Comme je l’écris à chaque fois que j’aborde ce sujet, ça fait un bon moment que je le répété : le niveau (intellectuel) général baisse, il s’effondre même !
Voici ce que donne quelques recherches dans es archives :
Un article à lire d’urgence : « La machine à abrutir » par Pierre Jourde, Le Monde Diplomatique
L’inquiétant recul du quotient intellectuel : je ne suis (enfin) plus seul à le dire…
Cette révolte qui ne viendra pas : section 3- Le niveau du citoyen moyen
Abrutissement généralisé : voilà où nous en sommes (et c’est pas réjouissant !).
Bon et j’en oublie, forcément !
Revenons à l’indicateur du jour… C’est le site Boulevard Voltaire qui le propose : L’effondrement scolaire n’épargne pas les élites – Le rapport des jurys de l’ex-ENA, l’INSP, comme ceux de l’agrégation montrent une baisse générale du niveau
Voici un extrait de l’article en question :
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Paru dans Le Monde, le 2 novembre, un article lance l’alerte sur « un manque de culture historique chez les candidats aux concours de l’INSP, l’ex-ENA ». Autrement dit, ceux qui seront appelés à administrer, voire gouverner, à être l’élite de la nation, ne sont pas épargnés par l’effondrement général qui caractérise le niveau scolaire français.
Quand l’essentiel n’est pas maitrisé
« Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés » écrivait Jean de La Fontaine pour décrire la peste s’abattant sur le règne animal. C’est une autre sorte de peste qui s’est abattue sur le niveau scolaire français et, de la même façon, personne n’est épargné. En effet, le rapport publié vendredi 30 octobre par le président des jurys des concours d’entrée à l’INSP 2026, Philippe Mahé, est sans ambages puisqu’il « déplore, après m[s]es prédécesseurs, la méconnaissance par un trop grand nombre de candidats des faits majeurs de l’histoire politique, économique et sociale de la Quatrième et de la Cinquième République ». « Les questions historiques ne doivent ni étonner ni être éliminées, dès lorsqu’elles s’inscrivent dans une chronologie contemporaine (après 1945 ou depuis la Vème République) et qu’elles ont trait aux fondamentaux de l’État en France […] » développe ainsi Philippe Mahé qui précise encore qu’ « il n’est pas non plus admissible qu’un président de la République ne soit ni connu, ni situé correctement dans les 60 dernières années et que la période de la crise du Covid soit considérée comme la borne chronologique ultime de l’histoire contemporaine ». Il recommande aux futurs candidats d’y remédier : « Il est donc hautement souhaitable que les candidats, futurs cadres supérieurs de l’administration française, connaissent clairement les grandes étapes de la chronologie politique de la seconde moitié du XXème siècle », et il faut bien reconnaître qu’en considérant les postes auxquels les diplômés de l’INSP peuvent prétendre, c’est tout de même, en effet, la moindre des choses.
Tant dans le fond que dans la forme
Et si le fond pêche par ses lacunes, la forme qui en est le reflet n’est pas mieux lotie. « De trop nombreuses copies se caractérisent par une orthographe au mieux imaginative, parfois défaillante » rapporte en effet le jury. « Certaines règles de syntaxe ou d’accords élémentaires ne sont pas maîtrisées : à titre d’exemple, certains candidats conjuguent des noms communs en ajoutant -ent pour les mettre au pluriel, ou ne maîtrisent pas la différence entre infinitifs et participes passés » peut-on lire encore dans ce rapport qui ajoute aussi que « la maîtrise de l’orthographe des noms propres est également une base à maîtriser pour l’ensemble des candidats : savoir orthographier Hannah Arendt, Alfred Dreyfus ou encore Xi Jinping pour un candidat à l’INSP est une connaissance de base ». En bref, c’est l’essentiel qui pêche et la forme est à l’image du fond…
Enarques et agrégés, mêmes lacunes ?
Faut-il jeter la pierre particulièrement à nos futurs énarques ? Ils sont loin d’être les seuls et si les savoirs de base d’un futur haut fonctionnaire ne sont pas acquis par tous les candidats, il en va de même, par exemple, pour les candidats à l’agrégation externe de Lettres classiques. Là aussi le rapport du jury d’agrégation pour les lettres classiques 2026 ne mâche pas ses mots, avouant avoir déjà « alerté sur ce point l’an passé, [et le faire] de nouveau cette année tant la situation est préoccupante ». « Au sujet de l’écrit, le jury continue de déplorer d’importantes difficultés en matière de maîtrise de la langue, allant jusqu’à trouver des erreurs d’orthographe comme de syntaxe, y compris de ponctuation, d’un niveau correspondant aux attendus du cycle 3, et ce même dans des copies faisant montre de réelles qualités littéraires et de traduction » explique ainsi le rapport en ajoutant qu’ « il est par conséquent absolument nécessaire, à ce niveau d’étude, qui plus est dans le cadre d’un concours de lettres, que les candidats remédient à ces défaillances aussi bien pour les épreuves écrites que pour celles de l’oral, au sein desquelles les compétences langagières sont tout aussi importantes et, bien évidemment, évaluées comme il se doit. »
En bref, le niveau des élites s’effondre aussi. Pour Sophie Audugé, interrogée par BV, cela n’a rien d’étonnant et « c’était même la grande évolution du classement PISA sorti cette année, qui montre que si le niveau scolaire français baisse, il baisse encore plus chez les enfants favorisés que chez les enfants des milieux défavorisés ». En effet, explique l’auteure de L’Éducation nationale en perdition, chez Fayard, « comme l’école n’assure plus pleinement sa mission d’instruction depuis plus de 70 ans, comment peut-on attendre de parents, qui ont eux-mêmes reçu une instruction insuffisante, qu’ils transmettent des connaissances qu’ils ne maîtrisent pas toujours ? À terme, c’est toute la transmission du savoir qui se fragilise, y compris dans les milieux les plus favorisés ». Et ce n’est pas près de s’arranger si les futurs énarques et agrégés dévalent la même pente glissante.