Après des mois de labeur, redsen peut enfin publier son livre blanc sur un sujet sensible et d’actualité : qu’apporte l’usage de l’IA dans le développement des logiciels ?
Et ce n’est pas seulement sur l’angle du coing où les promesses pullulent mais ne traite qu’une partie de la question…
Voici donc ce livre blanc en intégralité avec, pour introduire le sujet mon avant-propos reproduit ici en intégralité :
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Depuis l’apparition de ChatGPT (OpenAI), on est continuellement sous un déluge de démos et de promesses toutes plus impressionnantes que les autres. Il en résulte un effet de sidération qui perturbe la capacité d’analyse du grand public (ce qui n’est guère surprenant), mais aussi du milieu professionnel (ce qui est tout de même plus embêtant !).
Pendant toutes ces années, nous avons été abreuvés de soi-disant études qui attestaient toutes des progrès formidables apportés par l’IA générative dans tous les domaines et en particulier dans le développement d’applications informatiques. Problème : ces études provenaient toutes des fournisseurs de LLM comme OpenAI ou Anthropic !
Accorder crédit à ce type d’étude, c’est avaler tout cru les promesses marketing les plus extravagantes… C’est un choix, mais il ne faut pas se plaindre après coup d’avoir été trompé !
Et c’est pour cela que ce livre blanc réalisé par REDSEN est si précieux : il vous propose une plongée dans les faits mesurables en laissant de côté les promesses éthérées, ça fait une sacrée différence…
ILS TRAVESTISSENT LA RÉALITÉ, TOUS !
Pour illustrer mon propos, un exemple concret. À la conférence GTC de mars 2024, NVIDIA annonce l’architecture Blackwell – le superchip GB200/ NVL72 – avec un argument spectaculaire : coût et consommation d’énergie divisés par 25 par rapport à la génération Hopper, inférence jusqu’à 30 fois plus rapide. Aucun de ces deux chiffres n’est faux, et aucun ne compare ce qu’il prétend comparer : la démonstration oppose une baie GB200 en FP4 à un nombre équivalent de H100 en FP8, soit deux précisions de calcul différentes. À isoprécision, les bancs indépendants ramènent le gain entre 1,6× et 4,3× par GPU 3 4, et l’énergie par jeton autour d’un facteur 3 5. Un facteur 3, c’est déjà remarquable.
Mais pour fixer les imaginations et provoquer la sidération de « l’effet démo », 25 était bien mieux que 3…
NVIDIA n’est pas un cas isolé. La bibliographie de ce livre blanc recense plusieurs autres exemples documentés : le classement LMArena de Meta, dont un dirigeant de l’entreprise a fini par reconnaître qu’il avait été arrangé ; le graphique de xAI sur Grok, dont un mode de calcul avait simplement été masqué; le benchmark FrontierMath, financé en secret par OpenAI qui allait ensuite y annoncer un score record. Une revue systématique de 445 benchmarks conclut d’ailleurs que 16 % seulement emploient des tests statistiques rigoureux 9 .
NVIDIA n’est donc pas la seule à jouer avec ses propres chiffres. Il suffit de suivre les déclarations de Sam Altman (OpenAI) ou de Dario Amodei (Anthropic) pour se rendre compte que ces dirigeants ont un sens de l’exagération particulièrement développé. Là encore, un bon exemple est très parlant : Dario Amodei déclare que Claude (son modèle vedette) va remplacer tous les programmeurs de la planète à brève échéance (et ça fait deux ans qu’il répète cette « prédiction »). Mais vous savez bien, tout comme avec les politiques, qu’il vaut mieux « regarder ce qu’ils font plutôt qu’écouter ce qu’ils disent »…
Depuis la prédiction fracassante de son CEO en mars 2025, Anthropic n’a pas ralenti l’embauche de développeurs – au contraire, l’effectif de l’entreprise est passé d’environ 1 300 à environ 3 400 personnes en neuf mois, et 64 postes de software engineers sont à pourvoir au moment où j’écris ces lignes.
LA VALEUR DU LIVRE BLANC REDSEN
Il est donc important de faire la part des choses en la matière et c’est justement ce grand vent d’air frais qu’apporte le livre blanc de REDSEN sur ce sujet brûlant. Mais ce n’est pas tout !
REDSEN ne se contente pas de revisiter les faits en s’appuyant sur les rares travaux dont le protocole est publié, les limites documentées et les conclusions défavorables à qui les finance – Cui et al., METR, GitClear : ce livre blanc remet en exergue un point important trop souvent occulté – la production logicielle ne se résume pas au coding.
En effet, il y a des phases en amont et en aval du coding qui sont tout aussi cruciales que l’écriture du code, qui n’est qu’un moyen, pas une fin.
Avec ce livre blanc, c’est la fin de « l’euphorie sans données ». Ce document rejette tout autant l’enthousiasme démesuré que le rejet dogmatique de l’IA générative appliquée au développement informatique, en s’appuyant sur des études indépendantes (Cui et al., METR, GitClear). Il en ressort deux constats clés : tout d’abord, l’IA générative accélère la production des tâches standardisées du développement, mais elle n’est pas « une machine de responsabilité », comprendre qu’on ne peut pas lui déléguer les décisions de projet.
Ensuite, on constate une certaine dégradation de la qualité du code lui-même. Les données réelles montrent une érosion de la lisibilité et de la maintenabilité (hausse du code copié-collé, baisse drastique du refactoring) si le code n’est pas strictement contrôlé, après coup, par un humain – expérimenté de préférence…
En résumé : l’IA générative libère du geste technique (au moins en partie), mais exige d’augmenter la rigueur du jugement humain. L’enjeu pour les DSI n’est plus d’adopter l’IA à tout prix, mais de piloter sa maturité pour maîtriser les risques de dette et de responsabilité.
Présenté ainsi, ça fait un peu « sec ». Mais c’est justement tout le mérite de ce document, qui privilégie une approche dépassionnée changeant agréablement de l’ambiance globale qui prévaut autour des questions liées à l’IA. Je voudrais finir par une affirmation personnelle : ce livre blanc est le meilleur texte que j’ai pu lire depuis trois ans au sujet de l’impact de l’IA sur le développement des applications informatiques, point.
Alain LEFEBVRE Août 2026
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Pour télécharger ce livre blanc (intitulé « Prise de position » dans la version « courte »), cliquez sur l’image ci-dessous ou sur ce lien : prise-de-position-v1-1 (version courte)
Lien vers la version complète => dossier-de-reference-v1-1
màj du 03/09/2026 : les documents PDF viennent de passer en version 1.1…

Bonne lecture !