La malédiction des champions du monde de F1

Tous les pilotes ont cette ambition, plus ou moins secrète, plus ou moins avouée, de finir leur carrière en étant au sommet, de raccrocher sur un haut fait, d’éviter le déclin en somme… Et pourtant, force est de constater qu’aucun n’a atteint ce but !

Certains vont dire que décrocher un titre est vraiment difficile. D’autres vont affirmer que c’est de se maintenir au sommet (non pas un titre, « acquis par accident », mais plusieurs pour bien montrer qu’on domine son époque !) qui est bien plus dur encore. Tous ont raison mais on a pléthore de multiples champions du monde pour démontrer que ce dernier but n’est pas si inaccessible… Non, le vrai challenge consiste à réussir sa sortie et là, le palmarès est vierge !

Tous veulent le faire, certains l’avouent mais personne n’y arrive. Et un des éléments d’explication est que les grands pilotes sont des compétiteurs que rien ne décourage. Ils ont déjà connu des hauts et des bas, dès le début de leur carrière et c’est justement parce qu’ils se sont accrochés avec un mental d’acier qu’ils ont finalement réussi.

Alors, il est normal qu’ils soient aveugles à l’approche du déclin. Pour eux, il ne s’agit que d’une mauvaise passe de plus qu’ils auront tôt fait de surmonter, comme les précédentes.

C’est cette confiance en eux -jadis leur meilleure alliée- qui les empêche, finalement, de « sentir » le bon moment pour se retirer. Pourtant, les plus malins, comme Stewart, ont été capables de décider de ce bon moment et de planifier leur retraite mais c’est là où la malédiction se montre la plus vicieuse en s’alliant à la mort.

L’accident fatal annule les meilleurs plans, soit en tuant l’acteur principal (Rindt), soit en fauchant ses amis (Cevert pour Stewart, Colins pour Hawthorn et bien d’autres).

Une malédiction, vraiment ?

Absolument !

Quand on regarde l’histoire de la Formule Un, ou, plus exactement, l’histoire de ses champions, on s’aperçoit qu’il n’y en a pas un seul qui n’ait pas eu sa carrière marquée par le destin ou tout simplement gâchée par des circonstances contraires. Pas un seul n’a réussi le parcours parfait : capable de se retirer en pleine gloire, d’être complètement satisfait de la performance accomplie et de jouir de sa retraite paisiblement. Comme si l’effort surhumain pour conquérir le ou les titres aboutissait forcément à les mettre sur une trajectoire interdite et définitivement maudite !

Comme si le prix à débourser pour devenir N°1 se payait forcément avec des larmes et de l’amertume, voire quelquefois (souvent même) avec du sang… Quoi qu’il arrive, la malédiction a toujours un coup d’avance et plus d’un tour dans son sac…

Allez, vous devez penser que je déraille ou, du moins, que j’exagère; mais pas du tout : il suffit d’examiner objectivement la liste de tous les champions du monde pour le constater : pas un seul qui n’ait bien fini, pas un seul qui n’ait pas terminé avec un regret, un échec, un déclin ou un drame. Cette malédiction peut prendre de nombreuses formes mais tous ont été frappés !

Que ce soit la saison de trop (le déclin), l’accident de trop (le prix du sang) ou des circonstances contraires (le titre dévalorisé par le contexte où il a été obtenu), tous nos champions ont vu leurs parcours entachés par cette malédiction… Vous n’êtes pas obligé de me croire tout de suite mais vous allez voir que, systématiquement, on reconnaît sans mal les effets de cette malédiction dans la destinée de tous ces pilotes hors du commun.

Cet ouvrage est aussi l’occasion de revenir sur l’évolution de la F1 et sur les faits marquants de ses différentes époques.

Cet ouvrage est largement pourvu en photos des différentes époques (plus de 90 illustrations !).

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8 réponses à La malédiction des champions du monde de F1

  1. Ping : Carte blanche à Alain Lefebvre – Ce que m’a apporté l’auto-publication | M.I.A - Le Blog

  2. Ping : Zoom sur Vettel et Alonso, extraits de mon livre « La malédiction des Champions du monde de F1″ | RTFM (read the f* manuel!)

  3. ilias dit :

    Bonjour,
    Vous semblez ignorer que Prost s’est retiré de la F1 sur un titre. Pas question de considérer son retour à la compétition en tant que team manager, ni même en tant que pilote de GT, et plus tard l’Andros… ce sont des carrières différentes, il ne pouvait pas rester à se tourner les pouces le restant de sa vie quand même ! et puis, il est normal qu’un pilote, s’il pense à se recycler, aie plus l’envie et d’opportunité de le faire dans son « secteur d’activité » habituelle, comme tous les autres sportifs.
    Quand au déclin, s’est abusé de focaliser sur les champions du monde en parlant de malédiction. La « descente » est le lot de tous, et pas seulement dans ce métier d’ailleurs. C’est notre « malédiction » à nous tous, mortels…

  4. alefebvre dit :

    @Illias
    Le contenu de mon livre peut paraitre provocateur mais, en fait, il pose une vraie question : comment gérer « l’après » ?
    Et gérer l’après commence bien avant le moment de la retraite. Il commence dès qu’on est dans le feu de l’action et seul quelques exceptions comme Stewart ont su le faire. La question de savoir se retirer, d’être capable de terminer son parcours en beauté, sans que, comme Tyrrell le disait « être capable de quitter la course avant que la course ne vous quitte… » est vraiment un exercice difficile que la récente fin de parcours de Schumacher éclaire d’une lumière crue… D’ailleurs, l’excellent magazine « motorsport » (voir à http://www.motorsportmagazine.com/) s’en fait l’écho dans son N°12 Volume 88 avec cet article « Drivers quitting the sport » qui reprend, à peu de choses près, l’ensemble de mes arguments… Preuve que cette question est dans l’air du temps !

  5. ilias dit :

    C’est vrai que c’est dans l’air du temps, du fait que le retour raté et le retrait de Schumacher font l’actualité. Mais il n’empêche que je trouve un peu exagéré de généraliser ce constat à tous les champions du monde.
    Pour prendre d’autres exemples, je pense que Lauda n’était déjà plus motivé en 85 pour continuer après avoir atteint son objectif. Pour lui, cette saison « en plus » était tout simplement déjà sur son contrat ( il n’avait pas prolongé ce dernier fin 84, ou je me trompe ? ). Et puis, il savait ce qui l’attendait en 85. N’avait il pas promis à Prost après avoir décroché son dernier titre de l’aider la saison suivante ? donc, pour moi, il s’est retiré en pleine gloire, 1985 ayant été pour lui une « formalité »… lucrative qui plus est, ce qui n’était pas négligeable pour entreprise.

    D’autres part, je ne pense pas que les pilotes ( du moins la plupart ) aient dans leur plan de se retirer en plein succès. Quand on leur pose cette question, la majorité répond qu’ils décrocheraient quand il se rendraient compte qu’ils sont devenus moins rapides d’un ou 2 dixièmes au tour ( pour schématiser ), quoique ce ne soit pas un critère de manque de performance, puisqu’on peut être moins rapide, prendre de moins en moins de risque qu’à ses débuts, et compenser par l’expérience et la fiabilité pour continuer à dominer son métier.
    Je crois que c’est lorsqu’ils perdent leur motivation pour se battre qu’ils finissent par jeter l’éponge. Et forcément, cette motivation ne disparaît pas si on est sur la plus haute marche du podium, à moins d’être déjà usé physiquement et moralement comme l’était Stewart lorsqu’il avait décidé de se retirer malgré le succès bien avant la fin de la saison 73. Mais c’est vrai que dans son cas, une sorte de malédiction l’a rattrapé de la manière la plus sournoise lors de ce qui devait être son 100ème et dernier GP.

  6. Ping : Zoom sur Brabham et Stewart, extraits de mon livre « La malédiction des Champions du monde de F1″ | RTFM (read the f* manuel!)

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