nov 13

Ce projet est en cours de lancement… Si tout va bien, je pourrais vous en dire plus sur les “parrains” de ce projet dans les semaines à venir.

Ce nouveau livre devait sortir avant juin 2009, sans doute avec mon éditeur habituel : M21 Editions.

Voici une toute première version de l’introduction :

Introduction

Voilà un livre sur l’histoire de l’informatique moderne. J’insiste sur cet adjectif car mon objectif était bien de rédiger un ouvrage différent des livres d’histoire qu’on peut déjà trouver.
Certes, il est utile de replacer l’émergence de l’informatique dans les méandres du bouillonnement technique du XXème siècle mais cela a déjà été fait de nombreuses fois. Mon but était plutôt de focaliser sur les quarante dernières années de notre industrie afin de retracer les évolutions majeures et d’en comprendre les mécanismes.

En effet, pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut décrypter ce passé récent. Ainsi seulement, on pourra faire une analyse objective de la situation présente et proposer une nouvelle direction pour la prochaine phase. Car, et c’est là le second volet de ce travail; il ne s’agit pas seulement de s’intéresser à l’histoire moderne de l’informatique mais aussi de le faire avec un oeil critique !

  • Est-on satisfait de la situation actuelle ?
  • Peut-on dresser un bilan de l’informatique professionnelle ?
  • Quelles règles peut-on en déduire ?
  • Pourrait-on faire mieux ?
  • Comment faire mieux ?

C’est pour répondre à ces questions que j’avais proposé en 2004 “le manifeste pour une informatique raisonnable” et la dernière partie de ce livre est une mise à jour de cette proposition replacée dans le contexte d’un bilan de l’informatique moderne.

Mais, avant d’en arriver là, il faut pouvoir poser les bases de cette exploration. C’est-à-dire, répondre aux questions suivantes :
Quand commence l’informatique moderne ?
Que s’est-il passé d’important pendant la “préhistoire” ?

Le premier chapitre débute avec l’identification de l’événement créateur de l’informatique moderne : le lancement de l’IBM 360, ancêtre des mainframes et véritable début de l’industrie informatique telle que nous la connaissons. Avant cela, ce n’était ni le chaos ni le néant mais une période que nous pourrions appeler la “préhistoire” : l’informatique existe déjà belle et bien mais pas encore sous la forme d’une industrie structurée avec un marché, des clients et des usages bien définis.

Et donc, voici le prologue consacré à la “préhistoire” :

Prologue : la préhistoire de l’informatique moderne

Les vrais pionniers de l’informatique telle qu’on la connait aujourd’hui sont peu connus… Il s’agit d’un binome : P. Eckert et J. Mauchly.
En 1946, ce sont eux qui sont à l’origine de l’ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Computer). Ce sont encore ces deux là qui lance la première start-up informatique afin de commercialiser des ordinateurs. La première commande vient de l’US Navy pour le BINAC en août 1949. En 1951, P. Eckert et J. Mauchly, ayant revendu leur compagnie à Remington Rand, lancent l’UNIVAC I (UNIversal Automatic Computer). Il s’agit du premier ordinateur commercial de l’histoire. Le premier fût vendu au bureau de recensement Americain.
Mais c’est grâce au flair marketing de Remington Rand que le premier “coup médiatique”, véritable événement fondateur de l’informatique, est réalisé : Remington Rand (Unisys aujourd’hui…) proposa à CBS d’organiser une prévision des résultats par ordinateur pour le soir des élections présidentielles américaine de 1952. Walter Cronkite (le présentateur vedette de CBS) était septique mais la soirée fut un succès car la prévision donnée par UNIVAC était exacte à 1% près !
Cette soirée eu un grand retentissement dans l’opinion publique américaine et contribua à faire connaître la notion “d’ordinateur” au grand public de l’époque. Depuis ses débuts à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’informatique évoluait rapidement mais de façon chaotique :  c’est une période où tout est à inventer et où les innovations marquantes sont obligatoires. Mais, dans ce déferlement, il était impossible de bâtir quelque chose de durable car les changements techniques où chaque nouveauté, chaque nouvelle génération de machines démodait instantanément la précédente.
Ce contexte convenait à peu près à la communauté scientifique mais pas du tout au monde des affaires. Dans un premier temps, c’est UNIVAC (division de Remington Rand après le rachat de la start-up de P. Eckert et J. Mauchly) qui domine l’embryon d’industrie qui est en train de se former mais IBM, l’acteur dominant du marché des tabulatrices, va s’efforcer de revenir dans la course.

Il va y parvenir grâce à ses propres efforts (en particulier avec le modèle 1401) mais aussi en étant impliqué dans les deux projets majeurs de cette époque : les projets SAGE et SABRE…
Ces projets conduirent à l’invention de la notion de “fonctionnement temps réel”. Jusque-là, les quelques ordinateurs vendus et installés étaient utilisés sans aucune imagination : du batch, encore du batch et toujours du batch. Ces calculateurs étaient modernes dans leur conception mais ils étaient employés avec les mêmes démarches et processus que les systèmes mécanographiques qu’ils remplaçaient. L’invention du “temps réel” allait permettre de changer cela (mais cela se fit très progressivement).

Le projets SAGE, le réseau informatique de défense Américain SAGE (Semi Automated Ground Environment)
Le Whirlwind crée au MIT par Jay Forrester, Ken Olsen (le futur fondateur de Digital Equipment) et leur équipe est le tout premier ordinateur temps réel (1949-1951). En 1952, IBM est contacté pour mettre en chantier la production des ordinateurs du réseau SAGE dont le Whirlwind était le prototype. Une cinquantaine de machines, portant le nom AN/FSQ7, sera produite. Le projet SAGE consistait à coordonner un flux de messages, à l’aide d’une série de gros ordinateurs, depuis des radars jusqu’aux unités d’interception de l’US Air Force, permettant ainsi de réduire significativement le temps requis pour contrer une attaque éventuelle de bombardiers.
Juillet 1958 : Le premier bunker du réseau SAGE (système de défense Américain) devient opérationnel. L’ordinateur AN/FSQ7 dans chaque bunker est capable de gérer 400 avions simultanément. Le dernier bunker du réseau SAGE fermera en Janvier 1984.
Le projet SAGE  a été bien moins célèbre que le projet SABRE mais il eut beaucoup d’importance dans la montée en puissance d’IBM dans le nouveau  (pour l’époque) domaine de l’informatique. Comme l’a plus tard avoué Tom Watson Jr (dirigeant historique d’IBM dans la seconde moitié du XXème siècle) “…c’est la guerre froide qui aida IBM a devenir le roi du secteur informatique…”.

Le projet SABRE
Premier réseau informatique à but commercial : SABRE (Semi Automated Business Related Environment) réalisé par IBM. Il relie 1200 téléscripteurs à travers les Etats-Unis pour la réservation des vols de la compagnie American Airlines. Cette compagnie faisait face à de sérieux problèmes dans son processus de réservation dans les années 1950. Le système de réservation historique d’American Airlines était alors entièrement manuel. Un processus plus automatisé était nécessaire pour faire entrer American Airline dans l’ère du transport aérien à grande échelle.
En 1953 un commercial de haut niveau d’IBM, Blaire Smith, rencontre C. R. Smith, président d’American Airlines, à l’occasion d’un voyage d’affaires et ils discutent de leurs activités professionnelles respectives.
A cette époque là, IBM travaillait justement pour l’US Air Force sur le projet SAGE… Il n’a pas échappé aux deux businessmen que le principe fonctionnel de SAGE pouvait être tout à fait adapté aux besoins d’American Airline en matière de réservation.
30 jours après cette rencontre, IBM soumet une proposition de recherche à American Airlines, suggérant d’étudier le problème plus avant et d’évaluer l’opportunité d’un “cerveau électronique”.
Un contrat formel pour le développement est signé en 1957, et le premier système expérimental déployé en 1960. Le système est un succès - et un succès nécessaire, notamment en raison de son coût astronomique de 40 millions de dollars (de l’époque, soit environ 350 millions de dollars d’aujourd’hui) pour le développement et l’installation. A partir de 1964, toutes les réservations American Airlines sont gérées par ce système.
Les recherches nécessaires autour du projet SABRE ont aussi amené leur lot d’innovations. En 1956, IBM commercialise le premier disque dur, le RAMAC 305 (Random Access Method of Accounting and Control). Il est constitué de 50 disques de 61 cm de diamètre et peut stocker 5 Mo. Ce périphérique a été développé pour le projet SABRE, système de réservation temps réel pour la compagnie aérienne American Airlines.
Les projets SAGE et SABRE ont également provoqué des retombées positives sur le plan humain en formant des milliers de programmeurs qui se sont ensuite dissiminés dans tous le pays, contribuant ainsi à créer une vaste  et nouvelle catégorie socio-professionnelle : les informaticiens.
L’IBM 1401 à la suite du 650
On l’a vu, le projet SAGE fut vraiment profitable à IBM et pas seulement sur le plan financier mais aussi sur le plan technique. IBM fut invité à examiner les détails du Whirlwind et s’en inspira largement pour concevoir ses premiers ordinateurs commerciaux : le 701 destiné à des usages scientifiques et militaires ainsi que le 702, la version destinée aux usages civils (gestion des entreprises).
IBM proposa ainsi une série de machines durant les années cinquante qui étaient toutes des très petites séries utilisant les techniques de pointe de l’époque. Les choses commencent à changer avec le modèle 650. Il fut le premier au monde à avoir vraiment été fabriqué en “grande” série. Il a été annoncé en 1954, et plus de 2000 unités ont été produites entre la première livraison en 1954 et l’arrêt de cette production en 1962.
Le 650 a été le premier succès commercial d’IBM dans le secteur des ordinateurs. Mais cette réussite restait limitée : l’essentiel de l’activité de la compagnie restait liée à la production de machines mécanographiques et les principaux clients continuaient à privilégier cette technologie déjà ancienne mais fiable et économique. C’est avec cela en tête qu’IBM conçu le successeur du modèle 650 : le 1401.
Le modèle 1401 était le premier ordinateur reposant sur des transistors. Il était plus rapide que le 650 mais surtout plus fiable et moins coûteux. Ce nouveau “mainframe” fut annoncé en octobre 1959 et les installations commencèrent dès le début de 1960. Les prévisions de livraison d’IBM pour ce modèle s’établissaient à 1000 exemplaires. Mais, finalement, plus de 120000 exemplaires du 1401 furent assemblés et installés chez les clients…
Comment expliquer que les prévisions d’IBM aient été aussi pessimistes ?
Le succès inattendu du 1401 vient du fait qu’il ne s’agissait pas d’un ordinateur isolé, aussi sophistiqué qu’il pouvait l’être mais d’un véritable “système” : un processeur entouré par des périphériques innovants.
En particulier une imprimante rapide (le modèle 1403) qui était capable d’imprimer 600 lignes par minute alors que les modèles précédents se contentaient de 150 lignes par minutes. C’est cette offre qui a vraiment décidé la base des clients traditionnels d’IBM à basculer de la mécanographie à l’informatique…

Honeywell modèle H200
Le succès du 1401 inspira le premier “copieur” de l’industrie informatique : en 1963, Honeywell annonça le modèle H200 qui avait pour particularité d’être entièrement compatible avec l’IBM 1401 (grâce à un logiciel de conversion des programmes nommé “Liberator”…). Pour la première fois, les clients avaient une alternative à IBM sans devoir refaire tous leurs programmes…
Alors que les “sept nains” (c’était le surnom des concurrents d’IBM dans les années 60…) s’épuisaient à lutter frontalement avec IBM, Honneywell inventait la stratégie de l’ordinateur compatible (une stratégie qui sera suivie des années plus tard par Amdhal, Comparex et les constructeurs Japonais comme Fujitsu). Honneywell bénéficia d’un certain succès avec cette démarche mais elle démontrait surtout que le point clé du succès résidait désormais dans le verrouillage qu’impliquait l’écriture et la réécriture des programmes. Verrouillage qui devenait bien plus important que l’attrait des derniers progrès en matière d’électronique et les gains de performances qui y étaient liés…
Le logiciel commence à sortir des limbes avec les premiers compilateurs (Fontran et Cobol). Du côté de l’électronique, le transistor a remplacé le tube à vide fragile, encombrant et grand consommateur d’électricité. Noyce à Fairchild et kilby à  Texas Instrument ont inventé le circuit intégré. Tout est en place pour que l’histoire moderne commence.
La préhistoire a permis de passer d’un secteur d’activité quasiment artisanale  mais très innovante à une industrie structurée et aux pratiques technologiques bien établies.

C’est IBM qui a suscité ce tournant et c’est aussi IBM qui en a le plus profité, et c’est logique car cette évolution a aussi été l’occasion de séparer deux types d’acteurs : ceux qui avaient une logique contractuelle et ceux qui avaient une volonté industrielle.
Les premiers faisaient financer la recherche technique par les grands donneurs d’ordres (typiquement l’armée) et n’envisageaient pas d’investir leurs propres moyens afin de se ménager une avance et d’en faire bénéficier ensuite leurs clients. Ces acteurs raisonnaient au coup par coup, ils étaient seulement intéressés par la perspective du prochain contrat, non par celle de construire un marché.

À l’opposé de ce comportement passif, on trouve quelques acteurs comme IBM ou NCR qui se situent dans une logique industrielle et adoptent un comportement actif : investir eux-mêmes dans la recherche afin de pouvoir proposer une offre adaptée au marché de masse. Il est naturel que ce soient IBM et (dans une moindre mesure) NCR qui soient à l’origine de ce changement d’échelle puisqu’eux-mêmes se situaient plus sur le marché industriel que sur le marché contractuel (les solutions de mécanographies pour IBM, les caisses enregistreuses pour NCR).

Ce premier niveau de maturité de l’industrie se traduit par deux conséquences : le ralentissement de l’innovation et l’apparition du marketing afin d’élargir et de dynamiser le marché potentiel…

Ce mécanisme en trois temps (innovations rapides afin de concrétiser la nouvelle percée, puis apparition d’acteurs imposant une logique de masse, et enfin prise de relais par le marketing afin d’élargir le marché) va se reproduire à chaque tournant de l’histoire de l’informatique dans sa période “moderne”…

Voilà, ça ne fait que commencer !

nov 08

Je suis souvent interrogé par des journalistes mais aussi des étudiants sur le sujet “réseaux sociaux” suite à mes livres, bien entendu.

Je répond bien volontiers, y compris quand c’est dans un cadre “non-public” (c’est-à-dire qui n’est pas destiné à être publié). Or, mercredi dernier, j’ai été interrogé par Sandrine CAMPESE (Diplômée de Science Po Aix et titulaire d’un Master II ”Communication Politique et Sociale” à Paris I - La Sorbonne) pour un mémoire qu’elle prépare sur le sujet “réseaux sociaux et utilisation par les politiques. Sandrine ayant eu la délicatesse de m’envoyer la transcription de cet “interview” (qui a été réalisé via Skype), je me suis dit que je pouvais aussi vous en faire “profiter”…

Attention : certaines de mes réponses pourront paraitre âpres mais c’était dans le feu de la conversation… Il faut replacer cela dans le contexte et je suis prêt à expliquer mes prises de positions si nécessaire.

INTERVIEW ALAIN LEFEBVRE

MERCREDI 5 NOVEMBRE

PAR SKYPE.

Quand avez –vous créé votre profil sur Facebook ?

J’ai créé mon profil au printemps 2007, au moment où Facebook commençait à prendre de l’ampleur.

Avez-vous une sensibilité politique ?

Je ne suis pas du tout politisé, et j’ai même du mal à comprendre comment on peut s’y intéresser. Je trouve que le miroir dans lequel se reflète notre monde est très moche. Il n’y a pas de sincérité, ni d’efficacité, pas de fond, rien ! La classe politique donne l’illusion d’avoir du pouvoir, d’avoir la main sur la société, alors que le vrai pouvoir est économique. 

Dans votre dernier ouvrage,  vous évoquez l’intérêt des réseaux sociaux,  notamment au niveau professionnel. Avez-vous  eu l’occasion de réfléchir à leur utilisation politique ?

Dans la première édition de mon livre, j’avais évoqué les pratiques des élections présidentielles de 2004 aux Etats-Unis.  Un site de réseau social, spécialisé dans les rencontres, MeetUp, avait été très utilisé par un candidat aux primaires, Howard Dean. Cela avait contribué à le faire connaître, puisque tous les militants de son bord l’avaient systématiquement utilisé.

Que pensez-vous des politiques français qui rejoignent en masse le réseau Facebook ? 

Quand on est une personnalité publique, de surcroit politique, il faut savoir gérer son identité numérique, et cela passe par les réseaux sociaux. Il est nécessaire de créer un profil sur Facebook ne serait-ce que pour faire disparaître les « fake ». Il vaut mieux préempter son propre espace plutôt que de le laisser en jachère à des malveillants.

Sur les réseaux sociaux, la politique, c’est comme la guerre ou l’espionnage. On est dans l’action, mais aussi dans la contre-action. Si je voulais nuire à un candidat, je créerais le « fake » le plus crédible possible !

Selon vous, est-il important, pour un homme politique, d’avoir beaucoup d’ « amis » ?

Je pense que plus anecdotique qu’autre chose. Le nombre d’amis n’intéressent que ce qui n’ont pas bien saisi le fonctionnement du système. Ce qui compte, c’est la présence réelle de l’homme politique sur le réseau : tient-il ses contacts au courant de son activité, met-il à jour son statut, etc ?  L’effet positif, à court ou moyen terme : c’est la transparence. En utilisant Facebook comme un vecteur de communication auprès des jeunes, l’homme politique se rend accessible.

Comment un homme politique peut-il maximiser son utilisation d’Internet ?

Les politiques ont toujours été terriblement maladroits dans leur utilisation du net au sens large, et ce avant même l’apparition des réseaux sociaux.  On a pu observer que, dans le meilleur des cas, leurs sites étaient travaillés sur l’aspect visuel mais très médiocres sur le fond. 

Or, lorsqu’un site web n’est pas régulièrement mis à jour, lorsque le contact indiqué n’est pas valable, lorsqu’on n’obtient pas de réponse après avoir envoyé un message ou posté un commentaire, alors ce site est disqualifiant pour celui qui l’a créé ! Mieux vaut ne pas être présent sur le net que l’être de cette manière !

Justement, quel conseil donneriez-vous à un politique pour bien utiliser le réseau Facebook ?

Je lui conseillerai de commencer par bien utiliser Facebook, et de ne pas s’éparpiller sur tous les réseaux !

En communication, la règle d’or, c’est d’utiliser peu d’outils internet, mais de bien les utiliser. Par exemple, si on a seulement le temps d’envoyer des mails, eh bien on n’utilisera que des mails. De la même façon, on peut n’utiliser que Twitter,  si on n’a pas le temps de poster sur un forum. Sur Facebook, je considère que le minimum qu’un homme politique peut faire, c’est actualiser son statut. 

Autre conseil : refuser systématiquement toutes les « mini-applications ». Un profil qui en est truffé, ça ne fait pas sérieux et on tombe dans le « gadget ».

Les réseaux sociaux vont –ils prendre la place des blogs ?

La réponse classique consiste à dire que les blogs et les réseaux sociaux sont complémentaires : l’un ne remplace pas l’autre, il faut avoir les deux.

En vérité, il ne faut avoir que ce dont on se sert. Ce que les gens oublient parfois, c’est que tout ce qui est fait sur Internet a un impact soit positif, soit négatif, mais jamais neutre. Donc oui pour avoir un blog, mais s’il n’est pas entretenu, c’est négatif ! Oui pour être présent sur les réseaux sociaux, mais si on n’est pas disponible, si on ne répond pas aux sollicitations, c’est négatif ! Internet n’est qu’une loupe grossissante des qualités mais aussi des défauts de chacun.

Vous avez choisi  de parler des réseaux sociaux parce que c’est la mode en ce moment. Cela ne veut pas forcément dire que c’est le meilleur dispositif à utiliser.

Quel est l’intérêt de Facebook par rapport aux blogs ?

Il y a plus de monde sur Facebook. De plus, le blog demande du suivi, un effort de lecture, plus d’investissement.  Les réseaux sociaux permettent d’accéder à plus de monde, plus facilement, et la rentabilité des efforts est  plus grande. Mais on peut aussi créer un blog sur Facebook et publier des articles.

Quelles sont, selon vous, les limites des réseaux sociaux comme Facebook ?

Il ne faut pas oublier que le fond vient de l’utilisateur, jamais de l’outil. Un blog où sont publiées des choses sans intérêt ne marchera pas ! De la même façon, Ségolène Royal aura beau utiliser n’importe quel outil du web, elle restera « nunuche ».

Peut-on imaginer qu’un candidat créé son propre réseau social dans une perspective électorale ?

Oui, bien sûr, mais ça me paraît plus intéressant d’aller chercher les gens où ils sont. Je leur conseillerais d’aller simplement sur Facebook plutôt que d’essayer d’orienter l’audience sur un service particulier. Tout ce travail de mobilisation doit être fait de façon intelligente, subtile…

Croyez-vous qu’Internet puisse devenir un cinquième pouvoir ?

Je ne crois pas trop à cette idée de « cinquième pouvoir ». Il y a 5 ans, beaucoup ont dit que le Web 2, participatif allait changer les choses, revitaliser la démocratie, la participation. Or l’échec a été total.

Quand on regarde de plus près les sites participatifs, on ne peut que remarquer la vacuité des débats, la nullité des échanges, les torrents de boue publiés sur Agoravox ! Certes on y trouve quelques très bons articles publiés par des amateurs éclairés. Mais quand on lit les commentaires qui suivent, on est effondré.  C’est déprimant, cette armée de trolls qui met des commentaires absurdes sans même avoir lu l’article. Et c’est cela qu’on appelle « participation » ? 

Internet a permis au plus grand nombre de s’exprimer et a démontré dans le même temps, que le plus grand nombre ne valait pas grand-chose ! C’est la règle des 80-20 (cf le nombre de Pareto). Il n’y a rien à attendre de la masse. Internet ne redonnera pas gout de la politique au citoyen. Depuis  5 ans, le niveau moyen intellectuel, culturel, s’effondre complètement. Tout ça à cause de la manipulation globale organisée par les média et leur rôle d’abrutissement généralisé.  Les hommes politiques devraient dire : « arrêtez de consommer des médias ! », mais ils ne peuvent pas, puisqu’ils en ont eux-mêmes besoin.

Etes-vous d’accord pour dire que le règne de l’opinion a remplacé celui de la connaissance ?

Le règne de l’opinion, c’est désastreux. On est passé d’une petite oligarchie d’experts et d’universitaires verrouillant l’accès à la connaissance, à un système où n’importe quel « crétin » peut s’exprimer au même rang que quelqu’un de censé. Le retour de balancier est trop fort. Le problème du village global, c’est l’idiot du village global ! Or, ils sont plus nombreux que ce qu’on avait supposé au départ. 

Le mot de la fin ?

En résumé, Facebook c’est bien, parce que c’est à la mode et que c’est un outil de diffusion rapide qui permet de rassembler et d’offrir le meilleur retour sur investissement.  Mais Facebook ne fait pas de miracle et il faut se méfier de ses effets négatifs !

oct 24

Avertissement : c’est une chronique spécial geeks là !
Avertissement complémentaire : si vous êtes un fana de Java, passez votre chemin car, sinon, vous allez avoir mal… Dans la série “tuons les idées reçues”, aujourd’hui, occupons-nous du “cas Java” !

Je n’en fait pas mystère : je déteste Java !

C’est pour moi la plus grosse escroquerie intellectuelle de ces 15 dernières années. Donc, j’ai eu l’idée de réunir ici une petite liste de liens pointant vers des pages expliquant pourquoi Java est -toujours encore aujourd’hui- une grosse daube… Enjoy!

Si vous connaissez d’autres articles (du même genre of course), n’hésitez pas à les signaler…


Tout vient à point à qui sait attendre… Andreessen l’admet : PHP mieux que Java !

Tout d’abord, il faut lire cet article publié sur CNET ou Mark Andreessen (le co-fondateur de Netscape pour ceux qui débarquent) admet que PHP est supérieur à Java !

Ce qui est savoureux dans cet “aveu” c’est que Mark était un fervent adepte de Java dans les années 90, prédisant à qui voulait l’entendre que Java allait inévitablement “casser la baraque”. Or, on le sait aujourd’hui, il n’en a rien été…

Dernièrement, j’ai eu l’occasion de renouer avec Amy Porter (lors de la conférence que j’ai donné au Cercle Suédois). Avec Amy, j’ai eu des joutes mémorables à l’époque où elle représentait Sun (et donc Java). Aujourd’hui, Amy admet volontiers que Java est loin d’avoir atteint les promesses d’alors…

Ce qui est encore plus savoureux pour moi, c’est que je me souviens avec précision de ma rencontre avec ce même Mark Andreessen : cela se passait en juin 1997 (ou peut-être un autre mois, je ne sais plus bien sur ce point…) au CNIT lors d’une grande convention Netscape (Tristan Nitot doit s’en souvenir également…). J’avais été convié par Netscape France à venir interrogé le “maitre” car j’étais identifié comme analyste. L’interview s’était plutôt mal passé : le “maitre” ne comprenait pas pourquoi je n’étais pas de son avis quand il m’expliquait que la réécriture (en cours à ce moment-là… ça n’a pas duré !) de Netscape Navigator en Java allait résoudre tous leurs problèmes et finir d’écraser Microsoft. Mon septicisme irritait Andreessen au plus haut point et il me tourna le dos pour me signifier que l’interview était terminé. L’attaché de presse eu le plus grand mal à le convaincre de revenir me parler… ambiance !

Dans mon livre “Web client-serveur” j’expliquais dès 1998 que Java n’étais pas LA solution pour les applications Web…
Dans de nombreuses chroniques et tribunes publiées dans la presse informatique de l’époque, j’étais une des rares voix à ne pas céder à l’hystérie en faveur de Java (hystérie complétement injustifiée, on s’en rend enfin compte à présent).

oct 24

Je n’ai jamais été très fan d’Open Office dans ses versions précédentes : trop lent au démarrage, reposant trop sur Java (beuark !) et pas de support de Mac OS en natif (obligé de passer par du X11 ou sur des portages dérivés…).

Il semble que tout cela soit corrigé dans la version 3 que je teste depuis hier : démarrage plus rapide (sans être foudroyant toutefois), l’interface Mac OS est bien supportée (ça se voit tout de suite puisque le dialogue d’ouverture d’un fichier ou d’impression sont les dialogues natifs habituels) et le design général est en nette progression par rapport à la version II… Bref, encore une démonstration que la qualité en progression constante est bien du côté des projets Open Source !

Vous pouvez trouvez Open Office ici, essayez-le, c’est gratuit et sans risque…

oct 24

oct 20

J’ai un projet en tête : écrire une histoire critique de l’informatique moderne.

Il y a deux mots importants dans le titre de ce futur ouvrage : critique et moderne. Critique car il ne s’agit pas de simplement de récapituler ce qui est arrivé mais plutôt de comprendre comment (et pourquoi) on en est arrivé là. D’où le focus sur l’informatique *moderne* plutôt que sur toute l’histoire de ce domaine.

Quand commence l’informatique moderne ?
J’ai déjà traité ce sujet dans mon livre “le troisième tournant” (d’ailleurs, tous mes livres professionnels contiennent peu ou prou ce retour sur l’évolution historique de cette industrie, il est donc logique que je souhaite en faire le sujet principal d’un ouvrage autonome) : l’informatique moderne commence vraiment avec le système 360 d’IBM.

Bref, il ne s’agit encore que d’un projet mais j’espère pouvoir le monter avec des partenariat avec le Musée de l’informatique par exemple. Ce projet (si j’arrive à le faire naitre…) ne va pas se faire en autarcie mais plutôt de façon ouverte : en ouvrant un wiki pubic et en appelant à une large collaboration. En effet, j’aimerais bien inclure des témoignages réels pour illustrer les différentes phases de cette histoire.

oct 09

L’hermite des montages sort de sa cachette !

En effet, j’ai eu la faiblesse d’accepter une invitation à intervenir en conférence lors du salon RSI qui va se tenir à Lyon le 14 octobre. Et, histoire de ne pas faire les choses à moitié, je vais même mettre mon grain de sel dans 2 conférences : DSI3 à 13H30 (à propos de l’Open Source, un sujet qui m’est cher) et WEB6 à 17H00 (à propos des réseaux sociaux… quelle surprise !).

Entre les deux, il est également prévu que je fasse une séance de signature de la seconde édition de “les réseaux sociaux” qui est désormais largement disponible en librairie.

Voilà, vous savez tout, à bientôt peut-être…

sept 30

A la demande de Denis Failly, j’ai rédigé un petit article sur l’avenir technique du Web. Vous pouvez trouver “L’Après Web sur le plan technique” à cette adresse => http://entretiens-du-futur.blogspirit.com/archive/2008/09/25/l-apes-web-sur-le-plan-technique.html

août 02

Ces dernières semaines, j’étais occupé à finaliser l’édition II de mon livre “les réseaux sociaux”. Trois ans après la première édition, cette version remaniée et enrichie va sortir à la prochaine rentrée.

Que trouvera-t-on de nouveau dans cette seconde édition ?

Tout d’abord, j’ai vraiment remanié le contenu et la structure du livre… à tel point que mon éditeur m’a demandé “tu n’es pas reparti de l’ancien contenu ?” !

J’ai “raffraichi” tout ce que j’ai gardé, j’ai viré pas mal de texte qui n’avaient plus de raison de rester et j’ai aussi ajouté pas mal de nouveau : en particulier la quatrième partie qui est entièrement inédite.

Cette quatrième partie traite de l’émergence des réseaux sociaux au sein de l’Intranet. En effet, c’est la prochaine grande vague d’évolution de ce domaine : on passe du grand public au professionnel et les organisations vont être (sont déjà en fait) touchées. Il est facile de prévoir que des “Facebook” internes vont apparaitre un peu partout et c’est cette évolution que j’explique et détaille.

Les illustrations ont été aussi assez largement renouvellée mais les dessins de Fix sont toujours là (plus quelques-uns qu’on avait pas inclus dans la première édition).

Comme toujours, finaliser un livre est un gros travail. Dans le cas présent, initialement, je n’avais pas prévu de travailler sur une seconde édition d’un ouvrage existant mais plutôt d’en écrire un nouveau à part (consacré intégralement aux réseaux sociaux sur l’Intranet) mais, d’un commun accord avec mon éditeur, nous avons finalement bifurqué vers ce projet de renouvellement du contenu de “les réseaux sociaux”.

Et même si je peux dire que j’ai enfin abouti le processus de finalisation, les mots sont trompeurs car le travail n’est pas encore tout à fait terminé… Finalisation ici veut dire que j’ai pu assembler une première version complète. Version complète avec déjà un premier niveau de relecture/corrections plus toutes les illustrations présentes et à la bonne place.

Reste encore pas mal de chemin à faire : l’éditeur doit maintenant procéder aux passes de relectures/corrections approfondies. A ce stade, il est toujours possible d’intervenir sur le contenu. S’il (léditeur) trouve que je n’ai pas été assez clair sur telle ou telle section, il est encore possible de la reprendre et de l’affiner.

Une fois la phase de relectures/corrections terminée au niveau de l’éditeur, le fichier me revient pour une revue finale : il s’agit alors d’approuver les changements apportés par la correctrice (la plupart du temps, j’approuve sans difficulté car les corrections proposées sont précises, pertinentes et justifiées).

Le fichier repart encore chez l’éditeur pour la mise en page. En effet, même si je participe au travail de préparation de la mise en page (en choisissant les niveaux des titres par exemple), ce n’est pas moi qui détermine et applique la maquette de présentation du livre. Une fois à ce point, c’est presque fini : il ne reste plus qu’à se mettre d’accord sur la couverture et sur le texte qu’on va mettre sur la jaquette (important !).

Un livre comme “les réseaux sociaux” ne parait pas être une entreprise gigantesque mais cela représente tout de même des mois de travail. En temps écoulé (à ne pas confondre avec “temps consommé”), ça prend souvent presque un an !

Voilà, je voulais vous faire partager un peu de mon travail et comment il se déroule…

juil 10

Soyons clair, ma recommandation en matière d’ordinateur personnel se résume à : un Mac, un Mac ou un Mac. Que ce soit en portable ou poste fixe, les Macintosh d’Apple représentent (et de loin !) le meilleur choix possible pour l’utilisateur moyen.

Je ne vais pas me lancer dans une longue (et inutile pour certains) explication sur les raisons objectives qui me poussent à vous faire cette recommandation, je pense qu’il est plus simple de vous renvoyer sur ce texte => http://www.configmac.com/pourquoi-un-mac.php

Cependant, il peut y avoir 2 cas où vous allez *tout de même* acheter plutôt un PC qu’un Mac : Linux et les jeux. En effet, là, objectivement, on n’y coupe pas, c’est bien un PC qu’il faut…

Donc, pour ces exceptions et seulement pour ces cas-là, je viens de trouver un site marchand que je vous recommande chaudement, http://prenium-pc.com/

Je me suis aperçu que iRacing (dont je vais vous parler sous peu) mon unique PC sous Windows XP commençait à dater sérieusement : les performances étaient insuffisantes pour assurer une bonne fluidité sous iRacing et même dans certains cas sur Rfactor.

Donc, je viens de commander un nouveau PC de la gamme “gamer” de cet assembleur et je suis plus que satisfait…

  • Livraison rapide : commandé mardi, reçu jeudi.
  • Emballage impeccable, contenu conforme à la commande.
  • Matériel de qualité et prix compétitifs.
  • Service aimable et disponible (y compris au téléphone), que demander de plus ?

Voilà donc une adresse à mémoriser mais une fois n’est pas coutume, si vous pouvez choisir, ne vous trompez pas, prenez un Mac !

juin 26

Fred Bordage a lançé il y a deux mois un blog intéressant : greenit.fr

GreenIT.fr vise les informaticiens, les geeks, et plus généralement toutes les personnes qui utilisent un téléphone portable, un PC ou une console de jeu.

L’objectif est de :

- les sensibiliser à l’impact de l’informatique sur l’environnement,

- leur donner des billes pour pratiquer une informatique plus responsable.

Je ne peux que vous recommander cette intéressante et sympatique initiative !

juin 25

En ce moment je travaille dur pour finaliser la seconde édition de mon livre “les réseaux sociaux”…

Cette nouvelle version sera revue, étendue et enrichie comme on dit avec surtout une partie inédite sur l’Intranet… Sortie prévue à la rentrée, ça va venir vite (c’est pour cela que je me dépêche de finir !).

juin 14

Je viens d’ajouter le badge Facebook sur mon blog (dans la page de mon profil…). C’est pas mal fait puisque il y a aussi mon statut qui s’affiche :
Le profil Facebook de Alain Lefebvre

Sur 6nergies, on avait fait la même chose il y a quelques années avec Signal-Social et on avait aussi un “badge” qui pouvait s’afficher dans un blog mais je dois avouer que le principe proposé par Facebook est plus simple et mieux fait.

mai 26

Vous avez déjà tous assisté à cette scène absurde où le hacker est capable de forcer n’importe quel système en quelques dizaines de secondes, le tout sans regarder l’écran ou presque (et en tapant au clavier à une vitesse défiant les lois de la physique…) !

Voici un blog hillarant qui fait la liste de toutes les absurdités relevées dans les films concernant l’informatique et son usage (surtout par des hackers, vilains ou gentils, c’est selon).

Ce que les films nous apprennent sur l’informatique (La compil des lecteurs)

et aussi et surtout Ce que les films nous apprennent sur l’informatique (La Totale) (à lire jusqu’au bout, si, si !).

Ch’es grôle hein (c’est-y pas beautiful ? Merci uncle Tom) ?