installer le logiciel d’Adobe (Adobe Digital Edition) avant de pouvoir faire quoi que ce soit. Zut, j’ai la dernière version de Mac OS et, bien sûr, le site d’Adobe m’indique que ma configuration n’est pas compatible… Ça commence fort !

Bien sûr, en cherchant un peu, je trouve la solution sur une page du site d’Adobe… Mais c’est pénible qu’un éditeur de ce rang ne soit pas en mesure de reconnaitre Mac OS Lion.

Une fois installé le bazar d’Adobe, ça marche tout seul ?
Même pas, il faut aussi s’inscrire sur le site pour avoir un ID Adobe !

Et tout cela pour quoi ?
Eh bien pour avoir le plaisir sans mélange d’avoir enfin le droit de lire le livre que vous venez d’acheter sur Adobe Digital Edition (et donc seulement sur votre PC ou votre Mac… Super pratique et confortable, merci !) et nulle part ailleurs.

Bon, j’exagère un peu car cette merveille est capable de transférer votre ouvrage sur la tablette de Sony ou sur celles de Bookeen qui, comme chacun sait, {mode ironique on} sont les liseuses numériques les plus répandues sur le marché {mode ironique off}. Mais inutile d’envisager de transférer sur votre Kindle ou votre iPad car ces deux gadgets ne sont pas reconnus par ce logiciel-prison !

Ce que je voudrais dire ici à Grasset et aux autres éditeurs fervents de ces DRMs c’est qu’il faut être particulièrement stupide, arrogant ou méprisant (les trois à la fois ne sont pas exclus…) pour s’imaginer que le client va être satisfait par cette « solution » bancale et bridée. C’est sûr qu’avec des comportements de ce genre, le Syndicat National de l’Edition peut se targuer que le marché du livre numérique « reste encore marginal » !

Évidemment, quand la Kindle Store d’Amazon va débarquer en version française avec une offre riche, pratique et adaptée, ces beaux messieurs n’auront plus que leurs yeux pour pleurer… Mais comment peut-on être aussi c*ns et bornés ?

Bon, revenons à des choses positives. Tout d’abord, le fait d’acheter des fichiers Epub ne m’empêche pas de lire les livres achetés sur mon Kindle grâce à Calibre !
Jusque-là, je n’aimais pas trop ce logiciel car je n’avais pas vraiment compris son intérêt… Mais quand il s’agit de convertir un livre au format Epub dans le format Mobipocket, Calibre le fait vite et bien… Sauf si le fichier Epub est enchaîné dans son DRM !

La solution est évidente, il faut faire sauter ce DRM (ce qui est, précisons-le, tout à fait illégal). C’est ainsi que j’ai trouvé la page du blog de Korben où la procédure pour le faire est expliquée en détail… Et ça marche !

Certes, c’est encore un peu technique (donc hors de portée de l’utilisateur moyen et c’est bien le but visé par le lobby de l’édition qui préfère punir les utilisateurs honnêtes que de chercher une vraie solution) mais, au moins, on peut le faire. Korben signale aussi une autre solution, plus simple, mais qui ne marche que sous Windows (voir http://www.epubee.com/). J’en ai trouvé un pour Mac mais il est payant (http://www.epubor.com/mac-epub-drm-removal.html).

Il est clair qu’avec des restrictions pareilles, le marché du livre numérique va forcément tarder à décoller en France… Jusqu’à ce qu’un acteur fasse les choses correctement. Je parie sur Amazon dont la Kindle Store devrait être proposée aux clients français dans quelque temps. Et je compte bien être un des premiers auteurs français présent dessus !

Et, bien sûr, je n’ai jamais mis de DRM sur mes livres numériques, aucun, même le « tatouage » proposé par Immatériel…

11 réflexions au sujet de « Ebooks : la galère des DRM ou comment les contourner… »

  1. Ping : Les DRM pour les nuls « lesoufflenumerique

  2. « Évidemment, quand la Kindle Store d’Amazon va débarquer en version française avec une offre riche, pratique et adaptée, ces beaux messieurs n’auront plus que leurs yeux pour pleurer… Mais comment peut-on être aussi c*ns et bornés ? »

    Sauf que Kindle aussi a ses DRMs. Ce n’est pas la FNAC, Furet du Nord ou même Kindle qui est en cause, mais les éditeurs qui les imposent aux distributeurs.

    Adobe pour le coup s’amuse bien à vendre des portes blindées en papier maché.

  3. @ TheSFReader
    Oui, c’est juste : le Kindle ou plutôt l’offre distribuée sur la Kindle Store est souvent « dotée » de DRM mais on peut choisir (dans KDP) de ne pas en mettre et, personnellement, je n’en met jamais !
    Mais c’est vrai que ce sont les éditeurs qui décident et souvent dans le mauvais sens (pas toujours, il y a heureusement quelques exceptions qu’il faut mettre en avant).

  4. Bjr,
    J’ai été confronté aussi aux joies d’un produit grand public comme l’achat d’un livre électronique, nécessitant néanmoins une logique informatique pour s’en sortir.
    En fait ouvrir le fichier .acsm envoyé par la fnac avec le logiciel associé au reader suffit. Le logiciel Adobe n’est absolument pas nécessaire, seul l’adobe ID doit avoir été créé une fois.

  5. Le pire, c’est d’avoir tout fait légalement et, même pas heureux de ça, d’avoir adhéré à Adobe, pris un ID Adobe… Et se voir refuser l’activation du programme parce que j’ai attendu plus de 30 minutes avant de compléter l’opération (désolé j’ai un bébé)… Maintenant, impossible d’activer le programme d’Adobe. Sur le chat de la marque, un type fort civil et marri me confesse qu’il ne peut rien faire, il faudrait que je lui fournisse le numéro de série du programme (qui n’existe pas puisque c’est fourni par fnac, dans ce cas) ! Et au passage, j’apprends que, même si tout ce bazar venait à fonctionner, je ne pourrais pas lire le livre sur mon Ipad. Ce programme d’Adobe n’est pas compatible avec IPad ! La connerie est à son comble ! Naturellement, de forum en forum, d’amis programmeurs en ingénieurs informatiques, je vais finir par trouver un moyen de contourner ce fatras, pour avoir le plaisir de lire…

  6. @ Lionel
    Oui et après, on s’étonne que les gens désertent les offres « vérolées » de ces grands éditeur !
    Faire sauter ces DRM, c’est une attitude de légitime défense moi je dis…

  7. Merci, en effet de quoi décourager les honnêtes gens .. et guère en faveur des auteurs n’est ce pas ?

  8. Ping : Edition numérique : pourquoi les DRM sont une idiotie… | M.I.A - Le Blog

  9. J’ai la même galère aujourd’hui! Je n’achète pas beaucoup de livre mais j’avoue que par contre j’aime beaucoup en prendre à la bibliothèque. La bibliothèque ici est superbe très grande avec plein de documents sur tous les sujets. Et en plus, ils ont des livres numériques qu’ils mettent à a disposition des lecteurs. Ca fonctionne de la même façon que les livres imprimés vous pouvez le garder pendant 21 jours maximum et quand vous l’avez quelqu’un d’autre ne peut pas l’emprunter.
    Il faut juste cliquer sur le lien « emprunter ce livre » qui permet le téléchargement du fameux fichier acsm. Fichier qui s’ouvre magnifiquement dans digital editions, mais voilà quand moi je loue un bouquin electronique c’est pour le plaisir de pouvoir le lire n’importe où sur ma tablette et en particulier dans le métro quand je vais au boulot.

    Je vous laisse imaginer ma fureur quand je me rends compte que ma tablette ne veut pas lire ces 2 fichus bouquins. Ayant une tablette android (Samsung Galaxy 10.1 donc pas la moins connue!) j’ai téléchargé au moins 4 applications qui disent lire les fichiers digital editions mais malheureusement aucun d’eux ne reconnait mes fichiers et digital ne veut pas reconnaître ma tablette!!

    Et moi qui trouver que c’était une tellement belle révolution de ne pas avoir à porter des bouquins de 3 tonnes dans mon sac tout en continuant à savourer les plaisirs de la lecture!!!

    A revoir….

  10. Merci pour votre billet avec lequel je suis bien d’accord et qui m’a bien aidé.µ
    En fait, ces stratégies de protections et de logiciel propriétaire ne donnent qu’une seule envie: balancer les PDF que l’on a réussi à débrider (en passant 1h dessus rien que pour pouvoir le lire sur ma tablette) sur le net pour tout le monde

  11. Moi qui n’ai que Linux chez moi, je m’attends à faire pas mal de manips si d’aventure (oui, parce que c’est une aventure) je me risque à commander un livre numérisé.

    J’ai même envie de faire mine de passer une grosse commande, et de l’annuler au dernier moment en jouant au gros naïf :« Ah! Mais vous ne m’avez pas dit qu’il fallait Windows, désolé, au revoir tout le monde ! ».

    Je me demande aussi ce qui se passe sur Android, qui est une base Linux : les API arrivent-elles à gérer tous les DRM ?

    On vit une époque formidable…

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