Cette révolte qui ne viendra pas : section 3- Le niveau du citoyen moyen

“La plupart des gens préféreraient mourir que de réfléchir. C’est ce qu’ils font d’ailleurs.”
Bertrand Russel

Dans la section précédente, nous avons évoqué les ravages produits par la machine médiatique. Celle-ci tourne à plein régime depuis des décennies et devient tellement omniprésente qu’il est difficile d’y échapper. Il est encore plus difficile d’éviter ses effets car, ainsi que nous allons le voir, l’être humain est particulièrement sensible aux mécanismes employés par les médias… Résultat ?

Il en redemande !

La machine à bourrer le crâne est donc très efficace et c’est pour cela qu’on lui donne la priorité à tous les étages. Les décideurs sont devenus des « stories tellers » et leurs conseillers proches des « spin doctors ». Il s’ensuit un inévitable affaiblissement de la démocratie. L’alliance entre le pouvoir et les médias fait en sorte d’entretenir l’illusion du débat public et du pouvoir des citoyens. Mais le masque tombe facilement dès qu’on essaye d’aborder les sujets vraiment importants. Prenez le nucléaire par exemple : la France continue à produire des lois pour tout et n’importe quoi (toujours dans l’optique de protéger les gens contre eux-mêmes…), mais sur le nucléaire, rien !

Au niveau européen, pareil, silence total et gêné sur cette importante question qui est entièrement laissée à Euratom. Au niveau mondial, c’est pire : l’AIEA a même autorité sur les questions médicales dépendant du nucléaire alors que ça devrait être du ressort de l’OMS… Pourtant toutes les deux sont des agences issues de l’ONU !

Bref, le nucléaire est un sujet trop sérieux pour être compris et traité par le citoyen moyen, il faut laisser cela aux spécialistes, comprenez, les technocrates.

Pour obtenir ces brillants résultats, les médias s’efforcent de formater l’esprit des gens afin d’obtenir un double effet :

  1. Faire en sorte que le peuple avale sans broncher les mensonges des gouvernants de tous les bords.
  2. Canaliser le peuple dans cette société de consommation nocive pour tous, mais lucrative pour quelques-uns.

Pour ce faire, la propagande des médias s’appuie sur les ressorts profonds de la nature humaine. Les expériences de Milgram et de Asch démontrent que l’individu moyen est particulièrement malléable et conformiste. Rien d’étonnant qu’ensuite, la manipulation médiatique permanente produise des effets aussi profonds. Voyons cela en détail…

La pensée unique

Pourquoi la « pensée unique » existe-t-elle et est-elle si répandue ?

Tout simplement parce qu’il est dans la nature humaine de se « mettre en conformité » avec le groupe… Sceptique ?

Vous ne devriez pas pourtant… Abraham Maslow l’a bien compris en mettant le « besoin d’appartenance » dans sa hiérarchie des besoins humains (voir à http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins_de_Maslow). Mais ce que Maslow ne soupçonnait pas, c’est que la satisfaction de ce besoin (le besoin d’appartenance ou d’intégration) pousse l’individu à tricher pour s’aligner sur « la pensée unique »… Et c’est ce que « l’expérience de Asch » a démontré !

La fameuse « pyramide des besoins fondamentaux » dérivée des travaux de Maslow (lui-même n’a jamais évoqué la notion de pyramide, simplement de hiérarchie…). Source : Wikipedia.

L’expérience de « Asch »

Imaginée par Solomon Asch, voir à http://fr.wikipedia.org/wiki/Solomon_Asch) :

Solomon Asch invita un groupe d’étudiants de 17 à 25 ans à participer à un prétendu test de vision. Tous les participants étaient complices avec l’expérimentateur, sauf un. L’expérience avait pour objet d’observer comment cet étudiant (le sujet) allait réagir au comportement des autres.

Les complices et le sujet furent assis dans une pièce et on leur demanda de juger la longueur de plusieurs lignes tracées sur une série d’affiches. À gauche, une ligne modèle, et à droite, 3 autres lignes. Chacun devait dire laquelle de ces 3 lignes sur la droite était égale à la ligne modèle de gauche. Au début, les complices ont donné à l’unanimité la même fausse réponse avant de laisser le sujet répondre en dernier.

Exemple : la ligne de gauche est la ligne de référence ; les trois lignes de droite sont les lignes de comparaison.

 

Tandis que la plupart des sujets répondirent correctement, beaucoup furent assez perturbés, et un grand nombre (37 %) finissait par se conformer aux mauvaises réponses soutenues à l’unanimité par les complices. Les sujets étaient même amenés à soutenir des réponses allant contre l’évidence et leur propre vue, pour par exemple affirmer que deux lignes avaient la même longueur, alors que l’écart était très visible, car de plus de 5 cm.

Lorsqu’il n’y avait pas unanimité parmi les complices, les sujets s’émancipaient du groupe pour soutenir la réponse vraie, mais dissidente et contrariante pour le groupe.

Des sujets témoins, qui n’étaient pas soumis à un point de vue majoritaire, n’eurent aucun mal à donner toujours la bonne réponse.

Après l’annonce des résultats, le sujet attribuait généralement sa piètre performance à sa propre « mauvaise vue ». Ceci rejoint dans une certaine mesure l’expérience de Milgram où le sujet accuse l’expérimentateur d’être responsable de son comportement. Dans les deux cas, le sujet se dédouane de la responsabilité de ses décisions sur un élément extérieur à sa volonté.

L’expérience de Milgram

Enchaînons avec la bien connue « expérience de Milgram » qui démontre la soumission naturelle à l’autorité (voir à http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp % C3 % A9rience_de_Milgram) :

Le test de Milgram se base sur le concept de la dilution de responsabilité. Plus il y a de personnes impliquées, moins on a l’impression d’être responsable (« Je ne fais que suivre les ordres et appuyer sur le bouton »), on évite ainsi les conflits de conscience quand on est dans la situation de devoir faire quelque chose de moche. Dans le test de Milgram, lorsque le sujet ne presse plus le bouton, mais ordonne à quelqu’un d’autre de le presser, le taux de soumission augmente encore plus (« je ne fais que transmettre l’ordre »).

L’expérimentateur (E) amène le sujet (S) à infliger des chocs électriques à un autre participant, l’apprenant (A), qui est en fait un acteur. La majorité des participants continuent à infliger les chocs jusqu’au maximum prévu (450 V) en dépit des plaintes de l’acteur. Source : Wikipedia.

 

L’expérience de Milgram est une expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Cette expérience cherchait à évaluer le degré d’obéissance d’un individu devant une autorité qu’il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l’autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet.

L’objectif réel de l’expérience est de mesurer le niveau d’obéissance à un ordre même contraire à la morale de celui qui l’exécute. Des sujets acceptent de participer, sous l’autorité d’une personne supposée compétente, à une expérience d’apprentissage où il leur sera demandé d’appliquer des traitements cruels (décharges électriques) à des tiers sans autre raison que de « vérifier les capacités d’apprentissage ».

La majorité des variantes de l’expérience a eu lieu dans les locaux de l’université Yale. Les participants étaient des hommes de 20 à 50 ans de tous milieux et de différents niveaux d’éducation. Les variantes impliquent le plus souvent trois personnages : l’élève, qui devra s’efforcer de mémoriser des listes de mots et recevra une décharge électrique, de plus en plus forte, en cas d’erreur ; l’enseignant, qui dicte les mots à l’élève et vérifie les réponses. En cas d’erreur, il enverra une décharge électrique destinée à faire souffrir l’élève ; l’expérimentateur, représentant officiel de l’autorité, vêtu de la blouse grise du technicien, de maintien ferme et sûr de lui.

L’expérimentateur et l’élève sont en réalité des comédiens et les chocs électriques sont fictifs.

Dans le cadre de l’expérience simulée (apprentissage par la punition), élève et enseignant sont tous deux désignés comme « sujets ». Dans le cadre de l’expérience réelle (niveau d’obéissance, soumission à l’autorité), seul l’enseignant sera désigné comme sujet.

Au début de l’expérience simulée, le futur enseignant est présenté à l’expérimentateur et au futur élève. Il lui décrit les conditions de l’expérience, il est informé qu’après tirage au sort il sera l’élève ou l’enseignant, puis il est soumis à un léger choc électrique (réel celui-là) de 45 volts pour lui montrer un échantillon de ce qu’il va infliger à son élève et pour renforcer sa confiance sur la véracité de l’expérience. Une fois qu’il a accepté le protocole, un tirage au sort truqué est effectué, qui le désigne systématiquement comme enseignant.

L’élève est ensuite placé dans une pièce distincte, séparée par une fine cloison, et attaché sur une chaise électrique. Le sujet cherche à lui faire mémoriser des listes de mots et l’interroge sur celles-ci. Il est installé devant un pupitre où une rangée de manettes est censée envoyer des décharges électriques à l’apprenant. En cas d’erreur, le sujet enclenche une nouvelle manette et croit qu’ainsi l’apprenant reçoit un choc électrique de puissance croissante (15 volts supplémentaires à chaque décharge). Le sujet est prié d’annoncer la tension correspondante avant de l’appliquer.

Les réactions aux chocs sont simulées par l’apprenant. Sa souffrance apparente évolue au cours de la séance : à partir de 75 V il gémit, à 120 V il se plaint à l’expérimentateur qu’il souffre, à 135 V il hurle, à 150 V il supplie d’être libéré, à 270 V il lance un cri violent, à 300 V il annonce qu’il ne répondra plus. Lorsque l’apprenant ne répond plus, l’expérimentateur indique qu’une absence de réponse est considérée comme une erreur. Au stade de 150 volts, la majorité des sujets manifestent des doutes et interrogent l’expérimentateur qui est à leur côté. Celui-ci est chargé de les rassurer en leur affirmant qu’ils ne seront pas tenus pour responsables des conséquences. Si un sujet hésite, l’expérimentateur lui demande d’agir. Si un sujet exprime le désir d’arrêter l’expérience, l’expérimentateur lui adresse, dans l’ordre, ces réponses :

• « Veuillez continuer s’il vous plaît. »

• « L’expérience exige que vous continuiez. »

• « Il est absolument indispensable que vous continuiez. »

• « Vous n’avez pas le choix, vous devez continuer. »

Si le sujet souhaite toujours s’arrêter après ces quatre interventions, l’expérience est interrompue. Sinon, elle prend fin quand le sujet a administré trois décharges maximales (450 volts) à l’aide des manettes intitulées XXX situées après celles faisant mention de « Attention, choc dangereux ».

Lors des premières expériences menées par Stanley Milgram, 62,5 % (25 sur 40) des sujets menèrent l’expérience à terme en infligeant à trois reprises les électrochocs de 450 volts. Tous les participants acceptèrent le principe annoncé et, éventuellement après encouragement, atteignirent les 135 volts. La moyenne des chocs maximaux (niveaux auxquels s’arrêtèrent les sujets) fut de 360 volts. Toutefois, chaque participant s’était à un moment ou à un autre interrompu pour questionner le professeur. Beaucoup présentaient des signes patents de nervosité extrême et de réticence lors des derniers stades (protestations verbales, rires nerveux, etc.).

Milgram a qualifié à l’époque ces résultats « d’inattendus et inquiétants ». Des enquêtes préalables menées auprès de 39 médecins psychiatres avaient établi une prévision d’un taux de sujets envoyant 450 volts de l’ordre de 1 pour 1000 avec une tendance maximale avoisinant les 150 volts.

En plus des nombreuses variantes expérimentales qui permettent de mettre en valeur des facteurs de la soumission, Stanley Milgram propose dans son livre paru en 1974 une analyse détaillée du phénomène. Il se place dans un cadre évolutionniste et conjecture que l’obéissance est un comportement inhérent à la vie en société et que l’intégration d’un individu dans une hiérarchie implique que son propre fonctionnement en soit modifié : l’être humain passe alors du mode autonome au mode systématique où il devient l’agent de l’autorité.

Conformisme et pulsion d’intégration

On vient de le voir par l’expérience de Asch, le conformisme est un comportement très répandu. Mais on est en droit de se poser la question : pourquoi les gens sont-ils conformistes ?

Pourquoi font-ils tous plus ou moins la même chose, s’habillent-ils de la même façon, habitent-ils dans les mêmes conditions au lieu de valoriser leur singularité ?

Non pas que l’offre soit uniforme ou parce qu’on « ne pourrait faire autrement »… Mais bien par instinct !

La terrible vérité sur le conformisme c’est qu’il est simplement un sous-produit de la pulsion d’intégration… Eh oui.

Pour comprendre notre société moderne et le comportement désolant de l’immense majorité de nos contemporains, il est indispensable de connaître les ressorts de la pulsion d’intégration. Je vais vous l’expliquer ici et maintenant :

L’homme est un animal social par nécessité, car c’est ainsi qu’il est plus performant. Tout seul, il ne fait pas grand-chose de grandiose : il se retrouve vite vêtu de peaux de bêtes dans une caverne sombre et puis c’est tout… Essayez donc d’assumer le mode de vie autarcique qu’implique le vrai individualisme : vous n’allez pas résister longtemps face à la difficulté de l’exercice !

Alors qu’en groupe, les individus peuvent se répartir les multiples tâches par goût ou par compétence. C’est ainsi que, progressivement, les individus naturellement polyvalents, mais médiocrement performants deviennent moins polyvalents, mais plus performants… Ils se sont spé-cia-li-sés. Et c’est comme cela qu’on passe en quelques millénaires des cavernes sombres aux concentrations urbaines.

C’est donc pour pouvoir se spécialiser et ainsi augmenter son niveau de performance que l’individu rejoint le groupe, pourtant ça ne lui plaît pas. Nécessité fait loi, certes, mais pas dans la joie…

L’homme est fondamentalement un individualiste. En cela, il ressemble plus à un loup qu’à une abeille ou une fourmi (qui elles sont de vrais animaux sociaux). Notre loup est capable de vivre en meute, mais alors il le fait en vivant dans le stress : soit il est le loup dominant (le chef de la meute) et risque d’être renversé à tout moment par un plus jeune et un plus fort; soit il fait partie des dominés et doit obéir au mâle dominant et ce n’est pas toujours une partie de plaisir. Quand le chef de meute est chassé par un plus fort ou plus jeune, il devient alors un vieux solitaire qui tente de s’en sortir par ses propres moyens… Mais revenons à nos humains !

L’individu [normal] n’aime pas se fondre dans la masse, car il se sent alors en compétition avec ses semblables (compétition pour tout : nourriture, espace et tout ce qui se partage). Cette contradiction fondamentale entre sa pulsion individualiste et son adhésion à la vie en société n’est pas sans générer un stress permanent qui peut tourner à la névrose pour certains. Et la culture ainsi que la propagande sont là pour nous conforter dans notre choix en nous serinant qu’il n’y a pas d’alternative… Mais alors, si on n’aime pas cela, pourquoi le fait-on quand même ?

Ou plus exactement, comment se fait-il qu’on arrive à surmonter notre individualisme primaire ?

Oui, c’est là la bonne question ; on passe au-delà de notre instinct de compétition parce qu’il y a un instinct plus fort qui nous y pousse : l’instinct grégaire. Et la pulsion d’intégration est le moteur le plus spectaculaire de cet instinct grégaire.

Ce n’est pas par plaisir que les ados font tant d’efforts pour ressembler aux adultes : ils ne peuvent pas faire autrement que d’obéir à leur instinct qui leur commande de faire les mêmes erreurs, les mêmes choix, d’avoir les mêmes comportements. La pulsion d’intégration se manifeste tout le temps et partout : c’est ainsi que les femmes portent leurs lunettes dans leurs cheveux. C’est aussi à cause de cette pulsion que tant de gens fument sans même savoir pourquoi et la liste est longue.

La pulsion d’intégration est un tyran omniprésent qui ne vous laisse aucun répit : il faut que l’individu-candidat-à-rentrer-dans-un-groupe ressemble aux autres par tous les moyens. Pourquoi croyez-vous que les soldats portent un uniforme ?

C’est seulement quand l’individu est admis dans un groupe qu’il peut alors ressentir sa propre existence dans les yeux des autres. Il a alors passé le seuil, la pulsion d’intégration le laisse enfin souffler, il vient de gravir un degré de plus dans la pyramide de Maslow, il peut enfin passer à autre chose.

La civilisation a toujours organisé ce processus d’intégration de plus en plus en profondeur : de l’école maternelle à la maison de retraite en passant par l’armée, les syndicats, l’église, etc.

La pulsion d’intégration est de plus en plus le mécanisme à prendre en compte pour comprendre les évolutions de la société. Alors qu’on pense que l’individualisme est au sommet, la réalité est que la demande d’intégration n’a jamais été aussi forte, surtout chez les jeunes.

De ce fait, la rage de se distinguer qu’on croit discerner chez nos ados ne vient qu’en second une fois sa place trouvée dans le groupe (quel que soit le groupe, l’important est de trouver un groupe où l’on soit accepté et une fois cela acquis, on constate une obéissance aveugle aux règles du groupe, même si elles sont absurdes ou cruelles, comme l’illustre le très bon film « La vague »). Un exemple avec la mode du port de la barbe…

La mode de la barbe et ce qu’elle nous apprend

C’est un fait incontestable : le port de la barbe est à la mode. On en voit de plus en plus et c’est devenu un attribut du look « moderne et dans le coup » pour l’homme. Inutile de vous dire que je trouve cela complètement ridicule…

Mais ce n’est pas tout !

Même les femmes n’échappent pas à cette tendance grotesque… Non, le port de la barbe n’est pas (encore) répandu dans la gent féminine (et c’est heureux, mais ne pariez pas là-dessus pour l’avenir…), mais les tatouages si. Voilà le second volet de cette mode ridicule dédiée au look « branché, dans le coup ». En plus des barbus déjà cités, on voit de plus en plus de jeunes filles (et des moins jeunes aussi, hélas) s’afficher avec des tatouages plus ou moins gros et voyants. J’ai du mal à m’expliquer cette tendance, j’avoue. Tous ces tatoués savent-ils que c’est irréversible ?

Tous ces gens si obsédés par leur apparence ont-ils conscience que ça les range illico dans une catégorie qui ne sera pas forcément enviable selon les circonstances et l’évolution de la société (pour engager un collaborateur, préférez-vous quelqu’un de neutre sur son apparence ou un barbu-tatoué exhibitionniste ?).

Mais cette mode n’est pas seulement totalement grotesque, elle est aussi hautement significative… Elle en dit beaucoup sur les forces qui agissent sur la psyché générale. Tout d’abord, nous retrouvons la pulsion d’intégration qui débouche sur une pulsion de conformité dont on peut voir les effets en direct. On savait déjà que les ados étaient des victimes toutes désignées de ces pulsions, mais on s’aperçoit qu’elles sont aussi à l’oeuvre (puissantes et efficaces) sur les tranches plus âgées, sensées être plus mûres.

Et c’est justement ici qu’intervient le second volet de ma démonstration : l’effondrement du niveau général produit des effets inattendus (mais pas surprenant quand on y songe). On constate que, chez les hommes, l’abaissement du niveau intellectuel s’accompagne d’une poussée certaine de la frivolité. Sinon, comment comprendre cette récente obsession pour l’apparence ?

Le fait que les hommes soient désormais plus frivoles est avéré par d’autres tendances telles que le recours à l’épilation. Il n’y pas quinze ans, très peu d’hommes avaient recours à cette pratique alors qu’elle est en forte croissance actuellement. Mais il y a plus grave que le port de la barbe, le fait que tellement de monde fume encore des cigarettes…

La cigarette, un ravage du conformisme !

Posons-nous la seule question vraiment intéressante : pourquoi tous ces gens fument-ils ?

Car enfin, il s’agit bien là d’une manie aberrante : ça coûte cher, ça sent mauvais, c’est nocif, c’est sale, bref, cela ne présente aucun avantage. Pourtant, la somme de ces inconvénients ne semble pas rebuter les millions de fumeurs jeunes et moins jeunes, pourquoi donc ?

Toutes les parties concernées par la lutte contre le tabagisme mettent l’accent sur les jeunes, essayons donc de comprendre pourquoi les jeunes fument si nombreux et si tôt…

Les jeunes en général et les ados en particulier sont très sensibles au facteur intégration. Ils veulent se distinguer de la masse (un peu) tout en y ressemblant (beaucoup). Les jeunes sont terriblement moutonniers c’est pourquoi il est si facile de leur faire suivre une mode, quelle qu’elle soit (nocive, débile, absurde, peu importe pourvu que ce soit « dans le coup »).

Dans ce cadre, fumer devient pour eux un « acte social » : on fait comme les autres, on imite ceux qui s’affirment le plus comme des leaders d’opinion, ceux qui ont l’air le plus « cool », les plus « affranchis ». Bien évidemment, il s’agit là de conneries lamentables, mais allez donc essayer de raisonner des adolescents…

De plus, le jeune voudrait déjà être plus vieux, il souhaite à tout prix ressembler aux adultes ou, plus exactement, qu’on le prenne pour un adulte. Alors pour cela, il va imiter les gestes les plus caractéristiques des adultes. Et que voit-il quand il observe les adultes ?

Des fumeurs, des légions de fumeurs qui fument sans même savoir pourquoi ils fument. Si tant de gens le font (alors qu’on n’arrête pas de lui dire que c’est mauvais pour lui), pourquoi pas lui ?

Donc, si on veut vraiment arrêter la progression du tabagisme chez les jeunes, il faut commencer par couper la source de l’exemple : la consommation de tabac chez les adultes. On a vu pourquoi les jeunes fumaient et cela nous renvoie vers la vraie question : pourquoi les adultes fument-ils ?

La terrible vérité c’est que la plupart des gens ne savent pas pourquoi ils fument !

En dehors même du problème de l’accroche (bien réelle, les procès récents contre les industriels du tabac ont prouvé que ces derniers favorisaient les facteurs d’accoutumances et de dépendances dans la composition de leurs cigarettes-poisons), il s’avère que les fumeurs allument une cigarette comme mes chats se donnent un coup de langue : à tout propos. Cette (mauvaise) habitude n’est même pas liée à la nécessité de l’absorption de telle ou telle substance (nicotine ou autres) puisque, la plupart du temps, la cigarette se consume aux bouts de leurs doigts et pas entre leurs lèvres…

Il semblerait donc que la cigarette ait remplacé le port du chapeau dans notre civilisation !

En effet, il y a quelques dizaines d’années, le port du chapeau était général, au moins pour les hommes. Regardez les films des années cinquante : pas un acteur sans chapeau sur la tête (mais en revanche, on ne voit pas souvent une cigarette à l’écran, sauf avec Bogart). Pourtant, durant les années soixante et soixante-dix, le chapeau disparaît, totalement.

Les conditions climatiques n’ont pas changé au point de pouvoir subitement se passer de couvre-chef (à Moscou en hiver, il est toujours fortement recommandé de porter une chapka…), c’est donc qu’il n’y en avait déjà pas besoin lorsque tout le monde sortait couvert… En conséquence, il s’agissait d’une habitude « sociale ».

Alors quand la cigarette remplace le chapeau, ne peut-on pas dire qu’il s’agit là aussi d’une habitude sociale, voire d’une névrose collective ?

On trouve d’autres exemples de névroses collectives découlant du conformisme… Comme Noël par exemple :

Allez, avouez, vous aussi vous détestez Noël !

Soyons clairs, je déteste Noël et surtout cette obligation de faire la fête sur commande. Alors quoi, serais-je donc le plus repoussant des rabat-joie pour ainsi tourner le dos résolument à cette période de réjouissance populaire ?

Je ne crois pas et je dois dire que je suis vraiment étonné qu’il y ait aussi peu de gens qui fassent comme moi (ou qui osent le mettre en avant…). Car enfin, trouvez-vous vraiment « festif » de devoir acheter des cadeaux à vos proches à date fixe ?

Trouvez-vous judicieux de devoir submerger nos chères têtes blondes de jouets qui vont être cassés dans l’heure qui suit ou oubliés les semaines suivantes (et s’en iront ainsi rejoindre les quelques centaines d’autres qui dorment à la cave) ?

Ne trouvez-vous pas affligeant ces tombereaux d’hypocrisie qui se déversent à cette occasion, tous ces beaux sentiments qui s’expriment uniquement parce « c’est Noël et c’est le jour où tout le monde doit être heureux » ?

Trouvez-vous intelligent de ratiboiser des millions de sapins qui vont inéluctablement perdre leurs aiguilles sur nos parquets ?

Trouvez-vous sain et appétissant de se gaver de mets tels qu’huîtres, foie gras, dindes farcies et autres bûches glacées (je me suis retenue d’écrire « beurk » derrière chaque met car, dois-je le préciser, cette simple énumération m’écœure complètement…) ?

Ne voyez-vous pas que les petits personnages plantés dans l’infecte bûche glacée synthétique ressemblent trait pour trait aux nains de jardins que les plus lobotomisés de nos concitoyens parsèment sur leurs pelouses (au passage, j’en profite pour exprimer ma profonde sympathie à tous ceux qui dérobent ces nains de jardins, voilà de « l’action directe moderne » bien placée) ?

La seule chose que je trouve réjouissante avec Noël c’est de voir comment l’Église Catholique a totalement perdu le contrôle de cet événement et son impuissance à en faire encore une fête religieuse…

Les moutons en vacances

Dans le même type de névrose collective, le sujet des vacances est un bon filon. En effet, on peut se demander pourquoi la grande majorité des vacanciers se comportent comme des moutons en troupeau. Car c’est bien de cela dont il s’agit : pourquoi tous ces gens se précipitent-ils comme un seul homme dans les mêmes embouteillages afin de se rendre dans les mêmes lieux surpeuplés ?

Personnellement je ne vois aucun intérêt à me retrouver casé sur quelques centimètres carrés de plage entouré de toutes parts par d’autres gens coiffés de couvre-chefs ridicules et qui se badigeonnent de crème à bronzer tout en évitant de se faire piétiner par des enfants hurlants courant après leur ballon.

Même en me payant, je refuserais catégoriquement de rester plus de cinq minutes dans des conditions pareilles.

C’est pourtant cette riante perspective qui est offerte sur les plages françaises par le tourisme de masse comme il se pratique depuis maintenant des dizaines d’années. C’est là que le mystère s’épaissit : les séjours dans les usines à touristes sont complètement dépourvus d’intérêt et pourtant les gens y courent, toujours aussi nombreux années après années, pourquoi ?

À la limite, que les gens se fassent piéger la première année, cela peut arriver, mais il semble bien qu’ils y retournent encore et encore, alors ?

Depuis que les congés payés existent, la masse laborieuse a eu le temps d’apprendre la leçon, non ?

Pourtant, on ne compte plus les exemples de gens qui annoncent fièrement « qu’ils reviennent ici chaque été ». Certains ont même l’emplacement pour leur caravane réservé pour des années à l’avance, quelle chance !

Loin de moi l’idée de me moquer ici du smicard qui ne choisit pas sa période de vacances parce que son usine ferme à dates fixes et qui n’a pas les moyens de choisir une destination exotique pour ses congés. Mais, même dans ce cas, pourquoi donc notre smicard choisit-il lui aussi de se précipiter vers l’île d’Oléron qui est déjà archi-saturée ?

C’est que, forcément, il préfère aller là, il choisit de se rendre vers les lieux habituellement présentés comme étant les endroits de choix pour des vacances réussies (comme dit le slogan d’une agence de voyages complice : « on peut tout rater, sauf ses vacances »… En clair, soyez minable, entassez-vous là où on vous l’indique et appréciez votre chance), car nul ne vous force à aller ici plutôt que là.

Donc, si les pièges à touristes affichent complet tous les ans, c’est qu’il faut admettre que ces conditions de vacances plaisent à ces vacanciers. Et c’est bien là le plus terrible, c’est comme si les poulets appréciaient les conditions d’élevage en batterie !

Nier cela, c’est ne pas vouloir être lucide sur les critères d’appréciation de la grande masse des gens. La terrible vérité c’est que la grande masse de nos semblables n’est pas si regardante que ça et s’accommode fort bien d’un entassement qui lui rappelle (agréablement ?) ce qu’elle vit tout au long de l’année.

Une fois qu’on admet cette terrible vérité, on s’aperçoit que le travail des dirigeants, des « élites oppressantes » n’est pas si difficile pour maintenir le couvercle en place.

Toujours plus bas ou pourquoi le niveau baisse…

Mais rendre le citoyen moyen plus malléable et plus conformiste qu’il ne l’est naturellement ne suffisait pas pour les tenants du système, il fallait faire plus. Et le meilleur moyen pour accroître encore le contrôle qu’ils avaient sur les masses, c’était d’en abaisser le niveau… C’est un fait, le niveau moyen du citoyen ordinaire s’effondre complètement, et ceci depuis des années. Cette chute est particulièrement visible dans les comportements où l’irresponsabilité (pour ne pas dire la bêtise crasse) domine de plus en plus souvent. Et ce n’est pas un hasard dans la mesure où, justement, l’irresponsabilité est désormais systématiquement encouragée !

Mais pourquoi voudrait-on encourager l’irresponsabilité ?

Parce que cela favorise l’adhésion à la technostructure, tout simplement… Et qu’est-ce que la technostructure ?

Ce que j’appelle ainsi est représenté par l’ensemble des services censés nous protéger et nous accompagner à tous les stades de notre vie : vaccinations obligatoires, éducation standardisée, sécurité sociale, santé conventionnée, etc.

Voyons maintenant quelques exemples où cette baisse du niveau et cette montée de l’irresponsabilité est patente…

Allez-y, vous n’en reviendrez pas !

Périodiquement, les informations diffusées par les médias se font l’écho des mésaventures de touristes coincés au bout du monde ou enlevés par des terroristes. Un bel exemple du genre avec http://www.bvoltaire.fr/lindecente-colere-de-lalpiniste-elisabeth-revol/, dont voici un extrait :

« En colère à cause « des mensonges », de la « lenteur des secours pakistanais », de leur surenchère de « cash » pour mettre en route le sauvetage, parce qu’en ne jouant pas « contre la montre », ils n’ont pas tenu compte du temps si « précieux » en montagne. En gros, Élisabeth Revol accuse les Pakistanais de mauvaise volonté. Probable, mais, en même temps, c’est le Pakistan. L’un des pays les plus corrompus du monde. En conséquence de quoi, la moindre démarche effectuée dans ces contrées prend un temps fou. Et elle n’y aurait pas pensé ? ».

Et à chaque fois, on entend les plaintes larmoyantes des victimes qui n’acceptent pas ce qui leur est arrivé.

Depuis que les Occidentaux ont pris l’habitude de sillonner la planète pour leur plaisir, ils veulent bien aller au bout du monde, mais ils veulent aussi systématiquement la garantie de revenir intact. Et les tour-opérateurs encouragent cette tendance : les destinations les plus exotiques sont toujours présentées comme d’innocentes promenades dans les meilleures conditions de confort, comme s’il n’y avait aucun risque à aller visiter le nez en l’air la misère du globe.

Si une grève dans un aéroport bloque un groupe de Français à Madagascar, on ne parle alors que de ces pauvres voyageurs obligés de survivre dans des conditions précaires, eux qui sont habitués aux palaces climatisés. On aura beau expliquer que certaines contrées sont dangereuses, que certains peuples manquent de tout (et sont donc susceptibles d’être intéressés par notre abondance si visible), rien à faire, les nouveaux beaufs veulent quand même aller là où même les Casques bleus ne se risquent pas.

Et si jamais les choses tournent mal, les candidats à l’aventure sont les premiers à s’étonner de leurs ennuis : comment, mais où est mon consulat, mon assistance, ma protection ?

Ce qui arrive quotidiennement aux indigènes ne peut pas – ne doit pas – m’arriver aussi, car moi, je ne suis que de passage !

Eh bien non, il n’est que justice que quelques Occidentaux en goguette soient, eux aussi, victimes des conditions courantes des autochtones. Et je trouve alors anormal qu’on se croit tenu de déployer des moyens disproportionnés pour rapatrier les imprudents. Car après tout, les a-t-on forcés à partir pour des destinations lointaines ?

Les a-t-on obligés à aller là où il y a du risque ?

Non, mille fois non, ces touristes inconscients méritent bien de payer la « part du feu » de temps en temps et c’est cela que l’on devrait claironner : attention, si vous y allez, vous n’en reviendrez – peut-être – pas !

Cette irresponsabilité béate est la base des comportements de masse : les spectateurs se massent sur les bords d’un circuit automobile, mais font un procès si quelques-uns sont blessés par un concurrent en perdition. Les amateurs de frisson se jettent dans le vide, mais comptent sur l’élastique pour annuler les conséquences de leur geste. On veut avoir des loisirs intenses, mais on n’assume pas par avance les dangers potentiels. Genre « … Je fais du ski hors-piste, mais je compte sur mon portable et sur les secouristes pour me tirer d’affaire si ça tourne mal » et tout est comme cela.

Alerte météo ou alerte aux imbéciles ?

Un autre exemple : en octobre 2001, il a plu des trombes d’eau sur Montpellier, l’équivalent d’un trimestre de pluie en quelques heures !

Du coup, l’agglomération de Montpellier est la première en France à avoir rodé « Vigilance Météo », le nouveau système d’alerte de Météo France, opérationnel depuis le 1er octobre 2001. Météo France a alors établi un bulletin d’alerte de niveau 3, prévoyant pour une date précise de fortes précipitations « susceptibles d’affecter les activités humaines », avec des « inondations possibles ».

Les météorologistes ont vu juste. Le jour dit, en quelques heures, 200 mm d’eau sont tombés sur Montpellier. Avec le cortège des conséquences prévues : le Lez, la Mosson et les réseaux d’assainissement ont débordé, provoquant l’inondation de nombreuses routes, rues et caves.

Dans ses bulletins, Météo France recommandait aussi « la prudence avant de se déplacer », « le respect des déviations mises en place », et conseillait, « dans les zones habituellement inondables, de mettre à l’abri les biens susceptibles d’être endommagés par la montée des eaux ». Toute la journée, la préfecture, les mairies, les radios et les télévisions de la région ont relayé les recommandations de Météo France.

Les sapeurs-pompiers ont pris les mesures qui s’imposaient. Ils ont posté des plongeurs dans les zones sensibles. Sans ce dispositif, un cycliste, emporté et traîné sur 200 mètres par le Lez, aurait sans doute perdu la vie. Mercredi matin, à l’heure des bilans, les sapeurs-pompiers ont estimé avoir évité six décès. Bref, Vigilance Météo a plutôt bien fonctionné.

Alors, tout est bien qui finit bien ?

Non, bien sûr. La terrible vérité c’est que les mesures prisent par les « autorités », quelle qu’en soit l’intelligence, la rapidité et l’ampleur ne suffisent jamais face à l’imbécillité crasse d’un groupe d’irresponsables !

C’est que, de leur côté, certains Montpelliérains n’ont pas enregistré le message. Ils ont fait « comme si rien n’allait se passer ». Et ainsi ont provoqué une belle pagaille, avec près de 200 voitures abandonnées au beau milieu de la chaussée et des bouchons qui ont mis plusieurs heures à se résorber.

« Nous avons même porté secours à un automobiliste qui a délibérément franchi une barrière pour s’engager dans une voie inondée », rapporte le lieutenant-colonel Denis Argueil, chef des sapeurs-pompiers du centre de Montpellier. « Sur l’autoroute, fermée, les gendarmes ont surpris des automobilistes en train de démonter les glissières de sécurité. Et ils se sont fait invectiver quand on a tenté de les en dissuader », rapporte, écœuré, Bernard Roucou, chargé de la sécurité publique à la préfecture. « On en est venu à protéger des gens malgré eux, parfois au péril de la vie des sauveteurs », ajoute Bernard Ginesty, chef du cabinet du préfet.

On le savait déjà des courses en montagne (ou en mer), où les sauveteurs sont trop souvent mis à contribution pour tirer d’affaire quelques inconscients qui se fichent bien de ce qu’il faudra faire pour les sauver, mais voilà que « l’inconscience civile » peut être généralisée à toute une région et plus seulement à quelques risque-tout.

Et le pire, c’est que ce sont les mêmes qui vont pleurer, réclamer, exiger et se plaindre quand il arrive un désastre; prévenus ou pas ne change rien à leur comportement. Cela me rappelle la phrase inoubliable d’un couple dans une voiture victime d’une tempête de neige sur l’autoroute (interrogé par une chaîne de télé lors d’un de ces fameux micros-trottoirs…) : « on avait été laissés à nous-mêmes » se plaignaient-ils en larmoyant…

Tout le drame de cette lamentable société moderne et de ces pitoyables habitants est résumé dans cette phrase.

L’irresponsabilité systématiquement encouragée

L’évolution de notre société favorise les comportements irresponsables à tous les niveaux. Cette tendance ne fait que s’accentuer avec le temps. Cela a commencé avec le fameux « responsable, mais pas coupable » et ce type de réflexe va en se généralisant dans tous les recoins de notre vie quotidienne.

Un exemple parmi mille : les procès impliquant des « responsables » politiques (bientôt ces termes deviendront mutuellement contradictoires, on ne pourra plus associer « responsables » avec « politiques ») sont de plus en plus menacés de recours en annulation. C’est la dernière trouvaille des avocats : quand le fond est accablant, cherchons le vice de forme qui permettra d’annuler toute la procédure… Dans ces conditions, comment voulez-vous que le citoyen de base puisse continuer à avoir confiance dans la Justice ?

Mais ce poison ne se répand pas seulement dans les hautes sphères, il commence à toucher les esprits des journalistes, les pauvres relais de l’air du temps… Allez, encore un exemple édifiant : mardi 12 février 2002, sur FR3 PACA à 19:00, petit reportage sur un accident survenu le matin même : un TER (train express régional) a percuté un semi-remorque qui était garé sur un passage à niveau.

Oui, vous avez bien lu, le camion en question n’était pas en panne ou en train de franchir le passage à niveau, mais était bel et bien garé en travers de la voie alors que son chauffeur était au café du coin (faut ce qu’il faut : chef, un petit verre, on a soif !). Et voilà que le journaliste de FR3, au lieu de s’interroger sur l’irresponsabilité totale du soiffard (si cela se trouve, le chauffard était déjà imbibé au point de ne même pas se rendre compte qu’il avait arrêté son camion sur la voie…), lance un reportage sur le danger que représentent ces passages à niveau !

Stupéfait, j’ai suivi le reportage croyant à une blague (on n’a pas ce genre d’humour sur FR3 voyons !), mais non, c’était du sérieux : si un pauvre imbécile inconscient gare son camion sur la voie ferrée, c’est forcément que le passage à niveau est mal signalé et donc, potentiellement dangereux (la preuve, il y a encore eu un accident ce matin…).

Voilà comment on encourage l’irresponsabilité : quoiqu’il puisse arriver, ce n’est pas de votre faute. Vous pouvez être stupide jusqu’à aller garer votre semi-remorque sur un passage à niveau (comme quoi la bêtise humaine est vraiment une bonne analogie de l’infini puisque, ce geste absurde, je ne l’aurais même pas imaginé avant de l’entendre sur FR3…), on trouvera toujours des raisons de vous excuser.

Avec une pareille logique, comment voulez-vous que nos contemporains puissent avoir un comportement de citoyens matures et responsables ?

Et cette tendance va se nicher jusque dans le langage puisque les méfaits des vandales sont requalifiés « d’incivilités » par les médias. Ben voyons, les chers petits anges, il ne faut pas les montrer du doigt, ils sont, eux aussi, victimes de la société.

Ce processus d’infantilisation et d’encouragement à l’irresponsabilité bat son plein, mais certain(e)s ne sont pas dupes. Voilà ce qu’écrivait Julia Dessauvage en juillet 2010 :

Sous prétexte de nous aider, l’Etat nous déresponsabilise en se donnant bonne conscience, mais nous refuse les vraies solutions, d’une part parce que ça revient moins cher et de l’autre parce qu’il est beaucoup plus aisé de manipuler une population qu’on a rendue dépendante, irresponsable et incapable de réfléchir par elle-même…

La dépendance vis-à-vis de l’État est organisée artificiellement et l’irresponsabilité est son principal vecteur.

L’État français et ses grandes institutions organisent artificiellement la dépendance des citoyens vis-à-vis de « toujours plus d’Etat ». Il encourage l’irresponsabilité afin de pousser toujours plus les gens à s’en remettre à lui et à ses institutions pour tout et n’importe quoi (école, vaccination, etc.).

Cette surconsommation des services prodigués par l’État permet de justifier les ponctions sur les revenus de toutes sortes. Vous l’avez réclamé, vous en dépendez, maintenant il faut payer !

C’est un mécanisme connu, cela s’appelle un monopole et, comme le disait dernièrement le nouveau Boss d’IBM en évoquant Microsoft : « un monopole est une bonne chose tant que vous en détenez un ! » (il se rappelle sans doute les années glorieuses de Big Blue quand la compagnie dominait l’informatique). L’État français a un monopole sur bien des aspects de votre vie et il n’a pas l’intention de le lâcher, au contraire !

Le plus amusant c’est que sa démarche est avouée par certains de ses cadres maladroits. Ainsi, voyez cet exemple édifiant…

Laure G. est une maman dynamique et elle a choisi de faire « l’école à la maison » (c’est encore un droit en France – très réglementé, évidemment… -, dépêchez-vous avant que cela soit définitivement interdit !). Elle sait aussi faire usage des médias pour faire avancer cette cause à laquelle elle croit fermement.

Ainsi, elle a été invitée sur M6 pour une émission (« Demain Tous ») affublée d’un titre consternant : « Elle refuse de mettre ses enfants à l’école » (bouh, la marginale !).

Laissons Laure raconter un passage de l’émission :

« Évidemment que je n’aurais pas choisi ce titre !

Mais en même temps, je l’assume pleinement !

Et puis, cela fait partie du jeu pour avoir plus de part de l’audimat !

Nous sommes dans un contexte où l’école à la maison est encore marginale, mais déjà perçue (parce que nous sommes de plus en plus nombreux) comme potentiellement dangereuse pour l’institution. »

    Réflexion du contradicteur de dernière minute sur le plateau, un directeur d’école pur produit de l’EN-IUFM, mais qui résume bien le malentendu entre l’Education Nationale et ceux qui instruisent en famille :

« Ce que vous faites est très dangereux, car si tout le monde faisait comme vous, il n’y aurait plus de société, car c’est à l’école que l’on fait la société ».

Il avoue !

En fait, il avoue qu’il a surtout peur de perdre son job si, tout d’un coup, les gens redevenaient maîtres de leurs destins !

C’est donc pour cela que « l’école à la maison » et autres initiatives marginales sont perçues comme potentiellement dangereuses : non pas parce que les enfants vont y être mal éduqués (tout indique au contraire que « l’école à la maison » donne de très bons résultats), mais parce que cela met en péril le monopole, CQFD…

Irresponsabilité et médiocrité

Une preuve supplémentaire que le niveau baisse, c’est la qualité des contributions que l’on peut lire sur les forums Internet : on voit de plus en plus de gens qui n’hésitent plus à écrire dans un charabia plus ou moins mitigé de « langage SMS » prisé par les jeunes et qui n’a plus qu’un rapport lointain avec un français acceptable (je n’ose même pas écrire « un français correct », car là, c’est nettement trop demander !).

Mais le plus intéressant, c’est la réaction de la part des autres contributeurs quand on ose critiquer la forme de ces « textes »… Tout de suite, vous êtes pris à partie « c’est pas de sa faute », « c’est pas important » et ainsi de suite. C’est surtout le « c’est pas de sa faute » qui est significatif : c’est là qu’on voit que médiocrité et irresponsabilité sont liées étroitement au bout du compte…

Une autre démonstration que l’esprit d’irresponsabilité est désormais vraiment partout : un matin, j’écoutais France Culture comme d’habitude et le thème central de l’émission « La fabrique de l’histoire » était autour de la notion de traître avec Judas comme figure emblématique. L’invité expliquait que la notion de traître est difficile à définir : est-ce celui qui franchit le pas et se vend à l’ennemi ou est-ce son entourage qui n’a pas su le comprendre et le soutenir comme il fallait ?

Avec ce genre d’interrogation, on touche à l’absurde : le traître n’est plus le coupable, mais bien ses proches. Allons plus loin pendant qu’on y est : c’est de la faute à la société !

Voilà, c’est dit. Vous pouvez voler, trahir ou même tuer, il y aura toujours un imbécile pour expliquer que ce n’est pas de votre faute, mais bien celle du contexte. Hitler ?

La victime d’une enfance malheureuse !

Staline ou Mao ?

Pas assez aimés par leurs mères… Et ainsi de suite.

Non, il ne s’agit pas du délire d’un intellectuel qui a pété un plomb, mais bien le résultat rampant de l’inconscient collectif de notre temps : tout le monde est responsable de mes fautes, sauf moi (donc, personne ne l’est). L’irresponsabilité montée en dogme devait forcément aboutir à ce consensus absurde et délirant où tout le monde arrive à trouver une justification aux actes les plus répréhensibles.

La montée de l’irresponsabilité, la baisse du niveau, l’omniprésence de la propagande, tout cela a pour but de vous faire accepter le statu quo et de vous en remettre encore et toujours aux mérites supposés de la technostructure. Mais tout cela est un vaste mensonge, la preuve par la question de la santé telle qu’elle est pratiquée actuellement.

Et vous pensiez que les médicaments étaient efficaces ?

En 2003 était diffusée sur les ondes nationales une publicité contre l’abus de médicaments et en particulier d’antibiotiques (à ce propos, allez lire cet article édifiant http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2000/mag0721/sa_1901_antibio_inutiles.htm). On y entend notamment un médecin ânonner lamentablement des conseils de premier niveau avec la réplique suivante : « dites à votre manman… » (non, ce n’est pas une faute de frappe, il dit bien « manman » et non « maman »… Les publicitaires, qui nous méprisent profondément, sont persuadés qu’il faut systématiquement traiter les gens plus bas que terre pour faire passer un message !).

C’est vrai que l’abus de médicaments va directement à l’encontre du but visé (améliorer la santé publique) et il était temps de se rendre compte que la consommation de ces drogues atteint des niveaux alarmants en France…

Tranquillisants, somnifères, antidépresseurs, neuroleptiques : les Français et surtout les Françaises restent les plus grands consommateurs de médicaments psychotropes d’Europe. Une enquête menée par l’assurance maladie montre que près de 25 % de la population a bénéficié au moins une fois au cours de l’année 2000 du remboursement d’une prescription de psychotropes. Et elle met en exergue une population particulièrement concernée, les plus de 70 ans : 55 % des femmes dans cette tranche d’âge et 33 % des hommes ont eu au moins une prescription de psychotropes cette année-là.

Le problème n’est pas nouveau, mais ces données soulignent que la question, loin d’être résolue, continuerait à s’aggraver. Si l’on en croit une étude du Credes (Centre de recherche, d’étude et de documentation en économie de la santé), les Français consommeraient entre deux et quatre fois plus de tranquillisants et d’antidépresseurs que les Anglais, les Italiens et les Allemands.

L’étude de l’assurance maladie met également en évidence le fait que la consommation de psychotropes commence désormais très tôt dans la vie. Plus de 4 % des garçons et 3,5 % des filles de moins de 9 ans ont reçu au moins une prescription en l’an 2000. Les données montrent ensuite que cette consommation croît régulièrement avec l’âge, les femmes étant ensuite plus adeptes que les hommes.

Comment justifier un tel phénomène ?

Par des troubles mentaux particulièrement développés en France ?

Sans doute pas. Non, la terrible vérité c’est que les médicaments sont devenus un produit de consommation courante. Le pire, c’est que la plus grande partie de cette consommation ne sert à rien !

Ce n’est pas moi qui le dis, mais les professionnels du secteur : « La très grande majorité des médicaments – plus de 90 % – ne font effet que sur 30 à 50 % des patients », a reconnu Allen Roses, lors d’une présentation des prochains médicaments mis au point par la division Recherche et Développement de GSK à Londres, rapportée lundi 8 décembre 2003 par le quotidien britannique The Independent (voir également un commentaire intéressant sur cette nouvelle à http://www.martinwinckler.com/article.php3?id_article = 102).

Voilà une information intéressante, l’avez-vous entendue dans les grands médias nationaux ?

Relisez-la, il est clairement dit que notre mode de soins actuel, à base de médicaments standardisés, ne fonctionne pas. Rappelons-nous qu’auparavant, les pharmaciens préparaient eux-mêmes les remèdes décidés par votre médecin, alors qu’aujourd’hui, ils se contentent de vous vendre des produits déjà emballés.

De plus, cela implique également qu’on pourrait facilement se passer de la plus grande partie de la production de la glorieuse industrie pharmaceutique…

Pas étonnant que les médias n’aient pas jugé utile de relayer cet aveu !

Toute une frange de l’économie repose sur cette consommation abusive de médicaments inefficaces, donc, pas question d’y toucher, même si c’est coûteux, même si c’est nocif pour la santé au bout du compte (un comble, mais n’oublions pas que le médicament, même quand il n’est pas efficace peut quand même être nocif !).

Et même si les médias en parlaient, les gens sont tellement dépendants de ces drogues qu’à chaque fois que le gouvernement tente de cesser les remboursements sur tel ou tel produit c’est tout de suite le tollé !

Les médicaments, y compris les plus puissants (comme les psychotropes) sont durablement installés dans le paysage et, une fois encore, ce n’est pas par hasard : il est toujours plus facile de manipuler les masses quand elles sont dépendantes d’une prise régulière et que, de surcroît, cette dose brouille les idées de ceux qui n’étaient pas encore lobotomisés dans le troupeau…

C’est « grâce » à cet appétit pour ces drogues inutiles et coûteuses que les plus petits villages, ceux qui n’ont même pas une boulangerie sont dotés d’une pharmacie (souvent flambant neuve !)…

Et si vous trouvez que mes exemples datent un peu, voyez donc cet article de l’Express qui date de juin 2009 et qui, pour une fois, vaut la peine d’être lu : « Tout ce que l’on ne vous dit pas sur les médicaments » : http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/tout-ce-que-l-on-ne-vous-dit-pas-sur-les-medicaments_764792.html

Effets secondaires gravissimes, invention de maladies imaginaires, laxisme d’autorités sanitaires bienveillantes : dans un livre-choc, le docteur Sauveur Boukris accuse : « Au Québec, le ministère de la Santé a évalué entre 10 et 15 % la proportion d’hospitalisations de personnes âgées liées aux médicaments. […] Selon les experts, les médicaments seraient responsables, chaque année, de près de 100 000 morts aux États-Unis et de 10 000 au Royaume-Uni. Une étude américaine publiée en 1990 estimait que 5 à 20 % des admissions à l’hôpital étaient le résultat des effets indésirables des médicaments. Ce chiffre est probablement sous-estimé ! En 1998, une enquête du Journal of the American Medical Association révélait que 106 000 citoyens américains seraient morts après une utilisation de leurs médicaments dans des conditions normales, c’est-à-dire sans erreur de prescription, sans abus ni surdosage ! »
« Les médecins administrent des médicaments dont ils savent très peu, à des malades dont ils savent moins, pour guérir des maladies dont ils ne savent rien », écrivait Voltaire… Près de trois siècles plus tard, un médecin, Sauveur Boukris, confirme la sentence et aggrave la peine dans un livre édifiant, dont nous publions des extraits en exclusivité : Ces médicaments qui nous rendent malades (éditions Le Cherche Midi).
« Cette industrie a changé de politique, écrit en préface de l’ouvrage le Pr Philippe Even, président de l’Institut Necker et farouche défenseur de l’indépendance de ses pairs (lire son interview). On a privilégié les profits immédiats, le retour sur investissement rapide ; on a cherché davantage à satisfaire des actionnaires qu’à répondre aux besoins de santé des populations. »

Pareil en 2016, cette fois en Suisse : Certains médicaments sur le marché suisse et belge ont une utilité limitée, voire contestable, alors que d’autres sont carrément à déconseiller.

Pour obtenir le chiffre total de médicaments concernés, ABE a utilisé les résultats de l’étude d’une association de consommateurs belge, « Test-Achats », qui a fait analyser par des experts les quelque 6500 médicaments présents sur le marché belge… Sur les près de 600 produits pharmaceutiques suisses concernés, 74% ont une « utilité limitée », 22% sont d’une « utilité contestable » et 4% sont carrément « à déconseiller », selon la catégorisation belge.

(voir l’article complet à https://www.rts.ch/info/suisse/8201277-des-centaines-de-medicaments-sont-inefficaces-voire-deconseilles.html)

Début 2018, une enquête de UFC Que choisir disait la même chose à propos des médicaments pour enfants.

Administrer un médicament à un enfant n’est pas un geste anodin. Or ces dernières années, plusieurs études ont mis en lumière un recours excessif aux traitements médicamenteux chez les plus jeunes. En 2005 déjà, une enquête de la caisse primaire d’assurance maladie de l’Aude révélait qu’un enfant sur dix de moins de 15 ans s’était vu prescrire un médicament contre-indiqué pour son âge. Fort heureusement, la tendance est aujourd’hui à la mesure. Conscients que trop de médicaments donnés pour traiter des maux bénins de l’enfance exposent à des effets indésirables graves, médecins et sociétés savantes révisent leurs recommandations et amorcent une déprescription. Beaucoup de spécialités ont également été déremboursées ou même retirées car inutiles, voire dangereuses. Malgré tout, des médicaments à éviter demeurent sur le marché. Que Choisir fait le point sur les principaux traitements des maux courants de l’enfance.

(Voir l’article complet à https://www.quechoisir.org/actualite-medicaments-pour-enfants-trop-sont-inutiles-ou-dangereux-n52220/)

Il faut arrêter d’être naïf et le bon médicament est celui qu’on ne prend pas !
Pareil pour les vaccins… La propagande de la technostructure a été formidablement efficace pour faire tomber toutes les résistances sur les médicaments et les vaccins qui sont devenus – quasiment – des produits de consommation courante… Nous connaissons tous des personnes qui consomment quotidiennement plusieurs médicaments et ceci pendant des mois. C’est anormal dans tous les cas.

Les maths ne servent à rien

La santé n’est pas le seul grand secteur de notre société où l’on « marche sur la tête »… C’est le cas aussi de l’éducation avec l’enseignement des maths par exemple.

Soyons clairs : je déteste les maths et je trouve complètement absurde l’enseignement systématique de cette matière pour une bonne partie du cursus scolaire. Mais si encore on se contentait de gaver les étudiants avec une discipline rebutante, cela pourrait encore aller (après tout, les anciennes générations ont pu dire la même chose à propos du latin…), mais il y a pire : les maths sont utilisées comme critères de sélection pour orienter les étudiants dans les études supérieures et ce, y compris pour les médecins !

Comprenez-moi bien, quand je parle des « maths » je vise avant tout l’algèbre pas l’arithmétique. Il sera toujours nécessaire de savoir compter, il est toujours utile d’être exercé à un minimum de calcul mental et on finit toujours par avoir besoin des formules de calculs d’une surface ou d’un volume (allez, on rajoute donc la géométrie dans le package !). Mais c’est tout.

En revanche, tout ce qui est du domaine des équations à n inconnues, là, on peut parfaitement s’en passer, complètement. Oui, je l’affirme haut et fort : les maths qu’on nous rabâche pendant des années sont parfaitement inutiles !

Et je le prouve : les tenants des « maths à tout prix » argumentent en disant que les maths sont absolument nécessaires pour toutes les disciplines à caractère scientifique comme l’informatique par exemple… or, c’est totalement faux !

Justement, j’ai fait toute ma carrière dans l’informatique, alors je peux en parler : j’ai travaillé dans de nombreux domaines différents du secteur informatique, y compris dans le domaine industriel pointu (aéronautique) et jamais, pas une fois, je n’ai eu besoin d’avoir recours à la moindre parcelle de ces #& %¤ de maths !

Et je ne suis pas le seul. J’ai souvent interrogé mes collègues (y compris des matheux, des ingénieurs, des diplômés, etc.) sur le même sujet et leurs réponses ont été en tout point identiques : jamais, pas une fois.

Alors ?

Si c’est donc vrai que « cela » ne sert à rien, pourquoi donc nous l’impose-t-on ad nauseam ?

Interrogez donc les profs de maths que vous avez sous la main et vous verrez qu’ils n’ont même pas le moindre commencement de réponse valable en dehors de ce pitoyable et mensonger « c’est absolument nécessaire pour toutes les disciplines à caractère scientifique ». Les maths seraient-elles donc seulement les dignes successeurs du latin comme discipline barbante de référence (personnellement, j’aime bien le latin !) pour vous habituer à l’absurdité du monde et à accepter le système tel qu’il est, avec toutes ses arcanes obscures ?

Non, peut-être pas !

Un ami m’a proposé une théorie fort intéressante sur ce sujet : il y a de cela 50 ans, les classes d’élites étaient les classes littéraires (celles qui apprenaient le latin et le grec). Dorénavant, ce sont les classes scientifiques qui sont l’élite. Selon lui, la raison du changement a été mai 1968, où le gouvernement s’est aperçu du danger des jeunes « intellectuels ». Avec les scientifiques, pas de risque qu’ils provoquent une révolution. En tant que jeunes, ils sont tout aussi curieux et influençables que leurs homologues littéraires, mais sont grandement apolitiques (leur curiosité est avant tout scientifique), et ils n’ont pas la rhétorique pour faire passer leurs idées. Et de fait, le changement des programmes qui a redéfini les classes d’élites s’est effectué peu de temps après mai 1968. Voilà donc une terrible vérité de plus : les maths sont enseignées non pas parce que c’est bon pour les étudiants, mais parce que c’est bon pour les dirigeants !

La propagande est partout et c’est particulièrement visible dans le domaine de l’énergie dont notre société est tant dépendante. Mais comme toujours, rien n’est caché à qui prend la peine de lire des sources marginales…

Le BRGM nous dit tout sur l’énergie

Le BRGM (il s’agit du Bureau de recherches géologiques et minières, voir à http://fr.wikipedia.org/wiki/Bureau_de_recherches_géologiques_et_minières) a l’amabilité de m’envoyer son magazine mensuel. Dans l’édition de juillet 2009, j’ai trouvé quelques informations intéressantes que je vous livre ici.

Dans l’article « pétrole, gaz : pic ou plateau », on apprend que l’extraction du pétrole brut est assez peu performante… Seulement 32 % du total enfoui est ramené à la surface. Donc, si vous avez un gisement de 100 000 tonnes (c’est un exemple), vous ne pourrez en extraire que 32 000 tonnes (au mieux). Quand on annonce qu’on a fait une nouvelle découverte formidable au large du Brésil (c’est toujours un exemple), ayez en mémoire que seulement un petit tiers de cette « découverte sensationnelle » pourra un jour aboutir dans nos réservoirs…

Gardez espoir braves gens, les « experts » des compagnies pétrolières planchent dur sur des moyens d’optimiser cette extraction et donc de faire monter ces malheureux 32 %… Ah, ça va mieux !
Pas si vite, à combien estime-t-on les gains possibles grâce à ces différents moyens d’optimisation (deux techniques en fait) ?
Ben… 5 %. Ah, ça veut dire qu’on va passer d’un pauvre 32 % à un royal 37 % ?
Oui, c’est ça (mais seulement quand ces techniques « de pointe » seront utilisées ce qui n’est pas encore le cas), c’est cool non ?

On se demande à quoi sert la recherche dont on nous rabat les oreilles depuis des dizaines d’années si c’est pour n’être capable que de grignoter un misérable 5 % au bout du compte ?

Attendez, attendez, c’est encore mieux du côté du nucléaire (où, là aussi, la fameuse recherche est censée accomplir des miracles) !

Dans l’article « l’uranium, quelles ressources pour demain ? » de ce numéro du BRGM, on apprend que les 440 réacteurs en activité dans le monde consomment 65 000 tonnes d’uranium par an… Pas de chance, la production minière d’uranium plafonne à moins de 45 000 tonnes par an !
Mais alors, où trouve-t-on les 20 000 tonnes qui manquent ?
Ben dans les stocks militaires… Non ? Si !

Incroyable non ?
C’est là où on apprend que nos très sérieux militaires se sont goinfrés d’uranium pendant des années à ne plus savoir qu’en faire ni où le stocker… Bon, ce n’est pas le plus grave, mais ça fait désordre quand on parle avec angoisse de « pic pétrolier » de savoir que le « pic d’uranium » est sans doute déjà atteint et dépassé depuis des années !
Certes, on trouve de l’uranium un peu partout y compris dans l’eau de mer, mais il faut en brasser des m
3 de flotte pour y trouver des minuscules microgrammes d’uranium !
Ce n’est pas pour rien qu’on exploite des mines (où la concentration en minerais recherchés est déjà plus intéressante). Moi qui croyais que l’énergie nucléaire nous rendait indépendants des ressources fossiles étrangères… On nous aurait menti ?

Toujours dans le domaine de nos chères centrales, on apprend dans le même article que nos centrales actuelles sont plutôt nulles en fait : elles consomment beaucoup d’uranium et produisent beaucoup de déchets qu’on ne sait pas recycler (contrairement à la propagande en vigueur et comme l’a bien démontré le documentaire qui est passé sur Arte, voir à https://www.franceinter.fr/societe/re-voir-le-documentaire-dechets-le-cauchemar-du-nucleaire). L’auteur de l’article explique benoîtement « … Il faut passer des réacteurs à eau aux réacteurs à neutrons rapides avec recyclage du combustible, les premiers n’utilisent qu’1 % au mieux de l’uranium (essentiellement u235) au lieu de 80 % pour les seconds (via la conversion de l’u238 en plutonium)… » (sources : encadré « l’évolution technologique pour les réacteurs nucléaires de quatrième génération » par Franck Carré -CEA- direction de l’énergie nucléaire). Je n’invente rien : 1 %, c’est Frank qui le dit (et à la direction du CEA, on imagine qu’il est bien placé pour le savoir…).

Attends Franck, ces réacteurs à neutrons rapides, ce ne sont pas les fameux surgénérateurs comme superphénix (voir à http://fr.wikipedia.org/wiki/Réacteur_à_neutrons_rapides) ?
Eh bien, ça promet !

Tendance à la médiocrité ou stratégies antalgiques ?

Avec ce que nous venons de passer en revue, le tableau n’est pas très optimiste : les médias manipulent d’un côté et la grande masse se fait avoir en profondeur de l’autre… Et je ne suis pas le seul à l’affirmer, Jean-Michel Truong le dit aussi très bien dans le documentaire Alerte à Babylone :

« Nous nous adaptons en développant des stratégies antalgiques, d’anesthésies, de manière à limiter, dans toute la mesure du possible, les souffrances individuelles créées par cette évolution. D’où le rôle des médias, le rôle de la télévision, des matchs de foot, des Jeux olympiques, etc., tout ce qui permet de détourner l’attention de l’individu de la contemplation de ce destin, pas très réjouissant, de son point de vue étroitement individuel. »

Avec ce comportement de victimes consentantes (conséquence directe d’un conditionnement soigné, il faut tout même le souligner), peut-on encore imaginer un grand soulèvement populaire à court terme ?

Je ne le crois pas, car il semble que l’année 1968 marque les derniers feux de la contestation populaire. En effet, 1968, ce n’est pas seulement mai 1968 (en France) !

Qui, d’ailleurs, se termine de façon assez lamentable ou significative (question de point de vue) : retour de l’essence et départ en vacances…

Pendant toute l’année 1968, les émeutes ont été particulièrement vives un peu partout dans le monde : Mexique (manifestations étudiantes avant les JO de 68, réprimées dans le sang, faut-il le préciser ?), Tchécoslovaquie (tentative de soulèvement contre le joug soviétique, même issue qu’au Mexique), manifestations contre la guerre au Vietnam un peu partout dans le monde et émeutes raciales aux USA… Oui, vraiment, cette année-là a été très agitée (sans compter les assassinats politiques de Robert Kennedy et Martin Luther King).

Les causes liées à l’environnement moderne

Dans ce grand puzzle de la recherche des causes de l’abrutissement, on a suffisamment passé en revue tout ce qui concerne la propagande, les médias, etc. Maintenant il faut se pencher sur des causes liées à l’environnement immédiat des gens. En particulier les médicaments pris et l’alimentation. On sait que le Coca à l’aspartame provoque des dégâts dans les neurones, même si c’est nié il y a un certain nombre d’études qui en font état; on sait que beaucoup de médicaments et en particulier les psychotropes provoquent l’abrutissement; on est là face à un cocktail, un mixte de causes qui permettent d’expliquer pourquoi cette population est de plus en plus apathique, abaissée, prête à accepter n’importe quoi.

Selon le généticien Gerald Crabtree, chercheur à l’Université de Stanford (États-Unis), l’intelligence moyenne de la population mondiale serait progressivement en train de baisser au fil des siècles. Il prétend aussi que l’être humain serait de plus en plus instable émotionnellement.

Les capacités cognitives et émotionnelles de l’être humain sont déterminées par l’action simultanée de milliers de gènes. Or, si ces gènes subissent, comme le pensent les chercheurs, des mutations, ces modifications génétiques peuvent avoir un impact négatif sur l’intelligence humaine et l’émotivité.

Gerald Crabtree ose la comparaison historique : « Si un citoyen lambda de la Grèce Antique empruntait la machine à voyager le temps pour atterrir dans notre époque, il ferait probablement partie des esprits les plus brillants de la planète, serait doté d’une excellente mémoire, d’une imagination débordante et d’une clairvoyance de tous les instants. Mais pas seulement… Il ferait également preuve d’une stabilité émotionnelle exemplaire ».

D’une part, selon le généticien, la présence de plus en plus forte de fluorure dans les réserves d’eau de la planète aurait tendance à réduire les capacités cognitives. D’autre part, les pesticides, omniprésents dans l’agriculture américaine et le fructose, principal élément constituant des boissons sucrées, endommageraient sérieusement la structure cérébrale avec pour conséquence une diminution du quotient intellectuel.

Les méfaits de la télévision

Ils ne sont pas nombreux ceux qui osent dénoncer les méfaits de la télévision sur le cerveau de nos enfants (mais également sur ceux des parents !). Michel Desmurget fait partie de ces quelques courageux et son livre « TV Lobotomie » est une véritable référence en la matière.

Michel Desmurget, chercheur en neurosciences à l’INSERM, a compilé dans son livre « TV lobotomie » des centaines d’études scientifiques décrivant l’impact de la télé sur la société et sur les capacités intellectuelles de l’enfant. Le constat est affligeant. La télévision est un fléau pour tous, plus encore pour les enfants dont le cerveau est en développement.

Pour les spécialistes, tel Michel Desmurget, il n’y a plus de doute : la télévision est un fléau. Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l’attention, l’imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l’alcoolisme, la sexualité, l’image du corps, le comportement alimentaire, ou encore l’obésité et l’espérance de vie.

Le neuroscientifique de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) s’appuie sur des centaines d’études réalisées, pour son livre « TV lobotomie ».

Le constat est accablant. Au fil des pages, il faut se rendre à l’évidence, l’impact de la télévision est nocif pour la société en général, et plus encore pour les enfants. La démarche de l’auteur est de faire la synthèse des très nombreuses études portant sur les effets de la télévision…

Source à https://www.mieux-vivre-autrement.com/un-neurologue-de-linserm-la-television-impacte-gravement-les-enfants.html

Si Michel Desmurget n’est pas plus souvent repris et relayé dans sa démarche, c’est que les techno-évangélistes s’empressent de nier les effets dénoncés. Pour un Desmurget qui dénonce, combien d’autres « experts » pour rassurer le bon peuple et faire en sorte que la consommation de télévision ne soit pas vue avec méfiance (manquerait plus que cela !). On voit des déclinaisons de ce combat partout, que ce soit en faveur des OGM ou des jeux vidéos. Pour un pédopsychiatre qui va dénoncer la nocivité des jeux vidéos chez les jeunes (comme Jean-Charles Nayebi), combien y sont largement favorable au nom de la supposée créativité que ces jeux sont sensés apporter. Ce n’est pas innocent, c’est largement organisé : la technostructure dispose d’une armada « d’idiots utiles » (comme disait Lénine) toujours prête à relayer la bonne parole et à endormir les masses.

La preuve de la baisse du niveau : le test SAT

En dépit de tous ces signaux convergents, nombreux sont ceux qui doutent encore de la baisse (en fait, d’une certaine façon, ils ont raison : le niveau ne baisse pas, il s’effondre !) du niveau intellectuel. Mais puisqu’il faut des preuves, en voici une : le test SAT.

Le SAT Reasoning Test est un examen standardisé sur une base nationale et utilisé pour l’admission aux universités des États-Unis. Tandis que l’administration du SAT est confiée au College Board1, l’examen qui a la forme d’un questionnaire à choix multiples est conçu, publié et corrigé par l’Educational Testing Service.

Après son introduction en 1901, sous le nom de « Scholastic Aptitude Test », son nom et son barème ont changé à plusieurs reprises (renommé en « Scholastic Assessment Test » en 1990). En 2005, il est renommé « SAT Reasoning Test » avec des barèmes maximum allant de 600 à 2 400 en combinant les résultats de trois sous-examens de 800 points (mathématiques, lecture critique et écriture), ou en remplissant certaines sections particulières. Source https://fr.wikipedia.org/wiki/SAT_Reasoning_Test

L’évolution des résultats au test SAT aux USA prouve que le niveau culturel et intellectuel des candidats à l’entrée en université s’est largement effondré à partir du milieu des années soixante…

Les résultats de ce test très connu sont effectivement significatifs car le test SAT connaît peu de variation au fil des décennies. Par contre, ce qui varie beaucoup, ce sont les résultats des élèves !

Et avec ça, plus question d’avoir des doutes sur la baisse ou non du niveau : il s’est effondré (puis s’est relativement stabilisé à partir des années quatre-vingt-dix). Et qu’on ne vienne pas me dire « oui mais il s’agit des USA ! ». Croyez-vous vraiment (honnêtement) que ce soit tellement mieux en Europe en général et en France en particulier ?

Allons, soyons clairs, les jeunes sont nettement plus abrutis qu’avant et, pour s’en convaincre, il suffit de voir ce qui plaît de nos jours à cette cible ou, plus révélateur encore, d’en interroger quelques-uns sur des sujets généraux : si c’était au programme du bac, vous aurez des réponses médiocres car mal digérées et si ce n’était pas au programme, pas de réponse du tout…

Certains vont accuser l’influence de la télévision, d’autres vont incriminer les perturbateurs endocriniens mais le fait est là : la baisse générale du niveau est de moins en moins contestée…

Un article publié en janvier 2017 par Les Echos (voir à https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0211738901390-linquietant-recul-du-quotient-intellectuel-2060740.php) fait le point sur cette tendance :

De plus en plus d’études pointent la même inquiétante tendance : à peu près partout dans le monde occidental, le quotient intellectuel moyen de la population baisse dangereusement depuis une quinzaine d’années. Cette découverte est venue de l’analyse des résultats obtenus aux tests psychométriques par les jeunes conscrits. Toute l’Europe du Nord, en particulier, s’est révélée touchée.

Un documentaire Arte « Demain, tous crétins ? » insiste sur l’influence des perturbateurs endocriniens (encore eux !) sur le développement du cerveau des jeunes enfants.

Voici le texte de présentation de ce documentaire :

Baisse du QI, troubles du comportement et autisme en hausse : cette enquête alarmante démontre que les perturbateurs endocriniens affectent aussi la santé mentale.

Et si l’humanité était en train de basculer vraiment dans l’imbécillité, comme l’imaginait en 2006 la cruelle fiction de Mike Judge « Idiocracy » ? Depuis vingt ans, les scientifiques constatent avec inquiétude que les capacités intellectuelles ne cessent de diminuer à l’échelle mondiale. Une baisse du QI a été observée dans plusieurs pays occidentaux. À cela s’ajoute une explosion des cas d’autisme et des troubles du comportement. En cause : les perturbateurs endocriniens, ces molécules chimiques qui bouleversent le fonctionnement de la thyroïde, essentielle au développement cérébral du fœtus. Présentes dans les pesticides, les cosmétiques, les mousses de canapé ou encore les plastiques, ces particules ont envahi notre quotidien : nous baignons dans une véritable soupe chimique. Aux États-Unis, chaque bébé naît ainsi avec plus de cent molécules chimiques dans le sang. Mais comment limiter leurs effets ? Quelles solutions peut-on mettre en place pour préserver les cerveaux des générations futures ?

Point commun de toutes ces études : le niveau intellectuel est en baisse à tous les niveaux et ce partout dans le monde.

Nouvelle tendance : il sera bientôt politiquement correct de « taper » sur les idiots !

Longtemps (trop longtemps !), la bêtise a été excusée (c’est pas de sa faute, gna, gna, gna…) et donc, encouragée. Mais il semblerait que cela ne soit plus vrai d’ici quelque temps !

Réjouissez-vous, il sera bientôt politiquement correct de réduire les idiots (sans oublier les idiotes !) à ce qu’ils sont vraiment : des nuisances. Comment puis-je croire à cette inversion de tendance (réjouissante) ?

Grâce à Hollywood, tout simplement !

Si les studios américains se mettent à produire des films qui mettent en avant le vrai rôle de la bêtise humaine (nuisance, rappel), tous les espoirs sont permis… Et voici deux exemples qui semblent indiquer qu’il s’agit d’une vraie tendance toute prête à prendre son essor salvateur : Idiocracy et God bless america.

Idiocracy
La comédie satirique « Idiocracy » (Mike Judge, 2006) décrit l’histoire d’un citoyen ordinaire qui, après une expérience d’hibernation ratée, se réveille 500 ans plus tard. La société a alors totalement changé sous l’effet d’une chute progressive du quotient intellectuel moyen. Dans un pays de demeurés, « l’homme du passé » est rapidement considéré comme le citoyen le plus intelligent de la planète et le seul capable de renverser la tendance… à voir absolument !

Les lois fondamentales de la stupidité humaine : à lire !

Certains vont dire que j’insiste sur la bêtise humaine (et sa nocivité) sans la définir. Mais je n’ai pas besoin de le faire, car Carlo Cipolla l’a fait, et ce de manière magistrale !

Je ne saurais trop vous recommander cet excellent petit livre : Les lois fondamentales de la stupidité humaine de Carlo Maria Cipolla.

Il se lit rapidement (une soixantaine de petites pages seulement), mais il apporte enfin des réponses nécessaires sur ce qui nous affecte tous : la stupidité des autres.

L’ouvrage permet aussi de faire la différence entre le crétin et l’être stupide (important). Car il y a quatre catégories d’individus (par ordre décroissant, mieux vaut rencontrer les premiers que de devoir cohabiter avec les derniers !) : les intelligents, les crétins, les bandits et, enfin (hélas), les stupides.

Explication :

  • les actions des individus intelligents profitent à tout le monde (à lui-même, mais aussi à son entourage),
  • les actions des crétins sont négatives pour eux, mais profitables pour les autres,
  • les actions des bandits sont profitables pour eux, mais négatives pour les autres (les victimes des larcins des bandits le plus souvent),
  • les actions des stupides ne profitent à personne et sont négatives pour tous (y compris pour eux !) et c’est ainsi qu’on les reconnaît…

Ceci posé, voici les cinq lois fondamentales :

  1. Chacun sous-estime toujours inévitablement le nombre d’individus stupides existant dans le monde.
  2. La probabilité que tel individu soit stupide est indépendante de toutes les autres caractéristiques de cet individu.
  3. Est stupide qui entraîne une perte pour un autre individu ou pour un groupe d’autres individus, tout en n’en tirant aucun bénéfice et en s’infligeant éventuellement des pertes.
  4. Les non stupides sous-estiment toujours la puissance des stupides. En particulier, les non stupides oublient sans cesse qu’en tout temps, en tous lieux et dans toutes les circonstances, traiter et/ou s’associer avec des gens stupides se révèle immanquablement être une erreur coûteuse.
  5. L’individu stupide est le type d’individu le plus dangereux (comprendre, bien plus dangereux que le bandit !).

Tout est dit : les stupides sont nocifs. Aucune indulgence ne devrait être permise à leur encontre.

Pour des explications plus détaillées (et roboratives), lisez cet excellent petit livre !

La suite (et fin) => Section 4 – conclusions