Dimanche dernier a eu lieu le premier Grand Prix (en Australie, à Melbourne) de la nouvelle saison de F1. J’ai regardé le résumé (je ne regarde plus les courses de F1 en direct depuis… longtemps !) et je dois dire que j’ai été plutôt surpris… En bien ou en mal ?
Voyons cela. Tout d’abord, le résumé en question :
Bon, pour une fois, il y avait de l’action (d’habitude, il faut de la pluie pour que les GP de F1 ne soit pas une triste procession de deux heures…). Vous savez tout le que je pense de la F1 depuis des années… Donc, j’étais plutôt sceptique face à cette nouvelle réglementation qui ressemblait à un énième reset. Les réactions des « spécialistes YouTube » du domaine sont assez variées avec une bonne dose de scepticisme :
Comme le dit Clippy (mon préféré), 120 dépassements, c’est mieux que 45 (stats de l’année dernière) mais quid de la qualité ?
Alors, je sais que les « puristes » sont à fond contre cette nouvelle réglementation : c’est artificielle, c’est n’importe quoi, c’est plus de la course, etc. Bref, du « F1 slop » pour reprendre un terme à la mode.
Je ne partage pas cette opinion tranchée et définitive. Tout d’abord, c’est trop tôt pour se prononcer. Les équipes découvrent leurs voitures et les procédures. Il suffit de voir comment s’est passé le départ du GP de Melbourne : un chaos qui aurait pu mal tourner…
Mais les équipes vont apprendre, progresser et tout cela va se lisser, un peu ou beaucoup.
Ensuite, les « puristes » semblent oublier que ce n’est certainement pas la première fois que les pilotes sont obligés de « gérer » en plus de piloter à la limite… Dans les années 70, il fallait ménager moteur et boite si on voulait voir l’arrivée. Ensuite, avec l’ère turbo, il fallait surveiller sa consommation de carburant. Puis ça été les pneus et ainsi de suite. Je ne dirais pas que ça a toujours existé mais quand même assez souvent.
Enfin, le côté artificiel existe partout en sport-auto (mais, c’est vrai, à différent degré). Les aspirations qui sont clé en Nascar par exemple. En endurance aussi, la gestion de l’énergie est devenue un paramètre clé. Et les pilotes d’endurance ne se plaignent pas, eux.
En F1, les pilotes aiment bien jouer les divas mais, vous remarquerez que c’est surtout ceux qui sont loin qui se plaignent le plus (sauf Max qui ne sait plus comment exprimer qu’il en a marre de la F1 !). Les pilotes Mercedes et Ferrari avaient l’air plutôt contents après la course…
Ceci dit, une hirondelle ne fait pas le printemps et ce n’est pas parce que ce GP a été relativement intéressant et animé que cela annonce un renouveau complet de la F1. Cela, je n’y crois pas une seconde. La F1 n’est plus un sport depuis un bon moment. C’est devenu une arène où les constructeurs et les ingénieurs s’affrontent sans se glisser dans le cockpit et prendre le volant (ça non !). D’ailleurs, si la réglementation technique est telle qu’elle est, c’est bien parce que ce sont les constructeurs qui ont demandé cette orientation.
Revenir à une F1 « pure » où des artisans-assembleurs spécialisés s’affrontent avec des monoplaces bien plus « basiques » est une vue de l’esprit : ça n’arrivera pas. sauf si une méga-crise financière bouleversait les cartes et entrainait la fuite des constructeurs. Là, il faudrait revenir à des formules moins coûteuses et donc beaucoup moins sophistiquées.
En attendant, laissons 3/4 courses à cette nouvelle formule avant de savoir si la F1 retombe dans ses travers habituels (je n’en serais pas surpris) et continuons à regarder le MotoGP où là, les affrontements sont réels, rudes et physiques. De la course, de la vraie, du spectacle mais authentique (bon, avec l’arrivée de l’aéro en moto, un peu moins…).