|
Mardi 14 novembre 2002 : la terrible vérité sur le futur numérique Attention, relisez le titre de cette chronique, il ne s’agit pas du « futur DU numérique » mais plutôt de notre futur dont la caractéristique principale sera d’être numérique comme nos ancêtres ont pu connaître un age industriel, etc. Et, avant d’aller plus loin, cette chronique (plus longue que d’habitude mais faites l’effort de la lire jusqu’au bout, c’est important !) n’est pas une ode à l’avenir
brillant promis par les bienfaits du numérique comme on a pu en lire tellement mais plutôt un avertissement : voilà ce que sera notre futur si nous ne faisons rien pour l’empêcher.
D’habitude, quand on évoque le futur, on est obligé de se cantonner à des suppositions plus ou moins étayées par des perspectives elles-mêmes plus ou moins solides. Bref, dans le meilleur des cas, on reste dans un cadre flou où, en vérité on ne peut mettre en avant que des paris hasardeux (c’est le propre
des paris et c’est le propre de la prévision). J’en sais quelque chose puisque je me suis piqué au jeu de la prévision technologique bien souvent et que j’ai même essayé d’analyser les facteurs de l’évolution technique (voir à ce propos mon livre « le troisième tournant » sur http://alain-lefebvre.com/html/troisieme-tournant.htm).
Cette fois, c’est différent. Le futur, du moins un futur possible, on le connaît, on peut
même l’étudier en détail car tout est publié ou presque ! Il s’agit du couple TPCA et Palladium. Ce sont deux standards qui vont redéfinir la façon dont vos PC vont non-seulement fonctionner mais également se comporter vis-à-vis des applications installées sur votre machine et sur les contenus présents sur votre disque dur… Ce n’est pas seulement un sujet qui intéresse les techniciens, en fait, tout le monde est concerné parce que ce qui se prépare va redéfinir notre vie quotidienne, en
profondeur… Mais, tout d’abord, qu’est-ce que TPCA et Palladium ? TCPA, qui signifie « alliance pour une informatique de confiance » (Trusted Computing Platform Alliance en anglais), est un projet développé par Intel. « Une nouvelle plate-forme informatique pour le prochain siècle qui améliorera la confiance dans le monde PC », tel est l'objectif d'Intel. Palladium est un logiciel que Microsoft déclare vouloir incorporer dans les futures versions de Windows ; il s'installera sur des
machines TCPA. Concrètement, à quoi vont servir TCPA et Palladium ? Ils fournissent une plate-forme informatique sur laquelle vous ne pouvez pas toucher aux logiciels, et où ces logiciels peuvent communiquer de manière sécurisée avec l'éditeur. La « gestion numérique des droits » (DRM ou digital rights management) en est l'application la plus évidente : Disney pourra vous vendre des DVD qui seront décodés et lus sur une plate-forme Palladium, mais que vous ne pourrez pas copier. Les
maisons de disques pourront vous vendre de la musique en ligne que vous ne pourrez pas échanger. Ils pourront vous vendre des CD que vous ne pourrez écouter que trois fois, ou bien seulement à votre anniversaire. Vous pourriez recevoir des CD au tiers du prix normal mais vous ne pourrez les lire que trois fois, par exemple. Toutes sortes de nouvelles variantes marketing de ce goût là deviennent possibles. Ces règles rendront la vie difficile à certaines personnes ; une politique de zonage
pourrait vous empêcher de regarder la version polonaise d'un film si votre PC avait été acheté hors d'Europe.
C’est que l’industrie des contenus culturels (c’est ainsi qu’on peut appeler l’industrie du disque et des films) commence à s’affoler… La vente de musique (sur CD et K7) est en baisse partout (à cause du phénomène MP3) et de façon significative : -13% pour les détaillants « physiques » et -39% pour les vendeurs « on-line », le tout par rapport à l’année dernière, de période à
période. Certes, Naspter a été réduit au silence mais ses successeurs sont eux en pleine forme : Morpheus et Kazza sont passés de 10 à 15 millions d’utilisateurs en quelques mois et ce nombre augmente constamment depuis l’année dernière. Au début, ce type de système ne concernait que les initiés mais on a maintenant largement dépassé ce stade. Et il n’y a pas que la musique qui est concernée, Kazza sert aussi pour l’échange de vidéos au format DIVX. Le mouvement est lancé et il semble
irrépressible, sauf si…
Sauf si les détenteurs des clés du monde PC décident d’agir et c’est bien ainsi qu’il faut comprendre l’initiative TCPA / Palladium. Car TCPA / Palladium ne servira pas seulement à donner un coup d’arrêt à la vague MP3 et DIVX, ce sera l’arme absolue contre toutes les formes de piratage… Ainsi, il sera beaucoup plus difficile avec TCPA / Palladium d'utiliser des logiciels sans licence. Les logiciels piratés pourront être détectés et même effacés à distance. À
côté de la vente, la location des logiciels sera facilitée ; et en cas de cessation du paiement du loyer, non seulement le logiciel ne fonctionnera plus mais peut-être aussi les fichiers qu'il a créés. Il y a beaucoup d'autres applications. Les gouvernements pourront faire en sorte que des documents Word créés sur les PC des fonctionnaires « naissent classifiés » et que les fuites électroniques vers les journalistes soient impossibles. Des sites d'enchères pourraient vous obliger à
utiliser des logiciels mandataires accrédités pour les enchères, pour que vous ne puissiez pas enchérir de manière tactique. On pourra rendre plus difficile le fait de tricher aux jeux sur ordinateurs.
Pou en savoir plus sur ce sujet, consultez la FAQ sur TPCA/Palladium de Ross Anderson (traduite en Français par Christophe Le Bars) à http://www.lebars.org/sec/tcpa-faq.fr.html. Dans le texte de cette « terrible vérité », j’ai
beaucoup emprunté à cette FAQ mais cela vaut quand même le coup d’aller la lire par vous-même afin d’avoir une vue complète du sujet…
Si tout cela vous paraît délirant et peu probable, n’oubliez pas que cette notion de zonage existe déjà pour les DVD… eh oui, dès le début, l’industrie du cinéma a voulu introduire cette restriction qui n’a aucune justification pratique sinon que d’entraver la libre circulation des biens afin de taxer plus le consommateur final. TCPA / Palladium est dans
la droite ligne de cette logique.
Arrivé à ce point, je sais ce que vous pensez : « bon d’accord, c’est embêtant pour tous ceux qui ne veulent pas payer pour leurs logiciels ou pour écouter de la musique mais c’est pareil pour les impôts : après tout, pourquoi serais-je le seul à payer ? ». Le citoyen sans reproche peut même penser qu’il s’agit d’une évolution positive qu’il s’agit de favoriser puisqu’elle va dans le sens de la restriction du piratage (qui, comme chacun sait, est payé
par tout le monde. Donc, s’il y a moins de piratage, les prix devraient baisser… non ?). Hélas, vous n’y êtes pas !
S’il s’agissait seulement d’une mesure destinée à la lutte contre le piratage, cela ne mériterait même pas une chronique dans la « terrible vérité ». En fait, c’est bien plus qui est en jeu… Déjà, on ne peut aucunement faire confiance aux grandes entreprises dominantes pour améliorer les conditions des marchés qu’elles dominent. Rappelez-vous l’affaire des plantes
génétiquement modifiées. Pour faire passer cette évolution discutable, les promoteurs de cette innovation ont mis en avant les avantages attendus : moins de pollution par les pesticides parce que les plantes seront naturellement résistantes aux parasites, etc. Résultat ? La première application qu’a fait Monsanto des plantes génétiquement modifiées c’est « Terminator » : une graine qui ne peut germer qu’une fois. Ainsi, l’agriculteur est obligé de racheter des nouvelles semences chaque
année… une forme déguisée d’abonnement, une aubaine pour Monsanto et consorts !
La terrible vérité, c’est que TCPA / Palladium ouvre la porte d’un futur complètement verrouillé où le moindre de vos gestes sera contrôlé et, éventuellement, taxé et le tout automatiquement. Si vous redoutiez l’état policier, vous allez adorer la société numériquement contrôlée ! Pour bien faire comprendre les conséquences promises par l’avènement de TCPA / Palladium, je vais prendre un exemple
accessible à tous, qui concerne tout le monde et qui est éloigné de l’univers Hi-Tech qui peut sembler bien abstrait à la masse : l’automobile.
L’automobile n’est plus le symbole de liberté qu’elle a pu être à une certaine époque, c’est même aujourd’hui plutôt un symbole des dérives de notre société : pollution, accidents, encombrement et même répression. Oui, répression car il commence à être admis qu’on peut se retrouver en prison pour un excès de vitesse ! Mais, réfléchissez à
cela : il est encore possible de commettre un excès de vitesse. Si vous appuyez sur l’accélérateur, la voiture va obéir et vous allez foncez à des vitesses interdites jusqu’à ce qu’on vous arrête (si on vous arrête). Comprenez-moi bien : je ne suis pas en train de dire que c’est bien de foncer à tombeau ouvert et je suis parfaitement conscient que la vitesse (surtout la grande vitesse) est un facteur terriblement aggravant des accidents de la route. De plus, depuis que je vis en Floride, je
me suis habitué à conduire lentement sur les routes et ne m’en porte pas plus mal. Mais, ce qui ne va pas dans l’évolution actuelle de la société, c’est qu’on déploie des moyens excessifs pour coincer les quelques contrevenants (qu’on requalifie de délinquants au passage…) alors qu’il y a quand même des sujets plus graves qu’on aimerait voir traiter avec le même sérieux par les forces de l’ordre ! Pour en finir avec cet exemple de l’automobile, avec TCPA / Palladium, vous ne pourriez
même pas dépasser la vitesse autorisée, même si votre voiture en est encore capable, et, le fait même de vous approcher de cette limite et de tenter de la dépasser fait de vous un délinquant et entraîne automatiquement la punition sans même qu’il soit besoin de vous arrêter grâce à un barrage des forces de l’ordre. Dans le cas qui nous intéresse, c’est l’infrastructure TCPA / Palladium qui est devenue la force de maintien de l’ordre, omniprésente et omnipotente dans chaque recoin de votre vie
!
Je ne suis pas en train de vous décrire une version au goût du jour de 1984, c’est encore pire ! Dans « 1984 », la répression est bien franche, brutale et sans explication ni justification… avec TCPA / Palladium, ce sera plus subtile. C’est d’ailleurs une des grandes leçons du XXème : les dictatures avouées (du genre « vous avez le droit de vous taire ») échouent, seules perdurent les dictatures douces qui parviennent à convaincre ses victimes que « tout cela, c’est pour votre
bien » (qui deviennent donc des victimes consentantes, bien plus faciles à administrer)… D’ailleurs Microsoft va même jusqu’à justifier ces dispositifs en expliquant qu’il existe des domaines pour lesquels il est souhaitable de contrôler les gestes de l'utilisateur. Par exemple, vous devez empêcher les gens de trafiquer le compteur d'une voiture avant qu'il ne la vende…
Imaginons les applications de TCPA / Palladium
en ce qui concerne la censure en ligne. Les mécanismes conçus pour effacer à distance de la musique piratée pourraient être utilisés pour effacer des documents qu'une cour de justice (ou une société d'informatique) aurait déclarés injurieux ; il pourrait s'agir aussi bien de pornographie que d'articles critiques sur des leaders politiques. D'abord, des forces de police bienveillantes recevront des ordres pour lutter contre la pornographie pédophile ou un manuel de sabotage de la
signalisation des voix ferrées. Tous les PC compatibles TCPA effaceront ces mauvais documents, et peut-être aussi en dénonceront les détenteurs. Puis un plaignant dans un procès sur des droits d'auteurs ou en diffamation, obtiendra un arrêt d'une juridiction contre un document injurieux. Des tribunaux pourront ordonner que tel ou tel document soit interdit et l'infrastructure TCPA fera le sale boulot. Après les tentatives de l'Union Soviétique pour référencer et contrôler toutes les
machines à écrire et les fax, TCPA tente de référencer et de contrôler tous les ordinateurs. Une fois que les avocats et les censeurs gouvernementaux auront compris toutes les possibilités de l'infrastructure TCPA, nous serons vite submergés par une myriade de conséquences insidieuses et, dans certains cas, dramatiques.
Allons Alain, tu dramatises ! D’abord ce TCPA / Palladium n’est pas pour demain, ensuite, comme tout dispositif numérique, il y aura toujours moyen de le contourner…
Enfin, il est encore abusif de dire que nous dépendons de nos PC pour vivre !
Hélas, non, je ne dramatise pas, je dirais même que les premiers tests ont déjà été entrepris et avec succès ! Quand Microsoft a lancé Windows XP, le dispositif d’activation de cette énième version de Windows a été très décrié par le milieu technique, de quoi s’agissait-il ?
Pour lutter contre le piratage, Microsoft a développé le WPA (Windows Product Activation) qui a été utilisé en premier dans
Windows XP. Après l’installation de XP vous avez 30 jours pour « activer » Windows. Cette activation peut s’effectuer de deux façons : soit par Internet, dans la mesure où la connexion est configurée, soit par téléphone (centre d’appel dédié) ce qui ne prendra pas plus de 10 minutes selon Microsoft. Le principe est le suivant : chaque Windows installé est désormais lié physiquement au PC. Ce « lien » est généré lors de l'installation par une combinaison chiffrée, elle-même générée à partir
des composants de votre PC (carte mère, carte graphique, disque dur, etc.). Cette solution est très pénalisante pour ceux qui font évoluer les composants de leurs PC. Car Windows XP ne tolère que quelques changements de matériels dits sensibles (cartes mères, processeurs, disques durs…) dans l'année. En cas de dépassement, il sera nécessaire de repasser par Microsoft pour vérifier et réactiver votre Windows ! Ce qui veut dire, en clair, que vous avez payé, que vous êtes en règle mais que
vous pouvez quand même vous retrouver avec une machine qui ne répond plus, tout simplement parce que le dispositif de protection de Windows est un peu trop blindé… Est-ce pour autant que Windows XP a été rejeté par le marché ? Pas du tout ! Il se diffuse même bien si on en croit les chiffres de ventes publiés par Microsoft (il est à noter que Office XP –la toute dernière version- repose elle aussi sur le même dispositif…). Preuve que le marché n’est pas encore conscient des conséquences
de cette évolution ou que Microsoft est déjà dans la position d’imposer ce qu’il veut, quand il veut, où il veut… aie !
Oui mais, répliqueront les incurables optimistes, il y a toujours moyen de contourner ce type de dispositif… Et c’est vrai ; même si WPA est bien blindé, circulaient déjà des copies déverrouillées de Windows XP et d’Office XP dès le début de leur commercialisation. C’est le bon principe toujours vérifié de « ce qu’un programmeur a fait, un autre programmeur peut
toujours le défaire ». C’est donc vrai, on peut contourner toutes les protections mais à quel prix ? La grande masse du public visée n’est pas en mesure de se procurer ces copies ni même d’affronter le risque « que ça marche mal » ou de se faire pincer avec ces copies illégales.
Quand au dernier argument « on a pas besoin des PC pour vivre », est-ce si sûr ? Imaginez-vous vivre sans voiture et sans téléphone ? Oui, ce serait encore possible aujourd’hui, évidemment mais à quel
prix en terme de confort et de possibilités ? Et bien cela va vite devenir pareil avec tous les objets numériques qui nous entourent. Aujourd’hui, on peut s’en passer mais on les utilise déjà de plus en plus, on leurs laisse prendre des positions de plus en plus importantes dans notre vie quotidienne parce que c’est pratique et que cela étend nos possibilités. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne la nature même de tout ce qui est numérique. Le numérique est très supérieur à
l’analogique pour tout ce qui est contenu car cela rend ces contenus éditables et ce facilement. Sans numérique, pas de retouches de photos, pas de montage vidéos et ainsi de suite.
Toutes ces possibilités qu’on a attendu pendant des années et qui deviennent enfin accessibles facilement et économiquement. Oui, c’est sa supériorité qui rend le numérique aussi attractif et aussi envahissant. Et c’est quand il sera omniprésent et indispensable que nous réaliserons que, tout comme la
voiture et le téléphone aujourd’hui, on ne peut tout simplement PAS s’en passer !
Or, les objets numériques commencent déjà à muter et montrent le potentiel répressif qu’ils contiennent en eux… Par exemple, certains vendeurs de téléphones mobiles utilisent une authentification de type question-réponse (challenge-response) pour vérifier que la batterie du téléphone est d'origine, plutôt qu'un clone, auquel cas, le téléphone refuse de la recharger, voire l'épuise aussi vite que possible.
Certaines imprimantes vérifient leurs cartouches d'encre de manière électronique ; si vous utilisez un substitut bon marché, l'imprimante passera silencieusement sa configuration de 1200 DPI à 300 DPI. La console Playstation 2 de Sony utilise un système d'identification similaire pour s'assurer que les cartouches mémoires ont été fabriquées par Sony et non pas par un concurrent à bas prix. Et tout cela toujours avec le même but : restreindre votre liberté de choix afin de maximiser les
profits. Et le système commence aussi à s’auto-protéger : les puces d'authentification de la PlayStation de Sony contiennent aussi l'algorithme de chiffrement des DVD, de manière à ce que toute ingénierie inverse puisse tomber sous l'accusation de détournement d'un mécanismes de protection des droits d'auteur et puisse être poursuivie au nom du Digital Millennium Copyright Act…
Cette fois, le danger est réel car Microsoft n’est pas seul dans le coup, derrière TPCA, on trouve Intel,
un autre grand spécialiste des positions dominantes…
Alors, c’est fini, toutes résistances seraient donc déjà futiles ? Non, je crois que c’est à nous de décider quel peut être notre futur ! A chaque mauvais choix qu’on tente de nous imposer, il existe toujours une alternative viable. Dans le cas des aliments industriels qui sont mauvais pour notre santé et qui participent à la pollution, il existe les produits bio. Les produits bio existent aussi dans le domaine informatique
et ce sont les logiciels libres. Là encore, il ne s’agit pas d’un caprice inaccessible de technicien borné, il s’agit d’une véritable tendance lourde que même les grands acteurs de la distribution commencent à soutenir, tout simplement parce que cela représente un marché (tout comme pour les produits bio !). C’est ainsi que Wall Mart (la première chaîne de distribution au monde, un poids lourd donc) commence à vendre des PC équipés d’une version grand public de Linux (donc accessible et
utilisable, un progrès nécessaire, voir à http://www.walmart.com/catalog/catalog.gsp?cat=106562&path=0%3A3944%3A3 951%3A41937%3A86796%3A106562). C’est à nous tous d’influer sur ce que nous voulons et sur ce que nous ne voulons pas comme monde futur… on peut le faire, il suffit de voter avec son carnet de chèques !
à bientôt pour une prochaine “terrible vérité”. Alain Lefebvre (alef@alain-lefebvre.com) |