Lorsque nous décidons de mettre sur le marché notre création, nous nous exposons au fameux « regard de l’autre » et, sait-on jamais, à sa féroce critique. S’exposer, c’est prendre un risque : d’être jugé et rejeté, d’échouer, de se sentir inférieur, de ne pas être reconnu, bref de ne pas, de ne plus être aimé, perpétuel souci de l’homme. S’exposer, c’est donc souvent donner un pouvoir important à autrui !
Ce risque est commun à tous les créateurs et il peut être pénible à vivre quand il se concrétise : s’il est facile d’accepter la critique quand elle est positive, c’est tout à fait autre chose de la supporter quand elle est négative voire vexante. Or, avec le développement d’Internet (et, dans la foulée, des sites d’ecommerce et ceux spécialisés dans les avis de consommateurs), l’influence des critiques venant des vrais utilisateurs (ceux qui achètent et « consomment » vos créations) a pris une dimension nouvelle qui n’existait pas il y a seulement dix ans. On voit les conséquences de cette montée en puissance dans des articles comme celui-ci : YouTube, Facebook, Twitter: quand le murmure de la critique devient audible (publié sur Slate.fr).
Mon expérience personnelle est limitée dans ce domaine mais j’ai tout de même vécu quelques exemples comme cette critique de mon livre sur les réseaux sociaux par le journal Les Echos (voire à https://www.alain-lefebvre.com/livres-perso/critique-de-mon-dernier-livres-sur-les-echos-super-severe/). Quand la critique est trop accentuée (comme c’est le cas de cette dernière), on peut la résumer par le mot de Talleyrand : tout ce qui est excessif est insignifiant. Mais je crois que c’est tout à fait autre chose quand vous êtes victime de ce que j’appelle « le torrent de boue » qui déferle sur vous depuis un forum comme Agoravox (où les trolls haineux semblent particulièrement bien représentés).
La critique des acheteurs de votre livre est plus difficile à digérer quand elle est acerbe ainsi que cela m’est arrivé dernièrement sur amazon.fr… J’ai alors tenté d’y répondre (lire juste en dessous) de la manière la plus « soft » possible car je ne veux pas « porter un jugement sur le jugement », je veux juste pouvoir répondre sur ce qui est argumentable (dans ce cas précis, le problème technique rencontré).
Dans ce cas, le créateur est sans défense et très vulnérable. Il faut un moral d’acier pour supporter sans être atteint un revers de ce genre. Donc, se pose forcément la question : suis-je prêt à supporter « ça » pour tenter de donner à ma création la place qu’elle mérite (selon moi, bien entendu) ?
C’est une vraie question et je crois que chaque créateur est tenu de se la poser, honnêtement. Dans l’idéal, je voudrais pouvoir dire que j’écris pour moi, peu m’importe le regard et le jugement du public… Mais je dois avouer que c’est faux : je suis sensible au succès (ou à l’insuccès) de mes livres et je me retrouve toujours à vouloir la plus grande diffusion possible à mes écrits, ça c’est la vérité.
Du coup, bien sûr, je suis sensible à la critique, pas autant que certain(e)s mais plus que je ne le voudrais.
Terminons tout de même par quelque chose de positif : « Perdu dans le temps » est dans le top 100 des ventes de la boutique Kindle depuis 16 jours (voir à http://www.amazon.fr/gp/bestsellers/digital-text/ref=pd_dp_ts_kinc_1#5) et il est même N°6 dans la catégorie « science-fiction » (voir à http://www.amazon.fr/gp/bestsellers/digital-text/1382058031/ref=pd_zg_hrsr_kinc_1_4_last)… Je dois dire que cela fait plaisir !
















