J’ai déjà reproduit ici différents article d’Ed Zitron. Je pense que cet analyste est très pertinent pour mettre des mots sur cette situation absurde !
L’arnaque de l’IA générative, encore un (excellent) article de Ed Zitron
En voilà un nouveau à https://www.wheresyoured.at/let-ai-burn/?ref=ed-zitrons-wheres-your-ed-at-newsletter
Cette fois, je me suis contenté de traduite la fin, la conclusion et c’est savoureux…
===
Le moment venu, laissez l’industrie de l’IA brûler
Je le répète :
Pas de plans de sauvetage, pas d’aides publiques, pas de traitement de faveur, pas d’allégements fiscaux, pas de « CHIPS Act » et pas de fonds souverain. Il est temps d’envoyer l’industrie de l’IA se faire foutre, car c’est exactement ce qu’elle a fait subir au reste de la société. Ces entreprises doivent être contraintes de voler de leurs propres ailes et de mourir dignement si leurs modèles économiques lamentables ne tiennent pas la route.
Les gouvernements du monde entier se sont couchés et ont offert le ventre à l’industrie technologique bien trop longtemps ; ils se sont laissé berner de manière éhontée par certaines des personnes les plus riches de la planète, leur faisant croire que ces connards de Sam Altman et Dario Amodei bâtissaient autre chose que les logiciels les moins rentables de l’histoire.
Nous n’avons besoin ni d’une « stratégie souveraine en matière d’IA », ni d’un « fonds souverain pour l’IA », ni de « garantir la domination américaine dans le domaine de l’IA » — du moins pas lorsqu’il s’agit de grands modèles de langage (LLM), la technologie sous-jacente de ChatGPT et Claude, deux des logiciels les plus surestimés et les plus trompeurs de l’histoire en termes de marketing.
Peu importe que les LLM soient des outils utiles ou non ; l’industrie de l’IA a exigé du monde entier qu’on lui livre autant de terres, d’argent et de ressources qu’elle le souhaitait pour continuer à propager une technologie qui n’a jamais généré que des pertes et qui ne présente aucune perspective de viabilité économique. Si cette technologie a pu aller aussi loin, c’est uniquement parce que le secteur technologique s’est rallié à elle pour masquer le fait qu’il n’avait aucune « prochaine grande innovation » à proposer ; or, rien — absolument rien — de ce qu’un LLM peut accomplir ne justifie de tels investissements.
Et elle n’en est arrivée là que grâce à des médias économiques et technologiques sous influence, qui ont exagéré ses capacités tout en balayant d’un revers de main ses problèmes évidents d’efficacité et son instabilité économique. Trop d’observateurs se sont laissé séduire par de jeunes hommes blancs aux idées fantaisistes promettant de créer une intelligence artificielle, et lorsque les marchés plongeront dans le rouge, ces gens devront assumer leur responsabilité. Une grande partie du prétendu journalisme consacré à l’IA a servi à enrichir ceux qui l’étaient déjà et à gonfler une bulle qui fera souffrir des centaines de millions de citoyens ordinaires à travers le monde, tandis que Sam Altman et Dario Amodei resteront milliardaires, quel que soit le sort réservé à leurs entreprises. Le moment venu, l’industrie de l’IA devra brûler. Il faudra la laisser mourir. L’IA générative a déjà reçu bien trop d’argent, d’oxygène et d’attention ; si elle ne peut survivre sans un apport continu de capital-risque et le chouchoutage des médias, c’est qu’elle est inutile et sans valeur. Elle devra alors affronter la réalité brutale à laquelle tout citoyen ordinaire est confronté en cas d’échec.
Il n’est pas question de « sauver » ces entreprises lamentables. Injecter 42 milliards de dollars chez OpenAI ou Anthropic ne corrigera pas leurs modèles économiques, pas plus que cela ne fera apparaître par magie les 400 milliards de dollars (ou plus) de revenus annuels nécessaires pour justifier les seules ventes de GPU pour l’IA de NVIDIA jusqu’à fin 2027.
Ces gens ne bâtissent pas l’avenir : ils cherchent des moyens de consolider le statu quo, d’offrir à Microsoft, Google, Amazon et Meta des leviers pour accroître leurs revenus et centraliser les infrastructures sous couvert d’« innovation ».
Si des décideurs politiques lisent ceci, sachez que l’industrie de l’IA vous a dupés. Ils veulent vous faire croire qu’ils sont indispensables afin que vous les sauviez, eux et leurs riches amis, le moment venu, ou que vous détourniez l’argent des contribuables pour construire leurs centres de données. Ils ne créent pas d’intelligence autonome, et ils ne le feront jamais.
Il me semble illusoire d’imaginer que cette bulle aura un jour de véritables conséquences ; mais si tel devait être le cas, les responsables seraient Sam Altman, Dario Amodei, Satya Nadella, Sundar Pichai, Andy Jassy, Jensen Huang, Mark Zuckerberg et tous ceux qui ont orchestré de force l’adhésion à une technologie sans issue, préparant ainsi le terrain pour la prochaine grande crise financière mondiale.
Tant que rien ne changera, l’industrie technologique sera incapable de bâtir autre chose que du consensus et le renforcement du statu quo.
Alors, crachez au visage de ceux qui évoquent ne serait-ce qu’un sauvetage, refusez-le catégoriquement et exigez qu’ils accomplissent la tâche complexe et ingrate de réfléchir aux conséquences réelles de cette erreur collective. Lorsque cette ère prendra fin, il faudra disséquer minutieusement cet effondrement pour éviter qu’il ne se reproduise, en identifiant les organisations et les personnalités qui ont servi à fabriquer le consentement et à propager les mythes entourant les grands modèles de langage (LLM).
Par le passé, les grandes bulles financières ont rarement permis d’établir clairement les responsabilités. Le carnage qui, je le crains, suivra l’effondrement de cette époque sera effroyable ; nous devons tout mettre en œuvre pour comprendre parfaitement comment nous en sommes arrivés là et veiller à ce que cela ne se reproduise plus. Cela impliquera des discussions difficiles sur notre système financier, notre écosystème médiatique ainsi que sur la manière dont l’innovation est financée, conçue, achetée et vendue.
Il en va de même pour les adeptes de cette époque. Certains nourrissent une véritable hostilité envers ceux qui refusent de reconnaître d’emblée une entité à but lucratif comme leur seigneur et sauveur. C’est une situation malsaine au sein de l’industrie technologique à laquelle il faut mettre un terme.
Une grande partie de cela sera inévitable, car je pense que ce qui suivra la bulle de l’IA sera une plus grande réévaluation de l’industrie technologique, une prise en compte nécessaire de la réalité pour une Silicon Valley qui est bien plus redevable au capital qu’au progrès humain. Les cultes de la personnalité qui dominent cette industrie ne se soucient pas de vous, ni de moi, ni de quiconque autre que ceux qu’ils vénèrent et leur placement théorique dans leur rêve d’une société dominée par les riches et leurs copains élus.
Je refuse d’accepter leur avenir comme une fatalité.
Comme je l’ai dit il y a quelques semaines :
La bulle de l’IA est présentée comme l’avenir, mais elle ressemble en réalité à la mort de la Silicon Valley. Seule une industrie technologique dominée par la richesse symbolique et la création de valeur pourrait supporter un gaspillage de mille milliards de dollars pour un résultat encore théorique, et seule une Valley intellectuellement pourrie serait aussi facilement escroquée par des gens comme Dario Amodei et Sam Altman.
Cette époque doit prendre fin et tous les échecs doivent pouvoir échouer.
Laissez l’IA brûler.
===
Oui, toute cette situation est absurde et malsaine. Et il faut la dénoncer même quand une grande majorité des observateurs se contentent de bêler « mais quoi, c’est l’aaaaaveniiiiirrrr ! ». Soyez du côté des conscients, des éveillés, refusez les situations absurdes.