Est-ce enfin la révolte qu’on attend ou qu’on redoute ?

Comme tout le monde, j’ai observé (de loin) ce qui s’est passé samedi 17 octobre dernier. La question qui me revient est la suivante : ce qui s’est déroulé lors de cet événement tragique (oui, n’ayons pas peur des mots) ne remet-il pas en cause tes conclusions exposées dans ton livre « Cette révolte qui ne viendra pas ?« . Car oui, on peut légitimement penser qu’une révolte est en train de se former et de se déverser sur notre pauvre vieux pays…

Pardonnez-moi d’être aussi centré sur mes petites publications mais j’ai pensé que s’il y avait une question à laquelle je devais répondre moi, c’est bien celle-là…

Eh bien, je vais répondre en deux temps. D’abord la réponse courte puis celle un peu plus développée. Donc, réponse courte : non, les arguments de « Cette révolte qui ne viendra pas » restent parfaitement valable encore aujourd’hui, même après les « débordements » du 17 octobre. Ceci dit, développons un peu…

Tout d’abord, ce qui s’est déroulé le 17 n’est pas une révolte ni même des émeutes d’une jeunesse poussée à bout. Il s’agit simplement d’une énième exactions d’une engeance maléfique (au sens premier du mot) qui ne manque jamais une occasion de casser et de piller.

Et une révolte, une vraie, ce n’est pas ce qu’on a vu samedi dernier. Si les « gentils manifestants victime de la société et du patriarcat blanc » (ou que sais-je) voulaient vraiment se révolter et renverser le pouvoir en place, alors, ce sont en direction des vrais cibles et symboles du pouvoir en place qu’il fallait assiéger et prendre d’assaut : perceptions, préfectures, ministères, ce genre de lieu quoi… Non pas que je recommande de le faire, hein !

De même, je ne prétend pas que tous les manifestants étaient des casseurs et/ou des pilleurs (c’est pas la cause !). Tous, sûrement pas, un bon nombre, apparemment oui…

Bref, nous sommes face à une opération de « détournement » où quelques « idiots utiles » font ce qu’on attend d’eux : décrédibiliser le moindre mouvement de contestation avant qu’il puisse s’organiser pour de bon et se renforcer. Voilà pourquoi ce n’est pas une révolte et voilà pourquoi l’argument de mon livre reste pleinement valable, hélas.

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