Les narratifs dominent la société : l’exemple du narratif sur l’IA et les robots

Dans ma vidéo ci-dessous, @canardeur8390 me demandait « Question hors-sujet de ma part : quel est votre avis, votre réaction sur l’interview d’Elon Musk du 23 juillet dernier par The Economist ? ». Ce à quoi je répondais immédiatement : « Je n’ai pas de réaction à vous proposer car je n’ai pas lu cette interview !
Mais je vais essayer de creuser la question… ». @canardeur8390 me répliquait aussitôt « Merci de votre retour ; il ne s’agit pas de LIRE mais de VISIONNER l’interview. »… Ce que je fis…

Bon, j’ai pu écouter une partie de cette interview, celle où il parle d’IA et de robot (son sujet favori du moment, Mars, il en parle moins dernièrement…). Je suppose que c’est cette partie qui vous intéresse, right?

Il faut se rappeler que Musk fait partie de ces gens qui ont intérêt à ce qu’un certain narratif continue à se développer et soit repris par les médias, tous les médias. Ce narratif est un mixte d’espoirs et de terreurs d’un niveau inédit. Mais ce n’est rien de plus que cela : un narratif. Notre société est dominée par les narratifs diffusés par les marionnettistes (ceux qui tirent les ficelles) : réchauffement climatique, guerres inévitables et ainsi de suite. L’IA et les robots est pile dans ce que j’appelle le solutionnisme : les périls qui nous menacent sont terribles mais, rassurez-vous braves gens, nous avons la solution (à tout). Je ne crois pas une seconde au narratif autour de l’IA et des robots. Certes, il y a une tendance à vouloir progresser dans cette direction et avec quelques (maigres) résultats. Mais obtenir des résultats significatifs va prendre un temps considérable, bien plus que dix ans. Souvenez-vous des voitures autonomes : promise en 2016, dix ans après, on voit bien qu’on en est encore loin.

Faut-il le répéter encore ?

Les évolutions techniques importantes (et qui pourrait nier que l’IA et la robotique ne sont pas importantes ?) prennent du temps pour devenir significatives. Encore une fois, je vous renvoi à mes articles sur ce sujet :

Mise à jour de « L’échelle Lefebvre : comment estimer le temps nécessaire aux innovations techniques »

Mais les solutionistes ne veulent pas attendre : le narratif doit produire ses effets maintenant afin de pouvoir ramasser les bénéfices tout de suite (et, en la matière, Elon Musk s’y connait bien : sa récente IPO de SpaceX ressemble pile à un « pump and lump » de la crypte !).

Un autre extrait de cette interview concerne la situation en UK où Musk affirme que la guerre civile est au bout du chemin…

Et là, en revanche, je suis complètement d’accord avec lui !

La rédactrice de The Economist a beau affirmer que la situation en UK est bonne (ben, ça sera quoi quand ça sera mauvais ?), on sait bien que c’est faux !

Mais, selon moi, la guerre civile qui sera le résultat final des politiques actuelles (voulues, organisées, concertées) ne va pas se produire qu’en UK : en France aussi, ça nous pend au nez !

Les ordures qui nous dirigent savent bien que « diviser pour régner » est toujours une bonne recette et ne vont pas hésiter à l’employer le moment venu.

Pour en revenir à la question des narratifs, ils sont variés mais toujours diffusés massivement pour obtenir un effet d’écrasement et de sidération : impossible d’y échapper, impossible de ne pas être affecté… sauf si on réflêchit un peu !

Un exemple : les feux de forêts en ce moment. réaction de base : c’est horrible, on va tous mourir (vrai : on va tous finir par mourir). Deuxième effet « kiss cool » de ces feux, juste après les incroyables vagues de chaleur qu’on vient de subir : renforcer le narratif en faveur du réchauffement climatique !

Ben oui, après ça, qui pourrait le nier ?

Sauf que, un, ces incendies sont majoritairement criminels et deux, des vagues de chaleur comme la dernière, il y en a déjà eu. Georges Sand (la célèbre écrivaine) l’évoque dans le récit emblématique qu’elle fait de la canicule de l’été 1870, consignée dans son ouvrage Journal d’un voyageur pendant la guerre (paru en 1871).

Depuis sa propriété de Nohant, dans le Berry, l’écrivaine décrit la sécheresse extrême et la chaleur écrasante qui frappent la France en juillet 1870, juste au moment où éclate la guerre franco-prussienne.

L’extrait en question :

« Un été que je n’ai jamais vu, que je ne croyais pas possible dans nos climats tempérés : des journées où le thermomètre à l’ombre montait à 45 degrés, plus un brin d’herbe, plus une fleur au 1ᵉʳ juillet, les arbres jaunis perdant leurs feuilles, la terre fendue s’ouvrant comme pour nous ensevelir, l’effroi de manquer d’eau d’un jour à l’autre. »

L’histoire de France est jalonnée de vagues de chaleur mémorables. Si les chroniques anciennes reposaient sur des observations visuelles et humaines, le XXᵉ siècle et le début du XXIᵉ ont apporté des mesures météo précises pour en quantifier l’ampleur.

1. La canicule oubliée de 1540 : La pire sécheresse du millénaire

Avant l’invention des thermomètres modernes, l’été 1540 a été analysé par les historiens du climat comme l’un des plus extrêmes d’Europe.

  • Pendant près de 6 mois consécutifs, il n’a pratiquement pas plu en France.

  • La Seine, la Loire et le Rhône étaient tellement à sec qu’on pouvait les traverser à pied sec par endroits.

  • Les vendanges ont commencé dès le mois d’août et la végétation était complètement brûlée sur pied dès le milieu de l’été.

2. La grande canicule de 1718 : Un désastre sanitaire

Sous la Régence, l’été 1718 a été marqué par une vague de chaleur effroyable couplée à une absence totale de pluie d’avril à octobre.

  • Les rapports de l’époque font état de températures suffocantes (estimées à plus de 40 °C) et d’un assèchement général des puits.

  • L’impact humain fut tragique : associée à la disette et aux épidémies provoquées par la stagnation des eaux, cette canicule aurait causé la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes dans le royaume.

3. L’été 1911 : Deux mois sous la fournaise

C’est la première très grande canicule moderne documentée avec des relevés précis.

  • De début juillet à mi-septembre 1911, une masse d’air brûlant s’installe sur la France.

  • À Paris, le thermomètre dépasse les 35 °C pendant des semaines. On arrose le bitume qui fond dans les rues et les enfants souffrent particulièrement de la déshydratation et de la dégradation des produits frais (comme le lait). On dénombrera plus de 40 000 décès en France.

4. L’été 1947 : La référence de l’après-guerre

Alors que le pays est en pleine reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, l’été 1947 bat tous les records de l’époque.

  • Le 28 juillet 1947, il fait 40,4 °C à Paris, un record absolu pour la capitale qui tiendra plus de 70 ans (jusqu’en 2019).

  • La chaleur extrême touche plus de 80 % du territoire national et provoque des incendies de forêt gigantesques, notamment dans les Landes.

5. La canicule et sécheresse de 1976 : L’épreuve agricole

Bien que moins chaude en pics absolus que 2003, la canicule de l’été 1976 est restée célèbre pour son impact économique et social.

  • Le pays subit une sécheresse historique dès le printemps, suivie d’un mois de juillet torride.

  • C’est l’année du fameux « impôt sécheresse » mis en place par le gouvernement Valéry Giscard d’Estaing pour venir en aide aux agriculteurs dont les récoltes et le bétail étaient décimés.

6. Août 2003 : Le choc contemporain

C’est la canicule la plus sévère enregistrée en France en termes d’intensité et d’impact sur la santé publique.

  • Pendant deux semaines consécutives (du 2 au 17 août), les températures nocturnes ne descendent pratiquement pas, empêchant les organismes de récupérer.

  • Elle a entraîné un surcroît de mortalité de près de 15 000 personnes en France et a conduit à la création du système national de Vigilance Canicule et des plans d’urgence dans les EHPAD.

7. Juin & Juillet 2019 : L’ère des 45 °C dépassés

L’été 2019 a marqué un franchissement de seuil symbolique avec deux vagues de chaleur successives très intenses.

  • C’est au cours de cet été que le record absolu de température en France métropolitaine a été établi : 46,0 °C enregistrés à Vérargues (Hérault) le 28 juin 2019.

  • Fin juillet, Paris battait à son tour son record historique de 1947 avec 42,6 °C.

Bref, il ne s’agit pas d’énumérer tous les phénomènes météo connus mais de prendre un peu de recul : ce n’est pas une canicule plus des incendies (criminels, rappelons-le) qui font un changement climatique. En revanche, ça fait un bon narratif pour vous imposer encore et toujours de nouvelles contraintes absurdes.

Revenons encore sur ces incendies pour finir : quand les merdias mettent en avant une situation alarmante, il faut toujours se poser la question « à qui profite le crime ? » (quid bono) . Et là, clairement, le crime profite à tous ceux qui avaient un « beau » projet et besoin d’un terrain pour le bâtir… Et comme par hasard, on voit des annonces de datacenters ou d’éoliennes pile où, justement, pas de chance, ça vient de cramer… La vie est bien faite quand même (pour certains).

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